• Michel Cialdella, ancien administrateur de la CPAM de Grenoble

    Fontaine, le 25 octobre 2011

        Madame Valérie PECRESSE

        Ministre du Budget

        communication.dgme@finances.gouv.fr

    Madame la Ministre.

    Comme à chaque fois qu’il est question de son budget les adversaires de la Sécurité sociale évoquent des fraudes qui selon vous seraient massives.

    Une première réaction c’est que l’ENA et HEC ça ne prépare pas forcément à la compréhension de l’institution SÉCURITÉ SOCIALE.

    Le Ministre sous la responsabilité duquel elle s’est mise en place, Ambroise Croizat était un ouvrier métallurgiste, communiste et Résistant. Vous, l’œil fixé sur la calculette vous traitez les assurés avec un mépris total.

    Vous et vos semblables lorsque vous évoquez la Sécurité sociale c’est seulement à travers ce que vous appelez « Le trou » alors qu’elle est d’abord le moyen d’accéder aux soins.

    Sachez, Mme la ministre, qu’il s’agit d’abord d’une conquête des forces progressistes contre la droite et le patronat.

    La CGT, le parti communiste français qui étaient membre du Conseil National de la Résistance ont joué, ne vous en déplaise, un rôle déterminant dans la mise en place du système. Ce que confirme Henry C. Galant, chercheur américain : « Les défenseurs les plus actifs’ du nouveau plan de sécurité sociale et de son application étaient les communistes et la CGT... C’est grâce aux efforts de la CGT que les caisses furent prêtes à fonctionner à la date prévue » (1).

    Pierre Laroque qui s’y connaissait en la matière devait dire « Dans la conception française, la sécurité sociale doit, non seulement donner aux travailleurs un sentiment de sécurité, mais aussi leur faire prendre conscience que cette sécurité est leur propre fait, qu’ils en ont le mérite et la responsabilité » (2).

    Il disait également en 1946 : « Le plan de sécurité sociale ne tend pas uniquement à l’amélioration de la situation matérielle des travailleurs, mais surtout à la création d’un ordre social nouveau dans lequel les travailleurs aient leur pleine responsabilité. C’est ce qui a amené à concevoir le plan de sécurité sociale dans le cadre d’organisation unique gérée par les intéressés et couvrants l’ensemble de la sécurité sociale ».(3)

    En 1995, dans un entretien à la revue "Le Droit Ouvrier" il dira : « Nous avons eu la chance, si c’est une chance, que la CGT ait été pratiquement seule en 1945 à représenter le monde du travail, et qu’elle nous ait complètement appuyés parce qu’elle se sentait responsable » (4).

    J’ai entendu, sur RTL, le ministre Xavier Bertrand. Il s’en prenait avec véhémence aux arrêts de travail, prétendant qu’un arrêt sur six était frauduleux. Ces chiffres sont pour moi fantaisistes. Tout ’abord ce sont les médecins qui prescrivent. Allez donc leur dire qu’ils sont des fraudeurs. De plus si l’on est contrôlé la veille de la reprise de travail (ce qui arrive fréquemment) il paraît évident que le patient est en capacité de reprendre son travail. Dans ce cas parler d’abus est pour le moins... abusif. Monsieur Bertrand n’a sans doute jamais mis les pieds dans une usine... pour travailler, je veux dire. Que connaît-il des conditions de travail qui font qu’un ouvrier a une espérance de vie inférieure de 7 ans à celle d’un cadre supérieur ? Ce discours réactionnaire était déjà celui que les adversaires de la sécurité sociale prononçaient dès l’origine.

    Il faut le nommer, c’est un discours de lutte des classes. Cette lutte des classes qui n’existerait que dans l’imaginaire des marxistes est évoquée par l’un des hommes les plus riches de la planète, Warren Buffett, en ces termes "La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter" .(5)

    Exemples de 1948 (6) :
     La chambre de commerce de Paris dans un rapport adopté le 10 novembre 1948 : « la sécurité sociale est devenue pour l’économie une charge considérable qui.risque de compromettre le redressement du pays »
     « Les salariés ... ont voulu profiter de traitement dont il n’avait peut-être pas un besoin certain. La moindre maladie a été le prétexte de repos plus ou moins prolongé. L’absentéisme s’est développé ».
     « ... raison de cet accroissement de dépenses : les accidents insignifiants pour lesquelles autrefois on se bornait à un simple pansement, tandis que maintenant on va trouver le médecin ».
     « Un médecin donnera facilement 15 jours de repos pour une petite grippe ou pour un léger accident. La fraude est donc d’autant plus grande que la caisse est plus concentrée ».

    Vous voulez donner des leçons de modernité et vous avez le discours des réactionnaires d’il y a 63 ans !

    Il est regrettable qu’un ministre du travail ne se penche pas plus sérieusement sur les raisons qui font qu’un salarié est mis en arrêt maladie. Sait-il que 70 % des ouvriers travaillent en contact avec des produits toxiques ? Sait-il que les troubles musculo-squelettiques (dont vous êtes à l’abri) sont la première cause de maladie professionnelle ? Que fait-il pour qu’il n’y ait pas 400 suicides par an liés au travail ? Il est de notoriété publique que nous ayons une sous reconnaissance des maladies professionnelles. Que fait-il ? C’est plus facile d’insulter les salariés à l’Assemblée Nationale que de régler les problèmes de souffrance au travail.

    Vous prétendez que l’ensemble des fraudes sociales est "à peu près de l’ordre de 20 milliards d’euros", soit environ 10% du budget de la Sécurité sociale !

    Il serait intéressant de savoir comment vous arrivez à ce chiffre. Et puis nous aimerions vous voir, vous ministre du Budget, vous en prendre à la fraude fiscale qui est au minimum le double ! Nous pourrions évoquer les milliards que vous avez octroyés aux banquiers frauduleux. Et vous semblez prêts à recommencer au risque d’encourager la fraude ! Avant de donner des leçons, commencez donc par balayer devant les portes de vos cupides amis.

    Mais la cupidité suffit-elle à expliquer ce qui pousse quelqu’un à vouloir encore gagner des millions quand il a déjà amassé des milliards ? Peut-être avons-nous affaire à quelque chose de plus proche de la gloutonnerie, un besoin psychotique de s’empiffrer alors qu’on n’a plus faim (8).

    Le déficit de la Sécurité sociale doit-il être ou non réduit, et si oui par quelles mesures ?

    Ce n’est pas à l’économiste de répondre, mais au citoyen, affirme le professeur Albert Jacquard.(7). Ce n’est pas aux ministres non plus, qui sont des serviteurs (l’ont-ils oublié ?), mais au Peuple (le souverain) et notamment aux salariés qui de plus sont majoritaires. Vous n’avez aucune légitimité pour casser notre SECU, elle nous appartient ! Au non de quoi ceux qui produisent les richesses de notre pays (qui vous paie), devraient-ils être spoliés de leur conquête ?

    Comme l’a écrit Pierre Laroque en 1946 ! "Nous voulons que demain les travailleurs considèrent que les institutions de Sécurité sociale sont des institutions à eux, gérées par eux et où ils sont chez eux".

    Que de dégâts depuis !

    La réalité c’est que nous vivons une crise majeure qui vous sert de prétexte pour massacrer nos acquis, qui ne doivent rien à la droite, mais tout aux luttes de générations de travailleurs. Cette crise, ni le gouvernement, ni ses économistes n’ont vu venir (gouverner c’est prévoir ?). Cette crise c’est la votre et vous voulez nous la faire payer !

    " Jusqu’ici l’art de gouverner n’a été que l’art de dépouiller et d’asservir le grand nombre au profit du petit nombre, et la législation le moyen de réduire ces attentats en système... ".(9) Robespierre dit l’Incorruptible.

    On dirait que cela continue.

    « Jamais les maux de la société ne viennent du peuple, mais du gouvernement. » Robespierre. (9).

    Michel Cialdella

    citoyen en colère

    (1) « Histoire politique de la sécurité sociale française 1945-1952 », Henry C. Galant.

    (2) Pierre Laroque « de l’assurance sociale à la sécurité sociale », cité par Henry C. Galant.

    (3) "Recueil d’écrits de Pierre Laroque" la documentation française, mai 2005.

    (4) "Le Droit Ouvrier" Octobre 1995.

    (5) "La guerre des classes" François Rein ; Fayard ; 2008

    (6). "Histoire de la sécurité sociale (1945-1967)" Bruno Valat. Éditions Economica. Octobre 2001.

    (7) ’Mon utopie" ; Albert Jacquard ; Stock ; 2006.

    (8) "La menace américaine" ; Théodore Roszak ; Le cherche midi ; 2004.

    (9) "Robespierre : Sur la République, discours à la Convention le 10 mai 1793.



    Lire la lettre de Michel Cialdella


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  • Par André GRIMALDI, professeur de diabétologie à la Pitié-Salpêtrière, président du Mouvement de défense de l’hôpital public.

     

    « Dans son discours à Bordeaux, Nicolas Sarkozy s’en est pris au Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire, dont je suis l’un des auteurs, lui reprochant d’être irresponsable parce qu’il prône la hausse des cotisations sociales. Ce manifeste a été fait pour qu’il y ait un débat sur la santé lors de l’élection présidentielle. Nous disons à M. Sarkozy : “Organisons un débat public : est-ce que, à coût constant, une autre politique de santé est possible ?” Le président veut dépenser moins : ça tombe bien, nous aussi. Concernant les médicaments, je voudrais qu’il m’explique pourquoi les génériques en France coûtent deux fois plus cher qu’en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas ? La différence, c’est 1 milliard d’euros. Sur la disparité des pratiques médicales, on sait que dans des maternités identiques, le taux de césariennes varie de 1 à 3, que pour la pose de simulateurs cardiaques, cela va de 1 à 4, les endoscopies, de 1 à 3, etc. Où est le travail d’évaluation comparative des pratiques pour tenter de réduire ces disparités ? Sur les partenariats public-privé, un rapport de la Cour des comptes montre que cela a été en général des cadeaux au secteur privé, comme le montre le cas emblématique de l’hôpital Sud-Francilien. On pourrait multiplier les exemples. Quand le président parle de maîtrise des coûts publics, cela signifie qu’en réalité, 
il les transfère sur les ménages : c’est de moins en moins la Sécu qui rembourse, et davantage les mutuelles et assurances privées, dont les primes augmentent de 5 % et plus chaque année. À la clé, moins d’égalité, de solidarité. Injuste, ce transfert est aussi coûteux : les frais de gestion des assureurs sont de 28 %, contre 4,6 % pour la Sécu. Nous voulons le transfert inverse : au lieu de payer mutuelles et assurances privées, payons la Sécu ! Le président n’a pas diminué les dépenses, il les a augmentées : les Français paient plus pour la santé, car ils paient plus pour les assurances. Pour un débat sur ces questions avec le président, nous disons donc “chiche ! Quand il veut, où il veut, avec lui, ou son ministre”. »

     

    Voir aussi :Hôpital public en danger, impossible de soigner sans soignants


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  • Les salariés français ne recourent pas plus souvent aux arrêts maladie que leurs voisins européens.

    Les salariés français ne recourent pas plus souvent aux arrêts maladie que leurs voisins européens.LE BOT ALAIN

    Après les allocations, l'UMP et le gouvernement lancent l'offensive sur les arrêts maladie. Nicolas Sarkozy sera mardi 15 novembre à Bordeaux pour visiter une caisse d'allocations familiales, et prononcer un discours sur le thème – récurrent depuis 2007 – de la lutte contre les fraudes sociales et l'assistanat.

    Et pour accompagner cette offensive, qui part d'une volonté de faire des économies dans un contexte de rigueur, mais n'est pas moins annonciatrice d'un axe de la campagne présidentielle à droite, la majorité veut se concentrer sur les arrêts maladie. D'abord dans un but d'économies budgétaires : le gouvernement envisage d'imposer aux salariés du privé un quatrième jour de carence avant la prise en charge d'un arrêt de travail.

    En clair, sans accord d'entreprise spécifique, un salarié qui tombe malade perdrait quatre jours de salaire, donc au moins 15 % de son revenu mensuel. Une mesure qui risque de susciter de la colère, mais qui permettrait de rapporter 280 millions d'euros, selon Les Echos. Et qui serait accompagnée d'une autre mesure, de portée plus symbolique : imposer aux fonctionnaires un jour de carence non indemnisée en cas d'arrêt de travail (ils n'ont jusqu'ici pas de délai de carence, contre trois jours dans le privé).

    Alors que ces questions sont en discussion, la majorité relance également la thématique des fraudes, ciblant cette fois les abus liés aux arrêts de travail. "Les contrôles vont être beaucoup plus importants et, en plus, si vous êtes pris, vous rembourserez", a averti Xavier Bertrand au micro de RTL, dimanche 13 novembre.

    Comme pour d'autres cas, les effets d'annonce semblent quelque peu disproportionnés avec la réalité des fraudes aux arrêts de travail. Celle-ci fait en effet l'objet depuis 2002 d'un suivi constant et d'offensives politiques, qui ont le plus souvent porté leurs fruits.

    Les Français pas plus malades qu'ailleurs en Europe. Attardons nous d'abord sur les chiffres nationaux. Selon la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), plus de 237 millions d'euros d'indemnités journalières ont été délivrés en 2006.

    Selon l'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé, les indemnités journalières représentaient en 2008 5 % des dépenses de santé, avec 11,3 milliards d'euros. Sur cette somme, 46 % concernaient les congés maternité et accidents du travail, et 54 % concernaient les arrêts maladie, soit 6,2 milliards d'euros. Et donc 2,5 % des dépenses de santé.

    En 2010, les Français ont connu en moyenne 14,5 jours d'arrêt de travail, contre 17,8 en 2009, selon une étude du groupe Alma Consulting. Une moyenne qui cache des écarts certains : une autre enquête, publiée en 2007 par le site de gestion de carrière Monster.com, montrait que 75 % des 40 000 salariés français interrogés disaient n'avoir pris aucun jour d'arrêt maladie.

    Une autre étude, cette fois de l'Assurance maladie , précise qu'en 2010, 37 % des arrêts maladie étaient d'une durée inférieure à 8 jours, 22 % de 8 à 14 jours, 15 % de 15 jours à un mois, 15 % de un à trois mois et 11 % au-delà.

    Quand on les compare avec leurs voisins européens, les salariés Français ne sont pas plus enclins qu'ailleurs aux arrêts de travail. Une longue étude menée en 2010 par deux chercheurs du CNRS montrait qu'entre 1994 et 2001, le taux d'absence globale (pour raisons de santé ou non) oscillait, en France, entre 10 % et 11 %, contre 20 % et 28 % au Danemark, 15 % au Royaume-Uni ou 16 % et 18 % aux Pays-Bas.

    La fraude aux arrêts maladie représente très peu face au travail au noir. Quant à la fraude, elle n'atteint qu'une faible ampleur. Le renforcement de la législation depuis 2002 fait que les contrôles sont systématiques sur les arrêts maladie de plus de 45 jours.

    En 2008, sur 1,5 million de contrôles, la CNAM a constaté que 13 % des 285 000 réalisés pour des arrêts de courte durée étaient "injustifiés ou trop longs", soit 37 050 cas. Dans le cas des arrêts de plus de 45 jours, systématiquement contrôlés, on comptait 11 % de cas "inadaptés ou injustifiés" sur 1,2 million, soit 132 000.

    Au total, donc 169 000 cas "injustifiés", sur plusieurs millions de salariés ayant eu un arrêt maladie. Un chiffre qui représente bien peu face, par exemple, à celui du travail au noir. Selon le député UMP Dominique Tian, auteur d'un rapport sur la question en juin, celui-ci représenterait 9 à 15 milliards d'euros de manque à gagner fiscal par an, soit plus que le coût total des indemnités journalières, et donc infiniment plus que la fraude à ces dernières.

    Samuel Laurent

    Une thématique ancienne

    Depuis 2002, la lutte contre la fraude aux arrêts maladie a été régulièrement l'objet de campagnes de communication. En 2004, le même Xavier Bertrand, alors secrétaire d'Etat, mettait ainsi en place une série de contrôles renforcés et d'amendes en cas de fraude, stigmatisés par le PS comme de la "chasse aux fraudeurs". Parmi les mesures, des sociétés privées peuvent se charger de réaliser ces contrôles.

    En 2006, le sujet revient sur le tapis avec un rapport de la caisse nationale d'assurance maladie, qui évoque 750 000 contrôles réalisés l'année précédente, une multiplication par sept depuis 2003. Sur ces derniers, 250 000 sont effectués sur des arrêts de courte durée. Et sur ce total, "près de 15 % se sont révélés médicalement injustifiés", affirme la caisse, qui précise que ces vérifications sont faites sur des cas posant question, et mettent souvent en cause les médecins, accusés de prescrire des arrêts trop longs.

    En 2010, sur la foi d'un bilan de l'assurance maladie, La Tribune évoquait ainsi en une le chiffre choc d'un arrêt maladie injustifié ou trop long sur dix. Mais le quotidien oubliait de préciser que le chiffre correspondait en fait aux arrêts contrôlés. Or les contrôles sont le plus souvent effectués à la suite de suspicions de fraude. Mais comme pour d'autres cas de fraudes aux prestations sociales, ce sont les chiffres bruts qui frappent l'imaginaire.

    Ces mesures portent toutefois leurs fruits. Selon une étude récente de la CNAM des travailleurs salariés, le nombre d'indemnités journalières délivrées a baissé de 3 % entre 2004 et 2006. Une baisse qui a permis de ramener leur total au niveau de 1997, et fait économiser un milliard d'euros par an à la sécurité sociale.


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  • Sécurité Sociale : ce que vous devez savoir et que l’on voudrait vous cacher… (2/2)


     

    Dans le précédent article, nous avions abordé quelques aspects du financement de la sécurité sociale. Nous vous avions indiqué que dans le prochain numéro seraient abordées les questions de la CSG et de la TVA sociale.

     


     

    Salaire socialisé ou fiscalisation


    Retour sur 1945


    Le programme du CNR (Conseil national de la résistance) « Un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec la gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat. »


    La logique de 1945 est d’opposer le droit du travail à l’assistance. Une rupture est faite avec le système assurantiel de 1930. Le salaire socialisé est né.


    CGT 13

    Les remises en cause depuis 1980


    Comme déjà écrit précédemment, le patronat n’a eu de cesse de combattre la sécurité sociale dès sa naissance. Ainsi, l’idée que l’universalisation des droits des assurés sociaux conduirait à substituer l’impôt à la cotisation, est introduit. « Le financement reposerait trop sur le travail ». Un prélèvement plus progressif serait plus équitable ». Autant d’arguments qui sont faits pour casser le régime de solidarité et qui permettent au patronat de se désengager du financement de la protection sociale. La CSG est née dans ce contexte.


    La part prise par l’impôt dans le financement du système s’est accrue, en liaison notamment avec la création en 1991 d’un impôt spécifique assis sur les revenus des personnes résidant en France : La C.S.G. (contribution sociale généralisée).


    Instituée à l’origine à un taux relativement faible pour alimenter la seule branche famille de la sécurité sociale, elle a vu en effet, par la suite, son champ d’application élargi et son taux fortement augmenté. En effet, de 1993 à 1997, d’une part une fraction de son produit a été affectée à la branche retraite, et plus précisément au Fonds de solidarité vieillesse créé la même année, d’autre part, elle s’est substituée pour l’essentiel à la part salariale des cotisations d’assurance maladie, et durant cette période son taux initial est passé de 1,1% des revenus à 7,5%.


    Si l’on ajoute le produit de la Contribution au remboursement de la Dette Sociale (CRDS) créée dans le cadre du plan Juppé ainsi que celui des diverses et nombreuses taxes affectées à la sécurité sociale (Contribution des entreprises de préparation des médicaments, droit sur les alcools, les tabacs...) on constate un quasi doublement en une décennie de la part de l’impôt dans le financement de la sécurité sociale: cette part étant passée de 16,7% en 1990 à 30,40% en 2002.


    Le projet de la T.V.A. sociale


    La TVA sociale (qui n’a rien de sociale) est de plus en plus mise en avant. C’est un mécanisme qui consisterait à augmenter fortement la TVA en baissant en même temps les cotisations sociales, dans le but de transférer tout ou partie du financement de la protection sociale sur les consommateurs et non plus sur les seuls employeurs et travailleurs.


    Ainsi, le patronat se désengagerait encore un peu plus du financement de la protection sociale et l’on peut craindre qu’une augmentation de la TVA fasse augmenter les prix, pénalisant particulièrement les classes moyennes et les plus démunis qui n’ont pas l’épargne suffisante pour maintenir un certain niveau de consommation. La TVA est un impôt injuste puisque le même taux est appliqué à chacun, quels que soient ses revenus.


     

    Séparer les fonctions d’assurance et de solidarité est une fiction dangereuse


    Le MEDEF plaide depuis longtemps pour une séparation des fonctions entre l’assurance et la solidarité.


    En effet, dans les débats sur la sécurité sociale, on rencontre l’idée selon laquelle il faudrait séparer les fonctions d’assurance et de solidarité nationale. Selon les partisans du libéralisme, la fonction d’assurance relèverait de la sécurité sociale, et la solidarité de l’Etat. Cette conception n’est pas conforme à notre modèle de sécurité Sociale, à notre choix de société.


    Pour la CGT, la sécu doit rester fondée, de manière indissociable, sur l’assurance et sur la solidarité.


    Certes, elle est fondée sur une notion d’assurance.


    Elle vise à garantir les salariés contre certains « risques » : perte de revenus du fait de l’interruption de l’activité, prise en charge de soins médicaux, etc...


    Mais cette assurance est prise en charge par des mécanismes de solidarité fondés sur la répartition. En effet, l’ensemble du système est bâti sur des logiques de mutualisation, non sur des techniques assurantielles : chacun cotise en fonction de son salaire, et non en fonction de la probabilité qu’il recourt aux prestations. Par exemple un célibataire sans enfant cotise, à salaire égal, autant qu’un père de famille de plusieurs enfants, mais il ne profite pas des prestations dont bénéficie cette famille nombreuse.


    La plupart des réformes opérées depuis plusieurs années sont fondées sur l’idée d’une séparation entre assurance et solidarité. Cette idée a notamment conduit à l’instauration de la « Contribution Sociale Généralisée » (CSG) à laquelle sont assujettis quasiment tous les revenus, même si elle pèse particulièrement sur les revenus salariaux.


    L’idée de la séparation de l’assurance et de la solidarité a aussi conduit à la création de la Couverture Maladie Universelle (CMU). Elle est présente également dans les réformes des retraites et de l’assurance maladie.

    CGT 14

    Analyses et propositions CGT

     

    La C.G.T a toujours été opposée à une menace de ce type qui marquerait une régression importante dans le mode de financement de la sécurité sociale, tout en n’apportant aucune réponse au problème de l’emploi. Il y a une illusion dangereuse à croire que l’on peut faire payer les contributions à la protection sociale par les producteurs étrangers ; ce sont en fait les consommateurs et les salariés français qui seront une nouvelle fois priés de passer à la caisse, alors que la contribution des entreprises à la sécurité sociale sera encore allégée.


    La protection sociale est un bien collectif que la société doit garantir solidairement. Chaque personne doit pouvoir bénéficier, en fonction de ses besoins, de tout le bien-être matériel, physique, intellectuel, moral, physiologique, que peuvent lui offrir, à tout moment de son existence les formidables possibilités scientifiques et techniques disponibles et potentielles. En fonction de l’environnement, de l’état de santé et de l’âge de chacun, ces besoins sont évidemment évolutifs. La plus élémentaire justice implique que la masse et la qualité des services de la société soient tendues vers la satisfaction de ces besoins, le maître d’œuvre étant l’Etat. Autrement dit, l’Etat est responsable de la redistribution collective des richesses collectivement créées. Toute autre manière d’appréhender le financement de la protection sociale constitue un détournement de fonds sociaux et conduit à la marchandisation de celle-ci, avec les résultats que nous connaissons. Dans ce cadre comment conforter et accroître les ressources de la protection sociale pour répondre aux besoins ?


    La sécurité sociale a besoin de recettes supplémentaires et pérennes pour assurer une véritable politique de santé publique, garantir les retraites, réduire les inégalités. Les besoins de prévention, l’allongement de l’espérance de vie, les progrès technologiques entraînent un accroissement justifié des dépenses. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas rechercher la plus grande efficacité possible des moyens alloués. Mais une politique qui se donne pour priorité la réduction des dépenses est inacceptable.


    Une réforme du financement de la sécurité sociale qui tient compte de l’ensemble de ces besoins permet de favoriser la promotion de la place du travail dans la société, le développement des emplois stables, qualifiés et bien rémunérés.


    On a vu que la part des cotisations sociales n’a cessé de régresser dans le financement de la sécurité sociale. Ce recul résulte d’un triple phénomène : une diminution du taux de cotisations accordée aux employeurs, une montée en puissance des exonérations, et une moindre croissance de la masse salariale due au chômage massif et persistant, au développement de la précarité, à la stagnation des salaires et à une faible croissance. Alors pour augmenter les ressources de la sécurité sociale, il faut combattre le chômage et la précarité, créer des emplois qualifiés et bien rémunérés et accélérer la croissance économique.


    La CGT propose une réforme du financement de la sécurité sociale La réforme que propose la CGT vise à conforter un système de protection sociale ancré dans la création de richesses dans l’entreprise. Elle est en complète opposition avec les diverses propositions tendant à la déresponsabilisation des entreprises, sous la forme d’exonérations de cotisations portant sur les bas salaires et financées par diverses taxes et impôts et de reporter le financement du système sur l’impôt, et en particulier sur les ménages. Le mode de financement proposé par la CGT tient compte des comportements des entreprises en matière de création d’emplois et d’évolution des salaires. Il met aussi à contribution les revenus financiers reçus par les entreprises.


    En cela, il favorise une croissance fondée sur des emplois stables et qualifiés. Il permet des augmentations de salaires (contrairement à l’actuel dispositif créant « des trappes » à bas salaires par les exonérations accordées aux entreprises) -voir article précédent-.


    La réforme que propose la CGT s’inscrit en cela dans la continuité des principes qui ont prévalu à la création de la sécurité sociale de 1945 :


    1. La contribution des employeurs doit demeurer une cotisation, c’est-à-dire être prélevée dans l’entreprise (et non sur le consommateur) ; elle doit être affectée à la sécurité sociale.


    2. La nouvelle répartition entre les entreprises doit tenir compte de la valeur ajoutée et de l’importance de la masse salariale, d’où l’idée de taux différenciés suivant les entreprises.


    3. Le mode de calcul doit favoriser le développement de la masse salariale et non pas inciter à la réduction des salaires et du nombre de salariés, d’où l’idée d’une différenciation, d’une modulation du taux, en fonction de la gestion de l’emploi. La base de la contribution doit demeurer le salaire brut. En revanche, le taux de cotisation serait différent en fonction du secteur d’activité et du bilan de l’entreprise en matière d’emploi et de politique salariale.


    Cette réforme vise à mettre au cœur de la croissance le plein emploi des capacités humaines.


    Bien sûr, il faut la compléter d’autres mesures : politique industrielle, encouragement de la recherche et de l’innovation, réforme des circuits financiers.

    Martine Sellier


    CGT 15

     

    Pourquoi les cotisations sociales ne sont pas du salaire différé ?


     

    Les cotisations sociales sont souvent considérées comme un « salaire différé ». Pendant longtemps, la CGT employait aussi cette notion. Il convient cependant de parler de « salaire socialisé ». Il ne s’agit pas d’une simple nuance sémantique : ces termes peuvent engager des conceptions différentes de la protection sociale qui sont au cœur de certains débats actuels. Le concept de « salaire différé » peut en effet conduire à deux idées erronées :


    • les prestations perçues par le salarié devraient être la stricte contrepartie des cotisations versées. Dans une telle optique, le salarié devrait retrouver en prestations ce qu’il a cotisé.


    • Les cotisations ne devraient financer que les prestations à caractère assurantiel, les autres prestations devraient être financées par d’autres moyens et notamment par les impôts.


    Ces idées ne sont pas conformes au système français de Sécurité sociale. Les cotisations dites patronales font partie intégrante du salaire conçu dans une optique de solidarité. Le patronat utilise l’expression de « charges sociales » pour parler des cotisations sociales. Cette expression est largement utilisée dans le langage courant, y compris par les syndicalistes. Cette expression est totalement idéologique. Elle vise effectivement à culpabiliser les salariés, à présenter le travail comme un coût, une charge pour les entreprises. Dans une telle optique, les cotisations sociales s’opposeraient à l’emploi, ce que ne cesse de répéter le patronat.


    Il faut souligner que les cotisations dites patronales font partie intégrante de la rémunération de la force de travail. Ce n’est pas l’employeur qui les paie de sa poche. Elles sont versées à partir du travail et comme une partie de salaire. Cette socialisation du paiement de salaire est nécessaire pour la reproduction de la force de travail dans les meilleures conditions. Si le système était différent, par exemple s’il n’y avait pas de protection sociale, les salaires devraient augmenter à hauteur des cotisations sociales, parts salariale et patronale confondues. Evidemment, dans un tel système, il n’y aurait aucune place pour les solidarités, tout serait individuel, ce serait l’individualisme pur et parfait.


    On comprend pourquoi le patronat utilise l’expression de « charges sociales ». Il veut ainsi légitimer sa revendication de la baisse des cotisations sociales : la réduction de ces cotisations est synonyme de la baisse moyenne des salaires, donc de la hausse des profits. Voilà le fond du problème.


    Cette revendication patronale se voit satisfaite via la prise en charge publique d’une partie des contributions dites patronales. En effet, au cours des deux dernières décennies, des politiques ont été mises en place pour que l’Etat (en fait, les salariés qui paient les impôts) prenne en charge une partie des cotisations des employeurs. C’est le cas au travers des exonérations de cotisations qui touchent plus d‘un emploi sur deux. Leur montant global atteindra 236 milliards d’euros en 2006. De manière parallèle, une partie de plus en plus import


    Source « Le Travailleur Parisien » n°1176 -  UD CGT Paris


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  • Sécurité Sociale : ce que vous devez savoir et que l’on voudrait vous cacher… (1/2)

     

    Si nous faisions un peu d’histoire…


    Au lendemain de la seconde guerre mondiale, une loi dite de « généralisation de la Sécurité sociale » est adoptée le 22 mai 1946. Ces textes jettent le socle d’une protection sociale universelle, obligatoire et solidaire, puisque l’on cotise à la hauteur de ses moyens pour en bénéficier à la hauteur de ses besoins.

     

    CGT 06

    L’être humain au cœur du nouveau système

    Le nouveau système est structuré autour de quatre mots clés à la base d’une philosophie humaniste :


    L’unicité

    L’ambition était d’assurer le bien-être de tous, de la naissance à la mort. De faire de la vie autre chose qu’une charge ou un calvaire comme le disait Ambroise Croizat à l’Assemblée nationale le 20 mars 1946.


    L’universalité

    Une institution unique obligatoire couvrant désormais l’ensemble des domaines de la protection sociale, des « risques sociaux » : maladie, vieillesse, décès, invalidité, accident du travail, jusque-là gérés, notamment, par les assurances privées.

    La couverture est étendue à tous les citoyens avec la volonté de généraliser à court terme, le nouveau système et ceci malgré l’opposition de certaines professions qui refuseront de s’y intégrer.


    La solidarité

    C’est la pierre angulaire du système. Solidarité inter-générations, solidarité malades bien portants, le tout financé par les richesses créées à l’entreprise.


    La démocratie

    C’est « l’exception française », car seule une gestion par les intéressés eux-mêmes peut garantir que la santé restera un droit fondamental pour tous. Les premiers conseils d’administration des caisses seront composés de ¾ de représentants des assurés et de ¼ de représentants des patrons.

    Au fil de l’histoire, la proportion s’est hélas largement modifiée !

    Dès l’origine, des différences, voire divergences, verront le jour entre organisations, certaines momentanées, d’autres plus durables. Aussi, afin d’éviter tout retard dans la mise en place de la « Sécu », la CGT se prononce pour une désignation des gestionnaires et se battra ensuite pour l’élection des administrateurs par les assurés.

    Les premières élections des administrateurs des caisses de Sécurité sociale et d’allocations familiales auront lieu le 27 avril 1947.


    Positionnement des différents acteurs

    La CFTC qui gérait des caisses d’assurances sociales, demande à ses militants de ne pas participer aux conseils d’administration qui s’installent. Dans certains départements, la consigne sera suivie, dans d’autres non.

    La mutualité n’est pas d’accord sur la mise en place de la Sécurité sociale généralisée ; elle pense, qu’à terme, cela mènerait à sa disparition. D’autant qu’elle ne croit pas à la complémentarité.

    Le patronat ne voit pas d’un bon œil la participation des entreprises à la protection sociale, mais son attitude pendant la guerre lui interdit toute réaction immédiate.

    De fait, l’unification de la Sécurité sociale sera limitée. Le programme du CNR avait pour ambition de créer un régime unique de sécurité sociale. Cependant, les salariés déjà couverts étaient attachés à leurs régimes particuliers (mineurs, marins, fonctionnaires, agriculteurs, artisans, commerçants, cadres).


    Loi du 22 mai 1946

    Finalement, la loi du 22 mai 1946 limite ce que l’on n’appelait pas encore le « régime général » aux salariés de l’industrie et du commerce.

    Alors, même si les régimes particuliers et spéciaux perdurent, la mise en place de la Sécurité sociale fonde les bases d’un régime unique de haut niveau face à la multitude de caisses existant à l’époque.

    L’entreprise participe à son financement et l’administration des caisses de Sécurité sociale revient pour l’essentiel aux travailleurs.


    CGT 07

    Ambroise Croizat, le « père » de la Sécurité Sociale


    Remises en cause de la Sécurité sociale

    Depuis la création de la Sécurité sociale, les gouvernements successifs soutenus par le patronat n’ont eu de cesse de modifier le système dans un sens  antidémocratique et centralisateur.

    1960 : le décret du 12 mai 1960 retire tout pouvoir de gestion du personnel aux conseils d’administration. Les directeurs des caisses locales deviennent les employeurs des salariés. Ils ont une grande autonomie dans la gestion du personnel. Dans le même temps, les URSSAF sont créées (auparavant le recouvrement des cotisations était assuré par les caisses locales avec une compensation au niveau régional et national).

    1967 : Les fameuses ordonnances de 1967 scindent la gestion de la Sécurité sociale en trois branches (Maladie, Famille, Vieillesse). La gestion et les financements sont séparés et placés sous l’autorité de trois caisses nationales. C’est la fin d’une certaine unicité de la sécurité sociale.

    Les caisses nationales deviennent des établissements publics dont le directeur est nommé par décret.

    Ultérieurement, le recouvrement deviendra une branche à part entière.

    Dans cette même période, les élections des administrateurs salariés sont supprimées et remplacées par une désignation par les syndicats représentatifs. La voie est ouverte à un pseudo paritarisme. Les conseils d’administration sont désormais composés  de 50% de représentants du patronat et de 50% de représentants des confédérations syndicales. Le jeu trouble des alliances entre patronat et certaines organisations syndicales permettra de dévoyer ce paritarisme et laissera les mains libres au patronat

    1982 : Les élections seront rétablies en 1982 sous une majorité de gauche. Tous les assurés sociaux, âgés de 16 ans votent. En 1983, il y a 28,1millions d’électeurs pour les caisses d’assurance maladie.

    Néanmoins, on ne revient pas à la structuration de 1946 et les restructurations de 1967 restent inchangées.


    1996, le plan Juppé renforce le poids de l’Etat dans la Sécurité sociale mais aussi l’emprise des caisses nationales sur les organismes de base. Progressivement les directeurs des caisses locales et les conseils d’administration vont perdre la majeure partie de leurs prérogatives.

    1996 à nos jours :

    Depuis, gouvernement, patronat, actionnaires, appuyés par une grande partie des médias et par le Conseil européen, essaient d’ancrer durablement dans les têtes de nos concitoyens l’idée qu’il faut réduire très rapidement et significativement les déficits publics. Cette idée est entretenue en agitant le spectre de la faillite publique de pays comme l’Irlande ou la Grèce, par exemple. C’est dans cette logique que sont arrivés, la réforme des retraites, les nouvelles mesures concernant les dépenses d’assurance maladie ainsi que les choix en matière de politique familiale, comme ceux en matière de financement.


    Transformation induite du financement de la Sécurité sociale

    Ces choix totalement axés sur une politique ultra libérale sont marqués par une cohérence : la remise en cause de notre système solidaire de protection sociale et le transfert sur les assurés sociaux d’une part croissante de leurs besoins de protection sociale.

    Depuis 1980, le patronat qui n’a eu de cesse de combattre la Sécurité sociale, dès sa naissance, a introduit l’idée que le « financement reposerait trop sur le travail ».


    « Un prélèvement plus progressif serait plus équitable » ! Autant d’arguments qui sont faits pour casser le régime de solidarité et qui permettent au patronat de se désengager du financement de la protection sociale. La CSG est née dans ce contexte ; la TVA sociale (qui n’a rien de social) est dans les « tuyaux » et on se dirige depuis les années 80, vers un retour à l’assistance RSA (Régime de solidarité active, prestations sous conditions de ressources…).

    Pour rappel, le projet de la TVA sociale est un mécanisme qui consisterait à augmenter fortement la TVA, en baissant en même temps les cotisations sociales, dans le but de « transférer » tout ou partie du financement de la protection sociale  sur les consommateurs et non plus sur les seuls travailleurs et employeurs.

    Ainsi, le patronat se désengagerait encore un peu plus du financement de la protection sociale et l’on peut craindre qu’une augmentation de la TVA fasse augmenter les prix, pénalisant particulièrement les classes moyennes et les plus démunies. La TVA est un impôt injuste puisque le même taux est appliqué à chacun quels que soient ses revenus.


    CGT 08

    Le problème de l’économie française


    Ce n’est pas l’excès des dépenses mais bien l’insuffisance des recettes qui pose problème. A long terme, les recettes de la protection sociale dépendent de la croissance économique. Or, la croissance  de l’économie française est structurellement faible.


    C’est la faiblesse de l’emploi, inséparable de la création de valeur. Pour rappel, le taux de chômage n’est jamais descendu sous les 7% depuis 1983. De plus, la qualité de l’emploi est mauvaise (trop de contrats précaires, bas salaires…). Les jeunes sont particulièrement touchés.


     

    Les exonérations des cotisations patronales

    Pour répondre à cette crise de l’emploi, depuis plus de 20 ans, les gouvernements successifs ont mis en place des systèmes d’exonération de cotisations qui se multiplient et se complexifient. Leurs effets sur l’emploi, qui étaient pourtant leur justification principale, n’ont jamais été prouvés ; ce qui a d’ailleurs été confirmé en 2010 par le rapport de la Cour des comptes qui a constaté que les exonérations n’ont pas permis la création d’emplois. Les plans pour l’emploi relèvent de la responsabilité et du budget de l’Etat ; ce n’est pas à la Sécurité sociale de les financer par le biais des exonérations.


    Exonérations dites « loi Fillon »

    Pour faciliter la compréhension sur les exonérations et leurs mécanismes, nous nous sommes appuyés sur les exonérations dites « loi Fillon », qui sont sans aucun doute les plus représentatives d’un système inefficace pour l’emploi et qui participe au creusement du déficit de la Sécurité sociale et à la fiscalisation du système.


    Cette réduction est extrêmement difficile à calculer.


    Elle repose sur deux principaux paramètres :

    - Le nombre de salariés dans l’entreprise plus ou moins 19 salariés.

    - Le montant de la rémunération, supérieur au SMIC, dégressive jusqu’à 1,6 fois le SMIC.


    La CGT a largement dénoncé ces exonérations pour trois raisons :

    -Elles constituent de véritables trappes à bas salaires ; en clair, plus le salaire est proche du SMIC plus les réductions sont importantes,

    -Elles n’ont aucun effet positif sur l’emploi. Depuis le temps qu’existent des dispositifs d’exonérations, si le chômage avait diminué, ça se saurait.

    - Par le biais de la compensation des exonérations par l’Etat, elles participent à la fiscalisation du financement de la Sécurité sociale. En outre, l’Etat ne compense pas à 100%.


    CGT 09

    Exemples chiffrés


    Entreprise de plus de 20 salariés


    Bulletins de salaire exonérés (SMIC en vigueur au 31 Décembre 2010 1 343,77 euros)

    Salaire brut : 1 500 euros

    CGT 10

     

     Même salarié en 2011

    (SMIC en vigueur au 1er janvier 2011 : 1 365 euros)

    Salaire brut : 1 500 euros


    CGT 11

     

    Pour expliquer les effets pervers de ces exonérations dites générales, il suffit de regarder un bulletin de salaire au 1er   décembre 2010 et un bulletin de salaire au  1 er janvier 2011.


    Au 1er janvier 2010, le SMIC était de 1343,77euros

    Pour un salarié rémunéré 1 500€ bruts, au  1er Décembre 2010, la réduction des cotisations patronales s’élevait à 282 euros.

    Au 1er janvier 2011, le SMIC est augmenté et porté à 1365 euros.

    Si, et c’est souvent le cas, la rémunération de ce salarié n’est pas augmentée, la réduction de cotisation bénéficiant à l’employeur va mécaniquement augmenter et passer à 296 euros.

    En effet, cette réduction est dégressive jusqu’à 1,6 fois le SMIC. Plus l’écart entre le salaire brut et le SMIC est faible, plus l’exonération est importante.


    Autre exemple :

    Cas d’un salarié rémunéré au SMIC, au 1er janvier 2011. Dans ce cas, l’employeur bénéficie d’une exonération maximum.

     

    CGT 12

     

    A ces exonérations peuvent s’ajouter :

    les Zones franches urbaines. Le rapport d’Eric Raoult, député UMP, plaide pour la prorogation de ce dispositif. Ce rapport fait l’objet d’un consensus étonnant qui va de la droite à une partie de la gauche en passant par le patronat. Ce dispositif permet une exonération totale de cotisations sociales et de taxes fiscales, pendant cinq ans, aux entreprises qui s’installent dans ces ZFU ! Lancées en 1996, les cent ZFU existantes ont coûté 510 millions d’euros en 2010. Pour quel bénéfice en termes d’emploi ? Une fois de plus, cette disposition n’a pas prouvé son efficacité !


    En fait, il s’agit surtout de transfert d’entreprises déjà existantes sur un autre territoire.


    -La loi TEPA (Travail, emploi et pouvoir d’achat) : exonérations sur les heures supplémentaires.


    Quelques chiffres pourtant !

    En 2008, les exonérations de cotisations ont représenté 30,7 milliards d’euros, soit 10,7% du total des cotisations dues aux URSSAF (Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales).

    Aujourd’hui, la plupart des exonérations sont compensées par l’Etat. Ce qui veut dire que l’impôt participe pour une bonne part au financement de la Sécurité sociale à hauteur de 28,2 Milliards.

    Le montant des exonérations ne cessent de progresser régulièrement :

    - en 2006 : +13,6%

    - en 2007 : + 13,5%

    - en 2008 : + 13,1%

    Le montant global et la permanence des exonérations posent la question du mode de financement de la Sécurité sociale.

    - Le salaire socialisé reste-t-il pertinent ?

    - Les employeurs doivent-t-ils cotiser ?

    - Le financement doit-il reposer sur l’entreprise ou basculer dans l’impôt comme certains le préconisent ?

    Ces questions sont au cœur de l’actualité et seront débattues au cours des prochains mois.


    Deux solutions sont préconisées pour combler le trou de la Sécurité sociale :

    -  La TVA sociale

    - La fusion CSG/impôt sur les revenus qui sous-entend impôt donc la fiscalisation totale du financement de la Sécurité sociale.


    Ces questions feront l’objet d’un prochain article


    Martine Horta

    Source « Le Travailleur Parisien » n°1175 -  UD CGT Paris


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  • Communiqué de presse du collectif [im]Patients, Chroniques & Associés *

    Les plus faibles toujours plus taxés

    Mutuelles, CMU... les plus faibles toujours plus taxés


    Dans le cadre de la loi de finances rectificative, le gouvernement envisage l’augmentation de la Taxe spéciale sur les complémentaires santé (TSCA). A celle-ci s’ajoutera la taxe sur la CMU – Couverture maladie universelle.

    Ces projets indignent le monde des complémentaires santé. Les associations de notre collectif (AFD, AFH, AIDES, AFSEP, Amalyste, FNAIR, JSC et Keratos) partagent cette désapprobation.

    Certes, ces augmentations affectent les complémentaires santé mais ont également un effet direct sur les assurés, qui cumulent les charges : en plus de l’augmentation progressive des "restes à charges", ils vont subir inévitablement une hausse des cotisations, y compris au sein des contrats dits responsables, avec un taux d’effort accru pour leur santé.

    Et qu’en est-il des personnes atteintes d’Affections de longue durée (ALD), qui sont supposées être prises en charge à 100% ? On pourrait croire que "le 100%" nous assure un remboursement optimal et ne nous laisse aucun frais. Il n’en est rien ! Nous sommes soumis aux franchises, dépassements d’honoraires et autres déremboursements des médicaments dits "de confort", etc., frais qui rendent indispensable une couverture complémentaire malgré son coût exorbitant pour le budget de nombreuses familles déjà fortement fragilisées par la maladie.
    Or, aujourd’hui, on constate que trop peu de personnes en ALD disposent d’une complémentaire santé1 et que trop de personnes renoncent ou reportent des soins pour des raisons financières2.

    Nous sommes là face à un véritable cercle vicieux. Les personnes les plus malades sont maintenant celles qui sont les plus mises à contribution ! Et dans le même temps, nos maladies peuvent compromettre l’accès à un emploi et réduire nos ressources. On s’acharne…

    Alors qu’une saine politique de santé publique et une réelle volonté de réduction des dépenses invitent à promouvoir l’accès à une complémentaire santé, Mesdames et Messieurs les décideurs politiques, ne faites pas un mauvais calcul en approuvant ce projet de taxation des mutuelles ! Une personne qui renonce aux soins pour des raisons financières, coûtera à la société deux fois plus cher demain, trois fois plus cher après-demain…

    Contact presse :

    Antoine Henry (AIDES) : ahenry at aides.org - 06 10 41 23 86
    Clémence Tourneur (AFSEP) : clemence.tourneur at afsep.fr - 05 34 55 77 06
    Romain Bonfillon (FNAIR) : romain.bonfillon at fnair.asso.fr - 09 54 10 95 69
    Christiane Veiniere (AFD) : c.veiniere at afd.asso.fr - 01 40 09 68 57
    Marion Berthon-Elber (AFH) : marion.berthon at afh.asso.fr - 01 45 67 57 29

    * [im]Patients, Chroniques & Associés est un collectif d’associations de personnes touchées par une maladie chronique. Notre objectif est de sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics aux difficultés quotidiennes rencontrées par les personnes malades (AFD-Association française des diabétiques, AFSEP-Association française des sclérosés en plaques, AFH-Association française des hémophiles, Amalyste, AIDES, FNAIR-Fédération nationale d’aide aux insuffisants rénaux, Jeunes Solidarité Cancer, Keratos).

    Notes

    1 / C’est pour cette raison que l’association AIDES propose depuis plusieurs années une complémentaire santé à tous ceux qui ne peuvent en bénéficier par le biais de leur emploi, leur famille, etc.

    2/ Plus d’un tiers des bénéficiaires de la CMU-C déclare avoir renoncé aux soins au cours de l’année pour des raisons financières : « Renoncements aux soins des bénéficiaires de la CMU-C, Enquête dans les CES de l’assurance maladie », Fonds CMU-CETAF, mars 2011 :
    http://www.cmu.fr/userdocs/Rapport_...

    Vous trouverez des informations sur nos revendications sur 
    www.chronicite.org et sur
    www.chroniques-associes.fr

    Derniers communiqués de presse :
    http://www.chronicite.org/nos-commu...


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  • pharmacie_2_web_0.jpg

    La santé moins importante que les parcs à thèmes

    Le gouvernement a beau s’en défendre, la nouvelle taxe sur les mutuelles va obliger ces dernières à augmenter leurs cotisations et, de fait, elle va inéluctablement réduire l’accès aux soins des classes populaires et moyennes.


    « Injuste », « pénalisante », « inefficace », « incohérente »… la nouvelle taxe sur les complémentaires santé soulève un tollé de la part des mutuelles, mais aussi des partis de gauche, des syndicats et des associations de patients. Adoptée mercredi soir par 130 voix pour et 84 contre, cette mesure phare du plan de rigueur Fillon prévoit de faire passer de 3,5 % à 7 %, le taux de la taxe spéciale sur les « contrats solidaires et responsables », qui représentent désormais la quasi-totalité des contrats proposés par les complémentaires santé. Elle est censée rapporter à l’État 100 millions en 2011, puis 1,1 milliard par an. Dans l’hémicycle, le ministre de l’Économie, François Baroin, a déclaré n’avoir « pas d’états d’âme, ni d’interrogations sur le principe » de cette taxation accrue sur « une niche ». Quant à Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, il « l’assume » sans complexe, appelant les mutuelles à ne pas répercuter ce surcoût.


    Les mutuelles taxées à 13,27 %


    Car, c’est bien le problème : les mutuelles n’auront d’autre choix que d’augmenter leur tarif. « Quand le gouvernement dit que les mutuelles peuvent “ne pas répercuter la hausse de la taxe sur les conventions d’assurance”, c’est juridiquement et comptablement faux ! » s’emporte Étienne Caniard, président de la Mutualité française, qui fédère la quasi-totalité des mutuelles. Ces dernières « vivent des cotisations des adhérents, ce sont leurs recettes uniques. Avec cette nouvelle mesure, elles seront désormais taxées à 13,27 %. Quand l’une d’elle perçoit 100 euros de cotisation, elle devra verser d’emblée 13,27 euros à l’État. La taxe sera donc forcément répercutée sur les contrats. On sait bien que ce sont les Français les plus défavorisés qui seront les premiers touchés ».


    « Par effet domino, cette taxe risque d’empêcher de nombreux salariés et retraités modestes d’adhérer à une mutuelle, ou les conduira à recourir à une protection minimale », craint Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), rappelant que 5 millions de Français n’ont pas de couverture complémentaire santé. Autre conséquence, et pas des moindres : le renoncement aux soins, qui atteint déjà les 17 %. « Ce qui va aggraver les comptes de la Sécu », analyse le militant. En effet, cette nouvelle taxe tombe au moment où « l’assurance maladie, en difficulté, transfère de plus en plus de dépenses de santé vers les complémentaires », ne manque pas de rappeler la CGT.

    « 200 millions de taxation envisagées sur les plus hauts revenus d’un côté, et 1,1 milliard d’euros de taxation qui seront intégralement répercutés sur les ménages, est-ce cela votre conception de l’équité fiscale ? » ont martelé les uns après les autres les députés de gauche, toutes sensibilités confondues. Pour la sénatrice communiste Brigitte Gonthier-Maurin, cette mesure « incarne la politique de rigueur que nos concitoyens auront à supporter. Non en raison de la crise (…) mais bel et bien à cause de ces choix quant à la manière d’y remédier ». De son côté, le député PS Pierre-Alain Muet a ironisé sur l’attitude d’un gouvernement qui demande à l’Inspection générale des finances un rapport sur les niches fiscales et sociales sans tenir compte de ses préconisations. L’IGF avait estimé que l’exonération dont bénéficiaient jusqu’à 2010 les mutuelles sur les contrats d’assurance maladie « solidaires et responsables » méritait d’être conservée !

    La mesure est d’ailleurs contestée jusqu’au sein même de l’UMP. Alain Fouché, sénateur de la Vienne, l’a qualifiée de « frein à l’accès aux soins », estimant qu’on ne peut« pas toujours mettre à contribution les ménages modestes ».

     


    Les cliniques taclent le public


    La branche médecine, chirurgie et obstétrique de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP-MCO) a annoncé hier avoir porté plainte à Bruxelles contre l’État français pour atteinte à la libre concurrence, dénonçant « un financement discriminatoire » 
par rapport à l’hôpital public. Dans un communiqué, la Fédération hospitalière de France (FHF) a répliqué, en contestant ces attaques de « mauvaise foi », qui démontrent une fois de plus la « méconnaissance totale des contraintes du service public hospitalier ». La fédération rappelle que les hôpitaux publics soignent « tous les patients, même ceux dont les pathologies 
ne sont pas rentables », contrairement aux cliniques privées.

     

    Lire aussi--> Le "poison" du déficit de la Sécu...


    Alexandra Chaignon

     

    L'HUMANITE


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  •  L’HUMAIN d’ABORD !

     

    Replaçons l’Homme au centre du projet politique !

     

    HOPITAL ET SANTE : 100 % PUBLIC

    25 juillet 2011 : Pose de la 1ere pierre du nouveau pôle

    Le 25 juillet 2011 : Pose de la 1ere pierre du nouveau pôle : Quelques rappels :

     

    LES PRIVATISATIONS DES SERVICES PUBLICS ne rapportent rien !! Au contraire, voyons autour de nous : les transports, l’énergie, l’eau, l’éducation. C’est la catastrophe…. pour les personnels, les usagers et l’intérêt général.

    Les groupes privés qui investissent les secteurs bradés par les politiques accumulent des bénéfices. Pour l’Hôpital, les groupes privés, comme Bordeaux Nord (qui va recevoir un tiers des lits du Pôle) affichent des taux de profits à deux chiffres…. pour rémunérer ses actionnaires.

    Le Partenariat Public-Privé (organisation mixte (petit public/grand privé) visant à “donner” au groupe de cliniques privées, l’utilisation des équipements publics pour s’occuper des services qui permettent de gagner de l’argent et de laisser au service public et donc aux contribuables, les postes lourds en moyens.

    C’est inacceptable de voir se mettre en place une casse du service public français de la santé qui était un des meilleurs du monde..... La suite de l'article

     


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  •  

    PCF-faucille-marteauParti Communiste Français

     

    Bassin d’Arcachon et Val de l’Eyre

    61 bis, Avenue de la Libération - 33380 BIGANOS

    T. 05 56 82 73 24   (06 03 36 36 53 ou 06 08 84 11 85)
    Site internet : www.pcfbassin.fr


    (Biganos, Audenge, Lanton, Andernos, Arès, Le Porge, Lège, Mios, Belin-Beliet, Marcheprime, Le Barp, Salles, Le Teich, Gujan, La Teste, Arcachon

     

     


     

    Rendez-vous, ce 25 juillet, à 16 heures, devant le Parc des expositions de La Teste, pour faire entendre leur voix.

     

    L’HUMAIN d’ABORD !

     

    Replaçons l’Homme au centre du projet politique !

     

    HOPITAL ET SANTE : 100 % PUBLIC

    25 juillet 2011 : Pose de la 1ere pierre du nouveau pôle

    Le 25 juillet 2011 : Pose de la 1ere pierre du nouveau pôle : Quelques rappels :

     

    LES PRIVATISATIONS DES SERVICES PUBLICS ne rapportent rien !! Au contraire, voyons autour de nous : les transports, l’énergie, l’eau, l’éducation. C’est la catastrophe…. pour les personnels, les usagers et l’intérêt général.

    Les groupes privés qui investissent les secteurs bradés par les politiques accumulent des bénéfices. Pour l’Hôpital, les groupes privés, comme Bordeaux Nord (qui va recevoir un tiers des lits du Pôle) affichent des taux de profits à deux chiffres…. pour rémunérer ses actionnaires.

    Le Partenariat Public-Privé (organisation mixte (petit public/grand privé) visant à “donner” au groupe de cliniques privées, l’utilisation des équipements publics pour s’occuper des services qui permettent de gagner de l’argent et de laisser au service public et donc aux contribuables, les postes lourds en moyens.

    C’est inacceptable de voir se mettre en place une casse du service public français de la santé qui était un des meilleurs du monde.

    DEPUIS 2006, dès l’annonce du rapprochement de la clinique de l’Hôpital Jean Hameau, le PCF s’est insurgé contre cette décision inacceptable. Appels, pétitions, pour la défense de l’Hôpital Public ont reçu de la part des habitants un soutien démontrant un attachement au service public, rejetant de fait, la privatisation annoncée sous couvert de la construction du nouvel équipement.

    Le PCF soutient activement les personnels, l’Association des Usagers, en faisant des propositions privilégiant l’accès aux soins de qualité, égal pour tous.

    Seul un adjoint communiste avait voté contre au Conseil Municipal de La Teste


    Bassin 02

     

    Mmes et MM. Ministres, élus, vous êtes disqualifiés….. y compris les médecins qui pratiquent les « dépassement d’honoraires »…

     

    De belles phrases, vous en entendez venant d’élus ou de partis politiques qui osent nous faire croire qu’ils défendent notre Hôpital alors que par leur vote, là où ils siègent, ont voté cette privatisation dès 2006, ici à Arcachon, et soutiennent activement la politique de casse sociale et le libéralisme.

    A droite bien sur, c’est logique puisque c’est leur objectif. Yves Foulon préside le Conseil d’Administration. Mais à gauche aussi : Verts et Socialistes. Comment les croire lorsque c’est l’ancien Ministre de la Santé socialiste Claude Evin qui dirige la restructuration dramatique en Ile de France ?

    La suite dans les idées : la privatisation de l’Hôpital en trois temps :

    De 1995 à 2009, d’Alain Juppé à la loi Bachelot en passant pas Douste-Blazy ou comment l’Hôpital devient une entreprise avec les réformes de la Sécurité Sociale…

    Le but défaire tout ce qui a été construit par les salariés depuis 1944 !

    Le moins que l’on puisse dire c’est que les défenseurs du libéralisme font preuve d’esprit de suite !

    On soumet les budgets des hôpitaux aux décisions étatiques, puis on instaure un mode de financement par nature déficitaire, et on propose la privatisation des hôpitaux pour répondre au déficit….

     

    On ouvre le partenariat public-privé, puis on fait rentrer les assurances privées dans les gestions, et enfin on brade une partie de l’hôpital au secteur privé. C’est vrai, pour les maisons de retraite, pour les laboratoires, pour les services de radiologie (comme celui de Jean Hameau….)

     

    L’EXTENSION DE LA PRATIQUE DES DÉPASSEMENTS EST DE NATURE À REMETTRE EN CAUSE LES PRINCIPES SUR LESQUELS REPOSE LE SYSTÈME DE SOINS.

     

    Nous refusons les dépassements d’honoraires et toute réduction des remboursements (franchises, déremboursements,  augmentation du forfait hospitalier…)

     

    Le secteur est très juteux : c’est un racket organisé sur les malades, 2 milliards d'euros sur 18 milliards d'euros d'honoraires totaux. Les malades sont des otages soit en payant s’ils le peuvent, soit en ne se soignant pas.

     

    C’est un scandale !!!

     

     

    Un autre projet de santé est possible 

     

    Ici, pour l’Hôpital, on ne lâchera rien ! !!

     

    Une vraie réponse de proximité est nécessaire.

    Aujourd’hui, tous les besoins de santé ne sont pas couverts pour les 150 000 habitants (pédiatrie, vieillesse, soins domicile, handicaps, etc….)

    Les communistes portent au débat leurs propositions pour une santé pour toutes et tous ainsi que les solutions de financements de la protection sociale…

    Cette année 2011, est le 65e anniversaire de la mise en place de la Sécurité Sociale par Ambroise Croizat, Ministre communiste. Nous avons à cœur de défendre « cette bastille » d’égalité et de solidarité face à la maladie, la maternité, l’accident de travail, le handicap et la vieillesse.

     

    Il faut changer de cap

     

    Loin du parti pris libéral, nous affirmons que :


    l’accès aux soins, doit être inscrit dans la Constitution et exclu de tout échange marchand.

    · 

    Son accès doit être gratuit.


    Le coût doit être socialisé reposant sur des principes universels et nécessitant un véritable contrôle démocratique, depuis l’expression des besoins

    jusqu’à la mise en œuvre des réponses adaptées à ces besoin.


     

    Il faut repenser

     

    · le travail,

    · la gestion des entreprises et des services publics

    · Le financement de la Sécurité Sociale

    · l’alimentation,

    · l’environnement et les conditions de vie.

     

    La vie démocratique et citoyenne à tous les niveaux de la société

     

    Mettons notre colère dans nos actions : sur le terrain, mais aussi dans les lieux où se prennent les décisions.

     

    C’est le sens du rassemblement que nous devons construire dans les luttes quotidiennes pour défendre et améliorer la vie de tous nos concitoyens.

    ET CHANGER DE CAP !!!

    Ensemble, Usagers, Professionnels de santé, Elu(e)s mettons en commun nos forces pour imposer toutes les réponses aux besoins de santé de la population des 17 communes de la circonscription sanitaire de l’Hôpital.

     

    Pour poursuivre le débat et l’action, nous contacter.

     

     

    Consulter : www.pcfbassin.fr ; www.pcf.fr (2012) et (propositions santé).


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  • Depeche Bassin

     

    Arcachon (33) : pour Xavier Bertrand, la pose de la première pierre au futur hôpital ne sera pas une promenade de... santé !

     

    Manifestation à Arcachon (33) :

    LUNDI 25 JUILLET,


    Xavier Bertrand compte poser la première au futur pôle de santé : il sera attendu par la population, appelée à manifester par la CGT, l'Association des usagers de l'hôpital Jean-Hameau et le PCF 

    La visite du ministre de la Santé, Xavier Bertrand, est attendue avec impatience de la part des opposants au rapprochement de l'hôpital Jean-Hameau et de la clinique d'Arcachon. Ils ont l'intention de

    Le ministre de la Santé vient poser la première pierre du futur pôle de santé du bassin d'Arcachon, lundi 25 juillet, à La Teste-de-Buch. Les opposants au projet ont prévu de se faire entendre.

    L'association des usagers de l'hôpital Jean-Hameau, la CGT et le Parti communiste n'ont pas l'intention de rester chez eux, lundi 25 juillet, alors que le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, sera en train de poser la première pierre du futur pôle de santé du bassin d'Arcachon. Depuis plus de deux semaines, les opposants au regroupement de l'hôpital de La Teste et de la clinique d'Arcachon sous le même toit du pôle de santé prévu pour 2012, multiplient les appels à manifester le jour de la venue du ministre.

    « La politique nationale de réduction des déficits publics a des conséquences jusque sur le bassin d'Arcachon estime la CGT. La volonté de réduire l'offre de soins publics est constante et se manifeste par de nombreuses restructurations et fermetures de services à travers la France. Selon les promoteurs du projet de pôle, le bassin d'Arcachon serait épargné et constituerait un îlot bienheureux de cohabitation harmonieuse entre le public et le privé. »

     

    « Notre système de santé dévasté »

    À cette vision des choses, la CGT oppose deux arguments. Un premier concernant les finances de l'hôpital que le syndicat estime toujours fragiles. « Rappelons que l'établissement public doit son équilibre budgétaire à l'application d'un coefficient de transition qui augmente temporairement la rémunération de la tarification à l'activité. Ce mécanisme s'arrête en 2012 avec la convergence tarifaire qui sera complète avec le privé. »

    Viennent ensuite des mesures d'austérité et des questions  de réductions budgétaires. « Il y a eu une perte de 1 million d'euros en 2011 sur un budget hospitalier de 43 millions », reprend la Confédération Générale du Travail. Ce qui l'amène à s'interroger : « La situation budgétaire est donc de plus en plus tendue malgré une augmentation constante de l'activité des services. Un strict équilibre est prévu pour l'exercice 2011. Qu'en sera-t-il en 2012 ? »

    Du côté de l'Association des usagers de l'hôpital, le rassemblement du 25 juillet sera l'occasion de dénoncer un partenariat unilatéral. « Il profitera uniquement au groupe privé Bordeaux-Nord Aquitaine, clame l'association de la présidente Jeanine Tranquard. Les dépassements d'honoraires pourront s'amplifier et nous refusons la marchandisation du patient-client dans un pôle d'entreprise ».

    En clair, la manifestation doit permettre aux usagers d'exiger que l'hôpital public « conserve et développe ses activités, afin de répondre aux besoins de toute la population » et « que l'accès aux soins y soit garanti ».

    « Casse du service public au profit du privé »

    Chez les communistes de la section bassin d'Arcachon-Val de l'Eyre, on tire sur le « squat » que le privé est en train d'organiser dans la maison publique. Cette organisation mixte (petit public/grand privé) vise à « donner » au groupe de cliniques privées Bordeaux-Nord, « l'utilisation des équipements publics pour s'occuper des services qui permettent de gagner de l'argent et de laisser au service public et donc aux contribuables, les postes lourds en moyens ».

    Le PCF juge « inacceptable » de voir se mettre en place « une casse du service public français de la santé qui était un des meilleurs du monde ». Dans ce dossier, le PCF n'est pas surpris de la valorisation de ce système par la droite. Mais ils semblent moins compréhensifs de la position des élus Verts et socialistes qui ne semblent pas, selon eux, suffisamment actifs pour dénoncer la fusion.


     

    Les manifestants seront, en tout cas, au rendez-vous,


    ce 25 juillet, à 16 heures, devant le Parc des expositions de La Teste, pour faire entendre leur voix.


    Article rédigé par :
    Alexis Blad

    http://www.ladepechedubassin.fr/actualite/Futur-h%C3%B4pital%C2%A0:-Xavier-Bertrand-sera-accueilli-par-des-manifestants-2247.html

     

     


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