• «Un mal-logement sans limites»

    Ce n’est pas seulement dans les endroits où les niveaux des prix de l’immobilier sont les plus chers que la crise de l’habitat s’exprime avec virulence, relève le nouveau rapport de la Fondation Abbé-Pierre.

    Quand il s’est éloigné de la première couronne parisienne, Boris a cru avoir laissé derrière lui les problèmes de mal-logement. N’avait-il pas trouvé l’introuvable, dans l’Oise, au nord de Paris, où il a loué une maison pour 700 euros mensuels ? Un tarif plutôt bas… à première vue : avec les sommes englouties par la chaudière au fioul « cela revenait au même d’acheter ». Avec un crédit n’excédant pas le tiers de leurs revenus, ce couple de salariés s’est finalement offert une maison de 108 mètres carrés à Bailleval, village de 2 000 âmes, à 90 km de Paris, pour 151 000 euros. « Mais c’est vite devenu un piège lorsque ma compagne a perdu ses revenus, explique Boris. En début de mois, nous avons juste de quoi faire des achats alimentaires. »

    Même dans cette zone semi-rurale aux prix de l’immobilier plutôt bas, les problèmes de logement les ont rattrapés. Un cas emblématique. « Contrairement au discours du précédent ministre du Logement, ce n’est pas seulement dans les endroits où les niveaux de l’immobilier sont les plus élevés que les problèmes de logement sont les plus importants », explique Christophe Robert, directeur général adjoint de la Fondation Abbé-Pierre, qui rend public aujourd’hui son 18e rapport annuel. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

    La centrifugeuse parisienne

    Les communes rurales, isolées ou périurbaines, accueillent 46 % des logements sans confort. Autre surprise soulignée par le rapport : dans les grandes villes à prix bas, « 27 % des ménages supportent un effort financier excessif », avec un reste à vivre inférieur à 500 euros. À l’inverse, ils ne sont que 5 % dans cette situation à Paris, où les prix n’ont pourtant pas arrêté de flamber. « La centrifugeuse a fonctionné, et éjecté les plus modestes de la capitale », ­déplore ­Patrick Doutrelignes, le délégué ­général de la ­Fondation Abbé-Pierre.

    Le mal-logement est donc présent partout, il change simplement de visage selon les territoires. À l’inverse des grandes villes attractives, où règne la pénurie, les zones rurales éloignées des grandes villes connaissent, par exemple, de nombreux logements vétustes « habités par des propriétaires parfois impécunieux, souvent vieillissants ». En témoigne, ajoute Christophe Robert, « la forte hausse des aides demandées aux CCAS dans les départements ruraux (+ 60 % en Indre-et-Loire ou dans le Puy-de-Dôme) ».

    Contraints de s'éloigner

    Les accédants modestes à la propriété contraints de s’éloigner « dans le périurbain » se sont souvent « endettés lourdement sans prendre en compte les coûts de chauffage ou des déplacements ». Dans de nombreuses zones industrielles en déclin, les efforts de rénovation des logements semblent sans effet vu les conditions sociales dégradées des habitants.


    votre commentaire
  • Le lexique d’un leader du 21ème siècle (Dissident Voice)

    Lesley Docksey

    Pour aider tous les leaders du 21ième siècle (occidentaux bien sûr) dans leurs discours ou leurs déclarations aux médias et à leur crédules auditeurs. N.B. : cette liste n’est pas exhaustive et les leaders pourront inventer les mots et les phrases dont ils ont besoin et leurs alter ego pourront s’en inspirer.

    Insurgés (aussi appelés terroristes, Moudjahidines, Al Qaeda, Talibans, Islamistes) : méchants. Nous ne les soutenons pas.

    Rebelles : bons ; Nous les soutenons avec des armes et autres matériels, et ce sont nos forces (qui ne sont pas là) qui les entraînent parce que ....

    Bottes sur le terrain : nous n’enverrons pas de soldats (parce qu’ils y sont déjà partis il y a une semaine/un mois/un an).

    Régimes, dictatures : les gouvernements légitimes que nous ne soutenons pas.

    Gouvernements : les régimes et dictatures que nous soutenons.

    Nous sommes fiers de notre relation privilégiée’ : nous leur achetons des armes.

    Partenaires’ : nous leur vendons des armes.

    Pays amis : et à eux aussi.

    Alliés mondiaux : et à eux aussi.

    Nous sommes heureux d’accueillir le nouveau gouvernement/le renversement du gouvernement précédent : nous voulons leur vendre des armes.

    Régimes : ceux à qui nous vendions des armes auparavant.

    Dictatures : idem.

    Etat voyou : un état dont l’occident a entièrement perdu le contrôle.

    Armes chimiques/biologiques/nucléaires : utilisez ces termes pour effrayer vos propres citoyens. Par exemple, “l’Iran/l’Irak/la Syrie pourraient nous attaquer avec des armes chimiques/biologiques/nucléaires”. Attention, soyez quand même prudent parce (1) il se pourrait qu’ils n’en aient pas et (2) vous ne vous souvenez plus si vous leur en avez vendu ou non.

    Ajoutez par sécurité : ‘Nous avons la preuve qu’ils les ont utilisées contre leurs propres citoyens’. Ne fournissez JAMAIS de preuves. Ce que vous voulez ce sont les grands titres dans les journaux du lendemain - “Syrie/Iran/Irak accusé de…”

    ‘Nous avons des preuves’ : généralement imaginaires ; il y a deux façons de procéder 1) Ne jamais en reparler et espérant que les gens oublieront. 2) Invoquer la ‘sécurité’ pour justifier votre manque de transparence et d’honnêteté.

    Ferme réponse sécuritaire : tout ; des sanctions, frappes aériennes, bottes sur le terrain, à la fermeture complète de votre propre pays.

    Menace : vous n’utiliserez jamais assez souvent ce mot, généralement associé aux mots ’grave’, ’réelle et actuelle’, réelle et existentielle’, ’large et existentielle’ etc. D’accord, vous ne savez pas ce que ’existentiel’ signifie et vos auditeurs non plus mais cela vous donne l’air d’être plus intelligent qu’eux. Du moins vous l’espérez.

    Intervention : sanctions, frappes aériennes, invasion (mais ne parlez pas des complots, rébellions or assassinats fomentés par vos propres forces de sécurité).

    Intervention pour protéger/défendre nos intérêts : leurs ressources, nos multinationales.

    Nos intérêts : idem

    Intervention humanitaire : prenez l’air noble en prononçant cette phrase. Vous allez vous interposer entre une population innocente et son cruel dictateur. Ne parlez pas de la politique ’une balle, un mort’ de vos forces. Qu’on appelle aussi ’Responsabilité de protéger’ et qui nécessite une Résolution de l’ONU.

    Résolution de l’ONU : une série de demandes impossibles à un état voyou. Vous savez qu’il ne peut les satisfaire, et cela donne une apparence de légitimité à votre invasion.

    Nous soutenons les termes de la Résolution sur la ’responsabilité de protéger’ de l’ONU : bravo, ça c’est tout à fait vrai ! Vous en avez violé tous les termes avant que la Résolution ne soit passée.

    Libération : dites aux pays envahis que cela va de pair avec leur modernisation.

    Modernisation : cela consiste à donner le contrôle de leurs ressources/services publics à des multinationales.

    Démocratie (1) : arrangez des élections dans les pays envahis.

    Démocratie (2) : assurez-vous que les gouvernements des pays envahis soient contrôlés par vos candidats préférés. Le mieux serait qu’ils aient des passeports étasuniens ou anglais et une résidence dans votre pays.

    Démocratie (3) : ignorez le système de gouvernement local traditionnel et imposez des ’élections démocratiques’.

    Démocratie (4) : informez vos propres citoyens que vous êtes leur leader parce qu’ils vivent dans une démocratie - dont ils devraient être fiers.

    Renverser un dictateur/un régime : Précisez à vos propres citoyens que c’est dans leur intérêt. Dites-leur bien qu’il s’agit aussi de libérer les citoyens du pays envahi et qu’il est absolument nécessaire de les bombarder, etc. Qui sait, avec un peu de chance un de vos missiles de grande précision touchera peut-être le dictateur.

    Frappes de précision : Dans un rayon d’un km environ.

    Important soutien de Al Qaeda/Taliban /Kadhafi/Assad tué dans une frappe’ : Montrez-vous fier de vos drones armés. Ils sont d’une précision inégalable et vous savez que personne ne peut prouver le contraire.

    Nos braves soldats : notre chair à canon. Utilisez l’expression aussi souvent que possible tout comme ’Héros’.

    Combattants : les combattants ennemis. Leur chair à canon. Synonyme de terroristes, etc.

    Sacrifice : habituellement celui de ’nos braves soldats’ quand ils ont été tués, blessés ou capturés par ’l’ennemi’. Le ’sacrifice’ est souvent ’tragique’ - un autre mot à répéter à satiété.

    Attention, quand vous utilisez le mot sacrifice, de bien cacher votre satisfaction de ne pas avoir, vous-même, à sacrifier quoi que ce soit pour le bien de votre pays.

    Pour le bien du pays : Cette expression sert à convaincre les électeurs que vous avez une vision beaucoup plus large et plus profonde que la leur. On peut aussi l’utiliser avec ’sécurité nationale’ et ’intérêts’.

    Civils innocents : les vôtres.

    Dommage collatéral : les leurs.

    Assassinats ciblés : Assurez-vous de prononcer ces mots de manière clinique et avec autorité. Il s’agit de meurtre ou d’assassinat - toute action qui conduirait vos propres citoyens en prison.

    Torture : Si vous êtres britannique contentez-vous de répéter que ’la politique établie du gouvernement n’est pas d’utiliser la torture, ni de solliciter, d’encourager, ou d’approuver l’utilisation de la torture ou de n’importe quel autre traitement inhumain, dégradant ou cruel dans quelque but que ce soit, et insistez bien sur le fait que ’nos braves soldats’ ne feraient jamais une chose pareille même s’il est prouvé qu’ils l’ont fait et continuent de le faire. Si vous êtes Etasunien, dites bien que la loi étasunienne autorise ces pratiques puisqu’elle a établi que la torture par l’eau, etc. n’était pas de la torture. Vous pouvez l’affirmer en toute certitude -c’est vous ou un de vos prédécesseurs qui avez obtenu ce jugement.

    L’ennemi est en fuite : nos troupes sont confinées à la base.

    Rapatrier nos soldats : n’oubliez jamais d’ajouter qu’ils ont ’rempli leur mission’. Soyez certain que peu de gens se rappelleront de quelle mission il s’agit. Si vous êtes contraint de préciser, utilisez le mot ’évacuation’ plutôt que le mot ’repli’. Et dites que la ’menace terroriste mondiale’ s’est déplacée et que vous et vos forces êtes prêts à aller partout où elle pointe sa monstrueuse tête.

    Mais n’utilisez JAMAIS les mots ’retraite’, ’perdu’ ou ’défaite’.

    Lesley Docksey

    Lesley Docksey est le rédacteur de Abolish War, la newsletter du Mouvement pour l’Abolition de la Guerre (MAW).

    Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2013/01/a-leaders-lexicon-for-the-...

    Traduction : Dominique Muselet

    URL de cet article 19107
    http://www.legrandsoir.info/le-lexique-d-un-leader-du-21eme-siecle-dissident-voice.html

    votre commentaire
  • Un marchand de sommeil condamné pour avoir loué un 5,78 m2 pour... 430 euros par mois

    Un marchand de sommeil condamné

    Cela faisait cinq ans qu'elle habitait ce minuscule studio de 5,78 m2 dans le XIe arrondissement de Paris. Au terme de trois ans de batailles judiciaires, cette femme de 37 ans a réussi à faire condamner son bailleur à lui verser la somme de 20 000 euros.

     

    Alors que la locataire, restée cinq ans dans les lieux, était en litige avec le bailleur au sujet d'un dégât des eaux, la préfecture avait pris un arrêté en 2009 de faire cesser définitivement l'occupation des lieux. Les installations du logement étaient non-conformes, a expliqué à l'AFP son avocat, Me Manuel Raison, confirmant une information du Parisien, précisant par exemple que les plaques électriques étaient si proches de l'échelle qui menait à l'endroit ou se trouvait le lit que le bois était noirci.

    Selon le décret du 30 janvier 2002, un logement décent doit disposer au moins d'une surface habitable au moins égale à 9m2 et une hauteur sous plafond d'au moins 2,20m, soit un volume habitable de 20 mètres cubes au minimum.

    Le bailleur avait attaqué en référé devant le tribunal d'instance du XIe arrondissement la locataire au sujet d'un arriéré de loyer de deux mois, mais retour de bâton, c'est lui qui a été condamné à lui verser 10.000 euros de dommages et intérêts provisionnels.

    Un montant que la cour d'appel de Paris a porté à 20.000 euros en juin 2011. Le bailleur avait fait un pourvoi en cassation, qui a été rejeté en décembre dernier, rendant ainsi définitive sa condamnation.

    Plusieurs affaires de location de logements minuscules à Paris ont récemment été révélées par la Fondation Abbé Pierre, comme une chambre d'1,56 m2 (selon les calculs prévus par la loi, mais de 4 ou 5 m2 au sol) louée pour 330 euros par mois, ou encore une mère expulsée d'un 4 m2 loué 200 euros par mois.

    En 2010, près de 177.445 logements du parc privé en Ile-de-France étaient considérés comme potentiellement indignes (PPPI), selon l'Agence régionale de Santé d'Ile-de-France.


    votre commentaire
  • Une mère célibataire expulsée illégalement d’un 4 mètres carré


    Après le taudis de 1,56 mètre carré payé 330 euros, la Fondation Abbé Pierre révèle le cas d'une mère célibataire jetée d’une pièce en hiver, alors que Matignon détaille son plan de lutte contre l’exclusion. 

    La crise du logement, conjuguée au tsunami de pauvreté qui déferle sur notre pays, ne cesse d’atteindre de tristes records. Après avoir révélé la semaine dernière le cas d’un homme vivant depuis quinze ans dans une pièce sous un toit, mesurant légalement 1,56 m2 et payée 330 euros par mois (voir photo) – du jamais-vu –, la Fondation Abbé-Pierre a annoncé sur sa page Facebook l’expulsion d’une mère célibataire de son 4 m2, situé boulevard Brune, dans le 14e arrondissement de Paris, qu’elle louait 200 euros par mois.

    Des conditions de vie bien en deçà de ce qu’impose la loi, pour laquelle un logement décent nécessite une surface habitable au moins égale à 9 m2 et une hauteur sous plafond de 2,20 m. Cela n’a pas semblé émouvoir son propriétaire, qui l’a illégalement mise à la porte pour trois mois d’impayés, en pleine trêve hivernale. Faisant fi de la justice et des températures négatives, il a changé la serrure pendant son absence. Puis il lui a envoyé un SMS indiquant que ses affaires personnelles avaient été empaquetées et laissées dans le couloir. Toute une vie jetée, du jour au lendemain, dans des sacs-poubelle.

    Double crise

    Se faire expulser à coup de texto, payer un loyer à 211 euros le mètre carré pour bénéficier d’un logement où l’on ne tient debout que sur 20 cm de large semblent des situations extrêmes, voire ubuesques. Mais elles se développent parce que « le pays vit une double crise, explique Patrick Doutrelignes, de la Fondation Abbé-Pierre. Il manque énormément de logements en France, et à cela s’ajoute une crise économique qui fait que non seulement les logements sont de plus en plus chers, mais les ménages ont de moins en moins de revenus ».

    Lutte contre la pauvreté

    Dans ce contexte, Jean-Marc Ayrault réunit aujourd’hui, à 17 heures, le comité interministériel de lutte contre l’exclusion, au cours duquel il doit détailler les annonces faites lors de la conférence nationale de lutte contre la pauvreté, en décembre. Or, « ces mesures ne se concentrent que sur l’année 2013 et ne répondent pas à l’ampleur des difficultés des personnes sans abri ou mal logées », ont alerté vendredi 33 associations de lutte contre la pauvreté, qui « s’inquiètent de l’immobilisme des services de l’État », et demandent déjà au premier ministre de revoir sa copie. Vendredi, elles ont réitéré leur appel pour « un moratoire sur les expulsions locatives sans relogement (avec dédommagement des propriétaires) », et « une opération massive d’accès au logement fixée sur plusieurs années ». Que vont devenir les 19 000 personnes mises à l’abri cet hiver, s’interroge aussi la Fondation Abbé-Pierre, qui lance avec le Collectif des associations unies un compte à rebours pour suivre la mise en œuvre des plans territoriaux de sortie de l’hiver, annoncés par le gouvernement pour en finir avec la gestion au thermomètre.

    • A consulter:

    le site de la Fondation Abbé Pierre


    votre commentaire
  • Une maternité désaffectée occupée par DAL et Jeudi noir.

    Publié le 02/01/2013 Par Jennifer Declémy

    Les deux associations ont réquisitionné une maternité désaffectée dans le XIIe arrondissement de Paris pour accélérer le processus de réquisition entamé par le Gouvernement.


    Les deux associations DAL et Jeudi noir font savoir cet après-midi qu'elles ont réquisitionné, depuis dimanche dernier, une maternité désaffectée dans le XIIe arrondissement de Paris, avec pour objectif déclamé "d'accélérer le processus" de réquisitions des bâtiments inoccupés lancé récemment par le Gouvernement et plus précisément la ministre du logement, Cécile Duflot.

     

    Selon le porte-parole du DAL, la police a pris position cet après-midi devant l'immeuble dans lequel se trouvent pour le moment une quarantaine de personnes. Selon les associations, l'immeuble appartient actuellement "à différentes sociétés du groupe BNP Paribas" et les associations décrivent donc leur acte comme "une réquisition citoyenne".

    http://www.parisdepeches.fr


    votre commentaire
  • La petite vieille tabassée au fond de l’impasse France devant un policier désarmé

     La vieille se relève, chancelante, tandis que son voleur quitte l’impasse sans se presser. Il passe devant un témoin en uniforme de policier. Dressant son doigt boudiné, il lui montre l’avenue proche et dit d’une voix avinée : « Joli, paysage ». Le policier le tance : « C’est mal de voler le sac de la vieille ». Puis, tandis que, l’enflure tombe de son scooter, il rentre faire un compte-rendu au commissariat où il raconte l’agression, mais en changeant « mal » par « minable ».

    Le commissaire Hollande approuve le policier Ayraud quand il dit que l’agression n’est pas un acte de « solidarité » ni de « patriotisme  ».

    Pour le récompenser, il lui promet une planque dans le privé : portier à la banque UBS. Avec matraque, menottes et pistolet.

    Théophraste R. (Dépardiou, dégage !)1.


    1) Les autres aussi. Amis lecteurs, envoyez la liste des fuyards fiscaux.

    URL de cette brève 3119
    http://www.legrandsoir.info/+la-petite-vieille-tabassee-au-fond-de-l-impasse-france-devant-un-policier-desarme+.html

    votre commentaire
  • Église et mal-logés : quand la droite fait barrage à Paris
     

    Par Renaud Ceccotti

    Ce devait être l’un des plus grands chantiers de la capitale. En 2006, alors que l’immense site de plus d’un hectare appartenant aux Petites sœurs des pauvres était à l’abandon depuis une dizaine d’années déjà, la congrégation religieuse bretonne de Saint-Pern, en Ille-et-Vilaine, décide de mettre en vente, faute de moyens financiers et humains pour le garder en service, son hospice qui s’étend de la rue de Varize au boulevard Murat, dans le XVIème arrondissement. En tout, ce sont 10 214 m² dont un immense bâtiment de quatre étages, une grande chapelle et un parc à la mesure des lieux, à deux pas du Parc des Princes, qui restent vides depuis près de quinze ans maintenant.

    De quoi attirer l’attention du ministère du logement, qui reconnaît que le bâtiment fait partie des immeubles vides qui pourraient servir de logement d’urgence dans les mois à venir tout en se refusant d’évoquer encore une quelconque réquisition forcée. « Nous aimerions une approche volontaire de la part de la congrégation pour pouvoir y loger des sans-abri, d’autant que cela avait déjà été fait de manière provisoire il y a deux ans », explique-t-on au cabinet de Cécile Duflot. Car si les locaux restent vides depuis si longtemps, c’est qu’une bataille juridique et politique fait rage depuis plus de six ans entre la mairie de Paris de Bertrand Delanoë et les riverains, soutenus par la mairie du XVIème arrondissement, gérée par l’UMP Claude Goasguen. Si la mairie de Paris socialiste y voit l’occasion rêvée de mettre l’un de ses quartiers les plus cossus aux normes sociales en vigueur et d’y construire quelques habitations à loyer modéré, l’édile du XVIème arrondissement soutient de son côté l’association SOS Murat Varize, qui s’inquiète pêle-mêle des travaux, du bruit, de la destruction de bâtiments historiques « remplacés par des barres de 10 étages », de la perte d’espaces verts, mais aussi et surtout de l’arrivée de voisins moins fortunés qui risqueraient de faire baisser les prix de l’immobilier de ce quartier propret et aisé…

    Il faut dire que l’affaire est de taille. Le projet de la mairie de Paris depuis 2006 est de créer 180 logements en accession privée, 80 logements sociaux type HLM, un jardin public, une maison de retraite médicalisée comme le demandent expressément les Petites sœurs des pauvres et la conservation de la chapelle en pierre meulière édifiée au XIXème siècle... Pour les Petites sœurs, cela représenterait près de 60 millions d’euros, une somme proche du marché immobilier de l’époque qu’elles pourraient allouer à leurs missions à travers le monde. Une promesse de vente a d’ailleurs été signée à l’époque avec le promoteur immobilier Cogedim, un permis de construire a été déposé dans la foulée et l’architecte de renom Christian de Portzamparc a été choisi pour réaliser les travaux… Mais le maire du XVIème arrondissement de Paris et les riverains ne l’entendaient pas de cette oreille. Différents recours sont présentés devant le tribunal administratif, l’affaire traîne au point d’être abandonnée définitivement en 2010. Surtout, les opposants au projet ont trouvé entre-temps un allié de poids en la personne de Vincent Bolloré. Ce voisin (il habite dans la luxueuse Villa Montmorency, à quelques rues de là) aurait fait une contre-proposition et espérerait garder l’ancien hospice en l’état pour y accueillir justement des sans-abri, dans la veine catholique des Petites sœurs.

    Or depuis 2006, le terrain a pris de la valeur. Le mètre carré dans le quartier se négocie désormais entre 9 000 et 10 000 euros, et la congrégation pourrait tirer de cette nouvelle offre un bien meilleur profit, d’autant que la mairie de Paris, agacée par ces retournements de situations perpétuels, a même menacé de faire valoir son droit de préemption et de récupérer le terrain pour une somme encore plus faible. En début d’année, les Petites sœurs ont alors décidé de retirer leur bien de la vente afin d’éviter cette extrémité et attendent désormais qu’un accord soit trouvé avec Vincent Bolloré, qui gère directement le dossier selon son service de presse et qui n’a pas retourné nos appels.

    Goasguen convoque les « hooligans racistes du Paris Saint-Germain »

    Pendant tout ce temps, l’ancien hospice, qui peut recueillir plusieurs dizaines de personnes, reste vide. Enfin presque. Car en 2009, à l’autre bout de la ville, les Don Quichotte du canal Saint-Martin font parler d’eux. Le Droit Au Logement Opposable (DALO) a vu le jour et la ministre du logement de l’époque, Christine Boutin, du parti chrétien-démocrate associé à l’UMP, décide de faire rouvrir les portes et d’accueillir « de manière temporaire » un centre d’hébergement et de stabilisation pour sans-abri. Soixante-neuf SDF trouvent ainsi refuge dans le bâtiment remis en état par le gouvernement de l’époque. Encore une fois, le maire Claude Goasguen ne voit pas le projet d’un bon œil. Cette fois, ce serait la proximité du Parc des Princes et les « hooligans racistes du Paris Saint-Germain » qui auraient poussé l’édile UMP à se fendre d’une question écrite à l’Assemblée nationale, dans laquelle il explique que « l’implantation d’un centre de stabilisation à proximité de l’enceinte sportive peut faire l’objet d’actes délictueux des hooligans. Dans un quartier fréquemment soumis à des dispositifs de sécurité drastiques, les riverains s’inquiètent de l’implantation d’un centre d’hébergement qui pourrait être la nouvelle cible de violences ».

    Pourtant, cachés derrière des grands murs de 4 mètres de haut, les habitants du centre sont peu visibles et, comme le souligne la société Adoma (ex-Sonacotra) qui gère les lieux pour l’État, les Petites sœurs des pauvres ont bien reçu pendant des années, jusqu’à la fin des années 1990, des personnes défavorisées sans qu’aucun problème ne soit à signaler. Il n’empêche : en 2010, le projet n’est pas renouvelé et les 69 sans-abri sont invités à quitter les lieux. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il est bien difficile de démêler cet imbroglio tant la mairie de Paris et celle du XVIème arrondissement n’entendent céder en rien. En mai dernier, l’adjoint au logement de Delanoë, Jean-Yves Mano, annonçait qu’un accord était proche entre les Petites sœurs et un nouvel intermédiaire, travaillant pour le compte de la mairie. Il s’agirait de l’Établissement public foncier d’Île-de-France (EPFIF) qui pourrait racheter, comme prévu dans le premier accord, le terrain pour « une somme proche des attentes de la congrégation » afin d’y construire les logements sociaux (certains en HLM) et une maison de retraite médicalisée (Ephad). Un projet similaire, réalisé en moins de deux ans, a d’ailleurs vu le jour, le mois dernier à Armentières, dans le nord de la France. Il s’agit d’un autre hospice des Petites sœurs des pauvres qui a été réhabilité par l’office départemental HLM du Nord, Partenord. L’intérieur du bâtiment, qui avait été racheté par la ville dès les années 1970 à la congrégation bretonne, a entièrement été remis à neuf pour y construire des appartements tout en conservant l’architecture extérieure et les espaces verts.

    « Nous sommes très fiers de ce résultat. Nous avons pu y loger 48 familles, soit un peu plus de 120 personnes, dans des logements économiquement accessibles », explique ainsi le maire PS d’Armentières, Bernard Haesebroeck, pour qui le projet n’a rencontré aucune opposition, que ce soit de la part de l’Église ou des autres partis politiques. Aux alentours de la rue Varize, dans le XVIème, le son de cloche est différent. Les habitants du quartier se disent confiants. Pour eux, le projet de Bolloré sera retenu. Pour Mme De Brito, la gardienne de l’immeuble situé juste en face de l’ancien hospice, « les riverains sont très contents car il n’y aura pas de destruction. Il y aura un projet humanitaire, ce qui est très bien mais le bâtiment gardera sa forme actuelle. Nous avons reçu un courrier nous expliquant que tout serait fini en 2014 et que les espaces vert seraient protégés… ». Difficile de savoir qui a raison, d’autant que ni la mairie de Paris, ni la mairie du XVIème, ni Bolloré, ni les Petites sœurs des pauvres n’ont voulu répondre à nos questions. « La question est sensible, surtout en ce moment », s’est-on borné à nous répondre. Les déclarations de Cécile Duflot la semaine dernière dans Le Parisien et la tempête de réactions outrées qui s’ensuivit en ont, en effet, fait réfléchir plus d’un.

    Des travaux sont actuellement en cours dans la cour du bâtiment mais la remise à neuf de 2009 par l’État fait du centre de la rue de Varize un candidat idéal qui ne devrait pas manquer de figurer dans l’inventaire des immeubles vides ou quasi vides appartenant à « des institutions, des administrations, des grandes entreprises » qu’a réclamé cette semaine le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

    mediapart.fr


    votre commentaire
  • Théorème de Duflot, ou les sornettes de la perruche

     

    http://i34.servimg.com/u/f34/11/84/03/95/perruc14.jpg

     ne pas se fier à la couleur du bec 

    Un texte merveilleux de solidarité, de grandeur d'âme et de pénétration du souci des plus dans le besoin ?

     

    D'abord le texte puis deux ou trois questions pernicieuses de La Canaille devant ce qui apparait come un leurre politique de plus de la part du pouvoir. C'est la piété religieuse revue "pistache"

     

     

    Cécile Duflot demande à l'archevêché de Paris d'accueillir des mal-logés

    Cécile Duflot, la ministre du logement, qui a annoncé que des réquisitions de logements vides auraient lieu d'ici à la fin de l'année, déclare dans Le Parisien de lundi 3 décembre avoir écrit à l'archevêché de Paris en vue d'utiliser des bâtiments "quasi vides" lui appartenant. "Comme en 1954, où l'abbé Pierre avait lancé son appel, il nous faut aujourd'hui un vrai choc de solidarité !" explique-t-elle.

    "J'ai bon espoir qu'il n'y ait pas besoin de faire preuve d'autorité. Je ne comprendrais pas que l'Eglise ne partage pas nos objectifs de solidarité", affirme la ministre dans un entretien. "Je souhaite faire appel à toutes les bonnes volontés et faire appliquer la loi à tous ceux qu'elle concerne", ajoute Mme Duflot, qui compte appliquer aux bâtiments vides appartenant à des personnes morales le dispositif de réquisition, rarement appliqué par un gouvernement pour accueillir les personnes sans abri ou mal logées.

    "L'Eglise fait partie des personnes morales... dans tous les sens du terme !"poursuit la ministre du logement, selon laquelle "il semble que l'archevêché de Paris possède des bâtiments quasi vides. Je viens de leur écrire pour voir avec eux comment utiliser ces locaux".

    Elle compte aussi trouver des places "dans des bâtiments publics, par exemple des casernes de gendarmerie ou des bureaux administratifs. Nous travaillons avec la SNCF, pour que celle-ci mette à notre disposition des logements de cheminots devenus vacants". http://www.les-fantaisies-de-bubulle.fr/175-198-large/boucles-d-oreille-gourmandes-biscuit.jpg

    Notre ex future révolutionnaire s'adresse à l'église. Pourquoi pas ? Les congrégations sont propriétaires fonciers majeurs de la capitale disposant de dizaines de milliers de m2 à usage privatif.

    Leur taux d'occupation est équivalent à la densité de population de la vallée de la mort en Californie.

     

    Mais non, notre verte dame patronnesse sollicite une autorité morale qui se voit ainsi délivrée du cadre de la loi de 1905 de part le statut qu'un ministre de la République lui octroit.

     

     http://p7.storage.canalblog.com/70/45/161889/63563684.jpg

    manque une dinde mais elle cause dans l'poste 

     

    Par contre dans la campagne de privatisation voulue par l'UE les emprises industrielles que les restructurations des services publics libèrent en ville (mais pas au centre réservé à la spéculation foncière et immobilière) la nonette à bure verte a des idées.

     

     

    Elle a le culot de demander à la SNCF de mettre à disposition ses appartements vides quand on sait que la bande de vautours de la Pepy's connexion vident les appartements en expulsant les retraités qui y habitaient ou les font partir en appliquant des coefficients multiplicateurs des loyers pour interdire d'y rester. Il faut se rappeler que la fédération CGT des cheminots et ses syndicats interviennent en permanence pour dénoncer le fait que de jeunes cheminots sont SDF s'entassent dans des colocs qui rappellent le temps des marchands de someil, ou vive dans des camionetes ou voitures. La plante verte des couloirs de Matignon fait dans le caritatif sur le dos des salariés (ces logements ont été et sont financés à partir des richesses produites par le travail des cheminots).

     

    Oui il faut réquisitionner massivement sans hésitation mais pas sur le dos de l'exclusion.

     

    Pendant ce temps, les pauvres compagnies d'assurance dans le besoin, les banques saignées à blanc par l'insuffisance de crédit public pourtant injectés à haute pression ne sauraient résister à une réquisition pour usage social.

    Faisons éffort et reprenons notre suffle pour rester courtois, soeur Duflot, se moque de nous. La mère supérieure du couvent des perruches sait bien qu' au bas mot environ 10 000 appartements libres détenu spar des institutionnels sont actuellement recensés sur Paris intra mura par les services fiscaux.

     

    La soutane et le Kessler pourront passer l'hiver au chaud.

     

    Plutôt qu'une démonstration théorique, ces faits ne valent-ils pas démonstration sur la cohérence et la logique des reniements ?

     

     

     Dernier point : La place des femmes dans la société, l'accession aux responsabilités politiques  est un des critères d'évaluation indispensable de son développement.

     

    La parité nous a été présentée comme un des leviers pour y parvenir ; ce dernier point est à débattre, mais pourquoi pas.

     

    Par contre une femme réactionnaire mènera une politique réactionnaire, une arriviste carriériste sera aussi dangereuse qu'un arriviste carriériste.

    Ce qui démontre que l'émancipation des femmes, leur égalité si elle est une absolue nécessité pour l'émancipation de l'humanité, démonstration est faite par le théorème de Duflot, que si elle est  condition nécessaire, elle n'est pas suffisante.

     

    http://dan.france.pagesperso-orange.fr/revolution/evenements/peuple-a-versailles-5octobre89.jpg

     Par canaille le rouge


    votre commentaire
  •   Loyers encadrés, cocorico ou rideau de fumée pour cacher l'arbre qui cache la forêt des arnaques en tout genre? Le débat est ouvert.

     

      Côté Cécile Duflot, ce dispositif doit empêcher les hausses de loyer abusives lors de la relocation d'un logement ou au moment du renouvellement de bail. Dans ces 38 agglomérations, le propriétaire ne peut pratiquer une hausse supérieure à celle de l'indice de référence des loyers (IRL), utilisé pour la révision des loyers d'habitation. Des dérogations sont prévues en cas de travaux ou si le loyer acquitté par l'ancien locataire avait été manifestement sous-évalué par rapport aux loyers pratiqués dans le voisinage.

     

       Côté ma pomme: Déjà des dérogations à la règle sont prévues en cas de travaux. Quels travaux et de quel montant la réévaluation du loyer? Quant à un propriétaire qui aurait sous-évalué le loyer de son locataire, bonjour le philanthrope! J'espère que madame Duflot n'a pas prévu une palanquée de médailles pour féliciter ce genre d'oiseau rare. Car effectivement, ils doivent être rarissimes.

      De plus, les meublés et les HLM ne sont pas concernés par le décret. Et il n'y a pas gel des loyers mais une sorte de régulation sur laquelle le bailleur peut s'asseoir dessus. La loi ne permet pas d'informer le locataire du montant du précédent loyer. A chacun d'aller sonner à la porte de ses futurs voisins pour tenter de voir si le loyer proposé est abusif ou non. A lui ensuite de saisir la Justice dont on connaît la lenteur à cause de la suppression de postes dans la Fonction publique d'état. Et puis combien ça va coûter d'aller défendre une loi qui ne donne aucun moyen au locataire contre son proprio?

      D'ailleurs les associations des locataires CGL et CNL se sont abstenues lors de la présentation du décret, tandis que la Fédération des agences immobilières disait que les bailleurs ne seraient "pas trop pénalisés".

      Une fois encore, on reste au milieu du gué. Enfin, ce dispositif ne concerne que 38 agglomérations. Comme si les loyers étaient bas partout ailleurs en Gaule.  Mais madame Duflot a promis une loi pour arranger tout ça, sans en préciser la date. Elle n'est pas à l'écologie, alors on veut bien croire qu'elle ne nous produise pas du vent. Allez, bonnes vacances madame Duflot. Mais le débat reste ouvert.

     

     

    http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com/


    votre commentaire
  • Par Fanny Petit (2 juillet 2012)

    La principale niche fiscale sur le logement, le dispositif « Scellier » sur l’immobilier locatif, a coûté 900 millions d’euros à l’État en 2011. Pire : cette exonération favorise l’augmentation des loyers et ne répond pas aux demandes locales en matière de logement. Un logement « Scellier » est 7,5 fois plus cher qu’un logement social ! Alors que la Cour des comptes vient de rendre son audit et que le débat sur les finances publiques commencent à l’Assemblée, le gouvernement osera-t-il s’attaquer à une niche fiscale à laquelle s’accroche les promoteurs immobiliers ?

    64 ! C’est le nombre de niches fiscales qui concernent le logement et l’immobilier, parmi les 504 dispositifs d’exonérations, d’abattements et autres réductions d’impôts qui se sont multipliés en France. La plus connue : la loi Scellier, mise en place en 2009. En l’échange de l’achat d’un logement neuf et de sa mise en location à un loyer plafonné, elle permet une réduction d’impôt qui peut aller jusqu’à 63.000 euros [1]

    Depuis trois décennies, les pouvoirs publics ont multiplié ces mesures dérogatoires à la loi fiscale afin de favoriser l’investissement locatif privé et la construction de logements. Souvenez-vous : les dispositifs Robien (2003-2006), Besson (1999-2002), l’amortissement Périssol (1996-1999) ou « le Quilès-Méhaignerie » (1984-1995), ont été conçus pour remédier aux insuffisances du marché du logement. Avec un présupposé : que cette incitation aura des répercussions positives sur le parc locatif privé. Qu’en est-il vraiment ?

    Un logement Scellier coûte 7,5 fois plus qu’un logement social

    En quinze ans (1995-2010), environ cinq millions de logements neufs ont été construits. Un million d’entre eux a été acquis à l’aide d’un dispositif fiscal. Soit 20% des constructions neuves. Parmi ces 20%, la plupart des logements (80%) ont été mis sur le marché du parc locatif privé. Environ 60 000 « logements Scellier » sont construits chaque année. Ceux qui ont été lancés en 2009 grèveront les caisses de l’Etat de 3,4 milliards d’euros de recettes fiscales non perçues (étalées sur neuf ans). Pour le même nombre de logements sociaux (60 000), le coût pour l’Etat est estimé à 448 millions d’euros. Soit 7,5 fois moins qu’une génération de logements Scellier [2].

    Qui investit dans ces logements neufs ? La moitié des acheteurs « Scellier » sont des cadres supérieurs. Leur niveau de revenu par ménage – 58 000 euros par an – équivaut à deux fois le revenu médian français (28 740 euros selon l’Insee). Ces dispositifs profitent donc essentiellement aux classes moyennes aisées et supérieures, qui, grâce au loyer perçu, se constitue un complément de revenu. Ce sont donc elles que ciblent les promoteurs dans leurs campagnes de promotion immobilière.

    Un piège pour les acheteurs

    « Avec 0 € d’apport, économisez jusqu’à 
63 000 € d’impôts ! », « 0% d’impôt pendant 9 à 15 ans ! »… C’est ainsi que les gros promoteurs Icade, Nexity, ou Bouygues présentent leurs opérations aux particuliers qui souhaitent investir dans un logement neuf, et « BBC » (Bâtiments basse consommation) de préférence. L’avantage fiscal lié à ce type d’opération est évidemment l’argument de vente numéro 1 : en achetant un bien à 300 000 euros, on économise entre 2 000 et 7 000 euros d’impôts par an, tout en percevant un loyer. D’autres raisons susceptibles d’appâter le client sont également mises en avant : la rentabilité à court terme, le fait de générer un complément de revenu pour les vieux jours, la possibilité de se constituer un patrimoine sans effort, le loyer étant censé couvrir les remboursements d’emprunts. Les ménages prévoient de le revendre une fois terminé l’abattement fiscal, espérant empocher en plus une petite plus-value.

    Le « belle vie immobilière » (le slogan de Nexity) n’est pas forcément l’idylle tant attendue. Les acheteurs pensent rarement à étudier de près la réalité du marché locatif local avant de se lancer dans un investissement. D’autant que l’achat peut se faire sur plan, sans visiter le logement ni le quartier. Ils se font prendre au piège de campagnes de vente de logements neufs dans des petites villes, là où les promoteurs trouvent le terrain au meilleur prix, sans tenir compte des spécificités – et parfois de l’existence même – de la demande locale. Les logements, trop chers comparés aux loyers pratiqués dans le voisinage, restent vacants. Les acheteurs peuvent se retrouver en difficulté pour rembourser leur prêt. C’est ce qu’a montré un rapport et une cartographie réalisés par le Crédit Foncier. C’est dans les villes moyennes – entre 50 000 et 250 000 habitants – que l’investissement locatif est le plus risqué (la zone B2). Des logements ne se louent pas et se revendront difficilement. Certaines résidences risquant à terme de se transformer en copropriétés en difficulté. Albi ou Montauban sont, par exemple, présentées comme des villes au marché déstabilisé par une surproduction de logements neufs.

    Des niches fiscales qui augmentent la spirale des loyers

    D’après le Commissariat général au développement durable, la distance séparant la résidence principale de l’acheteur du bien immobilier qu’il met en location est plus grande que pour les autres logements locatifs construits à la même période. Ainsi, les programmes de promotion immobilière ne s’adressent plus à une clientèle locale, mais sont d’abord destinés à des investisseurs.

    La loi Scellier divise la France en quatre zones éligibles. A chaque zone correspond un plafond de loyer maximal que le bailleur ne devra pas dépasser pour profiter de l’avantage fiscal. C’est ce plafond maximum, bien souvent en décalage avec la réalité du marché local, que le promoteur intègre dans les simulations financières au moment de la vente du bien. Problème : ce plafond est quasi systématiquement très au-dessus du niveau de loyer accepté localement par les locataires. Les loyers Scellier sont ainsi surévalués de 25% à 45% sur la Côte d’Azur ou de 20 à 40% dans le Languedoc Roussillon ! Le plafond Scellier (zone A) y est fixé à 16,10 euros/m2, alors que les loyers moyens pratiqués localement varient entre 10 et 14 euros/m2.

    Conséquence : ces programmes ont un effet inflationniste sur les loyers. Dans certaines communes, ils contribuent au renchérissement des prix du foncier, rendant plus difficile la construction de logements locatifs sociaux. Ils sont alors contreproductifs : il s’agissait de développer une offre de logements à loyers maîtrisés, alors que la niche fiscale contribue à augmenter le niveau des loyers. Pour remédier à ces écueils, l’ancien secrétaire d’Etat au Logement et à l’Urbanisme, Benoist Apparu, « invitait » les acquéreurs à « veiller » à la qualité de l’emplacement du bien proposé pour ne pas investir là où l’état du marché locatif ne permet pas de louer un bien dans des conditions optimales. Belle cohérence ! Une invitation qui coûte cher à la collectivité… Et les réductions d’impôts, elles, se poursuivent.

    Une politique qui ne répond pas à la demande locale

    Dix départements concentrent à eux seuls un tiers du parc locatif construit grâce à la défiscalisation. Exemple : près de 6 % de l’ensemble des constructions à usage d’investissement locatif aidé réalisées en métropole au cours des quinze dernières années se concentrent en Haute-Garonne, essentiellement dans Toulouse et ses alentours. Le Crédit Foncier confirme que l’offre locative privée aidée n’apporte pas de réponses à la situation tendue de certaines agglomérations. Aucun cahier des charges ni contraintes sociales ne viennent orienter l’activité des promoteurs. Les logements qu’ils construisent demeurent les mêmes partout sur le territoire français : petites surfaces (moyennes de 60 m2) au sein de résidences fermées. La ville de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a même été obligée de bloquer ces programmes pour favoriser la construction de grands logements destinés aux familles.

    Construire plus de logements n’a de sens que si l’offre nouvelle répond à une demande. Et celle-ci dépend toujours de spécificités locales : une ville comptant beaucoup d’étudiants aura peut-être besoin de davantage de petits logements, pendant qu’ailleurs les familles avec enfants ne trouvent plus de loyers abordables. Ces mesures d’incitation fiscale devaient augmenter le nombre de logements à louer en dehors du parc social et faciliter l’accès au logement du plus grand nombre. Sans mise en place de mécanismes de contrôle et de régulation, elles semblent être inefficaces. Les locataires du parc locatif aidé sont bien plus jeunes que les locataires des autres parcs construits au cours de la même période, et perçoivent un revenu imposable plus élevé, quel que soit l’âge de l’occupant. Les plafonds de loyers et de revenus attachés à ces mises en location sont très loin de ceux du logement social et ne permettent pas aux personnes à faibles ressources d’y accéder.

    Un niche fiscale à laquelle s’accroche le lobby des promoteurs

    Dans son rapport sur les niches fiscales, publié en août dernier, l’Inspection générale des finances (IGF) jugeait la dépense fiscale « Scellier » peu efficace. L’évaluation « des effets du dispositif sur l’offre de logements », qui avait été confiée à l’Ecole d’Economie de Paris, n’a toujours pas été réalisée… Par cette étude, l’IGF souhaitait mesurer les effets d’aubaine. Et savoir si ces programmes immobiliers auraient vu le jour sans l’aide fiscale.

    Les promoteurs immobiliers sont fortement dépendants de la création ou de la suppression de niches fiscales. Lors du plan de rigueur de novembre 2011, la baisse de l’avantage fiscal annoncée par François Fillon avait suscité de vives réactions. « Si un coup de rabot supplémentaire au dispositif Scellier est apporté en 2012, nous descendrons peut-être à 80 000 ventes de logements neufs l’an prochain, contre 115 000 en 2010 », se lamentait Marc Pigeon, président de la Fédération des promoteurs immobiliers. Et François Bertière, PDG de Bouygues Immobilier de déplorer en écho : « Toute réforme qui réduira les avantages fiscaux fera baisser le marché ».

    Le 7 mars 2012, à l’occasion du « Sommet de l’immobilier et de la construction », la Fédération française du bâtiment qui regroupe 57 000 entreprises et réalise les deux tiers du chiffre d’affaires de la profession (123 milliards d’euros hors taxes en 2010) a encore milité en faveur d’un cadre juridique et fiscal stable pour l’investissement immobilier. Les arguments du BTP, « premier employeur de France, avec environ 1,2 millions de salariés », pèsent de tout leur poids !

    L’Etat préfère le marché au volontarisme politique

    Ce n’est pas seulement pour satisfaire des intérêts privés que ces dispositifs sont développés. En matière de logement, comme ailleurs, l’Etat choisit d’orienter son action vers le soutien au marché. Pour Julie Pollard, chercheur à l’Institut d’études politiques de l’université de Lausanne, les niches fiscales dans le logement correspondent à un nouveau mode de gouvernement. C’est un moyen d’agir vite sur un secteur de long terme, d’autant plus vite que les promoteurs y sont hyper réactifs. On parle souvent de retrait de l’Etat. En fait, il ne se désengage pas, loin de là, il reconfigure son action.

    Les marges de manœuvre budgétaires sont réduites et les coûts d’une politique du logement (construction, aménagement des territoires, infrastructures adaptées…) sont lourds. En période de déficits chroniques, les gouvernements recourent toujours plus volontiers aux aides fiscales qui, elles, sont simples à mettre en œuvre. Simples, mais pas vraiment efficaces. La Fondation Abbé Pierre regrette que l’Etat dépense de plus en plus pour des logements sans aucune contrepartie sociale, tout en réduisant de manière drastique le budget de l’aide personnalisée au logement (APL) – 240 millions supprimés en 2011 – et au financement du logement social. Celui-ci est passé de 630 millions d’euros en 2010 à 160 millions en 2011. Pendant ce temps, l’ensemble des dispositifs de défiscalisation sur le logement représente un manque à gagner de 710 millions d’euros en 2010.

    Quelle est la légitimité de l’action publique quand elle constitue un soutien aveugle au marché, un chèque en blanc fait aux promoteurs immobiliers ? Quand elle introduit des dynamiques néfastes pour les territoires. Lorsqu’elle est accordée en grande partie pour des opérations inutiles ? Remettre à plat ces dépenses fiscales est impératif alors que la crise du logement s’aggrave, dans un contexte d’austérité. Des interrogations auxquelles devra répondre la nouvelle ministre du logement Cécile Duflot.

    Fanny Petit

    Photo : CC Malcolm Jackson - Salim Virji

    Notes

    [1] Déduction fiscale maximale pour l’achat d’un logement BBC (basse consommation).

    [2] La subvention de l’Etat en faveur des organismes de logement social s’est élevée en 2010 à 1,45 milliard d’euros en 2010, contribuant au financement de 147 000 logements sociaux.

    http://www.bastamag.net/


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique