• Procès du "bitume"

    Frédéric Mau : "Messieurs les nantis du CAC 40, soyez maudits !"

     

    Portail de l'action des Elus et de la vie citoyenneLe 10 mai 2010, le tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass) de Bourg-en-Bresse condamnait Eurovia, filiale du groupe Vinci, pour « faute inexcusable », à la suite du cancer de la peau qui a emporté, à cinquante-six ans, José-Francisco Serrano-Andrade, travailleur de la route depuis 1986 et pendant vingt ans. Eurovia, son employeur, continue de rejeter toute responsabilité. L’audience en appel de ce jugement s’est tenue à Lyon, vendredi 11 mars. Délibéré prévu le 10 mai prochain. Un rassemblement s’est tenu devant le Palais de Justice. Frédéric Mau, délégué syndical central CGT d’Eurovia Rennes et responsable de la Fédération CGT de la construction s’est adressé en ces termes aux salariés concernés, aux grands groupes de l’industrie routière et au Medef.

    Tel quel

    « Aujourd’hui, la justice aura à traiter du devenir des salariés de l’industrie routière, de leur niveau de citoyenneté. En effet, comment comprendre que tous les jours 85 000 hommes et femmes, investis dans les besoins fondamentaux de construction de voies de communication de notre Nation puissent être considérés comme quantité négligeable et jetable sur les problématiques de fond que sont la vie et la mort. Quel décideur peut tolérer que ses salariés soient envoyés à l’abattoir, et ce au quotidien, dans le cadre de leur travail, en maîtrisant dans le même temps la gravité des risques encourus et en pratiquant l’omerta sur ces risques afin d’éviter une image professionnelle peu reluisante et ainsi la fuite partielle de ses actionnaires ?

    Nous construisons des routes depuis 130 ans dans ce pays. Nous avons toujours payé un lourd tribu dans cette activité. Ô pas forcément visible puisque nous avons droit soit à une mort violente, soit à une mort lente dans des souffrances indescriptibles, selon nos affinités avec le destin ou la grande faucheuse. La morbidité est telle, qu’elle est complètement assimilée par nos compagnons. C’est notre culture, aussi imprégnée dans nos esprits que peut l’être le bitume sur nos visages et nos mains. Aussi ancrée et forte que peut l’être la fatalité sur la nécessité de répondre en priorité, et ce quel qu’en soit le prix, aux besoins de nos familles. Même le temps d’incubation des différents cancers dont nous sommes victimes font partie intégrantes de nos mécaniques d’esprit : « on verra plus tard », « normalement les enfants devraient être tout juste élevés et la maison finie de payer… »

    A ce jour et pour la première fois en France, une famille s’élève et hurle qu’il y en a marre de perdre nos pères, nos maris, nos frères, nos fils… Par son courage sans concession aucune, par sa détermination sans cesse attaquée et néanmoins indéfectible, la famille Andrade-Serrano a décidé de livrer combat. Pour elle, pour ce défunt mari et père, pour tous ! Et en cela, la Fédération nationale des salariés de la construction, bois et ameublement CGT n’avait d’autre choix que de se joindre à elle. Depuis le 10 mai 2010, jour de la condamnation contre la profession, en première instance du Tribunal des Affaires de Sécurité sociale (TASS), notre travail d’investigation nous a amenés à plusieurs découvertes. Toutes sont liées et ne dépendent en fait que d’un seul élément, à savoir les résultats des études épidémiologiques pratiquées depuis les années soixante, tant au champ national et européen que mondial. On nous amuse depuis cinquante ans sur les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) et ce diable de Benzo(a)pyrène, molécule hyper cancéreuse, épouvantail par excellence. On nous amuse et surtout on s’emploie à orienter les recherches et autres études, avec l’aval d’une poignée de scientifiques reconnus et très bien rémunérés. Trop ?

    Messieurs les nantis du CAC 40, soyez maudits !! Vous, tous ! Qui avez organisé ce mensonge sur des décennies, au nom du sacro-saint profit, en continuant de vous bâfrer sur un monceau de cadavres. Bien sûr que l’on ne trouve rien dans les produits épandus ! Puisque ce type de molécules n’entre pas ou si peu dans leur composition. Par contre, nous avons trouvé une poignée de chercheurs, de médecins du travail et de préventeurs qui ont vu leur carrière bousillée pour avoir eu l’audace de chercher ailleurs. Des combattants, qui n’ont pu poursuivre leurs travaux sur le Thiophène, sur l’analyse globale des constituants des fumées, sur les volumes et les types de recyclage de produits industriels ajoutés aux formules globales des enrobés !

    Sur les enrobés fluxés, sur les routes amiantées, sur les enrobés abti-kérosène etc. C’est bien cette partie morbide de « poker-menteur » qui a coûté la vie à José Francisco Andrade Serrano et à bien d’autres, dans des souffrances sans aucune mesure avec ce que peut supporter l’humain. Ô ça n’a pas été fait méchamment ! Depuis toujours les salariés souffrent et meurent en silence pendant que les profits s’accumulent. C’est un long fleuve qui s’étire tranquille dans le confort et l’abondance ! Eh bien aujourd’hui messieurs, la fête est finie et l’heure de payer la note est venue ! Quelle que soit la décision que prendra le tribunal à l’issue des débats, nous allons continuer d’amasser les témoignages, continuer de recenser nos morts, qu’ils soient au beld, au Portugal, ou en France. Afin de vous faire plier, fortement, pour faire autrement, autrement et mieux. Car ceci est possible et nous ne vous en laisserons pas le choix. Comme vous ne nous avez pas donné le choix avec la réforme des retraites, mise en musique par votre représentant qui siège à l’Elysée. Une réforme qui ne signifie qu’une seule et unique chose à nos yeux : l’allongement des durées d’expositions chimiques sans protection, ainsi qu’une multitude d’autres expositions sur un ensemble de risques. Sept salariés sur dix n’atteignent pas l’âge de la retraite (60 ans) en activité, pour raison de santé ou reconversion professionnelle ou décès. Un mort tous les deux jours et une trentaine de mille en invalidité permanente par an dans le BTP ! C’est beaucoup plus que les forces de Gendarmerie, de la Police, des pompiers et de l’armée réunies. Sans aucun ministre aux enterrements ! Et en ce qui nous concerne, cela occuperait un ministre à temps plein ! M%ais nous préférons rester entre nous, avec nos morts ! Sans être à nouveau pollués par l’hypocrisie et afin de conserver notre dignité et notre fierté.

    Et pourtant des solutions existent. Les produits de substitution existent. Les équipements de protection collective existent. les compétences et parfois la sagesse de ceux qui œuvrent au quotidien sont là, prêtes à être utilisées à bon escient. Mais c’est bien de vos égos et de votre arrogance en termes de freins, dont il s’agit.

    Messieurs les décideurs de la SCREG, de la SACER, d’Eurovia, de la COLAS, de Eiffage TP, de Bouygues, pour les principaux majors, soyez assurés de notre détermination !  Nous irons jusqu’au bout. le serment en a été fait auprès de Mme veuve Serrano-Andrade.

    L’article L 4121-1 du Code du travail prévoit et met à la charge de l’employeur, l’obligation de veiller à la santé physique et mentale des salariés. Le tarif quand un patron se fait condamner se situe dans les 30 000 euros environs. Pour le Code pénal et s’agissant d’un homicide par empoissonnement, le tarif est de 30 ans de réclusion ! Le MEDEF ne veut pas convenir de négocier les temps d’exposition et de la pénibilité en général. Nous allons vous démontrer que le choix n’est plus permis. Notre offensive dans la mobilisation est déjà en marche et elle a dépassé les frontières de l’hexagone. Une seule et unique famille est déjà partie en guerre contre cette injustice sans égale. Comptez sur nous, demain, nous serons légion ».

    Laurence Mauriaucourt


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  • Santé : les malades paieront ou s’arrêteront de se soigner !

     Tribune libre

    Le gouvernement sonne le glas de l'assurance maladie, solidaire....

    Aujourd'hui il fait passer la franchise hospitalière de 91 à 120 euros et demain il liquidera le service public de santé... A moins que l'on arrive par nos mobilisations à la chasser !

    La franchise hospitalière passe de 91 à 120 euros !

    Les malades paieront ou arrêteront de se soigner !

    Depuis septembre 2006, chaque patient doit acquitter d'un forfait de 18 euros pour tout acte (sauf exception) dont le montant est supérieur ou égal à 91 euros. Ce forfait doit être versé au professionnel ou à l'établissement de santé qui a pratiqué cet acte.

    Certaines personnes ne sont pas concernées par cette franchise de 18 euros (par exemple les femmes enceintes de plus de six mois, les personnes atteintes d’une affection de longue durée (ALD), les bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle).

    Tous les autres doivent payer, même ceux qui ont du mal à boucler leurs fins de mois et ne relèvent pas de la CMU.

    A la suite de la publication fort discrète d'un décret du gouvernement, la franchise hospitalière est passée la semaine dernière de 91 euros à 120 euros, il s'agit d'une hausse de 32 %.

    Comme l'explique très bien la Filpac-CGT :« Les assurés sociaux ne seront plus remboursés à 100% après acquittement du forfait de 18 euros pour un acte au-dessus de 91 euros.

    Les assurés sociaux voient le seuil de 91 euros passé à 120 euros ! En dessous de ce nouveau palier, les assurés sociaux devront payer 20 % du montant de l’acte.

    Exemple : un acte à 100 euros.

    Avant, le seuil étant à 91 euros, l’assuré était pris en charge à 100%, moins la "franchise" de 18 euros.

    Après, le seuil étant de 120 euros, l’assuré paiera 20 %, soit 20 euros, plus la franchise de 18 euros.

    La destruction de la branche santé et l’écrasement du salarié continuent.

    D’autant que les mutuelles vont répercuter cette augmentation sur leurs tarifs. »

    Aujourd'hui de plus en plus de personnes ne peuvent pas se payer une mutuelle santé et devant les difficultés de gestion budgétaire qu'ils connaissent, ils hésitent à se faire hospitaliser.

    Le forfait hospitalier, institué par le décret du 31 mars 1983, en application de la loi du 9 janvier 1983 a instauré la participation des malades aux frais hospitaliers.

    Si son tarif d'origine a été fixé à 20 francs, il a augmenté régulièrement et fortement pour atteindre aujourd'hui 18 euros.

    Le gouvernement « socialiste » de l'époque a ouvert là une brèche dans laquelle se sont engouffrés tous les gouvernements libéraux qui se sont succédé !

    Le Professeur André Grimaldi dans son livre « l'hôpital malade de la rentabilité » publié en 2009 nous livre une histoire vraie édifiante qui fait froid dans le dos :

    « Un patient du service de diabétologie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière a renoncé à l'hospitalisation prescrite par son médecin en raison d'une plaie de pied diabétique pour éviter d'avoir à payer le forfait hospitalier. Résultat : il a été hospitalisé en urgence un mois plus tard devant l'aggravation de sa plaie, et la seule solution fut l'amputation »

    L'urgence c'est de supprimer le forfait hospitalier et d'en revenir aux principes même de la sécurité sociale quand elle a mis en place la solidarité.

     

    Jean-François Chalot

    Source

     

    Notre santé en danger : usagers, professionnels de la santé, élus, il est temps de réagir ensemble !

    Journée nationale d'action le 2 avril 2011

     

    desert-medical.jpgLa santé de chacune et chacun passe par un service public de santé et des soins de qualité et de proximité avec des personnels en nombre et formés.

    Arrêtons la casse de la santé!

    Après des années d’une politique de réduction des moyens et de réformes successives, la mise en place par la loi Hôpital Patient Santé Territoire (loi BACHELOT) des Agences Régionales de Santé (ARS) accélère la privatisation de notre système de santé. Pour le service public cela se traduit par des fermetures de services, fusions d’hôpitaux et réductions de personnels... Cela aboutit à de véritables déserts médicaux, dans les secteurs urbains comme à la campagne. La permanence des soins est menacée. Pour les malades et leurs proches, les distances augmentent, avec tous les risques et les coûts supplémentaires que cela comporte.

    Les directeurs des ARS, nommés par le gouvernement, sont des superpréfets sanitaires régionaux. Ils détiennent tous les pouvoirs pour organiser la santé dans son ensemble, en appliquant les directives gouvernementales. La représentation des usagers, des salariés, des personnels et des élus est réduite. Planifiant la désorganisation et la réduction des soins publics, les ARS favorisent le transfert vers le privé lucratif des soins les plus rentables pour le plus grand profit des groupes financiers de la santé et de leurs actionnaires.

    Le nombre de centres de santé, de services de PMI diminue, la médecine scolaire est en voie de disparition, la médecine du travail risque d’être totalement sous le contrôle du patronat…

    Les maternités de proximité ferment les unes après les autres, et sont remplacées par des usines à bébés. Pour l’IVG, les objectifs sont aussi de concentrer leur pratique dans quelques centres, et le développement abusif de l’IVG médicamenteuse.

    La psychiatrie peu à peu privée de ses moyens de soin devient un instrument de contrôle social s’appuyant sur le tout sécuritaire.

    La sécurité sociale financée par les cotisations en fonction des revenus doit permettre à chacun de bénéficier des soins selon ses besoins : c’est un principe solidaire.

    Arrêtons la casse de la sécu!

    De nombreuses mesures ont fait reculer ce principe solidaire : forfaits, franchises, dépassements d’honoraires, pénalités, déremboursements... Ce qui reste à la charge des foyers ne cesse d’augmenter.

    Tout cela pousse vers l’assurance privée individuelle celles et ceux qui en ont encore les moyens et c’est par millions aujourd’hui que des gens diffèrent ou renoncent aux soins.

    Le gouvernement veut privatiser la protection sociale en favorisant la création d’un marché pour les assurances privées. Chaque annonce d’exonération de cotisation pour une entreprise ou un emploi, met à mal le financement solidaire de la sécurité sociale.

    Le projet sur la dépendance prévoit l’obligation de souscrire une assurance individuelle privée dès l’âge de cinquante ans ce qui remet en cause le principe fondamental de solidarité.

    POUR SAUVEGARDER ET PROMOUVOIR LA SANTÉ PUBLIQUE

    Pour la sécurité sociale universelle et solidaire

    JOURNÉE NATIONALE D’ACTION

    LE 2 AVRIL 2011

    TOUS ENSEMBLE DANS TOUTES LES RÉGIONS

    ACCÈS AUX SOINS PARTOUT,

    POUR TOUTES ET TOUS :

    C’est un DROIT ! DÉFENDONS-LE !

     

    Action Consommation, ANCIC, ANECR, Appel des Appels, ATTAC, CADAC, CNAFAL, Collectif contre les franchises, CNDF, Coordination des Hôpitaux et maternités de proximité, Convergence services publics, Coordination des Élèves Infirmiers, Femmes Égalité, EGSP, Ensemble pour une Santé Solidaire, La Santé n’est pas une marchandise, Le Planning Familial, Mais c’est un Homme, Manifeste des Médecins Solidaires, UFAL, UNRPAAMUF, confédération CGT, CGT Santé Action Sociale, FSU, SMG, SNASS-CGT, SNPST, SUD Santé Sociaux, SUD Union Fédérale Protection Sociale, UCMSF, USP, Solidaires, -EELV, FASE, GU, Les Alternatifs, M’PEP, NPA, PC, PCOF, PG, PS, Résistance sociale, République et Socialisme, -et plus d’une centaine de comités, collectifs et syndicats locaux ou d’entreprise



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  • Réforme de la Psychiatrie : « une déraison d’Etat », déjà 10 000 signatures contre le projet de loi sécuritaire

    lundi 28 février 2011


    Appel du Collectif des 39 contre La Nuit Sécuritaire

    Réforme de la Psychiatrie : une déraison d’Etat

    Trente mille personnes ont signé avec nous l’Appel contre La Nuit Sécuritaire, lancé en réaction au discours du président de la République le 2 décembre 2008 qui assimilait la maladie mentale à une supposée dangerosité. À nouveau, le Collectif des 39 * en appelle à l’ensemble des citoyens.

    Ce discours promettait un traitement sécuritaire des malades mentaux.

    Il a depuis largement pris corps dans la pratique quotidienne : les lieux de soins psychiatriques sont désormais truffés de caméras de surveillance et de chambres d’isolement, des grillages ont été disposés, des protocoles de neutralisation physique des patients ont vu le jour, les préfets empêchent les levées d’internements caducs.

    Un projet de loi propose aujourd’hui un cadre juridique à cette dérive sécuritaire.

    Adopté le 26 janvier 2011 en Conseil des Ministres, il sera discuté au Parlement le 15 mars après un simulacre de concertation.

     -Dans un vocabulaire relevant du code pénal, il cautionne la défiance à l’égard de citoyens souffrants.

     -Dans ce dispositif, seul le trouble à l’ordre public est pris en compte.

     -Il instaure un changement paradigmatique sans précédent : l’institution des « soins » sans consentement en ambulatoire. En effet, le projet de loi n’identifie plus seulement l’hospitalisation comme contraignante, mais les soins eux-mêmes, à l’hôpital comme à l’extérieur, avec le risque majeur de la mise en place d’une surveillance sociale planifiée.

    Ainsi, pour répondre à l’inquiétude légitime des patients et de leurs familles, ce projet de loi, sous couvert de déstigmatisation, va instituer une logique de dérive sécuritaire induisant un contrôle inédit de la population. Il s’appuie sur un principe de précaution inapproprié.

    La mystification est totale :

    Il ne s’agit pas d’un projet de soins, mais d’un engrenage portant atteinte aux libertés fondamentales dans un état démocratique.

    Prétendant améliorer « l’accès aux soins » et leur « continuité », ce projet propose uniquement un accès à la contrainte sans limite de durée.

    Il détourne la fonction des soignants vers une orientation de dénonciation, de rétention, de « soins » sous contraintes et de surveillance.

    Il impose aux patients d’accepter des « soins » stéréotypés, protocolisés, identiques pour tous. Ils seront sous surveillance, associée à un contrôle de leur dignité : ainsi se met en place une police de l’intime. Il instaure un fichier national, « un casier psychiatrique ? », de toute personne ayant été soumise ne serait-ce qu’une seule fois aux soins sans consentement.

    Il institue un mensonge en laissant penser que seuls les médicaments psychotropes administrés sous contrainte suffisent à soigner les patients gravement atteints : enfermés chez eux, malgré eux.

    Une partie des citoyens a été désignée à la vindicte médiatique. Le mot schizophrène, jeté à tort et à travers, en bafouant le secret médical, n’est plus un diagnostic mais une menace, qui accable les malades et leurs familles, effraie jusqu’à leur voisinage.

    Penser que ce projet de loi va améliorer cette situation est une déraison d’Etat.

    Bien plus, il risque de s’opposer frontalement à toute réforme sanitaire digne de ce nom, qui aurait pour principes élémentaires de reposer sur une fonction d’accueil, une logique ouverte et déségrégative, des thérapeutiques diversifiées centrées sur le lien relationnel et la confiance, dans la durée.

    Ce projet va à l’encontre d’une politique de soins psychiatriques respectueux des libertés, offrant une hospitalité pour la folie au cœur du lien social, qui allierait sécurité publique et soins à la personne.

    Il institue la défiance envers les professionnels dans une démarche politique analogue à celle appliquée récemment aux magistrats et à la Justice, comme à d’autres professions.

     -Nous voulons que les budgets subventionnent des soins et non des aménagements carcéraux, la formation des personnels, des effectifs conséquents, pour une conception humaine de l’accueil de la souffrance.

     -Nous rejetons les réponses démagogiques qui amplifient délibérément l’émotion suscitée par des faits-divers dramatiques. Ces réponses ne font qu’accroître et entretenir la peur de l’autre.

     -Nous voulons résister, nous opposer, avec une élaboration citoyenne de propositions pour une politique de soins psychiatriques au plus proche des réalités de terrain. La psychiatrie est l’affaire de tous.

    Nous soignants, patients, familles, citoyens appelons au retrait immédiat de ce projet de loi.

    * Le Collectif des 39 s’est constitué le 12 décembre 2008, autour de l’Appel contre La Nuit Sécuritaire signé depuis par près de 30.000 citoyens. Il réunit des professionnels de la psychiatrie tous statuts confondus (en grande majorité), et des personnes du monde de la Culture et des citoyens qui nous ont rejoint.

    Signer la pétition en ligne

    Le site du Collectif des 39 contre La Nuit Sécuritaire

    Parmi les premiers signataires :

    Stéphane HESSEL, Ambassadeur de France Jack RALITE, Sénateur Seine-Saint-Denis, ancien Ministre de la Santé Edgar MORIN, Sociologue et philosophe Serge PORTELLI, Vice-président au tribunal de Paris Yves CLOT, Titulaire de la Chaire de psychologie du travail du cnam Rony BRAUMAN, Ex-Président de Médecins sans Frontière

    Pouria AMIRSHAHI, Secrétaire national aux droits de l’homme du parti socialiste Denis BAUPIN, Maire Adjoint de Paris ( E.E.L.V.) Nicole BORVO COHEN-SEAT, Sénatrice Communiste de Paris Yves COCHET, Député E.E.L.V. de Paris Pierre DARDOT, Philosophe Martine DUTOIT, Directrice association Advocacy Jean Luc GIBELIN, membre de l’éxécutif du PCF responsable des questions de santé et protection sociale Jérome GUEDJ, Vice-Président du Conseil Général d’Essone, Parti Socialiste Pierre LAURENT, Secrétaire National du PCF Daniel LE SCORNET, membre du Parti Socialiste, ancien dirigeant mutualiste Noël MAMÈRE, Député E.E.L.V. de Gironde Anny POURSINOFF, Députée E.E.L.V des Yvelines René REVOL, Maire de Grabels - 34

    Laure ADLER, journaliste, écrivain Cécile ANDREY, Metteur en scène - Vosges - co-fondatrice du festival « La tête ailleurs » Cécile AVENTURIER, "V.I.P. en psy" - 38 Philippe BORREL, Réalisateur auteur - Paris Geneviève BRISAC, Écrivain Dominique CONIL, Écrivain Michel CONTAT, Chercheur émérite au C.N.R.S Patrick COUPECHOUX, Journaliste Marie DARRIEUSSECQ, Écrivain Jean-Baptiste GENDARME, Écrivain Philippe GUERARD, Président de Advocacy Leslie KAPLAN, Écrivain Linda, LÊ Écrivain Marie-José MONDZAIN, Directrice de Recherche CNRS philosophe et écrivain Laurent MUCCHIELLI, Directeur de recherches au CNRS Véronique NAHOUM-GRAPPE, Anthropologue - Paris Jacques RANCIÈRE, Philosophe professeur émérite à l’Université de Paris VIII (Saint-Denis) Elisabeth ROUDINESCO, Historienne - Université de Paris VII Joshka SCHIDLOW, journaliste Evelyne SIRE-MARIN, Magistrat Bernard TEPER, U.F.A.L.

    Sophie AOUILLÉ, Psychanalyste Guy BAILLON, Psychiatre Dominique BESNARD, Psychologue, directeur des politiques sociales aux cemea en charge de la psychiatrie Alice CHERKI, Psychanalyste Gilles DELBOS, Pdt conseil surveillance paul guiraud Pierre DELION, Professeur de pédo-psychiatrie Lille Catherine DOLTO, Médecin , haptopsychothérapeute Olivier DOUVILLE, Psychanalyste Caroline ELIACHEFF, Pédo-psychiatre, psychanalyste Nabile FARÉS, Psychanalyste - Paris Philipe GASSER, Psychiatre, USP, ATTAC Claire GÉKIÈRE, Psychiatre Michel GRAPPE, Pédo-psychiatre ; praticien hospitalier - 93 Pascale HASSOUN, Psychanalyste Jacques HOCHMANN, Professeur émérite de psychiatrie - Lyon Richard HOROWITZ, Pédo-psychiatre Président de la fédération des C.M.P.P. Dimitri KARAVOKYROS, Psychiatre Patrick LANDMAN, Psychanalyste Lucien MELESE, Psychanalyste Michel MINARD, Psychiatre honoraire des hôpitaux - Dax Joseph MORNET, Psychologue ; secrétaire général de la fédération croix marine Jean-Jacques MOSCOVITZ, Psychanalyste Claude NACHIN, Psychanalyste jean OURY, Psychiatre, clinique de La Borde Pierre PARÉSYS, Vice-Président de l’U.S.P. Michel PLON, Psychanalyste Gérard POMMIER, Psychanalyste Gilles-Olivier SILVAGNI, Psychanalyste Jean-Pierre WINTER, Psychanalyste Radmila ZYGOURIS, Psychanalyste

    Jan ARONS, Artiste peintre - 30 Yves BERNARD, Décorateur Jacqueline BLAWANUS, Artiste peintre - 30 Marcial DIFONZO, Metteur en scène Jean-michel GREMILLET, Directeur de la scène nationale de Cavaillon Patrick GUIVARCH, Responsable des cinémas UTOPIA - Avignon Marie-José JUSTAMOND, Directrice du festival des Suds d’Arles Frédérique LOLIÉE, Metteuse en scène et comédienne Sonia MEDINA, Productrice réalisatrice Daniel MESGUICH, Metteur en scène , Paris Chantal MOREL, Metteur en scène, Compagnie "Equipe de création Théâtrale", Grenoble François RANCILLAC ,Metteur en scène directeur du théatre de L’Aquarium - Paris Claude RÉGY, Metteur en scène Alain VAISTEIN, Ateliers Contemporain Elise VIGIER, Metteuse en scène et comédienne

    Et le collectif des 39 (qui sont bien plus que 39), dont : Mathieu BELLAHSEN, Psychiatre, Utopsy, Béatrice BENATTAR, Selma BENCHELAH, Psychologue clinicienne , Philippe BICHON, Psychiatre, Olivier BOITARD, Psychiatre, Hervé BOKOBZA, Psychiatre, clinique St Martin de Vignogoul Loriane BRUNESSAUX, Psychiatre, Utopsy, Marie CATHELINEAU, Psychologue, Syndicat National des Psychologues, Patrice CHARBIT, Psychiatre, clinique St Martin de Vignogoul Franck CHAUMON, Psychiatre, psychanalyste Patrick CHEMLA, Psychiatre chef de service , centre Antonin Artaud Reims , président de la criée, membre de l’usp, Guy DANA, Psychiatre psychanalyste chef de service, Heitor DE MACEDO, Psychanalyste, Alexandra DE SEGUIN, Pierre DELION, Professeur de psychiatrie, Bernard DURAND, Psychiatre, président de la fédération d’aide à la santé mentale fasm croix marine, Roger FERRERI, "psychiatre chef de service infanto juvénile 91000 evry, association "pratiques de la folie", Florent GABARRON-GARCIA, Psychologue - psychanalyste, Sarah GATIGNOL, interne en psychiatrie, Yves GIGOU, Infirmier de secteur psychiatrique - militant associatif, Olivia GILI, Michaël GUYADER, Chef de service du 8ème secteur de psychiatrie générale de l’essonne, psychanalyste, Liliane IRZENSKI, Psychiatre, psychanalyste, Patricia JANODY, Psychiatre, psychanalyste, Serge KLOPP, Cadre de santé, chargé des questions de psychiatrie, commission santé du PCF, Émile LUMBROSO, Psychologue Reims, président d’euro-psy, Antoine MACHTO, Psychologue, Paul MACHTO, Psychiatre. psychanalyste, Montfermeil 93, pratiques de la folie, usp, Jean-pierre MARTIN, Psychiatre, paris, Bénédicte MAURIN, éducatrice spécialisée, Simone MOLINA, Psychanalyste, psychologue clinicienne présidente du point de capiton (vaucluse), Françoise NIELSEN, psychanalyste Jean OURY, Médecin directeur de la clinique de la borde, Sylvie PRIEUR, psychologue clinicienne, Pierre SADOUL, Psychiatre désaliéniste du service public, ex mcs en pédopsychiatrie, ex-vp de l’api, administrateur de l’asepsi, Olivier SCHMITT, Psychiatre, Niort Pedro SERRA, Bruno TOURNAIRE BACCHINI, Psychiatre, praticien hospitalier, Anne TUFFELLI, Psychiatre, Monique VINCENT, Valérie Waill-Vallet , psychanalyste Élie WINTER, Psychiatre, Paris


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  • Communiqué de presse : 

    Pour la défense et le développement de l'Hôpital Public en Côte d'Or et pour l'accès de tous à
    la santé : Faisons front !

    Libres échangesCe qui se passe au CHU de Dijon , où l'Etat , le ministère de la santé se comportent en voleur et en menteur en refusant de verser les 10 millions d'euros prévus en 2010 , est dans la logique de casse de l'Hôpital Public dans toute la France ! Décidément ,ce gouvernement a décidé que les hôpitaux publics ne devaient pas avoir une bonne santé financière et les pousse au déficit ! Car ce qui s'annonce ,c'est encore un plan de retour à l'équilibre pour le CHU ce qui veut dire: affaiblir l'offre de santé publique , et réduire encore plus le personnel(les deux premiers s'étaient traduit par 65 puis 135 postes supprimés ) C'est l'application dévastatrice pour les services publics de la RGPP:(Réduction Générale des Politiques Publiques )! C'est inadmissible pour le personnel , et pour les usagers !Ce n'est pas d'un 3è plan de retour à l'équilibre budgétaire dont a besoin le CHU , mais du respects des engagements (déjà insuffisants de ce gouvernement ) et de recettes nouvelles! 
    Et ce n'est pas aux collectivités locales , étranglées financièrement de mettre la main à la poche pour payer les équipements, tel que le scanner de l'hôpital de Chatillon payé par plusieurs communes du canton ! 

    Qu'on ne nous fasse pas croire que l'Agence Régionale de Santé n'est dans cette logique de casse de la santé publique ! Ce nouvel outil , anti-démocratique ,mis en place par Sarkozy et Bachelot avec la loi HPST,a pour but de livrer la santé publique au privé et de remettre en cause les principes d'une Sécurité sociale solidaire . 
    La Générale de Santé, elle, se porte bien, puisqu'elle fait construire une grande clinique sur Dijon , sans se préoccuper des conséquences pour une partie de la population ; et qu'elle verse toujours des dividendes à ces actionnaires , grâce à la sécurité Sociale ,donc aux cotisations des assurés ! Et si on taxait ses profits pour le pot commun « Santé publique « ? 

    La baisse du budget de l'EHPAD public de Champmaillot est tout aussi inadmissible alors que le Président Sarkozy annonce à tout va que la question de la perte d'autonomie est une question primordiale à traiter . Alors oui , que le débat annoncé soit ouvert réellement avec tous les acteurs concernés ! 
    En Côte d'Or ,qui a t-il derrière les annonces de regroupement de plusieurs hôpitaux de proximité dans le nord du département (Saulieu , Vitteaux ,Alise ..) ? Plus de réponse aux besoins de santé de la population ou plus de « rationnalisation /restriction « ? 
    Les conséquences de la fermeture de la maternité de Châtillon sur Seine, en 2008, c'est, entre autre,faire prendre des risques aux mères et aux nouveaux nés, comme cela vient de se passer cette semaine, où une femme a accouché dans sa voiture sur le trajet Châtillon-Semur. 

    La situation de l'Hôpital et de la santé publics mis en grand danger par la droite et les intérêts privés nécessite au delà des interpellations individuelles auprès du Ministre X. Bertrand , une mobilisation de tous : usagers, professionnels, syndicats, élus , associations ; construisons -là ensemble pour le 2 avril 2011,journée nationale d'action à l'appel de plusieurs organisations. La fédération de Côte d'Or du PCF est disponible pour réussir cette mobilisation, comme elle est favorable à créer les conditions pour que des rencontres régionales de la Santé s'organisent en Bourgogne . 

    Dijon le 18 février 2011

    Pour la Fédération de Côte d'Or du PCF
    Annie Chevalier
    responsable Santé-Protection sociale




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  • Libres échangesAprès le gouvernement et l’UMP qui ont tenté d’imposer - lors de la réforme des retraites - la vision patronale de la médecine du travail, c’est au tour des sénatrices et sénateurs centristes, de reprendre la proposition gouvernementale dont le contenu est dénoncé par l’ensemble des organisations syndicales.

    Il faut dire que cette proposition de loi entérine, conformément aux attentes du patronat qui a rédigé chacun des articles qui sont mis en discussion, leur prédominance sur les services de santé au travail.

    Pour Annie DAVID, sénatrice de l’Isère – vice-présidente de la Commission des Affaires sociales – en charge des questions liées au travail, « cette situation résulte du fait que les représentants des employeurs disposeront demain de la possibilité de diriger les actions des médecins du travail puisque les employeurs disposeront d’une voix prépondérante et définiront les priorités des services de santé au travail. Cette notion de priorités nous inquiète particulièrement car on sait par expérience, avec les cancers dus à l’amiante ou avec l’émergence de pathologies nouvelles liées aux trouble psycho-sociaux, que les priorités des employeurs sont souvent plus d’ordre économique que sanitaires ».

    Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC-SPG voteront contre cette proposition de loi, regrettant que la décision du groupe Union Centriste d’agir sur commande du gouvernement et du Medef, empêche que ne s’engage une nouvelle phase de négociations entre les partenaires sociaux, seule capable de répondre aux véritables enjeux de la médecine du travail que sont le maintien d’une approche globale de la santé des salariés, l’indépendance de l’ensemble des intervenants en santé au travail, la création d’une véritable gestion paritaire et équilibrée des services qui en ont la charge ainsi que le renforcement du nombre de médecins spécialisés alors que s’annonce dans les années à venir, une véritable pénurie de médecins en exercice.

    http://www.pcf.fr/7813 


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  • PERTE D'AUTONOMIE
    NON AU JACKPOT POUR LE PRIVÉ / OUI A LA DIGNITÉ

    Libres échangesAprès le dossier des retraites, le gouvernement s'attaque à ce qu'il nomme le dossier de la dépendance. Les premières propositions de Nicolas Sarkozy sur le sujet s'inscrivent dans le libéralisme le plus sauvage, tant sur l’aspect civilisation que sur le financement de la protection sociale. Afin d'ouvrir le marché de la dépendance au secteur privé, il prend le parti de sa privatisation au risque de l'éclatement de la sécu et plus largement de la solidarité et de la dignité des personnes. Les communistes, dès maintenant, entendent riposter. Leurs propositions s’inscrivent dans une critique totale de la situation actuelle notamment au niveau de l’insuffisance des moyens mobilisés. Ils estiment que la réforme proposée va aggraver les injustices et creuser les insuffisances graves. Leur projet s’inscrit dans l’affirmation de la défense de la protection sociale solidaire avec une sécurité sociale renforcée et élargie dans ses prérogatives fidèle en cela aux concepts qui l’ont mis en place et qui restent des idées neuves. Selon le PCF c'est dans cette voie que la gauche doit s'engager.

    Etat des lieux
    La perte d'autonomie totale ou partielle renvoie à 3 situations distinctes : grand âge (1,3 millions de personnes), handicap (700 000) et invalidité (600 000). Elle est traitée principalement de 3 manières : prise en charge médicale et médico-sociale, prestation/indemnisation de compensation et politique d'accessibilités, d'emploi et de travail, ...). 22 milliards d'argent public en 2010 seront consacrés à la « dépendance », soit 1,1% du PIB.
    Pour le grand âge, une augmentation du nombre de personnes concernées est prévue de 1 à 1,5% par an d’ici 2040

    Autonomie plutôt que dépendance
    Nicolas Sarkozy parle de dépendance comme si les personnes âgées concernées, les invalides ou les handicapés étaient une charge. Ce n'est pas la dignité à laquelle ces hommes et ces femmes prétendent justement. Le PCF préfère dire autonomie. Le processus d’autonomisation vise à acquérir la capacité d’user de la plénitude de ses droits, de s’affranchir d’une dépendance d’ordre physique, social, moral ou intellectuel. Il s’agit non pas seulement d'indemniser les personnes ou d'accompagner leur trajectoire de vie, mais aussi et surtout de créer les conditions économiques et sociales de leur autonomie tout au long de leur vie et de la solidarisation de tous les âges et cycles de vie ainsi que de tous les acteurs humains.

    Avec le choix du mot dépendance, la droite couvre un formidable jackpot pour les assurances privées. De 2008 à 2009, pour un nombre d'assurés constant, les assurances privées leur ont prélevé près de 20 millions d'euros supplémentaires pour leur propre compte. La droite veut élargir cette ponction à tous.

    Surfant sur les attentes légitimes des associations appelant à une meilleure prise en charge des personnes en perte d’autonomie, la droite avance le concept de « 5ème risque » pour la sécurité sociale : « le risque dépendance ». Cette fausse bonne idée ne correspond pourtant à rien de l’architecture actuelle de la sécurité sociale, qui couvre déjà 9 « risques sociaux » : maladie, maternité, accident du travail, maladie professionnelle, vieillesse, décès, invalidité, famille et précarité, répartis dans les 4 branches prestataires de la sécurité sociale (maladie, vieillesse, famille et accident de travail).


    Pourquoi la droite veut redécouper la sécurité sociale ?
    L’unique raison est, en isolant les recettes, de faire financer ce « 5ème risque » par des complémentaires, en particulier les assurances dites privées. Le PCF considère que la perte d’autonomie ne doit pas caractériser une partie de la population. Il refuse d’ouvrir une nouvelle part de marché potentiel pour les profits des sociétés assurancielles. Le PCF veut renforcer la sécu et y intégrer la réponse aux besoins de la perte d’autonomie

    Ce que propose le Parti communiste
    Le PCF inscrit a prise en charge de ce nouveau besoin qu’est la perte d’autonomie dans les principes de la Sécurité sociale de 1945 tout en les renouvelant et les réformant en profondeur. Une vraie politique publique en ce domaine doit articuler prévention, dépistage et prise en charge solidaire.

    La prévention passe par le développement de l'activité physique ou intellectuelle, l'intégration et le rôle social des personnes, une alimentation équilibrée et le remboursement à 100% des dépenses de santé.

    Il s’agit aussi de développer considérablement les équipements, tant au domicile (où le maintien des personnes doit être privilégié) que dans les institutions, l’éventail des formules d’accueil, l’accès aux services spécialisés médicaux et surtout de mettre en œuvre un plan de formation ambitieux et dans la durée des personnels médicaux et paramédicaux.

    Cela implique aussi de se donner les moyens d'intervenir sur les conditions d'emploi et de travail, de recherche médicale et de prise en charge médicale et médico-sociale, de recherche en général, sur les politiques nationales et locales d'urbanisme et de transport. …

    Le PCF propose, au niveau départemental, un pôle public de « l’autonomie », s’appuyant sur le développement des services publics existants, comprenant les aides (repas, toilettes, mobilisations, etc.) mais aussi les équipements et aménagements des logements, transports... Elle doit permettre une simplification des démarches et une meilleure efficacité du service rendu et faire l'objet d'un véritable contrôle démocratique. Son enjeuconsistera à travailler, à partir de l'existant, à l'amélioration du niveau de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, tant pécuniaire que pour la qualité de la prise en charge. Le PCF propose une structuration nationale des pôles publics départementaux afin de garantir une maîtrise et une cohérence nationales et une égalité sur le territoire national.


    Propositions du PCF pour le financement de la sécurité sociale
    • Développer l’emploi, augmenter les salaires et une nouvelle politique économique et industrielle.
    • Concernant l’Assurance maladie, asseoir les cotisations sociales sur les « salaires » avec une modulation visant l’accroissement du taux et de la masse des cotisations branchée sur le développement de l’emploi et des salaires. Une cotisation sociale calculée à la fois en fonction de la masse salariale versée par l'entreprise, du niveau de qualification et de la qualité de son emploi.
    • Concernant les personnes en situation de handicap, prélever une taxe à la source pour les employeurs qui ne respectent pas la loi, prenant la forme d'une majoration de cotisations sociales. La loi sur l’emploi des personnes handicapées est mal appliquée et insuffisante.
    • Affecter aussi à la perte d’autonomie une partie de la contribution supplémentaire que nous voulons créer sur les revenus financiers des entreprises, des banques et assurances ainsi que sur les ménages les plus riches. Cette contribution aurait permis de dégager sur les profits 2009, 39,9 milliards pour l’assurance maladie, 25,3 pour la retraite et 16,4 pour la famille.
    • Assurer par ailleurs un financement public de la prise en charge de la perte d’autonomie au moyen d’une dotation de compensation de l’Etat pour les départements indexée sur leur dépense annuelle réelle en la matière.
    • Et plus fondamentalement une réforme de progrès et d’efficacité de la taxe professionnelle, ainsi qu’une véritable réforme de la fiscalité nationale et locale juste et progressive afin de ne pas faire peser indistinctement sur tous les ménages l’essentiel de l’effort contributif Réforme qui porte la suppression de la CSG. Cela passe par une progression dans l’immédiat d’impôts et taxes notamment sur les revenus financiers des plus hauts revenus.


    Comment financer ?
    Le débat sur cette question ne fait pas qu'opposer la droite et la gauche, il traverse la gauche elle-même. Le PCF est clairement opposé aux mesures qui sont avancées actuellement comme l’assurance obligatoire, le second jour de travail gratuit, l’augmentation de la CSG des retraités, l’étranglement des finances des conseils généraux.
    De toute évidence, des choix de qualité induisent de poser la question du financement de cette politique de l'autonomisation à partir d'un prélèvement sur les richesses créées par le pays. (voir encadré ci-contre).
    Le PCF pose le principe d’un financement solidaire dans la sécurité sociale et d’un financement public.

    Dépendance ou autonomie, le débat ouvert recouvre un enjeu de société essentiel. Les premières propositions faites par le PCF imposent un travail sur l'avenir de la sécurité sociale et sa modernisation en rupture avec les plans du pouvoir et du Medef visant le démantèlement de la sécurité sociale. Ce travail, il faut l'entreprendre dès maintenant avec l'ensemble des acteurs, organisations syndicales, associations, élus et citoyens, pour définir ce que la gauche devra faire, localement et nationalement.


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  •  Grippe A : La campagne de vaccination a coûté 700 millions d'euros

     La campagne de vaccination contre l’épidémie de grippe A (H1N1) a coûté entre 685 et 756 millions d'euros contre une fourchette de 137 à 208 millions initialement prévue par le ministère de la Santé, selon un rapport de la Cour des comptes remis au Sénat.

    Education nationale
    Au final, "seulement" 5,4 millions de Français se sont fait vacciner SIPA

    La grippe A fait encore parler d'elle. Un rapport de la Cour des comptes remis au Sénat montre que la campagne de vaccination contre l’épidémie de grippe A (H1N1) a coûté entre 685 et 756 millions d'euros contre une fourchette de 137 à 208 millions initialement prévue par le ministère de la Santé. Pourquoi un tel écart ? Contrairement au gouvernement, la Cour comptabilise les vaccins donnés à l'OMS ainsi que les achats de masques de protection pour les agents d’administration. Les magistrats considèrent en outre que la facture a été plus beaucoup élevée pour l’indemnisation des professionnels de santé libéraux mobilisés.

     Trop de vaccins

    Le rapport souligne par ailleurs que la commande de millions de doses de vaccin s'est opérée dans l'urgence, avant même « la définition d'une stratégie vaccinale » et alors que des « incertitudes sur la pandémie, jointes aux estimations pessimistes, ont conduit, en France comme ailleurs, à privilégier le scénario du pire ». Dans ces conditions, les laboratoires pharmaceutiques se sont trouvés en position de force au détriment de l'État. Celui-ci « a cédé sur la contrainte de prix, sur le fait d'effectuer une commande ferme et non par tranches conditionnelles ainsi que sur le conditionnement des vaccins en monodoses et non en multidoses, exigence qui n'a d'ailleurs pas été explicitement formulée ». Plusieurs experts « étaient déjà convaincus que le virus arriverait très tôt sur le territoire français et que la vaccination interviendrait de toute façon trop tard pour jouer son rôle de barrière », analyse le quotidien. Le gâchis de vaccins est colossal : 2,7 millions de doses de vaccins sont ainsi parties à la poubelle, « soit la moitié environ de celles qui ont été effectivement utilisées pour la vaccination ».

    110 euros par personne

    « La campagne apparaît particulièrement coûteuse au regard du nombre de personnes vaccinées », critique le rapport. Au final, "seulement" 5,4 millions de Français se sont fait vacciner, pour un coût de 110 euros par personne. La Cour des comptes pointe aussi du doigt le prix d'achat très élevé des vaccins. « Du fait d'une coordination européenne à peine esquissée, les laboratoires pharmaceutiques sont parvenus à mettre les Etats en concurrence et se sont placés en position favorable pour contracter », précise le rapport. La polémique est donc loin de s'éteindre.

    http://www.francesoir.fr/actualite/sante/grippe-campagne-vaccination-coute-700-millions-d-euros-71002.html#


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  • « Vous faire préférer l’Assistance publique »

    Mireille Faugère, directrice générale de l’AP-HP : le slogan qui accompagne 5.000 suppressions d’emploi !

    Education nationaleMireille Faugère, la nouvelle directrice générale de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, était auparavant responsable marketing à la SNCF.

    Elle a décidé d’importer à l’AP-HP le slogan publicitaire qu’elle avait développé à la SNCF. « A nous de vous faire préférer le train ! » devient « Vous faire préférer l’AP-HP ».

    Toute une logique ! Celle de la concurrence, absurde et destructrice pour le service public.

    On peut encore s’imaginer qu’un voyageur ait le choix entre l’auto, l’avion et le train. Mais un malade, un blessé ? Faugère veut-elle qu’il prenne une carte de fidélité à l’AP-HP ? Pensez bien à venir chez nous à votre prochain infarctus !

    Ce qui importe pour le patient et pour toute la société, c’est d’être soigné dans les meilleures conditions, avec les meilleurs soins, à proximité, au meilleur coût, c’est-à-dire hors de toute logique lucrative.

    Et cela passe par la défense et le développement de l’hôpital public. C’est précisément le contraire de la politique du pouvoir que Faugère a été nommée pour appliquer à l’AP-HP.

    Tout est fait pour avantager le développement du secteur privé, notamment des chaînes de cliniques.

    Le système de financement des établissements de sante par « tarification à l’activité », la T2A, pénalise l’hôpital public qui, seul, prend en charge les pathologies lourdes et multiple, la recherche et l’enseignement. Les « agences régionales de santé » ont été conçues par la loi Bachelot de 2009 pour transférer des « parts de marché » au privé. Le privé, même coté en bourse, est abreuvé d’aides publiques.

    Pendant ce temps, les moyens de l’hôpital publics sont rationnés – il manque 800 millions d’euros par an. Faugère ne le nie pas : l’objectif pour l’AP-HP reste la suppression de 4.000 à 5.000 emplois en 3 ans dont 1.200 dès 2011 s’ajoutant au même nombre de postes détruits ces dernières années. La situation devient intenable dans les services.

    La logique de la concurrence (« faire préférer… »), c’est celle du profit privé, hors de l’hôpital public comme en son sein. Suivant ses prédécesseurs, Faugère fait entrer les intérêts privés à l’AP-HP. Par exemple, dans plusieurs hôpitaux, les services hôteliers sont en train d’être démantelés pour être confiés au privé (dans une politique d’externalisations à tout crin). Dans le même temps, Faugère lance « l’expérimentation » dans trois hôpitaux des chambres individuelles facturées 45 euros par jour par le patient! Une régression généralisée !

    S’il s’adresse aux personnels, le slogan de la spécialiste marketing sonne comme une provocation devant la dégradation constante des conditions de travail.

    En mars 2010, un large mouvement s’est développé dans l’AP-HP contre le plan de restructuration et de regroupement de 38 hôpitaux en 12 groupes. La mobilisation a pris très fortement dans certains hôpitaux les plus directement frappés par les conséquences des restructurations. Pour désamorcer le mouvement, devant l’ampleur des manifestations (5.000 toutes les semaines) et l’occupation du siège, la direction a promis de tout remettre à plat et a promis de maintenir plusieurs structures de long et moyen séjours initialement menacées.

    Tout au long de 2010, des luttes ont pris de l’ampleur comme à Ambroise Paré ou à Tenon, en lien avec les patients, gagnant le maintien de services et de postes (urgences, IVG).

    9 mois après mars 2010, la direction générale revient sur tous ses engagements. Il n’est plus question de 4.000 mais de 5.000 suppressions d’emploi. L’existence de plusieurs établissements de long et moyen séjours est à nouveau remis en cause.

    De nouvelles actions des salariés sont annoncées.

    A l’hôpital, comme à la SNCF, les privatiseurs tels que Faugère ne comprennent que le langage de la lutte. Peu nous importe, de lui « faire préférer l’AP-HP », nous défendrons le service public hospitalier, son financement contre sa politique !

    Annulation du plan de restructuration de l’AP-HP

    Maintien de tous les emplois et des services que la direction veut externaliser

    Arrêt des subventions au privé de quelque nature que ce soit. Arrêt de tout financement public aux groupes de cliniques cotées en bourse.

    800 millions d’euros pour l’hôpital public dès cette année, obtenus en réduisant les exonérations de cotisations sociales patronales !


    De : PCF Paris 15

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  • de : J-M Mora
    dimanche 30 janvier 2011 (14h24) http://bellaciao.org/fr/spip.php?article113081

    ImageTandis que les autorités s’époumonent à rassurer la population relativement à la sécurité de médicaments « sous surveillance particulière », 59 médicaments sont complaisamment listés comme soumis à une surveillance prétendument renforcée. Ils font simplement l’objet d’un « plan de gestion des risques ».

    Le PGR est une disposition normale de toute nouvelle autorisation de mise sur le marché : il n’a rien de particulier. Cette surveillance ne concerne pas de dangereux médicaments mais des médicaments ayant reçu une nouvelle AMM (autorisation de mise sur le marché). Le PGR ne concerne donc pas les médicaments supposés dangereux. Le Gardasil® étant dans cette situation fait partie de cette liste.

    Depuis quelque temps, nous assistons à toutes sortes de gesticulations avec le Médiator® qui tendent à disculper les politiques de leurs responsabilités dans l’affaire des médicaments dangereux et inefficaces. Haro sur les commissions, les experts, et autres fonctionnaires, mais bien sûr on ne touche pas aux politiques qui vont tout arranger. Pour nous rassurer sur leur compétence, on nous révèle que 59 autres médicaments sont sous surveillance. On veille donc sur nous, faisons-leur confiance et rendormons-nous.

    Pour avoir été très proche d’un ami, nommé il y a quelques années à la tête d’un autre ministère technique, je sais qu’un ministre ne doit pas avoir de compétences techniques particulières pour n’avoir pas la tentation de s’en servir, car sa responsabilité est politique. Quand on nomme un spécialiste de la santé, médecin ou pharmacien, à la tête du ministère de la santé on aboutit à des prises de positions personnelles qui sont forcément entachées d’erreurs, car les décisions prises sont techniques et ce n’est pas le travail du ministre. S’il a la compétence technique, ce dernier prend position avant de consulter qui que ce soit, car « il sait ». Ainsi, le rôle d’un ministre consiste à faire travailler des équipes aux opinions opposées, et à décider politiquement, au vu de ces études. Encore faut-il qu’il s’entoure de conseillers compétents et indépendants. C’est ce que devrait faire un ministre comme Xavier Bertrand puisqu’il n’a aucune compétence technique en matière de santé.

    Ces politiques savent, avec raison, que les français ont la mémoire courte et en profitent, alors essayons de leur rappeler certains faits marquants.

    Dans la récente liste de médicaments sous surveillance figure le Gardasil®, vaccin qui ne va pas tarder à rattraper le ministre qui s’est commis avec l’industrie pharmaceutique, c’est le moins qu’on puisse dire. Il en a été le défenseur à tout crin et de plusieurs manières.

    A-t-il appliqué le principe de précaution pour le Gardasil® ? Pas vraiment !

    Ce vaccin obtient son AMM de manière très rapide (9 mois entre le dépôt de la demande et l’obtention juin 2006 ), pendant le passage de Xavier Bertrand à la tête du ministère de la santé (du 2 juin 2005 au 26 mars 2007), ce qui provoque déjà l’étonnement des spécialistes.

    Puis en février 2007 alors qu’il sait qu’il va quitter le ministère de la santé, il prend une position surprenante : Deux mois avant que la commission de la HAS ne rende son avis, il annonce à l’Assemblée Nationale que le vaccin Gardasil® sera remboursé à 65 % comme les autres médicaments avant la fin du 1er semestre. Il coupe ainsi l’herbe sous les pieds de la commission chargée de proposer ou refuser le remboursement du vaccin. Interrogé sur l’avis favorable donné ultérieurement (le 18 avril 2007) par la commission, son président, avouera : « Le ministre avait déjà annoncé son remboursement ». Et le 11 juillet 2007, sous la référence JORF 159, le JO publie l’arrêté fixant les conditions de remboursement du vaccin Gardasil® limité aux adolescentes de 14 ans et aux femmes de 15 à 23 ans n’ayant pas encore eu de rapports sexuels.

    Il est certain que sans prise en charge par la Sécurité Sociale ce produit n’aurait eu aucune chance de devenir un Blockbuster. En effet, depuis juin 2006 et jusqu’au 11 juillet 2007 le vaccin sera vendu 145.94€ la dose, soit, pour les 3 injections prévues au protocole 437,82€. Son prix sera ensuite de 135,69 soit 404€ les 3 doses, et aujourd’hui il coûte123,66€ soit un total de 370,98€. Un tel prix à la charge du patient aurait été très dissuasif. 12 mois après la mise en place de la prise en charge à 65% par la Sécurité sociale, ce vaccin avait déjà coûté plus de 120 millions d’Euros (l’AFSSAPS chiffre à 1,4 millions le nombre de doses vendues en 12 mois).

    Ainsi, les politiques exercent d’énormes pressions pour que les décisions prises aillent dans le sens qu’ils souhaitent, et dans cette commission 17 membres sur 21 ont des conflits d’intérêts avec le laboratoire.

    A ce sujet, on peut imaginer la position de Roseline Bachelot sur le vaccin Gardasil® quand on sait qu’elle a travaillé durant des années pour le laboratoire ICI (Information Coordination Incitations), devenu ensuite Astra Zeneca, dont l’un des chercheurs a découvert le papillomavirus qui a permis la création de ce vaccin. Ce laboratoire reçoit annuellement en royalties croisées plusieurs dizaines de millions de dollars pour cette découverte.

    Si l’objectif du ministre de la santé était de réduire le nombre de morts par cancer du col de l’utérus, il aurait mieux valu investir dans le renforcement du dépistage systématique plutôt que dans un vaccin à l’efficacité reconnue faible si tant est qu’elle en ait, et qu’on ne pourra mesurer au mieux que dans 25 ans. Il a fait un choix aberrant pour la santé publique, mais judicieux pour les bénéfices du laboratoire, on comprend qu’on le retrouve pour la deuxième fois à la tête de ce ministère.

    Ce vaccin a obtenu le prix Galien en 2008 et le Quotidien du Médecin a diffusé à cette occasion un numéro spécial, distribué en France à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. En première page on nous annonce que 1 000 femmes décèdent chaque année en France du cancer du col de l’utérus et un peu plus loin, que 70 % de ces cancers sont dus aux papillomavirus (HPV) 16 et 18, dont le vaccin est censé protéger. On pourrait donc déduire de ce texte, sans grand risque d’erreur, qu’environ 700 morts par an sont dues à ces deux HPV.

    Or, page 2, nous apprenons qu’une étude menée à Amiens, Reims et Besançon, a permis de déterminer que 15 % des femmes sont infectées par un HPV (dont il existe 120 types). Comme à la première page on nous parle de morts pour une année, faisons l’analyse des chiffres de la page 2 sur un an.

    Étant donné qu’il nait environ 400 000 filles par an, ces 15 % représentent donc 60 000 femmes contaminées, mais, heureusement, l ’article précise que seulement 3 % des femmes contaminées le sont par les HPV 16 et 18, ce qui fait 1 800 femmes concernées. Un peu plus loin les auteurs soulignent que 90 % des femmes infectées se débarrassent de ces virus, comme pour celui de l’hépatite b, sans conséquence ni intervention de la médecine. Nous arrivons donc à 180 femmes concernées. Comme la Page 1 annonce 700 morts et la page 2 que 180 femmes risquent de développer un cancer, quels chiffres devons-nous prendre au sérieux, ceux de la première page ou ceux de la deuxième ?

    A ce sujet, le journal allemand Arznei-Telegramm de novembre 2007 (38 : 11, 101-103) dénonçait la désinformation de Sanofi Pasteur sur la protection du cancer du col de l’utérus soi-disant conférée par le Gardasil®.

    Chez nous comme en Amérique du nord ce cancer représente 4 à 6 % des cancers féminins, il arrive au 22e rang sur les 25 types de cancers et par localisation, la surmortalité de ce cancer est de 1,13 % ; aussi l’urgence de la disponibilité de ce vaccin puis de son remboursement étaient-ils tels qu’il fallait accorder l’AMM en quelques mois et forcer la commission à en proposer le remboursement ? Il est vrai qu’étant donné son prix de 437€, il fallait que le remboursement soit rapidement effectif, pour que sa diffusion soit à la hauteur de l’espérance du fabricant Merck qui, en Europe, est actionnaire à 50 % d’Aventis Pasteur MSD (le M de MSD veut dire Merck), les autres 50 % étant détenus par Sanofi Aventis. Ce partenariat permet d’écrire partout « le Gardasil® d’Aventis Pasteur MSD » car le nom de Merck, fabricant du Vioxx®, sent le soufre après les 50 000 morts qu’il a provoqués aux États-Unis, ce qui a entraîné son retrait du marché.

    Les bénéfices dus à la vente de ce vaccin permettent mieux de comprendre l’outrance des nombreuses campagnes publicitaires dont il a fait l’objet à la radio, à la télévision, dans la presse écrite. Mais il faut parler au passé car le JO du 22 septembre 2010 a fait paraitre une interdiction de la publicité du Gardasil® au motif que : « En l’état actuel des données, il n’y a pas d’étude démontrant un effet préventif de la vaccination sur la survenue des cancers, le délai entre l’infection et l’apparition d’un cancer invasif étant estimé de quinze à vingt-cinq ans. »

    Qu’en est-il aujourd’hui ? Ce vaccin, comme le Cervarix®, fait partie de la liste des 59 spécialités sous surveillance à cause de son manque d’efficacité et de ses dangers. Le communiqué de l’AFSSAPS sur « l’efficacité non prouvée » se passe de commentaire.

    Quant à la dangerosité, en France, comme de coutume, on en parle très peu, m ais aux États-Unis Judicial Watch, organisation indépendante qui surveille, entre autres, les effets secondaires du vaccin Gardasil signalés à la FDA entre mai 2009 et septembre 2010, donc sur une période de 16 mois seulement, annonce 3 589 effets indésirables enregistrés pendant ce court laps de temps et s’attarde plus longuement sur certains d’entre eux. Il y aurait 789 signalements d’effets secondaires sévères, dont 213 ont débouché sur une « invalidité permanente », ainsi que 25 cas de syndrome de Guillain-Barré. Il y aurait même 16 morts, parmi lesquels 4 suicides. Sachant, nous ne le répèterons jamais assez, que la FDA estime être informée de moins de 10 % des effets indésirables des médicaments en général. Étant donné que ce vaccin a été mis sur le marché le 6 juin 2006, ce qui fait donc 54 mois, et si l’on tient aussi compte du faible pourcentage de remontée des effets indésirables, par combien faut-il multiplier ces chiffres pour approcher de la vérité ? au moins par 20 !

    Pour les données françaises sur le sujet, l’AFSSAPS parle de 86 % d’effets indésirables connus bénins et transitoires sur un total de 700 signalements : « les effets indésirables graves concernent majoritairement des réactions attendues, toutes d’évolution favorables ». Mais son analyse n’est que du verbiage : « Enfin quelques cas de maladies auto-immunes (démyélinisations aiguës centrales, arthrites et thrombopénies), souvent peu documentés, ont été signalés mais ne permettent pas d’établir un lien de causalité ; leur nombre reste très inférieur au nombre attendu en l’absence de vaccination. » Pour Judicial Watch les cas de maladies auto-immunes représentent 22,8 % d’effets graves signalés à cette époque dont déjà 16 morts qui n’ont pas eu d’évolutions favorables comme en France.

    A l’époque, le ministre de la Santé aurait mieux fait de s’abstenir d’intervenir aussi brutalement au sujet du Gardasil®, mais de toute façon celle qui lui a succédé au ministère de la santé, ancienne collaboratrice du laboratoire Astra Zeneca ne pouvait pas faire moins bien. Quant à leur patron, le Président de la République, il a manifesté sa solidarité avec le Président du conseil d’administration de Sanofi Aventis (de 1988 à 2008 Jean-françois Dehecq) en le nommant le 11 nov. 2008 Président du conseil d’orientation du fonds souverain « à la française », doté de 20 milliards d’€uros pour faire face à la crise financière, Tout commentaire sur cette situation est totalement inutile.

    Il faut donc redire que notre actuel ministre de la santé, avant de déclarer vouloir tout réformer et apparaître plus blanc que blanc, a, lors de son passage précédent à la tête du ministère de la santé, utilisé des méthodes peu orthodoxes qui ont permis que le Gardasil® devienne pour Aventis Pasteur MSD un blockbuster (1,4 millions de doses vendues en un an). C’est toujours sous le prétexte de vouloir le bien de ses compatriotes que nos politiques agissent. Et s’il s’avérait que ce vaccin doit être retiré du marché, le ministre devrait démissionner comme dans toutes les vraies démocraties du monde. Toutefois, si cette décision met aussi longtemps à être prise que pour le Mediator alors plusieurs ministres auront eu le temps de passer 14 Avenue Duquesne.

    De : J-M Mora


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  • Scandaleux projet de décret sur la pénibilité : un mauvais coup qui en cache d’autres

    ImageAvec la loi Woerth, le gouvernement a osé prétendre qu’il engageait une prise en compte de la pénibilité au travail. 

    Avec le projet de décret d’application qu’il vient de communiquer aux organisations syndicales (20 janvier 2011), on peut vérifier que c’est tout le contraire.

    D’abord les rares salariés concernés ne connaîtront aucune amélioration de la situation présente mais seulement le maintien à 60 ans de l’âge de leur droit à la retraite. 

    Ensuite, ce n’est pas l’exposition à des facteurs de pénibilité, entraînant une réduction de l’espérance de vie, qui déclenche l’ouverture de ce « droit » mais le taux d’incapacité constaté. Seuls des travailleurs très usés, abîmés, inutiles au patronat – 20% d’incapacité, c’est par exemple l’équivalent de deux doigts en moins –seront sortis un peu moins tard du marché du travail.

    Le projet de décret restreint encore le nombre de cas

    Les salariés ayant une incapacité reconnue à un taux supérieur à 20% ne seront concernés qu’à condition qu’au moins 10 de ces 20% résultent d’une même maladie professionnelle (MP) ou d’un même accident du travail (AT). 

    Pour les salariés dont le taux d’incapacité se situe entre 10 et 20%, ne seront concernés, de la même manière, que ceux dont une même MP ou un même AT a entraîné plus de 10% de cette incapacité. 

    Ils devront en outre avoir été exposés pendant une durée d’au moins 17 ans à des facteurs de risque.

    Enfin, c’est à eux-mêmes qu’il reviendra de justifier de cette durée d’exposition devant une commission interdisciplinaire.

    Ces restrictions sont scandaleuses. 17 ans d’exposition ! C’est une provocation à l’égard du monde du travail.

    Dans le même temps, on voit comment la loi Woerth commence à remettre en cause la définition même des AT-MP et l’acquis historique que représente pour tous les salariés la présomption d’imputabilité. 

    La responsabilité des accidents du travail et des maladies professionnelles (suivant le secteur d’activité) pour lesquels est calculé un taux d’incapacité, incombe aujourd’hui automatiquement à l’employeur. Avec ce dispositif sur les facteurs de risque, on commence à inverser la charge de la preuve, aux dépens du salarié.

    La loi Woerth porte la négation totale de la prise en compte de la pénibilité pour les retraites, écarte tout de dispositif de prévention. 

    Le projet de décret est inacceptable.

    La mobilisation contre la loi Woerth a pris l’ampleur que l’on sait sans arriver pour l’instant à la mettre en échec. Tous les motifs demeurent pour chercher, en convergence avec d’autres luttes, à reprendre le mouvement avant son application au 1er juillet 2011.


    Par PCF - Section Paris 15ème


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