• Fermeture des maternités : une mère a perdu son bébé

    20 octobre 2012
    Fermeture des maternités : un mère a perdu son bébé 314106_437713576264502_167441802_n-225x300Une femme enceinte perd son bébé ,nouveau-né sur l’autoroute , car il n’existe pas de maternité proche de son domicile, elle l’a mis au monde dans sa voiture sur l’autoroute , elle faisait route vers Brive, faute de maternité dans le lot où elle réside.
     
    Sur les conseils de son gynécologue la femme enceinte avait pris la route avec son compagnon, enceinte de 7mois , le gynécologue avait détecté une grossesse avant terme;
     
    La maternité proche de son domicile  vient d être fermée dans le cadre de la fermeture des petites maternités car la médecine s’exprime en terme de calculette, en terme de profit , la santé est une marchandise  et non en terme de sentiments humains.
    La proximité fait  dorénavant défaut.Et il faut faire de longs trajets pour trouver une maternité.
     
    LES  maternités de proximitéLes fermetures ont concernés  LES Maternités   effectuant moins de 300 accouchements par an.
     
    Les départements les plus touchés sont (Alpes-de-Haute-Provence, Ariège, Creuse, Gers, Haute-Corse, Haute-Saône, Lot et Lozère)où  les femmes enceintes    mettent plus d’une demie heure à rejoindre la maternité…c’est le cas de la jeune femme qui a perdu son bébé sur l’autoroute.
     
    Et  il se pose le problème d un manque de maternité indique la Drees dans sa dernière  « Etudes et résultats.» relatée  par le journal Viva presse journal mutualiste :
     
    SI le nombre de naissances annuelles a augmenté eN France de 40 000 : 751 186 en 2001 et 789 508 (+ 5 %),  aujourd’hui EN REVANCHE 144 maternités sur 679 ont été fermées entre 2001 et 2010 Les  maternités françaises  étaient  679 en 2001 , ELLES SONT     535 AUJOURD’HUI
     
    Pour rendre l’ accouchement plus sur
    Contre la fermeture des maternités de proximité
    La santé n’est pas une marchandise.
    Mobilisation
    MartineLozano militante associative

    Un nouveau drame relance le débat sur les déserts médicaux

    Fermeture des maternités

    Le président François Hollande a demandé samedi une enquête administrative afin de "tout connaître" des circonstances de la mort d'un nouveau-né alors que la mère faisait route vers une maternité de Brive, faute de maternité dans le nord du département du Lot où elle réside. Le collectif pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité exige un moratoire sur les fermetures de maternités.

    "Le drame qui s'est produit hier où une femme a perdu l'enfant qu'elle portait nous appelle une nouvelle fois encore à ne rien accepter en matière de désert médical", a déclaré le président qui dit avoir demandé l'ouverture d'une enquête administrative à la ministre de la Santé Marisol Touraine. "Je prends l'engagement, celui que j'avais déjà énoncé avant l'élection présidentielle et que je reprends ici comme chef de l'Etat: aucun Français ne doit se trouver à plus de 30 minutes de soins d'urgence", a promis François Hollande lors d'une intervention en clôture du congrès des mutuelles de santé à Nice.

    Pour la Coordination nationale pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité, qui exige un moratoire sur les fermetures de maternités l'"accouchement dramatique" d'une mère sur une autoroute illustre "l'aspect néfaste des regroupements de maternité". "Il faut que l'ARS (l'Agence régionale de santé) fasse le point sur ce drame. Pourquoi s'est-il produit ? Ce drame se serait-il produit s'il y avait eu une maternité plus proche ?" s'est interrogé pour sa part le président de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, relançant le débat sur la désertification médicale. Selon le président de la coordination, Michel Antony "les deux tiers des maternités ont fermé depuis 20 ans, et aujourd'hui les regroupements sont néfastes de part l'éloignement et les difficultés d'accès". "Le gouvernement connaît les difficultés et pourtant avance à pas feutrés et reste extrêmement frileux sur le problème de l'arrêt des restructurations", a-t-il réagi. "On est devant une idéologie dominante, selon laquelle les concentrations sont la solution, ce qui est faux. Si on avait conservé une autre maternité dans le Lot, le drame d'hier ne se serait peut-être pas produit", estime-t-il.

    Hier, vendredi, une mère a perdu son enfant en le mettant au monde dans sa voiture sur l'autoroute A-20 alors qu'elle faisait route vers une maternité de Brive, faute de maternité dans le nord du département du Lot où elle réside. Après les fermetures des maternités de Figeac (en 2009) et de Gourdon, le Lot ne compte plus qu'une seule maternité, à Cahors, pour une population de 170.000 habitants environ. Lors de ces fermetures de nombreux médecins et agents hospitaliers du Lot avaient alerté contre les risques liés à la désertification médicale.


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  • Par Nolwenn Weiler (11 octobre 2012)

    16 ans après le premier dépôt de plainte, les dizaines de milliers de victimes de l’amiante attendent toujours un procès pénal. Le jugement de ceux qui les ont empoisonnés n’a toujours pas eu lieu. En Italie, deux dirigeants de la société Eternit ont écopé de 16 ans de prison. De ce côté-ci des Alpes, la justice traîne, faute de moyens et de soutiens politiques. Le nouveau gouvernement osera-t-il mettre fin à cette scandaleuse impunité ?

    Les responsables des 100 000 morts de l’amiante seront-ils traduits en justice ?

    Silence au ministère de la Justice. Interpellée par les associations de défense des victimes de l’amiante sur la tenue d’un procès pénal, Christiane Taubira demeure pour l’instant muette [1]. 16 ans que ce silence judiciaire perdure... 16 ans, c’est le temps qui s’est écoulé depuis le dépôt des premières plaintes contre X pour « empoisonnement et homicide involontaire » par l’Andeva, l’Association nationale des victimes de l’amiante. L’association continue de demander inlassablement la tenue d’un grand procès pénal de l’amiante, à l’image du procès du sang contaminé.

    « On parle de 3 000 à 4 000 morts par an. Ce n’est donc pas une mince affaire » , rappelle Roland Hottelard, président de l’association en Loire-Atlantique (Addeva 44). Voir le visage de leurs empoisonneurs, alors que les dangers liés à l’amiante étaient connus et documentés, voilà ce que souhaitent les victimes et leurs familles. Malgré l’attente d’un procès pénal, ils n’en sont pas à leur première bagarre – et victoire – judiciaire.

    A Saint-Nazaire, salariés victimes de l’amiante et veuves de travailleurs décédés viennent chaque jour à la maison Henri Pézérat (du nom du toxicologue qui fut l’un des premiers lanceurs d’alerte sur l’amiante dans les années 70). En cette matinée du 24 septembre, c’est la commission « Anxiété » qui se réunit. D’anciens salariés des chantiers de l’Atlantique sont occupés à vérifier le contenu des dossiers qui doivent être déposés d’ici juin. Reconnu en mai 2010 par la Cour de cassation, le préjudice d’anxiété permet aux travailleurs exposés à l’amiante d’obtenir une indemnisation par les Prud’hommes pour l’angoisse causée par le risque de développer une maladie grave due à cette fibre tueuse.« Quand on a travaillé dans l’amiante, on vit avec une épée de Damoclès au dessus de la tête, explique Roland Hottelard. On stresse à chaque bronchite. Ou à chaque fois qu’un ancien collègue décède. »

    100 000 travailleurs concernés

    Depuis la création de l’Andeva en 1996, le droit est devenu leur arme principale. L’association est forte de 22 000 adhérents dans une soixantaine d’antennes locales. Leur colère est à la mesure de l’ampleur du drame. En France, au moins 35 000 travailleurs sont déjà morts prématurément de l’amiante. 100 000 seraient concernés d’ici à 2025 selon un rapport du Sénat rendu en 2005. Et si le dossier ne fait plus la une des médias, la mobilisation reste très forte. De même que les souffrances endurées par les victimes.

    « En Loire-Atlantique, en 1998, nous étions 78 adhérents. Nous sommes aujourd’hui 5 000. Et nous avons réglé plus de 10 000 dossiers », illustre non sans fierté Roland Hottelard. Reconnaissance de maladies professionnelles – fibroses ou cancers –, préretraite amiante, création d’un fonds d’indemnisation spécial (le FIVA), reconnaissance par les tribunaux de la faute inexcusable de l’employeur : le volet civil de la lutte juridique des victimes de l’amiante est très fourni. L’investissement, sans précédent, des militants de l’Andeva dans cette bagarre administrative a permis à des dizaines de milliers de victimes d’être indemnisées.

    Faute inexcusable de l’employeur

    Ces victoires doivent aussi au soutien de plusieurs cabinets d’avocats. Jean-Paul Teissonnière, Michel Ledoux et Sylvie Topaloff ont ainsi joué un rôle très important, en épluchant le droit français pour y trouver des armes juridiques. Certains magistrats ont de leur côté rendu des décisions historiques. Ainsi Pierre Sargos, président de la chambre sociale de la Cour de cassation, qui rendra en 2002 les arrêts qui permettront la reconnaissance quasi-systématique de la faute inexcusable des employeurs dans les affaires amiante. « Les victoires des uns donnent du courage aux autres, constatent Roland Hottelard et son collègue Alain Viot. Mais aller au tribunal reste une épreuve pour de nombreuses victimes. Et c’est difficile d’attaquer en justice un patron qui fait encore travailler la famille. En plus, il faut être patient. La veuve d’un gars des chantiers de l’Atlantique a dû attendre 16 ans pour que la faute inexcusable de l’employeur de son mari, mort à 43 ans, soit reconnue ! » Pourquoi, malgré ces avancées, le procès pénal tarde tant ?

    Connus depuis un siècle, les dangers de l’amiante ont été activement dissimulés en France [2]. Composé d’industriels, de représentants de ministères, de scientifiques, d’organisations syndicales de salariés et d’employeurs, le Comité permanent amiante (CPA) a été constitué en 1982, alors que se multipliaient les informations sur les dangers de l’amiante, et les restrictions – voire interdictions – de son usage ailleurs dans le monde. Censé améliorer la gestion de l’amiante et prévenir les risques pour la santé, le CPA, hébergé dans les locaux d’une société de communication payée par les industriels (!), a exercé un lobbying très efficace pour que dure le plus possible l’usage de la fibre tueuse [3]. Les premières publications scientifiques – et anglo-saxonnes – sur la relation entre amiante et cancer datent des années 1930. Mais la fibre n’est interdite en France qu’en 1997.

    Obstruction du Parquet

    Traduire en justice les responsables du lobbying pro-amiante inquièterait bien du monde. Et pas seulement les industriels ayant eu recours à l’amiante, de l’entreprise du BTP Eternit à Saint-Gobain en passant par l’équipementier automobile Valeo, les anciens chantiers de l’Atlantique ou la SNCF. Le Comité permanent amiante avait en effet l’oreille du pouvoir. Des décisions en faveur de la poursuite de l’utilisation de la poussière tueuse ont été prises, notamment par les ministères du Travail et de la Santé, alors même que les dangers étaient connus, et soulignés par certains fonctionnaires ! « La mise en cause de l’État dans une affaire de santé publique est l’une des raisons pour lesquelles l’instruction patine », indique Odile Barral, du Syndicat de la magistrature.

    Le Parquet, chargé de poursuivre les infractions à la loi pénale au nom de l’intérêt général… fait tout pour qu’il n’y ait pas de procès. Suivant les instructions du ministre de la Justice, auquel il est inféodé. L’Andeva s’est même entendu dire à plusieurs reprises par certains de ses membres : « Mais pourquoi voulez-vous un procès pénal, puisque vous avez obtenu des indemnisations ? Pour de nombreuses personnes, ce ne sont pas des délinquants. Ils n’ont ni volé, ni violé...  », raconte François Desriaux, vice-président de l’Andeva.

    Martine Aubry mise en examen ?

    Le volet pénal a malgré tout marqué quelques points. Une petite dizaine de personnes, dont d’anciens membres du CPA ont été mises en examen par Marie-Odile Bertella-Geofroy, magistrate en charge du dossier amiante au pôle de santé publique de Paris. Un temps dessaisie d’une partie du dossier, elle se rapproche peu à peu du cercle des politiques, comme le montre l’annonce de la probable mise en examen de Martine Aubry, directrice des relations du travail de 1984 à 1987 au ministère du Travail (occupé par Michel Delebarre, maire de Dunkerque et sénateur du Nord, puis Philippe Séguin, décédé en 2010).

    « Les premiers responsables sont les industriels et les scientifiques qui ont participé au Comité permanent amiante, insiste François Desriaux. Mais toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à ce scandale doivent être entendues par la justice, qui fera ensuite son travail. » Fonctionnaires des ministères, mais aussi médecins ou inspecteurs du travail pourraient être convoqués par la Justice si l’enquête se poursuit. Pour cela, Marie-Odile Bertella-Geffroy aurait besoin de moyens supplémentaires. Elle affirme que si elle disposait de davantage de magistrats et d’enquêteurs, elle pourrait avoir bouclé l’enquête d’ici un an. « Mais le voudra-t-on ? » , interrogeait-elle le 4 juillet dernier dans les colonnes du Parisien. Pour Odile Barral, du Syndicat de la magistrature, il faudrait aussi que l’institution judiciaire sorte de la culture du chiffre : « L’amiante, c’est un seul dossier. Cela pèse moins que de poursuivre quantité de petits délinquants. »

    Un code pénal inadapté

    Dernier verrou à faire sauter pour que les responsables de catastrophes sanitaires puissent répondre de leurs actes devant la Justice : la définition pénale des délits non intentionnels. Encadré par la loi Fauchon de 2000, l’homicide involontaire est selon divers responsables d’associations et juristes, totalement inadapté pour des affaires comme l’amiante. « Ce délit ne fait pas de différences entre la ménagère qui tue quelqu’un en faisant tomber par mégarde un pot de fleurs, et un industriel responsable de la mort de milliers de personnes », explique François Desriaux. « Nous avons des industriels qui s’organisent pour cacher les dangers d’un matériau. Il y a tricherie, tromperie. Mais le but du jeu, ce n’est pas de tuer. Simplement de faire un maximum d’argent. » Pour le code pénal, ce ne sont pas des délinquants.

    La notion d’homicide involontaire ne permet pas non plus de prendre en compte le caractère collectif de la catastrophe. Avocats et magistrats sont obligés de traiter ce phénomène social sous l’angle individuel, en décalage complet avec la réalité. En Italie, où deux anciens dirigeants d’Eternit, fabriquant d’amiante, ont été condamnés à 16 ans de prison, il existe une incrimination de « désastre environnemental », qui restitue aux faits leur caractère collectif. 6 000 parties civiles étaient réunies !

    Les milliers de victimes de l’amiante se feront à nouveau entendre ce samedi 13 octobre dans les rues de Paris, où aura lieu la grande manifestation annuelle de demande de procès pénal. « 16 ans, ça suffit ! tempête Roland Hottelard. Si on ne donne pas tout de suite les moyens à la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, c’est qu’il n’y a pas de justice en France pour les petits que nous sommes. »

    Nolwenn Weiler

    Photo : © Ivan du Roy/Basta !

    http://www.bastamag.net/article2693.html

    Notes

    [1] Son ministère n’a pas non plus donné suite aux différentes sollicitations de Basta !.

    [2] Le premier inspecteur du travail à évoquer les dangers de l’or blanc l’a fait en 1906. Soit 90 ans avant son interdiction officielle !

    [3] Lire à ce sujet Derniers recours, Le monde du travail devant les tribunaux, Françoise Champeaux, Sandrine Foulon, Seuil.


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  • Par Ludovic Lamant

    Sur le coup, personne n’a rien vu. Lorsque le commissaire européen Michel Barnier a présenté, en décembre 2011, sa proposition de directive sur la « passation des marchés publics », pas un observateur n’a tiré l’alarme. À l’époque, la zone euro luttait pour sa survie, et les conseils européens à répétition monopolisaient l’attention médiatique. Ce texte, censé faciliter la mise en place du « marché unique européen », l’une des marottes de la Commission qui y voit une source infinie de croissance, est presque passé inaperçu.

    Des mois plus tard, certains conseillers et professionnels du secteur se sont résolus à lire l’intégralité des annexes, longues et fastidieuses, qui accompagnaient le document. Et, en parcourant l’annexe 16 du texte, ils sont tombés sur un os : l’exécutif dirigé par José Manuel Barroso propose d’appliquer aux « services de sécurité sociale obligatoire » certaines règles propres aux marchés publics. En clair, introduire des mécanismes de concurrence au sein d’un secteur jusqu’à présent régi par le seul principe de solidarité. Si ces dispositions étaient adoptées, ce serait un bouleversement complet. La sécurité sociale obligatoire (qui, en France, prend par exemple en charge les maladies les plus graves et les plus coûteuses) devrait faire l’objet d’un « avis de marché », chaque année, au terme duquel les pouvoirs publics choisiraient le meilleur des candidats. Aux côtés de l’opérateur historique (en France, des caisses d’assurance santé), pourraient s’inviter des opérateurs privés, par exemple des géants de l’assurance, comme Axa ou Allianz, pronostiquent certains des observateurs les plus inquiets à Bruxelles.

    Dans la capitale européenne, d’autres préfèrent croire à une simple erreur de la Commission, qui aurait rédigé trop vite certaines des annexes, tant la manœuvre semble grossière. Contactés par Mediapart, les services de Michel Barnier n’ont pas souhaité s’exprimer sur la question. Mais les professionnels du secteur, eux, restent sur la défensive. « Nous ne pouvons accepter l’inclusion des services de sécurité sociale obligatoire (sous un régime de marchés publics) », lit-on dans une note rédigée dès fin février par les services d’experts de la Belgique. Ce document, auquel Mediapart a eu accès, propose donc de « supprimer toute référence à la sécurité sociale obligatoire dans l’annexe 16 de la proposition de directive ». Au Parlement européen, le débat, jusqu’à présent ultra-confidentiel, est en train de prendre, à l’approche d’un vote clé. « Le but du texte original de la Commission est d’“harmoniser le marché interne”, objectif louable, je le concède », avance l’eurodéputé belge Marc Tarabella, le rapporteur socialiste du texte au Parlement. « Là où je ne suis plus d’accord, c’est quand, dans ce même texte, en l’occurrence l’annexe 16, la Commission européenne se met à vouloir légiférer, comme si de rien n’était, sur les services publics. » Et d’insister : « La sécurité sociale doit rester une prérogative de l’État. »

    Pour Pervenche Berès, eurodéputée française et référence sur les questions sociales au Parlement, la situation est effectivement problématique. « Cela paraît tellement gros, d’autoriser les marchés publics à intervenir dans le secteur des services de sécurité sociale obligatoires. Mais à partir du moment où certains l’ont vu, et que le texte est encore en négociation, il faut s’en occuper, cela ne peut pas passer », juge-t-elle, avant de préciser : « En tant que présidente de la Commission emploi et affaires sociales, si j’avais été alertée à temps sur ce point, j’aurais tout fait pour supprimer cette référence dans l’annexe 16. » La commission en question s’est prononcée fin septembre sur le texte, mais le point le plus épineux n’avait, à l’époque, pas encore été signalé.

    Vers un compromis ?

    Marc Tarabella a lui déposé un amendement pour la suppression de cette référence à la sécurité sociale. Le vote devrait avoir lieu dans les semaines à venir, en commission « marché intérieur », pour préparer le terrain à un vote en plénière à Strasbourg. Mais il incomberait ensuite aux négociations tripartites (Commission, Parlement, Conseil) d’aboutir. D’après plusieurs sources proches du dossier, il est peu probable que le texte, vu l’ampleur des enjeux et la quantité d’amendements déposés, soit adopté à Strasbourg avant le début d’année prochaine...

    (Suite de l’article sur mediapart.fr)

    http://altermonde-sans-frontiere.com


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  • Derrière les Jeux paralympiques la réalité...et il n’est pas sûr qu’elle ne soit qu’anglaise tant rien n’arrête la rapacité des tenants du système.

    David Cameron parade aux Jeux paralympiques de Londres, le visage fendu d’un large sourire arrogant. Mais il mérite d’être conspué pour sa présence à une manifestation qui sert de vitrine aux prouesses des sportifs invalides. Car il dirige un gouvernement qui s’en prend systématiquement aux droits des malades et des handicapés. Ceux-ci se voient retirer l’aide financière de l’Etat. On les empêche de mener une vie indépendante. On les oblige à se soumettre à des tests humiliants. On les traite de "parasites" et de fardeau pour les finances publiques. Ils sont victimes d’agressions. La prétendue réforme de la protection sociale provoque des sentiments "suicidaires" chez les handicapés, a récemment averti Keith Robertson, du Scottish Disability Equality Forum.

    On dirait une grossière tentative d’humour noir : les Jeux paralympiques sont cette année sponsorisés par Atos, une société dont la mission est de priver les handicapés d’aides sociales. Atos étudie les dossiers des personnes déclarant un handicap ou une maladie en effectuant une évaluation de leurs capacités au travail fondée sur un système de points. Ainsi, ceux qui obtiennent moins de 15 points sont jugés "aptes au travail" et perdent leur allocation pour l’emploi et le soutien pour leurs recherches (Employment and Support Allowance, ESA). Le processus est non seulement souvent dégradant - l’organisation caritative Mind dénonce ces évaluations qui "ne répondent pas à l’objectif" et leur "effet négatif sur les personnes atteintes de troubles mentaux" - mais de plus, de nombreuses personnes gravement malades sont jugées aptes au travail. Pour reprendre les termes de la médaillée d’or des Paralympiques Tara Flood, "le scandaleux paradoxe est que le principal sponsor de Londres 2012 soit Atos, celui-là même qui détruit la vie des plus vulnérables pour le compte de l’Etat".

    Les militants de Disabled People Against the Cuts (DPAC) [Les personnes handicapées contre les coupes budgétaires] et UK Uncut [une organisation qui se bat contre les coupes budgétaires] ont fait entendre leurs voix durant la cérémonie d’ouverture. Ils ont rassemblé 85 pages de témoignages sur le traitement réservé aux malades et handicapés. "Ces récits sont révoltants, absolument bouleversants, s’insurge Linda Burnip, de la DPAC. Il y a des gens qui sont vraiment, vraiment gravement atteints, auxquels il est impossible de demander de travailler, et pourtant, on décrète qu’ils en sont capables". Des invalides sont poussés au "suicide et à la mort", dénonce-t-elle. Les documents ont été placés dans un cercueil et livrés au siège d’Atos.

    Mais tout de même, diriez-vous, un cercueil ! Ces organisations n’en font-elles pas trop ? Selon Freedom of Information, 32 personnes meurent chaque semaine après que le couperet de l’évaluation est tombé sur elles. Au cours des huit premiers mois de 2011, 1100 demandeurs d’aide sont décédés après avoir été rangés dans la catégorie "activité professionnelle", c’est-à-dire jugés capable d’exercer une activité professionnelle, ce qui réduit le montant des prestations et limite leur durée à un an.

    Politiques et journalistes chantent les louanges des sportifs à mesure qu’ils glanent leurs médailles d’or aux Jeux paralympiques, mais certains de ces héros se verront également privés de leurs allocations, et ce à cause du sponsor des Jeux lui-même.

    Le gouvernement, lui, est décidé à mettre fin aux versements de la Disability Living Allowance à un demi-million de bénéficiaires. Le taux de fraude relative à cette allocation d’invalidité non soumise à condition de ressources est de 0,5 %. "On croit qu’il s’agit d’une prestation pour inactivité, mais ce n’est pas le cas", précise Sue Marsh. "Au contraire, elle aide les handicapés à réaliser leurs ambitions". Nombre de participants aux Jeux paralympiques y ont droit, ce qui leur a permis de se rendre aux entraînements, d’accéder à des moyens de transport supplémentaires, entre autres. Bref, on est en train d’ôter aux invalides les moyens de mener une vie digne et autonome.

    Par ailleurs, l’aide à 21 000 personnes lourdement handicapées sera supprimée à l’horizon 2015. "Elle leur permet de faire des études supérieures, d’être plus mobiles en compagnie d’amis et de la famille, de faire des choses que d’autres prennent pour acquises", souligne Mme Burnip. Son propre fils en bénéficie et peut ainsi travailler. "Je ne sais pas ce que l’avenir lui réserve, si tant est qu’il en ait un". Aux quatre coins du pays, des invalides risquent de se retrouver dans un foyer et de ne plus mener une existence indépendante.

    Ces décisions ont été prises sans aucune considération pour les besoins humains. Pour preuve, les objectifs arbitraires de réduire d’un cinquième les dépenses sociales, comparés aux estimations officielles sur les fraudes à l’allocation d’invalidité, qui s’établissent à moins de 1 %. Au Royaume-Uni de David Cameron, l’assistance aux invalides est un luxe que le pays ne peut plus se permettre.

    La sympathie de la population est grande pour les plus vulnérables, et il n’est possible de les attaquer qu’en menant une campagne de dénigrement. Le pourcentage de fraudes est sans doute très faible, ce qui n’empêche pas les médias de dénoncer inlassablement et sans discernement les "parasites" de la société. Le tabloïd The Sun mène ainsi ce qu’il appelle une "croisade en vue de mettre un terme aux scandaleuses fraudes aux prestations sociales qui sapent ce pays". Il s’efforce avec cynisme de détourner de cette façon la colère dirigée contre les vrais responsables de la crise économique.

    Mais des êtres humains en chair et en os en subissent les conséquences. En juillet, 46 % des personnes interrogées à l’occasion d’une enquête menée par l’organisation caritative Scope ont rapporté une dégradation depuis un an des comportements à l’égard des handicapés. "Ces chiffres sont éloquents, alors que le gouvernement continue de placer la traque des fraudeurs au centre de son discours sur la protection sociale", commente Richard Hawks, le directeur de Scope. La campagne médiatique porte un coup au moral des handicapés et de leurs familles, qui se "sentent très démoralisés et déprimés", déplore Emily Holzhausen, de l’ONG Carers UK.

    Alors, oui, célébrons les Jeux paralympiques. Mais ne laissez pas ce gouvernement en tirer profit. En effet, à cause de sa politique, malades et handicapés sont effrayés, appauvris, privés de dignité, d’autonomie et d’espoir. Cameron espère que les victimes de son action souffriront en silence. Mais il faut qu’ils refusent de le faire, et il sera alors possible de s’opposer à ces mesures désastreuses, et de gagner le combat pour la dignité, la sécurité et l’autonomie.

    Par Owen Jones source The Independent le 04/09/2012

    Transmis par Linsay

    http://www.rougemidi.fr/


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  • Ce matin, journauxet radios relatent les assassinats à répétition à Marseille, une tuerie dans les Alpes, le sort d’une Anglaise disparue dans l’Hérault. Et puis la mort de deux ouvriers sur le site d’Arcelor-Mittal à Gandrange. Les deux victimes, un intérimaire de 26 ans et un Alsacien de 49 ans, ont été ensevelis dans l'effondrement du toit d'un bâtiment désaffecté du site qu'ils étaient en train de démonter.

    Tous deux employés par Ferrari Démolition, une entreprise alsacienne spécialisée, ils découpaient une poutrelle depuis une nacelle à bras articulé à une vingtaine de mètres du sol, lorsque les 800m² du toit d'un atelier de l'ancien laminoir se sont effondrés sur eux.

    A n’en pas douter, l’accident rencontre un certain écho parce qu’ils travaillaient à Gandrange, là-même où fut menée ces dernières années une lutte syndicale très médiatisée contre le numéro 1 de la sidérurgie. Le lieu fait l’événement.

    Cependant, ce même mercredi, a été mis en ligne le rapport de gestion de la Caisse nationale d’Assurance maladie-risques professionnels. On y apprend que 552 personnes, de tous âges, sont mortes d’un accident du travail en 2011 (sans compter les maladies d’origine professionnelle): 514 hommes, 38 femmes.

     

     

    Le nombre d’accidents du travail mortels était de 2383 en 1971; de 1359 en 1982. Leur fréquence a baissé grâce à une meilleure réglementation (française et européenne) et à la tertiarisation des métiers. Mais depuis quelques années, le chiffre est relativement stable. Est-ce pour cela qu’on n’y prête plus attention?

    Pourtant, explique Pascal Jacquetin, statisticien à la CNAMTS (Caisse nationale d'Assurance maladie des travailleurs salariés), «lanalyse des causes montre que tout accident du travail est évitable. Si les entreprises avaient respecté les principes de prévention édictées par le Code du travail, ils auraient pu être tous évités, et même une partie des accidents de la route (112 morts en 2011). Les malaises mis à part, toutes ces morts sont scandaleuses. Il n’y a aucune fatalité dans ces accidents, même pour les chutes de hauteur dans le BTP».

    La relative stabilité des statistiques pourrait d’ailleurs choquer. Pourquoi ne parvient-on pas à faire baisser ce chiffre? En 2011, sans que Pascal Jacquetin juge cela statistiquement significatif (552 contre 529), le nombre de morts a même légèrement augmenté.  La faute aux accidents du travail sur la route. Mais également aux décès liés à une masse en mouvement - par exemple, la chute d’une charge tombée d’un camion (14 en 2010 et 29 en 2011) ou à une chute de hauteur (79 en 2011 contre 58 en 2010). 144 personnes travaillant dans le BTP sont mortes en exerçant leur travail en 2011, dont 47 en tombant.

     

     Pour Pascal Jacquetin, il est toutefois nécessaire de voir plus loin que ces morts, aussi scandaleuses soient-elles. Pour le statisticien, «il faut distinguer fréquence et gravité. Une charge qui se décroche peut tomber à 20 cm de moi, et je n’aurai rien; me tomber sur le pied, et je m’en tire avec une fracture; me tomber sur la tête, et me tuer. Pour progresser en prévention, il faut éviter que les charges ne se décrochent, et donc pas seulement compter les fois où elles sont tombées sur les têtes. C’est pourquoi les entreprises les plus en avance en matière de prévention recensent les situations de presqu’accident.» 

    http://blogs.mediapart.fr/blog/michael-hajdenberg/060912/la-mort-sans-bruit-de-552-accidentes-du-travail


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  • En principe une décoration est destinée à honorer celui ou celle qui la reçoit. Accessoirement sa remise peut être l’occasion d’un moment de gloire pour la personne décorée. Il arrive que ce soit le fait de refuser une distinction qui apporte honneur et une reconnaissance méritée. Il y a deux ans ce fut le cas pour Jacques Bouveresse qui après d’autres refusait une distinction pour des raisons qui l’honorent..

    Cette année c’est la chercheuse Annie Thébaut-Mony (que nous connaissons bien à Rouge Midi et qui avait écrit il y a quatre ans, un article édifiant), qui fait sensation en refusant la légion d’honneur.

    Si à travers ce refus motivé dans la lettre qu’elle a adressée à la ministre Cécile Duflot, elle a voulu attirer l’attention sur les questions de la santé au travail, c’est réussi. Témoin, entre autres, cette interview accordée à l’usine nouvelle.

    L’Usine nouvelle - Dans votre lettre à Cécile Duflot, vous dénoncez "l’impunité" qui "protège les responsables de crimes industriels". Le terme est fort, de quels crimes parlez-vous ?

    Annie Thébaut-Mony - C’est en référence à l’amiante que j’utilise ce terme, un dossier qui n’est pas fini. Ce qui a été jugé au procès de Turin contre les responsables d’Eternit, c’est la stratégie mise en œuvre par ces industriels pour différer toute décision. Il faut en finir avec les vraies-fausses controverses dont le seul objectif est de gagner du temps.

    Dans une usine Adisseo, dans l’industrie chimique, à Commentry, dans l’Allier, des cas de cancers du rein sont apparus au début des années quatre-vingt-dix chez plusieurs salariés. Des études toxicologiques ont été lancées sur une molécule, le chloracétal C5, dont les conclusions très alarmistes n’ont été suivies d’aucune décision de la part de l’employeur. Il a fallu attendre le milieu des années 2000 pour que les maladies professionnelles, tout comme la faute inexcusable, soient reconnues par les tribunaux. Les associations ont recensé 40 cas de cancers parmi les salariés. Alors qu’elle sait ce qu’il se passe, l’entreprise ne s’est toujours pas engagée dans une substitution de la molécule incriminée. C’est forcément une mise en danger d’autrui délibérée ! Heureusement, cette molécule a une odeur, et quand elle se répand dans l’atelier, les responsables du CHSCT font sortir tout le monde.

    Depuis quelques décennies, la réglementation s’est pourtant durcie, afin de protéger la santé des salariés. Est-elle insuffisante selon vous ? Non respectée ?

    Du côté de la réglementation, des efforts ont été faits. Le décret CMR de 2001 sur la prévention des risques cancérogènes me va tout à fait ! Il donne la philosophie de l’utilisation des cancérogènes – aucun contact direct, et si ce n’est pas possible, des protections individuelles -, et a été suivi de circulaires précises.

    Mais il est facile de contourner ces règles quand on a recours à une cascade de sous-traitants ! Car les industriels ont trouvé la parade : ils se débarrassent des risques en les confiant à d’autres. La sous-traitance sert à ça ! Depuis trente ans, je conclus tous mes rapports de recherche sur la nécessité d’engager la responsabilité pénale et civile des donneurs d’ordre dans toutes les activités de sous-traitance. Ça existe en Australie, où le responsable est celui qui est à l’origine de la commande, que ce soit dans le cadre du marché (contrat de sous-traitance) ou du salariat (employeur). C’est surtout sur ce point que la réglementation doit être renforcée.

    La prévention passe aussi par la sanction, et tant que celle-ci ne sera pas à la mesure des conséquences, rien n’avancera. Un cancer, une mort, cela doit valoir des sanctions importantes, surtout quand l’employeur sait.

    Quelles seraient selon vous les autres mesures à prendre pour améliorer la santé au travail ?

    Le droit du travail prévoit un droit au suivi post-professionnel de la santé des travailleurs, mais les dispositifs de suivi n’existent pas. Avec mes équipes, nous expérimentons depuis dix ans en Seine-Saint-Denis des registres départementaux des cancers. Il n’y a aucune difficulté à étendre cette méthodologie à toute la France, il suffit d’une volonté politique.

    Il faut aussi que l’Etat soutienne la recherche fondamentale sur ces sujets. La toxicologie industrielle n’est plus étudiée dans les laboratoires français.

    Quels sont selon vous les risques émergents au travail ?

    L’exposition des travailleurs à plusieurs cancérogènes est très peu documentée, il n’y a pas du tout de recherche fondamentale sur ce sujet préoccupant. Et sur les nanotechnologies ou la téléphonie mobile, on reproduit les mêmes erreurs que pour l’amiante. C’est le même type de processus. L’épidémiologie est une science probabiliste, on ne peut pas attendre d’être absolument sûr pour agir.

    N’a-t-on rien appris du dossier de l’amiante ?

    Rien n’a changé depuis l’amiante, on reproduit les mêmes erreurs. Au moment des discussions sur Reach, l’industrie chimique a freiné des quatre fers, et obtenu que toute une série de produits soient exclus de la directive. Un chercheur américain spécialiste de la santé au travail a montré que les industriels adoptent tous la même stratégie, celle du doute, pour empêcher la prise en compte du risque. On met sur le marché, on freine les études, et quand l’inéluctable arrive, les morts, les procès et les condamnations, le produit est interdit. Ce n’est pas du tout cohérent avec le modèle des maladies à effet différé, ni avec le principe de précaution.

    Les mêmes logiques se reproduisent d’année en année, notre travail de recherche n’a pas porté ses fruits, et comme pour les accidents de la route, tant que la sanction ne sera pas aggravée, on n’avancera pas.

    Par Cécile Maillard - Publié le 07 août 2012

     

    Annie Thébaud-Mony

    Sociologue, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), auteure de Travailler peut nuire gravement à votre santé, La Découverte, Paris, 2007.

    http://www.rougemidi.fr


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  • Avant de quitter Matignon François Fillon a commandé à l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) un rapport sur la maîtrise des dépenses de l’assurance maladie. Il vient d’être remis aux ministres Jérôme Cahuzac (Budget) et Marisol Touraine (Affaires sociales) qui ont «  accueilli avec intérêt les recommandations ». Le gouvernement donnera suite car «  il a été formulé en toute indépendance » selon le journal ‘’les Echos’’ du 20 juillet 2012.

     

    Que préconise ce rapport ?

    Une nouvelle vague d’économie de 10 à 15 milliards par an. Comment ? Très simple, en poursuivant les vieilles recettes. Diminution, voire fermeture des services des urgences, centralisation de la chirurgie, suppressions de lits et diminution des personnels, moins de prescriptions des médecins de ville (médicaments, arrêts de travail, analyses) ainsi que pour les affections de longue durée, et même fermeture de 10% des pharmacies.

     

    Les ministres précisent sans rire que cela se fera en «  améliorant la qualité des soins et en préservant le niveau de protection des assurés sociaux ».  C’était le discours du gouvernement précédent, on voit la situation aujourd’hui.

     

    Les retraites à nouveau sur la sellette

    Le C.O.R. (Conseil d’Orientation des Retraites) vient de rendre lui aussi un rapport sur l’avenir des retraites. Rien ne va plus malgré la « réforme Sarkozy ». Il manquerait 10 milliards par an à compter de 2020. D’où la nécessité de repousser encore l’âge de la retraite (67 ans) et  d’abaisser les pensions, Cette nouvelle régression devrait intervenir en 2013. Les réformes de 2010 avec la crise seraient obsolètes. Elles tablaient sur un taux de chômage de 7% (plus de 10% actuellement) et une croissance de la productivité de 1,5%.

     

    Ayrault souhaite organiser cette nouvelle réforme en deux temps avant la concertation du printemps 2013. D'abord avec le rapport du COR sur « l'état des lieux de notre système et ses perspectives financières ». Ensuite par la mise en place d'une commission ad-hoc qui formulera début 2013 différentes pistes de «  réformes ».

     

    Devant l'attaque d'envergure qui se met en place, les confédérations syndicales "réagissent". Ainsi la CFDT réclame une mise à plat totale du système et menace « si la réforme consiste seulement à modifier quelques paramètres du système, nous ne la soutiendrons pas ». Des exigences qui avec Chérèque ne peuvent conduire qu'à une régression de nos retraites (voir 2003 et 2010).

     

    Quant aux autres confédérations elles sont déjà dans le débat technique qui a l'avantage de noyer le poisson et de ne pas aborder l'essentiel : l'amélioration de nos systèmes de retraites, en s'en donnant les moyens politiques et financiers. Bref, il faut s'attaquer aux profits du capital mais cette perspective, Hollande, Ayrault et leurs comparses n'y songent même pas. Ils ne sont pas là pour ça.

     

    Source : « site communistes »


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  • La France n'est pas aux travailleurs, elle est a 98 familles qui la pillent

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    Le dernier conseil d'administration du CNOUS du mois de juillet a entériné l'augmentation du montant des bourses de 2,1% pour la prochaine rentrée. Mais dans le même temps, le CNOUS demande à plus de 5 000 étudiants de rembourser leurs bourses pour divers motifs : un prétendu manque d'assiduité, les critères d'attribution qui n'étaient pas les bons. Ce sont indistinctement les étudiants qui ont effectivement décroché, et les étudiants salariés qui n'ont pas pu assister aux contrôles continus. C'est donc plus de 5 000 étudiants qui se retrouvent dans une telle galère, et encore une fois les étudiants les plus précaires : « Je vais carrément devoir arrêter mes études pour travailler et rembourser le CROUS ! », nous témoignait une étudiante.

    Empressé de nier la gravité de la situation, le CNOUS se félicite que ce nombre d'étudiants mis en demeure ne soit égal à celui de l'année universitaire précédente. Il y a vraiment de quoi se réjouir ! « Les procédures n'ont pas changé », rappelle-ton également. Dans ce cas, que dire de ces dizaines de milliers d'étudiants qui n'ont pas touché un sou durant le premier semestre, à cause de l'assèchement financier provoqué par Wauquiez, qui a lancé le dixième mois de bourse sans aucun moyen financier supplémentaire ? Que dire de la catastrophe sociale et sanitaire dans laquelle ont été plongés les plus précaires d'entre nous, contraints pour certains d'arrêter leurs études et poussés au suicide ? C'est une véritable double peine qui s'abat sur les étudiants boursiers.

    Les étudiants communistes n'entendent pas rester les bras croisés. Il n'est pas question pour nous de se contenter de dire « que ce n'est pas pire qu'en 2010-2011 », année universitaire qui a vu chuter le nombre d'étudiants issus des classes populaires de 6% encore ! Quelle université de l'émancipation peut se vanter d'accueillir à peine plus de 23% de fils d'ouvriers et d'employés non qualifiés ? Quelle université de l'émancipation peut se vanter que 40% des étudiants précaires déclarent avoir déjà sérieusement pensé au suicide ?

    En quelques semaines, du second tour des législatives jusqu'aux chaînes d'inscriptions, ce sont déjà des milliers d'étudiants qui ont signé notre appel à la mobilisation, pour un véritable statut social du jeune travailleur en formation. Ce sont déjà des centaines d'étudiants qui nous ont rejoint, et dont les exigences de progrès social n'ont pas disparu avec Sarkozy. À ceux qui seraient tentés de faire la sourde oreille, nous saurons nous faire entendre !

    Marion Guenot
    Secrétaire nationale de l'UEC


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  • Une étude de l'INSEE montre que la santé prend une part croissante dans le budget des ménages, au premier rang duquel les achats de médicaments. Hors dépenses hospitalières, elle représente 10% des dépenses brutes de consommation des foyersen 2010 contre 8,9% en 2000. 

    Facturation des services en santé

     

       Cette hausse s’explique par le poids des médicaments qui en 2010 représentent 35,6% des dépenses de santé. Or, en dix ans, leur coût a diminué en moyenne de 1,8% par an tandis que les prix à la consommation ont augmenté de 1,7%.

      Cette baisse s’explique par le développement des génériques qui a incité certains fabricants à baisser leurs tarifs pour rester compétitifs. Le prix des princeps a ainsi diminué de 7,5% entre décembre 2008 et 2009 pour les médicaments dont le groupe générique a été créé en juin 2008.Toutefois, l'INSEE révèle que les laboratoires pharmaceutiques se font du fric sur le dos des malades, vu que les génériques sont bien plus chers que chez nos voisins. Trois fois plus qu'aux Pays-Bas par exemple. 

       Dans ce contexte, pourquoi le budget santé des ménages a-t-il augmenté alors que près de 90% des dépenses en médicaments viennent de produits remboursables?

      En fait, pendant que le prix brut des médicaments remboursables diminuait, les franchises, les baisses de taux de remboursement, voire des politiques de déremboursement étaient mises en place. Après le passage de 65% à 35% du taux de remboursement de 450 médicaments en 2003, une centaine de plus sont passés de 35% à 15% en 2010.

    «Toutes ces mesures ont conduit à alourdir la part des dépenses restant à charge des ménages. Entre 2000 et 2010, les prix nets des médicaments ont ainsi crû de 0,6% par an», constate l’Insee.

       Les ménages doivent également faire face à la hausse des prix des médicaments non remboursables qui ont augmenté de 3,2% en moyenne par an entre 2000 et 2010. Si ces derniers représentent environ 9% du total des dépenses brutes en médicaments, le pourcentage grimpe à 20% des dépenses nettes. «Contrairement aux médicaments remboursables, les médicaments non remboursables ont des prix librement fixés par les entreprises pharmaceutiques», rappelle l’étude.

     

      Et que va faire le gouvernement? Peut-être créer une commission. Lionel Jospin, ex-premier ministre, est occupé dans celle de la moralisation de la vie politique. il reste Edith Cresson, ex-premier ministre socialiste elle aussi. Ou alors Ségolène royal. Des fois qu'elle aurait également des fins de mois difficiles...

    http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com


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  • Le sociologue Robert Castel défend cette « propriété sociale » que constitue le droit à la retraite, et qui évite – pour combien de temps ? - aux salariés vieillissants de devenir pauvres. L’ancien disciple de Pierre Bourdieu et Michel Foucault rappelle que « la percée la plus décisive en matière de droits sociaux », dont la retraite, a été réalisée dans une France qui allait bien plus mal qu’aujourd’hui : un pays dévasté par la Seconde guerre mondiale, avec une productivité qui s’était effondrée, mais où la volonté politique de redistribuer les richesses produites était bien présente. Entretien.

    © Creajama / Basta !

    Pourquoi avez-vous signé l’appel lancé par la Fondation Copernic et l’association Attac en faveur de la retraite par répartition ? Un appel qui tire un bilan désastreux des précédentes réformes et qui alerte sur le risque de paupérisation des retraités.

    Il faut prendre une position assez ferme sur la question des retraites. C’est pourquoi j’ai signé cet appel. L’enjeu est tel qu’il est important de rassembler la gauche pour faire prévaloir ses orientations. Voilà ma position. Je me distingue néanmoins de cet appel sur un point : je ne pense pas que l’âge de départ à la retraite soit nécessairement le principal objectif à défendre. Mais dans le contexte actuel, très défavorable aux salariés, il faut faire très attention lorsque l’on manipule cette idée de modulation : je ne prône pas un allongement de la durée de cotisation, surtout pas ! Il ne m’apparaît pas nécessaire, dans l’idéal, de traiter de la même façon qu’un ouvrier quelqu’un qui n’a pas eu un métier aussi épuisant, ce qui impliquerait des négociations sérieuses en fonction des types de métiers.

    Une réforme du système de retraite en vue de lui assurer les financements nécessaires doit impérativement respecter deux éléments. D’une part, la possibilité de partir à la retraite au-delà des 60 ans statutaires n’a de sens que pour quelques professions privilégiées. D’autre part, le droit à la retraite exige la définition d’une pension minimale suffisamment élevée afin de permettre l’autonomie économique des individus.

    La réforme qui se dessine va diminuer les revenus des retraités alors que ceux-ci ont déjà des difficultés à constituer des droits à la retraites suffisants en raison de la déstructuration du monde du travail. Le droit à la retraite est-il menacé ?

    Il m’apparaît nécessaire de défendre un véritable droit à la retraite par répartition qui donne un socle suffisant de ressources pour continuer d’avoir une vie correcte après la vie de travail, c’est-à-dire qui permet à chaque salarié de continuer à bénéficier d’un minimum d’autonomie économique. Pierre Laroque, « l’inventeur » de la Sécurité sociale à l’issue de la Second guerre mondiale, affirmait d’ailleurs qu’elle était instituée en tant que « garantie donnée à chaque homme qu’en toutes circonstances il pourra assurer dans des conditions satisfaisantes sa subsistance ». Il ne devrait donc pas exister de retraités pauvres. Or, le risque actuel est bien que la retraite devienne progressivement un minima de subsistance.

    Du point de vue du droit, la pension de retraite fonctionne comme un salaire indirect, grâce auquel une partie du produit de son travail revient, avant la fin de sa vie, au travailleur lui-même. Ceux qui ont participé à la production de richesses peuvent ainsi continuer de bénéficier d’une partie de la richesse produite, une fois qu’ils ont arrêté de travailler à cause de leur âge avancé. Une partie du travail des salariés leur revient ainsi sous forme de protection, même si leurs patrons en ont accaparé la plus grande part dans ce système capitaliste. Ce droit permet ainsi de les affranchir de la dépendance qui était la condition du vieux travailleur avant l’instauration de la retraite. Cette dépendance le laissait soit à la charge de ses enfants, soit au bon vouloir de la charité ou aux prises avec les hospices pour indigents. Une situation épouvantable !

    Certains universitaires estiment que les retraités sont des privilégiés dans cette période de chômage de masse et de revenus plus faibles. Ils vivraient un véritable « âge d’or » contrairement aux jeunes largement victimes de l’accroissement des inégalités. Partagez-vous cette position ?

    Avec le mouvement d’implantation du droit à la retraite, à partir du lendemain de la Seconde guerre mondiale, le phénomène du « vieux pauvre », si caractéristique de l’histoire ouvrière, s’est atténué. La plupart des salariés des « Trente glorieuses » ont été « couverts » par la retraite, et l’on assiste désormais plutôt à un développement massif de la pauvreté parmi les jeunes. En suivant le raisonnement selon lequel les jeunes retraités, qui ont entre 60 et 70 ans, représenteraient une classe d’âge privilégiée, il y a la tentation de les désigner comme étant trop riches. C’est un raisonnement pervers ! Cette recrudescence de la pauvreté chez les jeunes s’explique surtout par la faible qualité des emplois qui leur sont proposés et leur fort taux de chômage. Ce phénomène ne doit pas être le prétexte pour dépouiller les « vieux » salariés ! Surtout qu’il existe encore des retraités pauvres. Un phénomène qui s’explique notamment par l’arrivée à la retraite de salariés qui n’ont connu que le régime de chômage de masse et de faibles salaires en raison notamment du travail intermittent ou à temps partiel.

    Comme en 1993 et 2003, la réforme de 2010 est menée au nom du sauvetage de notre système de retraite. Vous n’avez pas l’air inquiet malgré les prévisions très pessimistes sur son financement, pourquoi ?

    L’idéal serait une société de plein emploi. Dans ce cas, le financement des systèmes sociaux ne figurerait même pas à l’agenda politique. Or, nous sommes de toute évidence dans une phase du capitalisme qui développe, au contraire, le chômage et la précarité. Il faut avoir à l’esprit l’élément suivant : si la croissance facilite les choses, elle ne remplace pas la volonté politique. Ainsi, dans les discours publics sur la retraite, on oublie souvent de rappeler que la percée la plus décisive en matière de droits sociaux a été réalisée avec la Sécurité sociale en 1945 et 1946 ; c’est-à-dire dans une France dévastée, dont la productivité était tombée en deçà du seuil atteint en 1929. Le financement du système de protection sociale dans son ensemble, et des retraites en particulier, nécessite une meilleure répartition de la valeur ajoutée entre le capital et le travail. Dans une perspective de gauche, c’est un principe évident.

    Pour que le droit à la retraite soit assuré, il faut garantir une certaine égalisation des conditions en procédant à une certaine répartition des richesses, à défaut de mettre en place des politiques générant davantage d’égalité. Par exemple, il faudrait que le salarié payé tout au long de sa vie au Smic — c’est un cas de figure qui existe — ait au moins de quoi vivre une fois à la retraite, sans basculer dans l’assistance. Comme l’a dit, en 1895, Jean Jaurès en défendant la loi sur les retraites ouvrières et paysannes : il faut « qu’il n’y ait plus là comme une organisation de charité, mais comme la reconnaissance du droit ». La retraite est en effet le droit social par excellence que ce soit pour la classe ouvrière et, plus largement pour l’ensemble des travailleurs, car ce mécanisme permet d’accéder à une sorte de propriété sociale, commune à chaque salarié.

    Derrière l’actuelle réforme gouvernementale, se dessine déjà un mouvement en faveur d’un « big bang » à la suédoise. Se référant au modèle suédois, à la CFDT, au PS, au Modem et même à l’UMP, des voix s’élèvent pour unifier les régimes de retraites, individualiser les droits, au risque de renforcer les fonds de pensions. Est-ce une voie à suivre ?

    Le modèle suédois en matière de retraite ? Il faut se méfier des modes. De même dans le domaine du travail, on nous vante la « flexécurité » à la danoise. Bien sûr, nous avons toujours à apprendre de la comparaison internationale. Toutefois, les promoteurs des concepts comme le « modèle suédois des retraites » ou celui de « flexécurité à la danoise » en font une importation extrêmement sélective et partielle. Ainsi, ces modèles fonctionnent dans leur pays d’origine comme un tout. Or, personne en France ne propose de les transposer dans leur ensemble, c’est-à-dire avec leurs conditions d’application. Ainsi, dans ces pays, on compte 80% des salariés affiliés à un syndicat. On y trouve aussi un modèle social-démocrate qui impose des prélèvements sociaux bien plus importants qu’en France et une solide tradition de concertations entre patronat et syndicats.

    Dans le cas des assurances privées, on voit réapparaître immédiatement la distinction entre pauvres et riches. Ces derniers sont les seuls à pouvoir épargner suffisamment pour compenser l’affaiblissement des retraites du régime général de la Sécurité sociale. Si on soumet le droit à la retraite aux fluctuations du marché, inutile de dire que cette option comporte beaucoup de risques. Il suffit d’écouter ce qui se passe à la Bourse ces jours-ci... Revenons plus particulièrement au système de retraite suédois, sans entrer dans les détails, je reste méfiant en raison du rapport de force dominant en France, qui est très défavorable aux salariés. Dans ces conditions, il y a tout à craindre que l’importation d’un soi-disant « modèle suédois » en matière de retraite ne serve en définitive qu’à déconstruire notre propre système de retraite en revenant sur le principe de la répartition.

    Recueillis par Olivier Vilain

    http://www.bastamag.net/article1044.html


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