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Gauche, PCF,autun

Sécurisation de l'emploi

 Social-Eco - le 5 Mars 2013

200 000 manifestants crient la "régression sociale, ça suffit" (vidéos)
Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, salariés actifs, retraités et privés d’emploi, ont battu le pavé mardi à Paris et bien d’autres encore dans plus de 170 villes, à l'appel de la CGT, FO, FSU et Solidaires, épaulés par le Front de gauche. Ils appellent les députés et sénateurs à ne pas adopter en l'état le projet de loi sur l'emploi, "l'accord de la honte". "Un véritable succès" estime la CGT.

"Tous les paragraphes de l'accord consistent à fragiliser les salariés, à remettre en cause le contrat de travail", a affirmé Bernard Thibault, secrétaire national de la CGT, devant plusieurs milliers de personnes rassemblées au départ du cortège parisien place du Châtelet en direction de l'Assemblée nationale. "On veut influencer la réflexion des parlementaires. C'est un premier rendez-vous. On ne va pas laisser ce texte en l'état". "Nous allons continuer notre pression sur les parlementaires", a renchéri Jean-Claude Mailly, de FO, aux côtés de son homologue de la CGT. 

"Régression sociale, ça suffit", "Ayraullande trahissent le peuple", lisait-on sur des pancartes tandis que des manifestants reprenaient un des principaux slogans: "Avec FO et la CGT, sénateurs et députés, dites non à l'accord Medef-CFDT".

http://www.youtube.com/watch?v=K0DpJN2tnP0

"Notre mobilisation pèsera sur les parlementaires"

Une forte délégation de salariés PSA ouvrait le vaste cortège parisien de la CGT. A Marseille, des salariés d'Arcelor Mittal, des Moulins Maurel, d'Air France et des Fralib ont bravé le mauvais temps avec plus de 20000 manifestants. Ils étaient 7000 à Lyon ce matin, dont de nombreux ouvriers de Renault, 5000 à Toulouse pour dénoncer "l'accord scélérat du 11 janvier", où le cortège a été rejoint non seulement par des militants du Front de gauche, mais aussi du NPA et de LO. estime Serge Cambou, responsable FO. A Bordeaux, ils étaient 6000 personnes dans le centre-ville, 3000 à Rennes comme au Mans ou à Rouen et plus de 5000 à Nantes…

Le futur secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, ouvrait le cortège de Lille long de 5000 personnes, derrière une banderole unitaire proclamant "Non à la régression sociale". Des salariés des entreprises ArcelorMittal à Dunkerque (Nord), PSA à Valenciennes (Nord), mais aussi Toyota, Conforama et Fraisnor, un fabricant de lasagnes fraîches du Pas-de-Calais menacé de redressement judiciaire à la suite du scandale de la viande de cheval, étaient présents dans le cortège.

Les leaders du Front de gauche étaient aussi présents à Paris. "On n'a pas élu des députés pour avaliser les écrits du Medef", a tonné Jean-Luc Mélenchon, accompagné, entre autres, de Martine Billard et de François Delapierre. Pierre Laurent était aussi présent, avec  Didier Le Reste animateur du Front des luttes du Front de gauche.

Des parlementaires de l'aile gauche du PS étaient également mobilisés, dont la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann venue dire son "soutien à ces organisations qui représentent plus de salariés que les signataires de l'accord. Un accord en absolu déséquilibre en faveur du patronat". "Nous proposons de l'amender". "Je respecte l'accord conclu mais je ne serai pas un greffier. Je veux pouvoir rééquilibrer le texte", a renchéri le député PS Jérôme Guedj.

Le projet de loi sur "la sécurisation de l'emploi", transcription fidèle par le gouvernement d'un accord paraphé le 11 janvier par le patronat et trois syndicats dont la CFDT, sera présenté au Conseil des ministres ce mercredi. Le débat à l'Assemblée s'ouvrira début avril en procédure d'urgence et se poursuivra au Sénat fin avril. "Début mai ce texte sera applicable", selon le ministre du Travail Michel Sapin.

La CGT comme FO promettent que la lutte va continuer. "La CGT sera fortement présente le 14 mars à Bruxelles dans le cadre de la journée d’action à l’appel de la CES pour dire non à l’austérité et oui à l’emploi des jeunes. La CGT va poursuivre sa campagne d’information et de mobilisation en vue du prochain débat parlementaire en avril pour gagner des mesures favorables aux salariés." annonce le syndicat dans un communiqué.

Par Julie Droin - 5 mars 2013
La bataille est lancée contre l’accord sur l’emploi

Des milliers de manifestants ont arpenté les rues aujourd’hui à l’appel des syndicats CGT et FO pour protester contre l’accord sur l’emploi. Reportage à Paris.

Ils étaient plusieurs milliers à battre le pavé parisien ce mardi 5 mars. L’objectif, faire fléchir le gouvernement à la veille de la présentation en Conseil des ministres de l’accord sur la sécurisation de l’emploi. Les syndicats non signataires du texte, la CGT et FO, soutenus par la FSU et Solidaires, ont lancé la fronde contre ce texte. « Injustice sociale, précarisation de l’emploi, victoire du patronat », la réforme du marché du travail est loin de faire l’unanimité.

Au départ de la place du Châtelet, c’est en musique, comme souvent, que le cortège s’est mis en branle à 14 h 30. Regroupés par branches, voire par départements, les syndicats se succèdent. Mais tous ont les mêmes revendications : empêcher l’adoption du projet de loi.

Cet accord, signé le 11 janvier par trois syndicats (CFDT, CFTC ET CFE-CGC) et présenté comme une victoire sociale, a vite fait déchanter. Il est accusé de faciliter les licenciements et la précarisation des salariés avec des « contreparties » jugées bien maigres. La grogne cible aujourd’hui le gouvernement socialiste, qui s’apprête à transcrire dans la loi cet accord dit « de compétitivité ». 

Pierre, syndicaliste CGT dans une société d’expertise sociale s’en souvient bien :

« Nous attendons de voir si nous avons vraiment des députés de gauche à l’Assemblée »

 

Et en parlant de députés, quelques-uns, côté socialiste, ont fait une apparition remarquée sur la place du Châtelet. Dans ses petits souliers, Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne, tente d’expliquer sa présence : « Il n’y a pas de fracture au sein de la majorité », rassure l’élu socialiste, annonçant toutefois que « des dizaines et des dizaines d’amendements seront déposés. » 

Jérôme Guedj : « Je ne suis pas venu manifester »
 

Une présence qui déclenche quelque peu la fronde des manifestants : « C’est une mascarade, lance une militante. Pourquoi tous les socialistes ne sont pas venus ? » 

D’autres syndicats ont fait le déplacement pour soutenir les salariés et surtout les droits du travail. Comme Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU :

« Cet accord est un recul par rapport au droit »
 

Le texte sera présenté mercredi 6 mars au Conseil des ministres, il fera ensuite l’objet d’un débat au Parlement dès le mois d’avril. Une procédure d’urgence sera décrétée par le gouvernement, décidé à aller vite. 

Nota Bene :

Photo : AFP / KENZO TRIBOUILLARD

http://www.politis.fr/La-bataille-est-lancee-contre-l,21200.html

Sécurisation de l'emploi : tensions et démissions chez les syndicats signataires de l'accord
LE MONDE | 05.03.2013 à 14h08
 
Mardi 5 mars, à la veille de la présentation en conseil des ministres du projet de loi qui retranscrit l'accord de sécurisation de l'emploi, des adhérents ou ex-adhérents de la CFDT, de la CFTC ou de la CGC, organisations signataires, devaient manifester contre le texte avec la CGT et FO.

Dans le cortège parisien, difficile de trouver ces adhérents ou ex-adhérents de la CFDT, de la CFTC ou de la CGC qui désapprouvent le texte sur la réforme du marché du travail. Ils avaient pourtant prévus de venir, sans banderoles ni badges syndicaux, pour participer à la journée d'action du mardi 5 mars pour dénoncer cet accord national interprofessionnel (ANI) de sécurisation de l'emploi signé le 11 janvier.

Adhérents ou ex-adhérents de ces terois syndicats signataires, ils contestent ce texte et mêlent leur voix  aux syndicalistes de la CGT et de FO à la veille de la présentation en conseil des ministres du projet de loi qui retranscrit cet accord.

Combien sont-ils à contester l'accord chez les syndicats signataires ? Les confédérations évacuent rapidement cette question. Pour la CFDT, aucune tête ne dépasse. "Depuis la signature de l'accord, explique-t-on, nous avons organisé des débats dans toutes les régions avec des syndicalistes CFDT et partout, les salles étaient totalement acquises à l'accord, hormis un militant par-ci, par-là."

Idem à la CFTC, où l'on "n'a pas enregistré plus de démissions que d'habitude. On ne peut pas dire qu'il y a 100 % d'adhésion à l'accord. Mais nous avons produit un tract d'explication et un argumentaire pour les militants".

"A CAUSE DE L'ANI"

Il y a pourtant eu quelques échanges internes musclés et quelques cartes d'adhésion déchirées. Jean-Pierre Ottavi, ancien secrétaire général de la CFDT métallurgie des vallées de la Seine et de l'Oise et secrétaire du comité d'entreprise de Grass Valley France, a démissionné de la CFDT le 1er mars. "A cause de l'ANI", dit-il comme plusieurs de ses collègues.

 Une décision grave, "comme un divorce". Lui qui a vécu chez Thomson "dix plans sociaux en vingt ans", est particulièrement gêné par les nouvelles dispositions en la matière.

Par exemple, si, jusqu'à présent, " les critères d'ordre des licenciements prenaient en compte, en premier lieu, la situation sociale des salariés : ancienneté, âge, charge de famille, etc., demain, avec l'ANI, le critère compétence pourra être privilégié", déplore M. Ottavi. Mais comment mesure-t-on la compétence ? interroge-t-il.

Il ne digère pas non plus les accords de maintien de l'emploi, qui enfermeront les syndicats dans une équation impossible : "soit j'accepte la baisse des salaires, soit j'accepte les licenciements", résume-t-il.

"NOUS NE DEVONS RIEN LÂCHER"

Jean-Claude Amand, secrétaire adjoint de la CFDT des entreprises agricoles et agroalimentaires de la Seine-Maritime, estime que l'accord "valide la logique du patronat et des sociaux libéraux sur l'obstacle au développement économique que serait le coût du travail trop élevé" et "le marché du travail trop rigide". "Dans les conditions actuelles, dit-il, nous ne devons rien lâcher des acquis sociaux obtenus par la lutte. Nous n'avons pas à être les faire-valoir de gouvernements quelle que soit leur couleur politique."

Pour autant, "je reste à la CFDT, assume-t-il. Pour continuer le travail fait avec les copains. L'herbe n'est pas plus verte ailleurs."

A la CFTC, le 10 février, Guy Benoist, président de la CFTC métallurgie de l'Isère, a dit tout le mal qu'il pense de cet ANI dans un courriel adressé à un responsable confédéral. "J'ai pris en compte le fait que nous sommes dans une guerre économique très forte, explique-t-il, et que c'est peut-être l'accord de la dernière chance pour garder nos usines. Mais je suis critique sur certaines dispositions qui ne répondent en rien à cet objectif."

Il cite l'exemple du contrat à temps partiel d'une durée minimum de 24 heures hebdomadaires prévu par l'ANI, auquel il sera possible de déroger avec l'accord du salarié. "Ainsi, lorsqu'une personne aura le choix entre obtenir un contrat de 12 heures par semaine ou ne pas être embauché, cette mesure sera simplement contournée ."

"BESOIN D'ÉCHANGES, DE DÉBATS D'IDÉES"

Quant aux accords de maintien de l'emploi, prévus pour deux ans maximum, "rien n'interdit qu'à l'issue des deux ans qu'il y ait un nouvel accord pour deux ans", explique M. Benoist, en parlant de l'ANI comme d'une "immense régression sociale".

Si certains ont changé d'étiquette syndicale, dans certains cas, c'est aussi le résultat d'une accumulation de conflits internes locaux, à laquelle n'a fait que s'ajouter un rejet de l'ANI. Ainsi, chez Microsoft, la quasi-totalité de la section CFTC est passée à la CGT en janvier. Pascal Vaché en faisait partie : "On avait besoin d'échanges, de débats d'idées. A la CGT, il y a une richesse. On a passé cinq heures à décortiquer l'ANI. Et il est certain que sur ce sujet, on est plus en accord avec la CGT qu'avec les signataires."

Chez IBM, aussi, des tensions à la CFDT ont conduit une partie de l'équipe à passer à la CGT, comme Jean-Michel Daire, qui avait consacré plus de quarante ans de sa vie militante à la CFDT. "Cela s'est passé avant la signature de l'ANI, souligne-t-il. Mais si nous avions toujours été à la CFDT à ce moment-là, l'ANI aurait posé un sérieux problème."

Francine Aizicovici

Trois points clés du projet loi

Licenciements Le plan de sauvegarde de l'emploi doit faire l'objet d'un accord majoritaire ou d'une procédure d'homologation par l'administration du travail.

Maintien dans l'emploi En cas de "graves difficultés conjoncturelles", l'employeur peut proposer une réduction salariale et/ou un aménagement du temps de travail pour deux ans maximum, en contrepartie du maintien de l'emploi pendant, au moins, la même durée. L'accord doit être majoritaire. En cas de refus individuel, le salarié fait l'objet d'un licenciement économique, assorti de mesures d'accompagnement.

Mobilité Les entreprises peuvent mettre en place une mobilité obligatoire professionnelle ou géographique. En cas de refus, le salarié fait l'objet d'un licenciement pour motif personnel, transformé dans le projet de loi en licenciement économique.

http://www.lemonde.fr

Emploi : la CFDT se paye la CGT et FO
4 mars 2013 à 17:26

Par DOMINIQUE ALBERTINI
Libération

On n’est pas obligé de croire Thierry Lepaon, futur patron de la CGT, lorsqu’il assure qu’il n’y a «pas de rupture» entre son organisation et la CFDT. Mardi, la centrale de Montreuil défilera avec FO contre une réforme du marché du travail soutenue par Laurent Berger. De son côté, le leader de la CFDT ne se prive pas d’épingler la CGT sur son «oppositionnisme», et les méthodes de ses représentants dans les conflits de PSA ou de Goodyear.

Et ce n’est pas le questionnaire humoristique diffusé ces temps-ci par la CFDT qui va combler le fossé entre les deux organisations. Intitulé «Quel salarié êtes-vous ?», le test comporte cinq questions autour de l’accord sur l’emploi. L’introduction annonce la couleur : «Êtes-vous toujours contre, négociateur né ou râleur professionnel ? Voyez-vous le piège partout ou l’opportunité à saisir? Êtes-vous tétanisé par le changement ?».

«Vous n’avez pas de mutuelle, pas de complémentaire santé prise en charge par votre employeur à 50%. D’ici le 1er janvier 2016, ce sera le cas. Vous vous dites :

a) Le syndicat qui a négocié cela est un «traître à la classe ouvrière

b) C’est un problème, car les «requins des assurances» vont fondre sur le marché de la santé

c) Le syndicat qui a négocié cela s’intéresse aux salariés les plus précaires et les moins couverts par des garanties.»

«Le syndicat qui a négocié cela», c’est, bien sûr, la CFDT. Et il est facile de reconnaître la CGT et FO derrière les deux autres réponses, râleuses et un rien caricaturale. Le reste du questionnaire est à l’avenant, comme les résultats. Avec une majorité de «bonnes» réponses, bravo, «vous n’irez pas manifester et vous avez raison. Vous avez compris où était votre intérêt (...) Vous savez que ceux qui disent "ne changez rien" ne préparent pas l'avenir». Sinon, dommage, «vous êtes victimes d’une vaste opération d’intox visant à faire croire qu’il suffit de s’opposer et de ne rien négocier pour faire progresser vos droits»

Les manifestants de mardi apprécieront. Anecdotique, mais tapant dur sur la CGT et FO, cette opération de communication montre que le paysage syndical est bel et bien coupé en deux.   

Le questionnaire de la CFDT

http://www.liberation.fr/economie/2013/03/04/emploi-la-cfdt-se-paye-la-cgt-et-fo_886189

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