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Retraites complémentaires

Retraites complémentaires: le MEDEF bloque les négociations

 

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Patronat et syndicats tentaient difficilement ce vendredi de se mettre d'accord sur les mesures financières à prendre pour "assurer la pérennité" des régimes de retraites complémentaires Agirc-Arrco du secteur privé. Le fossé s'est un peu plus élargi ce matin, au début du septième et dernier jour de négociations, lorsque le Medef a présenté un texte d'accord amendé à celui présenté le 9 mars dernier, dans lequel il refuse toute hausse de cotisations.

S'exprimant face aux journalistes à l'occasion d'une suspension de séance, certains syndicats ont jugé les concessions du Medef insuffisantes:

  • La négociatrice en chef pour la CFE-CGC, Danièle Karniewicz, a même affirmé qu'elle ne signerait pas l'accord. Le syndicat des cadres est particulièrement inquièt d'un rapprochement, voulu par le Medef, mais aussi la CFDT, entre l'Agirc, caisse des cadres, la plus en difficulté financièrement, et l'Arrco à laquelle cotisent l'ensemble des salariés du privé, avec la perspective à terme d'une possible disparition du statut de cadre.
  • FO pour sa part a indiqué qu'elle ne prendra pas immédiatement la décision de signer ou non. "Nous aurons un bureau confédéral lundi", a déclaré M. Philippe Pihet.
  • La CGT, qui avait été la seule à appeler à des manifestations lors des deux précédentes séances de négociations et qui semblait adopter la position la plus dure, ne s'était pas exprimée en fin de matinée.
  • La CFDT a adopté le ton le plus conciliant. "Il faut que cette négociation aboutisse le plus vite possible. Un accord n'est pas certain, mais c'est possible", a déclaré à la presse Jean-François Malys, le chef négociateur cédétiste. Depuis le début de la négociation, la CFDT est apparue comme l'organisation la plus proche d'une signature. Si elle était seule à signer, l'accord paritaire ne serait viable que s'il n'était pas remis en cause par au moins trois autres syndicats.

Pas plus que le premier texte proposé le 9 mars dernier, la version amendée n'envisage une hausse des cotisations patronales et salariales, souhaitée par l'ensemble des syndicats, CFDT exceptée, ce qui serait le moyen le plus rapide de renflouer les caisses des régimes Agirc, et Arrco. Le Medef refuse une telle solution, arguant que l'alourdissement des charges des entreprises pourrait nuire à leur compétitivité. Le texte amendé par les répresentants du patronat est beaucoup plus vague sur le rapprochement entre l'Agirc et l'Arrco et revoit à la baisse les économies que le patronat voulait faire sur les avantages familiaux (bonifications en fonction du nombre d'enfants élevés) et conjugaux (pensions de reversion), avantages très généreux pour les cadres. A cet égard, le patronat accepte de ne pas modifier à la baisse - de 60% à 54% - les pensions de reversion pour les veuves et les veufs.

  • A lire:

Agirc-Arrco, deux régimes en danger

Entamées le 25 novembre, les négociations sortent cette année du cadre habituel puisqu'elles doivent aussi adapter les régimes Agirc et Arrco à la réforme gouvernementale du régime général qui a reculé de 60 à 62 ans l'âge de départ légal et de 65 à 67 ans celui pour une pension sans décote. Le recul des bornes d'âge apporte une bouffée d'oxygène aux régimes Agirc-Arrco mais n'est pas suffisant pour enrayer une baisse constante du taux de rendement des retraites complémentaires. Cliquez ici pour lire notre analyse

A lire aussi: La CGT remobilise pour la retraite complémentaire

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