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«Nous portons une alternative budgétaire »
![]() Dans l'Humanité de ce mardi, Nicolas Sansu, député PCF-Front de gauche et maire de Vierzon (Cher) déplore que le projet de loi de Finances 2013 en discussion à l'Assemblée nationale ce mardi soit dicté par le nouveau traité européen et explique ce que serait, selon le Front de gauche, un vrai "budget de combat". Vous avez boycotté la rencontre avec la Commission européenne à l’Assemblée. Pourquoi? Nicolas Sansu. C’est invraisemblable. La Commission de Bruxelles, élue par personne, vient nous expliquer ce que nous, parlementaires français, devons faire pour respecter le traité budgétaire européen. Ils viennent vérifier si nos orientations budgétaires sont conformes à la politique d’austérité prévue par le traité européen. Des élus de la nation vont ainsi se faire taper sur les doigts par des technocrates. Nous avons refusé de nous prêter à cette mascarade. D’autant que les groupes parlementaires n’ont, chacun, que deux minutes pour s’exprimer.
Quelles en seront les conséquences concrètes sur le budget 2013? Nicolas Sansu. Ce projet, tel qu’il a été conçu, ne bougera pas beaucoup. Si ce n’est sur le débat sur la taxation des revenus du capital au même niveau que ceux du travail. L’affaire des « pigeons » montre qu’il y a une véritable campagne de la part du Medef et des grandes entreprises pour que le capital ne soit pas taxé. Les députés du Front de gauche seront vent debout contre tout allégement ou suppression de la taxation des revenus du capital. La Commission européenne n’a qu’un seul objectif, diminuer drastiquement les dépenses publiques et ne pas toucher aux grands fondamentaux que sont, pour elle, l’indépendance de la Banque centrale européenne – donc sans contrôle démocratique – et le droit pour les revenus du capital de continuer à s’engraisser.
Quel est votre état d’esprit au moment où s’ouvre le débat budgétaire? Nicolas Sansu. Nous voulons un budget de combat qui permette à la France de sortir de la crise. Notre pays s’enfonce dans la crise, des dizaines de milliers de licenciements sont annoncés, nous perdons de la substance économique… La poursuite des politiques d’austérité nous emmène dans le mur. Nous portons des propositions budgétaires alternatives pour récupérer les milliards qui s’enfuient dans les paradis fiscaux, qui échappent à l’impôt, afin de relancer la dépense publique et sociale sans toucher aux couches populaires et aux classes moyennes. Nous ferons des amendements car, si on continue comme aujourd’hui, la gauche et le pays iront encore plus mal demain. |
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"Budget 2013 : un combat qui manque sa cible"
André Chassaigne, porte-parole des Député-e-s Front de gauche Jean Marc Ayrault avait parlé d’un budget de combat en présentant, fin septembre à l’issue du Conseil des ministres, la loi de finances dont l’examen commence demain à l’Assemblée nationale. Venant d’un Premier ministre de gauche, on pouvait imaginer que le combat serait dirigé en particulier contre les forces de l’argent et ceux qui tuent l’emploi et le pouvoir d’achat du plus grand nombre pour servir grassement les actionnaires. Mais force est pourtant de constater que, au delà de timides avancées, le compte n’y est pas : le Medef et ses troupes ne perdront pas beaucoup de plumes dans la bataille ! Faute d’une véritable réforme de l’imposition des entreprises, favorisant celles qui créent de l’emploi, investissent dans la recherche, la formation et les salaires, et pénalisant celles qui préfèrent distribuer des dividendes, le gouvernement se prive des recettes nouvelles qui permettraient de financer les dépenses publiques utiles pour nos concitoyens et facteur de relance de l’économie nationale. Ce sont ainsi quelques 50 milliards qui pourraient rentrer dans les caisses de l’Etat, si le gouvernement décidait, comme le proposent les Député-e-s Front de gauche, de mettre fin aux dispositifs d’optimisation fiscale dont usent et abusent les grands groupes, d’intégrer dans le calcul de l’impôt tous les revenus du capital au même titre que ceux du travail, de taxer les placements spéculatifs et d’accroitre la part des impôts progressifs pour réduire celle des impôts les plus injustes comme la TVA. Sans ces recettes nouvelles, le gouvernement sera malheureusement mais naturellement, conduit à procéder à des coupes drastiques dans les dépenses publiques. Quelle qu’en soit l’appellation, c’est une politique d’austérité qui est inscrite dans le projet de loi de finances 2013, conformément à l’esprit même du Traité Sarkozy-Merkel. Les Député-e-s Front de gauche s’emploieront àmodifier ces choix, pour porter les attentes et les besoins de toutes celles et tous ceux qui ont permis l’élection d’une majorité de gauche en France. Paris, le 15 Octobre 2012, |