• Waterloo, Morne Plaine...

    En regardant les résultats des élections législatives ce 18 juin, on peut imaginer que les dirigeants du PCF ont ressenti les mêmes émotions que celles qui ont dominé l'empereur Napoléon cent quatre-vingt-dix-sept ans plus tôt, le 18 juin 1815, en contemplant le champ de bataille de Waterloo. Bien entendu, en matière d'empereurs, la direction du PCF fait penser bien plus aux personnages du film de Luc Jacquet qu'a celui d'Abel Gance, mais l'émotion a dû être la même: silence, mort et désolation.


    Cette défaite mettait fin à l'espoir des « 100 jours » pendant lesquels l'empereur avait cru pouvoir renverser le cours de l'Histoire... un peu comme les dirigeants du PCF ont cru qu'avec le Front de Gauche ils arriveraient à mettre fin aux déconfitures en série de leur empire. La défaite du 18 juin a ramené les uns et les autres à la réalité. La différence étant que Napoléon a mis seulement trois jours à tirer les conclusions de sa défaite et à abdiquer avec dignité. Quelque chose me dit que les dirigeants du PCF n'auront pas la même élégance.


    Le Front de Gauche aura donc dix députés. La FASE en aura deux: Jacqueline Fraysse et François Asensi, tous deux élus en 2007 sous l'étiquette PCF et qui ont depuis préféré rendre leur carte tout en conservant leur mandat (1). Le Parti de Gauche conserve un élu: Marc Dolez. Le PCF quant à lui fait le plus mauvais résultat de son histoire. Il n'a plus que 7 députés: Marie-George Buffet, Patrice Carvalho, Alain Bocquet, André Chassagne, Jean-Jacques Candelier, Gaby Charroux, Nicolas Sansu. Il perd plus de la moitié de ses élus depuis l'élection de 2008 (ils étaient 15 dans la précédente législature).


    Croyez-vous que cela provoque place du Colonel Fabien quelque autocritique, quelque retour sur soi, sur la stratégie poursuivie, sur les choix politiques faits ces derniers mois ou ces dernières années ? Ce serait mal les connaître.


    Avec les désastres qui se sont succédé depuis vingt ans, la direction du PCF - et ses militants - sont totalement mithridatisés.


    Le désastre est devenu une habitude au PCF, et les directions sont passées maîtresses dans l'art de trouver du bon dans le mauvais, et de claironner après chaque catastrophe qu'on est « sur la bonne voie » malgré l'évidence contraire (2).


    Voyez plutôt: depuis que le Front de Gauche existe, le PCF a perdu le tiers de ses conseillers régionaux, le tiers de ses députés européens, le quart de ses conseillers généraux... et maintenant la moitié de ses députés. Et voici le communiqué publié sous la signature de Pierre Laurent sur le site du PCF pour commenter ce résultat :


    « Les premières estimations, ce soir, confirment le basculement de l'Assemblée nationale à gauche. La page du pouvoir Sarkozyste en France est définitivement tournée mais le parti de l'ancien président sauve un nombre substantiel de sièges. Il ne fait aucun doute que la droite saura s'en servir pour multiplier les obstacles au changement dans notre pays. L'entrée du FN dans l'hémicycle qui reste heureusement circonscrite est un signal d'alarme supplémentaire.


    A gauche, le Parti socialiste parvient à son objectif et dispose à lui tout seul d'une majorité absolue. Le Front de gauche aura moins de députés malgré un gain en nombre de voix et en pourcentage mais les conditions semblent ce soir réunies pour la constitution d'un groupe à l'Assemblée. Si cela se confirme, c'est une bonne nouvelle pour la démocratie.


    Force est de constater, cependant, que le mode de scrutin et l'inversion du calendrier électoral dénaturent la portée des élections législatives et déforment le paysage de l'Assemblée nationale au profit du bipartisme. A gauche, la majorité législative est ainsi distordue par rapport à la réalité de la majorité politique de gauche dans le pays. Le PS totalise 65% des voix de la gauche à l'élection présidentielle, près de 70% avec ses alliés aux législatives et obtient  plus de 90% des députés de gauche. Le Front de gauche totalise 25% des voix de gauche à la présidentielle, 15% aux législatives et compte moins de 5% des députés de gauche. C'est une anomalie provoquée par une logique institutionnelle implacable qui, de scrutins en scrutin, a permis aux deux plus grosses formations de monopoliser aujourd'hui 90% des sièges à l'Assemblée nationale.


    En dépit de cette injustice, le Front de gauche avec l'influence qui est la sienne dans le pays, avec ses deux groupes au Parlement, ses élus sur le territoire et au Parlement européen, entend être une force d'initiatives et de propositions active et positive pour la réussite du changement dans notre pays. »


    Que de bonnes nouvelles, donc. « La page du sarkozysme est tournée », « l'entrée du FN à l'hémicycle est heureusement circonscrite ». Bon, d'accord, le Front de Gauche « aura moins de députés », mais ce n'est pas grave puisque d'une part on a « gagne en nombre de voix et en pourcentage » et d'autre part « les conditions semblent ce soir réunies pour la constitution d'un groupe ». Et puis, le Front de Gauche « avec l'influence qui est la sienne dans le pays - tu parles! - entend être une force d'initiatives et de propositions active et positive pour la réussite du changement dans notre pays ». Tout va bien, bonnes gens, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles. Et si certaines choses vont mal, ce n'est sûrement pas de notre faute, mais celle d'un « mode de scrutin injuste » et de « l'inversion du calendrier électoral ».


    Chez le Parti de Gauche, c'est exactement la même chose. Voici in extenso le communiqué publié sur son site :


    « Le Parti de Gauche se félicite de la défaite de la droite. Un mois après le résultat des présidentielles, le Sarkozysme est battu une seconde fois à plate couture. L’axe Sarkozy-Merkel est affaibli : la possibilité de rompre avec le traité qu’ils ont élaboré est plus que jamais possible. Le Président de la République dispose d’une majorité s’il veut proposer une autre voie à l’’Union européenne alors qu’à l’inverse Mme Merkel est affaiblie. Il a donc une lourde responsabilité.


    L’assemblée élue ce soir ne représente cependant qu’une réalité déformée du pays. Les conséquences de la présidentialisation du régime font qu’à peine plus d’un français sur deux a voté. Le Front de Gauche, 4 millions de voix à la présidentielle, dispose de moins d’élus que dans l’assemblée sortante ! C’est un problème pour la démocratie mais aussi pour la gauche toute entière mal représentée dans sa diversité. Aussi, nous espérons à minima que les conditions seront créées pour que le Front de Gauche dispose d’un groupe à l’assemblée.


    Seul majoritaire à l’assemblée, le PS a donc toutes les responsabilités sur ses épaules. Dans les semaines à venir, le Front de Gauche appuiera à l’assemblée et dans les mobilisations toutes les mesures qui iront dans le bon sens, refusera toutes mesures d’austérité et sera plus que jamais une force de propositions alternatives. Le bon résultat de Syzira ce soir, qui est en Grèce plus que jamais la première force de gauche, indique le cap à suivre pour le Front de Gauche.


    L’élection de deux députés du FN, mauvaise nouvelle pour la République, ne doit pas nous faire perdre de vue l’essentiel. Leur élection n’a été rendue possible qu’à cause de la porosité idéologique entre l’UMP et le FN. Une course de vitesse est désormais engagée. Les idées racistes d’extrême droite ne reculeront que grâce à une bataille idéologique sans concession menée de pair avec une politique sociale en faveur des catégories populaires. Le Parti de Gauche y sera en première ligne. »


    Là encore, on se félicite de la victoire, de la défaite du « sarkozysme ». On dénonce encore et toujours le FN. Mais les résultats du Front de Gauche ? Ah oui... « Il disposera de moins d'élus que dans l'assemblée sortante ». La faute, bien entendu « à la présidentialisation ».


    Au lieu de passer leur temps à traiter Marine Le Pen de sémi-démente, les dirigeants du Front de Gauche feraient bien de suivre attentivement sa stratégie. Le FN a adopté, avec une remarquable continuité, une stratégie d'influence sur le débat public. Il a fait en sorte d'attirer le débat public sur son terrain, en faisant un véritable travail en profondeur. Au bout de vingt ans, il a réussi à ce que l'ensemble de la classe politique débatte, commente, admette ou diabolise ses propositions (4). Malgré tous les « cordons sanitaires », les « fronts républicains » et le système électoral « injuste » qui a rendu l'élection de ses candidats quasi-impossible, le Front National a réussi à s'implanter dans l'électorat populaire et à exercer une véritable influence politique. Cette stratégie contient des leçons importantes que le Front de Gauche ferait bien d'apprendre.


    C'est toujours tentant de rejeter la faute des défaites sportives sur l'arbitre, et celle des défaites électorales sur le système électoral.


    Dans les deux cas, cela évite de regarder ce qui va mal chez soi en rejetant la faute sur un tiers extérieur.


    Mais ces théories doivent être rejetées, et cela pour trois raisons. La première, c'est qu'en politique il est absurde de tenir pour responsable de ses échecs des paramètres indépendants de notre volonté, particulièrement lorsqu'ils sont prévisibles. Un mode de scrutin n'est pas une catastrophe naturelle: c'est une règle du jeu connue à l'avance. Se poser comme objectif de « conquérir et reconquérir de nombreuses circonscriptions » alors que le mode de scrutin - connu à l'avance, j'insiste - rend cette (re)conquête impossible, pour ensuite expliquer la non-atteinte de ses objectifs par la faute d'un « mode de scrutin injuste », c'est un comportement infantile. Une stratégie politique digne de ce nom doit tenir compte des contraintes, et son échec ne peut pas être justifié par celles-ci. C'est un peu comme un général qui engagerait la bataille en Janvier et expliquerait ensuite sa défaite par l'arrivée de l'hiver...


    La seconde raison est une question de cohérence. On ne peut pas décemment dénoncer « l'injustice » du système électoral à grands coups de calculs, et ensuite se réjouir que « l'entrée du FN dans l'hémicycle soit heureusement circonscrite » par cette même injustice. Peut-on raisonnablement se réjouir d'une « injustice », même lorsqu'elle touche les gens qu'on n'aime pas ?


    Mais la troisième raison pour rejeter cet argument est plus profonde: l'objectif d'un mode de scrutin n'est pas la « justice », mais la gouvernabilité. Le but d'un système électoral n'est pas d'assurer que chacun a le nombre de sièges qui lui correspond en fonction d'une règle « juste » (« juste » selon quels critères, d'ailleurs ?) pas plus qu'il n'a pour fonction d'assurer que l'Assemblée Nationale est une image sociologique ou ethnique (tant de femmes, tant de noirs, tant d'ingénieurs, tant de sourds-muets) de la société. Le système électoral a pour objectif de constituer une Assemblée Nationale qui permette de gouverner le pays, c'est à dire, de produire des lois qui 1) reflètent au mieux la volonté du peuple et 2) qui soient acceptées par ce peuple comme légitimes. Un système électoral qui, au nom d'une répartition « juste » rendrait le pays ingouvernable - comme c'est le cas dans beaucoup de systèmes de proportionnelle intégrale, voir par exemple le cas israélien - ne remplirait pas son rôle. En d'autres termes, tout système électoral rationnel repose sur l'idée « qu'il vaut mieux une injustice qu'un désordre ». C'est pourquoi la « justice » n'est pas un critère pertinent lorsqu'on examine un tel système. Et que faire des calculs dans tous les sens pour démontrer que, décidément, le monde est trop injuste, est un exercice parfaitement inutile (3).


    Certains me diront que perdre quelques élus, ce n'est pas grave, que le but d'un parti politique est d'influencer le réel, et que la question des postes et des sièges est secondaire. Ce n'est pas tout à fait faux.


    Après tout, le Front National exerce un influence considérable sur le débat public avec un nombre d'élus très réduit. Seulement, et c'est là à mon avis un point fondamental dans la réflexion sur l'avenir du PCF en particulier et du Front de Gauche en général, la constatation la plus amère après ce cycle électoral est que le Front de Gauche n'a, en pratique, aucune influence sur le débat public, et encore moins sur les évènements.

     

    Les prises de position du Front de Gauche, disons le franchement, tout le monde - en dehors des quelques dizaines de milliers de militants - s'en fout. Il n'y a qu'à voir la résonance quasi-nulle du débat interne du PCF pour ou contre la participation gouvernementale. Tout le monde sait pertinemment que cela ne changera pas grande chose pour personne, sauf pour l'heureux élu qui héritera peut-être d'un strapontin ministériel.


    Le moment est donc venu de laisser de côté les explications auto-justificatrices et regarder froidement le bilan du Front de Gauche. Certains - particulièrement parmi les « orthodoxes » du PCF - tireront de ces résultats une mise en cause de la stratégie de Front de Gauche. Ce serait aller un peu vite en besogne: il ne faut pas confondre la stratégie de Front de Gauche - c'est à dire la question de savoir si le PCF doit rester dans un splendide isolément ou au contraire constituer une structure permanente de coopération avec d'autres organisations - de la stratégie du Front de Gauche - c'est à dire, des choix politiques, stratégiques et tactiques effectués collectivement et mises en œuvre depuis que le Front de Gauche existe. Bien entendu, ces deux questions ne sont pas totalement indépendantes, puisque le choix de la stratégie de Front de Gauche a pour prix l'acceptation par le PCF d'un certain nombre d'exigences de ses partenaires. Mais il reste qu'il ne faut pas confondre les deux questions. On peut parfaitement infléchir la stratégie du Front tout en restant dans une stratégie de Front.


    La question prioritaire pour le Front de Gauche aujourd'hui est d'arriver à formuler un véritable projet. Qui ne peut se réduire à une liste de courses genre « L'humain d'abord ». Un tel projet suppose de se poser en termes réalistes la question des couches sociales qu'il prétend représenter. Après cette expérience, il est clair que l'espace pour un n-ième parti gauchiste des classes moyennes est limité. L'autre solution est de chercher à reconquérir l'électorat populaire aujourd'hui séduit par Marine Le Pen. Mais ce choix implique une véritable réflexion sur les peurs, les envies, les difficultés, les tabous et - last but not least - les intérêts de cet électorat. Quelques soit le positionnement choisi, l'élaboration d'un projet qui soit en même temps crédible et entendable par l'électorat cible nécessite du travail. Beaucoup de travail. Pour faire ce travail, le Front de Gauche a besoin de constituer un véritable pôle d'expertise, ce pôle qui lui a cruellement manqué pendant la campagne présidentielle.


    La deuxième priorité, qui rejoint la première, est le besoin d'institutionnalisation. La stratégie du Front de gauche doit pouvoir être débattue et décidée d'une manière transparente et prévisible. Elle ne peut pas dépendre des lubies de ses dirigeants - ou pire encore, de leur entourage - qui se permettent de balancer leurs convictions personnelles comme s'il s'agissait de la ligne officielle de l'organisation. Une telle institutionnalisation du Front implique comme condition nécessaire une institutionnalisation de ses membres.


    Aussi longtemps que le PG fonctionnera comme une secte, il y a peu de chances que les processus de décision du Front soient transparents.


    Institutionnaliser veut aussi dire mettre en place une véritable politique de cadres. Le système darwinien qui préside à la sélection des cadres - autant au PCF qu'au PG - ne produit que des apparatchiks aux capacités de survie et d'adaptation incontestables, à l'échine souple et aux dents longues, mais aux qualités intellectuelles et morales contestables.


    Une organisation a besoin de cadres formés, qui travaillent pour faire avancer ses buts et non exclusivement pour leur carrière. Institutionnaliser, cela veut aussi dire se placer dans un cadre où la politique est une affaire non pas de « coups » mais de long terme. Où l'on ne court pas derrière la dernière nouveauté, mais où l'on maintient une continuité dans l'action.


    Le PCF va devoir abandonner l'illusion que la magie du Front de Gauche allait être suffisante pour inverser son processus de déclin. Le PG va devoir abandonner ses projets d'OPA sur la « gauche radicale » et sur le PCF. Maintenant que les élections sont passées, et que les prochaines échéances sont loin, c'est le moment idéal pour lancer une véritable réflexion sur ces questions. Et les militants du Front de Gauche devraient exiger qu'elle soit lancée le plus vite possible.


    Descartes


    (1) Il fut un temps, avant que la « mutation » donne le pouvoir aux « notables », ou les élus communistes qui quittaient le Parti avaient l'élégance de démissionner des mandats auxquels ils avaient été élus sous l'étiquette communiste. Depuis que les élus sont devenus des « notables » propriétaires de leurs sièges à titre personnel, cette coutume décidément trop désuète a été abandonnée...


    (2) Tout ça n'est guère nouveau. Et les militants y sont tellement habitués qu'ils n'ont même plus la force de se révolter. Après la catastrophe de 2002 (Robert Hue, 3,5%) et 2007 (Marie-George Buffet, 1,9%) les militants avaient demandé des têtes. Depuis que le Front de Gauche existe, le PCF a perdu une bonne partie de ses élus aux européennes et aux régionales, mais les voix discordantes ont été réduites au silence avec l'argument massue: grâce au Front de Gauche, on allait voir ce qu'on allait voir aux législatives - auxquelles on sacrifiait sciemment la candidature communiste à la présidentielle. Maintenant, on a vu.


    (3) Il faut d'ailleurs examiner les faits: imaginons qu'un système « juste », la proportionnelle intégrale, ait été en vigueur en France. Qu'est-ce que cela aurait donné en 2012 ? Si l'on construit une Assemblée Nationale à partir des résultats de l'élection présidentielle de mai en appliquant la proportionnelle sans seuil, on aboutit à une Assemblée ou la gauche et les écologistes détiennent 44 % des sièges, la droite républicaine 29%, le centre 9% et l'extrême droite 18%. En d'autres termes, ni la droite ni la gauche seraient majoritaires... comment gouverner dans ces conditions ? Avec seuil, ce serait encore pire: si l'on fixe le seuil à 3%, la gauche perd l'appoint des écologistes et de l'extrême gauche...


    (4) Mélenchon est d'ailleurs celui qui est le plus tombé dans le panneau: dans chacun de ses discours, dans chacune de ses interventions, il passe un certain temps à commenter - négativement - les propositions du FN sans se rendre compte que ce commentaire, même négatif, contribue à installer le discours du FN dans le paysage, selon le vieux principe bien connu des publicitaires: « il vaut mieux qu'on parle de vous en mal que qu'on ne parle pas de vous du tout ». Et je ne parle même pas de l'épisode Hénin-Beaumont: Mélenchon n'a pas compris que, vu du côté de l'électorat du FN, être diabolisé par Jean-Luc Mélenchon est aussi valorisant que peut l'être pour un électeur mélenchoniste le fait d'être diabolisé par Marine Le Pen...


    URL article : http://descartes.over-blog.fr/article-waterloo-morne-plaine-107127158.html


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