• Vœux de Sarkozy : la feuille de route du capital pour 2012

    Pcf-Paris15, 1er janvier 2012 (EDT)


    120102_sarkozy-allocution.jpgPour les derniers vœux de son quinquennat, Nicolas Sarkozy a pris garde de minimiser les sujets qui pourraient cristalliser la colère de la population.

    Contrairement aux années précédentes, il s’est abstenu de toute envolée lyrique pour tenter de justifier l’envoi de soldats français pour faire la guerre aux quatre coins du monde. Juste une petite pensée pour ceux « qui risquent leur vie hors de nos frontières ».
    Il faut dire que la veille, le 30 décembre 2011, encore deux d’entre eux ont été tués, portant à 78 le nombre de militaires français en Afghanistan pour le compte de l’OTAN et de l’impérialisme américain et européen.

    Plus significatif encore, le marathonien des sommets européens a été on ne peut plus bref sur l’Union européenne. Deux mots seulement : la « nouvelle Europe » et « unis avec nos partenaires ». Les gouvernements nationaux cherchent à utiliser la « crise » de la dette qu’ils ont eux-mêmes créée pour mieux placer les pays sous la tutelle de l’UE du capital. Mais le niveau de conscience et l’opposition des peuples à la dictature de l’UE et à son instrument l’euro ne cessent de monter, en France également.

    On ne peut pas dire pour autant que Sarkozy n’a rien dit. Non, il a commencé à donner la feuille de route antisociale de la majorité qui sera élue aux élections d’avril à juin 2012. Ce sera celle des « réformes structurelles » et en premier lieu de la casse du financement de la sécurité sociale.

    Pour conditionner les travailleurs à de nouveaux sacrifices, sur les salaires, sur les retraites, sur les services publics, Sarkozy ne pouvait évidemment pas être en reste. Nous traverserions une « crise inouïe », une « tourmente » qui atteint les pays les uns après les autres, même les grands. Mais la France aurait moins mal résisté grâce aux sacrifices déjà imposés par la politique de son gouvernement.

    A chaque quinquennat, à chaque majorité, sa part dans la déstructuration des acquis sociaux et démocratiques nationaux pour le compte du capital ! Sarkozy, le sortant, ose se flatter d’avoir amputé les dépenses publiques, d’avoir « réformé » les retraites, casser le point de résistance que représente le droit effectif à la retraite à 60 ans. Les gouvernements précédents n’y étaient pas parvenus.
    Par exemple la gauche plurielle s’était cassé les dents en 2000 dans sa tentative de liquider les services des impôts et du Trésor en les fusionnant. Sarkozy l’a fait, comme l’autonomisation des universités etc.

    Pour la prochaine majorité, le terrain est préparé pour permettre au patronat et capital de mettre la main sur la plus grande partie du financement de la Sécurité sociale, en particulier de l’assurance maladie. Evidemment au nom de la lutte contre le chômage que le gouvernement favorise par toute sa politique et notamment la défiscalisation des heures supplémentaires. Sarkozy a ainsi ressassé le discours sur les charges pesant sur la compétitivité et l’emploi. Deux modèles s’annoncent, celui de l’UMP, avec la TVA sociale, si visiblement injuste, celui du PS, avec la CSG, fusionnée avec l’impôt sur le revenu, plus complexe et plus perfide.
    Ce sera l’une des batailles essentielles à préparer dans le camp des travailleurs pour 2012.

    On rirait presque d’entendre Sarkozy reprendre les hochets de la gauche de gouvernement. Le voilà devenu porte-parole de la taxe sur les transactions financières qu’il sait inapplicable et dont il sait que l’idée légitime la spéculation.
    Il affirme haut et fort que ce ne sont pas les agences de notation et les marchés financiers qui guident sa politique. La gauche se positionne en affirmant de contraire. Mais, voyons, ne sont-ils pas complices (les gouvernements et les agences de notations qu’ils ont érigées en références) ?           

    C’est bien cela qui fait peur. Le discours de Sarkozy annonce un semestre pré-électoral d’opposition oiseuse, bien mise en scène, entre une droite et une gauche de gouvernement qui signent et votent les mêmes textes européens.
    Dans le contexte électoral français, ce faux débat s’agrémente d’une vague « gauche de la gauche » ratissant pour le PS et l’UE et d’une « droite de la droite », incomparablement plus dangereuse, chargée de dénaturer, dans un sens nationaliste, l’opposition à l’UE du capital tout en favorisant la dérive racisante du gouvernement en place.

    Ce qui fera 2012 pour les travailleurs, pour le peuple, est ailleurs.
    Ces derniers jours, les grèves des agents de sûreté des aéroports pour leur rémunération, pour leurs conditions de travail, pour leur reconnaissance ont mis en échec les entreprises de dénigrement, de remise en cause du droit de grève, ont posé la question du service public. Un peu partout dans les entreprises et services publics du pays, la colère gronde, éclate. Elle cherche son issue politique. Elle la porte elle-même.

    Dans l’année électorale 2012, l’heure n’est pas aux illusions, aux fantoches candidats, mais à l’affirmation croissante de notre détermination à lutter, point par point, pour nos acquis sociaux et démocratiques, pour la défense des intérêts des travailleurs, pour l’ouverture d’une autre perspective politique quelle que soit la nouvelle majorité, et évidemment contre ce que représente Sarkozy.


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