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    Parole de femme
    De tous les arguments qui sont opposés au communisme, la dégénérescence stalinienne de l’URSS constitue l’un des plus puissants. Les idéologues du capitalisme prétendent qu’il s’agit d’un phénomène inhérent au socialisme. Bien des travailleurs sont influencés par cette idée, et c’est à cela qu’il faut répondre. Il ne suffit pas de déclarer que nous rejetons le « modèle » du stalinisme. Il faut expliquer la dégénérescence bureaucratique de l’Union Soviétique d’un point de vue marxiste.

    La Révolution russe de 1917 fut l’un des plus grands événements de l’histoire de l’humanité. Dans le pays économiquement et socialement arriéré qu’était la Russie tsariste, les travailleurs, les soldats et les couches inférieures de la paysannerie se sont soulevés en masse pour mettre fin à la guerre et à l’oppression. La monarchie a été renversée par une grève insurrectionnelle en février 1917. Au cours de cette insurrection, des organes de lutte – les soviets (conseils) – ont été créés, sous le contrôle démocratique et collectif des exploités. Quelques mois plus tard, face au refus des gouvernements successifs de mettre fin à la guerre et à leur incapacité à résoudre les problèmes des masses, les soviets, dans lesquels les marxistes étaient devenus majoritaires, ont pris le pouvoir. Pour les communistes d’aujourd’hui, cette expérience colossale constitue une source inépuisable d’enseignements politiques et théoriques.

    Après la prise du pouvoir à Petrograd et Moscou, il fallut trois années de lutte contre les armées de la contre-révolution interne et d’une vingtaine de puissances étrangères avant que la révolution ne l’emporte sur l’ensemble du territoire de l’ancien Empire. De cette épreuve décisive, la jeune République soviétique est sortie victorieuse, mais épuisée. Des dizaines de milliers de communistes ont payé de leur vie leur engagement révolutionnaire dans l’Armée Rouge. Parmi ceux qui ont péri se trouvaient les représentants les plus remarquables de la classe ouvrière. L’économie était exsangue.

    Comme dans d’autres révolutions, la Révolution russe a été suivie par une période de réaction, sur la base de la fatigue et de la démobilisation des masses qui l’avaient accomplie. La Révolution française avait connu, elle aussi, sa phase ascendante et sa phase descendante, amorcée par les événements du 27 juillet (9 Thermidor) 1794 et la chute de Robespierre. La succession, au premier plan, de Mirabeau, La Fayette, Brissot, Danton et Robespierre, suivis par le Directoire de Bonaparte, était l’expression de la courbe de l’intervention des masses aux différentes étapes du processus révolutionnaire. Les conflits au sommet de l’Etat reflètent des modifications dans les rapports entre les classes et les changements dans la psychologie des masses qui les accompagnent.

    La classe ouvrière russe, numériquement faible et culturellement arriérée, avait bouleversé l’édifice de l’ordre tsariste et capitaliste. La Russie est passée, en quelques mois, d’une monarchie despotique à un régime soviétique. Inéluctablement, après une avancée aussi prodigieuse, la réaction devait relever la tête, y compris dans les rangs de la classe révolutionnaire. Aux difficultés matérielles intérieures et à la lutte pour la survie quotidienne s’ajoutait le danger mortel des interventions militaires étrangères. Au lieu du bien-être tant espéré, la misère et la mort rôdaient. Une révolution dévore l’énergie de la classe révolutionnaire.

    Avant comme après la révolution, Lénine et Trotsky étaient résolument internationalistes. Pour les dirigeants de la révolution, il était évident que si elle ne s’étendait pas au-delà des frontières de la Russie, pour devenir au moins européenne, elle finirait par s’effondrer. La Nouvelle Politique Economique (NEP) a été adoptée en 1921 dans le but de gagner du temps et dans l’espoir que des victoires révolutionnaires, en Europe, viendraient au secours de la Révolution russe. La NEP ouvrait un champ d’activités aux riches paysans, sous le contrôle de l’Etat soviétique, dans le but de développer l’agriculture. Lénine était pleinement conscient des dangers contre-révolutionnaires que comportait ce repli stratégique. Au XIe Congrès du Parti bolchevik, en mars 1922, il expliquait franchement que la NEP renforçait les tendances bourgeoises dans la société. Il mettait le parti en garde contre la corruption des milieux dirigeants. « A Moscou , disait-il, quatre mille sept cents communistes responsables dirigent la machine gouvernementale. Mais qui dirige et qui est dirigé ? Je doute fort qu’on puisse dire que ce sont les communistes qui dirigent... » Dans l’année qui précéda sa mort, en janvier 1924, Lénine s’efforça de lutter contre les abus de pouvoir et la corruption de l’administration.

    La fin de la période de guerre signifiait l’affectation d’une nouvelle couche de dirigeants à des postes administratifs. Les officiers démobilisés conservaient les habitudes et les comportements du temps de guerre. Peu à peu, les masses furent écartées de l’exercice effectif du pouvoir. En même temps, les petits-bourgeois des villes et des campagnes avançaient, enhardis par les opportunités que leur ouvrait la NEP. Dans ce contexte, les différents échelons de la jeune bureaucratie soviétique, qui devaient être au service du prolétariat, jouaient de plus en plus un rôle d’arbitre entre les classes. Ils gagnaient en assurance et en autonomie. Le terme de « sovbour » – bourgeois soviétique – fit son entrée dans le vocabulaire des travailleurs.

    Ce réalignement des forces sociales s’opérait dans une situation internationale qui ne pouvait que l’accentuer. Chaque défaite de la classe ouvrière, à l’étranger, obscurcissait l’horizon des éléments révolutionnaires et accentuait le scepticisme et la désinvolture des bureaucrates. Au niveau de l’Internationale Communiste, les erreurs successives de la politique de Staline, Zinoviev et Kamenev, puis de Staline et Boukharine, contribuaient à des défaites internationales qui, en retour, démoralisaient les révolutionnaires et renforçaient le conservatisme national de la bureaucratie. En 1923, l’insurrection en Bulgarie fut battue. La même année, les ouvriers soviétiques suivaient attentivement la nouvelle offensive révolutionnaire en Allemagne. Mais au moment décisif, la direction du Parti Communiste Allemand renonça au combat. Pour les communistes d’URSS, cette nouvelle défaite fut une déception cruelle. En 1924, ils apprirent l’échec du soulèvement en Estonie ; en 1926, la liquidation de la grève générale en Grande-Bretagne et la victoire de Pilsudski en Pologne. En 1927-28, le Kuomintang de Tchang Kai-chek noyait la Révolution chinoise dans un bain de sang. La direction de l’Internationale Communiste n’y était pas pour rien : elle avait poussé à la dissolution de facto du Parti Communiste Chinois dans le Kuomintang, qui désormais massacrait les militants communistes par centaines de milliers.

    Dans les années 30, des défaites plus graves encore eurent lieu en Allemagne et en Autriche, avec l’avènement de régimes fascistes. Cette longue chaîne de défaites a abouti à l’effondrement de la confiance des masses russes dans la révolution mondiale et à l’isolement des révolutionnaires internationalistes. Dans ces conditions, la bureaucratie soviétique pouvait se hisser toujours plus haut, éliminant au passage tout ce qui restait de la démocratie soviétique des premières années post-révolutionnaires.

    Le processus de bureaucratisation à l’œuvre, dans l’Etat et le parti, s’est traduit par une lutte sur les plans idéologique et organisationnel. S’appuyant sur la vague de désillusion quant à la possibilité d’une révolution internationale, la bureaucratie a déclenché une campagne contre la « révolution permanente » et pour le « socialisme dans un seul pays ». Cette propagande trouvait un écho chez les ouvriers fatigués, et plus encore chez les paysans. La défaite en Chine a ouvert la voie à des arrestations en masse d’opposants internationalistes. C’est alors que Trotsky, qui dirigeait l’opposition de gauche, a été envoyé en exil.

    Ce n’est pas un hasard si Staline devint le porte-parole de la bureaucratie ascendante. Il était au cœur de l’appareil administratif, avait le prestige d’un « vieux bolchevik » et une étroitesse d’esprit qui l’éloignait des préoccupations théoriques. Il convenait donc parfaitement au rôle d’arbitre des affaires intérieures de la caste qui s’affranchissait rapidement des « vieux » principes. Toute son activité tendait à libérer l’appareil du parti du contrôle de ses membres, ce qui ne pouvait que favoriser la corruption.

    Vers la fin des années 20, Kroupskaïa, la compagne de Lénine, disait déjà que « si Lénine était encore vivant, il serait certainement en prison. » Dans les années trente, bien des représentants principaux de la bureaucratie et de la diplomatie soviétiques avaient été du côté de la contre-révolution en 1917, tandis que dirigeants et militants de la révolution d’Octobre mourraient dans les camps et devant les pelotons d’exécution du régime stalinien.

    Le stalinisme était une forme de bonapartisme, c’est-à-dire un régime se dressant en arbitre entre les classes en conflit. Mais à la différence des régimes bonapartistes bourgeois, le régime de Staline reposait sur les rapports de propriété créés par la révolution d’Octobre. Dans sa lutte contre l’internationalisme et la démocratie soviétique, le régime s’appuyait sur les éléments bourgeois renforcés par le prolongement de la NEP : le « cours vers le koulak » (paysan riche). En 1927-28, ces éléments ont tenté un coup de force pour rétablir le capitalisme. Staline a alors fait volte-face pour les éliminer complètement par la collectivisation forcée. A travers de tels zigzags, la bureaucratie défendait la socialisation des moyens de production, mais avec des méthodes qui, à terme, ont préparé les conditions de la restauration capitaliste. Celle-ci fut accomplie par la bureaucratie « communiste », à son propre profit, dans des années 1990.

    La dégénérescence bureaucratique n’est donc pas inhérente au socialisme. En Russie, elle fut le produit des conditions objectives nationales et internationales de la période post-révolutionnaire, et notamment de l’isolement de la révolution dans un pays économiquement et culturellement arriéré.

    Greg Oxley (PCF Paris 10e)


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  • Un slogan brûlant d’actualité à l’heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l’un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale.

    Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l’élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu’il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale. La ville de Paris lui rend hommage, mardi, en inaugurant une place à son nom. « Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. » Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 1950, sera mardi le fil rouge de l’inauguration de la place qui est lui est enfin dévolue au cœur de Paris [1] Un slogan brûlant d’actualité à l’heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l’un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale. Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l’éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manœuvre. En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L’espoir, c’est le père d’Ambroise qui l’incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l’obtient mais de vieilles revanches l’invitent à s’embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon. C’est là qu’Ambroise prend le relais du père. Á treize ans, il est ajusteur. Derrière l’établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s’ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. Á dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au cœur d’une assemblée paysanne. Proche du peuple d’ou il venait. » Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S’unir, disait-il, pas unis, pas d’acquis ! » Ces mots, il les laisse au cœur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire. En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures. Vient l’année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d’Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle. Là, mûrissent les rêves du, La place Ambrouse Croizat se situe dans le 14è arrondissement de Paris, Conseil national de la résistance (CNR). La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’État. » Á la tête d’une commission de résistants, Ambroise trace dès l’été 1943 les moutures de ce qui va devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944. C’est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l’ordonnance d’octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail. Centre trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d’œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu’en 1948. Il faut dire l’appui irremplaçable d’Ambroise Croizat. Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l’origine d’un succès aussi remarquable. » Rappelons combien le rapport de forces de l’époque permit la naissance de l’institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d’adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l’héroïsme de sa résistance. Là ne s’arrête pas l’héritage. Ambroise laisse à l’agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d’entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l’entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles… « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… » Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu’Ambroise a toujours voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l’exclusion. Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l’accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.

    Michel Etiévent


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  •  Je m’en souviens comme si c’était hier...

    Education nationaleJe sortais vers 20h d’un cours de Brevet Professionnel de Banque. Ce fut le dernier, geste imbécile de rage au ventre.

    J’étais revenu de ce Constantinois pacifié au lance flammes et à la gégène ..quand dans le petit bistro qui jouxtait l’immeuble ou l’on pensait faire de moi un bon "banquier"....le speaker a parlé d’éventuels morts à Paris..

    Papon l’ORDURE venait, quelques six mois après son ordre d’assassiner et de noyer dans la Seine, les Algériens descendus le 17 Octobre, debouts et sans armes contre un couvre feu raciste immonde, Papon futur Ministre de Giscard et membre du Comité Central de l’UDR(ancètre du RPF et UMP) , Papon au stylo pétainiste fournissant aux Nazis les juifs et Résistants pour wagons de futurs gazés, Papon qui mourut dans son lit..avait décidé de faire régner l’Ordre de classe.!

    Car , à l’appel duPC, de la CGT, de l’UNEF , du PSU, et de la CFTC région parisienne.., la classe ouvrière, la jeunesse , abasourdis , après que la petite Delphine Renard aie perdu un oeil dans l’attentat des pourris de l’OAS..(qui visaient malraux), ces ouvriers, ces militants, ce PEUPLE , par dizaines de milliers dans le frois et la nuit..sous les coups...il bravaient les casqués de Frey et de de Gaulle..

    Arrivés au pouvoir quand les futurs conjurés fascistes de 62.., prétoriens de la bourgeoisie ayant besoin de changer les chevaux usés de la 4°..se préparaient , sil le fallait à sauter sur la capitale!

    La barricade répète-t-on ici, n’a que deux côtés Ce soir de 8 mars, une fois encore le sang des nôtres a été versé pour cause de défense des"AUTRES".

    Poing levé et avec émotion.!

    "On ne vous oubliera jamais, Camarades

    A.C

     

    Juste pour ce que cette chanson a de chavirant pour qui veut bien se souvenir que Daniel Féry n’avait que 17 ans.

    Ecoutons ou re-écoutons ESCUDERO ;

    http://www.youtube.com/watch?v=GQP7I-uzSkM

     

     

    Si vous n’avez pas lu , essayez de vous procurer

    ... Charonne 8 février 1962 : Anthropologie historique d’un massacre d’Etat d’Alain Dewerpe

    L’éditeur souligne justement :

    8 février 1962 :« en réaction à l’offensive terroriste de l’OAS, une manifestation se heurte à la violence voulue de l’Etat. A la station de métro Charonne, devant les portes ouvertes, on relèvera neuf morts sous les coups de la police. Au-delà de la reconstitution des faits avérés, Alain Dewerpepose des problèmes historiques d’un ordre plus général dans un livre qui servira de modèle à d’autres. Il traite d’abord de la violence d’Etat en démocratie représentative : organisé ou non, planifié ou non, le meurtre politique fait partie de l’outillage des actes d’Etat ; il a, même obscures ou contournées, ses raisons et son efficace. Il pose la question du scandale civique : à quoi l’Etat a-t-ildroit ? L’affaire pourrait se dénouer par la mise en place d’un récit moralement et politiquement fondé et partagé. Or, à travers une version d’Etat mensongère jusqu’à nos jours, ce règlement est demeuré historiquement instable. Il ouvre également sur les usages politiques et sociaux de lamort : la manifestation-obsèques du 13 février fut un des plus considérables rassemblements dans la France du XXe siècle. Comment comprendre alors que cette mémoire du massacre, faite de commémorations mais aussi de censures, de souvenirs mais aussi d’oublis, s’est effritée devant d’autres événements traumatisants de la guerre d’Algérie ? Faut-il l’écrire ? Cet ouvrage est unique en son genre. »

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article113452


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  • La Commune de Paris 1871

    Education nationaleLe 18 mars 1871, alors que Paris était assiégé depuis plusieurs mois par les armées de Bismarck, le gouvernement français a tenté de désarmer la Garde Nationale. Le peuple s’est soulevé contre cette trahison et le gouvernement s’est enfui à Versailles. Ainsi, les travailleurs parisiens se sont trouvés maîtres de la capitale. Pendant dix semaines, les « communards » ont tenté, dans des circonstances extrêmement difficiles, de réorganiser la société sur des bases entièrement nouvelles. Ils se sont efforcés de débarrasser la société de l’exploitation et de l’oppression.

    Pris de court par les événements, avançant à tâtons, affamés et faisant face aux conséquences dramatiques de l’encerclement de la ville, les communards n’ont pas eu le temps d’accomplir ces grands objectifs. Lors de la « semaine sanglante » du 21 au 28 mai, l’armée française aux ordres d’Adolphe Thiers a attaqué Paris, massacrant sauvagement près de 50 000 hommes, femmes et enfants.

    Marx et Engels ont suivi attentivement le déroulement de ces événements, qui ont fourni la base de la théorie marxiste de l’Etat. Aujourd’hui, l’histoire et les leçons de la Commune de 1871 méritent d’être étudiées par tous ceux qui aspirent à un monde meilleur.

    Voici la vidéo d’une réunion publique organisée par La Riposte, le 17 décembre dernier, sur la Commune de Paris.

    http://www.lariposte.com/video-d-une-reunion-publique-sur,1557.html


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  • Les grèves de 1870 et la Commune du Creusot

     

    Education nationale

    À la veille de la Commune de 1871, Le Creusot, en Saône-et-Loire, est l’une des plus importantes villes industrielles de France
    Grève au Creusot. Dessin d’Yon, L’Univers Illustré 
    Depuis le XVIe Siècle, on extrait de son sous-sol du charbon et du minerai de fer. L’industrie métallurgique se développe au XVIIIe Siècle. On y fabrique les canons des guerres de la Révolution et de l’Empire.
    En 1836, la famille Schneider rachète les mines et usines. Elle utilise intelligemment les conditions favorables à l’essor de l’industrie métallurgique du milieu du XIXe siècle. L’usine abandonne provisoirement la fabrication d’armes pour se lancer dans l’industrie ferroviaire naissante : fabrication de locomotives et de rails.
    Seul aux commandes de l’entreprise à partir de 1845, Eugène Schneider utilise adroitement des soutiens politiques. Royaliste sous Louis-Philippe, il est élu député de Saône-et-Loire et fait élire comme maire un cadre de son entreprise.
                                                    Eugène Schneider
    Il jette un peu de lest au début de la IIe République, mais reprend du service politique sous le Second Empire. En 1867, il est nommé par Napoléon III président du Corps législatif.
    Pour éviter toute contestation ouvrière, Eugène Schneider met en oeuvre une gestion sociale  "paternaliste" (construction de logements ouvriers, école primaire, création d’une caisse de secours mutuel…) tout en maintenant les salaires ouvriers le plus bas possible. 

    LES GRÈVES DE JANVIER ET MARS 1870.

    La ville du Creusot s’est profondément transformée à l’ère industrielle. Sa population est passée de 2 700 habitants en 1836 à 24 000 en 1866. Les ouvriers, au nombre de 1 700 en 1836, sont 10 000 en 1869. A cette époque, l’usine du Creusot est la plus grande de France.
    Le travail est extrêmement pénible dans les mines et dans les usines. Depuis, 1868, un groupe de jeunes ouvriers et de petits commerçants et artisans, intitulé « Cercle d’études sociales », animé par Jean-Baptiste Dumay, tourneur de 27 ans, fait une active campagne républicaine.
    Aux élections de 1869, il soutient, contre Eugène Schneider, un candidat bourgeois mais libéral qui obtient 800 voix au Creusot alors qu’au scrutin de 1863, le maître de forges avait été élu à l’unanimité moins une voix. Pour se venger, Schneider licencie 200 ouvriers soupçonnés d’avoir voté contre lui.
    En décembre 1869, les ouvriers revendiquent la gérance de la caisse de secours. Schneider organise un référendum. Une forte majorité se prononce pour la gestion ouvrière. Le 17 janvier, les ouvriers élisent un ajusteur, Adolphe Assi (1), président d’un comité provisoire chargé de gérer la caisse. Le 19, Assi et ses deux assesseurs sont renvoyés. Aussitôt, les ouvriers se mettent en grève. Le 21 janvier, le préfet fait venir  3 000 soldats au Creusot et Schneider appelle à la reprise du travail, les ouvriers « trompés, selon ses termes, par quelques meneurs étrangers au Creusot ». Le 24 janvier, aussi rapidement qu’elle avait éclaté, la grève se termine. Ce n’est que partie remise.
    Début mars, Eugène Varlin, de passage au Creusot, jette les bases d’une section de l’Internationale.

                       Jean-Baptiste Dumay

      

                          Adolphe Assi

    Dès le 21 mars, les 1 500 mineurs du bassin du Creusot se mettent en grève pour protester contre une baisse de leurs salaires. Ils avaient soutenu, sans y participer le mouvement des ouvriers de janvier. Ce manque de coordination est une faiblesse dont Schneider tire parti. Dès le 23, il reçoit le concours de trois régiments. Les grévistes se rendent en cortège dans la localité voisine de Montchanin où ils font cesser le travail. Les soldats les poursuivent dans les bois et procèdent à quatorze arrestations.
    Le 24, un comité de grève est formé qui formule les revendications, Il est décapité par des arrestations et aussitôt reconstitué.
    Benoît Malon (2), envoyé par l’Internationale, prend la direction du mouvement. Schneider repousse avec dédain toutes les revendications. Ce refus brutal renforce la combativité des grévistes. Ils sont soutenus par l’action énergique des femmes qui incitent les quelques non-grévistes à cesser le travail. Les gendarmes en arrêtent une ; ses compagnes la délivrent. Elles récidivent le lendemain. Pour protester contre l’arrestation de trois d’entre elles, elles déposent leurs jeunes enfants devant les gendarmes en criant : « arrêtez nous et nourrissez-les ». Puis elles se massent devant le train qui emmenait les prisonnières à Autun pour y être jugées ; elles obtiennent leur libération. Les grévistes tiennent grâce aux souscriptions qui arrivent de sections de l’Internationale de toute la France. La pression patronale et gouvernementale s’accentue. Assi doit se cacher.
                        Eugène Varlin  
                     Benît Malon
    Le 25 avril, vingt-cinq grévistes comparaissent devant le tribunal correctionnel d’Autun qui prononce des peines de prison allant de trois ans à dix-huit mois. Une centaine de mineurs sont licenciés. Face à cette sévère répression, des mineurs, de plus en plus nombreux, reprennent le travail. Le comité appelle à cesser la grève.
    Les grèves de février et mars 1870 n’ont pas abouti à la satisfaction des revendications mais elles auront une grande influence sur l’avenir du mouvement ouvrier dans toute la France. Au Creusot, elles auront des suites après la chute de l’Empire et au moment de la Commune de Paris.
    UN OUVRIER, MAIRE DU CREUSOT.
    En 1870, les mineurs et ouvriers du Creusot ne sont pas seuls à se mettre en grève. À Lyon, les ovalistes, employées dans les filatures, ont obtenu des salaires plus élevés et des journées de travail plus courtes. Aux élections de 1869, l’opposition républicaine a enregistré des progrès. Napoléon III riposte en organisant un plébiscite en mai 1870. Au Creusot, les républicains s’unissent dans un Comité antiplébiscitaire animé par Dumay et Assi. Le préfet fait arrêter Assi et Schneider licencie Dumay. Mais le stratagème imaginé par Napoléon III ne trompe pas les habitants du Creusot qui sont 3 400 à répondre non, contre 1 500 qui votent oui. 
    Après la déclaration de la guerre à la Prusse, la section du Creusot de l’Internationale appelle à une manifestation en faveur de la paix qui rassemble 4 000 personnes.
    Le 4 septembre, Schneider préside le Corps législatif quand le peuple parisien envahit cette assemblée. Les manifestants l’accompagnent jusqu’à son hôtel aux cris de :
    « À mort l’assassin du Creusot ! À mort l’exploiteur des ouvriers ! »
    Schneider s’exile en Angleterre.
    Au Creusot, deux camps s’affrontent : d’une part, un comité républicain regroupe les ouvriers de  l’Internationale et des républicains avancés ou modérés ; d’autre part, les bonapartistes, royalistes et républicains conservateurs soutenus par la direction de l’usine. Les Prussiens s’approchant du Creusot, un comité de Défense nationale se met en place, présidé par Dumay, lequel est nommé « maire provisoire » le 24 septembre par l’administration préfectorale installée par Gambetta, nouveau ministre de l’intérieur.
    Dumay demande la dissolution du conseil municipal élu sous l’Empire et composé des cadres de l’usine, le licenciement des gardes nationaux et groupes armés de l’usine et l’armement d’une nouvelle garde nationale populaire et républicaine. Gambetta refuse le premier point. Il ne veut pas mécontenter la direction de l’usine qui produit de l’armement pour la défense nationale.
    La nouvelle garde nationale se met en place. Elle élit des officiers républicains. Mais le préfet refuse les armes promises. Les clubs républicains organisent la défense face aux Prussiens qui approchent du Creusot. 
    Manifestation des femmes au Creusot. Dessin d’Yon, BN Estampes
    Le parti réactionnaire intrigue contre le maire et les Républicains. Il est écouté par Gambetta qui, par télégramme, « blâme » Dumay pour entraves à la marche de l’usine et désordres dans la ville. Dumay donne sa démission. Gambetta l’accepte en précisant : « il n’y a pas d’homme nécessaire ». Les démocrates ripostent en organisant une réunion au cours de laquelle « 3 000 citoyens du Creusot protestent contre la démission du citoyen Dumay… protestent contre les termes dans lesquels elle a été acceptée par le ministre de l’Intérieur, attendu que le citoyen Dumay est aussi nécessaire au Creusot que le citoyen Gambetta à Tours ». Gambetta cède. Il refuse la démission de Dumay et accepte enfin la dissolution du conseil municipal.
    Aux élections législatives du 8 février 1871, Dumay est candidat et recueille 77 % des suffrages au Creusot, mais sur l’ensemble de la Saône-et-Loire, la liste bourgeoise conservatrice emmenée par Thiers l’emporte. Le parti réactionnaire suscite des troubles et le gouvernement envoie des troupes au Creusot.
    LA COMMUNE AU CREUSOT.
    Le gouvernement de Thiers veut en finir avec les républicains du Creusot. Le 5 mars, le préfet de Saône-et-Loire démissionne. Ami de Gambetta, qui n’est plus ministre de l’Intérieur, il s’efforce d’atténuer les tensions entre les démocrates du Creusot et le gouvernement. Le remplaçant de Gambetta demande au préfet de destituer le maire et le commandant de la Garde nationale. Le Comité républicain ajoute à son titre l’épithète de « socialiste ». Il soutient fermement Dumay et noue des relations avec les autres comités républicains de la région.  
                              Léon Gambetta
    Le 19 mars, la Commune de Paris commence. Le 24 mars, au cours d’une réunion publique 3 000 Creusotins adressent à la Garde nationale de Paris « l’expression de leur vive sympathie ». Une manifestation en faveur de la Commune de Paris est préparée par le Comité républicain et socialiste : les gardes nationaux seront convoqués pour une revue. Dumay, avec deux compagnies de gardes s’installera à la mairie. Les autres responsables du Comité harangueront les gardes nationaux et prendront la tête du cortège qui viendra demander au maire de proclamer la Commune.
    Le 26 mars, les choses ne se passent pas exactement comme prévu. Le préfet, le procureur général, le commandant militaire de la place sont en alerte. Les autorités ont réagi en envoyant sur la place de la mairie une compagnie d’infanterie et deux groupes de cuirassiers. Sur les trois bataillons de la garde nationale prévus, un seul (800 hommes) se dirige vers la mairie.
    L’affrontement est à craindre, mais soldats et gardes nationaux fraternisent. Dumay proclame la Commune du Creusot depuis une fenêtre du premier étage de la mairie.
    Trente-deux personnes forment la Commune et rédigent une déclaration qui affirme vouloir exercer pendant quelques jours les pouvoirs administratifs en attendant des élections… « Toutes les mesures d’administration communales seront immédiatement soumises à l’appréciation du peuple en réunion publique ou par voie d’affiches ».
    Les membres de la Commune décident l’occupation de la gare, du télégraphe et de la poste par la garde nationale. Il est trop tard. L’armée occupe déjà les trois bâtiments visés.
    Dans la nuit, le préfet envoie des renforts militaires qui quadrillent la ville. Le 27 mars, impressionnés par le déploiement militaire, la plupart des ouvriers vont à leur travail. La Commune du Creusot a échoué. Dumay s’attend à être arrêté. Mais les autorités hésitent ; elles craignent la réaction des ouvriers dont beaucoup sont armés.
    Elles proposent la fin des poursuites contre Dumay en échange de sa promesse de se retirer à Autun. Dumay refuse et écrit au préfet qu’il continuera à combattre le gouvernement de Thiers. Une ultime manifestation a lieu le soir, renforcée par les ouvriers qui sortent de l’usine.
    Le 28 mars, le calme est revenu. La plupart des membres du Comité républicain s’exilent à Genève. Quelques uns sont emprisonnés. Dumay se cache au Creusot pendant toute la durée de la Commune à Paris.
    Fin avril, le préfet ordonne le désarmement de la garde nationale. 700 fusils et 20 000 cartouches sont récupérées. Mais de nombreux ouvriers gardent leurs armes.
    Aux élections municipales du 30 avril, Dumay toujours clandestin affronte le fils Schneider. Au premier tour, la liste démocrate a quatre élus contre un seul aux réactionnaires. Schneider fils réagit en licenciant une centaine d’ouvriers. Les autres sont soumis à un chantage : le pain en votant Schneider contre la famine avec le vote Dumay. La droite remporte le deuxième tour, mais la liste démocrate obtient un succès certain avec une moyenne de 2 400 voix.
    Les 28 et 29 juin se déroule, devant la Cour d’assises, de Chalon le procès de 22 Creusotins accusés d’avoir participé à l’insurrection. Les treize accusés présents sont acquittés. Dumay et cinq autres dirigeants démocrates en fuite sont condamnés, par contumace, le premier aux travaux forcés à perpétuité, les autres à la
    déportation en enceinte fortifiée.
     
    La Commune du Creusot a été un affrontement de classes entre le capitalisme incarné par les Schneider, et
    le prolétariat encore inexpérimenté, mais qui a menacé un temps le pouvoir des maîtres de forges. 
    YVES LENOIR
     
    (1) Né à Roubaix en 1841 ; militant ouvrier à la fin du Second Empire, il adhère à l’Internationale. Pendant le siège de Paris par les Prussiens, il est officier de la Garde nationale. Membre du Comité central, il occupe l’Hôtel de ville de Paris le 18 mars 1871. Il est élu de la Commune dans le XIe arrondissement de Paris. Arrêté le 21 mai par les troupes versaillaises entrant dans Paris, il est condamné à la déportation en
    Nouvelle-Calédonie. Meurt à Nouméa en 1886.
    (2) Né à Précieux (Loire) en 1841 ; fils de journaliers, berger dans son enfance, il devient ouvrier teinturier. Membre actif de l’Internationale. Élu député en 1871, il démissionne peu après. Elu de la Commune dans le XVIIe arrondissement.
    Condamné à mort par contumace, il se réfugie en Suisse où il écrit une histoire de la Commune sous le titre : La troisième défaite du prolétariat. Meurt à Asnières en 1893. 
    Bibliographie : Pierre Ponsot, Les grèves de 1870 et la Commune de 1871 au Creusot, Editions sociales (1958) 
     
    Jean-Baptiste Dumay
    Né au Creusot (Saône-et-Loire) le 10 septembre 1841, il est le fils posthume d’un mineur de charbon tué lors d’un coup de grisou. Enfant, il
    fréquente un instituteur révoqué par le Second Empire et un ancien déporté de 1851.
    Il entre à l’usine à treize ans comme apprenti mécanicien-tourneur. Il en est chassé à dix-neuf ans pour avoir poussé des apprentis à revendiquer. Il accomplit alors un tour de France ouvrier En 1860, un mauvais numéro de tirage au sort l’oblige à accomplir un service militaire de cinq ans et demi.
    Revenu au Creusot en 1868, il rentre aux usines Schneider. Il participe à l’organisation des grèves de 1870 et
    de la Commune de 1871 au Creusot. (Voir l’article précédent).
    Après la chute de la Commune, Jean-Baptiste Dumay rejoint les révolutionnaires creusotins en exil à Genève. Durant son séjour en Suisse, il travaille aux ateliers de réparation des machines servant au creusement du tunnel du Saint-Gothard. En même temps, il milite à la Section de propagande et d’action révolutionnaire socialiste de Genève, constituée le 8 septembre 1871 à l’initiative des proscrits français et hostiles au Conseil général de Londres de l’Internationale. Il représente cette section au congrès de la Fédération jurassienne tenu à Locle le 19 mai 1872.
    Rentré en France en 1879, après l’amnistie partielle, il retourne au Creusot où il crée la Fédération ouvrière de Saône-et-Loire qui vise à rassembler les militants des chambres syndicales avec ceux du jeune Parti ouvrier. Il anime une grève à Montceau-les-Mines.
    En 1882, il s’installe à Paris où il milite à la Fédération des travailleurs socialistes, puis au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire dirigé par Jean Allemane. Il est élu conseiller municipal de Paris en 1887, et député en 1889. Cette année là, il est délégué au congrès fondateur de la Deuxième internationale.
    Interpellant le ministre de l’Intérieur, Constans, le 4 mai 1891, à propos de la fusillade de Fourmies, il s’exclame : « je suis bien certain que, dans le monde ouvrier, on ne vous accordera pas les circonstances atténuantes, et vous porterez, toute votre vie, le stigmate de Fourmies* comme l’Empire portera le stigmate de La Ricamarie* ».
    De 1896 à 1905, il est régisseur de la Bourse du Travail de Paris. En 1906, il est secrétaire de la Chambre consultative des associations ouvrières. En 1914, habitant à Chelles (Seineet- Marne), il est nommé maire provisoire de la ville dont il organise la défense.
    Jean-Baptiste Dumay meurt à Paris le 27 avril 1926. Ses cendres se trouvent au columbarium de cimetière du Père Lachaise, case 5562.
    Yves Lenoir
     
    Cette biographie est extraite, pour l’essentiel du Maitron, dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français. 
     (*) Lieux de fusillades de manifestations ouvrières : La Ricamarie (Loire), 13 morts le 16 juin 1869 ; Fourmies (Nord), 10 morts le 1er mai 1891.

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