• 27 mai, Calonne Ricouart     : 70ème anniversaire de la grève de mai-juin 1941 hommage aux mineurs et leur compagne  

    de : via P.Bardet, UL CGT d'Auchel

    70ème anniversaire de la grève de Mai-Juin 1941

    Hommage aux mineurs et leur compagne 

    INVITATION

     

    L’UNION LOCALE CGT D’AUCHEL la municipalité de Calonne-Ricouart et André Delcourt, son maire et conseiller général, les Amis d’Edward Gierek, les sections du Parti communiste français d’Auchel, Calonne-Ricouart, Marles-les-Mines, Divion et Cauchy-à-la-Tour, vous invitent à l’hommage qui sera rendu aux 100 000 mineurs et leur compagne qui défièrent l’occupant allemand, l’administration vichyste et le patronat des Mines.  

    CALONNE-RICOUART

    Hôtel de Ville

    VENDREDI 27 mai 2011 à 18H00  

    ______________

     

    70e anniversaire de la grève des mineurs de Mai-Juin 1941

     Par Jacques Kmieciak (SNJ – CGT)

     Pacte pour l’euro : un FMI européen

    « Seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle à la France profanée »  

    Elle restera dans l’histoire comme l’une des plus importantes mobilisations de masse en Europe occupée par les nazis. La grève de Mai-Juin entraîna, à son apogée, 100 000 mineurs et leur compagne dans la lutte. Pour du pain, du savon noir, de l’huile, de meilleures conditions de ravitaillement et de travail et forcément l’indépendance nationale… La répression fut impitoyable. Ce mouvement, il y est vrai circonscrit au Nord-Pas-de-Calais, tarde à gagner sa place dans les manuels scolaires. Il y a vingt ans, l’association « Mai-Juin 1941 » joua un rôle considérable dans la reconnaissance tardive de son caractère patriotique par l’Etat.  

    Mai 1940. La France capitule. Le Nord-Pas-de-Calais passe sous la botte allemande. Il est rattaché au commandement militaire de Bruxelles en qualité de « zone interdite ». Le patronat des Mines s’apprête à savourer sa revanche sur 1936. Dans un contexte de pénurie alimentaire et pire de difficulté d’accès au marché noir, il renforce sa pression sur les « gueules noires » : allongement de la durée du travail, blocage des salaires, augmentation des cadences et multiplication des brimades ! La surexploitation physique dont sont victimes les travailleurs est un sujet d’étonnement chez les… Allemands même. Dans les mines, le malaise s’exprime par des arrêts de travail dès l’automne 1940. Le 11 novembre, 40.000 mineurs boudent le fond. La grève de l’Escarpelle rythme le mois de janvier 1941… Le 1er mai suivant offre l’occasion au Parti communiste français clandestin d’une démonstration de force. Dans L’Enchaîné du Pas-de-Calais, Auguste Lecoeur, l’un de ses animateurs, appelle à en faire une « journée de lutte contre le double joug de la domination capitaliste et étrangère ». Des « Thorez au pouvoir » ornent les murs des cités où fleurissent les drapeaux rouges… 

    Le 27 mai au puits Dahomey  

    Lorsque la compagnie des Mines de Dourges prétend réintroduire « le paiement des ouvriers à l’abattage par équipes », c’est le déclic. De la fosse 7 de Montigny-en-Gohelle, les premiers mineurs cessent le travail à l’appel des communistes et plus particulièrement de Michel Brulé, l’animateur local du Comité d’Union syndicale et d’Action (CUSA), organisation clandestine qui défie la logique chartiste de collaboration de classe voulue par Vichy. Nous sommes le 27 mai. Le mouvement se répand alors très vite à l’ensemble de la concession de Dourges puis au bassin en même temps que les revendications s’élargissent. Les grévistes réclament du pain, du savon. Et la cessation des brimades ! La CGT interdite par Vichy, la SFIO liquéfiée ; certains de ses membres sombrant dans la collaboration, le PCF apparaît alors comme « le seul à pouvoir mener un combat social », selon l’historien Yves Le Maner. Le parti a l’opportunité de pouvoir s’appuyer sur une corporation minière qui fait bloc, rivée à son poste de travail du fait des mesures de réquisition prises dès 1939. 

    4 mineurs sur 5 en grève !  

    En Belgique, un mouvement de contestation similaire avait entraîné 7 000 mineurs du bassin de Liège dans la grève du 17 au 24 mai. Le patronat avait satisfait les revendications des mineurs et tout était rentré dans l’ordre. Ici, il rechigne à y répondre favorablement. Aussi le mouvement s’inscrit-il dans la durée… Les travailleurs immigrés dont les Polonais parfois majoritaires à l’abattage, mais aussi les compagnes des mineurs en sont largement partie prenante. Du 2 au 4 juin, 100 000 travailleurs en grève, dont désormais des gaullistes, mais aussi des socialistes et des chrétiens… « Le chef d’orchestre était communiste, mais tous les musiciens, loin s’en faut, ne l’étaient pas », dira Auguste Lecoeur. 80 % de la corporation a débrayé ! Les femmes entrent dans la danse et défilent dans les corons… 

    Le Bassin minier en état de siège !  

    Dans un pays noir encore largement imprégné d’une anglophilie qui date de la Grande Guerre, et marqué par le souvenir des atrocités teutonnes de 1940, à Courrières et Oignies…, le « mouvement de défense sociale est en train de se transformer en pulsion de révolte contre l’occupant. La grève acquiert un caractère de lutte nationale », soutient Yves Le Maner. Le caractère antiallemand des bulletins et tracts communistes le montre. L’ordre public est menacé et surtout l’appareil de production désorganisé. Un moment dans l’expectative, l’occupant avec le soutien de l’administration française réagit, devant l’incurie du patronat. C’est l’état de siège. Lieux publics fermés, salaires non payés, vivres non distribués, premières arrestations au hasard pour accroître l’effet de terreur avec en point d’orgue une vague d’arrestations (dont 47 femmes) à l’aube du 6 juin. Les premières « se font au hasard pour créer un effet de stupeur, puis elles sont plus ciblées sur la base de listes fournies par le patronat », rappelle Alain Durand, animateur de l’antenne du Pas-de-Calais des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. L’armée reçoit le soutien de la Gestapo. Un climat de terreur s’installe. L’effet escompté se produit avec une progressive reprise du travail. Le 10 juin, la grève est terminée. 

    Une répression à la hauteur des enjeux  

    Le bilan de la répression est terrible. 450 personnes auront été emprisonnées. 250 mineurs environ sont acheminés vers le camp de concentration d’Oranienburg-Sachsenhausen, au nord de Berlin. Les mineurs nordistes composent ainsi le premier convoi de déportés de la France occupée. 130 y laisseront leur vie. D’autres militants communistes gagneront la clandestinité et alimenteront les premiers bataillons de la lutte armée… qui se développera dans la foulée de l’invasion de l’URSS par l’Allemagne, le 22 juin 1941. Première mobilisation de masse de cette ampleur et de cette durée en Europe occupée, la grève des mineurs de Mai – Juin 1941 met en lumière le rôle incontournable des communistes du Pas-de-Calais, dans la lutte contre l’occupant et pour l’indépendance nationale. En effet, cette action n’aurait jamais eu ce caractère de masse si elle n’avait été relayée par le PCF clandestin du Pas-de-Calais réorganisé autour d’Auguste Lecoeur et Julien Hapiot, rompus à la lutte antifasciste en Espagne, ou encore de Maurice Deloison, Gustave Lecointe ou Nestor Calonne. Selon Alain Durand, il s’agit « de la spécificité du Pas-de-Calais », à l’heure où la Fédération du Nord restait fidèle à la ligne du Komintern de dénonciation d’une guerre entre puissances impérialistes qu’il s’agissait de renvoyer dos à dos. 

    Une action finalement récompensée !  

    Cette action a porté un coup terrible à la machine de guerre allemande en lui faisant perdre 500 000 tonnes de charbon. Elle a mis en lumière la dimension collaborationniste du patronat des Mines et de la police française et le rôle d’avant-garde de la classe ouvrière dans la libération du pays. Comme le soulignera l’écrivain François Mauriac : « Seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle à la France profanée. » Les murs de la citadelle d’Arras en témoignent encore aujourd’hui… Le premier convoi de déportés à prendre la direction de l’Allemagne sera ainsi composé d’ouvriers-mineurs. La grève n’aura cependant pas été vaine. Pour améliorer le ravitaillement, les compagnies consentiront à la création du Service d’Approvisionnement des Houillères, l’ancêtre des coopératives « CCPM » bien connues des anciens.

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    http://pcautunmorvan.eklablog.com/accueil-c507451#!/julien-hapiot-l-historique-a3646487


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  • Abolition de l’esclavage : le décret du 27 avril 1848 (M-C Permal)

    Pacte pour l’euro : un FMI européen

    Chaque année, nous fêtons le 22 mai et nous nous souvenons avec émotion et fierté de la grande révolte qui a mis fin en Martinique au système esclavagiste : l’émancipation n’a pas été octroyée, nous savons que nos ancêtres l’ont conquise. Le soir du 22 mai, SAINT-PIERRE est en flammes. Le 23 au matin le gouverneur ROSTOLAND , pressé par le conseil municipal de la ville, signe le décret d’abolition : « Considérant que l’esclavage est aboli en droit et qu’il importe à la sécurité du pays de  mettre immédiatement à exécution les décisions du gouvernement de la métropole pour l’émancipation générale dans les colonies françaises.  Article 1 : L’esclavage est aboli à partir de ce jour à la Martinique. ». C’est le décret du 27 avril 1848 que le gouverneur Rostoland invoque pour s’autoriser à abolir l’esclavage en Martinique. Dès mars 1848, ce décret est attendu en Martinique, dans l’impatience par les esclaves, dans la crainte par les maîtres ;  on sait qu’il existe et il tarde à venir. On sait qu’une révolution s’est produite en France, que le roi Louis-Philippe a été contraint à l’abdication, et que la IIème République a été proclamée. On sait aussi que le Gouvernement Provisoire, au pouvoir en attendant l’élection et la réunion d’une assemblée nationale constituante, comprend des abolitionnistes et parmi eux  Arago, Lamartine et Victor Schœlcher, sous-secrétaire d’Etat à la Marine et aux Colonies. On sait que pour ces républicains convaincus,  l’esclavage est « un attentat contre la dignité humaine » et « une violation du dogme républicain : liberté, égalité, fraternité » et qu’il y a une contradiction fondamentale entre l’esclavage et la république …

    Lire la suite sur http://www.cgt-martinique.fr/syndicat-cgt-martinique-dates-historiques-exposes-debats.asp


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  • Beaucoup de silence autour de la Libye pour cause de nouvelle actualité. Pourtant, la guerre se poursuit. Alors, il n’apparaît pas inutile de replacer cette nouvelle guerre dans une perspective historique : celle d’un nouveau colonialisme à l’heure du mondialisme. Avec les arguments de notre époque : les droits de l’homme, la démocratie.

    Cela s’appelait en 1911, apporter la civilisation. Comme le montre une affiche publiée sur le site de la ldh-Toulon. Elle accompagne un article d’Alain Ruscio qui met en avant un triste et symbolique anniversaire. En effet, la conquête de la Tripolitaine (région de l’actuelle Libye) s’est accompagnée des premiers bombardements aériens, la première utilisation d’avions pour bombarder des populations!

    Théorie marxiste

    Le blog, du fait de l’action de Rosa Luxemburg, est souvent amené à faire connaître des articles, des textes, des actions sur l’impérialisme qui de colonisation en exploitation s’est développé à la fin du XIXème siècle et qui a mené au premier conflit mondial. La conquête de la Tripolitaine par l’Italie a été l’un des moments importants de cette marche vers la guerre.

    Jaurès dans l’article reproduit ici, tire les conclusions générales de la situation créée par le colonialisme, et le développement capitaliste dans les pays occidentaux et dans le monde.

    CONCLUSIONS GENERALES

    Jaurès - La Dépêche - 06.11.1911

    lire

    "La Chambre au jour prochain de sa réunion, ne sera pas seulement en face de problèmes particuliers d’une extrême gravité. Elle devra, pour sa politique générale, pour la direction du pays, tirer les conclusions des formidables évènements qui se sont accumulés dans la période des vacances parlementaires.

    Jamais il n’y eut, je crois, dans les sociétés humaines, une plus étrange et plus vaste fermentation. La question marocaine a développé les menaces de conflit qu’elle récelait. La tension franco-allemande, un moment aggravée, semble se résoudre pour un accord, qui selon l’esprit où on l’appliquera amènera une détente durable ou au contraire un redoublement de difficultés, de suspicions ou de heurts. L’Italie, encouragée par des traités secrets qui sont un monument obscur d’immoralité, et dont notre politique est responsable, s’est jetée sur la Tripolitaine par un acte de violence sans excuse, et dont on n’a même pas pris la peine de dissimuler l’odieux par des prétextes qui soutiennent une minute la discussion. Un sourd malaise pèse sur les Balkans. Entre la presse française et la presse espagnole s’échangent des propos hostiles et presque des défis.

    Pendant ce temps, les peuples souffrent : la cherté de la vie provoque des émeutes ; les réformes sociales réduites à des proportions exigües par la pénurie des budgets surmenés de militarisme, se meuvent lentement, lourdement au travers de l’indifférence de la désaffection. Le prolétariat anglais, rompant avec les habitudes de mesure qui depuis deux générations le caractérisaient, manifeste son impatience. Le monde musulman, partout violenté ou menacé, semble resserer de pays à pays, ses liens de solidarité, et il prépare à l’Europe, égarée par des convoitises sans frein, de redoutables entreprises ; les exécutions sommaires odieuses des Arabes de Tripoli par les troupes italiennes laissent dans les âmes musulmanes un profond ressentiment. En Asie, une révolution libérale et peut-être républicaine ébranle la masse énorme des Célestes qui accuse sa dynastie mandchoue non seulement d’absolutisme, de favoritisme et de corruption, mais de faiblesse envers l’étranger qui a entamé l’Empire et qui s’est flatté un moment de le dépecer. Dans toute l’Amérique, Amérique du Sud et Amérique du Nord, de l’Argentine au Canada, la question du peuplement, de la main d’oeuvre et de l’immigration se pose dans des conditions nouvelles qui pourront avoir une sérieuse influence sur la vie du prolétariat dans l’Ancien et le Nouveau Monde.

    Et dans tous les pays européens, en Allemagne comme en France, en Autriche comme en Espagne, la politique intérieure est incertaine, confuse, flottante, entre une démocratie libérale ou radicale dont les forces d’élan s’épuisent et qui a peur des idées générales et une démocratie socialiste et ouvrière encore inorganique, trop faible encore et trop divisée pour imprimer aux événements une marche vigoureuse et définie. Ce n’est que par la force d’idées claires et vastes que les nations échapperont à ces incertitudes épuisantes et à ces crises.

    Deux grands faits se dégagent, qui commandent une grande action. D’abord, la cause principale de la cherté de la vie, c’est la rupture d’équilibre qui s’est produite partout dans le monde entre la puissance de la production agricole, trop négligée et la force croissante de consommation des masses humaines agglomérées par la civilisation industrielle. Il faut que les sociétés humaines adoptent toutes un plan méthodique pour développer partout la productivité du sol, pour intéresser les peuples, dans l’Ancien Monde comme dans le Nouveau, au travail agricole, pour ramener vers le perfectionnement technique de l’agriculture universelle une large part des capitaux absorbés par les exigences fébriles et les fantaisies onéreuses des villes de fumée, d’électricité, de fièvre et de luxe.

    Et en second lieu, il faut, par un effort immense, mettre un terme à ce régime de paix armée, de la déloyauté générale et du gaspillage militaire qui ruine et affole les nations, qui creuse les budgets, aggrave les impôts, paralyse les affaires, secoue le crédit, surexcite les défiances et prépare des secousses de misère et de sauvagerie, des spasmes de révolution brutale dont la responsabilité retombera toute entière sur ceux qui ne veulent pas voir.

    Si l’action politique de demain n’est pas conduite par ces idées générales, elle ne sera qu’intrigue et expédient : et le monde humain n’ira à son but que par des ornières cahotantes et ensanglantées.

    (Jaurès. L’intégrale des articles publiés de 1887 à 1914 dans la Dépêche - Editions Privat -P 805 )

    Par lieb Publié dans : Contre la guerre, le militarisme, le colonialisme

    lire aussi :

    Rosa Luxemburg sur le Maroc

    Il y a cent ans, les bombardements aériens ouvraient la voie à la civilisation en Lybie : lire

    comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com


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  • Ils ont sauvé la République et fait vivre la démocratie. Réhabilitons les communards

    LES AMIS DE LA COMMUNE DE PARIS 1871
     

    « L’histoire finira par voir clair et dira que nous avons sauvé la République ». Ces paroles d’Eugène Varlin, prononcées la veille de sa mort, le 28 mai 1871 raisonneront à nos oreilles 140 ans plus tard, ce prochain 28 mai, quand nous effectuerons la « Montée au Mur ». En tête de leurs écrits, les Communards affirmaient les principes qui motivaient toute leur action : Liberté, Egalité, Fraternité la devise de République française, pour laquelle ils luttaient.

    La glorieuse épopée de la Commune inspire les combattants d’aujourd’hui pour la démocratie, la paix, le progrès social, les droits au travail, à un logement décent, à la santé, à une vie et une vieillesse heureuses, des services publics accessibles à tous, la laïcité, la culture, un enseignement de qualité pour tous les enfants et adolescents, et aussi pour les adultes qui en ont été privés. Ces droits, nous les revendiquons pour toutes celles et ceux qui vivent dans notre pays, quelles que soient leurs origines, leur sexe, leur nationalité, la couleur de leur peau, leurs opinions philosophiques ou religieuses. Lors de ces luttes d’aujourd’hui, nous avons en mémoire l’œuvre et les idéaux toujours vivants de la Commune de 1871, sa modernité et son actualité.

    Il y a 140 ans, au printemps de 1871, le peuple de Paris prenait le pouvoir. Pour les représenter, les Parisiens choisissaient, parmi leurs voisins et compagnons de travail, les hommes qui avaient lutté les années précédentes contre le régime policier et guerrier du Second Empire, contre la féroce exploitation dont ils étaient victimes, pour de meilleures conditions de vie et de travail. Un tiers de ces élus du peuple étaient des ouvriers, un taux qui n’a jamais été atteint dans aucune assemblée élue depuis cette époque mémorable. Les femmes et les étrangers ont participé formidablement à la Commune. En soixante douze jours, les élus de la Commune et la population parisienne ont réalisé une œuvre démocratique, sociale, culturelle, humaniste, considérable qui a inspiré l’ensemble du mouvement ouvrier et démocratique du XXe siècle et nous interpelle encore aujourd’hui. Cette année 2011, du 140e anniversaire de la Commune, est marquée par une multitude d’initiatives des associations, syndicats, partis de gauche, municipalités qui organisent des expositions, colloques, débats pour rendre hommage aux Communards, perpétuer leur œuvre et leurs idéaux.

    Nous avons une pensée pour celles et ceux qui, par milliers, ont été fusillés, emprisonnés, déportés, exilés. Les communards qui ont survécu aux massacres, aux épreuves de la prison et du bagne, ont été amnistiés en 1880 et ont pu revenir en France. Mais il reste à réhabiliter toutes les victimes de la répression versaillaise, à leur restituer leur dignité pour qu’ils retrouvent toute leur place dans la mémoire nationale. Engageons-nous à le faire pour le 140e anniversaire de la Commune.

    COMMUNIQUE DE PRESSE

    Samedi 28 mai 2011 Montée au Mur des Fédérés

    Rendez-vous à 14 h 30 à l’entrée du cimetière du Père Lachaise, rue des Rondeaux, Paris 20e, Métro Gambetta Prise de parole des Amis de la Commune

    A partir de 1880, année de l’amnistie et du retour d’exil ou de déportation des anciens Communards, la manifestation de mai devant le Mur des Fédérés au cimetière du Père Lachaise est une tradition du mouvement ouvrier et démocratique. Cette « montée au Mur » est l’occasion de rendre hommage aux Communards, de perpétuer leurs idéaux et de montrer la modernité de leur œuvre démocratique et sociale. Pour le 140e anniversaire de la Commune, une pétition est mise en circulation pour demander la réhabilitation de la Commune et des Communards. (Textes en annexes)


    Du samedi 28 mai au dimanche 19 juin 1871, La Commune de Paris, une histoire moderne Exposition au réfectoire des Cordeliers 15, rue de l’Ecole de Médecine, Paris VIe Métro Odéon Tous les jours de 11h à 19h ; nocturnes le jeudi jusqu’à 20h30 Exposition organisée par le Comité d’Histoire de la ville de Paris (Programme en annexe)


    Tout au long de l’année 2011, 140e anniversaire de la Commune, se déroulent de multiples initiatives avec des projections de films, conférences, expositions, débats, promenades sur des lieux historiques de la Commune, (Voir le site www.commune1871.org).

    IMPORTANT

    Nous sommes à la disposition, des journalistes pour interviews, articles et rencontres, autour du thème de la réhabilitation de la Commune et des Communards et tout autre sujet pouvant les intéresser. Vous pouvez nous contacter par courriel, téléphone ou voie postale.

    LES AMIS DE LA COMMUNE DE PARIS 1871 46, rue des Cinq-Diamants – 75013 Paris – 06 30 76 12 65 – amis@commune1871.org – www.commune1871.org

     http://www.legrandsoir.info/Ils-ont-sauve-la-Republique-et-fait-vivre-la-democratie-Rehabilitons-les-communards.html

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  • Théorie marxistede Bernard LAMIRAND

    Il faisait un temps superbe ce jour là comme aujourd’hui.

    Un joli mois de Mai dans toute l’expression du terme.

    Une grande journée de manifestation que ce 13 mai 1968.

    Le lendemain, les occupations d’usines vont commencer et se multiplier et plus de 10 millions de grévistes vont réclamer leur dû au patronat et au pouvoir. Des centaines de milliers de travailleurs vont ainsi défiler dans les rues des grandes villes françaises.

    Le monde du travail, après les manifestations étudiantes réprimées par le pouvoir Gaulliste, entrait en action.

    Dans ce 13 mai 1968 pesait 10 ans d’un pouvoir autoritaire mis en place avec l’aide de colons et des généraux félons de l’OAS à Alger en 1958.

    J’ai dû ingurgiter comme beaucoup de gens du peuple ces 10 ans de gaullisme ; d’abord comme étudiant, puis ouvrier jardinier dans une propriété bourgeoise calaisienne ou la famille De Gaulle avait ses quartiers, et ensuite ayant repris mes études et ayant obtenu un diplôme d’aide comptable, j’étais embauché successivement dans une usine textile calaisienne puis à Usinor Dunkerque où j’allais vivre l’occupation de mon entreprise comme syndiqué de la CGT.

    10 ans de gaullisme avec une bourgeoisie féroce, qui pesait sur tout, et nous empêchait, nous les jeunes, de nous exprimer et de sortir de ce carcan hérité d’un cléricalisme désuet et d’un monde patronal paternaliste.

    Ces 10 ans furent l’objet de nombreux combats de la jeunesse et en premier lieu pour mettre fin à cette ignoble guerre d’Algérie, dernier avatar d’un colonialisme raciste et xénophobe.

    Je militais à cette époque à la jeunesse ouvrière catholique et nous combattions autant cette sale guerre et aussi pour le respect des jeunes au travail.

    C’est à partir de là, que j’ai connu et découvert le syndicalisme et la lutte de classe.

    Théorie marxiste

    Mai 68 m’a permis de devenir un militant engagé comme on disait à cette époque et j’en suis fier aujourd’hui d’avoir été partie prenante de ces moments forts où l’unité de la classe ouvrière n’était pas un vain mot. Après 36, après la libération, qui furent certainement des grands moments d’enthousiasme, ce mai 68 devenait une nouvelle date dans l’histoire du mouvement ouvrier.

    Nous avons obtenu pas mal de choses dans nos luttes à cette époque parce que nous avons été capables de dépasser les vieux clivages et de nous unir avec nos différences.

    Mai 68, le journal l’humanité vient de publier un sondage qui montre que ce moment n’a pas été oublié par les français et surtout par les jeunes et qu’il est symbole de révolte et de changement encore aujourd’hui. Sarkozy qui voulait en faire un moment de répulsion en est pour ses frais.

    Les tentatives réactionnaires pour le dévaloriser font plouf.

    Le folkloriser « méthode Cohn Bendit » montre que cet individu a bien retourné sa veste.

    Bien sûr, l’histoire ne se répète pas, mais elle peut servir à d’autres moments forts.

    Je suis persuadé que la jeunesse d’aujourd’hui se prépare à faire sa propre révolution face à ce pouvoir issu de 1958 et qui n’a que trop duré.

    Cela suppose d’expédier aux archives tous ces batteurs d’estrade de droite comme de gauche et d’extrême gauche qui embouteillent la vie sociale, économique et politique.

    Dans tout cela les idées communistes ont toutes leur place.

    Bernard LAMIRAND PCF J’y tiens.

      
      

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    Bellaciao http://bellaciao.org/fr/spip.php?article66013


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  • Théorie marxisteIl y a bien eu un coup d'Etat le 13 mai 1958

    Un anniversaire de plus, mais généralement passé sous silence: voici 53  ans jour pour jour qu'à Paris l'Assemblée Nationale investit Pierre  Pflimlin (MRP) à la tête d'un gouvernement de coalition  avec des  socialistes, des radicaux et des démocrates-chretiens. A Alger le  Gouvernement Général est occupé et mis à sac par les partisans de  l'Algérie Française, couverts par l'armée. Deux jours plus tard le  général De Gaulle se déclare "prêt à assurer les pouvoirs de la  République". La V° du nom va naître de ce qui est un coup d'Etat dans la parfaite tradition bonapartiste.

    Un demi-siècle plus tard, ces circonstances gênent ou sont minimisées. Le  ralliement aux institutions gaullistes est tel, l'engouement pour les  élections présidentielles est si grand qu'on préfère oublier, à droite  mais aussi à gauche cet avènement par la force d'un régime qui nous  régit toujours. Pourtant comme l'a jugé Serge Berstein, "c'est un 6  février 34 qui aurait réussi"; ce qui n'est pas rien. Ce coup d'Etat a e effet repris la même division du travail entre les ligues  d'extrême-droite et la droite parlementaire dans les années Trente quand celle-ci faisait appel à celles-là pour déstabiliser le pouvoir quand  la gauche le détenait. L'occultation de cette réalité tient pour  beaucoup à la manière dont De Gaulle a ensuite promu une république  autoritaire, le faisant passer pour un acteur consensuel capable de  juguler les pulsions fascisantes de l'armée coloniale. Il aurait en  quelque sorte sauvé l'essentiel, vu "l'effondrement naturel de la IV°  République", thèse gaulliste récurrente.

    Et pourtant: les réseaux gaullistes ont bien été déterminant dans ce coup  d'Etat. Celui des partisans de l'Empire colonial (Foccart, Guichard);  celui des "Républicains sociaux" (Michel Debré) qui mènent campagne  permanente depuis juin 57 à la fois pour l'Algérie française et pour une révision constitutionnelle; celui des néo-bobapartistes ( Sanguinetti)  qui préparent une action subversive contre la IV° République. Ils  s'appuient sur les associations d'anciens combattants mais aussi la  presse populaire de Dassault (Jours de France) pour exiger de René Coty  un appel à De Gaulle (2.500 ouvriers des usines Simca à Poissy ont été  enjoints par leur syndicat maison de signer une lettre en ce sens au  président de la République).

    Le souci des gaullistes est de contrôler les ultras d'extrême-droite (Le  Pen) issus du poujadisme et restés très actifs en Algérie notamment dans les milieux de l'encadrement militaire. Ils ont renoué avec les  complots, les idées et les hommes  de La Cagoule de 1935 qui veulent  toujours instaurer "un Etat chrétien, corporatif et décentralisé". Ils  ont pour cela bel et bien mis au point le scénario qui va se réaliser le 13 Mai à Alger avec la prise du Gouvernement Général et la création  d'un Comité de Salut Public. Ils prévoyaient d'investir la manufacture  d'armes de St Etienne et la ville de Lyon; et pariaient sur un  "soulèvement communiste" qui aurait permis la levée en masse des  Français d'Algérie et leur débarquement en métropole grâce à  l'encadrement des régiments de parachutistes.

    L'armée était donc à la charnière de tous ces réseaux activistes, gaullistes et ultras. Elle laisse se dérouler la prise du bâtiment du Gouvernement,  le général Salan lui donnant même une dimension officielle et nationale  en appelant à manifester solennellement dans tout le pays. Il soutient  l'idée d'un Gouvernement de Salut public avec De Gaulle à sa tête et  l'appui de tous les réseaux de "défense de l'Algérie Française", y  compris ceux d'extrême-droite. L'"opération Résurrection" est conçue par les généraux Petit, Salan, Jouhaud, Massu, Ely, Dulac. C'est le complot par excellence qui va de la révocation des préfets (violemment à Oran)  et à la prise de contrôle de la préfecture d'Ajaccio par les paras (ce  qui est fait le 24 mai). L'aboutissement devait être l'arrivée de Salan  et des troupes factieuses à Paris débouchant sur un appel au général De  Gaulle. Celui-ci a bel et bien donné son accord "en dernière extrémité" à ce plan le 29 mai pour le reprendre aussitôt, inquiet dans doute d'un  risque de guerre civile suite à la mobilisation de rue du Parti  communiste et de la gauche (nonobstant les tractations de Guy Mollet).  Mais reste une tâche indélébile: le premier communiqué de De Gaulle en  date du 15 mai ne contient pas un seul mot pour condamner les émeutiers  ni le passage des chefs militaires dans l'illégalité.

    Ce 13 mai fut donc bien un coup d'Etat, utilisé par De Gaulle pour obtenir une dévolution légale du pouvoir qui sera définitive avec le référendum de septembre sur l'approbation de la Constitution de la V° République.  Le 2 décembre 1852, Louis-Napoléon l'avait bien résumé: "Je ne suis  sorti de la légalité que pour entrer dans le droit". Le droit d'un  régime plébiscitaire, autoritaire, présidentialiste, ce que fut et   reste la V° République: un  "coup d'Etat permanent" si bien dénoncé par  Mitterrand, si vite oublié ensuite. Il continue quoiqu'en veuille une  gauche paresseuse et opportuniste. Son éventuel retour au pouvoir ne  pourra faire l'économie d'un retour sur ce passé pour inventer une  nouvelle République démocratique.


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  • Les héritiers Renault demandent réparation pour "préjudice économique et moral" causé par la nationalisation

     

     

    Les plaignants utilisent aujourd’hui la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour contester la nationalisation-sanction de 1945, pour cause de collaboration. La question prioritaire de constitutionnalité permet de contester devant le juge une disposition législative, si le plaignant estime que la décision est contraire à la constitution. Et d’après de l’avocat des petits enfants Renault, dont les paroles sont rapportées dans le Monde daté du 13 mai, cette nationalisation porte atteinte à cinq principes constitutionnels. Il demande donc réparation à l’Etat pour le préjudice matériel et économique subit par les héritiers. Selon l'assignation déposée, un ou plusieurs experts pourraient être chargés de mesurer l’ampleur et donc la valeur, du préjudice subit. Il est indiscutable que Louis Renault a participé à l’effort de guerre allemand. Et ce dès l’été 1940, où il est prouvé que les usines du constructeur ont servi à réparer les chars allemands, puis à les moderniser et même à les construire. Ce pourquoi Louis Renault a été arrêté en septembre 1944, pour collaboration avec l'ennemi. La confiscation et nationalisation des usines Renault fut soumis au gouvernement provisoire de la République française fin 1944, décision présidée par le général de Gaulle. La confiscation n’a porté que sur les parts détenues par Louis Renault et ses administrateurs. Les autres actionnaires ont été indemnisés. Le dernier épisode nauséabond de la série des procès portés par les héritiers Renault remonte à juillet dernier, où la cour d’appel de Limoges a condamné le Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane à retirer de l’exposition permanente une photographie de l’industriel, entouré d’Hitler et de Göring, et dont la légende mentionnait : «Louis Renault fabriqua des chars pour la Wehrmacht». On vous conseille cet article pour suivre les péripéties des petits enfants de l’industriel devant les tribunaux : Quand les héritiers Renault effacent la collaboration.

    Une assignation à lier bien entendu avec l'acharnement d'Hélène Renault à réhabiliter Louis Renault, cas qui sera en débat à l'Assemblée nationnale, le 24 mai prochain, de 17 à 20 heures. Evènement qui survient après reportage pour le moins partial diffusé au JT de France 2 le 2 mars derniers. 

     

    Nationalisation de Renault en 1945 : les héritiers assignent l’Etat!
     
    Théorie marxiste

    Les héritiers de Renault ont déposé une assignation devant le tribunal de grande Instance de Paris afin de contester la légalité de la nationalisation de Renault en 1945 et obtenir des indemnités, a-t-on appris jeudi auprès de leur avocat, confirmant une information du Monde.

    "L’ordonnance de confiscation des biens est contraire aux principes fondamentaux du droit de la propriété", droit inclus dans la déclaration universelle des Droits de l’Homme, a déclaré l’avocat des héritiers, Me Thierry Lévy.

    L’avocat a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour contester l’ordonnance de nationalisation prise en 1945.

    Si l’ordonnance est inconstitutionnelle, le tribunal pourra dire que la nationalisation constituait une "voie de fait", a dit Me Levy, dont les clients demandent par conséquent une indemnisation.

    http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/nationalisation-de-renault-en-1945-les-heritiers-assignent-l-etat-12-05-2011-1446838.php


    Et n’oubliez pas de signer la pétition qui exige de FRANCE2 un droit de réponse aux propos de PUJADAS sur la collaboration de Louis RENAULT avec les nazis

    "Le 2 mars 2011, Monsieur PUJADAS a présenté au journal de 20 H. de la chaîne publique de France 2, un dossier spécial intitulé « Louis Renault a-t-il collaboré avec l’Allemagne nazie ? » Ce dossier fut entièrement consacré à blanchir celui qui fut l’objet d’une confiscation de ses usines décidée par l’Assemblée Nationale le 15 novembre 1944 pour collaboration avec l’ennemi. L. Renault fut emprisonné et mourut en prison. Le 16 janvier 1945, Charles de Gaulle, soutenu par toutes les forces politiques et patriotiques de l’époque, signait une ordonnance instituant la nationalisation des usines Renault. Voici un extrait de l’exposé des motifs : « Alors que les livraisons fournies par la société Renault à l’armée française s’étaient montrées NOTOIREMENT insuffisantes pendant les années qui ont précédé la guerre, les prestations à l’armée allemande ont, durant l’occupation, été particulièrement importantes et ne se sont trouvées freinées que par les bombardements de l’aviation alliée des usines du Mans et de Billancourt." La mairie de Boulogne sur ses panneaux publics consacrés à la mémoire des usines Renault rappelle d’ailleurs clairement ces faits historiques. L’initiative de M.PUJADAS et de la direction de France 2 est un outrage à la mémoire de tous les patriotes morts pour la France, de tous les salariés de Renault arrêtés, torturés, fusillés pour fait de sabotage et de résistance à l’intérieur comme à l’extérieur des usines Renault de Billancourt et du Mans. Sollicités pour exiger un droit de réponse, les services de PUJADAS ont sèchement refusé." Nous appelons tous les démocrates de notre pays, tous les élus de la nation, tous les témoins et les associations d’anciens combattants, déportés, ou de fusillés, les historiens, syndicalistes et gens de culture à signer cette pétition


    De : Sans honte ni vergogne!
     
    FAMILLE RENAULT : REHABILITATION, INDEMNISATION!
    Les agences le précisent :

    Nationalisation de Renault en 1945 :
    les héritiers assignent l’Etat

    je cite

    Les héritiers de Renault ont déposé une assignation devant le tribunal de grande instance de Paris afin de contester la légalité de la nationalisation de Renault en 1945 et obtenir des indemnités, a-t-on appris jeudi auprès de leur avocat, confirmant une information du Monde.

    «L’ordonnance de confiscation des biens est contraire aux principes fondamentaux du droit de la propriété», droit inclus dans la déclaration universelle des Droits de l’Homme, a déclaré l’avocat des héritiers, Me Thierry Lévy.

    L’avocat a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour contester l’ordonnance de nationalisation prise en 1945.

    Si l’ordonnance est inconstitutionnelle, le tribunal pourra dire que la nationalisation constituait une «voie de fait», a dit Me Levy, dont les clients demandent par conséquent une indemnistation.

    Les requérants sont les huit petits-enfants de Louis Renault, fondateur du constructeur automobile.

    Si le fameux épisode des taxis de la Marne durant la Première Guerre mondiale avait contribué à la popularité et à l’essor du constructeur, son attitude durant l’Occupation fut plus controversée.

    Placée en 1940 sous contrôle allemand, Renault a fabriqué du matériel pour la Wehrmacht, ce qui lui valut d’être accusé de collaboration à la Libération et d’avoir été la seule entreprise à être sanctionnée par une nationalisation.

    Campagne de réhabilitation

    A l’inverse des familles fondatrices de Citroën, Panhard et Peugeot, Louis Renault, arrêté en septembre 1944 pour collaboration, est dépossédé par simple ordonnance du 16 janvier 1945, qui transforme Renault en une Régie nationale. Il ne devait toutefois pas vivre cette expropriation, étant décédé le 24 octobre 1944 à la prison de Fresnes, sans avoir pu être jugé.

    L’assignation déposée le 9 mai s’inscrit dans une campagne de réhabilitation de Louis Renault lancée par ses petits-enfants.

    En 2010, la justice avait condamné le Centre de mémoire d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) à retirer une photo montrant Louis Renault entouré d’Adolf Hitler et de Hermann Göring au salon de l’auto de Berlin en 1939, avec une légende dénonçant la collaboration de l’entreprise française avec l’Allemagne nazie.

    La justice leur avait donné raison, d’abord parce que la photo, censée illustrer l’Occupation, avait été prise avant et ensuite parce que la légende imputait à Louis Renault «une inexacte activité de fabrication de chars» pendant la guerre.

    «On sait qu’en 1967, les héritiers ont déjà obtenu des indemnisations. S’ils arrivent à leur fins, cela peut coûter au contribuable français plusieurs centaines de millions d’euros, et cela peut en encourager bien d’autres», déplorait en mars Sylvain Roger, ancien responsable CGT chez Renault Fin de CITATION

    Ce n’est qu’un DEBUT!

    IL FAUT FAIRE PLUS et MIEUX!

    Nous avons déjà eu , il y a des années un Résistant aux menées antinationales , Denis Kessller , Vice président du MEDEF et Assureur plein d’assurance qui a fustigé cet héritage putride du Conseil National de la Résistance judéo- gaullo- communiste.

    A L’heure ou le SARKOSYSME , réhabilite les thèses longtemps méprisées injustement comme la Race, l’Ordre, la Famille, le Travail, et ou la fille du glorieux parachutiste au couteau de la Waffen SS JM LE PEN, fait un tabac dans les médias, avec les RENAULT, il nous faut rendre à la France éternelle, fille ainée del’Eglise et des Coffre forts, ses titres de noblesse que des mercenaires"hirsutes et menaçants" ont sali ignominieusemrent

    Nous devons rappeler que, ce que les Historiens nomment la RESISTANCE fut anticonstitutionnelle

    Contrairement aux pleins pouvoirs votés à notre cher disparu Philippe PETAIN, investi par l’Assemblée nationale issue du FRont populaire(à 80 voix près sans compter ,parce que antifrançais les députés communistes alors détenus)

    Donc, initiée par un déserteur, général fait long,... cette inconstitutionnelle parenthèse est une tâche qu’il faut laver!

    Tous , avec les héritiers RENAULT, dimanche, rendez vous devant le MEDEF pour partir en manifestation patriotique

    Louis RENAULT , comme d’ailleurs lePrésident LAVAL, nos regrettés HENRIOT, DORIOT, BOUSQUET, PAPON , doivent rentrer au Panthéon..

    Il ya va de l’honneur de la FRANCE..!

    ..Celle du CAC(a)40

    Bordeaux le 12 Mai 18h10

    Pour la création d’un large comité de soutien

    A.C.


    De : Alain Chancogne

     


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  • Théorie marxiste

    Robert Mencherini 1944 : « Et Aubrac lança les réquisitions à Marseille »

    Alors que Nicolas Sarkozy a choisi Port-Louis, près de Lorient, pour rendre hommage aux résistants bretons, L'Humanité vous propose de retrouver un épisode peu connu de l'histoire de la Libération. Sous l'égide du jeune commissaire de la République de Marseille, quinze mille ouvriers vont pendant quatre ans travailler sans patrons dans des entreprises stratégiques.

    Entretien avec Robert Mencherini (1), historien, spécialiste de l'histoire politique, économique et sociale des Bouches-du-Rhône.

    Quelle situation économique et politique trouve Raymond Aubrac à Marseille quand 
il prend, fin août 1944, 
ses fonctions de commissaire de la République ?

    Robert Mencherini. Raymond Aubrac trouve une ville sinistrée sur le plan économique et démographique. Le port commercial est inutilisable, le trafic ferroviaire est pratiquement inexistant. Le Vieux-Port est dans un piètre état. La population vit dans un état de grande précarité. Aux problèmes de logement liés aux destructions et aux évacuations du printemps et de l’été 1944, s’ajoute l’effet des pénuries alimentaires. Les Marseillais meurent littéralement de faim.

    Du point de vue politique, un élément essentiel est la grève insurrectionnelle déclenchée par le comité départemental de Libération (CDL), le 18 août 1944. Le président du CDL est le socialiste et dirigeant des Mouvements unis de résistance (MUR), Max Juvénal. Blessé pendant les combats, il est remplacé provisoirement par Francis Leenhardt, de même sensibilité. L’autre force politique importante du CDL est le courant communiste, avec le PCF, le Front national de lutte pour l’indépendance de la France et la CGT. Ce partage entre socialistes et communistes est conforme aux rapports de forces au sein de la Résistance mais aussi de l’avant-guerre, les Bouches-du-Rhône et Marseille sont, depuis le début du XXe siècle, majoritairement à gauche.

     C'est dans ce contexte que Raymond Aubrac décide de réquisitionner 
un certain nombre d’entreprises. Quelles sont les motivations évoquées sur le moment ?

    Robert Mencherini. Raymond Aubrac a comme priorité d’affirmer le pouvoir des nouvelles autorités de libération, d’assurer l’ordre et de relancer les activités économiques et les transports. Le rétablissement de ces derniers est d’autant plus indispensable que la guerre continue et que la région de Marseille constitue une grande base de débarquement américaine. Les quinze réquisitions concernent, pour les deux tiers, des entreprises liées aux transports (manutention portuaire, réparation et construction navales, réparation et construction de matériel ferroviaire). Le tout emploie plus de 15 000 ouvriers. Les réquisitions correspondent aux nécessités de l’heure. On ferait une erreur si on y voyait l’application d’une décision planifiée de longue date. De fait, tout commence de manière très empirique.

    Les Aciéries du Nord sont la première entreprise concernée. Le travail a repris dans l’entreprise dès le 28 août et la première locomotive réparée sort le 4 septembre. En cela, les salariés suivent les consignes de la CGT qui, dès la capitulation de la garnison allemande, a appelé à reprendre le travail pour soutenir l’effort de guerre. Les anciens dirigeants ont été arrêtés pour collaboration et ce sont les salariés qui gèrent l’entreprise. Mais comment payer les salaires et les fournisseurs ? Les nouvelles autorités sont interpellées. Pour le service juridique du cabinet de Raymond Aubrac, la réquisition pour le compte de l’État, appuyée sur la loi de juillet 1938 sur l’organisation de la nation en temps de guerre, apparaît comme la seule solution. L’arrêté du 10 septembre 1944 transforme un état de fait en état de droit et permet aux entreprises de débloquer les avoirs bancaires. D’autres arrêtés sont pris ensuite. Les directeurs de ces entreprises sont nommés par le CRR qui désigne aussi un comité consultatif de gestion de six personnes où siègent, à part égale, les représentants des actionnaires et ceux des salariés (un ingénieur, un technicien et un ouvrier).

     

    Quelles sont les réactions 
du patronat et des responsables politiques ?

    Robert Mencherini. La force motrice des réquisitions est la CGT. La plupart des délégués aux comités consultatifs de gestion en sont membres et les directeurs en sont très proches. En revanche, les actionnaires sont, dans leur grande majorité, hostiles aux réquisitions, dans lesquelles ils voient un abus de pouvoir. Dans la plupart des cas, ils refusent de participer aux comités de gestion, et certains saisissent le Conseil d’État. Celui-ci annule d’ailleurs, en 1946 et 1947, plusieurs arrêtés de réquisition. En ce qui concerne les forces politiques, les militants communistes marseillais apparaissent, de manière évidente, comme les animateurs des entreprises réquisitionnées. Ce qui peut conduire à s’interroger sur la stratégie communiste à la Libération. Certains ont vu dans cet investissement (parmi d’autres), la preuve de sa volonté d’établir un double pouvoir en France. Ce n’est pas mon avis. D’une part, il ne pousse pas à leur extension. De l’autre, divers témoignages et textes font état de réticences de responsables communistes nationaux par rapport à l’expérience marseillaise.

    Dans l’ensemble, il apparaît donc que les directions nationales de la CGT ou du PCF ont une attitude plus de laisser-faire que d’encouragement. Les positions de la SFIO sont également plus complexes que ce que l’on pourrait penser. Gaston Defferre, dans l’une de ses premières déclarations sur ce thème, s’oppose au « système facile des réquisitions ». D’une manière qui peut, aujourd’hui, nous sembler étonnante, il estime que celles-ci ne sont « qu’une mesure palliative » et il se prononce, de préférence, pour la nationalisation ou la municipalisation. Le fait que Gaston Defferre soit, à ce moment-là, président de la délégation municipale de Marseille semble jouer pour beaucoup dans cette prise de position. L’évolution des positions du Mouvement républicain populaire (MRP) est significative de l’importance du retour progressif au jeu politique traditionnel. Au départ, ce mouvement s’affirme très favorable aux réquisitions et appelle même à aller plus loin : il exprime ainsi la nouvelle radicalité des dirigeants chrétiens engagés dans la Résistance. Un article du quotidien le Méridional appelle, le 23 septembre 1944, à « rendre au travailleur ses outils ». Mais, rapidement, le MRP adopte une attitude beaucoup plus réservée, puis critique. En témoigne le débat autour de la fin des réquisitions : la proposition de loi de Germaine Poinso-Chapuis (votée pourtant à l’unanimité par tous les groupes en 1947) est nettement en retrait des deux propositions, communiste, présentée par Raymonde Nédelec, ou socialiste, de Francis Leenhardt. Il existe enfin de très fortes réticences au niveau gouvernemental. Raymond Aubrac est mis en garde à ce propos par René Mayer. J’ai retrouvé, pour ma part, deux télégrammes de Robert Lacoste, ministre de la Production industrielle, qui, en octobre 1944, appelle à éviter les réquisitions.

     

     Raymond Aubrac parle de cette décision comme relevant 
d’une nécessité de gestion. Mais 
le mouvement ainsi créé a produit autre chose. De quoi s’agissait-il alors ? De soviets ? D’autogestion ? De cogestion ?

    Robert Mencherini. Il est vrai que les réquisitions d’entreprises correspondent à des mesures de gestion, je l’ai déjà dit, mais elles ne se réduisent pas à cet aspect. La loi de 1938 ne prévoit pas la mise en place de comités de gestion, même consultatifs. Il y a donc bien une volonté de faire participer les salariés à la gestion de l’économie, comme le souhaite d’ailleurs le programme du Conseil national de la Résistance. Cela dit, il est difficile de définir la « gestion ouvrière » (comme l’appelle la presse communiste ou cégétiste) sans simplifications, ni anachronismes. D’abord, les directions des quinze entreprises présentent, sous la similitude des textes, très brefs, qui les désignent, des modes de gestion divers. Aux ADN, les actionnaires refusent de désigner leurs représentants. En revanche, chez Coder, le directeur provisoire n’est autre que le gendre de l’ancien dirigeant et les actionnaires sont présents dans le comité de gestion.

    Pour employer un langage qui n’est pas celui de la Libération, disons que la direction provisoire des entreprises relève d’un éventail assez large qui varie de la cogestion à l’autogestion. De plus, il faut se garder de lire la gestion ouvrière à la lumière des réflexions sur l’autogestion telles qu’elles ont pu être développées à partir des années 1970 et de la penser dans un cadre figé. Tout se fait ici de manière très empirique. Il n’y a pas au départ de consultation formelle des personnels. Ce sont les syndicats, ceux de la CGT, qui président directement à la mise en place des directions provisoires. L’accord des personnels est implicite. Le renouvellement du comité consultatif est même alors ratifié par un vote à bulletins secrets. Si la personnalité du directeur est essentielle, il existe une dynamique de la gestion ouvrière.

     

     Malgré le limogeage de Raymond Aubrac, en janvier 1945, 
les réquisitions se poursuivent jusqu’en 1947-1948. Quel bilan 
peut-on en tirer ?

    Robert Mencherini. Le nouveau CRR, Paul Haag, fait l’éloge des réquisitions et estime qu’elles remplissent parfaitement leur rôle. Il est vrai que le bilan est très positif. Au niveau de la participation des salariés, d’abord. Même s’il faut tenir compte de possibles reconstructions de mémoire, les témoignages font apparaître un attachement certain des personnels à des entreprises dont les dirigeants, désormais, sont issus de leurs rangs. Il existe, de la part des directions provisoires, une réelle volonté d’information sur la marche de l’entreprise : par exemple, aux ADN, la transparence est de mise pour la grille des salaires. Il est à noter que celle-ci réduit les écarts hiérarchiques mais ne les supprime pas et les primes à la production sont réparties par service.

    Les avantages sociaux sont réels (colonie de vacances, jardins et logements ouvriers…) mais ils ne sont pas propres aux entreprises réquisitionnées. Enfin, au niveau économique, le bilan de l’ensemble des entreprises réquisitionnées est nettement bénéficiaire et dégage des profits qui sont versés à l’État lors des déréquisitions, en 1947. La loi du 4 septembre 1947 met fin aux réquisitions de Marseille considérées désormais comme faites « pour le compte et au bénéfice de l’État ». Elles étaient devenues un problème politique : il a fallu, pour en arriver là, plusieurs arrêts du Conseil d’État, les travaux d’une commission interministérielle, un débat spécifique à la Chambre.

     

     Pourquoi est-ce à Marseille que 
cette expérience a été la plus longue et la plus profonde ?

    Robert Mencherini. Si le phénomène des « comités de gestion » est national et touche surtout l’ancienne zone non occupée, il est de plus grande ampleur à Marseille. De plus, la coordination des quinze entreprises au sein de Marentreq (Marseille entreprises réquisitionnées, constituée en 1945) renforce leur poids économique. Et cela dans une ville où le mouvement syndical joue alors un rôle décisif. Cette spécificité marseillaise peut s’expliquer par plusieurs facteurs. D’abord, du fait que Marseille, comme d’autres villes de la région, avant l’arrivée des troupes de libération, a connu une grève insurrectionnelle.

    Ensuite, par l’influence et l’implantation de la CGT. La vague de syndicalisation est alors, dans le département, plus vigoureuse que celle du Front populaire. De plus, la CGT compte traditionnellement, dans le grand port phocéen, un certain nombre de responsables très radicaux, en prise avec leur milieu, dont Lucien Molino, le secrétaire de l’union départementale CGT, constitue l’archétype. Enfin, l’affirmation syndicale rencontre l’écoute du CRR qui prend en compte les revendications ouvrières et a besoin de l’appui de la CGT pour mener à bien ses missions. C’est, à mon avis, la combinaison de tous ces facteurs qui permet d’expliquer la nature des réquisitions de Marseille. Il est à noter que la spécificité marseillaise réapparaît au moment même où il est mis fin aux réquisitions. Mais, cette fois, il s’agit des grandes grèves, dites insurrectionnelles, de novembre-décembre 1947, particulièrement dures dans la cité phocéenne.

     

    (1) Auteur notamment de la Libération et 
les entreprises sous gestion ouvrière. Marseille 1944-1948. Éditions l’Harmattan. À voir également : le documentaire les Réquisitions de Marseille (mesure provisoire), de Luc Joulé et Sébastien Jousse.

    Entretien réalisé par Christophe Deroubaix


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  •  Pourquoi le nom de la section  Théorie marxiste

    Julien est né le 30 septembre 1913 à Gauchin-le-Gal, dans le Pas de Calais. Abandonné, il est placé dans un orphelinat D’ARRAS. Adopté par Lucine GAIGNEUR et Alfred BRETEL, Julien habite avec ses frères adoptifs Augustin et Simon, à la cité MAROC de GRENAY. Après l’école de la cité 5, où il obtient son certificat d’études, il devient mineur de fond à la fosse V des Compagnies minières de Béthune.

    Théorie marxiste

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Membre de la C.G.T.U., il adhère aux jeunesses Communistes (J.C.) Après avoir pris une part active à la grande grève de 1936, Théorie marxiste

    ils’engage dans les Brigades Internationales afin de lutter contre les fascistes espagnols.

    Nommé Lieutenant de la brigade “La Marseillaise”, Julien est gravement blessé au pied et au poumon. Revenu dans le Pas de Calais en 1938, il s’installe à la cité MAROC. Secrétaire de la section liévinoise de l’amicale des volontaires en Espagne Républicaine, il entre au bureau régional des J.C. et collabore au journal “L’Enchainé”. Lorsque la France entre en guerre, Julien n’est pas mobilisé en raison de ses blessures. Au début du conflit,

    il échappe à la répression anti-communiste, n’exerçant pas de fonction d’élu. Pendant la “drôle de guerre”, avec quelques-uns de ses amis, il joue un rôle important en faveur de la réformation du Parti Communiste dans le Bassin Minier.

    A l’époque le parti condamné à la clandestinité, est affaibli par les arrestations et les défections. A partir de l’été 1940, sous ‘occupation, une seconde structure clandestine se met en place. Dans notre département, Julien fait partie du noyau de quelques-uns des dirigeants. Chargé du recrutement des J.C., le résistant a la lourde tâche de créer avec ses compagnons, l’organisation Spéciale (O.S.) dans le Pas de Calais.

    C’est de là que naîtront les fameux Francs-Tireurs et Partisans français. Pour cette action, Julien notamment est soutenu à la cité 5 par ses amis.

    Après avoir été l’une des grandes figures de la grève des mineurs de mai-juin 1941,

    Théorie marxiste

    julien est obligé d’entrer dans la clandestinité. Dès lors, il se fait appeler “Roger”. Recherché activement, il devient responsable politique (“P”) du département jusqu’au début de l’année 1942. Entré au Comité National des J.C., il a pour but d’assurer les liaisons avec les régions et interrégions.

    Arrêté en 1943 à la gare de BLOIS par la Gestapo, il est transféré à PARIS pour y être interrogé et torturé. PARIS, BETHUNE, CUINCHY, puis la prison Saint-Nicaise D’ARRAS, l’occupant devine son rôle fondamental dans la résistance sans pourtant découvrir ses fonctions exactes.

    Théorie marxiste

    Le 13 septembre 1943, condamné, cet homme exceptionnel s’apprête à mourir. Mourir ? Qu’importe ! Parce que si pour lui le soleil va se coucher à jamais sur les fossés de la Citadelle D’ARRAS, cet humaniste sait que les combattants de l’ombre poursuivent le combat, que demain, il y aura toujours quelqu’un pour lutter contre le nazisme…

    Texte - extrait du livre ; Les Citoyens de la Liberté, de Grégory PICART

     

     

    DISCOURS DE LA CGT LORS A LA CÉLÉBRATION A BRUAY-LA-BUISSIÉRE DU 70ème ANNIVERSAIRE DE LA GRÉVE DES MINEURS EN MAI JUIN 1941
    de : LES 5 UL CGT / FRONT SOLIDAIRE
    samedi 7 mai 2011 (20h22)


    DISCOURS DE LA CGT LE 29 AVRIL 2011 LORS DE LA CÉLÉBRATION A BRUAY-LA-BUISSIÉRE DU 70ème ANNIVERSAIRE DE LA GRÉVE DES MINEURS EN MAI JUIN 1941 RÉPRIMÉE DANS LE SANG.

    Nous sommes aujourd’hui réunis afin d’honorer la mémoire de cette résistance des mineurs à l’oppression nazie qui voulait les asservir, mais aussi à l’oppression patronale qui profitait de la dissolution de la CGT par les lois pétainistes de 1940-41.

    Cette journée marque le 70ème anniversaire de la terrible répression qui s’abattit sur des centaines de militants syndicaux et adhérents de la CGT, au printemps 1941.

    Avec cette grève, nos courageux et déterminés camarades ont ouvert la voie de la résistance, celle des FTP, des FTP-MOI, des FFI, celle du Front National dont le nom a été usurpé par le parti des fascistes et des nationalistes-chauvins… que la CGT combat de toutes ses forces.

    Tous ces mouvements de résistance, si différents mais qui se sont unis, ont conduit au Conseil National de la Résistance qui nous a apporté d’énormes avancées sociales. Des droits nouveaux pour les travailleurs que le gouvernement d’aujourd’hui tente de détruire, négligeant au passage le passé glorieux de nos camarades, pour mettre en place sur fond de remondialisation du capital, l’ultra-libéralisme destructeur de droits, de services publics et d’emplois.

    Voilà pourquoi nous sommes ici camarades !

    Notre identité syndicale CGT s’est construite sur des valeurs de résistance, de solidarité et d’humanité qui se sont traduites, dans l’histoire de notre bassin minier, par la volonté de nous retrouver ensemble dans les combats autour de grandes causes progressistes locales, nationales et internationalistes…

    Contre la guerre et pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour la liberté et les droits, la CGT a toujours été de tous les combats.

    Arrêtés, emprisonnés, torturés, déportés, nos camarades martyrs se sont engagés avec courage et abnégation jusqu’à la mort qui fût parfois atroce et innommable, intolérable et inexcusable… même 70 ans plus tard… nous ne pouvons oublier !

    Leurs revendications de classe et de masse, ouvrières et justes, la liberté, la fierté d’appartenir à la CGT et à son histoire de luttes 5 ans après 1936, ont été plus importantes que leur propre vie.

    Leur engagement, leur sacrifice ont été exemplaires et porteurs d’un message universel fort : ensemble et malgré les différences, on pouvait réaliser des choses exceptionnelles, héroïques, pour de grandes causes humaines telle que la libération de l’oppresseur nazi.

    Camarades, se retrouver ici ce soir, c’est être porteurs de cet espoir, de cette vérité et c’est continuer à faire vivre ces exemples d’hommes debout au service de la liberté et de la dignité, au service d’une classe en soi vers le passage d’une classe pour soi.

    Honorer aujourd’hui leur mémoire dans notre mémoire collective de luttes, de classe, de sacrifice de soi, c’est rappeler, qu’en gommant nos différences, nous pouvons bâtir des projets communs au service de tous dans le respect mutuel et pour des siècles sans guerre.

    Quelque soient nos croyances, nos religions, nos affinités politiques et syndicales, nous devons nous retrouver afin de poursuivre les combats qui les ont tous concernés, et qui nous concernent encore à notre époque.

    Des combats pour l’ensemble de l’humanité, à commencer du combat pour la paix et ceux qui nous paraissent indissociables, les combats pour la justice sociale et la reconnaissance de chacun dans cette société de plus en plus repliée sur elle-même, ou la misère, le racisme et l’individualisme gagnent du terrain pour faire le fumier malodorants des partis fascistes qui s’affichent sans vergogne.

    Oui camarades, des partis fascistes qui s’affichent sans contrainte pour vomir la haine des autres, alors que nos camarades de dizaines de nationalités différentes sont morts en martyrs pour avoir défendu des idéaux d’humanisme, de solidarité et de fraternité de classe.

    Ils portaient des noms d’ici et d’ailleurs, ils étaient nés ici et ailleurs, et pourtant ils se respectaient et s’entraidaient... sans racisme ni haine.

    Dénoncés, arrêtés, emprisonnés, torturés, fusillés, déportés, gazés, brûlés… parfois à la fleur de l’âge, nos camarades sont restés dans nos mémoires comme nos héros, nos véritables héros, nos héros-mineurs parmi les 75 000 camarades de la CGT tombés face aux fascistes nazis et français. Ils sont tombés en Hommes de devoirs mais plus simplement en Hommes de Cœur, Hommes tout court.

    Pourtant camarades, 70 ans plus tard, les idées de la bête immonde ne sont pas encore détruites, la haine et la volonté d’une supériorité de race ou religieuses sont toujours bien présentes. ; et le pire est qu’elle se banalise, ce que la CGT combat avec force et détermination chaque jour.

    Pour conclure cet hommage bien trop bref au regard de leur engagement exceptionnel, nous rappelons ici camarades, que c’est notre classe sociale, celle des travailleurs, que nous honorons en déposant cette gerbe en mémoire.

    Camarades, quelle leçon de force de ces travailleurs des mines, frères de luttes de Guy Moquet, de Maïa Politzer, de Martha Desrumaux et de tant d’autres, jeunes et moins jeunes, qui ont mis leur vie totale au service d’un idéal de liberté au risque de la perdre à jamais.

    A une époque où les jeunes nous demandent plus que jamais de leur faire confiance, l’engagement de nos camarades mineurs, résistants et martyrs, nous invite à nous tourner vers eux car beaucoup d’entre eux portent haut les valeurs de la solidarité, de l’entraide, de la fraternité de classe et du refus de l’exclusion.

    Alors chers camarades !

    Gloire à nos martyrs mineurs, résistants, syndicalistes CGT, tombés sous le joug du nazisme et de leurs collaborateurs fascistes patronaux.

    Gloire à la résistance !

    Honneur à leur mémoire et à leur courage.

    Ils étaient français, polonais, yougoslaves, portugais, italiens..

    Ils ont été fusillés dans les citadelles d’Arras, de Lille, d’Amiens, dans les forts du Vert-Galand à Verlinghem ou du Curgies à Valenciennes, dans les prisons de Cuincy et de Loos les Lille, et dans la forêt de Champigneulles en Meurthe et Moselle.

    Ils étaient nos camarades !

    Ils travaillaient ici !

    Ils s’appelaient* :

    Léon BAILLEUX - Barlin Louis BERTOUX - Vermelles Emile BERTRAND - Auchel Henri BODELOT - Bruay-en-Artois Marcel BODELOT - Haillicourt Auguste BRUNOVIC - Divion Georges CADREN - Hersin-Coupigny Serge CANDAS - Auchel Augustin CARON - Bruay-en-Artois Henri CARON - Divion Paul CARON - Saint-Pierre-les-Auchel Kléber CARPENTIER - Bruay-en-Artois Marty CHATELAIN - Divion Augustin CHAVATTE - Hersin-Coupigny Joseph CONSONNI - Vermelles Henri DECROIX - Cauchy-à-la-Tour Georges DELLERUE - Rimbert-lez-auchel Julien DELVAL – Beuvry Raymond DERUY - Bruay-en-Artois Paul DESCAMPS - Bruay-en-Artois Voltaire DHENNIN - Beuvry José DOS SANTOS - Divion Léon DOYELLE - Houdain Louis DUSSART - Bruay-en-Artois Léon GALLOT - Beuvry Alexandre GREGOIRE - Estrée-Blanche Fernand GROSSEMY - Annezin-les-Béthune Edmond HEAULME - Hersin-Coupigny Ignace HUMBLOT - Auchy-les-Mines René JAMSIN - Annezin-les-Béthune Tadeusz KEMPA - Hersin-Coupigny Joseph KRYSTKOWIAK – Houdain Jean LEFEBVRE - Beuvry Léopold LESAGE - Haillicourt Alphonse MADELAINE - Divion Ulfroy MARCOTTE - Calonne-Ricouart Louis MARQUANT - Annezin-les-Béthune Jules NOYELLE - Bruay-en-Artois Louis PART - Auchy-en-Bois Victor PATINIER - Calonne-Ricouart Paul PLOUVIEZ - Bruay-en-Artois Joseph RATAJCZYK - Houdain Oscar ROUSSEL - Hersin-Coupigny André SENECHAL - Vermelles Amédée SUCHET - Auchel François SURDYK - Vermelles Auguste TRANNIN - Vermelles Lucien TRINEL - Labourse Emile VIEUBLED – Vermelles

    * lecture des noms par 5 camarades des 5 unions locales CGT d’AUCHEL-BETHUNE-BRUAY-ISBERGUES-LILLERS

    De : LES 5 UL CGT / FRONT SOLIDAIRE
    samedi 7 mai 2011

    Des choristes silésiens rendent hommage aux mineurs-grévistes de Mai-Juin 1941
    La Chorale francophone de Basse-Silésie enchante l’Artois

    Elle a illuminé de son talent la Fête des travailleurs de Bruay-la-Buissière, puis le salon du livre d’Arras à l’occasion d’un week-end riche en émotions et marqué par le 70e anniversaire de la grande grève patriotique des mineurs du Nord-Pas-de-Calais.

    La Chorale francophone de Basse-Silésie a rendu un hommage poignant à ces « gueules noires » de nationalités polonaise, française, italienne, yougoslave, nord-africaine ou portugaise, qui du 27 mai au 10 juin 1941, défièrent l’occupant allemand, le patronat des Mines et la police française, dans un grand élan revendicatif, forcément patriotique et antifasciste.

    Le vendredi 29 avril au cœur d’une ville dirigée pendant la Seconde Guerre mondiale par le socialiste-collaborateur Henri Cadot (tout un symbole !), la formation des environs de Walbrzych entonna La Varsovienne puis L’Internationale dont le refrain en français devait être repris en cœur par l’assistance invitée à se recueillir au pied d’un calicot de rouge et de noir vêtu, par l’association Front Solidaire, émanation d’une CGT locale aux couleurs de la lutte des classes. Bruay-la-Buissière, jadis « en-Artois », n’avait peut-être pas vécu un semblable moment d’intenses fraternités prolétariennes et internationalistes, depuis les grandes grèves de 1948 réprimées dans le sang par le boucher, atlantiste et sioniste, Jules Moch, ministre « socialiste » de l’Intérieur.

    Hommage qui s’est poursuivi le lendemain dans une salle décorée aux couleurs de la Commune de Paris (mars - mai 1871) où se sont illustrés en héros, les généraux d’extraction polonaise Dabrowski et Wroblewski au service du peuple entré en insurrection...

    Puisant dans un répertoire riche en chansons populaires de l’Hexagone, la Chorale francophone a terminé sa tournée nordiste dans la cité de Robespierre pour le rendez-vous d’expression populaire et de critique sociale, proposé chaque année, le 1er mai, par Colères du Présent. En soirée, c’est, poing levé, que les militants du comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59 – 62) ont salué le retour vers la Silésie de ces artisans de l’amitié franco-polonaise, dignes successeurs de leurs aïeux partis dès 1946 relever la Pologne, à peine libérée par l’Armée rouge, de ses ruines….

    Les Amis d’Edward Gierek

     


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  • SUR LE SITE D'EL DIABLO

    La véritable histoire de la faucille et du marteau

    C'est cette véritable histoire de la faucille et du marteau que vous allez découvrir sur mon blog. La faucille et le marteau, deux outils qui entremêlés symbolisent le communisme. Que cela plaise ou pas et bien que l'Union soviétique ait disparu, cet emblème garde sa puissante signification. Déclaré suranné par certains, il évoque toujours l'espoir de jours meilleurs pour des millions de femmes et d'hommes à travers le monde. Mais d'où vient cet emblème? Qui l'a suggéré, qui l’a créé, qui l’a dessiné ?
    De quand date t- il ?

    faucille-marteau01.jpeg

    Que la faucille et le marteau soient un héritage de la révolution russe, rien n'est plus évident. C'est pendant l'hiver de 1918 que le Conseil des commissaires du peuple se préoccupa de faire établir un emblème pour le sceau du gouvernement et le pays alors que diverses représentations spontanées avaient déjà vu le jour. La tâche fut confiée à un artiste, Alexandre Léo. Celui-ci élabora un premier projet représentant une faucille, un marteau, un glaive entrecroisés devant un bouclier d'acier, le tout entouré d'une couronne d'épis. Le Conseil des commissaires du peuple en discuta à partir du 20 avril. Lénine se prononça pour la suppression du glaive : qu'avait à faire celui-ci sur le sceau d'un état qui se voulait pacifique ? ( 1) Restèrent donc la faucille et le marteau qui furent d'ailleurs reprises en mai et juin 1918 dans bien d'autres projets (2). Retenons déjà la signification pacifiste de ce choix. La faucille et le marteau furent conservées dans les armes de la RFSFR prévues par la première constitution de celle-ci en juillet 1918, puis dans les armes de l'URSS en 1922.
    Dès 1918-19 d'ailleurs, en Russie, la faucille et le marteau, emblèmes très vite populaires, se croisent ou voisinent, comme ce fut le cas pour les emblèmes républicains à l'époque de la Révolution française, sur toutes sortes d'objets, plats, médailles, timbres (3) etc., tandis que des artistes les reprennent dans leurs compositions, comme le peintre Jean Pougny, qui né en Finlande, travaillait alors en Russie.
    faucille-marteau04.jpg
     
    Que représentent dans l'imaginaire alors le marteau et la faucille? Le marteau, c'est le travail industriel assurément, mais c'est aussi l'ouvrier, plus généralement l'homme caractérisé par sa vigueur corporelle, car ce marteau peut être aussi une " masse ", lourde à porter. Outil polyvalent utilisé dans de très nombreux métiers et même dans les travaux domestiques - qui n'a pas aujourd'hui un marteau chez soi ? —, il apparaît assez bien adapté à la représentation du travail industriel ou artisanal, surtout si l'on tient compte du fait que les représentations symboliques des réalités matérielles sont souvent marquées par un certain archaïsme.
    Quant à la faucille, c'est loin d'être seulement un symbole du travail agricole. Bien que le mot faucille en russe (" serp ") soit masculin, la faucille c'est l'outil de la femme à la campagne alors que les hommes utilisent plutôt la faux. La faucille, c'est donc aussi la femme, ce que suggèrent peut-être implicitement ses formes arrondies. Une affiche du 1er Mai 1920 en Russie illustre cette interprétation. On y voit, s'avançant fièrement vers l'avenir, côte à côte, un ouvrier portant une lourde masse, un paysan pourvu d'une faux, une paysanne portant une faucille. La meilleure illustration de cette dualité faucille - marteau se trouve dans le monument du pavillon soviétique à l'Exposition universelle de Paris en 1937, qui fut justement célèbre: un ouvrier et une kolkhozienne tendent vers le ciel, entrecroisés, le premier un marteau, la seconde une faucille. La signification apparaît claire : la société soviétique réconcilie le travail agricole et le travail industriel sur fond de paix comme elle unit plus étroitement l'homme et la femme.
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    Il était normal qu'en France, où la pratique des symboles politiques était familière (avec le bonnet phrygien, par exemple), l'attirance pour le symbole nouveau fut vive. Dans la tradition républicaine et socialiste française, bien des éléments préparaient son adoption. La franc-maçonnerie avait déjà popularisé la représentation emblématique des outils du travail (le niveau, le fil à plomb). La marteau était, à travers le personnage du " forgeron ", familier aux écoliers français qui avaient appris à l'école l'Outil de Clovis Hugues : " Le père; un forgeron musclé comme un athlète/a deux outils de fer l'enclume et le marteau " ;ou mieux encore : la Légende du forgeron de Jean Aicard : " Un forgeron forgeait une poutre de fer (. ..)/ Il chantait le travail qui rend dure la main / Mais qui donne un seul cœur à tout le genre humain ".
    Que de fois l'image de la " forge " avait été utilisée pour illustrer l'avenir en préparation, le rougeoiement du foyer s'identifiant au soleil levant ! Quant à la faucille, bien que cet outil ait été présenté, et parfois en plusieurs exemplaires, dans toutes les exploitations paysannes et même bien au-delà, qu'il ait été largement utilisé par les femmes dans une France encore majoritairement rurale, c'est peut-être un symbole usité, sans doute parce qu'en terme de représentation féminine, l'image de Marianne avait ici occupé le terrain. Un dessin de Steinlen, Souvenir de la Commune de Paris, met au premier plan, dans une foule ouvrière symbole du peuple, un ouvrier muni d'une masse, un paysan avec une faux, mais la femme du peuple qui conduit le cortège est ici - nous dirons : naturellement — une Marianne à bonnet phrygien (4).
    Rien ne s'opposait en tout cas, dans le domaine des représentations symboliques, à l'adoption en France de la faucille et du marteau.
    Le prestige de la révolution d'Octobre aidant, la symbolique empruntée à la révolution soviétique s'acclimate sans peine dans le terreau culturel français. Il n'est donc pas étonnant que les timbres du nouveau Parti communiste fassent place en France dès 1922 à la faucille et au marteau (remplaçant la République rouge encore présente en 1921). Ce n'est qu'un peu plus tard avec la bolchévisation que le symbole est associé en 1924 au titre de l'Humanité, comme c'est encore le cas de nos jours. Sans doute, avant cette date, la faucille et le marteau trouvent occasionnellement leur place dans le journal : le 11 octobre 1923, par exemple, un dessin de Grandjouan montre une Marianne assise et pensive à côté d'un porte - feuille d'actions, d'un sabre, d'une faucille et d'un marteau, avec
    cette légende : " La révolution ou la guerre, la faucille et le marteau du travail ou le sabre, il faut choisir ma petite ! " Le 4 octobre 1924, le pas décisif est accompli. L'emblème- très proche alors que celui de la RSFSR — prend place à la droite du titre de l'Humanité. On tâtonne ensuite pour lui trouver une place définitive d'abord entre le L et le H (24 octobre 1924), puis derrière le M (16 mars 1926), et en même temps on le simplifie et or l'épure pour ne mettre en valeur fina-lement que les deux instruments de travail. Beaucoup plus récemment enfin, c'est sous le titre du journal qu'ont pris place ceux-ci.
    Parti populaire, ouvrier et paysan, le PCF a trouvé dans la faucille et le marteau un emblème dont la signification la plus évidente (l'union des travailleurs industriels et agricoles) semblait bien correspondre à son identité réelle, alors que cet emblème était porteur au départ — comme on a tenté de le montrer plus haut -, de contenus plus riches et plus variés qui n'ont peut-être pas été pleinement assimilés.
    faucille-marteau03.png
    Ce symbole représente-t-il correctement ce qu'est devenu le Parti communiste et plus généralement la cause qu'il incarne dans une société profondément transformée? (5) L'imagerie symbolique, il faut le rappeler, n'a pas une fonction de représentation directe. La meilleure preuve n'en est-elle pas que la République s'identifie en France à une femme alors que les femmes ont eu le droit de vote très tard et que jamais une femme n'a accédé à la fonction suprême de l'Etat? Mais il n'est pas moins vrai qu'un emblème a une certaine importance, puisque tant à travers sa perception consciente que par ce qu'il évoque dans l'inconscient, celui-ci doit aider à mobiliser les individus en faveur de la réalité qu'il évoque.
    La question de l'origine du symbole fait-elle problème après l'échec de l'expérience soviétique? La disparition de l'URSS, la tendance, en Russie, à revenir aux emblèmes de l'Ancien Régime (aigles et autres préda-teurs, tout à l'opposé de nos modestes instruments) restitue — semble-t-il - au symbole du PCF, bien naturalisé en France grâce à l'action du parti qui en est le porteur, un signification indépendante.
    Reste enfin l'argument plus fort, selon, lequel l'emblème actuel, en privilégiant le travail manuel, en ignorant le travail intellectuel qui a pris une place de plus en plus grande dans tous les secteurs de l'activité économique, donnerait une image trop archaïque d'un parti qui se veut moderne.
    Peut-on trouver mieux ? D'autres s'y sont essayé : l'ex-RDA, par exemple, avait repris, parmi ses symboles, le marteau, mais lui avait associé le compas. La diversité des formes du travail aujourd'hui fait qu'il est difficile sans doute de les résumer dans des outils quels qu'ils soient, surtout si l'on pense que ces outils doivent en outre se prêter à une représentation qui parle à la raison comme au cœur.
    Ne fermons pas en tout cas la porte à l'imagination, aux efforts de renouvellement créateur. Mais ce que l'on peut espérer en revanche, c'est que, si un nouvel emblème était souhaité par les adhérents du parti, les significations primitives et émancipatrices de la faucille et du marteau soient conservées et mises en lumière, c'est-à-dire le pacifisme, l'union dans l'égalité, de la femme et de l'homme, la coopération des différentes formes du travail pour une société meilleure.
    Raymond Huard

    (1) Voir l’Union soviétique n°9 (270),1972,p.8(2) Voir sur ce point l’ouvrage de W.Bereliwitch et L.Gervereau, Russie-URSS 1914,1991, changements de regards
    , BDIC, 1991, notamment p.12-13 qui donne une histoire beaucoup plus détaillée des emblèmes soviétiques.
    (3) Voir à ce sujet les documents rassemblés dans l’ouvrage En écoutant le cœur de la révolution (en russe)
    éd.Aurore Léningrad, 1977 (plusieurs rééditions)
    (4) Le Congrès de Tours, Ed.sociales, 1980, p.8(5) La question a été posée dans une lettre à l’Humanité Dimanche par Claude Boudret de Robion Vaucluse),
    lettre publiée dans le numéro 197, 23 au 29 déc.1993.
     Le texte ci-dessus reproduit à l’identique l’article paru initialement dans l’hebdomadaire du PCF :
    " Révolution " n° 727 du
    3 février 1994 –pages 26 et 27. Il est publié sur ce site dans le simple but
    d’informer les internautes sur un sujet rarement (pour ne pas dire jamais) traité sur le web ou ailleurs.
     


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