• Un budget 2014 de rigueur

    Les syndicats de la Fonction publique menace de faire grève à la rentrée contre les politiques d'austérité

    Social-Eco - le 30 Juin 2013

    Un budget 2014 de rigueur avec un tour de vis de 14 milliards d'euros

    L'Etat prévoit de faire 14 milliards d'euros d'économies en 2014 sur les 20 milliards d'efforts de réduction de déficit prévus, en mettant à contribution les fonctionnaires et les opérateurs. Les budgets de l’Écologie (- 7 %) l’Économie (- 6,6 %) et de l’Agriculture (- 5,4 %) seront les plus touchés.

    "Bruxelles nous a donné deux ans supplémentaires pour arriver en dessous des 3%. Ca pourrait être 3,5% en 2014 et 2,9% en 2015", a-t-il expliqué Christian Eckert, le rapporteur du Budget à l'Assemblée sur BFM-TV. Confirmant une information du journal Le Monde et des Echos, Christian Eckert a précisé que ces économies ajoutées à un effort structurel devraient permettre d'atteindre un déficit de l'ordre de 3,5%. Ces décisions sont en ligne avec les préconisations de la Cour des comptes qui indiquait jeudi que la France devait trouver 13 milliards d'économies en 2014 et 15 milliards en 2015 pour revenir à 3% de déficit en 2015.

    Le budget 2014 monte donc d'un cran dans la rigueur. À deux jours du débat d’orientation des finances publiques qui débutera mardi 2 juillet à l’Assemblée nationale, les ministères "non prioritaires" verront leurs crédits chuter (-7% pour l'Ecologie, -5,4% pour l'Agriculture, -2,8% pour la Culture) et 28.000 emplois publics auront été supprimés depuis le début du quinquennat.

    Austérité salariale dans la fonction publique

    Le premier poste d'économies concerne les fonctionnaires: la croissance de la masse salariale de l'Etat sera ainsi ramenée de 3% à 0,15% en 2014. Cette inflexion très forte sera obtenue en 2014 par la stabilité globale des effectifs, par la réduction des enveloppes catégorielles et leur ciblage sur les bas salaires, mais aussi par la poursuite du gel du point d'indice. Selon Les Echos, 3.209 postes de fonctionnaires seront supprimés, l'Etat en créant d'un côté 9.949 dans les missions dites prioritaires (Education, Justice, Sécurité) et en supprimant 13.158 de l'autre. Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, CFTC et CFE -CGC de la fonction publique ont menacé de se mettre en grève à la rentrée contre "les politiques d'austérité qui visent à réduire toujours plus la dépense publique, la politique gouvernementale hypothèque toute amélioration du fonctionnement de la Fonction publique, mais aussi celles des rémunérations, pourtant indispensables à la relance de l’économie et de l’emploi". Enfin, les dépenses de fonctionnement de tous les ministères baisseront également de 2%.

    Moyens et effectifs en baisse chez les opérateurs

    Les moyens affectés aux opérateurs (Météo France, CNRS, chambres de commerce, centre national du cinéma, etc...) devraient baisser de 4%, hors Pôle emploi et universités. Des projets culturels seront annulés, des constructions de prisons seront retardées et les contributions aux organismes internationaux du Quai d'Orsay vont être diminuées, ajoute le quotidien économique. Autre mesure de redressement plus inattendue: une contribution ad hoc va être demandée à certaines entreprises publiques au titre de l'avantage financier procuré par le Crédit d'impôt compétitivité emploi.

    - Télécharger le rapport

    Quelques titres de la presse ce matin :

    - Le Monde : 2014 : un budget de rigueur historique

    - Les Echos : Premières coupes dans le train de vie de l’Etat

     

    L’austérité jugée contre-productive

    Le PCF et Europe Écologie-les Verts dénoncent la baisse des dépenses prévue en 2014.

    MAX STAAT

    La lutte contre les déficits publics par la baisse de la dépense publique et la hausse de la fiscalité sur les ménages, pour répondre aux diktats des marchés financiers, alourdit la pression sur la consommation et réduit les capacités de création de richesses du pays. » Pour le Parti communiste français, la sentence est sans appel, ce n’est pas par une baisse drastique des dépenses, 14 milliards prévus dans le budget 2014 et le même niveau en 2015, que la France sortira de l’ornière de la crise. De son côté, Jean-Vincent Placé, sénateur et président du groupe Europe Écologie-les Verts au Sénat, réagissant à la baisse (– 7 %) du budget du ministère du Développement durable, « estimait, hier, dans les colonnes du Journal du dimanche que « c’est un signal désastreux vis-à-vis de la politique environnementale », avouant « sa déception face à l’extension de la politique d’austérité et de rigueur ».

    « C’est un signal désastreux vis-à-vis de la politique environnementale »

    D’autant que cette politique d’austérité est contre-productive, comme le montrent les perspectives de croissance revues à la baisse pour 2013 et 2014, et contrairement aux niveaux des déficits revus, eux, à la hausse. François Hollande a beau déclarer, à Bruxelles, que « le nombre de fonctionnaires ne doit pas être une variable d’ajustement » pour réduire les déficits, le fait est qu’il y en aura 1 451 de moins en 2014, en France, au nom de la réduction des dépenses publiques. Ce qui fait dire au ministre (PS) du Budget, Bernard Cazeneuve, que « la dépense est parfaitement tenue et doit continuer à l’être ». Les clignotants sont au rouge mais le gouvernement poursuit sa route, sans rien changer.

    Le 9 juillet prochain, Jean-Marc Ayrault présentera un plan d’investissement sur dix ans tout en prévenant : « Il faut à la fois diminuer les déficits et, en même temps, retrouver des marges de manoeuvre pour investir et préparer l’avenir. » La quadrature du cercle...


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :