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    12 janvier 2015 :

    2012-02-14-Cassandre-cuisine-radio.jpg Aujourd’hui, le premier ministre nous informe que les salaires devront être réduits de 22% dans la fonction publique et dans le privé. C’est la troisième réduction de salaire en 3 ans, toujours au nom de la réduction de la dette.

    En tant qu’infirmière, je suis passée de 1484 € net par mois en 2012 et dorénavant je ne toucherai plus que 892€ net alors que mon loyer atteint 710€, que la TVA est passée à 34% pour une meilleure compétitivité, le pain coute 2,20 € … L’Etat a supprimé l’APL qui nous permettait à mon mari et moi de terminer le mois tout en donnant à nos deux enfants au moins un repas par jour. Hier, en rentrant du travail j'ai fais le tour des poubelles des beaux quartiers en espérant trouver des restes mangeables, non aspergés de javel par ces privilégiés au ventre rempli. Par chance, j'ai trouvé un pot de confiture.

     

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     Chaque jour, je me dis que ce n’est plus possible et pourtant cela continue, et nous, gens du peuple, nous courbons l’échine. Je regrette tant en 2012 de ne pas avoir résisté en votant Front de Gauche. J’avais peur de l’extrême gauche présentée par les médias comme un danger pour la démocratie alors même que ces mêmes médias nous cachaient le véritable coup d’Etat mené par les marchés financiers avec la ratification, à l'Assemblée Nationale, le 21 février 2012, du Traité Mécanisme Européen de Stabilité et du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance dans l'union économique et monétaire.

     

    Je n’ai pas tout compris excepté le fait que c’est une société anonyme basée au Luxembourg qui décide avec les marchés financiers et le FMI de toute la politique du pays. J’ai l’impression, parfois, que je vais me réveiller de ce cauchemar, je me demande où j’étais lorsque ce traité a été voté. Aucun média n’en avait parlé. Nous ne pouvons qu’appliquer le diktat de cette société dirigée par des personnes non élues et surtout qui bénéficient de l’immunité totale.

     

    Pour en savoir plus :

    Le nouveau traité de l’Europe austéritaire

    Les surprises du mécanisme européen de stabilité

    Source http://cassandre93.over-blog.com


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  • Le juge administratif pour faire dégager les étrangers ?

    Sarko qui est bien fâché avec la magistrature judiciaire va-t-il faire de même avec la magistrature administrative ? La manière dont il a présenté hier son projet de référendum sur les étrangers est impayable : il faut confier le contentieux aux juges administratifs pour plus d’efficacité. « Il serait proposé de confier tout contentieux à la justice administrative pour faciliter les expulsions », explique Le Point.  Sous entendu, avec le juge judiciaire, il y a trop d’embrouilles, alors que le juge administrif est plus compréhensif.

    D’abord, il faut une petite mise au point. Nos compatriotes sont-ils tous bien au courant que nous avons deux types de tribunaux : les juridictions judiciaires et administratives. De nombreux pays pratiquent, de manière plus ou moins tranchée, ce partage, avec l’idée qu’il existe un corps de tribunaux pour les affaires de l’Etat et des collectivités publiques.

    Pour comprendre il faut remonter dans l’histoire

    Dans les derniers temps de l’Ancien Régime, la monarchie avait tenté de s’allier les forces émergentes de la bourgeoisie d’affaires en combattant les volontés de l’aristocratie féodale, dépassée sur le plan économique, et qui usait des droits locaux pour conserver son pouvoir. L’un des lieux où s’est cristallisée cette opposition était les tribunaux de l’Ancien Régime, appelés les parlements, et qui étaient composés de membres de cette aristocratie terrienne.

    Dans les derniers temps de l’Ancien Régime, les parlements n’ont eu de cesse de limiter le jeu des ordonnances royales, alors que celles-ci tentaient de libérer le commerce et d’extraire la vie des affaires des contingences locales. Le juge s’opposait à la loi, en la vidant de son sens, et le régime s'était cassé les dents sur les juges, avec l'échec de la réforme des parlements, par Maupéou.

    Les révolutionnaires de 1789, largement issus de cette bourgeoisie entreprenante, ont pris pour disposition d’interdire aux juges de s’occuper des affaires de l’Etat. Ainsi, fut votée la décisive loi des 16 et 24 août 1790. Cette loi, qui est restée, fonde le partage entre les tribunaux judicaires et les tribunaux administratifs.

    Dans un premier temps, qui a duré de très nombreuses décennies, les juges n’avaient compétence que pour les litiges entre particuliers. Lorsque survenait un différend avec une administration, la seule possibilité était le recours hiérarchique devant le ministre.

    Celui-ci se faisait assister d’un conseil, pris au sein du Conseil d’Etat. Progressivement, le ministre a pris l’habitude de valider les avis du Conseil d’Etat,  et la loi du 24 mai 1872 a fait du Conseil d’Etat le juge de droit commun du contentieux administratif, imposée comme une véritable juridiction indépendante. Les juridictions administratives ont progressivement pallié l’interdiction faite au juge judiciaire de s’occuper des affaires publiques. Les tribunaux administratifs existent depuis 1953 et les cours administratives d’appel depuis 1985, l’ensemble formant désormais un tout cohérent.

    Deux ordres de juridictions

    Ainsi, coexistent deux ordres de juridictions complémentaires, chacun ayant son domaine de compétence. Pour les affaires de droit privé, c’est-à-dire opposant des personnes physiques, ou les personnes morales de droit privé, telles que les associations, les syndicats ou les sociétés, la compétence revient aux juridictions judiciaires : tribunal de grande instance, cour d’appel et Cour de cassation. Lorsqu’est en cause l’Etat, une administration publique ou une collectivité locale, la compétence revient aux juridictions administratives : tribunal administratif, cour administrative d’appel et Conseil d’Etat.

    Pour le contentieux du droit des étrangers

    Pour les reconduites à la frontière ou les expulsions d’étrangers, on retrouve ce partage de compétence.

    La plus simple : la mesure opposée à l’étranger est prise par un arrêté préfectoral, et le contentieux est traité par le tribunal administratif, avec une procédure aménagée qui se tient dans des délais court.

    Mais vient l’autre aspect : la situation de l’étranger, arrêté par la police, et que la préfecture veut garder sous sa main le temps que le tribunal administratif se prononce. C’est la question du placement en centre de rétention, ou de l’assignation à résidence, des mesures d’atteinte aux libertés individuelles, et qui relèvent de la compétence du juge judiciaire, selon les termes de l’article 66 de la Constitution : « Nul ne peut être arbitrairement détenu. L'autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle, assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi. »

    Aussi, le contentieux combine ces deux problématiques : l’arrêté préfectoral est–il valable ? faut il laisser en centre de rétention l’étranger le temps de l’examen de son recours ? Deux problèmes très distincts et deux juges qui se prononcent. Le système est parfaitement rodé, et il n’est pas vraiment un frein à l’action du gouvernement si on en juge par les chiffres toujours à hausse de procédures d’expulsion, qui a lancé une véritable chasse aux étrangers.

    Tiens au passage, une question aux socialistes : abandonnerez-vous les objectifs chiffrés, que vous aviez tant critiqués ? Allo ? On fait une commission pour en parler ?

    Unifier le contentieux… ou stigmatiser les étrangers ?

    Alors, unifier le contentieux ? Pourquoi pas. On vient de le faire pour les patients psy… avec un transfert de tout le contentieux au juge judiciaire.

    Mais présenter cette mesure comme une réforme majeure n’a pas de sens, si ce n’est pour faire comprendre qu’il y a vraiment trop d’étrangers, et qu’il faut qu’ils dégagent.

    Et puis c’est carrément injurieux pour les juridictions administratives qui sont présentées par Sarko comme moins regardantes sur la question des libertés, dès lorsqu’il présente son projet comme une manière de « faciliter les expulsions ». Sarko devrait se faire briefer sur la juridiction administrative, qui avait définitivement gagné ses lettres de nobles en s’opposant aux projets les plus dangereux du général de brigade à titre temporaire de Gaulle, et dont la qualité de juge indépendant et impartial n'est remise en cause par personne.

    En fait, chacun a compris que cette histoire de référendum, c’est juste un nouveau chiffon rouge pour exciter la xénophobie. Toujours la civilisation…  

    Un campagne sous le signe du recyclage des déchets de la penseée? Non, merci. Il nous manque un printemps des poètes. Ce sont les meilleurs pour comprendre le monde.

    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/


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  • poleemploi.jpg

    Nicolas Sarkozy s’apprêterait à soumettre aux Français un référendum sur un renforcement des obligations des chômeurs, notamment de ne plus pouvoir refuser un emploi ou une formation. Si le Président sortant n’en n’est pas à sa première tentative d’utiliser la détresse de nos concitoyens pour faire un «coup» bassement politicien, celui-ci est particulièrement choquant.

     

    Choquant bien sûr, parce qu’au lieu d’apporter des solutions, il préfère mettre en scène la culpabilisation de ceux qui subissent ses erreurs politiques, pour mieux s’en dédouaner. Qui peut croire pourtant, que les 6,2 millions de Français qui s’inscrivent chaque année à Pôle emploi le font par plaisir ou par paresse ? Choquant encore, parce que les Français, en quête de vérité de la part des politiques, savent pertinemment que le Président sortant feint grossièrement d’ignorer qu’il existe déjà des obligations drastiques et graduées qui pèsent sur les demandeurs d’emplois aujourd’hui. Comment expliquer autrement que nombre d’entre eux sont régulièrement radiés des listes de Pôle emploi ? Choquant toujours, parce que passer par un référendum sur un sujet qui aurait nécessité de consulter sereinement les partenaires sociaux, c’est nier l’essence même de la démocratie sociale. Si Nicolas Sarkozy voulait casser le dialogue social dans notre pays, il ne s’y prendrait pas autrement

     

    Depuis 2007, et sous la responsabilité de Nicolas Sarkozy, la France compte un million de demandeurs d’emploi supplémentaire. Pour échapper à son bilan, Nicolas Sarkozy s’en prend aux victimes de sa politique, lui qui promettait en 2007 de ramener le chômage à 5 % alors qu’il frôle aujourd’hui les 10%.

     
    Quand Nicolas Sarkozy attaque les chômeurs, Le Front de Gauche , lui, veut s’attaquer au chômage.


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  • Février 1954 l’Abbé Pierre lançait son appel [1]. C’était au lendemain de la guerre, le pays n’était pas encore reconstruit et les pauvres s’entassaient dans des bidons-ville, quand ce n’était pas dans la rue.

     

     

    En 2007 un homme "providentiel" promettait monts et merveilles. Avec lui tout était possible !…


    Abbé Pierre - Sarkozy - logement par pierrebouzin

     

     En 2012

     

    La seule guerre qui touche la France aujourd’hui est la guerre aux pauvres qu’on tue chaque jour un peu plus en les jetant à la rue que ce soit de leur usine ou de leur logement.

    Elle est éradicable, puisque l’ennemie d’aujourd’hui est la finance, les banques bref, le système libéral .

     

    Qu’on arrête les reportages mièvres sur ces gens qui vivent à la rue, sur ceux qui n’y sont pas encore sachant qu’ils seront expulsés à la fin de la trêve hivernale, sur ceux qui font les poubelles pour se nourrir... tout en mettant en lumière la bourse, le CAC 40, les agences de notations.

     

    Que ces "grands" arrêtent de nous expliquer "qu’on ne peut faire autrement" que la seule solution c’est l’austérité tout en se protégeant eux et leur famille du besoin, grâce aux salaires mirobolants que NOUS leur payons par nos impôts.

     

    Que tous ceux qui en cette période de campagne électorale nous promettent monts et merveilles alors qu’ils ne veulent pas sortir de ce système, se taisent, retournent à leur foyer, à leur banque et nous laissent faire, puisque NOUS ON PEUT avec la seule solution "L’HUMAIN D’ABORD !"

     

    36 personnes sont mortes dans la rue depuis le début de l’année en France (site collectif des morts de la rue)  mise à jour, le 6 février 2012

     

    [1] Appel de l'abbé Pierre Hiver 54

     

    "Mes amis, au secours...

     

    Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée...

     

    Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !

     

    Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DEPANNAGE, ces simples mots : "TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS, ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME"

     

    La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.

     

    Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci !

     

    Chacun de nous peut venir en aide aux "sans abri". Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain :

     

    5000 couvertures,

    300 grandes tentes américaines,

    200 poêles catalytiques

    Déposez les vite à l’hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.

     

    Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.

     

    Merci !"

    VMH


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  • Après la découverte samedi des corps de deux SDF morts de froid, le président du collectif «Les morts de la Rue», a réagi sur la situation des sans-abris.

     

    Pour l’instant, au 34e jour de l’année, nous en sommes à 37 décès. Ils ne sont pas seulement liés à l’hypothermie, mais le froid nous rappelle juste que le manque d’hébergement est constant tout au long de l’année. 37, ce sont les personnes mortes dans la rue depuis le début de l’année.

     

    Il ajoutait, une année sans mort pourrait être possible si on avait assez d’ambition politique.

     

    Ambition pour son pays, mais pas pour soi-même. Le candidat Sarkozy s’était engagé dans un discours tenu à Charleville-Mézières le 18 décembre 2006. Il a été élu, il avait la majorité au parlement et au Sénat, donc les coudées franches.

     

     Sarko: plus de SDF dans deux ans! par bakchichinfo

     

      Mais comme le dit cette maxime de l'UMP, « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». A ne pas oublier le 22 avril 2012.

    http://jcoutant.over-blog.com



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  • 120205-Nikonoff-mélenchon

    J. Nikonoff et J.L. Mélenchon à la fête de l'Humanité 2011.

     

    Positionnement du M'PEP pour les élections 2012 adopté par son congrès extraordinaire  des 14 et 15 janvier 2012

    La suite de l'article


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  • Politique - le 27 Janvier 2012

    ACTA : un accord qui ne respecte pas le droit européen, signé par l’UE

    ACTA : un accord qui ne respecte pas le droit européenA peine nommé rapporteur, l’euro député socialiste Kader Arif a démissionné, dénonçant cet accord scandaleux sur la forme comme sur le fond. L’absence de transparence est totale et au nom de la lutte contre la contrefaçon, l’ACTA menace l’accès au soin des démunis comme les libertés sur Internet.

    Kader Arif s’est fendu d’un communiqué très clair pour justifier sa démission « En tant que rapporteur sur ce texte, j'ai également fait face à des manœuvres inédites de la droite de ce Parlement pour imposer un calendrier accéléré visant à faire passer l'accord au plus vite avant que l'opinion publique ne soit alertée, privant de fait le Parlement européen de son droit d'expression et des outils à sa disposition pour porter les revendications légitimes des citoyens. »

    Le Calendrier a été imposé par le PPE, le parti des droites européennes (de l’UMP à la CDU en passant par le parti d’Orban). Le parlement ne sera saisi qu’en février, alors que l’Union européenne a signé le texte jeudi, et que les négociations entre les Etats ont commencé en 2007… Le rapporteur dénonce la pression interne, le déni de démocratie : commencer à travailler en février pour terminer au mois de mai, le PPE veut qu’il y ait le moins de débat public possible.

    Déjà que les négociations sont restées complètement opaques depuis 2007. Les députés européens s’en sont plaints à plusieurs reprises : aucune information, aucun accès au texte, aucun échange sur le contenu. « non association de la société civile, manque de transparence depuis le début des négociations, reports successifs de la signature du texte sans qu'aucune explication ne soit donnée, mise à l'écart des revendications du Parlement Européen pourtant exprimées dans plusieurs résolutions de notre assemblée. » précise le rapporteur.

    • Un accord qui prime sur le droit européen

    L’ACTA  ne respecte pas le droit européen, comme certaines décisions déjà prises par la Cour de justice européenne. Mais cet accord international, s’il est adopté, primera sur le droit européen. L’ACTA concerne la mise en œuvre de la lutte contre la contrefaçon et les sanctions imposées. Le texte prétend compléter des résolutions de l’OMC, comme celle disant que dans certains cas, des Etats peuvent outrepasser des brevets si pour résoudre des problèmes de santé public, permettant de fait la création de génériques à bas coût. L’ACTA, en faisant l’amalgame entre générique et contrefaçon va l’annuler. Lire à ce propos ACTA : signature de l'accord sur la privatisation des savoirs

    L’Eurodéputé Kader Arif conclut : « Cet accord peut avoir des conséquences majeures sur la vie de nos concitoyens, et pourtant tout est fait pour que le Parlement européen n'ait pas voix au chapitre. Ainsi aujourd'hui, en remettant ce rapport dont j'avais la charge, je souhaite envoyer un signal fort et alerter l'opinion publique sur cette situation inacceptable. Je ne participerai pas à cette mascarade. »

    Une pétition en ligne à destination des députés européens a été lancée, et atteint bientôt les 500 000 signatures.

    • Au passage signalons une nouvelle campagne d’Anonymous qui prouve à nouveau que le collectif ne fait pas que des « attaques ». Ils ont lancé l’opération : « appelle ton député » (#OpPhoneYourMEP), incitant les citoyens du monde entier à appeler leurs représentants pour les informer et les avertir de ce grave déni de démocratie.

    Des parlementaires de gauche polonais s’en sont saisis et ont siégé au parlement avec les fameux masques de Guy Fawkes, devenus signature d’Anonymous (Via Telecomix).

    Pi. M.


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  •   

    Les « classes moyennes » sont au coeur du débat politique. Elles sont 
    présentées à droite, à gauche, au centre comme à l’extrême droite 
    comme un des enjeux centraux de cette élection. Elles font l’objet de 
    dossiers dans la presse, et de publications, encore tout récemment.  
    Mais de quoi parle-t-on au juste? Jean Lojkine resitue le fondement 
    et le cadre idéologique de la notion. Pour une analyse critique.

     

                                                     Un mythe qui a la vie dure

    Mais qui sont donc les « classes moyennes » ? Tout le monde s’y réfère, personne ne les définit. Ce n’est ni la classe ouvrière opposée à la bourgeoisie capitaliste, ni la bourgeoisie anglaise coincée entre l’aristocratie terrienne et le prolétariat industriel, ni les anciennes classes du mode de production féodal : paysans, artisans, commerçants, professions libérales.

    On a voulu y voir la figure symbolique d’une « lutte des classes » apaisée par la mobilité sociale : « l’ascenseur social » aurait réussi à intégrer la majorité du salariat (des ouvriers qualifiés aux cadres) dans les institutions créées par la bourgeoisie capitaliste, notamment l’Etat social, protecteur, régulateur, et ses instances de représentation politique. En réalité la classe moyenne, c’est « l’anti-classe », la classe qui ne s’oppose à aucune autre, parce qu’elle est censée les absorber toutes. C’est le mythe d’une société d’abondance et d’intégration consensuelle en période de croissance capitaliste ; par contre en période de crise la « classe moyenne » devient synonyme de société des « inclus » opposés aux « exclus ». Le clivage entre inclus et exclus est le substitut du clivage de classe : la classe moyenne devient alors le porte drapeau des salariés à statut enfermés dans leurs ghettos de « riches » , entourés par la masse anonyme des « sans » : sans papiers, sans travail, sans domicile, sans patrie, sans culture. La solidarité de classe contre l’exploitation capitaliste s’efface alors devant la peur de l’autre, le repli identitaire.

    Le mythe de la classe moyenne est diffusé aussi bien par la social-démocratie que par la Droite et les libéraux. L’un des fondateurs de la social-démocratie allemande, L.  Bernstein, voyait dans le développement d’une « classe moyenne » entre le prolétariat industriel et la bourgeoisie la preuve que le capitalisme se serait auto-régulé et aurait rendu inutile une révolution politique anti-capitaliste. Les crises structurelles du XXme siècle ont remis en cause ces thèses réformistes, mais en même temps les régulations politiques qui ont permis, dans leur diversité (du fascisme au Front populaire, en passant par le New Deal) des « sorties de crise » nous ont montré que la « maturation économique » du capitalisme n’impliquait pas par elle-même une « maturation politique » débouchant « nécessairement » sur une révolution prolétarienne, contrairement aux espoirs de Marx et d’Engels, après les révolutions de 1848.

    Certes le mythe d’une classe moyenne résultant de l’ascension sociale de 80% de la population, des ouvriers qualifiés aux cadres, a pris fin. La croyance dans le développement assuré d’emplois garantis à vie, grâce à la protection d’un Etat Providence, est contredite aujourd’hui par la généralisation de la précarité et les attaques systématiques des politiques néo-libérales contre ces acquis sociaux des 30 Glorieuses. Plus même, la profondeur de la crise systémique éclatée en 2008 a révélé au grand jour ce qu’avait d’illusoire l’idée d’une classe sociale qui échapperait à la lutte des classes. La notion de« classe moyenne » cache en réalité un conflit majeur entre des fractions prolétarisées du salariat intellectuel et une fraction ultra minoritaire de cadres dirigeants alliés à la classe capitaliste qui bénéficie des retombées de la financiérisation du capital (stock-options, actions, dividendes). Chômage, précarisation, paupérisation, destruction de la culture du service public, « servitude volontaire » des cadres à l’autonomie « contrôlée », dessinent des formes nouvelles de prolétarisation , sans pour autant s’identifier au prolétariat ouvrier.

    L’idéologie dominante tente aujourd’hui d’occulter ce rapprochement objectif complexe des ouvriers et des salariés intellectuels en masquant le caractère multi-classiste des révolutions Arabes et du mouvement des « Indignados » dans les pays occidentaux. En Egypte, les étudiants diplômés de la Place Tahir ont été rejoints par les syndicalistes des industries textiles, en Tunisie, les manifestations des jeunes diplômés au chômage ne doivent pas cacher les manifestations des salariés des usines de bauxite de Gafsa.

    Dans les pays occidentaux, et notamment en Europe, l’idéologie dominante tente d’opposer le « libéralisme culturel » des « classes moyennes » diplômées à l’autoritarisme conservateur, populiste des classes populaires et notamment des catégories ouvrières, attirées par le vote pour les partis d’extrême droite xénophobes. Au libéralisme culturel des salariés éduqués s’opposeraient ainsi l’anti-libéralisme  culturel des sans diplômes,… mais aussi l’antilibéralisme économique (contre l’Europe libérale, contre les privatisations, les délocalisations, l’économie de marché).

    Mais on oublie un peu vite que ces mêmes « classes moyennes » alimentent aussi les partis d’extrême droite en Europe et que le véritable parti « ouvrier » aujourd’hui est le parti des abstentionnistes, de ceux qui rejettent les institutions « démocratiques », parce que la gauche de gouvernement européenne s’est ralliée depuis les années 70-80   à l’idéologie libérale et aux politiques monétaristes d’austérité salariale et de dévaluation compétitive. On oublie également que les jeunes diplômés « s’indignent » à la fois contre l’injustice sociale, contre l’ultra-libéralisme, et contre toutes les formes d’autoritarisme, démentant par là même le clivage postulé par l’idéologie social-démocrate, entre les partisans du libéralisme culturel (les diplômés)  et les classes populaires antilibérales stigmatisées, réduites à un populisme d’extrême droite. Désormais les jeunes diplômés rejoignent les ouvriers et les employés dans leur rejet de l’Europe libérale et du capitalisme financier, comme on l’a déjà vu en 2005 avec le rejet du projet de traité européen. Mais le mouvement des « indignés » va plus loin encore, dans la mesure où il met sur le même plan la revendication démocratique, le droit des femmes à l’égalité de traitement avec les hommes, et les revendications populaires contre le chômage et la baisse du pouvoir d’achat.

    On comprend que ces mouvements sociaux mettent à mal des partis socio-démocrates européens qui n’ont pas su tirer les leçons de la crise de 2008-2009 pour s’émanciper de l’idéologie néo-libérale. Mais pourquoi la gauche radicale et les communistes n’en ont-ils pas tiré le moindre profit ?

    Pris entre le repli sectaire et l’union avec des partis socio-démocrates majoritaires depuis l’écroulement de l’URSS, les partis communistes européens n’ont pas su jusqu’ici se dégager de cette alternative mortifère, en renouvelant leur analyse de classe . Ce qui supposerait en premier lieu de dépasser les références tantôt à une « classe ouvrière » qui n’existe plus comme Sujet historique de la révolution ( parce que le prolétariat ne se limite plus aux ouvriers) , tantôt à une « classe moyenne » qui n’est qu’un mot creux, désignant simplement ce que l’on ne parvient toujours pas à nommer : les fractions, multiples, des intellectuels salariés qui s’intègrent au salariat capitaliste, mais sans fusionner pour autant avec les catégories populaires (ouvriers et employés).

    D’autant plus que le travail de traitement de l’information, le « travail sur autrui » caractéristique des services publics (éducation, santé, information, justice, police), n’est plus aujourd’hui réservé aux cadres et aux travailleurs intellectuels : l’intellectualisation du travail productif marque la rupture entre la révolution industrielle et la révolution informationnelle.  La révolution industrielle est marquée par l’opposition taylorienne entre le travail d’encadrement, de conception, d’organisation réservé aux travailleurs intellectuels et un travail manuel ouvrier réduit à une fonction de détail, subordonné à la machine. La révolution informationnelle déplace le conflit de classe au cœur même du travail intellectuel , en  imbriquant l’organisation , la programmation et la relation avec le client (ou l’usager) dans l’acte productif. Même dans la production matérielle, même dans le travail ouvrier, la relation de service comme l’innovation l’emportent sur le travail de manipulation de la matière, partiellement objectivé dans la machine informatique. Désormais, malgré la terrible contrainte de la rentabilité, le travail de production matérielle n’est plus au coeur des rapports de production, il ne représente plus  pour l’ouvrier qu’une étape, provisoire, vers le travail de traitement de l’information où va s’enraciner le conflit majeur entre la pression de la rentabilité, la tyrannie du contrôle de gestion et les formes nouvelles de travail autonome. Contradiction majeure de l’idéologie néo-libérale, l’appel à l’initiative, à l’auto-organisation des salariés « entrepreneurs » est nié quotidiennement par la multiplicité des évaluations marchandes tâtillonnes, souvent absurdes, des services publics ; copiées sur le modèle de l’entreprise industrielle privée, ces évaluations de la « productivité » des services éducatifs, sanitaires ou judiciaires sont incapables de saisir l’efficacité sociale (sociétale) des services publics pour les usagers.

    C’est sans doute la raison majeure de la mobilisation intense de toutes les catégories de salariés autour de l’enjeu de la formation : alors que le capitalisme informationnel instaure un enseignement à deux vitesses qui réserve la formation générale, fondement d’une activité citoyenne, à une petite élite, la révolution informationnelle révèle les énormes potentiels d’intervention qui pourraient être utilisés par tous ceux qui auraient été formés à l’usage critique des débats politiques. En ce sens les révolutions arabes comme les « indignés » ont démontré « après coup » qu’il ne suffisait pas de manifester sur les places publiques pour intervenir sur les politiques économiques des gouvernements et des partis politiques. La monopolisation du débat politique par une élite « cultivée » renvoie à cet égard à un combat de longue haleine contre la ségrégation scolaire.

    L’aspiration à envoyer ses enfants faire des études les plus longues possibles est maintenant largement partagée par les couches populaires, par les ouvriers comme par les cadres, mais en même temps les inégalités sociales d’accès à la culture générale et à la formation supérieure sont telles qu’elles nourrissent des attitudes conflictuelles de rejet réciproque entre classes populaires et classes « « instruites », cultivées. Les institutions chargées d’intégrer et de former les nouvelles générations ne sont plus adaptées à l’énorme clivage entre une scolarisation « de masse » et une formation scolaire élitiste, ségrégative. Du côté de la représentation politique, ni les partis politiques de gauche, ni les syndicats n’ont encore trouvé les instruments, les pratiques qui permettraient d’allier culture populaire et culture générale élitiste, en mettant fin aux ghettos qui enferment inclus et exclus.

    La pauvreté et la misère sont maintenant largement partagées par toutes les fractions du salariat, mais ce que Bourdieu a appelé la « misère petite bourgeoise » , la « misère de position » née de la confrontation de tous ceux  qu’oppose leur position dans la hiérarchie sociale, n’est pas la misère nue décrite par Zola, la « grande » misère de condition.

    Tant qu’une mobilisation politique ne prendra pas en main la ségrégation scolaire, sociale, territoriale, la référence idéologique à la « classe moyenne » continuera à servir de paravent, pour « distinguer » les familles des exclus, des « classes dangereuses » et les familles paupérisées, mais cultivées, soucieuses de vivre  »entre soi », à l’école comme dans l’espace de résidence.

    Jean Lojkine

    Jean Lojkine est directeur de recherche honoraire au CNRS

    http://www.communisme21.org/?p=699


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    L’homme du Fouquet’s n’est pas celui des usines !

    Nicolas Sarkozy à la sortie du Fouquet's, à Paris, le 7 mai 2007 (Eric Gaillard/Reuters).

    «Je ne sais pas pourquoi ils me laissent tout seul. Alors que c'est ici que cela se passe.» Ce sont les propos tenus jeudi matin par Nicolas Sarkozy à l'usine Seb de Pont-Evêque, avant qu’il ne présente ses vœux aux forces économiques. Il dit s'étonner que ses concurrents à la présidentielle le «laissent tout seul» aller dans les usines. Mais non Sarkozy, pas tout seul, puisque traînent autour de vous caméras et journalistes pour votre opération de communication. Là vous faites le malin, mais pourquoi n’allez vous pas faire la même chose là où les patrons voyous ferment les usines ?

     

    Pourquoi n’êtes vous pas retourné à Gandrange ? Vous l’aviez pourtant promis. Mais c’est vrai que vos promesses … Sarkozy c’est, courage fuyons !

     

    Avez vous rencontré les 104 ex-salariés de l’entreprise de lingerie Aubade de St Savin dans la Vienne, victimes de licenciements boursiers ?

     

    Avez vous rencontré les 182 salariés de Fralib à Gémenos qui proposent une solution alternative à la délocalisation de leur usine en Pologne décidée par le groupe Unilever ? NON ! Entreprise en difficulté ? Pas du tout, car en 2010, année durant laquelle la fermeture du site de Gémenos a été décidée, Unilever France (Lipton, Miko, Amora, Knorr, Alsa, Sun, Dove…) a versé au groupe Unilever 1,3 milliard d’euros de dividendes.

     

    Et les 184 d’Amora-Maille à Dijon, et les 77, toujours d’Amora-Maille, à Appoigny dans l’Yonne ? Et les 1100 salariés de Freescale à Toulouse, les 283 salariés de Molex à Villemur sur Tarn, les 366 salariés de New-Fabris à Chatellerault, les 1120 Conti à Clairoix, les 600 de Caterpillar à Grenoble et Echirolles, les 350 de Celanese à Pardies, les 330 de chez Delphi à Strasbourg, les 290 de Faurecia à St Nicolas de Redon, les 450 de Plysorol à Lisieux, etc. etc. Et ce sont des centaines d’entreprises comme ça, la dernière étant l’entreprise de lingerie Lejaby dont on a pu entendre les cris de colère et voir les pleurs d’ouvrières dont le groupe vient d’être cédé pour l’euro symbolique à un fond de pension italien qui a décidé l’arrêt des productions en France. Trente ans de leur vie pour ça ! Tout ça s’est passé ou se passe pendant votre mandat Monsieur Sarkozy ! Vous n'êtes capable que de sauver les financiers.

    http://jcoutant.over-blog.com

     

    Malheureusement, sur ces milliers de salariés jetés à la rue, certains ne sont plus là pour vous demander des comptes. Cette semaine c’est un nouveau suicide parmi les anciens salariés de Conti à Clairoix, et combien de drames familiaux ! Chez les Conti, c’est 140 divorces.

     

    Que faisiez-vous Monsieur le Président Sarkozy ? Personne ne vous a vu dans les usines au moment où tous ces salariés étaient en lutte. Il est plus facile de pavaner devant un parterre trié sur le volet, dans des lieux protégés par les forces de l'ordre, à vouloir faire croire que vous êtes seul à vous intéresser aux usines. Non Monsieur Sarkozy, vous êtes l’homme du Fouquet’s mais certainement pas celui des usines.


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  • Le 9 janvier 2012, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a procédé officiellement à l'installation du CNAPS, acronyme désignant le tout nouveau "Conseil national des activités privées de sécurité". Alain Bauer, "criminologue" officiel, candidat à toutes les présidences de toutes les structures créées dans le domaine de la politique sécuritaire, par ailleurs créateur d'une entreprise privée d'audit et de consultation dans ce domaine, a, comme il se doit, été élu Président de cette nouvelle instance. Il sera assisté d'un directeur, le préfet Jean-Yves Latournerie, désigné par le décret du 26 décembre 2011. 
     
    Une communication réussie
     
    Le CNAPS trouve son origine dans la loi du 14 mars 2011 sur la sécurité intérieure, dite Loppsi 2, ou plus exactement dans un amendement gouvernemental déposé devant le Sénat. Selon les éléments de langage diffusés par la presse, cet amendement trouve son origine dans le rapport remis au ministre de l'intérieur le 7 juin 2010 rédigé conjointement par l'inspection générale de l'administration et les inspections générales de la police (IGPN) et de la gendarmerie (IGGN). Ce rapport Blot, du nom de son rapporteur, aurait en effet préconisé la création d'une telle structure, afin d'organiser le contrôle de l'Etat sur ses entreprises privées de sécurité. Le conditionnel s'impose cependant, car le rapport Blot n'est pas publié et reste introuvable sur le site de ministère de l'intérieur, qui affecte pourtant une page spéciale au téléchargement des rapports des inspections générales. 
     
    On trouve en revanche beaucoup de documents témoignant du désir des professionnels privés du secteur de bénéficier d'un tel encadrement. Le Président du syndicat national des entreprises de sécurité (SNES) déclarait ainsi, dans une interview,  : "Nous sommes pour l'instauration, enfin !, d'un interlocuteur unique pour la profession, que le SNES attend et réclame depuis des années. C'est là une avancée considérable dont nous nous félicitons". Ce point de vue, que l'on retrouve à peu près dans les mêmes termes, à l'Union des entreprises de sécurité privées (USP), n'a rien à voir avec la langue de bois d'usage dans ce type de situation. Il reflète au contraire parfaitement la position des professionnels du secteur, qui perçoivent le CNAPS comme un instrument d'organisation, indispensable dès lors que ces entreprises emploient  environ 165 000 personnes. 
     
    La communication, parfaitement réussie, du ministère de l'Intérieur a donc pour objet de laisser croire que la création du CNAPS est seulement un instrument au service de l'Etat, alors qu'elle est aussi l'instrument de la privatisation de la sécurité.
     
    Un instrument au service de l'Etat
     
    Le nom de la nouvelle structure laisserait volontiers entendre qu'il s'agit d'une autorité indépendante, d'autant que l'organe délibérant est pompeusement qualifié de "collège". En réalité, le CNAPS n'est rien d'autre qu'un établissement public administratif, et le fameux "collège" ressemble fort à un conseil d'administration. 
     
    La mission du Conseil, si l'on en croit la communication officielle, est de "faire le ménage", c'est à dire d'octroyer un agrément aux entreprises de sécurité, afin de "moraliser" un secteur qui comprend aussi bien les détectives privés que les gardiens d'immeuble en passant par les convoyeurs de fond et les agents de surveillance ou de vidéosurveillance. Pour effectuer cette mission de police administrative, le CNAPS disposera de 215 experts répartis sur l'ensemble du territoire, et qui auront pour mission de traquer les officines douteuses, celles qui ne respectent pas les règles organisant le secteur. 
     
    Cette mission n'a rien de nouveau cependant, et depuis la loi du 12 juillet 1983, les activités privées de sécurité font l'objet d'une réglementation qui se traduit par l'octroi d'un agrément, matérialisé par une carte professionnelle (décret du 9 février 2009). La réforme actuelle se borne donc à transférer cette activité de police administrative des préfectures au CNAPS. 
     
    De la même manière, le Conseil pourra être saisi par n'importe quel citoyen désirant se plaindre des agissements illégaux ou contraires à la déontologie d'une entreprise de sécurité privée, et, le cas échéant, prononcer des sanctions. Là encore, la défunte Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), créée 2000, exerçait cette mission avec une indépendance plus large, puisqu'il s'agissait d'une autorité administrative indépendante et non pas d'un établissement public. On peut s'interroger sur l'intérêt d'une telle fonction, car la CNDS avait été saisie de quatre plaintes portant sur des entreprises de sécurité privée entre 2000 et 2010, soit environ une tous les deux ans. 
     
    Morris et René Gosciny. Lucky Luke contre Joss Jamon. 1958
     
    Un instrument au service de la privatisation de la sécurité
     
    On le voit, le CNAPS est sans doute un instrument au service de l'Etat, mais ses missions ne sont guère innovantes. On constate en revanche que les principales bénéficiaires de la création de ce nouveau établissement public sont les entreprises privées elles mêmes.  
     
    L'affirmation peut surprendre, et pourtant... Sur le plan structurel, on observe que les professionnels du secteur ont obtenu une très large représentation au sein du conseil d'administration. On y trouve en effet 8 représentants des professionnels du secteurs, 13 de l'Etat, et quatre "personnalités qualifiées' (dont Alain Bauer). S'ils sont minoritaires sur le papier, les professionnels constituent une minorité suffisamment puissante pour pouvoir tirer parti de tous les soutiens dont elle disposera, et ils sont nombreux, parmi les "personnalités qualifiées" et les représentants des autorités publiques. 
     
    De même, l'article 19 de la loi de finances rectificative pour 2011 prévoit que l'institution nouvelle sera financée par une taxe de 0,5 % des ventes de prestation de service d'activité de sécurité privée. Le budget annuel, fixé à environ 13 millions €, sera donc largement le produit de l'activité du secteur privé de la sécurité. Autant dire que le contrôle de ces entreprises est financé par elles-mêmes, ce qui leur confère évidemment un poids non négligeable dans la nouvelle institution. 
     

    D'un côté, le gouvernement actuel a besoin des entreprises privées pour assurer des missions de sécurité que les forces et de gendarmerie ne peuvent plus assumer, faute des moyens nécessaires. La privatisation de la sécurité lui paraît la solution idéale pour vendre du sentiment de sécurité aux citoyens, sans pour autant investir dans la sécurité. De l'autre côté, celui des entreprises, le CNAPS permet une organisation en lobbying et une légitimité toute neuve, dans le cadre d'une institution entièrement tournée vers la privatisation de la sécurité. Ces petits arrangements entre amis apporteront sans doute des bénéfices substantiels à ceux qui considèrent la sécurité, non pas comme un service public, mais comme un marché.
     


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