• Le parquet de Saint-Étienne choisit l’incarcération d'un condamné libre, au détriment de sa réinsertion

     

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    Le 5 mars dernier, Antoine D.* a été incarcéré sur décision du parquet de Saint-Étienne dans le cadre de l'exécution d'une peine aménageable. Le Procureur allègue d'une obligation réglementaire alors que les textes lui permettaient de ne pas procéder à une incarcération socialement nocive.


    En 2008, alors qu'il était mineur, Antoine D. avait été condamné par le tribunal pour enfants de Saint-Étienne à une peine de 4 ans de prison, assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve, comportant les obligations de suivre une scolarité et d'indemniser les victimes de ses délits. Aujourd'hui, Antoine est âgé de 22 ans. Il est titulaire d'un baccalauréat littéraire et vit avec sa compagne depuis plus d'un an. Il a occupé plusieurs mois le poste de réceptionniste dans un hôtel lyonnais, notamment pour financer ses études. Depuis septembre dernier, il est inscrit en première année de droit à l'Université Lyon II, où il suit les cours avec « assiduité » selon une attestation de plusieurs enseignants. Il vient de passer ses examens de mi-semestre. Il s'investit dans la vie associative de la faculté et avait présenté, pour l'année en cours, sa candidature pour siéger au conseil d'administration de l'établissement. A côté de ses études, il occupe également le poste de trésorier au sein d'une organisation politique.

     

    Le 5 mars 2012, Antoine était convoqué à l'hôtel de police de Lyon pour une simple « notification de jugement ». Arrivé sur place, il était « retenu » puis conduit à la prison de Lyon quelques heures plus tard pour y être écroué. Cette incarcération a été décidée par le parquet de Saint-Étienne, qui a fait le choix de mettre à exécution en prison un arrêt de révocation partielle du sursis avec mise à l'épreuve de l'intéressé. Cet arrêt avait été prononcé le 4 janvier 2012 par la chambre de l'application des peines de la cour d'appel de Lyon, qui avait relevé « qu'en s'abstenant (...) de faire connaître sa nouvelle adresse » au juge de l'application des peines pendant deux années, Antoine « a violé les obligations dont il était débiteur » dans le cadre de sa condamnation initiale. Cependant, prenant acte de la situation personnelle de l'intéressé à la date du jugement, la Cour limitait la révocation « à un quantum aménageable de deux années » afin de « ne pas entraver sa réinsertion ». Il appartenait ensuite au parquet de Saint-Étienne de mettre à exécution cette décision. Celui-ci n'a pas entendu l'appel du pied de la Cour pour que la peine soit directement aménagée, et préféré une incarcération, faisant fi de la situation individuelle d'Antoine.

     

    Pour justifier l'opportunité de la décision de ses services, le procureur expliquait à l'OIP, le 29 mars dernier : « nous sommes obligés de mettre à exécution » les mesures de révocation de sursis car ces mesures « sont exécutoires par provision », c'est à dire que « ça s'exécute tout de suite et ça déroge à toutes les autres règles » qui favorisent l'aménagement des peines d'emprisonnement inférieures ou égales à deux ans. Or, l'article D. 147-16-1 du code de procédure pénale visé par le magistrat permet pourtant au parquet de ne pas procéder à l'incarcération « si la situation particulière du condamné le justifie ». 


    Du fait de sa détention, Antoine a du interrompre ses études et l'ensemble de ses activités. Actuellement incarcéré à la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône où il a été transféré, Antoine explique, dans un courrier à l'OIP : « j'ai mis tellement de force et d'énergie à ma réinsertion, baccalauréat, études supérieures, travail afin de payer les frais d'études, que cette condamnation ne me prive pas seulement de liberté mais d'avenir et d'espoir ».

     

    L'OIP rappelle :

    – que la loi prévoit que « les peines sont aménagées avant leur mise à exécution (...) si la personnalité et la situation matérielle, familiale et sociale du condamné ou leur évolution le permettent » (art. 707 du CPP) et que « les personnes non incarcérées, condamnées à une peine inférieure ou égale à deux ans de prison (...) bénéficient, dans la mesure du possible et si leur personnalité et leur situation le permettent » d'un aménagement de leur peine (art. 723-15 du CPP) ;

    – que le Conseil constitutionnel a élevé au rang de principe constitutionnel l'individualisation des peines (décision n° 2010-6/7 QPC du 11 juin 2010) ;

    – que le garde des Sceaux a récemment demandé aux magistrats du parquet « de favoriser le prononcé de mesures d'aménagement de peine lorsque la personnalité et la situation des condamnés le permettent » (circulaire du 8 mars 2012 relative aux instructions générales de politique pénale, voir également les circulaires du 12 mai 2011 et du 29 septembre 2009).


    * Le prénom a été modifié.

     

    Envoyez vos dons pour sa défense et vos lettres de soutien au 87 rue Montesquieu 69007 Lyon.

    Par Jeunes Communistes 69


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  • Cette expression n’est pas très belle mais elle traduit malheureusement ce que vivent de nombreuses familles qui ne résident pas dans les grandes villes, mais à leur périphérie. Nous avons sélectionné plusieurs témoignages nous parvenant.

    « Les commerçants constatent une chute de leur activité dans les galeries marchandes et se plaignent du manque de clients comme de plus en plus de restaurateurs ». « Depuis quelques semaines, les clients sont rares ». « Mon banquier me dit que les gens ont besoin de trésorerie pour joindre les deux bouts et tirent sur leur épargne ». « Je trouve que la situation économique se dégrade assez vite dans mon entourage ». « Les retraités dégagent de leurs assurances vie parce que la vie est trop chère et qu’ils sont pour certains obligés d’aider des enfants en difficulté ». « Des banques n’ont plus vraiment de liquidités. C’est ce que je déduis parce que plusieurs agences du … me font des problèmes pour des retraits ».

    Conclusion : nous avons d’un côté des politiques aux ordres des banquiers internationaux. Ces politiciens refusent de s’impliquer pour changer les règles d’un mécanisme destiné à broyer les peuples au nom des intérêts de la dette. De l’autre, des populations qui s’appauvrissent rapidement car l’énergie et les produits de consommation courante flambent, comme les loyers. L’immobilier est hors de prix pour de plus en plus de budgets familiaux et le niveau de vie décline. La crise n’est donc pas encore entrée dans sa phase II pour l’Europe, les mesures d’austérité ne sont pas encore au rendez-vous, que les bas de laine sont déjà bien amaigris pour de plus en plus de gens.

    C’est un piège diabolique car d’une perversité inouïe. Les bankster ou familles oligarchiques qui se jouent de la crise avec des armes de destruction massive comme les produits dérivés, préparent de nouvelles attaques contre la dette des Etats (cela vient de commencer violemment avec l’Espagne, dont les émissions furent un désastre) tandis que la plus grande partie de nos concitoyens ont déjà beaucoup tiré sur leur épargne.

    Finalement, le moment arrive où l’on peut mettre le système à genoux assez facilement. Rappelons que la France est un pays où le taux d’épargne est très important.

    http://liesidotorg.wordpress.com


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  • Logement : un violent plan d’austérité en préparation

    C’est une mesure encore confidentielle dont le candidat Nicolas Sarkozy se garde bien de parler quand il bat les estrades de la campagne présidentielle : Bercy a reçu la consigne de préparer un plan d’austérité sur les crédits budgétaires alloués au logement. Les instructions données visent à réduire d’environ 30 % les montants dédiés actuellement aux aides au logement, qui atteignent aujourd'hui près de 15 milliards d’euros, et à raboter d’environ 600 millions d’euros les crédits inscrits dans deux programmes, celui des aides à la pierre et celui de l’hébergement et accompagnement pour les personnes les plus défavorisées, qui disposent à l'heure actuelle de près de 1,7 milliard d’euros.

    Jusqu’à présent, on ne connaissait que les grandes lignes du plan de rigueur que Nicolas Sarkozy voudrait mettre en œuvre s’il était réélu. Et nul n’a vraiment pu prendre la mesure concrète de l’austérité qui, secteur par secteur, en découlerait. Dans son programme (il est ici), le président sortant rappelle ainsi qu’il s’appliquerait à trouver 115 milliards d’euros pour parvenir à l’équilibre des finances publiques en 2016, conformément au programme de stabilité transmis à Bruxelles, dont 40 milliards de recettes supplémentaires et 75 milliards d’euros d’économies sur les dépenses. Sur ces 75 milliards d’euros d’économies à réaliser d’ici 2016, 39 milliards d’euros ont déjà été annoncés dans le cadre du budget de 2012 ou de la Révision générale des politiques publiques (réforme des retraites, réduction du nombre des fonctionnaires, etc.). Nicolas Sarkozy a donc annoncé, dans un curieux euphémisme, qu’il reste 36 milliards d’euros à « documenter ».

    Pour ces 36 milliards, le programme de Nicolas Sarkozy ne donne qu’une décomposition générale qui, elle-même, ne permet pas plus de prendre la mesure de la purge sociale qui en découlerait : il est question pêle-mêle de 7 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de personnel de l’État et des collectivités territoriales, de 16 milliards sur les dépenses de fonctionnement et d’intervention de l’État, ou encore de 13 milliards d’économies sur les dépenses de l’assurance maladie.

    Mais concrètement, quelles seraient les conséquences de ces économies sur la vie quotidienne des Français ? À ce niveau de généralités, les citoyens ne peuvent pas le mesurer. Ils sont de la sorte invités à penser que Nicolas Sarkozy est un gestionnaire avisé et rigoureux, mais ils n’ont pas de raison de penser que ces réductions des dépenses d’intervention de l’État vont, en fait, se traduire par une sorte de guerre aux pauvres.

    Guerre aux pauvres

    Et c’est tout l’intérêt de ces informations dont a eu connaissance Mediapart sur les scénarios confidentiels sur lesquels travaillent dès à présent les services du ministère des finances, dans un secteur particulier, celui du logement. Elles permettent, dans un domaine au moins, de prendre une mesure très concrète de ce qui est dès à présent dans les tuyaux.

    Il faut bien mesurer l’importance qu’a le système français de l’aide au logement pour les foyers modestes. Près de 15,9 milliards d’euros de prestations d’aides personnelles au logement ont ainsi été versées en 2010 à environ 6 310 000 ménages, dans le domaine du locatif aussi bien que de l’accession à la propriété. Ces aides, qui sont dégressives en fonction du revenu (elles varient d’environ 40 euros à un peu moins de 400 euros, selon la taille du foyer et selon les régions), profitent donc aux Français les plus démunis. Selon le rapport sur ces crédits présenté à l’automne dernier à l’Assemblée nationale (il est ici, voir en particulier page 20), « 76 % des ménages locataires bénéficiant d’aides au logement ont des revenus inférieurs au Smic et 99 % à deux fois le Smic ». En clair, ces aides, précise le rapport, « figurent parmi les aides sociales les plus redistributives », ou si l’on préfère, parmi les aides qui sont les plus indispensables aux foyers modestes. Plus on est pauvre, plus on est aidé…

    Le rapport apporte ces autres précisions : « Les aides touchent en majorité des “petits ménages” : 3,7 millions de ménages sont composés d’une personne seule ou d’un couple sans enfant (…) Les personnes âgées de plus de 65 ans constituent une part importante de ces effectifs (environ 19,5 % des bénéficiaires). Les jeunes de moins de 25 ans non étudiants sont environ 410 000. »

    CQFD ! Si 30 % de ces crédits étaient supprimés, ce serait bel et bien une guerre aux pauvres qui serait alors engagée.

    En outre, des instructions ont été données pour raboter violemment d’autres crédits, notamment ceux du programme dit 135, qui concerne les aides à la pierre, et ceux du programme dit 177, qui profite à l’hébergement et à l’accompagnement des personnes en grandes difficultés.

    Au total, sur ces deux programmes, il s'agirait donc de 600 millions d’euros d’économies qui seraient recherchés sur des crédits qui au total avoisinent 1,7 milliard d’euros. Et dans ce cas-là, ce serait une déclaration de guerre non plus aux pauvres. Non ! Aux super pauvres…

    Cela donne-t-il un avant-goût du tour de vis budgétaire que Nicolas Sarkozy engagerait s’il était rééelu ? Si c'est le cas, mieux vaudrait que cela soit clairement annoncé et détaillé avant l'élection...

    http://www.mediapart.fr


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  • Nouveau décret élargissant les sanctions financières aux allocataires du RSA qui refusent des contrats pourris

     
    Les déclarations anti-immigrés et anti-chômeurs se succèdent dans la bouche de Sarkozy, et de ses larbins du gouvernement et de l'UMP.
    Mais M. Sarkozy ne fait pas que parler. Il agit aussi.




    Ainsi Fillon vient-il de signer un décret, applicable au 1er avril 2012, qui sanctionne plus durement qu'avant les allocataires RSA qui refuseraient de se plier au dictat des services "sociaux".
    Cliquer ici pour accéder au texte officiel

    Qu'est-ce que ça va changer pour les allocataires RSA ?

    Ce décret est une arme de plus dans l'arsenal des services "sociaux" qui s'occupent du "suivi" et de "l'accompagnement" des allocataires RSA : Le conseil général, Pôle emploi, voire des associations habilitées.

    LES SERVICES DITS "SOCIAUX" VONT POUVOIR PLUS FACILEMENT METTRE LA PRESSION SUR LES ALLOCATAIRES POUR LES OBLIGER A PRENDRE DES CONTRATS POURRIS.

    Yamina, qui est actuellement soutenue par la CGT chômeurs rebelles, peut très bien en parler :
    Elle a osé refuser d'aller à un chantier d'insertion 28 heures par semaines, éloigné de son domicile alors qu'elle n'a pas de moyen de transport. Elle a osé refuser un emploi indécent, à salaire indécent, au regard de ses qualifications. Et le conseil général n'a pas hésité à lui supprimer un mois de RSA. Cette procédure, illégale aujourd'hui, deviendra légale... le 1er avril.
    Et ce n'est pas une blague !
    En effet, aujourd'hui seule une suppression de 100€ sur un mois est possible comme première sanction (article R262-68 du code de l'action sociale et des familles). Mais à compter du premier avril, le conseil général pourra supprimer... 80% du RSA, et ceci dès la première sanction du conseil général, de Pôle emploi ou de tout autre structure habilitée, et ceci, pour une pénalité qui couvre de 1 à 3 mois !

    Ce décret signé Fillon est avant tout politique, et même politicien.

    On entend fréquemment, si l'on fréquente les services "sociaux", des phrases du type : "Celui-là, je vais lui suspendre son RSA, car il ne joue pas le jeu".
    Sous-entendu : Il arrêtera de refuser toutes les propositions que les services sociaux lui font pour "s'en sortir".

    ALORS QUE TOUT LE MONDE SAIT QUE LES CONTRATS AIDÉS, LES CHANTIERS D'INSERTION, LES TEMPS PARTIELS NE SONT PAS DES SOLUTIONS.
    Ce sont bien souvent des cul-de-sac, qui ne permettent en aucun cas de sortir de la misère.
    Le président de la commission d'évaluation du RSA, François Bourguignon, l'a dit lui-même en décembre 2011 : "Les barèmes du RSA ne permettent pas de sortir de la pauvreté"


    Pourquoi faudrait-il accepter un temps partiel ou un CDD alors que l'on mérite tous un emploi décent, un salaire décent, UNE VRAIE VIE ?



    LE DEBAT EST BIEN POLITIQUE : On entend bien souvent dans ces services "sociaux" que les allocataires RSA sont redevables de la collectivité, et donc doivent accepter les contrats de misère que les services "sociaux" leur proposent.

    Ce qui permet d'exonérer les banquiers et les actionnaires (les réels dirigeants de notre pays aujourd'hui) de toute responsabilité sur leur influence sur le marché du travail... 
    Pourtant ce sont bien eux qui ont imposé le démantèlement des droits des travailleurs : Précarité, temps partiel subi. 
    Et que ce sont bien ces banquiers et actionnaires qui ont volé une part toujours plus grande des richesses produites par les travailleurs, sur le dos des travailleurs : Le pourcentage du PIB qui part dans la poche des actionnaires n'a cessé d'augmenter, alors que la part qui va aux salaires n'a cessé de baisser.


    [source du graphique : PCF]
     
    Si on veut une société plus juste, ça passe par une juste redistribution des richesses, donc du travail...


    NE NOUS FAISONS PAS D'ILLUSIONS.
    SEULE LA MOBILISATION,
    SEUL LE RAPPORT DE FORCE PAIERA,
    FACE AUX PRÉDATEURS
    EN COSTARDS-CRAVATE.
     
     

     


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  • L'Allemagne, un modèle pour la France ? Pas si sûr, car les travailleurs précaire de l'hexagone n'ont rien à envier à leurs voisins. Gilbert Casasus, spécialiste de la question, nous en dit plus.

     

    (Manifestations d'employés français et allemands de Continental - DROESE/SIPA)
    (Manifestations d'employés français et allemands de Continental - DROESE/SIPA)
    Elle aurait dû participer à l’un des meetings de l’UMP. Mais vraisemblablement, elle ne viendra pas. Elle aurait dû servir de modèle à la France, mais voilà qu’elle ne le fait pas. D’une part, il est question d’Angela Merkel, de l’autre de l’Allemagne et de son exemplarité économique. Mais, à y regarder de plus près, ni l’une ni l’autre ne sont présentes dans la campagne électorale française. La première, soutien pour la réélection de Nicolas Sarkozy, s’inquiète de quelques-unes de ses prises de position. La seconde ne peut plus faire abstraction des conséquences sociales induites par les choix politiques de ses dirigeants. Qu’on le veuille ou non, la chancelière et l’Allemagne ne sont décidément pas une référence à toute épreuve pour la France. 

    Principale puissance économique de l’Union européenne, la RFA est confrontée à de graves inégalités sociales que les Français ne connaissent guère. Même les plus avisés d’entre eux sont surpris par la dégradation de certains services publics allemands. Dans plusieurs régions sinistrées, les collectivités locales ne savent plus où donner de la tête : faut-il alors qu’elles ferment les installations sportives, réduisent les subventions pour la culture ou augmentent les tarifs et les frais d’inscription ? Ni les villes, ni les Länder, à l’exception peut-être de la Bavière et du Bade-Wurtemberg, ne semblent pour l’instant à avoir trouvé la réponse à ces questions. 

    Et contrairement à une idée reçue, cela ne concerne plus seulement l’Allemagne de l’Est. Certains de ses territoires sont aujourd’hui mieux dotés que ne le sont quelques centres urbains ou périurbains de l’Allemagne de l’Ouest. Observateur aguerri de la politique des transports en commun allemands, l’utilisateur des trains et autres bus ne peut que constater les dégâts. Les chemins de fer allemands n’arrivent toujours pas à l’heure et les tramways de l’une des plus grandes villes de l’Allemagne du Nord n’ont pas été remplacés depuis plus de vingt ans.

    PLUS DE PRÉCARITÉ EN ALLEMAGNE

    De la modernité allemande ne restent parfois que peu de traces visibles. En revanche, la paupérisation de quelques quartiers périphériques saute aux yeux. L’Allemagne a par conséquent quelque peu changé de visage. Pendant plusieurs décennies, les salariés allemands avaient pourtant bénéficié des avantages matériels de l’économie sociale de marché. Nombre d’ouvriers connaissaient alors une amélioration de leur pouvoir d’achat. Acteurs ou enfants du « miracle économique allemand », ils s’étaient forgé une existence confortable, étaient devenus propriétaires de leurs biens et avait parfois franchi le seuil des grandes écoles et des universités. 

    Cette Allemagne est révolue. Elle est devenue moins solidaire et plus égoïste. Pour le citoyen allemand ne compte aujourd’hui plus qu’un seul objectif : éviter de faire partie des 23 % des employés qui appartiennent à la catégorie des bas salaires. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ huit millions de personnes gagnent moins de 9,15 € par heure. Pire encore : 1,4 million d’entre eux perçoivent moins de cinq euros pour le même laps de temps, alors que 800 000 travaillent pour moins de 1 000 € par mois. Dans un pays qui refuse obstinément d’instaurer un salaire minimum, la situation des plus démunis et des plus précaires devient de plus en plus inquiétante. Comparaison au comble du cynisme, le smicard français s’en tire donc mieux que son collègue allemand !

    L'ALLEMAGNE, UN MODÈLE ?

    A l’heure où l’Allemagne est obligée de faire appel à une main d’œuvre étrangère pour pallier son déficit démographique, elle n’est plus en mesure de garantir un niveau de vie décent à sa population la plus défavorisée. Confrontée à un problème plus structurel que conjoncturel, elle sera, tôt ou tard, contrainte de revoir sa politique sociale qui, depuis l’instauration desdites lois Harz IV,  s’est soldée par une augmentation sensible des inégalités. Ainsi, alors que certains revendiquent à corps et à cris des réformes pour la France, il serait peut-être temps de faire preuve de plus de retenue en la matière. 

    Que la France se satisfasse donc de laisser l’Allemagne hors de sa campagne électorale. Celle-ci peut certes lui offrir quelques modèles industriels, lui présenter ses réalisations technologiques et  techniques de même que l’inciter à réfléchir sur son avenir énergétique. Mais qu’elle n’essaye surtout pas de lui imposer sa politique sociale. Curieux retournement de l’histoire d’ailleurs : alors que la République fédérale des années soixante-dix était devenue la référence sociale européenne pour de nombreux Français, voilà que quarante plus tard elle leur sert désormais de repoussoir.

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  • Goldman Sachs, la plus pourrie des banques. Au menu du jour, le trafic des prostituées mineures. L’info ne vient pas d’un site alter, allumé à l’anti-US primaire, mais du New York Times de ce samedi, et sous la signature d’un journaliste de renom, Nicholas D. Kristof.

     

    Goldman Sachs finance la prostitution des mineures

    Kristof écrit : « La plus grande plateforme du trafic sexuel de jeunes filles mineures aux Etats-Unis semble être un site Internet appelé Backpage.com ». Ce site gère les annonces pour les escort girl. Mais écrit Kristof, Backpage joue un rôle majeur dans la prostitution des mineurs. Le journaliste fait état de nombreuses démarches de la justice et de parlementaires, et il évoque notamment une affaire judiciaire en cours à New York concernant une jeune fille de 15 ans « droguée, ligotée, violée et vendue à travers Backpage »

    Ce véritable magasin de femmes et de fille est la propriété de la société Village Voice Media, et comme pour nombre de sociétés US, il est difficile d’en connaitre les propriétaires. C’est sur cette question que Kristof a enquêté… et a trouvé : « Nous avons résolu le mystère. Il apparaît que les vrais propriétaires incluent des sociétés financières, parmi lesquelles figure Goldman Sachs dans une proportion de 16% ».

    Kristof raconte que, lorsque la banque a appris qu’il enquêtait sur le sujet, elle s’est activée pour vendre ses actions, et elle l’a appelé vendredi après midi pour lui dire qu'elle venait de signer la fin de sa participation à la direction du site.

    Andrea Raphael, porte-parole de Goldman Sachs, plaide comme un voyou de seconde zone : « Nous n’avons eu aucune influence sur la conduite de cette compagnie ». Donc, en gros, « on est planté jusque là, mais nous ne sommes que de misérables financiers, sans pouvoir de décision ». Mais Kristof précise  que Scott L. Lebovitz, l’un des managing directors de Goldman, a siégé pendant quatre ans au conseil d’administration de Village Voice Media, jusqu’en 2010. Un repentir ? Tu parles ! A cette époque, la situation leur est apparue intenable… car après des enquêtes judiciaires, le Congrès avait lancé les premières enquêtes sur cette société. Scott L. Lebovitz s’est cassé, mais le fric est resté !

     

    Goldman Sachs finance la prostitution des mineures

    Village Voice Médias annonce être vigilant pour écarter les annonces des trafiquants, mais c’est une juste une plaisanterie. L'État de Washington vient d’adopter une loi prévoyant des sanctions pénales qui seraient applicables si Backpage publie des annonces sans vérifier l’âge des femmes, loi qui s’annonce d’application délicate du fait de la protection de la vie privée.  

    Kristof conclut : « Ainsi, depuis plus de six ans Goldman détient une participation importante dans une société connue pour ses liens avec le trafic sexuel, et a siégé parmi les dirigeants de l'entreprise pendant quatre ans. Il n'y a aucun indice pour dire que Goldman a utilisé sa participation au capital pour pousser Village Voice à abandonner annonces d'escort girl ou à vérifier l'âge des jeunes femmes ».

    Comme je suis moins modéré que Nicholas D. Kristof, je conclurai en disant que les dirigeants de cette banque sont des fumiers.

    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/
     


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  • Il suffit d'un rien, vraiment. Un voisin contrarié, un membre de la famille en colère, un ami déçu, un amour trompé.... Et on vous dénonce comme terroriste. Là-dessus la brigade rapplique, casse tout dans votre appartement et vous embarque pour trois jours d'un séjour au frais de l'Etat. Harcelé, malmené, empéché de dormir, affamé, le terroriste est terrorisé pendant trois jours par des hommes rompus à ce genre d'exercice qui vont se succéder à son chevet, sans relâche. Vous passerez les trois jours les plus affreux de votre existence. A un moment, vous aurez même envie de mourir pour que ça s'arrête. Vous aurez même  envie de leur avouer que vous êtes effectivement un dangereux terroriste.

    Oui, c'est ce qui est arrivé la semaine dernière à un jeune homme de 23 ans à Toulouse. Les flics harcelés sans doute par leur hiérarchie qui elle aussi est pressée par l'Etat de faire un coup médiatique pour marquer les esprits, au cas où ils ne l'auraient pas suffisamment été. Ou pour continuer à brouiller les pistes, pour masquer le fait que le président-candidat n'a pas de programme et ne fera rien d'autre que ce qu'il a déjà fait pendant cinq ans.

    Alors, par les temps qui courent, il est préférable de se réconcilier avec ses amis, ses voisins, ses amours perdus. Bref. Mais ne comptez pas sur eux pour vous rembourser les frais de dévastation de l'appartement, pas plus que pour vous formuler des excuses.

    et le plus étrange dans cette histoire, c'est que depuis le temps qu'on nous bassine avec le terroriste, qu'on nous vend du terrorisme, on se dit : quand les flics débarquent chez quelqu'un, c'est qu'ils ont longuement enquêté, ils ont remonté des filières, filoché, mis les gus sur écoutes et tout, et tout... Et ben non ! Donc, vous pouvez les voir débarquer chez vous comme ça, sans crier gare. Ils vous saccagent la vie et hop, ils se barrent, on passe à autre chose !

     

     http://www.ladepeche.fr/images/depeche.png

    Publié le 03/04/2012 07:52 - Modifié le 03/04/2012 à 09:40 | Frédéric Abéla

    Filières islamistes : l'agent de sécurité accusé à tort, libéré

    Mohammed Achamlane, le leader du groupuscule islamiste Forsane Alizza été interpellé à Nantes et transféré à Paris hier./Photo MaxPPP
    Mohammed Achamlane, le leader du groupuscule islamiste Forsane Alizza été interpellé à Nantes et transféré à Paris hier./Photo MaxPPP
    Mohammed Achamlane, le leader du groupuscule islamiste Forsane Alizza été interpellé à Nantes et transféré à Paris hier./Photo MaxPPP

    Après trois jours de garde à vue, un agent de sécurité toulousain de 23 ans, travaillant dans le métro, a été remis en liberté, dimanche soir, après le vaste coup de filet opéré vendredi, en France, dans les milieux islamistes radicaux. Des arrestations à forte connotation politique après l'affaire Mohammed Merah, du nom de ce jihadiste qui a exécuté sept personnes à Toulouse et Montauban, entre le 11 et le 19 mars.

    « Il est très choqué et vit un cauchemar. Il a été accusé à tort par une personne qui voulait visiblement se venger, témoigne la sœur du jeune homme libéré. Les policiers l'ont pris pour quelqu'un d'autre. Pendant trois jours, ils lui ont posé des questions croyant avoir affaire à une tout autre personne. Il a été victime d'une dénonciation mensongère. » Ce garçon, inconnu des services de police, a été interpellé vendredi matin, non loin de la station de métro Mermoz à Toulouse par une équipe du Raid et des membres du renseignement intérieur. « Ils ont cassé des portes et mis l'appartement en vrac pour finalement se rendre compte que mon petit frère n'y est pour rien dans cette affaire », poursuit la sœur du jeune homme. SUITE ICI

     

    http://o-pied-humide.over-blog.com/article-il-suffit-de-si-peu-pour-qu-on-vous-prenne-pour-un-terroriste-102761250.html


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  •   C'est en substance la pétition qui circule chez Publicis et demandant aux salariés de soutenir leur big boss.

     

      Petit rappel: Maurice Lévy, pdg de Publicis et président de l'association regroupant les 80 plus importantes sociétés françaises, (accessoirement aussi St Martin de notre époque), a été partisan d'une taxounette (vraiment petite et exceptionnelle) contre les riches dont il fait partie. Mais Carnaval étant passé, les masques sont tombés et rien n'a été voté par le gouvernement justement des riches et du patronat. Et puis, paf, Le même Maurice Lévy se voit gratifier d'une ristournette de 16 millions d'euros de prime, en sus du reste.

      Depuis, dans le 5e pays le plus riche du monde (mais riche pas pour tout le monde en France), l'addition a du mal à passer. Il y a bien eu le contre-feu de Laurence Parisot pour défendre cet argent de poche. Or, la chef du syndicat des patrons défendant l'un de ses syndiqués au nom de la morale, l'injustice prit plus d'ampleur.

     

      Alors, de bonnes âmes chez Publicis ont eu la merveilleuse idée d'une pétition de soutien à leur archange Maurice Lévy. "Pas de couteau sous la gorge", déclame-t-on à tout va dans les coursives de la boîte, (le couteau entre les dents, c'est plutôt ces terroristes du Front de gauche). Mais que des salariés responsables et citoyens pour défendre leur bon patron.

      Il n'empêche, plusieurs s'en sont ouverts à Rue89. L'un d'eux s'exprime ainsi:"Pendant que mon boss m’expliquait à quel point la rémunération de Maurice Lévy était justifiée, je sentais le regard des autres, à travers la vitre. Je n’ai jamais ressenti un tel malaise ici. (…) En ressortant du bureau, je me suis senti mal, mais vraiment mal. Dans les couloirs, on ne discutait que de ça. Il y avait ceux qui avaient signé, ceux qui avaient refusé tout net, d’autres qui défendaient la démarche, mais très peu. Plus on en parlait entre nous, plus on prenait la mesure de ce truc dingue qu’on aurait dû tous refuser de signer."

      Bref, il semblerait qu'on fut sommés de signer la pétition, puisqu'un autre salarié explique s'être vu dire par son responsable de service: "Publicis est là grâce à Maurice, que ce n'est pas un profiteur mais un vrai entrepreneur, que sa rémunération n'est que justice et que la polémique actuelle n'a pas lieu d'être". Un patron de droit divin quoi, dans une République française qui prône la liberté, l'égalité et la fraternité!


     la CGT Info-Com’ a fait état de plusieurs plaintes : "Nous avons écho de pressions sur certains salariés afin qu’ils signent une pétition ou un texte de soutien au PDG et son bonus. Une curieuse démarche pour tenter de justifier l’injustifiable, alors que les salariés ne bénéficient plus d’augmentation collective depuis plusieurs années."

     

      Vendredi, sur Europe 1, Nicolas Sarkozy, déclarait sans rire: "Il y a un pays occidental, un seul, qui depuis le deuxième trimestre 2009 n'a pas connu la récession, c'est la France. Il y a un seul pays qui, depuis 2007, a connu chaque année une augmentation du pouvoir d'achat des Français, c'est la France." 

      Oui, il a raison le candidat petit père du peuple, c'est vrai pour ses amis dans lesquels M. Maurice Lévy figure.

      Pour illustrer mon article, j'ai pris ce que, dans certains milieux, on considère comme de la petite monnaie. Oui, on n'a pas les mêmes valeurs, comme disent ceux qui font de la pub pour Mme Lillianne Bettencourt.

    argent

    http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com


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    Avez-vous déjà vu un concours de chien de berger?

    Profitant dans la trêve pascale, et du temps fort de la saison des agneaux du même nom, La Canaille est allé voir comment cela se passait.

    Imaginez, un troupeau sélectionné, un  échantillon représentatif d'ovins parfois mêlés de quelques caprins plus indépendants permettant aux chiens de montrer comment ils sont capables d'obéir au berger mais aussi de faire preuve d'initiative pour éviter à quelques brebis égarées de s'écarter du chemin qui doit conduire à la bergerie ou à l'abattoir.

    Le matin, c'est relativement simple il faut que chaque chien rabatte sont troupeau dans un enclos commun avec le minimum de perte en route. On appelle perte les animaux blessés égarés, ceux qui se callent dans des enclos non dédiés. Une sorte de marge d'erreur qui est de plus en plus codifiée dans les notes du jury.

    L'après midi la meute conduit le troupeau vers l'enclos majeur où sera compté et attribué le cheptel au deux finalistes, celui qui comptabilisera le plus de brebis dans son enclos sera déclaré vainqueur.

    Devant  le spectacle, après un moment de perplexité on est gagné par l'ambiance et on se prend à porter appréciation.

    Gardons la tête froide pour regarder comment le modèle "chien de berger" sert dans la période.

    Des noms courts pour les chiens SOFRES, BVA, IFOP etc. Ils courent le terrain et donnent de la voix. Surtout ne pas agresser le troupeau pour le bien conduire, les finalistes attendent impatients.

    Les éleveurs de chiens liés le plus souvent aux abattoirs et à la filiale ovine les quels ont leur propriété gardées par d'autres chiens de garde, plus statique qui savent mordre et donner de la voix.

    Regardez comment les chiens modèlent  leur troupeau comme sculpteur sa glaise pour l'orienter et le faire réagir en fonction des barrières et accidents de parcours, certains mis intentionnellement pour orienter le troupeau,  les faire suivre les clôtures d'enclos sans qu'ils s'y précipitent.

    Et vogue la galère ce ne sont pas les chiens qui font le troupeau mais bien les bergers aux ordres des éleveurs. C'est fou ce que cela ressemble à la pratique des sondages dans une campagne présidentielle en France.

    Par canaille le rouge


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  • L'affaire Merah m'intéresse. Il y a bien entendu la dérive de Merah lui-même, qui a son intérêt. Et surtout, il y a ce qu'on a dit et écrit sur l'affaire. Et là ça devient passionnant.

     

    Merah lui-même est finalement bien peu intéressant. On aura beaucoup glosé sur son parcours: petite frappe de cité, famille abandonnée par le père, passage par la case prison, un voyage aventureux en Afghanistan qui fait penser à ces jeunes tentés par l'aventure et qui au début du siècle s'engageaient dans la Légion Etrangère pour « voir du pays ». Il est inutile d'aller chercher dans ces paramètres celui qui est déterminant dans le passage à l'acte de Merah. La psychologie n'est pas encore - et ne le sera pas avant longtemps - une science.

     

    Et si la statistique permet de faire des rapprochements entre certains paramètres dans l'histoire des individus et certains comportements, un rapprochement statistique ne permet pas d'établir des rapports de cause à effet.  La triste réalité est qu'on ne peut savoir, parmi tous les facteurs de risque plus ou moins probables, lequel a été déterminant dans le passage à l'acte de Merah. Et pas seulement parce qu'il est mort: trente ans après les meurtres commis par Action Directe ou les Brigades Rouges, il est toujours aussi difficile de comprendre pourquoi des étudiants socialement intégrés et ayant leur vie devant eux ont pu décider un jour qu'on pouvait changer la société en assassinant un boucher, un commissaire de police ou un haut fonctionnaire. Le fanatisme religieux ou politique sont-ils les facteurs déclenchant, ou seulement un prétexte commode qu'on se choisit pour pouvoir donner à ses actes criminels une justification qui a les apparences de la légitimité ? On peut avoir son opinion, mais cette opinion n'a aucun fondement factuel.

     

    Mais là où l'affaire Merah devient passionnante, c'est lorsqu'on examine la réaction de la société.

    D'abord, comme nous vivons sous la dictature de l'émotion, on oublie que les actes comme celui de Merah sont extraordinairement rares. Il faut remonter plus de quinze ans en arrière pour trouver un cas de terrorisme semblable (l'affaire Kelkal, en 1995). Cela devrait nous conduire naturellement à la conclusion que nos institutions sont plutôt saines, que nos immigrés ne sont pas si mal intégrés, que nos prisons ne sont pas des écoles de formation au terrorisme.

     

    Curieusement, on tire la conclusion exactement inverse: la DCRI est clouée au pilori pour n'avoir pas établi une surveillance de Merah. Et clouée au pilori par les mêmes qui, si la DCRI avait établi une surveillance systématique autour de tous ceux qui présentent le même profil, auraient dénoncé hautement « l'état policier » et la « surveillance au faciès ». Ceux qui hier s'insurgeaient contre l'interconnexion des fichiers de police poussent des cris d'orfraie en découvrant que les fichiers de police et ceux du renseignement ne sont pas interconnectés.

     

    Cette réaction est d'ailleurs renforcée par notre paranoïa nationale qui fait que toute pollution, tout crime, tout désordre doit forcément avoir un coupable, et que le coupable est forcément l'autorité.

     

    Personne n'est prêt à faire la remarque de bon sens qui veut que le « risque zéro » n'existe pas, et que l'erreur étant humaine, aucun système, quelque soient ses compétences et ses moyens, n'évitera que de temps en temps le pire arrive. Si Merah a pu tuer sept personnes, c'est forcément parce que l'Etat a failli à sa tâche. Quelqu'un a forcément mal fait son travail, et doit être puni pour que la population soit rassurée.

     

    A cette paranoïa s'ajoute l'habituelle immodestie de nos sommités médiatiques et politiques. Dix jours après Fukushima, ils étaient tous des experts en matière nucléaire au point de disserter doctement sur les questions de sûreté et porter des jugements en la matière.

     

    Deux jours après la mort de Merah, les mêmes sont tous devenus des experts en matière de police et d'intelligence au point de pouvoir porter de doctes jugements sur la gestion de l'affaire par le RAID et par la DCRI. Avant de devenir certainement des experts militaires si demain Israël devait bombarder l'Iran, ou des docteurs en politique monétaire si l'Euro devait être en difficulté.

     

    C'est grave parce que le bruit et les bêtises que font ces pseudo-experts nourrissent le mépris pour la véritable expertise. A quoi bon passer toute sa vie à étudier les réacteurs nucléaires ou la gestion des crises terroristes, si n'importe quel politicard peut, en lisant trois dépêches de presse écrites par des journalistes aussi ignorants que lui-même, disserter doctement sur ce qu'il faut faire pour résoudre les problèmes et distribuer des bons et mauvais points ?

     

    Mais peut-être l'affaire qui montre le mieux à quel point la paranoïa et le « victimisme » dominent nos modes de pensée est celle du professeur qui appela ses élèves à faire une minute de silence en hommage à Mohammed Merah. Le discours de l'enseignante est notable: elle « a clairement dit que Mohamed Merah était une victime, que le lien avec Al-Qaïda avait été inventé par les médias et « Sarko ». Elle a ajouté qu'il serait possible de faire une minute de silence pour cette « victime » ».

     

    Difficile de mieux associer paranoïa et victimisme. Paranoïa, parce que sans le moindre élément on déduit que « c'est inventé par les médias et Sarko » (1). Et victimisme, parce que le raisonnement pervers de l'enseignante est que dès lors qu'on est « victime » on mérite un hommage. Quand bien même le lien avec Al-Qaïda serait inexistant, Merah a tout de même assassiné sept personnes de sang-froid.

     

    On me dira que cette enseignante a des problèmes psychiatriques. Je veux bien le croire. Mais même les fous ont une vie sociale et reprennent des discours dominants. Et j'ai personnellement entendu dans la bouche de personnes réputées tout à fait « normales » des discours sur Sarkzoy remplis d'une haine irrationnelle qui ne sont pas très loin de ce qu'a dit cette enseignante. De là à demander des minutes de silence pour les « victimes de Sarkozy » il n'y a qu'un pas.

     

    Un pas que la société franchit allègrement, lorsqu'elle s'autorise à mettre en doute à priori et sans le moindre élément factuel la manière dont la crise a été gérée. Le pompon étant décroché en la matière par le père de Mohamed Merah, qui prétend porter plainte contre l'Etat pour « avoir assassiné son fils ». Vivant, Merah était l'ennemi public N°1 et un « assassin dégénéré » - pour reprendre la formule de Jean-Luc Mélenchon, sur laquelle il y aurait beaucoup à dire - dont les étranges lucarnes nous peignaient les turpitudes avec un plaisir morbide à peine dissimulé.

     

    Mort, il devient une « victime ». Victime du racisme pour l'un, de la prison pour l'autre, de la police pour un troisième, de Sarkozy pour un professeur avec une araignée au plafond.

     

    Et le plus drôle est que le professeur sera sanctionné, alors que son seul crime aura été de pousser jusqu'au bout le raisonnement « victimiste » que nos élites propagent complaisamment. Jusqu'à excuser l'inexcusable.

     

    Goya avait raison: « Le sommeil de la raison engendre des monstres ».

    Descartes

     

    (1) On n'insistera jamais assez sur les dangers du discours politique qui depuis cinq ans fait de Sarkozy le cerveau qui organise tout, au point que rien n'est censé se faire sans qu'il n'en soit l'organisateur ou à minima qu'il soit au courant. Cette transformation de Sarkozy en figure toute-puissante fait partie de cette vision paranoïaque de la société si courante aux USA mais nouvelle sous nos cieux.

     

    http://descartes.over-blog.fr/article-affaire-merah-pourquoi-tant-de-haine-102586272.html


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