• images (9) 500 000 pauvres de plus en un an. Selon les derniers chiffres de l'INSEE, la pauvreté et les inégalités ont fortement progressé en France en 2010. La crise n'explique pas tout, car le problème est aussi dû à une protection sociale qui ne protège pas assez ceux qui en ont besoin…

     

    On s’en doutait, mais la réalité est encore pire que ce que l’on craignait : la pauvreté et les inégalités ont fortement progressé en 2010. Selon l’Insee, qui vient de publier les premiers chiffres, le nombre de personnes en situation de pauvreté en France a progressé de près de 500 000 en un an, et de plus de 800 000 en deux ans. Désormais 14,1 % de la population française dispose d’un niveau de vie[1] inférieur au seuil de pauvreté (964 euros par mois, contre 968 euros en 2009), alors que, en 2008 ; ce n’était le cas que de 13 % de la population.

    Certes, la crise a frappé, et fortement. Mais elle a bon dos, si l’on ose dire, car elle n’explique pas tout. Le taux de pauvreté des chômeurs a effectivement augmenté, mais moins qu’on pourrait le croire : il s’établit désormais à 36,4 % ( !) contre  35,8 % en 2008. Un chiffre énorme – nettement plus d’un tiers des personnes concernées -, mais qui progresse de 0,6 point en deux ans, contre une progression de 1,1 point du taux de pauvreté général. En réalité, les sinistrés de la pauvreté sont principalement les inactifs autres que les retraités ou les étudiants (le taux de pauvreté passe de 29,3 % à 32,2 % entre 2008 et 2010, soit 2,9 points supplémentaires) et les enfants de moins de 18 ans (leur taux de pauvreté passe de 17,3 % à 19,6 %). Chez les étudiants, le taux de pauvreté progresse également sensiblement, passant de 18,1 % à 19,4 %, mais ces chiffres ne tiennent pas compte des aides familiales éventuelles.

    Le visage de la pauvreté de masse se dessine ainsi nettement : il s’agit pour une part croissante de familles monoparentales (lorsque le parent isolé ne travaille pas, le taux de pauvreté explose à près de 80 %, ce qui explique la proportion élevée – et croissante - d’enfants touchés par la pauvreté), d’inactifs et de chômeurs. Certes, ces trois catégories (qui se recoupent partiellement) ont sans doute vu leur sort se dégrader du fait de la crise, en raison de l’absence d’embauches, des licenciements et de la réduction des emplois temporaires. Mais, pour elles, ce sont aussi les prestations sociales qui se révèlent fortement insuffisantes : le moindre incident économique les précipite alors dans la pauvreté ou aggrave cette dernière. Pour dire les choses brièvement, la protection sociale ne les protège pas, ou pas assez, pour qu’elles puissent faire face. Au cours de ces dernières années, la tendance dominante a été d’accuser « l’assistanat » de tous les maux : l’aide sociale, disait-on, inciterait les gens à ne rien faire au lieu de chercher à se former et à travailler. Les personnes assistées seraient le cancer de la société, des profiteurs suçant le sang des honnêtes travailleurs. L’urgence aurait été de travailler plus, et pour cela tous les moyens ont été jugés bons, certains évoquant même la contrainte.

    En période « normale », déjà, cette idéologie était contestable, aussi bien moralement qu’économiquement : comme si, par exemple, le fait de ne pas disposer de quoi faire garder ses enfants n’expliquait pas une partie du « non-travail » des chefs de familles monoparentales. Mais en période de crise, elle devient criminelle : quand l’emploi se dérobe, il faut être aveugle pour avancer que c’est par calcul ou par fainéantise que l’on ne travaille pas, et il faut être pervers pour préconiser une réduction des aides sociales.  

    Hélas, les chiffres de l’Insee dévoilent aussi une autre face de la réalité : la très forte progression des inégalités. En 2002, le cinquième le plus pauvre de la population percevait 9,3 % du niveau de vie total. Il en perçoit désormais 8,7 %, soit 0,6 point de moins, ce qui représente environ 6 milliards de moins que ce qu’il aurait perçu si la répartition des revenus ne s’était pas déformée à son détriment. Pendant ce temps, dans le cinquième le plus riche, c’est l’inverse qui s’est produit : de 37,7 %, sa part dans le revenu total est passée à 39 %, soit 1,3 points de plus, donc un gain supplémentaire d’environ 12 milliards issu de la déformation de la répartition des revenus à son avantage. Et l’on entend ces pauvres privilégiés hurler à l’oppression fiscale parce que l’Etat viendrait leur reprendre une part de ce surplus ? De qui se moque-t-on ?

     

     

    Lecture : au seuil du 1er décile (10 % des français gagnent moins) les Français ont perdu 3 points de pouvoir d'achat entre 2008 et 2010, tandis qu'au seuil du 9ème décile (10 % des Français gagnent plus) ils en ont gagné 1 et même 2 si on s'intéresse au centile 95 (5 % des français gagnent plus). Source : INSEE


    Denis Clerc
    Article Web - 06 septembre 2012

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  •  Laguiole

    Laguiole, c'est un petit village de 1 300 habitants dans le département de l'Aveyron. Et qui ne connaît pas son artisanat local lequel, depuis des siècles, produit la célèbre coutellerie à la petite abeille?


    Mais voilà, le fric-roi est arrivé, l'ultra-libéralisme prétend-t-on dans les bouches qui ne veulent pas dire les vrais mots. Fort de cette expérience et de cette renommée séculaires, on fabrique donc des laguioles à la pelle, surtout en Asie. Vous en trouvez à tout va dans les grandes surfaces et les centrales d'achat vous les refourguent comme cadeaux.


    Laguiole, le village aveyronnais, avait mis en justice un entrepreneur du Val-de-Marne qui avait déposé la marque à la petite abeille. Mais la Justice vient de débouter ce petit village de notre douce France, dont les artisans locaux ne pourront plus graver Laguiole sur leur fabrication.

    "On se sert de notre image et de notre savoir-faire pour vendre des choses qui sont usinées en Asie", tempête le maire de Laguiole. La commune a fait appel.


    Du coup, monsieur le maire et des habitants sont aussi allés déboulonner les panneaux d'entrée du village. Et la petite abeille m'a dit qu'ils pourraient être envoyés pas à Pékin, mais à l'Elysée.

    En attendant, ne l'appelez plus Laguiole.

    http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com/article-ne-m-appelez-plus-laguiole-110562784.html


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  • Le 25/09/2012 à 09h30 par Corine Sabouraud| Mis à jour à 10h20

     

    "Je vous emmerde" : Le nouveau coup de gueule de Bernard Tapie sur Europe 1

    Photo d'illustration  © BERTRAND LANGLOIS

    Bernard Tapie ne changera donc jamais. L'ancien trublion de la politique et des affaires tant financières que judiciaires se complait d'évidence avec un immense plaisir dans les coups de gueules médiatiques.

    Désigné en fin de semaine dernière par Médiapart comme l'heureux acquéreur d'une des plus somptueuses demeures de Saint-Tropez, un achat de 47 millions d'euros, Bernad Tapie depuis est sous le feu d'une seule et même question. Confirme-t-il cette nouvelle propriété. Ou pas.

    Invité de la matinale d'Europe 1, ce mardi, l'intéressé évidemment interrogé sur le sujet par Bruce Toussaint s'emporte. Et lâche un tonitruant : "Je vous emmerde. Je ne vous demande rien, moi !" Réplique du journaliste interloqué : "C'est moi que vous emmerdez ?" . Réponse : "Vous et tous les medias qui me posent cette question..."

    Devant la justice, Bernard Tapie devrait revoir son langage. Le parquet de Paris a en effet ouvert le 18 septembre dernier une information judiciaire pour "usage abusif des pouvoirs sociaux et recel de ce délit", suite à une enquête préliminaire menée depuis 2011 sur la base d'un rapport de la Cour des Comptes concernant le dossier du Crédit Lyonnais.

    http://www.lindependant.fr/

    TAPIE, L’ARGENT, LES CHOMEURS, LA SOCIETE, LA DETTE

    Les propos tenus par Bernard Tapie sur Europe1 ce matin m’ont emplie de colère et une fois la colère passée, m’ont fait voir encore plus clairement à quel point nous sommes dramatiquement dix crans en dessous de la guerre de classe que tous ces gros bourgeois sont en train de nous mener sans état d’âme ni scrupule, pour le coup, et avec violence.

    Déjà, je ne comprends pas que des journalistes estiment que c’est éthique d’inviter ce mec à déballer son boniment. Qui dirige dans la rédaction de ces appareils de propagande ? Des journalistes ou des commerciaux ?

    Ensuite, entendre Tapie, le mec blindé aux as, bien gavé de l’argent du petit contribuable français, gras comme un mulot, tiré comme une rombière californienne, nous conseiller de nous serrer la ceinture et d’envisager, par exemple, que des médicaments ne soient plus remboursés, franchement, si par hasard on n’avait pas encore compris ce qui se passe, ça éclaire tout.

    L’entendre MENTIR ouvertement sur le prétendu redressement de l’Italie ou de l’Espagne, cela aurait du susciter au minimum une réaction indignée du "journaliste" qui l’interviewait. (Surtout quand, à sa question sur sa villa tropézienne de 47 M d’euros, Tapie lui a répondu "je vous emmerde". Le mec s’est aplati comme une merde, limite s’est excusé pour la question. Bref).

    Écouter tout cela, c’est prendre la mesure que c’est bien eux ou nous. Et que, comme toujours, comme dans les années 30, ce sont eux qui ont sorti les couteaux en premier. "La violenza del proletariato si chiamera giustizia".

    La louve http://bellaciao.org/fr


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  • La pauvreté vue par les enfants

     

    La pauvreté ne fait plus seulement peur : elle est aussi vécue par un nombre grandissant de Français, selon notre sixième baromètre Ipsos / Secours populaire. Les enfants, eux, expriment pour la première fois leur avis sur le sujet dans un sondage aux résultats surprenants et encourageants.

    Les enfants sont réalistes face à la pauvreté. La précarité leur fait peur, mais ils sont nombreux à vouloir agir afin de réduire les injustices.

    - Lire la synthèse de l’enquête

    - Lire l’intégralité de l’enquête

     


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    Une chercheuse, spécialiste des cancers professionnels, refuse la Légion d’honneur décernée par la ministre du Logement Cécile Duflot pour dénoncer l’indifférence qui touche la santé au travail et l’impunité des crimes industriels.

    Dans une lettre adressée à la ministre, rendue publique samedi, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm, demande à la ministre d’intervenir pour la remise en cause de l’impunité qui, jusqu’à ce jour, protège les responsables de crimes industriels.

    Je ne fais pas ce geste contre Mme Duflot, précise à l’AFP la présidente de l’association Henri Pézerat (santé, travail, environnement) qui déplore que la crise économique occulte la santé des travailleurs et les questions environnementales.
    Ma démarche se veut un appel à la mobilisation citoyenne, mais aussi parlementaire et gouvernementale, pour le respect des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité, écrit-elle en accompagnement de sa lettre à la ministre datée du 31 juillet.

    Nous voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir cette dégradation des conditions de travail (…), le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l’accumulation des impasses environnementales, en matière d’amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques…

    Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d’autrui, y compris en matière pénale, dit-elle dans sa lettre à Mme Duflot.

    Cette spécialiste, également porte-parole de Ban Asbestos France, évoque par ailleurs la sous-traitance et le transfert des risques vers des populations très précarisées (maintenance, nettoyages, gestion des déchets) .

    La chercheuse dont la carrière a été bloquée pendant dix ans, plaide pour qu’enfin la recherche sur l’exposition aux cancérogènes au travail soit dotée des moyens financiers publics nécessaires et que les jeunes chercheurs qui s’y adonnent cessent d’être maintenus dans un statut précaire.

    Afp


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  • Ou du blabla et sinon rienaprès les 9 et 10 juillet 2012? Pourtant, les attentes du monde du travail sont fortes et le temps des cerises tarde à renaître avec les premières décisions prises à l'Elysée...

     

      Le patronat, lui, veut poursuivre sa dictature et même l'aggraver. "La question des licenciements doit être pacifiée", ordonne Laurence Parisot. Et donc, il faut licencier sans aucune contrainte pour le bien de l'entreprise. Il faut inscrire "la liberté d'entreprendre dans la Constitution", et donc plus de Code du travail, rajoute la patronne des patrons, décidément bien en verve dans ce vent mauvais qui souffle sur les salariés.

      Un vent mauvais, oui, et qui a des soutiens dans l'entourage de François Hollande, de Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances, à Jean-Pierre Jouyet, ami de 30 ans du père François et surtout ex-ministre de Sarkozy qui va diriger un rouage important dans le domaine économique de l'Etat. Et que dire d'Emmanuel Macron, banquier d'affaires devenu conseiller spécial à l'Elysée.

     

      Alors qu'attendre de cette conférence sociale des 9 et 10 juillet? Le gouvernement l'a proclamé. Il n'a surtout pas promis la lune, juste d'écrire le "contrat social d'après-crise". Et comme nous sommes dans la mouise jusqu'au cou, il ne propose qu'un calendrier de réformes sociales et aucun engagement concret dans l'immédiat.

      De ce fait, il semble que le Medef, le Fmi, Bruxelles et la chancelière d'Allemagne aient le vent en poupe. et vogue la galère qu'ils dirigent pour le plus grand profit du capitalisme. Et on oublie, une fois encore, les espoirs de changement du monde du travail.

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      Certes, j'en entends beaucoup dire qu'il ne faut pas aller plus vite que la musique, qu'il faut laisser du temps au temps parait-il. Oui, mais quand le temps c'est de l'argent uniquement pour les marchés et que la musique est toujours dirigée par le profit, n'est-il pas l'heure de changer de présent et de chef d'orchestre?

      "Ce n'est pas que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles", disait Sénèque mort en 65 de notre ère. A méditer encore de nos jours.

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  • Depuis quatre ans, dans l'agglomération du Pays d'Aubagne et de l'Étoile (Bouches-du-Rhône), les transports en commun sont gratuits. Une folie anti-économique ? Non, un choix politique et social hétérodoxe qui semble satisfaire les usagers, les employés et même le patronat local ! Enquête.

    « Les transports gratuits ? C'est super ! se réjouit ce retraité assis sur un banc de la gare routière d'Aubagne. Ça vaut vraiment le coup. On va où on veut sans avoir à compter, on peut se promener. Ma voiture, elle est au garage, je ne la prends plus que pour sortir de la ville. » Hé oui, dans cette petite ville des Bouches-du-Rhône, l'on peut entrer dans un bus sans sortir un euro. L'ancien poursuit : « C'est normal que les transports en commun soient gratuits ! Surtout en ce moment, que tout est si difficile. »

    Voilà un avis qui va à l'encontre des souteneurs de doxa économique et des zélateurs de la République ! Si ces derniers voient dans la gratuité une aggravation des inégalités sociales – puisque seuls les riches circuleraient alors en voiture –, les premiers prétendent que « ce qui est gratuit est dévalorisé », laissant entrevoir la piètre estime qu'ils ont pour l'enseignement et le système de santé publics. « L'utilisateur des transports en commun doit se comporter de manière responsable et financer le service, dans la mesure de ses moyens », proclament les Verts dans leur plate-forme nationale. Pour le Groupement des autorités responsables de transport [1], comme pour la Fédération nationale des associations des usagers de transport, la gratuité est aberrante, sinon dérisoire. Selon Pierre-Henri par JMBEmangard, maître de conférences à l'université du Havre 2, « la gratuité crée l'illusion qu'il peut exister des biens ou des services qui n'ont pas de coût et peuvent être consommés sans limite ». Quant à Esther Dubois [2], directrice de la prospective Transports à la Communauté de Clichy-Montfermeil (Seine-Saint-Denis), elle juge que la gratuité « n'a pas de sens ! La valeur du déplacement, le transport […] est un “échange fluide”, un gisement de relations et de services pluriels qu'il s'agit de faire émerger, de valoriser en système d'échanges sociaux. Il n'est donc pas seulement une valeur “monétaire”, mais une valeur ajoutée sociale : créatrice de relations, de connections, de liens, de choix, de communautés, de nouvelles richesses partagées. La mobilité devrait donc pouvoir révéler une communauté d'usage. Il s'agit de fonder de nouvelles valeurs, des systèmes de “monnaies complémentaires”, permettant la création de communautés, d'individus mobiles, usagers-acteurs. » Et blablabla.

    Cette artillerie dogmatique habillée des fausses vertus du bon sens, Nathalie Castan, directrice du service transports de l'agglomération du Pays d'Aubagne et de l'Étoile, la connaît bien. Lorsque a été décidée, en 2008, la mise en place des transports gratuits dans cette commune et quatorze autres environnantes (Bouches-du-Rhône et Var), « on nous a expliqué que l'argent investi pourrait servir à d'autres choses, que ça allait augmenter le nombre des incivilités. On s'est même entendu dire que ça favorisait les déplacements inutiles, comme aller se promener ou voir des amis ! » La société Véolia, détentrice de la concession depuis une trentaine d'années et aujourd'hui chargée de la gestion du parc de bus en délégation de service public (DSP), avait d'emblée refusé. Et pourtant, trois ans après la disparition des tickets, l'opération est un franc succès : la fréquentation des bus a augmenté de 160 %. « Aucune des inquiétudes, aussi bien celles de Véolia que celles des personnels, ne se sont réalisées. On le saurait, parce que la facture du prestataire aurait augmenté. Mais c'est vrai qu'au début, pour rassurer les conducteurs, on a mis en place une petite équipe de médiateurs. Au bout de quelques semaines, nous les avons supprimés : ils ne servaient à rien », explique la responsable des transports. « Notre salaire a un peu bougé, en mieux. Et fini le temps passé à faire la caisse, à rendre la monnaie. Je préfère l'ambiance qu'il y a maintenant à celle de l'époque où c'était payant », confie un chauffeur.

    En 2008, alors que ce projet de la gratuité était encore à l'étude, les autorités municipales avaient contacté le préfet pour se garantir de toute erreur juridique, les textes de loi concernant la DSP étant extrêmement minces et sujets à de multiples interprétations. « Dans un premier temps, la préfecture a fait la sourde oreille, poursuit Nathalie Castan. Après une rencontre avec des responsables qui semblaient ignorer le dossier, nous avons décidé de voter la délibération instaurant ce nouveau système de transport. Deux mois après, le préfet nous attaquait au tribunal administratif sans, heureusement, déposer un référé qui nous aurait contraint à tout arrêter. Le 6 décembre 2011, il a été débouté. Il a fait appel… »

    Flash back : en 2009, la population de l'agglomération du pays d'Aubagne et de l'Étoile passe la barre des cent mille habitants. Dans le cadre de l'impôt nommé « Versement transport », les employeurs des entreprises composées de plus de neuf salariés déboursaient jusqu'alors, 0,6 % de leur masse salariale. Avec l'augmentation démographique, le pourcentage est fixé dorénavant à 1,05 % : les recettes de cette taxe, exclusivement dédiée aux transports, passent alors de 3 à 5 millions d'euros consacrés, de fait, à mettre en place la gratuité. Finies les dépenses liées à l'impression des billets et des cartes d'abonnement, aux salaires des contrôleurs, à l'achat et à l'entretien des appareils de validation, dont l'ensemble engloutissait, comme à Châteauroux – autre ville ayant mis en place la gratuité – près de la moitié de la recette des ventes des titres de transport. Selon les comptes municipaux, le budget global du réseau des autobus est de 9,2 millions d'euros. Quatre millions d'euros venus de l'Agglo s'ajoutent aux cinq millions collectés à travers le « Versement transport » pour financer l'ensemble. « Aujourd'hui, le nouveau projet est de construire un tramway, lui aussi gratuit, qui devrait finalement relier Aubagne à Marseille, comme cela a été le cas entre 1905 et 1956. Un tel programme permet de passer à une nouvelle tranche du “Versement transport” en la portant maintenant à 2 %. Personne ne rechigne. Les employeurs y voient leur intérêt, celui, notamment, d'avoir des salariés qui arrivent à l'heure… », rapporte la responsable de l'Agglo. Mais ici, contrairement à l'installation des caméras de vidéosurveillance financée par l'État à 50 % pour l'installation et à 100 % pour le raccordement aux services de police, dans le cadre du fond interministériel de prévention de la délinquance, pas un euro n'est versé pour contribuer à la possibilité de circuler sans avoir à payer.

    « Mais, prévient Nathalie Castan, ce qui fonctionne sans problème à Aubagne, n'est pas forcément applicable dans des villes comme Paris, où les transports sont saturés. La gratuité augmenterait le nombre d'usagers et les infrastructures actuelles ne pourraient supporter une telle affluence. Mais il est vrai aussi que dans ce type de grande agglomération personne n'a l'intention de se pencher sur la question. C'est presque un sujet tabou. Le fait de devoir payer est destiné à limiter l'utilisation des transports. Et il ne faut pas chercher bien loin pour savoir qui subit cette restriction imposée par le prix du billet… »

    Que les transports en commun puissent être gratuits, comme c'est déjà le cas dans une quinzaine de communautés de communes en France, ou comme cela va l'être dans la ville de Tallinn, capitale de l'Estonie, avec ses quatre cent mille habitants, apparaît comme une brèche dans les lois d'airain de l'économie travesties en pur exercice de la raison. On imagine mal l'initiative communale qui s'expérimente ici mettre la marche arrière. Et l'idée d'avoir à monter dans un bus tout en guettant l'arrivée inopinée de quelques contrôleurs zélés, prompts à appeler en renfort les forces de police pour régler cet acte de délinquance majeure qui consiste à voyager sans billet, pourrait faire partie du passé. Ce n'est pas la pire des nouvelles, même si elle n'est pas la solution à tout.


    [1] Association créée en 1980, le Gart regroupe 263 autorités organisatrices de transports, dont 185 communautés d'agglomération et communautés urbaines, 59 conseils généraux et 19 conseils régionaux.

    [2] Dans la revue Trans flash d'avril 2010.


    » Lire la suite sur : CQFD, mensuel de critique sociale.


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  • On aurait pû croire qu'interdire des chants issus de la Résisance était l'apanage unique de l'extrême-droite française. Pour rappel, la maire et conseiller général de Bollène, de ce bord-là, dans le Vaucluse, a employé la manière forte, lors de la cérémonie patriotique du 18 juin 1940, pour ne pas que soit chanté le Chant des partisans.

     

      Or, l'UNC (union nationale des combattants), avec l'approbation de l'adjoint au maire Ump de Mantes-la-Jolie, le 29 avril 2012, jour du souvenir de la Déportation, interdit le Chant du Marais.

      C'est madame Nicole Primard qui m'en informe suite à mon article sur Bollène. Présidente de l'ANACR (Association des anciens combattants de la Résistance), Elle s'en est fortement émue auprès du Maire Ump de Mantes-la-Joile et su sous-préfet, haut représentant de la République française. Toujours pas de réponse de leur part.

      L'UNC a prétexté que le Chant des marais serait un "chant soviétique".

     

      Après qui court la municipalité Ump de Mantes-la-Jolie en acceptant le diktat de l'Unc? Thierry Mariani, Gérard Longuet, Nadine Morano, ministres de Sarkozy, mais se complaisant à écrire dans Minute, une feuille de l'extrême-droite en sont la réponse. Et Patrick Buisson, ex-journaliste de cette prose brune, devenu conseiller spécial de l'Elysée, en est une autre.

      Quant à l'Unc, on sait depuis fort longtemps vers qui vont ses sympathies politiques.


      Mais pour les démocrates (qui l'auraient oublié) et la jeunesse de France, un bref rappel sur le Chant des marais.

      En allemand Moorsoldatenlied, « chanson des soldats de marécage », ou Börgermoorlied, « chant de Börgermoor », c'est un chant composé en 1933, par des prisonniers politiques allemands incarcérés dans le camp de concentration nazi de Bögermoor, dans le pays de l'Ems en Basse-saxe allemande. Les Allemands, membres des Brigades internationales qui combattirent pour l'Espagne républicaine contre le fascisme durant la guerre civile, le chantèrent. Le Chant des marais ou Chant des déportés passa également de camp en camp sous le régime hitlérien. Aujourd'hui, il symbolise la mort et aussi l'espoir sous le régime concentrationnaire nazi. Il est aussi entonné chaque dimanche précédant le Nouvel an juif en la Synagogue de la Victoire, à Paris.

     

      Ses paroles:

    Loin vers l'infini s'étendent
    De grands prés marécageux
    Et là bas nul oiseau ne chante
    Sur les arbres secs et creux

    Refrain
    Ô terre de détresse
    Où nous devons sans cesse
    Piocher, piocher.

     

    II

    Dans ce camp morne et sauvage
    Entouré de murs de fer
    Il nous semble vivre en cage
    Au milieu d'un grand désert.

    III

    Bruit de chaine et bruit des armes
    Sentinelles jours et nuits
    Et du sang, des cris, des larmes
    La mort pour celui qui fuit.

    IV

    Mais un jour dans notre vie
    Le printemps refleurira.
    Liberté, liberté chérie
    Je dirai: Tu es à moi.

    Dernier refrain
    Ô terre enfin libre
    Où nous pourrons revivre,
    Aimer, aimer.
    Et le terrible camp d'extermination d'Auschwitz:

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  •  

    Le Chant des Partisans interdit !

    A la mairie d'extrême-droite de Bollène (Vaucluse), on révise les chants. Lundi dernier, le Chant des Partisans a été interdit lors de la cérémonie de commémoration du 18 juin. Et la force a été employée pour faire taire les anciens combattants récalcitrants.

    Officiellement, la décision de la mairie dirigée par Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud), dissidente du Front national comme son mari Jacques Bompard à Orange, est d'éviter les redondances. "A chaque cérémonie, nous choisissons un hymne qui colle. Pour l'appel du 18 juin, le Chant des Partisans n'est pas au programme. Il sera en revanche joué le jour de la libération de la ville" le 26 août, a déclaré André-Yves Beck, adjoint délégué aux finances et à la communication à l'AFP.

     

    Intervention de la police municipale

    L'adjoint en profite pour renvoyer la responsabilité des incidents à « nos amis » communistes (qui) le savent pertinemment. Pourtant, ils avaient apporté une sono pour diffuser (le Chant des partisans) et nous n'étions pas d'accord. Ils ont provoqué sciemment un incident." Non content d'interdire ce chant de résistance, la mairie a fait intervenir la police municipale pour arrêter la diffusion, tandis que des élus entonnaient la Marseillaise.

     

    Le mépris de la Résistance

    Jean Roudil, ancien combattant présent à ce moment, réfute la manipulation politique. « Je chantais le Chant des Partisans à 17 ans, je ne vois pas pourquoi à 85 ans on voudrait m'interdire de le chanter et me déclarer hors-la-loi ! », fulmine ce fervent gaulliste.

    De son côté, la fédération PCF du Vaucluse, qui a fait connaître le scandale, « assure de son soutien les citoyens médaillés militaires pris à partie » et fustige, dans un communiqué, « l'extrême droite (qui) montre une fois de plus son vrai visage, celui du révisionnisme, du mépris des Résistants et de leurs familles et de sa haine anti-communiste. »

     

    Source : la gazette de lion


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  • Avant de m'expliquer, il faut un tout petit peu d’histoire (allez courage).

    Clermont-Ferrand capitale de l’Auvergne, 142 402 habitants est officiellement la 24e commune de France.
    Née de l'union de deux anciennes villes, Clairmont et Montferrand. Cette union a été imposée par Louis XIII en 1630
    Depuis des décennies et sous couvert du leg d’un obscure aristocrate Montferrandais, (d’un autre siècle), donation qui risquerait de cesser si l’on n’organisait plus l’événement, la mairie de Clermont-Ferrand organise chaque mois de mai, la célèbre fête de la rosière dans le quartier de Montferrand.
    Qu'est-ce qu'une rosière ?
    Et bien, c’est une jeune fille  récompensée pour sa réputation vertueuse (sic), le terme jeune fille s’entend évidement au sens de jeune vierge, la « demoiselle » dans toute son horreur.
    Instituée, selon la légende, par saint Médard à la fin du Ve siècle, la fête de la Rosière consiste en la remise d'une couronne de roses (d'où le nom) à la jeune fille dont la conduite irréprochable, la vertu, la piété et la modestie avaient marqué le village.
    L’idée était de lui constituer une dot et de la marier parce que tout de même arrivée à un certain âge il n’est pas très sain de rester seule.


    Pour ce qui est de  la fête Montferrandaise,  la rosière est habillée avec une robe qui ressemble étrangement à une robe de mariée, une couronne et une écharpe exactement comme celle des miss et elle est promenée dans toute la ville. Elle reçoit pleins de jolis cadeaux qui permettent à la jeune fille de devenir une parfaite petite ménagère.


    Cette célébration est donc l'occasion d'une fête populaire où musique et danse animent le quartier.


    Maintenant que le décor est planté, voici la suite de l'histoire, de mon histoire.

     

    Depuis longtemps, grâce à ma féministe d'épouse, je considérais cette fête comme quelque peu anachronique et célébrant des valeurs qui ne correspondait plus en rien ni à notre siècle, ni à nos engagements.


    Mais puisque ces fêtes de la Rosière sont organisées par la Municipalité, il y faut le Maire ou un-e représentant-e à qui il est  demandé de promener la  « demoiselle » à travers le quartier avec à la clé serrages de mains, sourire de l’élue, rencontres nombreuses avec la population. Le ou la conseiller-e municipal-e qui trottine au coté de la belle a cette chance unique de pouvoir rencontrer à peu près tous les administrés du coin et le coin, c’est Montferrand partie de la 1 ère circonscription du Puy de dôme.


    Cette année, c'est à moi, candidat PCF-Front de gauche aux élections législatives, que l'on a proposé de venir faire l'accompagnateur de la rosière. Celui qui sert les paluches, qui voit tout le monde et qui est, surtout vu, par tout le monde. Quelle aubaine en pleine campagne électorale surtout que les élu-e-s communistes ne sont pas celles et ceux qui sont les plus habitué-e-s des estrades municipales.

     

    femnismecommunisme Oui mais... car il y a un mais. Mais accompagner la rosière, c'est cautionner ce mode de désignation, c'est donc cautionner cette perpétuation de l'idée que la femme doit être "méritante" et "vertueuse" au regard des hommes. Bien sûr, depuis l'époque de St-Médard, le choix ne se fait plus de la même façon. Oui, le choix a évolué. Mais il perpétue cette idée odieuse que la femme devrait être choisie par l'homme, il perpétue cette idée insupportable que la femme et l'homme ne serait pas égaux dans la vie et par conséquence et extension que ne pas avoir les mêmes droits est presque "naturel".


    J'ai donc refusé d'être l'élu-promeneur de rosière pour ne pas cautionner tout ce qui est à l'opposé des valeurs que je défends. On ne peut pas se prétendre féministe et mettre entre parenthèses ce combat… même si cela doit (peut-être) me priver de la possibilité de faire campagne à peu de frais.


    Certains me diront (et me l'ont déjà dit) que les temps ont changé, que la rosière n'est plus choisie en fonction des mêmes motivations, que c'est la fête populaire qui compte et qu'il ne faut pas tout ramener aux symboles. Peut-être. Mais à force de ne plus faire attention, de ne plus réagir, de ne plus s'opposer, on laisse l'égalité femme-homme reculer.


    Il n'y a donc pas de petits combats, toutes les luttes font partie d'un vaste ensemble et je suis fier de dire aujourd'hui que je ne participerai pas à la célébration de la rosière parce que je suis féministe.

     

    Les responsables d’osez le féminisme 63 viennent  de réagir à cette  « fête » voici ce qu’elles écrivent en conclusion de leur article à propos des Rosières. Je partage intégralement.

    "C'est l'occasion de faire la fête, nous répond-on. Mais la fête est toujours associée à la tradition. Pourtant, il s'agit, encore une fois, de contrôler la sexualité des femmes et de les cantonner à un rôle d'épouse soumise et de bonne reproductrice docile et travailleuse.
    Ce couronnement de la « Rosière » regroupe, à lui seul, tous les clichés sexistes, réactionnaires et ringards sur les jeunes filles « à marier », qui rêvent du prince charmant. Difficile de ne pas dénoncer ce sexisme ordinaire, banalisé.
    Il y a encore du chemin à parcourir mais il n'y a pas de petit combat contre le patriarcat.
    Alors Mesdames, Messieurs les élu-e-s, maintenant que vous en connaissez la symbolique, s'il-vous-plait, découronnez les Rosières, et osez le féminisme !"
    Osez le Féminisme 63 !

    http://rougeespoir.over-blog.com/


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