• Durant la négociation de l’accord « modernisation du marché du travail » en 2008 la CGT a dénoncé le dispositif de rupture conventionnelle en expliquant qu’il s’agissait d’un marché de dupes. En effet, l’employeur disposera toujours de moyens de pression efficace pour contraindre un salarié à accepter cette rupture dite « à l’amiable », à l’inverse, un salarié ne pourra jamais imposer une rupture conventionnelle en lieu et place d’une démission. C’est bien une des raisons qui a conduit la CGT à refuser de signer cet accord.

    Depuis, nos craintes se sont révélées exactes. Le nombre de rupture conventionnelle a explosé (plus de 500 000 ruptures depuis d’août 2008) et dans la grande majorité des cas, ces salariés qui ont " choisi " de rompre leur CDI en période de crise se sont inscrits au chômage. L’administration du travail a elle-même constaté des tentatives de fraude à la loi, notamment des contournements de la législation sur les licenciements économiques collectifs. Enfin, dans les grandes entreprises les chiffres indiquent que la rupture conventionnelle sert de dispositif de préretraite mettant les salariés de 58 ans au chômage. Alors que ce sont ces mêmes employeurs qui ont poussé le gouvernement à faire reculer l’âge de la retraite à 62 et 67 ans.

    Jusqu’à aujourd’hui, les employeurs se croyaient à l’abri de tous recours juridiques, pensant qu’avec la rupture conventionnelle, ils pouvaient se séparer des salariés sans explications, à moindre coût et en toute impunité.

    Mais les premières décisions tombent (Cour de cassation, 9 mars 2011 ; CPH Bordeaux, 21 janvier 2011 ; Cour d’appel de Riom, 18 janvier 2011 ; CPH Rambouillet, 18 novembre 2010 ; CPH Bobigny, 6 avril 2010 …) ! Les juges commencent à rétablir les salariés dans leurs droits en obligeant les employeurs à prendre en compte le nombre des ruptures conventionnelles pour le déclenchement des plans sociaux et en affirmant qu’une rupture conventionnelle ne peut pas être signée lorsqu’un différend oppose un salarié à son employeur.

    Les employeurs devront donc être très attentifs, la sécurité offerte par la rupture conventionnelle n’était qu’illusion ! La CGT poursuivra donc ses mobilisations et actions judiciaires pour enrayer sérieusement les manœuvres patronales de déguisement des licenciements.

    http://www.cgt.fr/L-edifice-se-fissure.html


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  • Inégales répartitions des médecins, dépeçage des hôpitaux, menaces sur les pharmacies et les laboratoires d’analyses… C’est toute la santé de proximité qui se délite. Une centaine d'organisations nationales et au moins autant régionales, appellent à manifester ce samedi 2 avril pour la défense du système de santé. 

     

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    Le petit dernier a de la fièvre ?
    Un coup de téléphone et, si vous avez la chance de ne pas habiter dans un désert médical, vous aurez un rendez-vous le jour même avec votre médecin. Et un petit saut à la pharmacie du quartier vous permettra d’acheter rapidement vos médicaments. Une prise de sang à faire en urgence ? Pas de problème, le laboratoire d’analyses n’est qu’à quelques kilomètres de chez vous.

    Profitez-en bien, car ce temps pourrait bientôt être révolu.

     

    Outre les services hospitaliers qui ferment à tour de bras, les transferts d’activités à des cliniques privées et les médecins qui partent sans relève, la santé de proximité en France se délite à vitesse grand V. L’avancée des déserts médicaux, observée l’an dernier par l’Insee dans les zones rurales comme urbaines, ne s’est pas tarie. Les différentes solutions qui ont été mises en place se soldent quasiment toutes par des échecs, à commencer par l’aide à l’installation de médecins entérinée par la loi HPST (hôpital, patients, santé, territoires) de 2009.

    Force est de constater que le système du bâton et de la carotte pour faire revenir les médecins dans les campagnes et les banlieues défavorisées ne marche pas.

     

    Quant au regroupement de professionnels de santé dans des maisons médicales, il se heurte souvent à des problèmes de financement et administratifs. Reste le salariat. La solution semble plébiscitée par les jeunes praticiens. Tout ce qu’offrent les centres de santé (mutualistes, associatifs ou municipaux). Ces structures répondent en effet aux besoins des populations, en termes d’accès aux soins et de prévention, mais aussi aux aspirations des jeunes médecins. Sauf qu’elles sont pratiquement toutes dans le rouge. Mais l’érosion ne s’arrête pas là.

    Confrontées à une situation économique qui se détériore, les pharmacies sont à leur tour menacées et tirent le rideau les unes après les autres. Le nombre de dépôts de bilan a ainsi été multiplié par trois entre 2006 et 2009. Le conseil de l’ordre des pharmaciens a listé 126 disparitions en 2010 et 101 avaient déjà mis la clé sous la porte en 2009.
    Le conseil de l’ordre pointe du doigt les déremboursements qui se multiplient, la baisse de marges des prix des génériques et la concurrence des parapharmacies. À quoi s’ajoute la flambée du prix des fonds de commerce. Et ce n’est pas la menace d’une ouverture du secteur à la concurrence voulue par de grands distributeurs comme Leclerc qui va changer la donne. C’est un gros problème, sur le plan social, car, quand le pharmacien ferme dans un quartier, c’est le lien social qui se délite.
    Le tableau ne serait pas complet si on omettait de parler des laboratoires d’analyses médicales, qui participent eux aussi au maillage du système de soins en France.

    La récente réforme de la biologie médicale risque, en imposant aux biologistes des mises aux normes drastiques et onéreuses, d’entraîner la fermeture de centaines de laboratoires d’analyses.
    Au détriment, une fois de plus, des patients, mais pour le plus grand profit de grands labos détenus par des financiers.

     

    • A lire enfin: La privatisation, c'est mauvais pour la santé

    Partenariat public-privé, regroupement d’activités, externalisation de services… Atteint du syndrome de la rentabilité, le système de santé public est en voie de privatisation. Samedi 2 avril, mobilisation dans toute la France. Lire la suite...


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  • Ecole: "Combattre les suppressions de poste est un enjeu de société"

     

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    Cette semaine, les académies ont mis en œuvre la suppression de milliers de postes dans les écoles primaires alors que le nombre d’élèves augmente partout. Enfants, parents, professeur des écoles se mobilisent partout dans le pays pendant que les comités techniques paritaires entérinent, cette semaine, cette lamentable opération (Lutte des classes, témoignez ici!).

    Après la Seine-Saint-Denis, jeudi, des actions multiformes ont lieu dans le Val-de-Marne ce vendredi et dans des dizaines de départements. Sébastien Sirh, secrétaire national du Snuipp-FSU revient sur cette réaction citoyenne et salutaire.

    Comment les écoles primaires sont-elles impactées par les 16 000 suppressions de postes au sein de l’Education nationale? 

    Sébastien Sirh. 8967 postes sont supprimées dans l’école primaire. Différents leviers sont utilisés : dans certains départements, la scolarisation des élèves de moins de trois ans est remise en cause, dans d’autres, on diminue le nombre d’enseignants Rased, qui aident les enfants en difficulté. Ailleurs, les seuils d’ouverture sont relevés, des conseillers pédagogiques et des maitres formateurs sont enlevés. Enfin, le nombre de remplaçants est diminué, comme dans l’Orne.

    Qui sont les plus touchés?

    Sébastien Sirh. Aujourd’hui, ce sont principalement les postes Rased qui font les frais des suppressions de postes. Il s’agit d’un retour en arrière catastrophique. Xavier Darcos, quand il était ministre de l’Education nationale, projetait d’en supprimer 3000. A force de mobilisation, nous avions réussi à en sauver 1500 à l’époque. L’autre tendance forte, c’est de jouer sur le relèvement des seuils d’ouverture. L’académie calcule la moyenne des élèves par classe dans une école, souvent autour de 28, et, dès que ce seuil est dépassé, ouvre une classe supplémentaire. Or, dans certains endroits, ce chiffre a été relevé à 29 élèves pour ne pas procéder à une ouverture de classe. En Haute-Garonne, ils sont allés jusqu’à 32 ! Mécaniquement, cela entraînera plus d’élèves par classe.

    Avez-vous des retours sur cette mobilisation?

    Sébastien Sirh. Il est difficile d’en faire déjà un bilan. Seule certitude, une mobilisation est en train de se construire, entre les enseignants qui sont en première ligne, les élus, et les parents d’élèves qui commencent à réaliser les effets dévastateurs d’une telle politique. Les actions menées composent une mosaïque très large. Les commissions entérinant les suppressions de postes sont boycottées, quand elles ne se tiennent pas avec le bruit de manifestations. Des opérations écoles fermées sont menées dans le Val-de-Marne aujourd’hui. Des appels à la grève ont aussi été lancés. Nous allons continuer ce mouvement unitaire, le plus large possible. Dans les prochains jours, un collectif des 25 organisations va se réunir pour préparer la suite.

    Comment analysez-vous la participation des parents d’élèves?

    Sébastien Sirh. C’est très important. Il est normal que l’ensemble de la communauté éducative se mobilise aujourd’hui pour éviter que les conditions d’apprentissage ne se dégradent, et pour se battre pour un « mieux d’école ». Il s’agit d’un enjeu de société. Les enquêtes internationales comme Pisa ont montré qu’en France l’école primaire était sous dotée en France. Il faut qu’elle revienne l’une des priorités de notre système éducatif, car elle est la première étape de la réussite des élèves. 15 % à 20 % des élèves sont en difficulté dès qu’ils entrent au collège. Répondre à l’inégalité scolaire est la première des urgences. En Seine-Saint-Denis, 0.8 % des enfants de moins de trois ans sont scolarisés, contre 15 % dans le reste de l’Hexagone. La scolarisation précoce est pourtant la meilleure aide aux élèves vivant dans des zones d’éducation prioritaire. Un cri d’alerte est aussi lancé pour interpeller le gouvernement sur le non-remplacement d’un enseignant sur deux partants à la retraite. Georges Tron, ministre de la Fonction publique, a déclaré hier matin que cette règle intangible devait arrêter en 2012. Nous, nous disons que ce dogme doit prendre fin dès maintenant. Nous allons dans le mur si nous continuons cette logique aveugle et dévastatrice.

    • A lire:

    Profs non-remplacés, le "93" se mobilise

    Des parents d'élèves et enseignants de Seine-Saint-Denis étaient mobilisés jeudi pour dénoncer le manque de moyens, s'estimant victimes de "discrimination territoriale" notamment pour le non-remplacement de professeurs.

    "Il y a de vrais dysfonctionnements. Sur les 15 derniers jours, mon fils qui est en CP a raté quatre jours d'école à cause des non-remplacements, a déclaré Cécile Flament, mère de deux enfants scolarisés à Saint-Denis. "Les investissements ne sont pas du tout à la hauteur des besoins", a-t-elle ajouté. "On a l'impression que dans le 93, on n'a pas les mêmes chances de réussite, a estimé Nour Chakhchoukh, élève de terminale à Saint-Denis. On pense à nos petits frères et soeurs, on est inquiets pour le devenir de leur éducation". Lire la suite...

    • A lire aussi:

    Les infirmières scolaires défilent

    À l’appel de leurs deux principaux syndicats (Snics-FSU et Snies- Unsa), près de 1 500 infirmières scolaires ont manifesté hier à Paris, entre le carrefour de l’Odéon et le ministère de l’Éducation nationale, pour demander une revalorisation statutaire et salariale. Lire la suite...

    • A lire enfin:

    La commune fait de la publicité pour sauver son école

    «Et si ce n’était plus qu’une carte postale ? » Le cliché représente un élève de dos, faisant face à un bâtiment, avec un triangle sur le cartable. C’est l’image qu’a diffusée par un encart publicitaire dans le journal régional l’Est Républicain la commune pour tenter de sauver son école. La légende de l’Est Républicain est explicite : « Chapelle-des-Bois : 464 habitants, 23 élèves, 1 école ». Lire la suite...

    Entretien réalisé par Pierre Duquesne


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  • EDF veut alourdir votre facture de 30% d'ici 2015

     

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    EDF aurait proposé aux pouvoirs publics un dispositif qui amènerait à augmenter la facture d'électricité des particuliers de 5,1% à 6,5% par an jusqu'en 2015, inflation comprise, rapportent le quotidien Les Echos de mercredi.

    Selon le journal, qui ne cite pas de sources, ces hausses proposées dans le cadre de la loi réformant le marché de l'électricité seraient nettement supérieures aux augmentations des dernières années, comprises entre 1% et 3% par an. Elles reviendraient à augmenter les tarifs de 28% à 37% en cinq ans. Le quotidien économique ajoute que pour réduire l'impact de ces hausses, le groupe a proposé notamment d'élargir l'assiette de la CSPE (contribution au service public de l'électricité), qui sert à financer les énergies renouvelables, aux ventes de pétrole et de gaz.

    Selon Les Echos, EDF plaide le fait que malgré une telle augmentation, les prix français resteraient encore compétitifs en Europe.

    Dans le cadre de la loi Nome, EDF demande également que le prix de départ du nucléaire qu'il devra céder à ses concurrents soit fixé à 42 euros par mégawatt/heure (MWh) - tandis que ses rivaux réclament 35 euros - et veut qu'il évolue progressivement vers 45 à 46 euros. Ce tarif de vente sera déterminant pour l'évolution des tarifs appliqués aux particuliers d'ici à 2015. Un porte-parole du ministère de l'Énergie a indiqué dimanche qu'il n'avait pas encore été fixé. Les Echos avaient rapporté lundi qu'un des concurrents d'EDF, Direct Energie, serait désormais prêt à accepter de payer le prix de 42 euros, alors qu'il demandait jusqu'ici 35 euros.

    Selon le ministre de l'Industrie, Eric Besson, qui dément l'information du quotidien, "EDF ne m'a pas transmis de demande d'augmentation des tarifs correspondant aux fourchettes citées". "En toute hypothèse, un document qui émanerait d'EDF ne saurait engager le gouvernement". Et au ministre de rajouter "les décisions tarifaires à venir seront prises avec le souci de protéger le pouvoir d'achat des Français qui doivent continuer à bénéficier d'une électricité 40% moins chère que dans la moyenne des autres pays européens, grâce au parc nucléaire". Pourtant, la facture d'électricité des Français a augmenté de 3% le 15 août 2010 et à nouveau de 3% au 1er janvier 2011...

    --> A lire : Le prix du gaz augmentera bien de 5% au 1er avril


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  • Retraites complémentaires: le MEDEF bloque les négociations

     

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    Patronat et syndicats tentaient difficilement ce vendredi de se mettre d'accord sur les mesures financières à prendre pour "assurer la pérennité" des régimes de retraites complémentaires Agirc-Arrco du secteur privé. Le fossé s'est un peu plus élargi ce matin, au début du septième et dernier jour de négociations, lorsque le Medef a présenté un texte d'accord amendé à celui présenté le 9 mars dernier, dans lequel il refuse toute hausse de cotisations.

    S'exprimant face aux journalistes à l'occasion d'une suspension de séance, certains syndicats ont jugé les concessions du Medef insuffisantes:

    • La négociatrice en chef pour la CFE-CGC, Danièle Karniewicz, a même affirmé qu'elle ne signerait pas l'accord. Le syndicat des cadres est particulièrement inquièt d'un rapprochement, voulu par le Medef, mais aussi la CFDT, entre l'Agirc, caisse des cadres, la plus en difficulté financièrement, et l'Arrco à laquelle cotisent l'ensemble des salariés du privé, avec la perspective à terme d'une possible disparition du statut de cadre.
    • FO pour sa part a indiqué qu'elle ne prendra pas immédiatement la décision de signer ou non. "Nous aurons un bureau confédéral lundi", a déclaré M. Philippe Pihet.
    • La CGT, qui avait été la seule à appeler à des manifestations lors des deux précédentes séances de négociations et qui semblait adopter la position la plus dure, ne s'était pas exprimée en fin de matinée.
    • La CFDT a adopté le ton le plus conciliant. "Il faut que cette négociation aboutisse le plus vite possible. Un accord n'est pas certain, mais c'est possible", a déclaré à la presse Jean-François Malys, le chef négociateur cédétiste. Depuis le début de la négociation, la CFDT est apparue comme l'organisation la plus proche d'une signature. Si elle était seule à signer, l'accord paritaire ne serait viable que s'il n'était pas remis en cause par au moins trois autres syndicats.

    Pas plus que le premier texte proposé le 9 mars dernier, la version amendée n'envisage une hausse des cotisations patronales et salariales, souhaitée par l'ensemble des syndicats, CFDT exceptée, ce qui serait le moyen le plus rapide de renflouer les caisses des régimes Agirc, et Arrco. Le Medef refuse une telle solution, arguant que l'alourdissement des charges des entreprises pourrait nuire à leur compétitivité. Le texte amendé par les répresentants du patronat est beaucoup plus vague sur le rapprochement entre l'Agirc et l'Arrco et revoit à la baisse les économies que le patronat voulait faire sur les avantages familiaux (bonifications en fonction du nombre d'enfants élevés) et conjugaux (pensions de reversion), avantages très généreux pour les cadres. A cet égard, le patronat accepte de ne pas modifier à la baisse - de 60% à 54% - les pensions de reversion pour les veuves et les veufs.

    • A lire:

    Agirc-Arrco, deux régimes en danger

    Entamées le 25 novembre, les négociations sortent cette année du cadre habituel puisqu'elles doivent aussi adapter les régimes Agirc et Arrco à la réforme gouvernementale du régime général qui a reculé de 60 à 62 ans l'âge de départ légal et de 65 à 67 ans celui pour une pension sans décote. Le recul des bornes d'âge apporte une bouffée d'oxygène aux régimes Agirc-Arrco mais n'est pas suffisant pour enrayer une baisse constante du taux de rendement des retraites complémentaires. Cliquez ici pour lire notre analyse

    A lire aussi: La CGT remobilise pour la retraite complémentaire


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  • Retraites complémentaires : le donnant -donnant du Medef aux syndicats

     

    Le patronat soumet ce matin aux syndicats un projet d'accord sur l'avenir des retraites complémentaires. Le Medef est prêt à stopper le recul du rendement de l'Agirc-Arrco, en échange de concessions. La CFDT se montre intéressée, mais pas la CGT ni FO.


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    Après plus de trois mois sans avancée, la négociation sur l'avenir des retraites complémentaires du secteur privé est à un tournant. Ce matin, pour la première fois, le patronat soumet un projet d'accord aux syndicats, définissant de nouvelles règles de fonctionnement pour l'Arrco (tous les salariés du privé) et l'Agirc (cadres). Il s'agit de tirer les conséquences de la réforme du régime de base, qui repousse de deux ans l'âge du départ à partir du 1 er juillet.

    Le négociateur du Medef, Jean-François Pilliard, a dévoilé hier les grandes lignes de ses propositions devant l'Association des journalistes de l'information sociale. « Nous sommes prêts à examiner la façon dont on pourrait au moins provisoirement stabiliser le taux de rendement », a-t-il dit. Il s'agit là d'un point crucial pour le niveau futur des pensions. Depuis les années 1990, le taux de rendement ne cesse de reculer, ce qui signifie qu'un euro cotisé donne droit à une pension de moins en moins importante (voir graphique). Reste à déterminer à quel niveau on le stabilise. Le rendement de l'Agirc étant encore légèrement supérieur, le mécanisme pourrait consister à le laisser décroître jusqu'à ce qu'il s'harmonise avec celui de l'Arrco, qui serait stabilisé.

    Ne pas toucher aux cotisations

     

    Autre « ouverture », selon Jean-François Pilliard, le Medef se dit prêt à prolonger « dans la durée » l'AGFF, la cotisation qui finance les départs à la retraite sans pénalité avant 65 ans (puis 67 ans avec la réforme) dans les régimes complémentaires, évoquant l'échéance de 2018. Le patronat reste en revanche très ferme sur deux points clefs. D'abord, l'âge de liquidation des retraites complémentaires devra « logiquement » être relevé de la même manière que dans les régimes de base (62 ans pour l'ouverture des droits, 67 ans pour le taux plein). Et pas question d'augmenter les cotisations, « une question de compétitivité ». Ce sont les contreparties à accepter en échange des « ouvertures ».

    Côté syndicats, la CFDT se montre intéressée. « Rien ne nous choque a priori dans les propositions patronales, affirme son négociateur, Jean-Louis Malys. La prolongation de l'AGFF jusqu'en 2018 serait une bonne chose. » D'autres sont moins ouverts, critiquant notamment le refus du patronat de toute hausse des cotisations. « Le Medef ne cherche rien d'autre que le blocage », juge Eric Aubin (CGT). « Trouver un accord sera très compliqué tant que le patronat restera sur cette position dogmatique », abonde Philippe Pihet (FO).

    VINCENT COLLEN, Les Echos

     http://www.lesechos.fr

    Retraite: un décret précise les conditions du maintien du taux plein à 65 ans 

    « Peu de personnes seront concernées », déplore la fédération d'associations de personnes handicapées et malades Fnath. 

    Le décret d'application de la mesure de la réforme des retraites qui relève de 65 à 67 ans l'âge d'annulation de la décote, c'est-à-dire de l'âge auquel les assurés bénéficient du taux plein pour leur pension quelle que soit leur durée de cotisation, vient d'être dévoilé. Fixé aujourd'hui à 65 ans, cet âge passera progressivement à 67 ans de 2016 à 2023. Mais la loi a prévu le maintien à 65 ans pour trois catégories d'assurés: certains aidants familiaux, certaines personnes handicapées et les assurés des générations de 1951 à 1956 ayant eu ou élevé au moins trois enfants. Le texte précise les conditions de ce maintien à 65 ans pour ces assurés.

    Il prévoit notamment que les aidants familiaux d'une personne handicapée devront avoir interrompu leur activité pendant au moins 30 mois consécutifs.

    Les assurés handicapés devront justifier quant à eux « d'une incapacité d'au moins 80% telle que requise pour bénéficier de l'allocation adulte handicapé » ou « d'une incapacité d'au moins 50% assortie d'une restriction substantielle et durable pour l'accès à l'emploi ».

    Les parents de trois enfants des générations 1951 à 1956 devront de leur côté remplir deux conditions. Ils devront d'abord avoir validé au moins huit trimestres dans les deux années précédant la naissance ou l'adoption de l'enfant. Ils devront ensuite avoir validé au plus huit trimestres lors de l'année de naissance ou adoption et des deux ou trois années suivantes.

    La Fnath, une fédération d'associations de personnes handicapées et malades, a vivement critiqué ce projet de décret, jugeant dans un communiqué que « peu de personnes seront concernées ». Elle a invité le gouvernement « à faire bénéficier de ce dispositif l'ensemble des aidants familiaux », y compris ceux s'occupant de personnes dépendantes.

     


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  • La télé-réalité italienne fait gagner des CDI

     

    Par Caroline Politi,  

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    Les trois premiers candidats de l'émission de télé-réalité iltalienne Il contratto qui permet de décrocher un CDI. Une tendance qui se généralise.  

     

    La chaîne italienne La 7 met en concurrence trois candidats pour décrocher un CDI.

     Qui veut gagner du boulot? Cela pourrait être le nom d'une future émission à succès. Décrocher un stage, rivaliser pour obtenir un poste, espionner ses salariés... depuis le début de la crise, la télé-réalité du monde entier surfe sur l'explosion du taux de chômage pour mettre en scène le monde du travail.  

    Dernier pays en date à s'être lancé dans la télé-réalité de crise, la chaîne italienne La7. Elle a inauguré en grande pompe mardi le programme Il Contratto (Le contrat) dans lequel trois diplômés au chômage âgés de 32 à 39 ans s'affrontent sous l'oeil des caméras pour décrocher un poste en CDI de "télé-vendeur senior". 

    Mais pas question ici de télé-charité. Un job, cela se mérite et les candidats doivent faire leurs preuves. Les entretiens d'embauche sont truffés de questions pièges, les postulants doivent accomplir une série d'épreuves pour montrer leur goût pour le travail en équipe, leur résistance au stress et leurs capacités. Côté ambiance, pas de problème: le contexte économique morose, l'augmentation du taux de chômage et les plans de licenciements massifs se chargent de faire monter la pression. Et pour corser le tout: ils habitent tous les trois dans la même maison le temps de leur formation. Sept autres épisodes ont été enregistrés. 

    Gagne ton stage chez TF6

    En France, le précurseur du genre est TF6 qui vient de diffuser "Mon stage de rêve". Quatre jeunes se sont affrontés pendant une semaine pour avoir le droit... de rester dans l'entreprise se former. La chaîne du satellite n'a pas voulu communiquer sur la durée du stage et l'indemnité reçue par le gagnant. Elle refuse également d'assimiler ce programme à de la télé-réalité: "Ces émissions sont des docu-réalités car il n'y a rien à gagner, assure-t-elle. Notre rôle est simplement de mettre en relation des jeunes qui cherchent un stage avec des entreprises prestigieuses mais nous ne leur promettons pas qu'ils vont le décrocher...". Pourtant, tous les codes de la télé-réalité sont réunis: pendant quatre jours, les futurs stagiaires sont soumis à une série d'épreuve et sont évalués par un jury -constitué du directeur de l'entreprise et de ses assistants. Les aspirants stylistes ont, par exemple, une heure pour réaliser un book de tendances ou relooker une personnalité. Le tout évidemment sans formation au préalable. Musique anxiogène et voix off dramatique à l'appui.  

     

    Pour François Jost, spécialiste du petit écran et fondateur de la revue Télévision au CNRS, cette nouvelle tendance s'explique par une défiance croissante envers les institutions traditionnelles. "La télévision ne veut plus être médiatrice mais actrice dans la vie des gens. On est passé d'une télé-réalité qui enferme les gens à une télé-coaching qui met en spectacle les normes de la société. Elle leur montre comment vivre, cuisiner, élever ses enfants, faire son ménage et maintenant travailler. Elle se pose en dernier recours: elle veut se substituer aux institutions classiques comme ici les organismes d'aide à la recherche d'emploi." 

    Patrons espions

    Mais la France est loin d'être le pays le plus audacieux dans le domaine de la télé-réalité de l'emploi. La boîte de production Endemol est bien en train d'adapter l'émission britannique "Undercover Boss" -un patron d'une grande entreprise se fera passer pour un employé lambada pour pouvoir élire le meilleur salarié- mais il n'y a pas d'emploi à gagner.  

    "Nous avons un système de protection sociale plus développé que dans bien des pays. Lorsqu'une personne se retrouve au chômage, elle est orientée, encadrée et relativement bien protégée. La télé-réalité a donc du mal à trouver une brèche et à s'imposer. De plus, c'est un sujet très tabou chez nous qui entrainerait probablement à une levée de boucliers", assure le spécialiste des médias. 

    Pour embaucher John, tapez 1. Pour virer David, tapez 2.

    Pour gagner un job, il faut traverser la frontière. L'Allemagne vient, par exemple, de lancer "Job Duell" dans lequel quatre candidats sont en lice pour convaincre un patron de les embaucher. La chaine suisse La Télé prépare également un projet dans lequel huit candidats seront en compétition pour décrocher un emploi de responsable de projet dans une grande entreprise. 

    La palme du cynisme revient cependant à la filière américaine d'Endemol. Elle a annoncé l'année dernière qu'elle planchait sur un nouveau programme intitulé "Someone's Gotta Go" (quelqu'un doit partir). Le principe: chaque semaine, le patron d'une entreprise en difficulté réunit ses salariés pour leur demander de désigner le prochain licencié. Pour les "aider" dans leur choix, l'employeur fournit toutes les fiches de paye, les évaluations, les notes internes... La chaine Fox est déjà intéressée par le concept. On peut d'ores et déjà se demander quelle sera la prochaine étape: voter pour savoir quelle entreprise sera délocalisée? 

    L'Argentine, précurseur de la télé-réalité pour l'emploi

     En 2002, au lendemain de la grande crise économique qui secoua le pays, la chaine Canal 13 a lancé l'émission Recursos humanos (ressources humaines). On suivait un groupe des chômeurs qui postulaient pour un emploi, passaient une série de tests et de formations. Les deux derniers candidats étaient départagés par les votes du public.  

    http://www.lexpress.fr/emploi-carriere


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  • FRET FERROVIAIRE   : STOP A LA DESINFORMATION ET A LA DIFFAMATION !

    de : CGT cheminots relayé par Bandit Corse
    mardi 1er mars 2011 (13h35) 1 commentaire

    Dans un article paru ce jour mercredi 23 février 2011, intitulé : « La CGT s’offre une campagne de publicité aux frais du CCE », le quotidien LE FIGARO, exprime à nouveau dans ses colonnes des propos diffamatoires à l’égard de la CGT, des élus du CCE ainsi que du CE Fret de la SNCF.

    Le journal LE FIGARO, relayant ainsi une plainte de la SNCF envers le CCE de la SNCF et le CE fret vis-à-vis de cette campagne, profite du moment pour organiser une nouvelle attaque en règle contre la CGT qui aurait commandé cette campagne sur le fret et utilisé de l’argent à vocation sociale.

    Jonglant entre désinformation, méconnaissance du dossier, mensonge et diffamation, LE FIGARO s’offusque d’une campagne qui servirait la Fédération CGT des Cheminots dans le cadre de la campagne des élections professionnelles à la SNCF prévues le 24 mars.

    Contrairement à ce qu’affirme le quotidien, ce sont les élus des organisations syndicales représentatives des salariés au bureau du Comité Central d’Entreprise de la SNCF (CGT-UNSA-SUD.Rail-CFDT) du 19 janvier 2011 et au bureau du CE Fret (CGT-UNSA-SUD.Rail-CFDT), du 10 janvier 2011, qui ont décidé d’une campagne d’affichage grand public sur le fret ferroviaire.

    Cette campagne organisée par le CCE SNCF et le CE Fret est destinée à sensibiliser largement la population, les élus politiques, les chargeurs, sur l’avenir du Fret SNCF et les conséquences de la politique de casse du transport de fret ferroviaire orchestrée par la direction de la SNCF et le Gouvernement. Elle s’inscrit dans les prérogatives économiques d’un CE.

    Contrairement aux propos du journaliste, le financement de cette campagne par le CCE et le CE fret est réalisé sur le budget de fonctionnement, totalement distinct du budget des activités sociales. Il n’y a donc pas d’utilisation d’argent à vocation sociale. Le budget de fonctionnement est utilisé pour permettre à un CE quel qu’il soit d’assurer ses prérogatives économiques au service des salariés et donc des cheminots. Un aspect contesté tous les jours par les directions d’entreprises qui voudraient cantonner les CE et CCE à la gestion des activités sociales.

    Dans une période où la campagne électorale bat son plein à la SNCF, les libéraux les plus décomplexés tentent par leurs relais médiatiques de discréditer les syndicats, et notamment la CGT, qui dénoncent le démantèlement programmé du fret SNCF certes, mais plus largement de l’entreprise publique SNCF. De telles pratiques démontrent bien que le gouvernement et la direction de la SNCF sont gênés de voir le sens et les conséquences de leurs choix économiques et politiques mis sur la place publique.

    Ils le sont d’autant plus qu’ils essaient d’ignorer la montée de la dénonciation par les chargeurs de la stratégie de casse du wagon isolé, et au moment où de nombreux comités de défense des triages Fret, rassemblant la population, des élus politiques, des chargeurs, des organisations syndicales se développent pour s’opposer aux choix destructeurs de la SNCF et des pouvoirs publics et exiger la tenue d’un débat public sur l’avenir du transport de marchandises.

    Corrélativement, l’actualité récente l’a mis en exergue, les usagers de la SNCF n’ont pas manqué de manifester leur mécontentement, y compris par la grève quant à la dégradation de la qualité du service public SNCF.

    A la lecture de cet article, la Fédération CGT des Cheminots va demander un droit de réponse au journal LE FIGARO pour permettre à ses lecteurs et à l’opinion publique de connaître la vérité. La Fédération CGT des cheminots se réserve également le droit d’ester le journal LE FIGARO en justice pour diffamation.

    Montreuil, le 23 février 2011

    http://www.cheminotcgt.fr/new_site/...


    De : CGT cheminots relayé par Bandit Corse
    mardi 1er mars 2011


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  • Une décision d’apparence technique sur le prix de revente de l’électricité nucléaire doit intervenir dans les semaines à venir. L’enjeu est considérable, de l’ordre de plusieurs milliards d’euros, qui iront dans des poches privées ou d’EDF. Et c’est forcément le consommateur final qui paiera !

    Lecture


    C’est une bataille au couteau dont le vainqueur empochera quelques centaines voire quelques milliards d’euros. Elle oppose les deux poids lourds de l’énergie français, EDF et GDF-Suez. Jérôme Mestrallet et Henri Proglio. Les deux se disputent pour savoir à quel prix ils pourront vendre l’électricité produite par les centrales nucléaires. 

    Une loi dite Nome prétend instaurer la concurrence sur le marché de l’électricité. C’est très difficile parce qu’il n’y a qu’un réseau, et que l’électricité c’est typiquement le secteur du « monopole naturel ». La droite, sous la pression de la Commission européenne, a décidé de créer artificiellement la concurrence en contraignant EDF a céder jusqu’à 25% de sa production nucléaire (qui représente 80% du total produit en France). Pour les concurrents, GDF-Suez, Poweo, Direct Energie… c’est pratique. Pas besoin de construire des installations coûteuses, même là où ce serait nécessaire comme en Bretagne et en Paca, région déficitaire et menacées de black out chaque hiver. Il suffira, pour fournir les clients, d’acheter la production d’EDF.

    Mais à quel prix ? Réponse : « au coût complet » du « nucléaire historique » dit la loi Nome. Mais encore ? GDF-Suez, principal concurrent d’EDF, avance 35 euros par mégawatt-heure. Pourquoi ? Parce que c’est actuellement le prix pratiqué par EDF à ses clients industriels dans le marché « régulé ». EDF crie au « pillage » (expression de Proglio devant les députés). Pour lui, le coût complet du nucléaire serait de 42 euros par mégawatt-heure. Edf a même un temps avancé le prix de 45 euros. Une mission confiée à Paul Champsaur, haut fonctionnaire et président de l’Autorité de la statistique publique, qui devrait rendre très rapidement un rapport. Selon des indiscrétions Champsaur aurai tranché pour un prix moyen de 39 euros. « Ce n’est pas Champsaur, c’est Salomon », aurait dit un haut fonctionnaire.

    Mais au fait quel est l’enjeu ? Tout simplement l’accaparement de la rente nucléaire. En fait le « coût complet » serait de 31 euros. C’est le chiffre calculé en 2007 par la Commission de régulation de l’électricité (CRE) et publié dans un avis officiel, rappelé hier par l’UFC-Que Choisir. Mais à ce prix, évidemment, pas de juteux profit possible, ni pour EDF ni pour les concurrents. Alors on cherche un niveau plus acceptable. Philippe de Ladoucette, président très libéral de la CRE (c’est un ami de Gérard Longuet), a déjà renié l’avis de sa propre institution en réévaluant le mégawatt-heure dans une « fourchette de 37,5 euros à 38,8 euros ».

    Tiens on se rapproche ! Par quel miracle ? C’est que le calcul du coût complet a été élargi au coût des capitaux utilisés. Une sorte d’hérésie comptable: les centrales sont déjà presque toutes amorties ! Mais qu’importe. L’important est de justifier un tarif politiquement acceptable.

    Les différences de prix ont des effets considérables. Devant les députés, Henri Proglio affirme : « l'effort fait pour passer de 46 à 45 euros puis à 42 euros pendant les 4 ans de transition, coûtera à EDF 10 milliards d'euros ». Si on suit son raisonnement, chaque euro de plus ou de moins sur le mégawatt-heure déplace environ 3 milliards d’euros, soit vers les caisses d’EDF, soit vers celles de ses concurrents. Donc entre 31 euros et 39 euros, l’enjeu serait de 21 milliards d’euros sur 4 ans ! Entre 31 et 42, c’est 33 milliards. Gigantesque !

    Qui va payer ? Mais les clients bien sûr. Selon les calculs de l'UFC-Que Choisir, le cours de 39 euros amènera les tarifs régulés de l’électricité à augmenter les factures de tout un chacun de 5% par an pendant quatre ans. Certains vieux clients noteront que, entre 1974 et 1990, ils ont déjà payé le coût de la construction du parc de 58 réacteurs nucléaires avec des factures qui étaient à l’époque souvent plus élevées en France qu’ailleurs en Europe… La rente nucléaire devrait logiquement leur revenir.

    A moins que la Nation toute entière ben profite. C’est l’opinion défendue par Marcel Boiteux, ex-PDG d’EDF. Le père du programme électronucléaire français explique dans un article publié par la revue « Commentaires » que la rente nucléaire, plutôt que d’être captée par des intérêts privés, ou par EDF elle-même (qui est maintenant un acteur mondial, et plus le simple fournisseur des Français) assez illégitimes, devrait être utilisée à rembourser la dette publique, ou à investir pour l’avenir. Pas bête, l’ancien !

    Rédigé par Hervé Nathan


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  • Manifestons dans toute la France samedi 12 mars. Opposons nous aux expulsions
    locatives !

    SantéManifestons dans toute la France samedi 12 mars Cette année encore, le 15 mars sonne la fin de la trêve hivernale, la reprise des expulsions sans relogement, l’angoisse pour des dizaines de milliers de familles et de personnes d’être jetées dans la rue par la force et de sombrer dans l’exclusion… Chaque année, le gouvernement accélère un peu plus les procédures pour soutenir les bailleurs, chaque année, les expulsions sont toujours plus nombreuses : elles sont en hausse de 50% depuis 2002…

    Les locataires et les accédant-e-s modestes sont accablé-e-s par la flambée des loyers, des charges, de l’énergie, de l’immobilier et du foncier, qui n’ont jamais été aussi chers dans notre pays. C’est un véritable racket : de plus en plus de jeunes, de salarié-e-s, de précaires, de mères isolées… doivent y consacrer plus de la moitié de leur salaire. Or la hausse des prix de l’énergie, de la santé ou des produits frais, conjugués à la montée du chômage, à la précarisation de l’emploi, à la faiblesse des revenus (allocations, salaires, retraites…) et au renforcement des inégalités, frappent déjà durement les couches populaires.

    Du fait du désengagement financier de l’Etat, la production de logements sociaux reste à un niveau très faible, sans compter les démolitions et ventes imposées par le gouvernement. Par contre, il dépense 10 fois plus pour aider les riches contribuables à acquérir des logements et à les louer au prix fort. La marchandisation des logements sociaux est en cours. Les statuts locatifs sont attaqués et rognés sans cesse, avec la multiplication des statuts précaires. Celui des locataires HLM est désormais menacé.

    Le gouvernement soutient la rente locative, les profits tirés de la spéculation immobilière et foncière au détriment du droit au logement. La loi Boutin a divisé par trois les délais d’expulsion. Les bailleurs, relayés par le rapport Attali, réclament un « assouplissement » des expulsions, c’est-à-dire une « accélération ». La loi Hortefeux, (LOPPSI2) permet au Préfet d’expulser en 48h les occupant-e-s d’habitat « hors norme » (yourtes, cabanes, tentes, bidonvilles, caravanes, maisons sans permis, mobil home…), sans l’avis du juge, et de détruire leurs habitations. Environ 200 000 personnes sont concernées. Même les ménages reconnus prioritaires par loi DALO (Droit Au Logement Opposable) sont mis à la rue, alors que les Préfets doivent les loger.

    L’INSEE le confirme, la crise du logement s’aggrave, faute de volonté réelle de faire une politique du logement pour tous. Un nombre croissant de locataires, d’occupant-e-s à statut précaires et d’accédant-e-s surendetté-e-s sont menacé-e-s, d’expulsion sans relogement, à partir du 15 mars, et le plus souvent sans hébergement, car les structures d’accueil sont saturées…

    Dans ce contexte, nous exigeons : Un moratoire sur les expulsions locatives ; La baisse et la régulation des loyers dans le parc privé, des charges et de l’énergie ; Le gel des loyers HLM et un soutien financier de l’Etat aux bailleurs sociaux ; La revalorisation des aides au logement (APL, AL) ; La taxation de la spéculation immobilière et foncière, pour rendre le logement accessible Des financements pour produire massivement des logements sociaux (PLUS, PLAI) et la mise aux normes de qualité environnementales et énergétiques, le maintien de la ressource du livret A et la suppression de toutes les mesures de défiscalisation dans l’immobilier L’obligation d’accueil digne et adapté de toute personne sans logis jusqu’à son relogement Le respect de la loi DALO et l’application immédiate de la loi de réquisition L’abrogation de toutes les mesures de marchandisation du logement social (CUS, ventes, démolition, privatisation des bailleurs sociaux…) et de toutes celles qui précarisent les habitant-e-s (loi Boutin, loi LOPPSI2, loi de finances 2011 …)

    Premiers signataires : CNL, CSF, DAL, AC !, ACDL, ADVOCACY, AITEC, Attac France, Bagagérue, CAL, Confédération Générale du Travail, Fédération Syndicale Unitaire, Jeunesse Ouvrière Chrétienne, Jeudi Noir, LDH, Union Syndicale Solidaires, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature, … Avec le soutien de : EE–LV, NPA, PCF, PG, PS ...

    De : Citoyen râleur


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  • Plongée dans le quotidien des impayés et de la misère au Tribunal d'Asnières

    Libres échanges

     

    Difficultés à payer un loyer, crédits à la consommation non remboursés... tel est le quotidien de ce tribunal d'instance situé en banlieue parisienne. Où, parfois, les juges se font avocats face à une avalanche de détresse.

    « Barclays Bank contre Mme Outaraout »*, « Cofidis contre M. Beckthaoui », « Immobilière 3 F contre Mme Diallo », « Finaref contre M. Dos Santos. » Á peine assise, la juge d'instance d'Asnières égrène à voix haute les 51 dossiers qu'elle devra examiner dans l'après-midi. Des mains se lèvent discrètement au fond d'une salle d'audience qui fait aussi office de salle d'attente. Grands absents : les banques et les propriétaires. Á l'origine de la plupart des poursuites, ils sont représentés par des avocats assis aux premiers rangs.

    « Bienvenue au purgatoire de l'impayé » pourrait afficher le fronton de ce tribunal ayant une compétence exclusive à trancher les litiges de location de logements ou de crédits à la consommation. « Vous avez reçu une injonction, de payer 4 097, 23 euros, de la BNP Paribas au titre d'un crédit Cetelem de 1 600 euros, c'est bien cela ? » demande la juge. « Oui, mais ma situation est toujours particulièrement difficile et je ne peux pas rembourser », répond Caroline à voix basse, presque inaudible. Cette vendeuse sur les marchés s'est déjà accoudée au comptoir de ce tribunal qui ressemble plus à un guichet de poste qu'aux prétoires des feuilletons judiciaires. De la main à la main, elle transmet à la juge lettres recommandées et justificatifs de revenus parfaitement ordonnés dans une chemise cartonnée. L'avocat de la banque, à ses côtés, fait profil bas et renonce à ses effets de manches.

    Caroline se voit octroyer un délai de vingt-quatre mois, avec des versements mensuels de 5 euros. Le restant dû sera remboursable lors de la dernière échéance. « Un peu de répit avant de nouvelles menaces de saisies. » glisse-t-elle en expirant. Puis, elle sourit à nouveau : « Qui sait, d'ici là, je peux gagner au Loto ! L'an dernier, j'ai été victime d'un accident domestique. Avec l'argent de l'assurance civile, j'ai réussi à rembourser un autre crédit. »

    Tout le monde n'a pas l'expérience de Caroline devant ce tribunal où se faire représenter par un avocat n'est pas obligatoire. Pauline, la vingtaine, vient accompagnée mais sans dossier. « L'assistante sociale ne l'a pas transmis », explique cette étudiante précaire qui a occupé sans payer l'ancien HLM de ses parents. La présidente du tribunal accepte de recevoir ses pièces après la tenue de l'audience. Une faveur.

    La juge en fera d'autres. Un locataire déficitaire sera autorisé, quelques minutes plus tard, à s'éclipser pour photocopier une quittance de loyer, écrite à la main sur un tout petit papier froissé et chiffonné. « Vous n'avez pas compris, Madame », ne cesse-t-il de répéter en dénonçant pêle-mêle les erreurs de la CAF, la vétusté de l'appartement ou la malignité de son logeur. Malgré l'extrême patience de la juge et des palabres interminables, il aura toutes les peines du monde à prouver sa bonne foi.

    M. Dos Santos, lui, semble tout comprendre, tout subir et tout accepter. Quand ce quadragénaire a découvert les 5 956,92 euros que devaient ses parents septuagénaires à des établissements bancaires, il a tout pris à sa charge. Sans discuter. « Il reste un solde de 1 900 euros », constate la juge, calculette à la main, avant de proposer un remboursement sur six mois. Tout aussi bienveillante, la défenseure de la partie adverse lui conseille d'adresser les chèques à son cabinet, plutôt qu'aux huissiers.

    Le temps et les délais sont les seules armes qu'octroie le Code de la consommation pour lutter contre les intérêts usuriers. Les juges d'instance soulèvent parfois des anomalies de procédure et vérifient systématiquement les délais de forclusion. « Mais nous ne sommes pas avocats et nous ne pouvons contrôler la légalité de toutes les clauses des contrats », regrette la juge, une fois la nuit tombée. Pour chaque arnaque commerciale, combien d'abus commerciaux non relevés, de subtilités juridiques non soulevées, combien de harcèlements de créanciers non dénoncés ?

    Les petites combines pour mieux s'en sortir sont, elles, vite repérées. Comme ce bénéficiaire de logement social qui en a fait profiter son frère. Ou à l'image de cet un « homme d'affaires » - un peu obscures - qui sous-louait l'appartement qui devait lui servir de bureau.

    Sans oublier ceux qui se battent jusqu'au procès pour des litiges toujours inférieurs à 10 000 euros. C'est le cas de Mme Bignolles. « J'ai acheté un appartement à Clichy, mais l'ancien propriétaire m'a trompé. Sachant qu'il allait vendre, il a refusé de faire les relevés des compteurs d'eau. Et c'est moi qui ai payé le solde. » L'avocat de la partie adverse oppose qu'après passage devant notaire, l'ancien propriétaire ne doit plus rien. Mme Bigolles ne cache pas son énervement. «  C'est mon premier achat immobilier, et cela fait quatre ans que je cours derrière 1 000 euros. Cet argent, j'en ai besoin ! » La juge, après l'avoir exclue de l'audience, aura du mal à faire entendre que « droit n'est pas toujours synonyme de justice ».

    La dernière plaignante n'a pas fini de vitupérer que la magistrate s'adresse déjà à un autre homme. « Vous avez 800 euros de retraite, 120 euros d'allocation pour vos deux enfants à charge, et votre femme ne peut plus travailler pour payer les 708,71 euros de loyer de ce F4 ? » « Oui et on ne peut plus les aider, répond l'une de ses filles devenue indépendante. Nous aussi nous avons des loyers. »

    « Je suis embêtée », lâchera à voix haute la juge devant cette situation insoluble. Elle ne prononce pas l'expulsion, et laisse encore au couple quatre mois pour payer les dettes en intégralité. Mais après.

    (*) Tous les prénoms ont été modifiés

    Pierre Duquesne


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  • Libres échangeslundi 21 février 2011

    Lu sur l’Humanité :

    Selon les estimations, un tiers des départements seraient en situation de quasi-faillite. La faute aux restrictions budgétaires orchestrées par l’État tandis que les besoins sociaux ne cessent de grandir du fait de la crise. Pour desserrer l’étau, la mobilisation au scrutin des 20 et 27 mars comptera.

    Ils sont trente. Trente départements éligibles sur cent, selon des critères précis, au fonds de soutien aux départements en difficulté, à se partager 150 millions d’euros. C’est le dispositif présenté par Philippe Richert, le 8 février dernier, devant le Comité des finances locales, et censé parer à l’urgence de la situation financière des conseils généraux. Une urgence qui aura pourtant duré dix mois à se concrétiser sous forme d’un « projet de décret » – pas encore en vigueur, donc – depuis la remise du rapport Jamet à François Fillon, en avril dernier.

    Vote de budgets en déséquilibre

    Dix mois de gestation pour accoucher d’une souris : d’ores et déjà, on sait que le fonds de soutien est loin des besoins exprimés ne serait-ce que pour parvenir à finir l’année. « Les charges sociales transférées non compensées aux départements ont représenté 3,8 milliards en 2008, 4,2 milliards en 2009, notre situation devient catastrophique », mettait ainsi en garde, en avril, Claudy Lebreton (PS), président de l’Association des départements de France (ADF). Huit milliards d’un côté, 150 millions de l’autre : cherchez l’erreur…

    Selon les sources, on estime entre un quart et un tiers les départements relevant d’une situation de quasi-faillite. À tel point que certains départements n’hésitent désormais plus à voter des budgets en déséquilibre, même si la loi le leur interdit, ou à déposer des recours devant le Conseil constitutionnel.

    Parmi les raisons de cette banqueroute, la baisse des droits de mutation perçus sur les transactions immobilières (ou « droits de notaire »), suite au ralentissement du marché, et la hausse de la demande sociale sous l’effet de l’accroissement du chômage et de la précarité, ont joué. Mais pas seulement. Avec la crise, les départements, auxquels l’État a transféré, depuis 2002, la gestion des principales allocations nationales de solidarité, sont confrontés à une hausse sans précédent du nombre de leurs bénéficiaires. En 2009, les dépenses pour le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation personnalisée à l’autonomie (APA) et la prestation compensatoire du handicap (PCH) ont ainsi grimpé de 6,8 %. Mais contrairement aux engagements du gouvernement de l’époque, la « compensation à l’euro près » de ces transferts n’a jamais été effective. Aujourd’hui, nombre de départements ne peuvent plus faire face, étranglés par le déficit cumulé.

    Une « Équation insoluble »

    Ainsi du Val-de-Marne, auquel l’État doit 365 millions d’euros depuis 2002, rien qu’au titre des transferts non compensés en matière sociale, selon un rapport voté à l’unanimité par l’assemblée départementale.

    Si on y ajoute la baisse des recettes fiscales propres des départements, avec la suppression de la taxe professionnelle, la coupe est pleine pour des élus locaux qui voient leur capacité d’action compromise. Privées de ressources propres, les collectivités sont de plus en plus dépendantes des fonds alloués par l’État, au détriment de leur autonomie. D’autant que ces dotations ont tendance à se réduire d’année en année sous l’effet de la révision générale des politiques publiques (RGPP), politique de rigueur budgétaire appliquée de force aux collectivités pour renter dans les clous du pacte de stabilité européen. « Si l’on ne veut pas que le conseil général se transforme en simple guichet, sans marge de manœuvre pour mettre en place sa politique, il faut agir », affirmait le rapport adopté dans le Val-de-Marne.

    Dans ce contexte, les élections cantonales ne peuvent se résumer, pour nombre d’élus de gauche, à un scrutin « dépolitisé » sans enjeu tel que le souhaiterait la droite. Car derrière les contraintes budgétaires, se joue l’avenir des services publics pour les populations. « Du fait de ces contraintes financières, les collectivités se retrouvent devant une équation insoluble », expliquait l’Association nationale des élus communistes et républicains, le 24 janvier. « Soit elles réduisent les services publics et font à leur corps défendant le jeu du gouvernement. Soit, privées de la taxe professionnelle que le gouvernement a supprimée, elles augmentent les impôts sur les ménages alors que ces derniers subissent déjà durement les dégâts sociaux conséquences de la crise. » Autant dire que le sens du vote des 20 et 27 mars pèsera pour aider à desserrer l’étau.


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  • En pleine campagne pour les cantonales, et dieu sait si le thème est fédérateur au plan local, il a osé le dire !

    Selon Nicolas Sarkozy, il faut arrêter « de penser que l’on peut, à l’inverse du monde, multiplier les emplois de fonctionnaires. On ne peut pas toujours dépenser plus. Si vous voulez qu’on fasse plus de TGV, on ne peut pas garder de bureaux de poste pour tout le monde… »

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    Pour l’heure, seuls les blogs ont réagi, à la suite de Pour tout vous dire, qui précise le contexte : le chef de l’Etat était « en déplacement dans le Cher, interpelé par plusieurs élus au sujet de la disparition de services publics dans leur commune ».

    N’importe quoi comme d’habitude ! Les usagers de la Poste et les clients du TGV sont-ils les mêmes ? Il est parfaitement absurde de mettre les deux en parallèle, d’autant plus lorsqu’on vient d’autoriser la hausse scandaleuse des tarifs du TGV ! Et puis leur demande-t-on leur avis, aux Français, de savoir s’ils veulent plus de trains et à quel prix ?

    Les interroge-t-on avant de supprimer ou pas des bureaux de Poste et des dizaines de milliers d’emplois de fonctionnaires, dans les écoles, les commissariats, les gendarmeries, les hôpitaux, partout ?

    Et puisqu’il faut sans cesse revenir aux fondamentaux du débat public, on en a plus qu’assez de toujours entendre Sarkozy et sa clique prétendre qu’ « On ne peut pas toujours dépenser plus » alors même qu’ils se privent sciemment, par idéologie et intérêt de classe, de ressources fiscales, en menant une scandaleuse politique d’exonération massive des entreprises et des riches privilégiés.

    Et après, on va dire à ceux qui ne profitent aucunement de ces cadeaux-là, au peuple donc, qu’on n’a plus d’argent pour ses services publics, lui qui n’a pourtant plus que ça ?
    L’UMP organise l’insolvabilité de l’Etat pour mieux le dépecer et l’offrir à l’avidité des actionnaires. Et ce faisant, ces escrocs dilapident le patrimoine national, volent la collectivité, spolient l’intérêt général et pillent le bien commun.

    Ainsi, ces profits qu’ils offrent généreusement à leurs amis du Fouquet’s et du Cac 40, ils vont les chercher directement dans la poche des petites gens : Sarkozy est bien le Robin des Bois inversé (Bobin des Rois, comme l’appelle le dessinateur Azim) qui prend aux pauvres pour donner aux riches ! Est-il utile de préciser que ça commence à bien faire ?

    Olivier Bonnet dans "Plume de Presse"
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  • Services publics: Sarkozy culpabilise les maires ruraux! + colère des élus!

    Dans le Cher, ce 2 février 2011, le président confirme le gel des dotations et la casse du service public.

    Rencontre de Nicolas Sarkozy avec les maires du Cher à Saint-Amand-Montrond, ou comment, derrière des vérités d’évidence, le président de la République confirme sa volonté de casser les services publics locaux.

    Le monde bouge, l’immobilité c’est la mort ! On ne peut laisser les déficits à nos enfants… au nom de quoi, dans une démarche que de nombreux élus de communes rurales présents ont vécue comme culpabilisante à leur égard, le président de la République, les rendant responsables des déficits publics, voire même d’éventuelles mauvaises gestions, confirmait le choix de son gouvernement de « geler pour les trois prochaines années les dotations d’État » aux collectivités territoriales.

    À ceux des élus qui s’inquiétaient sur le devenir des services publics locaux, il enfonce le clou de la démagogie en affirmant, après avoir cité la Grèce, l’Irlande ou le Portugal : « Croyez-vous que j’accepterais que la France fasse la manche ? » pour cause de déficit. Et d’invectiver les élus : « On ne peut pas toujours dépenser plus ! » À Jean-Pierre Charles, maire (PCF) de 
Graçay et conseiller général qui l’interpellait sur les efforts des communes rurales contre la désertification et le caractère inadmissible du fait qu’il faille, par exemple, pour cause de dégradation du service public, parfois huit jours pour qu’une lettre soit livrée à son destinataire, Nicolas Sarkozy se lâche : « Si vous n’êtes pas content, vous n’avez qu’à les distribuer vous-même ! »

    Ce qui est en marche avec la réforme territoriale, la recentralisation des collectivités locales, la disparition de la taxe professionnelle et la future reforme de la fiscalité, c’est la remise en question de la démocratie de proximité, des services publics et la marchandisation des services à la population.


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    Réforme des collectivités territoriales Inquiétude et colère des élus

    Les propos du président de la République dans le Cher, confirmant sa volonté de faire des collectivités 
territoriales les boucs émissaires de sa politique de rigueur et de réduire les services publics, font des vagues.

    La démagogie du chef de l’État devant les élus du Cher affirmant, sans rire, être venu pour « défendre le modèle français en essayant de convaincre qu’il doit s’adapter pour que la France reste un pays qui compte dans le monde » ne trompe, visiblement, que ceux qui veulent bien l’être et provoque de la colère chez nombre de ceux qui, au plan communal, départemental ou régional, savent les conséquences négatives de sa politique sur le fonctionnement des collectivités territoriales et des services publics de proximité. D’ailleurs Nicolas Sarkozy confirme, s’adressant aux maires : « S’agissant des services publics, je ne crois pas que ce soit le nombre d’établissements publics que vous pourrez additionner qui compte. »

    Ainsi, pour André Laignel, secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF) et maire (PS) d’Issoudun, dans l’Indre, « Nicolas Sarkozy se livre à une opération de dénigrement des collectivités locales en évoquant leurs déficits alors que les communes, les départements et les régions ont l’obligation légale d’avoir des budgets en équilibre ».

    En effet, ce tour de passe- passe du président de la République, coutumier du fait, lui évite non seulement d’évoquer la responsabilité de son gouvernement dans le déficit du budget de l’État qui, lui, se monte à 148,8 milliards d’euros, mais aussi de justifier la rigueur envers les collectivités territoriales comme, par exemple, le gel des dotations d’État ou bien les transferts de responsabilités sans compensations intégrales des financements de ceux-ci.

    Pour l’Association des régions de France (ARF) et son président (PS), Alain Rousset, « il est faux de dire que seul l’État ferait des efforts à un moment où les collectivités ne cessent de pallier ses carences », ajoutant : « Nous ne pouvons rester sans réaction quand les pouvoirs publics n’ont de cesse de réduire nos moyens. »

    L’Association des petites villes de France (APVF), qui tenait hier, sur les finances, une journée d’étude, déclarait : « En considérant nos collectivités seulement comme une source de dépenses pour l’État et non comme un acteur de l’économie nationale, le gouvernement risque de pénaliser la croissance et l’emploi. » Rappelons que les collectivités territoriales assurent 73 % des investissements publics en France.

    Pour le député maire (PCF) d’Ivry (Val-de-Marne), Pierre Gosnat, les propos de Sarkozy confirment « sa volonté, via des contraintes financières imposées, d’aligner la politique des collectivités locales sur celles de l’État » alors même que les « besoins des populations augmentent. Notre opposition est totale».

    Max Staat


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  • Henri Proglio : le cerbère du nucléaire français montre les crocs

    ImageQuid du service public de l’électricité ? L’Etat est en train d’instaurer en douce une privatisation du réseau électrique et détruit EDF... Entendu par les députés cette semaine, le patron d’EDF a piqué une colère pas très protocolaire. D’ordinaire placide, Henri Proglio a défendu bec et ongle "le patrimoine national" d’EDF face au "pillage" annoncé de la concurrence privée.

    Henri Proglio n’a certes pas la réputation d’être un tendre, mais le "buldozzer" comme le surnomment ses adversaires, évite d’ordinaire de se répandre publiquement pour défendre sa conception de la politique énergétique.

    "Je ne suis pas là pour brader le patrimoine national, je ne suis pas là pour accepter le pillage du patrimoine national", a lâché en guise d’introduction un Henri Proglio particulièrement remonté à l’occasion de son audition à l’Assemblée nationale sur le prix de revente de l’électricité nucléaire d’EDF.

    EDF, chef de file du nucléaire national Il faut dire que le sujet est sensible pour cet homme de réseau d’ordinaire discret, aussi proche de Nicolas Sarkozy que de son camarade de promo Dominique Strauss-Kahn. Depuis sa nomination l’an dernier, Henri Proglio n’a qu’une seule et unique obsession : faire de l’électricien public le chef de file de la filière nucléaire française.

    Et tant pis pour les autres acteurs nationaux (Areva et GDF Suez en tête), réduits au rôle de simples sous-traitants lors des appels d’offre internationaux pilotés par EDF avec la bénédiction du gouvernement.

    Rationalisation d’une offre unifiée française et patriotisme économique ? Ou vision anachronique et centralisée ? Défenseurs et adversaires de l’électricien public s’écharpent sur le sujet depuis des mois…

    L’enjeu est de taille ! Après des années de stagnation, le nucléaire a retrouvé de l’attractivité à l’échelle internationale, et les méga-contrats poussent comme des champignons (nucléaires ?)… Pendant ce temps, la France a pris du retard dans cette compétition internationale féroce, minée par les querelles de clochers…

    L’épineuse question du prix de revente du nucléaire Si EDF a obtenu gain de cause à l’échelon international, Henri Proglio sait que la situation est plus difficile au niveau national. D’où sa grosse colère devant les députés à l’heure des négociations sur le prix de revente de l’électricité nucléaire.

    La loi Nome de libéralisation des marchés de l’électricité, votée en 2010 par les députés français, prévoit en effet qu’EDF cède une part de sa production nucléaire à ses concurrents privés à un prix fixé par le législateur, afin de favoriser une diversification des offres électriques.

    La réaction du patron d’EDF est plus que cinglante : "Je ne vois pas pourquoi la France serait la plus abrutie des nations du monde où on ferait cadeau du patrimoine national à des concurrents. Il n’est pas de ma responsabilité, de ma feuille de route, de faire travailler 170.000 personnes pour faire des cadeaux à des concurrents. Il n’est pas de ma responsabilité d’ouvrir le bilan au pillage, je ne l’accepterai pas".

    Une colère mise en scène ? Un coup de sang qui arrive quoi qu’il en soit un peu tard… La bataille de l’ouverture des marchés et de la mise en concurrence d’EDF est d’ores et déjà perdue pour l’électricien public, et la revente à prix coutant d’une partie de sa production est actée.

    La sortie d’Henri Proglio vise en réalité surtout à faire monter les enchères à l’heure des négociations avec les pouvoirs publics.

    42 ou 35 euros le mégawattheure… Tel est le vrai enjeu des luttes d’influence qui agitent actuellement le secteur énergétique. Les acteurs privés plaident évidemment pour un prix de revente revu à la baisse… pendant qu’EDF dénonce le "pillage" des investissements publics.

    Programmée ou non, la colère d’Henri Proglio cache un vrai malaise du côté de l’électricien public qui a la sensation que les pouvoirs publics lui demandent d’héberger des concurrents "squatteurs", bénéficiant de la production sans se mouiller dans les investissements à long terme.

    Le gouvernement a jusqu’au 1er juillet pour trancher la querelle des prix de revente. Une chose est sûre dans cette affaire... Les consommateurs, qui devaient être les grands bénéficiaires de cette libéralisation, ne sont pas prêts de voir leurs factures baisser.

    De : grandegueule http://bellaciao.org/fr/spip.php?article113181

    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/henri-proglio-le-cerbere-du-87944


    La liquidation des Biens Publics en France

     Avec la mondialisation capitaliste, les privatisations massives sont imposées  à tous par le bradage des biens publics et la destruction des systèmes sociaux. 
    Cela remet en cause la fameuse notion d'identité nationale : qu'est-ce qui  nous unit ? Nos impôts ne servent plus qu'à remplir les caisses du patronat et  les poches des actionnaires. 

    De 1933 à 1982 : constitution et création du Bien Public avec notamment : Air  France, SNCF, Renault, Crédit Lyonnais, Société Générale, AFP, Alsthom, Saint Gobain, Usinor Sacilor, Rhône-Poulenc, Crédit commercial de France, et la création d’EDF-GDF, soit un total d'une cinquantaine de groupes. Plus des groupes où les participations publiques sont majoritaires comme Matra, la Société d’étude Marcel Dassault, la Banque Rothschild ou la Banque Worms. 
    Tout cela constituait le patrimoine que nous devions léguer à nos enfants !

    De 1986 à 2006  : dénationalisations totales ou partielles par tous les gouvernements si bien qu'en 2007, il ne reste plus rien du secteur public industriel, le secteur public social et les biens d’usage collectif sont privatisés. 
    Comment en est-on arrivé là ? Par le lobbying et la modification de la législation. Quand cela ne suffit pas, le gouvernement s’abrite derrière les directives européennes. La sous-évaluation des biens publics livrés aux copains est systématique, en surestimant l’endettement ou en mettant en cause la gestion par exemple. Tout devient source de profits : l'énergie, l’eau, le chômage, le savoir, la santé, les retraites et même la délinquance avec des prisons privées, tout doit être transformé en marchandises, rien de doit échapper au marché !

    Les techniques utilisées : la vente totale ou partielle des entreprises publiques, l'externalisation par le recours massif à la sous-traitance (informatique, maintenance, nettoyage, restauration …), le démantèlement et la vente des filiales les plus rentables, le bradage des terrains et des logements de l’Etat … avec de gros profits en vue pour les repreneurs. L'état coupe ses sources de revenu et explique après que les caisses sont vides !  
    Les prédateurs  sont pour l’essentiel de grandes sociétés multinationales qui  ont leur siège en France ou de grands groupes financiers multinationaux, les fonds de pension, Les Hedge Funds et les Fonds Souverains. Actuellement en France les P-D.G des sociétés du CAC 40 gagnent de 300 à 500 fois le SMIC. 
    Le bien être de quelques uns est bâti sur la misère des autres. Les impôts sur les sociétés et des plus riches ne cessent de diminuer et le chômage augmente. 
    Le nombre de fonctionnaires et d’entreprises publiques diminue et le déficit de l’Etat augmente !Cherchez l’erreur !! Le transfert des fonds publics vers les fonds privés est la principale cause des difficultés de l'Etat.

    L’appât du gain   sans limite a autorisé au nom d’une supposée efficacité  économique une remontée des inégalités de revenus et de patrimoine à des niveaux que l'on n’avait plus connus depuis la fin du XIXe siècle. Ces formidables inégalités n’ont aucune utilité pour la société, bien au contraire : elles sont source de pauvreté, de misère, de délinquance et d'insécurité pour la majorité de la population ; le système profite à une minorité, tous les autres tôt ou tard le subiront. Que laisserons nous à nos enfants ?

    http://2ccr.unblog.fr/2010/10/19/la-liquidation-des-biens-publics-en-france/


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  • Mal-logement : près de 10 millions de Français concernés selon la fondation Abbé Pierre

    La fondation Abbé Pierre dévoile aujourd’hui son 16ème rapport sur le mal-logement. Au total, ce sont près de 10 millions de Français qui sont concernés directement ou indirectement, estime la fondation, qui fait du logement la priorité pour 2012.

    ImageQuelque 3,6 millions de personnes sont victimes de mal-logement en France et 5 millions d’autres sont considérées comme fragilisées, c’est-à-dire que si elles perdent leur emploi par exemple, elles ne pourront plus payer leur loyer ou leurs traites et se retrouveront dans la catégorie des mal-logés. C’est le constat accablant dressé par la fondation Abbé Pierre, qui dévoile aujourd’hui son seizième rapport annuel sur le sujet.

    Dans la ligne de mire de la fondation, les dernières mesures gouvernementales qui, selon elle, renforcent les inégalités, comme par exemple le dispositif Scellier ou encore le nouveau prêt à taux zéro (PTZ+), désormais accessible à tous les primo-accédants, sans conditions de revenus.

    Dans son rapport, elle appelle à prendre des mesures concrètes pour rétablir l’équilibre, en proposant par exemple une régulation par l’Etat des loyers, qui ont plus que doublé en dix ans en France. "Ça ne veut pas dire qu’il n’y a plus d’augmentations mais qu’elles sont encadrées", explique sur France Info Christophe Robert, délégué général adjoint de la fondation Abbé Pierre.

    "Il faut que le logement soit l’un des trois ou quatre thèmes-phares de la présidentielle", estime par ailleurs son délégué général, Patrick Doutreligne. La fondation entend d’ailleurs mettre en place, dès cette année, une charte à destination des candidats pour faire évoluer ce dossier. Une sorte de "contrat social logement" ou de "charte de l’habitat", sur lequel elle demandera aux prétendants à l’Élysée de s’engager.


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    Plusieurs postiers se sont donné la mort ces derniers mois alors que l’entreprise publique est en pleine restructuration. Enquête dans les Bouches-du-Rhône où cinq syndicats appellent aujourd’hui à la grève « pour éviter une vague de suicides comme à France Télécom ». Bouches-du-Rhône, envoyé spécial

     C’était il y a moins d’un an, le 1er mars 2010. Au terme d’un débat houleux, qui avait mobilisé des centaines de milliers de citoyens contre le changement de statut, La Poste devenait une société anonyme. Son président, Jean-Paul Bailly, promettait alors que ce nouveau statut ne changerait rien aux missions de service public, notamment de distribution du courrier. L’augmntation du capital de l’opérateur postal à hauteur de 2,7 milliards d’euros doit servir à sa « modernisation ». Derrière l’entrée à marche forcée dans le monde de la concurrence, un drame était sans doute déjà en train de se nouer. Du France Télécom, en pire, avec un plan social qui ne dit pas son nom mais promet de supprimer 50 000 emplois d’ici à 2015, en poussant, entre autres, les fonctionnaires à la démission. Une restructuration en accéléré qui amène les syndicats des Bouches-du-Rhône à tirer la sonnette d’alarme.

    27 juillet 2010, au treizième étage d’une tour de Marseille, Myriam Roux, quarante-cinq ans, factrice dans le 15e arrondissement, ouvre la porte de son appartement pour partir au travail, se ravise, fait demi-tour puis saute dans le vide. Brigitte Marie, sa meilleure amie, elle aussi factrice dans le même quartier et qui habite à l’étage au-dessus, se souvient d’avoir discuté avec Myriam, la veille du drame : « Sa tournée avait été rallongée, elle était obligée de prendre deux bus pour la réaliser. Elle était très fatiguée et elle se demandait ce qu’elle allait devenir car elle n’y arrivait plus. Son cas avait été signalé à la direction mais tout le monde s’en foutait. Depuis la restructuration du bureau dans le 15e arrondissement, on est vraiment traité comme de la merde ! Myriam avait des soucis dans sa vie privée, mais j’estime que La Poste est responsable au moins à 50 % de son suicide ! »

     

    accusations et restructuration

    Robert Palpant, marié et père de deux enfants, lui, n’avait pas de problème dans sa vie privée. C’est en tout cas le sens du courrier qu’il a laissé à son épouse, Michelle, avant d’aller se jeter sous un TGV le samedi 8 janvier. Dans sa lettre d’adieu, ce postier de Vitrolles demande qu’il n’y ait « pas de représentants de La Poste… » à ses obsèques. Le mardi précédent, sa chef d’établissement recevait un fax dans lequel ce caissier, à qui il était reproché d’avoir volé 160 euros dans un monnayeur, se décrivait comme un pestiféré. « Si j’avais eu connaissance de ce fax j’aurais pu alerter un médecin, estime Michelle qui va devoir prouver à la mutuelle de La Poste, et surtout pour son honneur et l’équilibre psychologique de ses enfants, que son mari s’est bien suicidé à cause de sa souffrance au travail. En fait il était épuisé depuis la réorganisation du bureau… Et puis il se sentait accusé dans cette histoire de monnayeur. »

    Frédéric Béringuier, secrétaire départemental CGT chargé du pôle enseigne, est plus précis encore : « J’ai connu Robert en 2009 lorsqu’il a fait grève, pour la première fois de sa carrière, contre la restructuration à Vitrolles. Après une nouvelle réorganisation en 2010, son bureau était passé de huit emplois à trois plus un demi-poste en renfort. Robert, c’était le caissier mais on l’appelait MacGyver car il était capable d’accomplir toutes les tâches. Sa charge de travail était devenue énorme. Quant à l’histoire du monnayeur, c’est très injuste qu’on l’ait accusé parce que cette erreur est très fréquente avec ces machines. Robert était un bon agent du service public que la restructuration a fait craquer. »

    Patrick Serugne, cinquante-quatre ans, était lui aussi un bon facteur. Il a pourtant été accusé de vol, suite à la découverte d’un colis ouvert dans son bureau de poste à Saint-Victoret où il officiait depuis vingt ans. « À 10 h 30 ce 12 juin (2010) je l’appelle au téléphone pour lui demander s’il avait bien dormi. Il me répond : “Ça va, ne t’inquiète pas.” Une heure après il se tire un coup de fusil en plein cœur ! » raconte Sébastienne, sa veuve, pour qui il ne fait pas de doute que Patrick était de plus en plus mal considéré à son travail : « Il était le plus ancien du bureau mais on lui avait brutalement changé sa tournée pour la rallonger après la restructuration. Il avait perdu ses bons clients, il partait plus chargé et il travaillait deux heures de plus par jour. Il était fatigué, il allait au bureau avec la boule au ventre. Après l’accusation de vol, il a été harcelé. En octobre 2009, il a craqué puis il a dû aller en maison de repos pour dépression. Le 9 juin, le médecin de La Poste lui a quasiment ordonné de reprendre le travail. À une semaine de la retraite ! »

    Myriam, Robert, Patrick… À cette liste de postiers morts brutalement en 2010, il faut ajouter ce facteur marseillais qui a fait un infarctus peu après une violente altercation avec son chef d’établissement, et cette guichetière d’Aix, morte en pleine dépression. Les syndicalistes racontent les cas de postiers qui sombrent dans l’alcool, la drogue, les tentatives de suicide qui se multiplient. C’est par exemple le cas de cette jeune femme transférée d’un centre de tri à un bureau mais sur un poste de comptabilité pour laquelle elle ne reçoit aucune formation. Résultat, elle n’assure pas, subit réprimandes et brimades et finit par avaler un tube de cachets pour mourir. La direction de La Poste qui, selon la CGT, « est dans le déni permanent » (1), met sa tentative sur le compte d’une dépression passagère d’après-grossesse ! Ce tableau déjà très sombre se complète par une hausse importante (33 % selon SUD PTT) du nombre d’accidents du travail (hors suicides) et du taux d’absentéisme pour maladie.

    Nationalement, la CGT et FO des Bouches-du-Rhône, qui ont entrepris un recensement macabre, comptent plus de 
70 suicides de postiers ces derniers dix-huit mois, soit deux fois plus, pour une même période, qu’à France Télécom. Une véritable catastrophe humaine. Une catastrophe annoncée. Au printemps 2010, le syndicat professionnel des médecins de prévention de La Poste écrit au président du groupe, Jean Paul Bailly, décrit « une situation alarmante » et demande « d’engager des actions concrètes pour enrayer ce qui pourrait devenir un processus morbide ». La lettre revendique « une dimension collective et humaine du travail, le respect et la reconnaissance dus à des agents fiers de servir La Poste », autant de « valeurs qui permettent de garder un sens à leur travail ». Mais comme l’écrivait Robert Palpant, justement à propos de son travail : « À l’idée de l’exécuter, ; tu as le moral en marmelade. (…) Si tu dois l’abattre sans pitié, avant d’abandonner ton lit, souhaite voir changer la vie. » Apprenant son suicide, Guy Jean, un ancien cadre de La Poste à Vitrolles, confie : « J’ai l’impression qu’il s’est sacrifié pour que la souffrance au travail soit dénoncée dans toutes ces entreprises qui ne prennent plus du tout en compte le facteur humain mais seulement la rentabilité. »

    (1) Nous avons demandé lundi matin 
à la direction départementale 
de La Poste son point de vue sur 
cette vague de suicides. Au moment 
où nous mettons sous presse 
nous n’avons reçu aucune réponse.

    Philippe Jérôme http://humanite.fr/26_01_2011-catastrophe-humaine-en-cours-%C3%A0-la-poste-463387

     Brisons l’omerta !

     Combien de suicides à La Poste ? Faudra-t-il que le décompte macabre dépasse les bornes pour que, comme à France Télécom, on finisse par ouvrir les yeux ? 

    Simone de Beauvoir disait souvent que « la vie garde un prix tant qu’on en accorde à celle des autres, 
à travers l’amour, l’amitié, l’indignation, 
la compassion ». Demeurent alors les vraies raisons d’agir, de parler. Et aussi de dénoncer ! L’enquête que nous publions aujourd’hui sur le désastre humain à La Poste ne devrait pas constituer une indignation de plus s’ajoutant à tant d’autres, mais devrait bel et bien agir comme une révélation, une mise en alerte, un cri collectif contre la mise en danger d’autrui ! Ce qui se passe en effet chez le « premier employeur de France après l’État », selon la terminologie officielle, a de quoi nous inquiéter et nous révolter. La Poste en plein mal-être ? Beaucoup en sourient. La réalité s’avère pourtant d’une cruauté extrême : stress, ambiance délétère, conditions 
de travail dégradées, rapports alarmants des médecins 
du travail, managers cruels, harcèlement… et suicides.

    Chacun connaît les racines du mal, déjà expérimentées chez France Télécom. La Poste vit une crise identitaire sans précédent. Cette administration, que le monde entier jadis nous enviait, a été récemment transformée en société anonyme par le gouvernement de Nicolas Sarkozy – avec le cortège antisocial qui accompagne la privatisation. Pour décrire ce que les dirigeants tentent de leur imposer, certains postiers en pleine souffrance psychologique, n’hésitent pas à parler de « révolution culturelle ». Les témoignages que nous publions sont éloquents et incarnent les uns après les autres l’ampleur de ce malaise social. Management dur, aveugle, souvent scandaleux. Cadences de plus en plus infernales. Changements de poste (sans mauvais jeu de mots) injustifiés. Logiques libérales mises en place du haut en bas de la hiérarchie, en totale contradiction avec les valeurs et l’éthique des missions de service public d’autrefois. Rappelons qu’avec 13 000 emplois supprimés par an, La Poste a déjà perdu 63 000 salariés depuis 2003...

    « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » Vous vous souvenez ? C’était cynique comme du Laurence Parisot... En cette époque où tous les salariés sont menacés d’être dissous dans l’acide financier, quand toutes les frontières de la douleur ont déjà cédé sous 
les assauts du monstre de l’injustice, il faut se rendre 
à l’évidence : la souffrance au travail tue beaucoup 
ces temps-ci. L’« affaire » France Télécom a levé le voile. Celle de La Poste sera plus grave encore. Évoquant ni plus ni moins une « vague de suicides », les syndicats avancent déjà le chiffre effarant de 70 décès. Faudra-t-il que le décompte macabre dépasse les bornes pour que, comme à France Télécom, on finisse par ouvrir les yeux ?

    Comme chaque suicidé à La Poste paraphe 
par son sang l’arrêt de mort du service public, chaque souffrance extrême au travail nous parle 
d’un monde désaxé sur la gestion et la rentabilité, où 
la sauvagerie du chacun-pour-soi tend à effacer le métier bien fait et la qualité fondée sur les règles de l’art, 
le vivre-ensemble et la coopération. Figure là tout ce que l’on sait, hélas, de l’évolution des conditions de travail 
au sein de l’économie dite « libérale » : la pression, 
la précarisation, la subordination, la concurrence entre salariés, l’individualisation croissante des responsabilités, la désaffiliation, l’humiliation, etc. Répétons-le encore 
et encore : l’idée que le suicide puisse devenir un acte ultime de résistance nous est insupportable !

    Jean-Emmanuel Ducoin

     

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  •  Démantèlement des services publics en Grande-Bretagne avec le plan d’austérité libéral-conservateur : 100 000 emplois publics déjà supprimés en moins de deux mois

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    par Lizzie Cocker, pour Morning Star, quotidien du PC de Grande-Bretagne

    Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pc...


    Près de 100 000 emplois dans tout le secteur public ont été supprimés seulement dans les six dernières semaines, d’après un dossier publié par le syndicat UNISON [syndicat majeur des travailleurs des services publics]dimanche dernier.

    Ces données n’ont fait que confirmer les craintes de nombreuses personnes de « rejoindre la masse des chômeurs » mettant en péril leurs quartiers, les services qu’ils rendaient jusqu’ici et l’économie toute entière.

    Le secrétaire-général d’UNISON Dave Prentis a déclaré : « L’affaire de ces emplois ’Con-damnés’ [’Con-demned’ : jeu de mot en anglais sur le mot condamné et le gouvernement Conservateur-démocrate] fait vraiment peine à lire ».

    « Derrière toute statistique, il y a des familles qui ont désespérément besoin de garder un toit au-dessus de leur tête, de quoi manger sur leur table et la dignité d’avoir un job décent »

    « Avec près de 2,5 millions de chômeurs, les coupes de la coalition sont en train de briser des vies et de démolir les chances du pays de connaître une reprise. Les travailleurs licenciés et la fermeture de services essentiels ne remettront pas l’économie sur pied ».

    Les emplois perdus au cours des six dernières semaines comprennent 1 600 emplois au complexe hospitalier (NHS) Heart of England, 1 200 emplois municipaux dans l’Hampshire, 1 000 à Norfolk et 400 dans le Sussex de l’Est.

    L’UNISON a déclaré que cela démontrait que les « économies d’efficacité » de 20 milliards de livres sur la Santé (NHS) exigées par le gouvernement se sont traduites en pertes d’emplois et « trahissent le mensonge » sur le fait que les fonds concernant sur le santé seraient préservés.

    Le document alimentera également les peurs que les coupes nuiront à la qualité des services de santé. Une des principales conclusions qui ressort de l’enquête est que le taux élevé de mortalité au Complexe hospitalier de la Fondation du Mid Staffordshire Hospital Foundation Trust découlait du fait que la prestation des soins de haute qualité dépendait du nombre de personnes insuffisant affectées à chaque unité de soins, avec le bon nombre d’employés ayant les compétences adéquates.

    L’aide aux jeunes a également été sérieusement touchée dans les dernières semaines avec 8 000 emplois supprimés au service d’orientation professionnelle, en dépit des niveaux records de chômage chez les jeunes.

    Mr.Prentis a déclaré : « Obtenir l’aide appropriée peut faire ou défaire l’avenir de jeunes qui tentent désespérément de savoir où ils vont, ainsi que des travailleurs licenciés luttant pour se reformer ».

    Il a appelé le gouvernement à adopter une « vision politique alternative pour stimuler la reprise économique » et garder les gens au travail.

    Ce sont les banquiers « qui continuent à empocher leurs bonus » qui doivent être pénalisés, non les gens ordinaires, a-t-il ajouté.

    De : Solidarité-Internationale-PCF


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