• Yanick Paternotte, le maire UMP de Sannois.

    Politique - le 21 Mars 2013

    Elle tricote, il lui tond la laine sur le dos !

    Sannois : Le maire indigne et la vieille dame au tricot

     

    Cactus. L’histoire remonte au 4 décembre 2011. Comme tous les 
dimanches, Françoise Puyau-Puyalet a installé son stand dans la galerie marchande du Monoprix de Sannois (Val-d’Oise). Depuis six mois, cette retraitée de soixante-huit ans essaie d’arrondir sa maigre pension de 500 euros en confectionnant des tricots. Les clients lui fournissent la laine et elle tricote pulls et écharpes sur fond de vieilles chansons françaises...

    « Il y a beaucoup de retraités le dimanche qui se promènent ici, ce genre de musique, ça leur plaît », dit-elle. Les habitués connaissent bien Françoise qui œuvre aussi à Argenteuil, devant le magasin Babou. Elle n’est jamais avare d’un « bonne journée ! » aux chalands qui passent. Et il ne viendrait à l’idée d’aucun des commerçants de venir chicaner l’agréable vieille dame.

    Et pourtant, ce dimanche-là, Françoise voit débouler un homme en costume. « Il m’a tutoyée d’emblée et, sans se présenter, m’a dit ‘‘dégage !’’ », assure la retraitée. Outrée, Françoise réplique du tac au tac : « Je t’emmerde, salaud ! » Mais voilà, en face d’elle, c’est Yanick Paternotte, le maire UMP de Sannois. Le stand de Françoise se retrouve sous la pluie et la 
retraitée en garde à vue, avec prise d’empreintes et interrogatoire. L’élu, brandissant son arrêté anti-mendicité, ne compte pas en rester là. Il porte plainte pour insulte, vente à la sauvette et se constitue partie civile.

    Le procès a eu lieu le 14 mars dernier. Yanick Paternotte n’est pas présent à l’audience. Mais Françoise se fait condamner : 800 euros d’amende avec sursis et 1 euro symbolique de dommages et intérêts. Un verdict qui satisfait l’édile. « Il y en a marre de se laisser insulter impunément, a-t-il réagi dans le Parisien. On lui avait déjà proposé de régulariser sa situation en intégrant le stand d’une association caritative. Elle avait refusé. » Françoise le conteste. « En six mois, je n’ai vu qu’un monsieur qui est venu me dire que, tant que je ne troublais pas l’ordre public, c’était OK. Et puis, je n’aurais jamais parlé comme ça s’il avait été poli et si j’avais su qui il était. Moi, j’habite Argenteuil, je ne connais pas le maire de Sannois. »

    Il est vrai qu’en 2011, Yanick Paternotte n’avait pas encore fait la une des gazettes locales pour ses démêlés judiciaires. En décembre dernier, l’élu, connu depuis pour avoir présidé l’éphémère « Conar », la commission nationale des recours de l’UMP, s’est fait lourdement condamner par le tribunal correctionnel de Nanterre. Quinze mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité pour « abus de faiblesse » envers une vieille dame de quatre-vingt-onze ans... Décidément. Une vieille dame avec qui il a su, cette fois, se montrer suffisamment aimable – trop, selon la justice – pour obtenir d’elle une donation immobilière d’une valeur de plus de 200 000 euros. Un verdict dont il a fait appel.

    Las, ces sommes paraissent extravagantes pour Françoise qui s’inquiète aujourd’hui de son sort. Car, malgré le sursis, l’affaire pourrait ne pas être blanche financièrement. Le tribunal de Nanterre a accordé 500 euros de remboursement de frais d’avocat à Yanick Paternotte – qui en réclamait 1 000. « Si l’on ajoute les 90 euros de droits fixes que doit payer toute personne condamnée, Françoise va devoir sortir 590 euros, soit quasiment un mois de revenu », s’agace son avocate Me Béatrice Bonacorsi. 
Elle espère que le maire renoncera à ce remboursement. Sinon, face à l’insolvabilité de Françoise, la justice pourrait saisir ses quelques meubles, ce qui n’y suffirait pas, et surtout sa pension de retraite. Un comble. « Je fais du tricot pour m’en sortir. Et là, on me remet plus bas que terre pour un mot plus haut que l’autre ! » peste la vieille dame.

    Le maire UMP de Sannois s’acharne à poursuivre en justice une vieille dame qui arrondit ses fins de mois en vendant des tricots dans une galerie marchande. Et a eu le tort de lui lâcher une insulte alors qu’il voulait la faire déguerpir...


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  • 12ème rapport du COR : Pour la CGT la priorité est la garantie des droits à la retraite des salariés !

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    Si les retraites sont en danger, c’est avant tout en raison du chômage de masse, de l’amputation des salaires et du doute que les gouvernements successifs et le patronat ont délibérément installé quant à la capacité du système à garantir à long terme le niveau des pensions. Comme le montrent les régressions imposées en Grèce, en Espagne, au Portugal, les marchés financiers ont mis la barre très haute. Profitant de la crise, ils exigent un peu partout un recul des systèmes sociaux solidaires. La France n’échappe pas à cette pression.

    La publication des 11ème et 12ème rapports du Conseil d’orientation des retraites (COR) est l’occasion pour le Medef de relancer cette vision catastrophiste. On voudrait tuer notre système par répartition, bâti sur la confiance et la solidarité des générations successives, qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

    Il y a autre chose à faire que de céder à cette campagne. Après 20 ans de mesures régressives appliquées au système de retraite, mesures dont le rapport du COR expose les conséquences notamment en terme d’inégalités et de baisse du taux de remplacement, il est indispensable de consolider et d’améliorer les garanties des salariés. Il ne s’agit pas de réduire les droits, comme l’exige le patronat dans la négociation ouverte sur les retraites complémentaires ARRCO et AGIRC, mais, au contraire, de mieux assurer l’avenir sur la base d’un autre partage des richesses.

    Pas question de nier les besoins de financement : le nombre de retraités augmentera de plus d’un tiers d’ici 2035. Si l’on veut maintenir un taux de remplacement au minimum de 75% et le pouvoir d’achat des pensions, il faudra bien augmenter en proportion les moyens alloués au financement des retraites. Cela n’est nullement impossible à condition de mettre en œuvre une politique résolument favorable à l’emploi de qualité.

    Il est en second lieu indispensable de ne pas considérer la retraite comme un « coût ». Les retraités ne sont pas des privilégiés, mais bien une catégorie de la population désormais indispensable, répondant à nombre de besoins, assurant des fonctions sociales importantes : la vie associative, la démocratie locale, les aides intrafamiliales. Malheureusement ces apports ne sont intégrés ni dans le montant du PIB ni dans l’évaluation de l’échange intergénérationnel. Ils sont pourtant source de richesses et composantes d’un nouveau type de développement.

    Il est en troisième lieu urgent d’améliorer les conditions d’intégration pleine et entière des jeunes et des femmes dans le pacte intergénérationnel. Comment les femmes victimes d’inégalités persistantes peuvent-elles avoir confiance dans un système qui les pénalise ? Comment les jeunes peuvent-ils être parties-prenantes d’un système dans lequel ils ne peuvent entrer que de plus en plus tardivement ?

    Il faut enfin rétablir l’égalité des catégories sociales vis-à-vis de la retraite. Cela passe prioritairement par la reconnaissance du fait que l’espérance de vie des ouvriers à la retraite est beaucoup plus courte que celle des cadres supérieurs et professions libérales et qu’elle progresse moins vite. Petites retraites, espérance de vie plus courte, état de santé dégradé se cumulent. Ne pas accorder une possibilité de départ anticipé à ces catégories est une injustice insupportable que seul le MEDEF ose encore justifier.

    Il n’y a aucune fatalité au « trou des retraites » qui se révèle être d’abord un épouvantail idéologique. Face à la perspective d’une baisse des pensions que veut imposer le Medef, la CGT avance des mesures pour garantir leur financement (taxation des revenus financiers, réforme de la cotisation patronale…) et oppose le projet d’une « maison commune des régimes de retraite » qui serait la garantie d’un socle commun de droits de haut niveau.

    Montreuil, le 22 janvier 2013

    http://www.cgt-fapt-37.com

     Des efforts seront demandés pour les retraites, dit Touraine

    http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/photo-v2-457x222/rea/marisol-touraine-c-denis-allard-rea/9090008-1-fre-FR/marisol-touraine-c-denis-allard-rea_paysage360.jpgDes efforts seront demandés aux Français lors de la prochaine réforme des retraites et seront modulés selon les carrières professionnelles, a déclaré dimanche la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine.

    Elle cependant précisé qu'aucune piste n'était privilégiée pour l'instant et que toutes les options étaient sur la table.

    "Il y aura des efforts, je le dis", a dit Marisol Touraine lors de l'émission "Tous politiques" France Inter-Le Monde-AFP.

    "Il y aura des efforts nécessaires, et dans le même temps, il faut évidemment que ces efforts soient différenciés selon les carrières professionnelles", a-t-il ajouté.

    Le déficit du régime des retraites devrait dépasser 21 milliards d'euros en 2017, selon le Conseil d'orientation des retraites, alors que la réforme de 2010 prévoyait l'équilibre en 2018.

    Un comité d'experts doit être constitué "dans quelques jours ou quelques semaines" pour faire des propositions, a dit Marisol Touraine, et le gouvernement engagera ensuite une concertation avec les organisations syndicales.

    Selon un sondage CSA, 60% des Français considèrent que le report à 65 ans de l'âge légal de départ à la retraite, contre 62 ans prévu par la réforme de 2010, sera à terme nécessaire.

    Jean-Baptiste Vey

    http://www.capital.fr/retraite/actualites/des-efforts-seront-demandes-pour-les-retraites-dit-touraine-810818

    http://www.cgt-fapt-37.com


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  •  Corse 9ème jour de grève des cheminots

    http://www.corsematin.com/media_corsematin/imagecache/article-taille-normale-nm/image/protec/2013/01/25/19861560.jpg

    Piquet de grève gare de Bastia 

     

    Sous sarko on niait les grèves.

     

    Sous Blummollet on file plein sud avec armes et bagages kakis, on réouvre le salon d'honneur de Roissy, ou on mobilise tout le débat parlementaire sur le sociétal (certes pas des questions mineures mais pas au point d'autoriser la transformation en raves indigestes les pommes d'or des promesses sociales du candidat maintenant élu), cela pour ne pas rendre de compte sur le social.

     

    Pour autant, en plus de la manif des symbole de la casse de économico sociale qui ont manifesté à paris le 29, d'autre conflits sont cachés sous le boisseau de la désinformation.

     

    Par exemple le conflit des chemin de fer corses. 

     

    Pour mesurer la complexité de la situation :

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2e/Korsikabahn01b.JPG/280px-Korsikabahn01b.JPG

     

    Un réseau routiers précaire, une géographie contraignante, un enclavement du coeur de l'île, un réseau de transport ferroviaire qui assure une part essentielle de ce désenclavement, réseau dont les luttes ont imposé la modernisation et un conflit dont la tutelle politique porte la totale responsabilité.

     

    La Collectivité Territoriale de Corse est l'autorité organisatrice des transports, elle est présidé par Dominique Bucchini (PCF). Elle est la seule communauté territoriale propriétaire de son réseau ferroviaire (en cela attention à un rôle de pois(s)on pilote pour les régions sur le continent).

     

    230 cheminots à l'effectif, 191 dénoncent une convention signé par le STC (majoritaire ?) et rejeté par la CGT minoritaire dans les urnes mais organisant la majorité  de l'effectif dans l'action contre l'accord signé par le STC et la (CTC).

     

    Un statut particulier qui n'est pas celui de la SNCF.

     

    le PM Bartoli président de l'office des transports est socialiste tendance "Corse Social Démocrate".

     

    http://corse.evous.fr/local/cache-vignettes/L361xH487/Train1-4216e.gif

     

    Vers un 9eme jour de grève des cheminots

     

     

    Les AMG 800 risquent donc, une nouvelle fois, de rester à l'arrêt pendant plusieurs jours dans les gares de Bastia et d'Ajaccio. En fin de soirée, la société des Chemins de fer de la Publié le mercredi 30 janvier 2013 à 20h25  - 

     
     

    La grève conduite par la CGT se poursuit. Le trafic ferroviaire de l'île est toujours paralysé et le mouvement pourrait s'amplifier. Après huit jours de mobilisation, le dialogue entre le président de l'Office des transports de la Corse et les grévistes n'est toujours pas rétabli.

     

    Les Cheminots des chemins de fer de la Corse sont rentrés une nouvelle fois en conflit social.

    Cette fois, les revendications portent sur le statut social qui vient d'être mis en place par l'office des transports et qui concerne les CFC.

    Hier matin, plusieurs dizaines de cheminots ont établi leur piquet de grève devant la direction des Chemins de fer de la Corse, à la gare de Bastia, afin de faire entendre leur voix.

    « Nous entendons dénoncer les méthodes de travail employées par l'office des transports de la Corse. Ce statut social s'il est voté de la sorte par l'assemblée de Corse va entraîner des inégalités entre les salariés des chemins de fer de la Corse. Certains d'entre nous seront pénalisés sur l'avancement de carrière. Il y aura aussi des pertes de salaires. Cela, nous ne pouvons pas le tolérer. »

    191 cheminots ont signé une pétition contre le statut social

    Le statut social dénoncé par les syndicalistes de la CGT, mais ils ne sont pas les seuls apparemment, devra rentrer en vigueur après un vote de l'assemblée de Corse à ce sujet. Avant cela, ils demandent donc au président de l'office des transports Paul-Marie Bartoli de renoncer à présenter le texte dans sa forme actuelle. « Nous voulons que la CTC délègue à la direction de la SEM, qui est notre entité juridique, les discussions concernant les rémunérations. Nous invitons donc le président de l'office des transports à tenir ses engagements. Il avait déclaré que les questions du statut social seraient étudiées par tous. Cela n'a pas été le cas. Même si le STC qui est majoritaire a signé le texte nous ne pouvons pas l'accepter tel quel. À la lecture du document apparaissent beaucoup trop d'imprécisions et d'inquiétudes qui peuvent être interprétées de différentes manières. »

    La centaine de grévistes n'a d'ailleurs pas apprécié d'entendre sur les ondes de RCFM que le président de l'office des transports à leur sujet parlait de « surenchère ». « C'est le statut du cheminot que nous défendons. Il faut savoir qu'à ce sujet, nous avons créé un collectif pour la défense de nos droits. Sur les 230 cheminots des CFC, la pétition que nous avons lancée à ce sujet a rassemblé 191 signataires. »

    Forts de ce soutien, les grévistes n'ont pas l'air décidés à reprendre le travail de sitôt. D'autant qu'ils ont annoncé, hier, que le mouvement de grève allait s'amplifier.

     

    Corse a fait parvenir un communiqué : « La société des Chemins de Fer de la Corse a le regret d'informer son aimable clientèle qu'en raison de la prolongation du mouvement social engagé le 24 janvier, aucun train ne circulera vendredi 25 janvier 2013. Pour les jours suivants, la circulation des trains s'avère incertaine à ce stade des discussions. La société des Chemins de fer de la Corse présente ses excuses pour les désagréments occasionnés. »

     

     

     http://www.corsematin.com/media_corsematin/imagecache/article-taille-normale-nm/image-corbas26q200_lv_greve_cheminots.jpg

    Depuis maintenant une dizaine de jours les Corses n'ont pas de trains. Les cheminots corses n'ont pas de réponse à leur demande de rencontre.

     

    Leur revendication est simple et claire : ils veulent un statut qui leur a été durant des années refusé, que la gauche s'est engagé à négocier et que maintenant au affaire elle "oublie" de concrétiser en particulier en laissant dans le flou artistique tous les aspects salaires et déroulements de carrière.  

     

    "Une perte de revenus de près de 800 euros par an"

    Pour la CGT Cheminot, de nombreux points posent problèmes, comme le risque, "d'une perte de revenus de près de 800 euros par an pour certains agents" a affirmé, Barthélemy Luciani, délégué CGT de la CFC. Pour être définitivement adopté, le statut social des cheminots doit être adopté par l'Assemblée de Corse. Ce sera fin janvier ou fin février au plus tard.

     

    Les cheminots, qui ont été à la pointe du combat contre les pratiques économiques diverses et variées de la droite aux affaires, pratiques qui émaillent un folklore ouvrant sur des dérives maffieuses, ne peuvent accepter de servir de laboratoire du recul social par ceux là même qui ont été mis en place pour construire la rupture. 

    Le silence de la majorité de la CTC qui manifestement tente d'imposer de force ses ukases est révélateurs de pratiques où là, il ne s'agit pas d'accompagner ou non le gouvernement, mais de répondre aux exigences revendicatives des salariés.

     Par canaille le rouge


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  • Réforme des retraites le prochain chantier
     

    François Hollande a annoncé le lancement d’une négociation syndicats-patronat concernant le financement des retraites.

    Les libéraux et le patronat balisent déjà le terrain pour repousser à « au moins 63 ans » l’âge légal de départ.

    Le ministre du Travail Michel Sapin a précisé : « Vous connaissez tous les curseurs qui peuvent être bougés pour permettre qu’il y ait, si ce n’est un retour à l’équilibre, en tous les cas une perspective de financement pérenne de nos régimes de retraite ». L’inquiétude reste de mise pour l’avenir des retraites. Le financement du système n’est, en l’état, pas assuré, une situation propice à tous les mauvais coups. Selon le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) publié en décembre, le déficit des régimes atteindrait 19 milliards d’euros en 2017.

    La preuve, si besoin était, que, contrairement aux discours de Nicolas Sarkozy et son équipe, promettant un déficit zéro en 2018, la réforme de 2010 avec son cortège de mesures régressives, en particulier le recul de l’âge de départ à soixante-deux ans, ne réglera pas le problème.

    Cela n’empêche pas les libéraux de poursuivre sur leur lancée et de préconiser de nouveaux reculs sociaux, telle la présidente du Medef. Laurence Parisot réclame un report de l’âge légal à « au moins soixante-trois ans ».

    Le COR annonce un nouveau rapport au gouvernement. Celui-ci, dans le cadre de la « feuille de route » sortie de la « grande conférence sociale » de juillet dernier, a prévu en effet d’ouvrir au printemps une concertation pouvant déboucher sur une nouvelle réforme.

    À sa manière, le patronat tente de baliser le terrain dans le cadre des négociations sur les régimes complémentaires Agirc et Arrco engagées fin 2012. Invoquant le déficit de ces régimes et l’arrivée à épuisement de leurs réserves plus rapide que prévu, le Medef réclame, pour toute « solution », une baisse du pouvoir d’achat des pensions en supprimant leur indexation sur l’inflation. Et refuse mordicus toute hausse des cotisations.

    Un avant-goût de la bataille à mener pour obtenir une juste réforme du financement mettant à contribution, entre autres, les revenus financiers. 
     

     Retraite : Vallaud répond à Rocard

    Le gouvernement français ne prévoit ni baisse des pensions, ni hausse des cotisations, ni augmentation de la durée de cotisation dans le cadre de la prochaine réforme des retraites, a déclaré ce lundi sa porte-parole, Najat Vallaud-Belkacem.

    Elle a assuré que d'autres solutions existaient, citant les propositions du syndicat CFDT, qui prône un changement radical de système vers un système à points ou à compte notionnel. Le Conseil d'orientation des retraites a cependant établi qu'un changement de système ne rétablirait pas en soi l'équilibre financier, un objectif qui suppose bien de modifier les principaux paramètres de la durée et du montant des retraites ou des cotisations. 

    «N'est à l'ordre du jour ni le fait de travailler plus longtemps, ni le fait de réduire les pensions, ni le fait d'augmenter les cotisations», a dit Najat Vallaud-Belkacem sur BFM TV et RMC. «Il y a d'autres solutions aujourd'hui qui existent. Regardez par exemple les propositions que fait la CFDT.» «Je ne dis pas qu'on va forcément s'inscrire exactement dans ce scénario-là, mais il y a des systèmes par exemple de retraite à la carte, ou par points», a poursuivi la porte-parole du gouvernement. 

    Les nouvelles prévisions du Conseil d'orientation des retraites confirment la nécessité d'engager une nouvelle réforme pour équilibrer les comptes, dont le déficit dépasserait 20 milliards d'euros en 2017. Nicolas Sarkozy et son gouvernement avaient promis que la réforme des retraites de 2010, qui a relevé de deux ans l'âge légal de la retraites, à 62 ans, suffirait à équilibrer les comptes. 


    La réforme des retraites sera un des principaux sujets d'une nouvelle rencontre de la conférence sociale, en juillet, qui se penchera également sur le financement de la protection sociale au sens large. 

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/01/28/97002-20130128FILWWW00409-retraite-vallaud-repond-a-rocar

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  • Le Medef et Cahuzac d’accord pour dynamiter les retraites

    Le Medef et Cahuzac d’accord pour dynamiter les retraites

    Le gouvernement semble déterminé à bousculer les uns après les autres tous les grands acquis sociaux. Dès que le patronat formule un souhait, il cherche à l'accomplir. On aurait pu penser qu’après le « choc de compétitivité » décidé sous la pression des milieux patronaux, qu'après la réforme du marché du travail, qui vient d’être conclue à la demande de François Hollande, l’Élysée et Bercy laisseraient l’opinion un peu souffler. Eh bien non ! De nouvelles tractations ont repris, toujours sous la pression du patronat, pour mettre en œuvre une réforme explosive, puisque son but est de casser le mode actuel d'indexation des retraites, pour faire baisser leur pouvoir d’achat.

    De fait, le gouvernement n’en finit pas d’annoncer des réformes socialement discutables, tantôt sur la pression de Bruxelles, tantôt sur la pression des milieux patronaux. Dès l’alternance, il y a eu ainsi la mise en œuvre d’une politique d’austérité budgétaire et salariale, avec à la clef des coupes claires dans les dépenses de l’État, et le refus de tout « coup de pouce » en faveur du Smic, mis à part l’aumône consentie au 1er juillet 2012 de +20 centimes d'euro par jour.

    Dans la foulée, le gouvernement a aussi choisi de ne pas mettre en œuvre la « révolution fiscale » pourtant consignée dans les 60 engagements de François Hollande et qui devait prendre la forme d’une fusion de l’impôt sur le revenu et de la Contribution sociale généralisée (CSG). Et en plus de cela, il a fait le cadeau aux très grandes fortunes de plafonner les « niches fiscales », mais sans intégrer dans le dispositif les deux niches les plus scandaleuses, celle qui porte sur les investissements dans les DOM-TOM et qui a donné lieu à des dérives invraisemblables, et celle, plus petite mais encore plus sulfureuse, qui concerne le cinéma, via le dispositif des Sofica.

    Mais c’est surtout en faveur des entreprises et de leurs dirigeants que le gouvernement a multiplié les réformes les plus discutables et les plus inégalitaires. Il a d’abord suffi que quelques grands patrons, s’auto-qualifiant de « pigeons » (mais étant pour certains d’entre eux de vrais évadés fiscaux), froncent des sourcils pour que le gouvernement s’empresse de remettre en cause son projet de taxation plus équitable des plus-values de cession.

    Puis, il y a eu la mise en œuvre du « choc de compétitivité » demandé par le patronat, au terme duquel le gouvernement va apporter 20 milliards d’euros aux entreprises sous forme de crédit d’impôt, sans la moindre contrepartie. Autrement dit, l’effet d’aubaine va jouer à plein : certains grands groupes, notamment ceux du CAC 40, pourront en jouer pour gonfler leurs dividendes. Et ce sont les Français qui en feront doublement les frais. D’abord au travers d’un durcissement des économies budgétaires. Ensuite au travers d’un relèvement de la TVA – que François Hollande avait fait grief à Nicolas Sarkozy de vouloir mettre en œuvre.

    Dynamitage du droit du licenciement

    Et puis, pour finir, il y a donc eu l’initiative de François Hollande qui a poussé les partenaires sociaux à engager un accord de flexisécurité, qui s’avère, sans grande surprise, être un accord de dupes : si le Medef a accepté quelques modestes concessions, en prenant soin que son financement repose en partie sur les salariés, il a obtenu, en retour, un véritable dynamitage du droit du licenciement. Ce qui va conduire à une accélération des plans de réduction des effectifs, comme viennent le confirmer les 7 500 suppressions de postes annoncées par Renault – entreprise dont le principal actionnaire est encore l’État.

    Bref, cela a été depuis l’alternance une rafale sans fin de mesures socialement douloureuses ou inéquitables. À croire qu’il n’y a pas eu d’élection présidentielle ; que la même politique économique et sociale se poursuit, celle impulsée jusque-là par Nicolas Sarkozy. Voilà maintenant que les tractations se portent sur les retraites. Le Medef a en effet décidé de faire de la surenchère – pourquoi s’en priverait-il ? – en proposant de casser le système d’indexation des retraites. Et le ministre du budget, Jérôme Cahuzac – que l’Élysée a visiblement décidé de protéger – a fait comprendre que le gouvernement accueillait cette idée avec intérêt.

    Pour comprendre ce qui se dessine, il faut d’abord avoir à l’esprit le mode actuel d’indexation des retraites. Jusqu’en 1993, le mode d’indexation des retraites de base était plutôt favorable, puisqu’il suivait l’évolution des salaires. Puis, cette année-là, Édouard Balladur a pris, en plein été, une première réforme dont l’une des mesures – à l’époque très contestée par la gauche – a consisté à prendre pour référence de l’indexation pour les retraites du privé non plus l’évolution des salaires mais celle des prix (hors tabac). À l’époque, les socialistes ont déploré que les retraités y perdent beaucoup en pouvoir d’achat.

    Puis, en 2003, François Fillon a prolongé cette réforme, en décidant que ce mode d’indexation s’appliquerait aussi à la fonction publique. Ce que les socialistes ont toujours à l’époque vivement dénoncé.

    Quant aux régimes de retraite complémentaire, le mode d’indexation suit également les prix (hors tabac), mais chaque année le mode de gouvernance de ces régimes impose que le choix final de la revalorisation soit entériné au terme d’une concertation entre les partenaires sociaux.

    Le Medef veut maintenant inverser la mécanique habituelle. Il a voulu brusquer les choses, en proposant de mettre en chantier un véritable plan d’austérité pour les régimes de retraite complémentaire. Et il pense sans doute que cela fera jurisprudence pour le régime de base.

    Cinq ans d'austérité

    C’est à l’occasion d’une troisième réunion de négociations entre les partenaires sociaux, mardi 15 janvier, que le Medef a abattu ses cartes. Voici ces propositions telles que les résume la CGT sur son site Internet :

    « Le plus important est que ce projet reste dans une veine très régressive avec en particulier : • Évolution des pensions pour 2013 au niveau de l’inflation moins 1,5 point, puis de 2014 à 2017 au niveau de l’inflation moins 1 point.  • Une baisse du taux de réversion de 60 à 56 % dès le 1er janvier 2014 et un âge minimum qui passerait de 55 à 60 ans à l’Arrco. Le texte propose également une réduction de 30 % des droits des chômeurs. Enfin, le Medef propose dans ce même projet des dispositions pour le moyen et le long terme, alors même que ces points devaient initialement faire l’objet de débats ultérieurs, dans le prolongement de la concertation annoncée par le gouvernement sur les retraites. Inutile de développer sur la nature des mesures avancées, puisqu’elles portent principalement sur le recul de l’âge d’accès à une retraite sans abattement (de 62 à 64 ans d’ici 2027). »

    C’est donc un plan massif d’austérité que propose le Medef pour les deux grands régimes de retraite complémentaire que sont l’Agirc (pour les cadres du privé), et l’Arrco (pour les salariés). Un plan d’austérité qui durerait cinq ans, de 2013 à 2017, avec des pertes de pouvoir d’achat considérable. Dans la foulée, le Medef préconise aussi une baisse du montant des pensions de réversion qui passerait de 60 à 56 % du montant de la pension versée au conjoint.

    À cette provocation, dans une conjoncture d’effondrement du pouvoir d’achat, on serait enclin de ne pas prêter attention. Mais précisément, si le Medef a fait cette proposition, c’est qu’il savait qu’il avait une bonne chance d’être entendu. Et effectivement, le gouvernement a fait savoir que si une telle réforme voyait le jour pour les retraites complémentaires, il pourrait s’en inspirer pour les régimes de base, en soumettant cette idée à la concertation qui doit avoir lieu dans les prochains mois pour dessiner la prochaine réforme des retraites.

    C’est Jérôme Cahuzac, à l’occasion d’un entretien dans Les Échos, qui a fait comprendre quelles étaient les intentions du gouvernement. « Les partenaires sociaux devraient se mettre d'accord d'ici à mars sur une désindexation, au moins partielle, des pensions Agirc-Arrco. Le gouvernement doit-il faire de même en désindexant les retraites au 1er avril ? », lui demande le quotidien. Réponse du ministre du budget : « Un accord de ce type des partenaires sociaux sur les retraites complémentaires serait un élément d'appréciation très important. On ne pourra pas ne pas en tenir compte. Pour autant, rien n'est décidé aujourd'hui et rien ne le sera sans qu'une concertation approfondie soit menée, comme c'est du reste prévu sur ce dossier. L'accord sur l'emploi montre que cette méthode est la bonne. »

    Traduction des Échos : « Ceci signifie qu'une telle décision, si elle était prise par les partenaires sociaux, pourrait servir de modèle pour résorber une partie du problème du financement... des régimes de retraite de base. Une question qui sera abordée au printemps. »

    Malheureusement, pour le Medef et pour Jérôme Cahuzac, un compromis est pourtant loin d'être trouvé sur les retraites complémentaires. Même si la CGT est la seule centrale à refuser catégoriquement une revalorisation inférieure à l'inflation, les quatre autres confédérations n'acceptent pas le projet du Medef en l'état et demandent que si la revalorisation se situe sous l'inflation, il y ait en contrepartie une hausse des cotisations. Pour l'heure, le plan d'austérité est donc encore loin d'être ratifié. Et la seule certitude, c'est que Jérôme Cahuzac n'éprouve aucune gêne à marcher main dans la main avec le patronat.

    Même le quotidien des milieux d’affaires et de la droite le suggère : dans la détermination de la politique économique et sociale du gouvernement, c’est le Medef, pour l'essentiel, qui fixe actuellement le cap.

    http://www.mediapart.fr


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  • divers_067-copie-1.gif LA RETRAITE EN DANGER

    Le 23 janvier 2013, le  Conseil d’orientation des retraites (COR) doit remettre son rapport au Président de la République.

    Ce conseil oriente à partir de la situation financière des retraites et projette les évolutions nécessaires tenant compte de la démographie et de l’espérance de vie et de l’évolution à court, moyen et long terme de la croissance du Produit intérieur brut (PIB).

    Il projette alors des scénarios selon les évolutions de la croissance, de l’emploi et des salaires.

    A chaque fois, les gouvernements de droite ont utilisé cet organisme en prenant le scénario le plus noir pour faire admettre la réduction des droits à la retraite des salariés.

    Il semble que ce sera encore une fois cette démarche là qui sera choisie par le gouvernement Ayrault.

    Le but avoué étant de réduire le déficit constaté provenant  essentiellement de cette réduction du coût du travail qui assèche en partie les rentrées de cotisations sociales provenant des entreprises et des salariés.

    Jamais n’est avancé l’idée que c’est le coût du capital qui pèse sur les recettes en cotisation, ne serait-ce par le fait de l’abaissement des salaires et de la précarité de l’emploi et du chômage massif.

    Jusqu’à présent, les gouvernements qui se succèdent depuis 2002, ont tablé sur l’allongement de la durée de cotisation en la portant de 37ans et demi à 41,5 années pour contrebalancer le tarissement des cotisations sociales et pour couronner le tout, ils ont porté l’âge de départ à la retraite à 62 ans à taux plein pour ceux qui ont cotisé au total durant leur carrière professionnelle 164 trimestres (41,5). Pour ceux qui ne l’atteignent pas à 62 ans, cela peut courir jusque 67 ans maximum y compris pour la retraite complémentaire.

    Un article du journal patronal « Challenges » nous apprend cette semaine que le gouvernement planche actuellement sur le choix qu’il fera face au déficit que le « COR » va annoncer le 23 janvier 2013 avec de nouveaux scénarios plus ou moins sombres. Ce journal, bien informé, indique carrément ce que le gouvernement fera, je le cite : «  pour éviter la faillite du système, le gouvernement doit choisir entre allonger la durée de cotisations, faire payer davantage les actifs ou geler les pensions ».

    Ce journal poursuit sa réflexion en dévoilant ce que le Président pense, je cite à nouveau : « le président de la République a admis que l’allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d’un taux plein de 41 ans en 2012 et à 41,75 ans en 2020, est insuffisante pour maintenir l'équilibre du système de financement.

    Voilà, les dès sont jetés, il faudrait  se résoudre à de nouveaux sacrifices puisque les précédents n’ont pas suffit et ces sacrifices qui le subiront sinon que le travailleur et surtout pas le capital.

    D’ailleurs la dame Parisot du Medef, compte bien, après avoir réussi à convaincre le gouvernement de mettre en place la flexibilité du travail, à ce que le même scénario débouche concernant la retraite.

    D’ailleurs, elle ne se prive pas de pousser les feux vers des décisions drastiques et elle a demandé à ses mandants qui siègent dans les retraites complémentaires Arcoo et Agirc à être à l’avant-garde en mettant sous le nez des négociateurs syndicaux, un projet qui prévoit une évolution des pensions pour 2013 au niveau de l’inflation moins 1,5 point, puis de 2014 à 2017 au niveau de l’inflation moins 1 point. Ce qui veut dire que chaque année le pouvoir d’achat des retraités serait réduit de ces pourcentages ce qui peut faire une perte considérable si cette mesure viendrait à s’appliquer et qui, surement, deviendrait par la suite automatique par reconduction pour un temps plus long.

    Cette mesure pourrait alors s’appliquer  outre les retraites complémentaires au régime général de la Sécurité sociale.

    Cette mesure permettrait de réaliser une économie substantielle. La Fondation IFRAP a ainsi chiffrée qu’une sous-indexation (inflation moins un point) appliquée aux retraites de base (CNAV) permettrait de regagner entre 2 et 5 milliards d’euros (selon qu’on l’applique sur 2 ou 4 ans).

    A cela se rajoute la pression de Madame Parisot pour que l’âge de la retraite passe à 65 ans voir 67 ans.

    Le gouvernement par la voix de Cahuzac, semble pencher pour la solution envisagée pour les retraites complémentaires de - 1% par rapport à l’inflation chaque année.

    Ce même gouvernement, qui avait manifesté en 2010 (Sauf Hollande), ce qui augure mal d’une éventuelle négociation des dits partenaires sociaux, semble avoir déjà arrêté sa position et il lui faut seulement trouver un aval syndical que la CFDT, à nouveau, est disposée à lui apporter sur un plateau du donnant perdant comme une sorte de sado-masochisme.

    Comme on le voit, le financement des retraites est un enjeu, d’un coté il y a ceux qui préconisent de réduire le niveau des retraites actuelles et futures avec y compris un nouveau recul de l’âge de la retraite et de l’autre coté la position de la CGT de procéder à une augmentation de la cotisation salariale et entreprise et pour celle-ci en la modulant selon l’importance de l’entreprise et de la place qu’elle accorde au développement de l’emploi et des salaires.

    Ce qui se prépare est manifestement la baisse du niveau des retraites pour les retraités actuels mais aussi pour les futurs retraités que sont les actifs actuels qui, d’ailleurs, subiront une sérieuse baisse du niveau de leurs retraites futures à travers la multiplication des emplois précaires, des blocages et réductions de salaires programmés pour deux ans dans l’accord que vient de signer, sous les auspices du gouvernement, les organisations syndicales minoritaires CGC-CFTC-CFDT avec le Medef.

    Le gouvernement va proposer une concertation avec les syndicats au printemps concernant le financement de la retraite : un nouveau marché de dupe s’annonce et le patronat compte bien ramasser la mise.

    Ces manigances ont assez duré : la lutte s’impose sans attendre et il importe que rapidement les travailleurs et les retraités sortent dans les rues pour s’opposer à un nouvel accord scélérat.

    Bernard LAMIRAND


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  • Cahuzac envisage une désindexation des retraites par rapport à l'inflation

    L'Expansion.com avec AFP - publié le 15/01/2013 à 09:38

    Evoquée par la Medef dans le cadre des négociations sur le renflouement des régimes de retraites complémetaires, la désindexation, au moins partielle, des pensions de retraite pourrait aussi s'imposer dans le régime général.

    Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, estime dans une interview aux Echos parue mardi qu'une décision de désindexation des retraites complémentaires par les partenaires sociaux serait un "élément d'appréciation très important" pour le gouvernement concernant le régime général.

    REUTERS/Régis Duvignau

    Le pouvoir d'achat des retraités est sous pression. Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, estime dans une interview aux Echos parue mardi qu'une décision de désindexation des retraites complémentaires par les partenaires sociaux serait un "élément d'appréciation très important" pour le gouvernement concernant le régime général.

    Alors que les négociations patronat-syndicats sur le renflouement des régimes Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés) reprennent mardi, le Medef a en effet proposé de ne plus revaloriser les pensions à hauteur de l'inflation. Il propose une hausse limitée à la hausse des prix moins un point de pourcentage. La mesure permettrait de générer une économie de 780 millions d'euros pendant quatre ans. Mais elle pourrait aussi inspirer le régime général;

    "Un accord de ce type des partenaires sociaux sur les retraites complémentaires serait un élément d'appréciation très important. On ne pourra pas ne pas en tenir compte", estime en effet M. Cahuzac."Pour autant, rien n'est décidé aujourd'hui et rien ne le sera sans qu'une concertation approfondie soit menée, comme c'est du reste prévu sur ce dossier", dit-il.

    Le gouvernement, qui a promis de revoir cette année la réforme Sarkozy sur les retraites de novembre 2010, attend un deuxième rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) sur l'état des lieux du système français avant de lancer le chantier. Des négociations avec les syndicats sont prévues. Un premier rapport du COR, rendu en décembre, montrait que la réforme de 2010 ne permettra pas comme escompté un retour à l'équilibre du régime général des retraites.

    http://lexpansion.lexpress.fr


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  •  Le rail français au privé en 2019

    La Commission de Bruxelles, qui n'est pas élue et dont les membres sont désignés par leurs pays respectifs, accélère le processus capitaliste de la concurrence libre et non faussée. Le journal de la même matière, Les Echos, révèle qu'un texte législatif au niveau de l'Union Européenne prévoit l'accès total des sociétés de voyageurs privées sur le réseau de la SNCF. Le mauvais coup est prévu pour 2019, le temps que le capital se prépare à manger tout cru un service public français. Ainsi, le texte sortire en janvier 2013.

     

    Serait également dans le viseur de Bruxelles la gestion des gares. Et là aussi ça risque de péter. Pour que la concurrence soit loyale (dixit Bruxelles), les gares devraient être gérées par une entité indépendante, avec une possibilité pour les autres compagnies (autres que la SNCF) de s'y installer.

     

    Pour ceux qui ne le savent, le Parlement européen a voté le "un espace unique européen"  le 16 novembre 2011. 526 députés ont voté POUR  dont tous les députés français de droite, du PS et de EELV, contre 80 (dont la gauche unitaire européenne/vert nordique).

     

    Une nouvelle bataille du rail s'engage et qu'on ne compte donc pas pour l'Elysée socialiste pour en prendre la tête.

     

    Ci-dessous, une image du film La Bataille du rail, réalisé en 1945 par René Clément, sur la résistance des cheminots contre l'occupant nazi et le régime de Pétain:



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  • MAP ou RGPP: où se loge la vraie rupture ?

    Il faudra nous y faire. Sans vouloir surjouer un pessimisme de mauvais aloi, le constat est connu depuis quelques mois.

    L'Etat n'a plus d'argent. On pourra reprocher, à juste titre, moultes choses à François Hollande, comme le TSCG, Manuel Valls, ou le rapport Gallois. Mais pas le redressement des comptes publics. Après l'un des plus gros redressements fiscaux que la France des plus hauts revenus ait connu depuis une quinzaine d'années, le même gouvernement allait aussi sabrer dans quelques dépenses publiques.

    Ayrault modernise la réforme de l'Etat.

    Vous avez dit « modernise ? »
    « Dans un pays où la dépense publique représente 57 % du PIB, alors qu'elle était de 52 % en 2007 et qu'elle est, par exemple, de 51 % en Suède, nous devons, Etat, collectivités locales et organismes de protection sociale, nous poser les mêmes questions : les politiques publiques sont-elles aussi efficaces qu'elles devraient l'être ? Le rapport entre haut niveau et efficacité de la dépense publique est-il satisfaisant ? »
    Jean-Marc Ayrault

    Damned ! Cela ressemblerait à la Révision Générale des Politiques Publiques... Celle-là même que nous dénoncions récemment à propos de l'insuffisant contrôle fiscal de nos exilés et fraudeurs. Mardi 18 décembre, quelques heures avant la fin du monde annoncée pour vendredi, le premier des ministres sortait d'un comité interministériel sur la Modernisation de l'Action Publique, la MAP. 

    Plus c'est dur, moins c'est dit. 
    Par ces quelques mots, Françoise Fressoz du Monde croyait bien faire. La journaliste du Monde aimerait mieux, plus grave, plus médiatique. Il lui manque le détail des mesures d'économies. Mais elle reconnaît l'effort, la gravité, la rupture.

    « MAP ? Modernisation de l'action publique. Le mot sonne doux, à rebours de la RGPP, la révision générale des politiques publiques voulue par Nicolas Sarkozy en 2007. Et pourtant, c’est un acte violent que la gauche s’impose à elle-même.»
    Françoise Fressoz

    Finalement, la rupture était à gauche, mais laquelle ?

    Assumer qu'il fallait nettoyer, redresser, corriger une décennie mêlant gabegie droitiste au bénéfice des plus fortunés et les effets d'une crise structurelle et détestable était la plus grande rupture. François Hollande ne l'avait pas caché, c'était même la partie la plus claire de son programme jugé trop flou. Cela faisait crier, railler ou protester. Ayrault faisait du Fillon, Hollande du Sarkozy.

    L'affaire, donc, pèse pour 10 milliards d'euros d'économies sur les dépenses publiques chaque année. Evacuons rapidement une critique qui court à gauche. Il s'agirait d'austérité. C'est faux. L'austérité n'a pas frappé la France. L'austérité fait couler la Grèce, bientôt l'Espagne. Qu'il s'agisse d'invoquer des exemples étrangers pour faire peur sur le territoire national est une belle manoeuvre, mais surtout une simple caricature.

    Finalement, il fallait surtout lire, comme souvent, le document présenté par le premier ministre. 

    Simplifier ...
    Mardi, à l'issue d'un Comité interministériel pour la modernisation de l'action publique, Ayrault a présenté 5 chantiers. Le domaine est aride mais fondamental. La  « simplification » de l’administration est la première démarche. Elle s'annonce concrète voire rapide, comme la suppression immédiate de 100 commissions consultatives (il en restera... plus de 600 !). Le gouvernement promet aussi l'accélération de la dématérialisation des procédures pour faciliter l'accès des handicapés, la mise en ligne des demandes d'aides aux logement ou des inscriptions scolaires, la création de toutes sortes de portails et bases de données (offres de formations publiques, admission universitaire, recensement des jeunes, etc).

    La simplification, surtout quand elle est numérique, doit cependant s'analyser avec vigilance. Rappelons la fracture qui se développe, sous couvert de modernisme. Sociale, elle est devenue numérique. Il y a peu, un laboratoire du CNRS révélait que près de 7 milliards d'euros d'assurance sociale ne sont pas versées à leurs bénéficiaires de droit chaque année. Rappelons aussi ces 200.000 radiés mensuellement des statistiques de Pôle Emploi, pour Cessations d'inscription pour défaut d'actualisation. La déshumanisation des guichets publics est une curieuse et détestable facette de cette ode simplificatrice. Ainsi s'inquiète-t-on de lire que sera dématérialisée la procédure de rupture conventionnelle de contrat de travail... Fichtre !

    Pour partie, la mise en ligne prétendument moderne des formulaires de demandes et suivis de dossier a dramatiquement exclu celles et ceux qui manipulent difficilement ces nouveaux outils, faute d'accès ou de formation. D'ailleurs, le gouvernement a promis d'expérimenter dans deux départements (Seine-et-Marne et Loire-Atlantique) comment simplifier pour réduire le non-recours aux prestations sociales des plus précaires (cf. décision n°5).

    Pour les entreprises, la simplification est une urgence. En 2013, seront ainsi fusionnées les déclarations sociales. Et un portail unique d'aides publiques sera mis en ligne. Le gouvernement Ayrault reprend la lutte contre l'excès de normes engagée par la précédente équipe Sarkozy (cf. décisions 15 à 18).

    ... ou économiser ?
    Plus improbable, Ayrault a communiqué sur la création d'un baromètre de l'action publique. C'est du gadget de communiquants, sauf à croire que l'Etat ne disposait d'aucun outil de mesure de ses propres performances. Cette fois-ci, le baromètre sera « indépendant ». Qui veut-on rassurer ?
    « Ce baromètre (...) est, pour les citoyens-usagers, un gage d’écoute, une preuve de la volonté de l’administration de s’améliorer et un gage de transparence de l’information puisqu’il permet aux citoyens d’être informés, à échéances régulières, de l’évolution de la qualité de service sous la forme d’informations simples, lisibles et immédiatement compréhensibles. Il comprend un nombre limité d’indicateurs (...) : l’accueil, le traitement des démarches de la vie quotidienne ou d’évènements de vie jugés prioritaires par les Français et le traitement de réclamations. »

    « L’accélération de la transition numérique » est une démarche plus positive... mais plus floue. Il y a peu, à peine 10 jours, Vincent Peillon ajoutait l'équipement numérique prioritaire des écoles et collèges à sa feuille de route. A cette exception-là, le catalogue des décisions s'avère franchement moins concret et précis que celle du précédent chapitre. Deux petites pages du document Ayrault pour expliquer combien il faudra  favoriser, rationaliser, maîtriser, renforcer, développer, réaffirmer... (cf. décisions 27 à 38).

    « L'évaluation systématique et exhaustive de toutes les politiques publiques » est la quatrième partie, la plus savoureuse. Le chantier est présenté comme novateur, c'est faux. L'évaluation était aussi le grand dada des précédents gouvernements. La RGPP chère à Chirac, Villepin ou Sarkozy était déjà une évaluation. On se souvient aussi du carnet de notes des ministres, si ridicule, défini par Nicolas Sarkozy et confié à Eric Besson dans son premier ministère en mai 2007...

    Un calendrier très précis, pour l'année 2013, a été communiqué. Une première quarantaine d'actions publiques seront évaluées. Vus les intitulés, il serait malvenu, ou malhonnête, de considérer que l'objectif d'économie prime dans la démarche. Une majorité des mesures concerne notre système social: lutte contre le décrochage scolaire, gestion de l'aide juridictionnelle, scolarisation des enfants handicapés, aides financières à la formation par l'alternance, formation professionnelle des chômeurs, pilotage de l'économie solidaire, politique d'éducation prioritaire, prévention des expulsions locatives, gouvernance de la protection de l'enfance, etc.  D'autres seront davantage sujets à polémiques, comme le pilotage de la communication gouvernementale, politique d'intégration, organisation du soutien au spectacle vivant, mobilité des fonctionnaires, ou politique agricole.

    Le cinquième et dernier chantier vise les agences de l'Etat. Ces opérateurs sont plus de 1.200. La France souffre de la multiplication de ces autorités diverses et variées. Dans un rapport cet automne, l'Inspection des Finances s'était inquiétée de l'absence de rigueur budgétaire. Ces établissements seront soumis à audit et contrôle, promet Ayrault. La première analyse concernera les établissements de moins de 50 salariés (rapport pour juin, décision N°45). L'IGF se voit également confié un audit des taxes affectées à ces opérateurs (décision N°50). Le gouvernement veut aussi renforcer sa tutelle (décision n°47). L'encadrement des rémunérations de leurs dirigeants sera établi par le ministre du Budget (décision N°48).


    A suivre...

    Lire le dossier complet.

    http://sarkofrance.blogspot.fr/


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  • Cofiroute ose le péage à 1 euro du kilomètre

     

    4980093.jpg 

    Entre Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine)et Vélizy (Yvelines), l'A86 est payante. Moto et camion sont interdits de circulation. Et les tarifs dépendent de l'heure et du jour de circulation ainsi que de la possession ou non d'un abonnement. Ci-dessus : la gare de péage de Rueil-Malmaison sur l'A86 (photo Vinci)

     

    Le nouveau tarif est paru jeudi 27 décembre au journal officiel. Pour les automobilistes souhaitant se rendre de Versailles (78) à Rueil-Malmaison (92), la facture sera encore plus salée à compter du 1er janvier 2013. Le vendredi soir et les veilles de fêtes, s’ils ne sont pas abonnés, il leur sera réclamé 10 euros, soit 1 euro du kilomètre.

     

    Aucun concessionnaire d’autoroute n’avait jamais osé pratiquer un tarif aussi élevé. Cette portion à péage de l’A86 exploitée par Cofiroute (Vinci) devance ainsi, de loin, l’A65 qui relie Langon (33) à Pau (64). Sur cet axe considéré comme le plus cher de province, il faut compter 13,80 centimes d'euros du kilomètre. Ce qui d'ailleurs se traduit par une faible fréquentation.

     

    "Utiliser ou non le Duplex A86 reste la liberté de chacun. En heure de pointe, alors que le trafic est congestionné en région parisienne, il vous faudra plus de 45 mn par les voies de surface contre 10 minutes en empruntant le Duplex A86" souligne Cofiroute, le concessionnaire de cette autoroute urbaine, qui a consacré 2,2 milliards d’euros à sa construction.


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  •  ☭ SNCF, service public toujours, aide au débat

     

    http://images.wikia.com/routes/images/5/5a/Carte_1921.jpg

    Le réseau ferroviaire français en 1921

     

    Dans ce moment où la question de l'intégrité du réseau ferroviaire et les responsabilités de l'état sont posées avec force, La Canaille vous propose d'user du lien suivant pour revenir en arrière, un @rticle du 07 juin 2010 qui donne un éclairage sur les causes de la situation actuelle : (Voila pourquoi les régions sont sollicitées pour payer les retraites des cheminots. Voila pourquoi elles peuvent et doivent dire NON)

     

    C'est en s'appuyant sur cette situation que Pepy et le gouvernement qui le maintien au commande peuvent avancer dans la direction de cette balkanisation du réseau que dénonce avec force la fédération CGT des cheminots.

     

    Il est faux d'affirmer qu'il s'agit de l'héritage de la droite même si elle a pu et su le faire fructifier tant le cadeau était beau. C'est la mise en oeuvre des choix de la gauche plurielle d'alors et de ceux qui les ont revendiqués puis cautionnés.

     

    Cette rente de pouvoir local que via l'ANECR ( association nationale des élus comunistes et républicains) les élus régionaux ont alors revendiquée et imposée contre l'avis des cheminots communistes (qui sera suivi par la purge massive des sections d'entreprises pour laisser le lobby des élus garder les mains libre sur la définitions des politiques industrielles ...sans ceux qui les mettent en oeuvre. Cela a tirer le PCF là où il en est à ce jour) a permis à l'état de se désengager au nom de la régionalisation.

     

    C'est ainsi que la direction de la SNCF peut prétendre que les trains interrégionaux ne sont pas de son ressort comme décideurs mais que si les régions payaient elle examinerait comment exploiter. De plus elle se sert de l'argument des coûts pour légitimer sa politique de désertification des gares et des trains.

     

    Voila comment les fenêtres d'accès aux réseau aux tiers opérateurs ont été ouvertes et maintenant dans le cadre de la directive "cabotage" peuvent laisser espérer à ces "nouveaux entrants" de récupérer la tirelire (relisez l'article   Vous allez le voir, il ne s'agit pas, mais vraiment pas, de voeux de cheminots...sauf la fin du p@pier. voila ce qu'ils projettent)

     

    Avec ces données, Canaille le Rouge pense avoir fait preuve de civisme pour les usagers et de contribution militante pour l'action. On est toujours plus efficace quand on sait par où arrivent tous les mauvais coups.

     

    Il est évident que si le P"c"F dénonçait ce qui est rappelé ici et se désengageait de son rôle négatif dans les régions (et ce ne sont pas les cheminots "bénéficiaires" du tram train qui diront le contraire) cela clarifierait singulièrement le débat.

     

    Mais en région Centre, en Pays de loire ou en Bretagne dans la période, les gouteurs de petits fours ne semblent prendre ce chemin. Il faudra qu'ils assument on ne peut pas gérer la crise et dénoncer ses conséquences ou alors c'est qu'on est...socialiste.

     

    Le réseau voyageur après signature de la convention de mai 2011 (pour les projet 2013, c'est ici : Chirac-Juppé, Hollande-Ayrault succésseurs ) :

    http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/png/ferre-40-lignes---30-mai-2011-2.png

    Par canaille le rouge


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  • MAP vs RGPP

     
    Changer l'étiquette du même bocal n'a jamais amélioré la confiture.
    De la Révision Générale des Politiques Publiques, RGPP chère à Sarkozy pour massacrer ce qui restait des services publics après l'épisode Jospin et ce qui s'en est suivi, ne voilà-t-il pas que le gouvernement socialiste se lance dans la Modernisation de l'Action Publique... la MAP

    • Résorber la dette...
    • Diminution de la dépense publique...
    • Austérité !!!
    • Y a plus d'sous, faut faire des économie, enfin ! 

    Pas pour tout le monde ! L'argent public offert gracieusement au patronat sans contrepartie ni vérification des usages va représenter cette année un tiers de la dépense publique. Pas étonnant qu'il n'en reste plus pour la santé ou l'éducation !
    Et qu'on ne dise pas que c'est ingrat de présenter les choses de la sorte : puisque d'un bout à l'autre du quinquennat les emplois publics créés quelque part doivent l'être au moyen des suppressions infligées ailleurs, le changement ne change rien.
    Trop cuite la confiture socialiste en devient trop amère à la dégustation. Il est temps de changer de recette et de cuisinier.
    Au programme de l'euthanasie économique et sociale qui se prépare, c'est une saignée supplémentaire de plus de 10 milliards par an pendant cinq ans pour l'action publique pendant que l'alimentation du tonneau des Danaïdes du capital se poursuit. Et cette fois-ci les collectivités sont appelées à la rescousse pour resserrer les boulons. Alors qu'on ne mégote pas sur la cohérence et que le transport public soit privatisé et payant pour les scolaires là où il ne l'était pas encore...
    Alors peut-être la compréhension viendra-t-elle ?
    La présidente du MEDEF ne s'y est pas trompé en s'engouffrant une nouvelle fois dans la brêche en réclamant une renégociation des retraites avec un nouveau tour de vis à la clé !
    Pendant ce temps, avec les élections locales en ligne de mire les grands stratèges politiques du Front de Gauche la joue en sourdine, tout au plus quelques rebuffades des sénateurs et des députés... Ne va-t-il pas falloir composer avec les socialistes pour être élu ?
     

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  •  L'Elysée fait dérailler la SNCF 

    Le déraillement du train serait dû à un éboulement de pierres.

    Dans son avant-projet de loi de décentralisation, l'Etat escompte s'occuper uniquement de 9 lignes nationales voyageurs sur les 38 existantes. 21 régions françaises seraient concernées par ce désengagement. Déjà asphyxiées budgétairement, comment les régions concernées pourraient-elles en prendre totalement la gestion?

     

    Il en va carrément de l'avenir des lignes Paris-Trouville-Deauville, Paris-Evreux-Serquigny, Paris-Rouen-Le Havre, Paris-Granville, Paris-Amiens-Boulogne-sur-mer, Paris-Montargis-Nevers, Paris-Troyes-Belfort, Paris-Montluçon, Clermont-Béziers, Quimper-Nantes, La Rochelle-Bordeaux, Hendaye-Toulouse, soit 300 trains corail, intercité, teoz et luna.

     

    "On ne peut mettre des trains partout si les infrastructures et les conditions économiques ne sont pas suffisantes", dit Frédéric Cuvillier, ministre des Transports. Oui, la concurrence libre et non faussée du secteur privé, imposée par l'Europe de Bruxelles, c'est mieux. Mais alors, et le service public rendu à la nation? L'égalité entre les territoires et les usagers? Et l'activité ferroviaire publique ne contribue-t-elle pas au développement du pays?

     

    La Fédération CGT des cheminots, par la voix de son secrétaire général Gilbert Garrel, vient de prévenir le gouvernement: "Si le projet de loi est soumis à l'Assemblée nationale, la CGT engagera la mobilisation des cheminots et des usagers".

    http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com

    Alerte rouge sur 29 lignes ferroviaires

    L'Elysée fait dérailler la SNCF

    29 lignes de chemin de fer, sur lesquelles circulent 230 trains par jour desservant des centaines de villes, sont menacées par un désengagement de l’état. Dans l’avant-projet de loi de décentralisation, elles ne seraient plus considérées d’intérêt national. Lire : Ca déraille, l’éditorial de Michel Guilloux.

    L’acte trois de la décentralisation doit être un des moments forts 
de la nouvelle présidence. Le projet de loi devrait faire l’objet de derniers arbitrages entre Noël et jour de l’An, avant d’être 
soumis à la représentation nationale en février. 
Une de ses dispositions met sur de bien mauvais rails l’ambition affichée, si le débat ne prend une tout autre ampleur d’ici là parmi tous les acteurs concernés, 
élus, syndicats et citoyens. Les élus communistes 
et républicains ont tiré le signal d’alarme : les articles relatifs aux trains interrégionaux pourraient se révéler désastreux. Le « transfert » de leur gestion nationale 
à l’échelon régional concerne plus des deux tiers de leurs dessertes quotidiennes. L’État s’apprêterait ainsi à lâcher 29 des 38 lignes qui, sur tout le territoire, contribuent 
à des déplacements domicile-travail et au désenclavement de régions entières.

    Les régions ont, malgré la droite au pouvoir, contribué à une modernisation sans précédent 
des transports ferroviaires de personnes : de Champagne-Ardenne aux Pays de la Loire, de la région Paca à la Normandie, de Midi-Pyrénées à la Bretagne, souvent impulsée par des élus communistes au sein des majorités de gauche, s’appuyant sur les élus locaux, les salariés, les usagers, on peut même parler de renaissance. 
Et cela a été porteur 
de création d’emplois 
dans l’industrie ferroviaire en France même. Mais, 
là, le signal passe 
au rouge : le risque 
est grand d’inverser 
cette tendance de progrès. Le spectre d’abandon pur 
et simple de liaisons, de par l’absence d’entretien 
et d’investissement par RFF, la SNCF et l’État, 
de privatisation d’autres lignes et d’augmentation 
des tarifs s’avance ici. Au lieu de s’appuyer sur 
une réussite, le risque serait grand d’une régression. 
Le germe apparaîtrait d’une division entre régions 
là où l’État, et encore plus lorsque la gauche est 
au pouvoir, devrait être le garant de l’égalité d’accès 
au service public de transport et de traitement 
sur l’ensemble du territoire national.

    La mise en concurrence, sous couvert 
de « compétitivité » – le mot figure dans l’avant-projet de loi –, des collectivités territoriales aux niveaux « national et européen », serait ainsi posée sur les rails. 
Ce qui, depuis les années 2000, sous les lambris 
de certains ministères jusqu’à l’échelon de la Commission européenne, a été le seul et unique credo : la privatisation tous azimuts et le dépeçage des politiques publiques. 
Bref, ce contre quoi de nombreux élus, les collectivités qu’ils représentent, et les syndicats de cheminots 
se battent depuis autant de temps.

    La démonstration a été faite sur le terrain qu’une logique publique de développement 
était facteur de progrès économique et social, à condition que la coopération aille de pair avec l’initiative. 
En matière de transports ferroviaires de personnes comme des rôles respectifs des communes, intercommunalités, départements, régions et nation, 
la loi en gestation devrait porter cette ambition. 
Le droit d’alerte lancé par ces élus ne devrait pas laisser indifférents nombre de leurs homologues ni les cheminots porteurs eux-mêmes de cet esprit, ni les citoyens 
et leurs partis et associations prêts à relever le défi 
de la modernité et du développement. Il se trouvera 
des relais pour faire entendre leur voix au Parlement 
dans l’orientation à retenir. Il faudra bien les entendre.

    Le spectre d’abandon 
de liaisons, 
de privatisation d’autres lignes 
et d’augmentation des tarifs s’avance ici.

     

    Info l'Humanité: les 29 grandes lignes de train que l'Etat veut laisser tomber

    L'Etat s'apprête à abandonner 29 lignes de trains utilisées par les Corail intercités, Téoz et Lunéa, aux Régions asphyxiées budgétairement et qui ne pourront pas faire face à ces nouveaux coûts. 300 trains de jour desservant 367 villes dans 21 régions sont en jeu.

    A voir dans l'Humanité de ce jeudi:

    • la nouvelle carte des lignes dédiées aux trains dits d'équilibre du territoire que l'Etat voudrait conserver:

    --> Avant le projet de loi de décentralisation

    --> Après l'adoption de ce projet de loi

    Pour Gilbert Garrel, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, les mesures évoquées par l’avant-projet de loi léseraient collectivités locales, usagers et cheminots.

    "Le désengagement 
de l’État avec le transfert de 
la charge aux régions, déjà soumises 
à des contraintes budgétaires, 
fait peser un risque de rupture dans l’égalité de traitement des usagers 
sur le territoire. Certaines lignes 
de trains d’équilibre du territoire 
ne pourront plus être assurées 
et devront être transformées en ligne de bus, ce qui pose problème 
à la fois pour les usagers et d’un point de vue écologique. Les régions riches pourront mettre en place 
une tarification sociale, les autres devront augmenter les tarifs. 
Cet avant-projet de loi permet aussi aux régions de passer des conventions avec des entreprises de fret privé, 
c’est la porte ouverte à une plus 
grande privatisation, en se servant 
de l’argent public...


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  • Budget : le gouvernement lance la « Map », une « RGPP socialiste »

    Le gouvernement lance mardi 18 décembre son programme de Modernisation de l’action publique (Map), en lieu et place de la RGPP. Les objectifs sont inchangés.

    Il s’agit officiellement d’une nouvelle « méthode » au service des mêmes objectifs. Le comité interministériel qui se réunit ce mardi à Matignon pour élaborer sa politique de Modernisation de l’action publique (MAP) doit poursuivre « rapprocher l’administration des citoyens et simplifier les démarches ».

    Sur le fond, ce nouveau programme interministériel co-piloté par Matignon et le ministère de la Réforme de l’État vise surtout à faire des économies dans les dépenses publiques. Un remake du plan de Révision générale des politiques publiques (RGPP), qui a siphonné les dépenses publiques sous Sarkozy.

    Le gouvernement a pris ses distances avec la politique de son prédécesseur et le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux qui a coûté environ 65 000 postes de fonctionnaire, selon un récent rapport très critique des trois inspections générales (administration, finances et affaires sociales). Mais le pouvoir socialiste se place d’entrée dans un « cadre budgétaire contraint ».

    Contenir les dépenses publiques

    50 milliards d’euros doivent être trouvés en cinq ans, selon l’engagement de François Hollande, auxquels s’ajoutent 10 milliards en 2014-2015 pour financer les baisses d’impôt aux entreprises pour la compétitivité, annoncé début novembre (lire sur Politis.fr). Des crédits devront aussi être redéployés d’un ministère à l’autre pour le financement des priorités du quinquennat socialiste : l’école, la justice, le contrat de génération, le coup de pouce au RSA, etc. : « Il est hors de question que des dépenses nouvelles ne soient pas gagées par des économies. Elles le sont toutes », assurait le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, dans le Journal du Dimanche.

    Le gouvernement se fixe donc le cap d’une augmentation annuelle des dépenses publiques de 0,5 % par an, au lieu des 0,7 % annoncés jusque-là (et 1,1 % pendant la campagne présidentielle).

    Logement, retraites, formation professionnelle au programme

    Parmi les 40 secteurs à passer au peigne fin en 2013, figurent dès janvier les quelques 6 000 dispositifs d’aides directes aux entreprises, la politique d’aide au logement, les aides agricoles, les niches fiscales d’Outre-mer, la politique familiale, le pilotage de l’allocation adulte handicapé, la vie étudiante. Viendront en avril et en juillet les zones d’éducation prioritaire, le spectacle vivant, la sécurité routière et la formation professionnelle. Matignon compte aussi sur « l’administration numérique » et la « simplification » des démarches administratives pour dégager des économies budgétaires.

    La « rationalisation » touchera également les quelques 556 « opérateurs de l’État » (universités, Météo France, etc.) qui représentent 435 000 emplois et 50 milliards d’euros annuels. Quant aux retraites, « on ne peut pas imaginer de ne pas y faire d’économies quand on voit la dépense qu’elles représentent », indique une source gouvernementale citée par l’AFP. Une réforme est prévue pour 2013.

    Si les socialistes insistent sur la nécessité de mener cette politique dans le « dialogue », ils devront aller vite. En plus des 10 milliards d’euros d’économies prévus pour 2014, Bercy recherche, selon la même source gouvernementale, 8 à 9 milliards d’euros supplémentaires ainsi que 7 milliards pour 2015.

    http://www.politis.fr

    LA POLITIQUE DE L’EAU DANS LE VISEUR DE LA RÉFORME DES POLITIQUES PUBLIQUES 

    PAR MARC LAIMÉ, 18 DÉCEMBRE 2012

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    La politique de l’eau figure au rang des réformes prioritaires qui vont être engagées par l’état dès le printemps 2013, dans le cadre de la « Modernisation de l’action publique » (MAP), qui a succédé à la RGPP. Sur fond de contrainte budgétaire, qui se révèle de semaine en semaine de plus en plus drastique, la réforme de la politique de l’eau va profondément modifier tout l’édifice hérité des lois sur l’eau de 1964, 1992 et 2006. Plusieurs scénarios sont à l’étude, les débats s’annoncent violents, mais les contraintes sont telles qu’il n’est plus possible de tergiverser.
     

    Le Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, présidait le mardi 18 décembre à Matignon un séminaire ministériel signant le lancement de la modernisation de l’action publique (Map), qui se substitue à la RGPP (Révision générale des politiques publiques) menée sous la présidence de M. Nicolas Sarkozy.

     

    La MAP récuse d’emblée l’obsession comptable de la RGPP, qui reposait pour l’essentiel sur le non remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique d’Etat, et avait été mise en œuvre par des « pools » alliant directions centrales des ministères et grands cabinets d’audit, majoritairement anglo-saxons, le tout pour un coût de 144 millions d’euros…

     

    Désormais les collectivités locales et la sécurité sociale seront aussi concernées par l’exercice, que l’Etat veut mener dans la concertation.

     

    L’amélioration générale des services publics, objectif annoncé, passera aussi par une accélération de la simplification des démarches administratives et de l’administration numérique.

     

    Mais l’objectif sous-jacent de la Map est aussi de trouver les moyens de réduire le train de vie de l’Etat privilégiée pour parvenir à équilibrer les finances publiques d’ici la fin du quinquennat.

     

    Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, M. Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, soulignait « qu’il est hors de question que des dépenses nouvelles ne soient pas gagées par des économies. Elles le sont toutes. Que personne n’en doute".

     

    Ajoutant que l’ambition du gouvernement était de mener des "réformes d’une ampleur comparable à celles menées au Canada dans les années 2000 et en Suède dans les années 1990", deux pays qui ont réussi des redressements spectaculaires de leurs finances publiques.

     

    Le processus reposera sur une évaluation de l’ensemble des politiques publiques qui sera lancée début 2013.

     

    Avec plusieurs priorités : les aides aux entreprises, qui relèvent de quelque 6000 dispositifs répartis entre l’Etat et les collectivités locales, la politique du logement, la politique familiale ou celle de l’eau, les coûteuses niches fiscales de l’Outre-mer ou les aides agricoles.

     

    De premières décisions pourraient être annoncées à l’occasion du programme de stabilité que le gouvernement enverra à la Commission européenne au début du printemps.

     

    La démarche devra permettre, in fine, « de dégager des propositions de simplification, une plus grande cohérence de l’action des différents acteurs et une amélioration significative de l’efficience de l’action publique, indispensable pour tenir nos engagements budgétaires […], indique un document de travail du gouvernement, cité par Les Echos. Seule une démarche de cette nature permettra de concilier les exigences de notre trajectoire financière et le maintien de notre modèle de services publics ».

    Pourquoi la politique de l’eau ?

    Tous les voyants sont au rouge.

     

    La France ne respectera pas l’objectif de reconquête de la qualité des eaux, assigné par la DCE, au fameux horizon 2015, qui s’est vite évanoui vers 2021 puis 2027…

     

    La France court un risque sérieux de condamnation dans le contentieux nitrates.

     

    D’autres sont à venir.

     

    L’actuel financement des politiques publiques de l’eau a vécu. Longtemps orienté vers le « petit cycle de l’eau », il doit désormais prendre en compte le « grand cycle de l’eau ».

     

    Ici les enjeux sont colossaux, et ne sont pas financés, sauf à multiplier la facture d’eau de l’usager domestique par deux ou par trois à l’horizon des dix prochaines années…

     

    Il va falloir, tout à la fois, combattre les pollutions diffuses d’origine agricole, protéger les captages d’eau potable, une ambition assignée par le Grenelle, aujourd’hui au point mort.

     

    Poursuivre les efforts dans l’assainissement collectif, trouver une issue à l’actuel cauchemar de l’assainissement individuel, investir massivement dans le pluvial, et dans la mise en conformité des réseaux.

     

    Investir massivement dans le renouvellement des réseaux, aujourd’hui largement insuffisant, protéger les zones humides, prévenir les effets du changement climatique, les inondations, réparer 50 000 digues laissées à l’abandon, anticiper les risques émergents pour la santé en prévenant l’action de polluants aujourd’hui ignorés, etc, etc.

     

    On pourrait poursuivre sous forme d’interminable litanie.

     

    C’est maintenant que le piège va se refermer.

     

    Depuis dix ans l’oligarchie de l’eau nous clame que tout va bien dans le monde merveilleux de l’Ecole française de l’eau.

     

    Mensonge éhonté. La politique de l’eau n’a cessé de partir à vau l’eau, affermée aux intérêts des lobbies qui la cadenassent pour leur plus grand profit.

     

    Déjà, en 2010, les rapports de la Cour des Comptes et du Conseil d’état faisaient figure de signal d’alarme.

    Depuis, le scandale de l’ONEMA est venu éclairer la faillite organisée de tout un système.

     

    Le réveil va être sanglant.

     

    Les Agences vont souffrir.

     

    Deux lignes contradictoires vont se combattre.

     

    Le « tout interco » face au « tout EPTB ».

     

    Comme tout devra aller très vite, qu’aucune concertation n’aura lieu puisque les projets de réforme antagoniques sont déjà prêts, les projets de loi rédigés, on s’achemine tout droit vers une guerre de tranchées, avec, à l’Assemblée et au Sénat, la droite en embuscade, et à l’arrivée un risque de confusion encore accrue.

     

    Or l’occasion ne se représentera pas deux fois.

     

    C’est maintenant ou jamais.

     

    Ce n’est pas gagné.

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     http://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/

     
     

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  • Service public

    Quand la CAF devient une machine à broyer usagers et salariés

    Par Linda Maziz (26 novembre 2012)

    Partout en France, l’accueil des usagers des caisses d’allocations familiales (CAF) est aussi déplorable que les conditions de travail de ses agents. Politique du chiffre, réductions d’effectifs, impuissance face à l’augmentation de la pauvreté, les salariés se sentent dépossédés du sens même de leur travail. Le malaise et la souffrance se répandent, des deux côtés du guichet.

    Une file d’attente, des vigiles en guise de comité d’accueil. « Ça devient vraiment n’importe quoi », lâche une femme en arrivant ce 19 novembre devant la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) du 13e arrondissement de Paris. Devant elle, une soixantaine de personnes piétinent sur le trottoir. Découragés d’avance, certains font demi-tour. « Je suis venue ce matin à l’ouverture, c’était pareil, soupire une allocataire venue retenter sa chance pendant sa pause déjeuner. Encore foutu, il faut que je retourne bosser ». La semaine dernière, elle avait trouvé porte close. « Ils ont fermé une semaine, sans prévenir. Comment fait-on dans ce cas-là pour faire nos démarches ? » Par téléphone, c’est payant, et ils sont injoignables, expliquent les allocataires. « Et puis sur Internet le service est très limité. A part télécharger un justificatif de base, vous n’avez accès à rien. »

    « Si on est là, ce n’est pas par plaisir, c’est parce qu’on y est obligé », soupire un jeune homme. Il n’a plus touché d’allocations logement depuis son déménagement. « Ça fait six mois, je ne m’en sors plus. » Une autre brandit deux courriers, adressés le même jour. « Dans l’un, ils me disent que je leur dois 800 euros, dans l’autre qu’ils m’en doivent 500... » Quant à sa voisine, elle s’est vu suspendre le versement de ses allocations, alors que sa situation n’a pas changé depuis deux ans. Dans la queue, la tension est palpable. Ici, deux hommes s’accrochent pour une histoire de cigarettes, là, des bébés pleurent. Une femme perd l’équilibre, déstabilisée par un coup de poussette involontaire. Les gens soupirent, regardent l’heure. Il y a aussi une femme enceinte et des personnes âgées qui, vu l’ambiance, n’ont pas osé faire état de leur droit d’accès prioritaire.

    Remplir un formulaire à quatre pattes sur le trottoir

    Des cris poussés devant la porte viennent ajouter encore au malaise. « Vous n’avez pas le droit de nous traiter comme des chiens », s’emporte une retraitée. A l’origine de l’altercation, le refus de l’agent de la CAF de la laisser entrer, même pour remplir un formulaire. « Il faut bien que je m’assois pour écrire ! Vous voulez que je me mette à quatre pattes sur le trottoir ? » L’agent se montre intransigeant. « Il y a 200 personnes à l’intérieur. C’est la capacité maximale. Pour des raisons de sécurité, on ne peut pas faire entrer davantage de monde. » Un rebord de fenêtre fera finalement l’affaire, mais, prévient la dame, ils auront de ses nouvelles. « C’est normal qu’on pète les plombs, soit vous êtes fermés, soit vous êtes débordés, plaide un homme, pour sa défense. On est tous en train de devenir fous. »

    Le calvaire ne s’arrête pas là. Une fois entré, il faut refaire la queue pour accéder aux guichets. « C’est comme ça depuis 8h30. En temps normal, on reçoit mille personnes par jour, aujourd’hui ce sera au moins le double », estime l’agent, qui s’est vu confier la tâche ingrate de réguler les entrées au compte-goutte. « Les gens sont énervés, mais il faut se mettre à leur place. » Bien qu’en première ligne pour essuyer les mécontentements, il ne se considère pas comme le plus mal loti. « Je plains surtout les techniciens au guichet. Comment voulez-vous qu’ils fassent bien leur boulot ? »

    163 000 dossiers en souffrance dans le Nord

    Loin d’être exceptionnelle, cette situation n’est que la déclinaison locale d’un problème d’ampleur nationale. Sur tout le territoire, les fermetures des CAF au public sont devenus monnaie courante pour tenter de rattraper les retards. Dans les tiroirs des agents croupissent des documents parfois vieux de plusieurs mois. A Paris, près de 200 000 lettres, dossiers et documents seraient en attente de traitement selon une source syndicale. Les centres de gestion sont forcés de baisser régulièrement leur rideau.

    Même scénario dans l’Aude, où l’accueil est fermé une semaine par mois. Dans les Bouches-du-Rhône, où le retard avoisine les 76 000 courriers. Ou encore dans les Yvelines ou dans la Vienne, où l’accueil est suspendu un jour par semaine. Avec 163 000 dossiers en souffrance, les huit antennes du Nord étaient inaccessibles au public du 19 au 23 novembre. En temps normal, ce sont 3 000 personnes qui fréquentent quotidiennement les accueils. Radicales, ces mesures n’en demeurent pas moins insuffisantes. Dans ce département, la précédente mise en sommeil de la CAF pendant dix jours n’avait permis de traiter que 52 000 dossiers, soit un tiers du stock accumulé.

    Réduction des coûts et externalisations

    Crise oblige, la demande sociale explose. Dans le Nord, les caisses enregistrent une hausse de 10 % de leur charge de travail. Même tendance au niveau national, où le nombre de pièces à traiter par les CAF a augmenté de 15,5 % entre 2008 et 2011 [1]. Les caisses ne sont pas armées pour faire face à cette augmentation d’activité. C’est même plutôt l’inverse. Soumises, comme tout service public, à la règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, elles accusent la suppression d’un millier de postes sur trois ans. « Il y a une inadéquation totale entre la charge de travail et les moyens mis en regard. On ne peut plus répondre aux besoins », observe Isabelle Lerat, secrétaire générale CGT des personnels de la CAF du Nord.

    « Les CAF sont les grandes oubliées à un moment où elles se retrouvent en première ligne face aux effets de la crise », souligne Mohamed Lounas, responsable à la CGT. Pour « faire plus avec moins », le fonctionnement des CAF a dû s’inscrire dans une logique de productivité et de rentabilité. « Dans une optique de réduction des coûts, on n’entend plus parler que d’externalisation, de départementalisation, de mutualisation et de tout un tas de méthode qui nous permettrait soi-disant d’arriver à une "efficience des services". Mais sur le terrain, on ne voit que les dysfonctionnements », poursuit Isabelle Lerat.

    Le service public, qui se veut de proximité, est en déliquescence. « Dans le Var, dix permanences d’accueil ont été fermées, contraignant les allocataires à des déplacements longs et coûteux », indique Frédéric Cotrone, élu au Comité d’entreprise et délégué syndical CGT de la CAF du Var. Dans les Alpes-Maritimes, le Vaucluse ou encore les Bouches-du-Rhône, les syndicats conduisent depuis plusieurs mois un mouvement social pour tenter de stopper l’hémorragie. « Les fermetures des accueils se banalisent, ce qui dans des territoires économiquement et socialement sinistrés est une véritable catastrophe », insiste Mohamed Lounas.

    « On gère des humains, pas des boîtes de conserve ! »

    Dans le cahier des charges des CAF, « l’efficience du service » passe aussi par la politique du chiffre. Les Caisses sont légalement obligées de respecter des délais dans le traitement des dossiers et l’accueil du public, via une Convention d’objectif et d’orientation (COG) signée avec l’État. Ainsi, la COG 2009-2012 impose, par exemple, que l’accueil des allocataires dans les agences n’excèdent pas 20 minutes, et que les demandes de minima sociaux soient traitées en moins de 15 jours. Des injonctions louables sur le papier, mais qui s’avèrent dans les conditions actuelles totalement intenables.

    Aux fermetures ponctuelles, s’ajoute un recours massif aux contrats précaires et aux heures supplémentaires. A tous les niveaux, le personnel est soumis à une pression du chiffre et du rendement, parfois poussée jusqu’à l’absurde. « On nous impose un rythme de travail totalement incompatible avec l’aspect social de nos missions. On gère de l’humain, pas des boîtes de conserve ! Pourtant, on nous fait bosser à la chaîne, comme à l’usine », s’indigne une technicienne de la CAF de Lille. La performance des salariés ne se mesure plus qu’au chronomètre, quitte à devoir bâcler pour satisfaire aux exigences de productivité.

    Des erreurs qui s’élèvent à 1,6 milliard d’euros

    « Mieux vaut régler un appel en deux minutes sans apporter de réponse, en obligeant l’allocataire à se déplacer en agence ou à faire un courrier, que de prendre le temps de répondre », témoigne un conseiller de la plateforme téléphonique du Nord. « A l’accueil, on va considérer comme un bon point le fait de renseigner les allocataires en moins de 7 minutes. Mais c’est désolant, c’est le signe qu’au guichet, les salariés sont dans l’obligation de mal travailler », remarque Patrick Grèze, représentant CGT des caisses de la sécurité sociale de l’Aude.

    « Avant, on avait le souci de bien ficeler les dossiers, avec une vraie conscience du travail social et de la qualité du service rendu, aujourd’hui on fait de l’abattage », se désole une agent de la CAF des Pyrénées Orientales, en poste depuis 20 ans. « Ils ont fait le choix de la quantité au mépris de la qualité du service, confirme un salarié de la CAF de Paris. L’essentiel, c’est d’augmenter les cadences pour continuer à tenir des objectifs devenus inaccessibles. Et tant pis si ça génère des erreurs. »

    Mal travail et perte de sens

    En juin 2012, la Cour des comptes a refusé de certifier les comptes de la CAF, chiffrant à 1,6 milliard d’euros le montant des erreurs dans les versements. Dans 17 % des cas, les agents sont jugés fautifs. « La Cour des comptes ne travaille pas dans les mêmes conditions que les agents, s’agace Jean-Louis Deroussen (CFDT), président du conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF). Le problème, c’est qu’on a complexifié les règles de calcul des droits au point de rendre le risque d’erreurs trop important. Ça pénalise l’agent qui a dû travailler trop vite pour remettre un dossier qui n’est pas abouti, et à l’autre bout de la chaîne, l’allocataire, bien sûr, qui est obligé de rembourser, de téléphoner ou d’écrire pour régulariser sa situation. »

    Contraints de mal travailler, dépossédés du sens social de leur mission, les personnels souffrent de ne plus se reconnaître dans les valeurs de l’organisme. Une employée de la CAF du Nord se souvient de la gratification que pouvait apporter « une campagne d’appels sortants, où on contactait les gens qui ne bénéficiaient pas de l’intégralité des prestations auxquelles ils avaient droit. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le même état d’esprit, on lutte contre la fraude... » Le cadre de la CAF de Paris se rappelle lui aussi avec amertume de l’époque où les agents avaient le temps et les moyens d’aller « au-devant des besoins de l’allocataire ». Une période révolue. Pas étonnant que dans L’Envers de la fraude (aux éditions La Découverte), un collectif de chercheurs vienne de mettre en évidence que chaque année, 5,3 milliards d’euros de RSA et 4,7 milliards d’euros de prestations familiales et de logement ne sont pas versés à leurs destinataires. Cette stratégie vise-t-elle, sans l’avouer, à décourager les gens de faire valoir leurs droits ?

    Un allocataire s’immole par le feu

    Avec le retard dans le traitement des dossiers et la multiplication des erreurs, le mécontentement s’exprime de plus en plus souvent au guichet. « Les incivilités et les agressions se multiplient. La police est régulièrement appelée, des plaintes sont déposées. Dans les agences de Paris, les effectifs des agents de sécurité ont doublé, c’est un signe », note un cadre du département. « Le plus difficile à gérer, ce sont les appels d’allocataires en détresse, en très nette augmentation, estime le conseiller téléphonique de la CAF du Nord. Ce sont des situations bouleversantes, mais quand on n’a pas de solutions, il faut vite enchaîner avec la personne suivante ».

    Même ressenti et même aveu d’impuissance du côté du personnel d’accueil. « Faut voir comme les gens sont malheureux et dépendants de leurs allocations. Quand vous n’avez que les ressources de la CAF pour survivre, une irrégularité dans le paiement peut avoir des conséquences catastrophiques », souligne Nicole Gennatiempo (CGT), à la CAF des Bouches-du Rhône. Ce n’est pas le drame survenu en août dernier qui va la contredire. Privé de son RSA depuis mai, un homme de 51 ans, à qui on réclamait pour la quatrième fois des pièces justificatives complémentaires, s’est immolé par le feu à l’accueil de la CAF de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines.

    « Je me surprends à ne plus rien ressentir »

    « Parfois, quand je rentre le soir chez moi, je repense à ma journée, à la détresse des gens, à leur misère et je me surprends à ne plus rien ressentir. J’ai l’impression de devenir une machine », confie un employé de la CAF de Lille. « La souffrance est là, mais elle est très difficile à exprimer. Les agents encaissent en silence, parce qu’ils ont conscience qu’au bout, c’est l’allocataire qui risque d’être pénalisé », observe Isabelle Lerat.

    Aux dires des syndicats, les arrêts maladie et les dépressions se multiplient. Selon FO, l’absentéisme concernerait 15 % des personnels d’accueil cette année, contre 3 % pour l’ensemble du personnel. Dans l’Aude, une lettre anonyme envoyée fin octobre à la presse locale dénonce la dégradation des conditions de travail et le mal-être qui en découle. La conclusion est sans appel. « Si, dans les mois qui viennent, un membre du personnel se suicide, vous penserez à ce courrier. »

    2 000 suppressions de postes envisagées

    Partout en France, les CAF sont « au bord de l’explosion », résument les fédérations CGT, FO, CFE/CGC dans le communiqué appelant à la grève du 22 novembre, suivie par un quart du personnel. Venus manifester à Marseille, plus d’une centaine de grévistes ont envahi le palais des Congrès où s’étaient rassemblés les dirigeants des CAF pour aborder les futures orientations de la convention d’objectifs et de gestion (COG), qui doit préfigurer l’avenir de l’organisme jusqu’en 2016.

    Les syndicats ont toutes les raisons de penser que la prochaine feuille de route va les envoyer dans le mur. Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS ), encore confidentiel, indique qu’une nouvelle réduction de 2 000 postes serait envisagée sur les quatre prochaines années. « On ne peut pas supprimer de nouveaux emplois sans mettre en péril le service des CAF. Le traitement des dossiers et le paiement des minimas sociaux dans les délais ne sera plus possible. On est à la limite de la rupture. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités », avertit Jean-Louis Deroussen, le président de la CNAF.

    « Il est où le changement ? »

    Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la Famille, a proposé aux dirigeants des CAF de puiser dans les emplois d’avenir (CDD de trois ans maximum destinés aux jeunes peu ou pas qualifiés) pour pallier les manques d’effectifs. Pas vraiment du goût des syndicats qui y voient « un cautère sur une jambe de bois ». « Ce n’est pas de ça dont les caisses ont besoin , souligne un cadre. Les techniciens conseils se recrutent aujourd’hui à Bac+2 et il faut compter au moins deux ans pour qu’ils soient véritablement opérationnels. » Pour les syndicats, recourir ainsi aux contrats aidés, c’est « scier la branche sur laquelle on est assis. On est encore sur des exonérations de cotisations sociales, donc toujours moins de moyens pour la sécurité sociale et pour les CAF. » Le gouvernement semble n’avoir pas entendu les appels au secours. Les syndicats envisagent de durcir leur mouvement pour faire entendre la voix des salariés avant la signature de la prochaine COG, prévue d’ici mars 2013.

    Dans les files d’attente, les allocataires n’ont aucun mal à désigner le responsable des dysfonctionnements des Caisses. « Tout ça c’est de la faute de l’État. Les politiques, ils sont tous pareils. Regardez-nous ! On n’a plus de boulot, on n’arrive plus à nourrir nos familles. Il est où le changement ? On file des milliards aux banques, aux entreprises, et pour les pauvres, rien du tout, on nous laisse dans la misère », s’énerve une femme. Et son voisin de prévenir. « S’il continue comme ça, un jour où l’autre, il va y avoir une révolution. Il faut qu’il fasse attention. » Un accident est si vite arrivé lorsqu’on casse un amortisseur social.

    Linda Maziz

    Notes

    [1] Et déjà de 5,2 %, entre 2011 et 2012, sur les huit premiers mois de l’année.

    http://www.bastamag.net/article2795.html


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  •  Ce n'est pas que le RER qui est en panne mais la société et son système de fonctionement.

    http://www.lepoint.fr/images/2012/03/05/rer-paris-perturbation-transport-ile-de-france-521696-jpg_355709.JPG

     

    A propos d'une panne.

     

    La panne technique de cette semaine à la SNCF, au-delà de la mise en évidence de situations que ne cessent de dénoncer les cheminots devrait conduire toutes les parties prenantes à l'amélioration des conditions de vie et de travail à pousser un peu plus loin leur réflexion, chacune dans ses domaines de compétence... et rassemblées pour travailler à une issue.

     

    Cela leur permettrait de proposer des axes d'actions ouvrant sur d'autres choix politiques de fond à partir d'une analyse plus fouillée de la situation.

     

    Chacun s'accorde à dire que la SNCF (cela vaut aussi pour la RATP pour l'Ile de France) ne dispose pas des moyens pour remplir efficacement ses missions de service public.

     

     

    Responsabilité des tutelles (mis volontairement au pluriel) dans l'accompagnement des choix de l'état, la carence dans l'anticipation. Tout comme la responsabilité des directions régionales et nationale de l'entreprise en matière de contrainte sur ces moyens matériels et humains .

     

    Dit rapidement, l'absence grandissante de moyens pour les entretiens préventifs accélère en nombre, gravité et répartitions techniques et géographiques les conséquences des pannes et usures que ces choix de gestions induisent.

     

    La politique de restructuration des établissements concentrant pour des raisons d'économie les effectifs toujours plus loin des lieux d'intervention rend celles-ci toujours plus problématiques en temps d'intervention et capacités de réactivité.

     

    C'est connu et part des solutions qui sont dans le débat politique le sont tout autant, mais part seulement.

     

    Certaines exigent d'urgence à être mises sur la place publique et les sortir des cartons des chercheurs pour en faire des objets d'affrontement avec le capital.

     

    Faire le bilan d'un demi siècle d'aménagement du territoire qui par ses choix de pôles d'excellence et de rejet concentriques à ses pôles la main d'oeuvre sur des choix d'éloignement proportionnels à leur revenus (politiques salariales des entreprise), critères d'accès au financement public et au crédit pour les politiques de logement, organisation foncière (schéma directeurs d'aménagement du territoire).

     

    Parions que le nombre de cadre sup des grands groupes qui auront subit la dernière panne est inversement proportionnel à la durée habituelle de leur temps de trajet domicile travail et que le plus grand nombre d'entre eux ne résident pas dans les zones de vulnérabilité des réseaux (si toutefois ils les empruntent).

     

    Cette politique de pôles est pilotée par des établissements dit publics (à l'image de l'EPAD de la défense ou autres) mais où le capital bancaire et financier et ses représentants directs ou politiques sont majoritaires et confisquent la maîtrise foncière aux collectivités territoriales. Décideurs qui coordonnent la spéculation foncière et immobilière excluant toute politique de logement social sur site en renvoyant au delà d'une zone maintenant à 70km les salariés à la merci des dysfonctionnement prévisibles et attendus dénoncés plus haut, accentué par la flexibilité la mobilité de l'emploi.

     

    Ces politiques qui tendent à se généraliser autour des communautés urbaine conduisent à chasser l'habitat populaire des centres historique ou des pivots de transports pré existant, de livrer à une nouvelle petite bourgeoisie les parties de fonciers non éligibles au choix des grands groupes mais à des prix permettant l'exclusion populaire et d'alimenter la rente foncière.

     

    http://www.defense-92.fr/photos/ladefense2015a.jpg

    Le phénomène de "boboïsation" de Paris (et d'autres centres ville historiques à travers le pays) montre que ces choix ne sont pas les monopoles de la droite. Au point qu'un couple d'agents de la RATP et hospitalier travaillant en 3x8 logé en HLM dans le 13ème est stigmatisé comme nanti et "ne payant pas assez cher de loyer" au regard des conditions de transport et du coût de l'accès imposé à la propriété au même couple expatrié à marne la vallée. Le tout alimenté par des campagnes menées par ceux qui crèchent dans un rayon de 2 km du pont de Neuilly.

     

    Cela conduit à penser la question autour d'un triptyque "logement et le droit d'en disposer d'un, des transports et de l'emploi" non pas comme des séquences cumulatives produisant ou non de la mal vie ou du bien être mais de projet de société qui doit appeler à des mesures fortes.

     

    Disons le franchement, avec la même volonté politique que la droite et le capital ont cassé l'emploi industriel et regroupé les services tertiaire nécessaires à l'époque pour accumuler le profit, il est indispensable de remodeler physiquement l'organisation économique pour que cesse la transhumance déshumanisée quotidienne de la force de travail.

     

    http://www.constructa.fr/programme-immobilier/upload/images/plandemasse-28.jpg

     Éliminer ce gâchis de temps de créativité et de liberté que ces choix imposés par des règles imprégnées par la logique du capital font peser à 90% d'une population pour la rente de 5% des autres.  C'est aussi le moyens d'un "recalibrage" et d'une réorganisation de tous les services publics dont celui des transports de voyageurs (et des marchandises) pour participer à cette ré harmonisation de la vie urbaine dont le choix doit rester ouvert à tous. Les doter de moyens nécessaires pour toutes les missions et pas seulement que pour servir de pompe à force de travail.

     

    Utopie ? Comme l'est le socialisme, comme l'était il y un siècle les congés payés le logement social ou la sécurité sociale.

     

    Une utopie, ça se construit.

     

    Où en est ce débat public ? Pas brillant.

     

    Même si la vie à conduit à des ruptures il n'en reste pas moins que le citoyens s'informe et lit.

     

    Comment intéresser la masse des habitants de ce pays à une perspective transformatrice si les textes débattus comme outils de projets ne parlent pas ou dans un vocabulaire abscons incompréhensible pour les premiers concernés par ces questions ?

     

    Dans la base de texte alternatif au projet "officiel" proposé aux adhérents du PCF (un texte qui pourtant porte un nombre plus qu'encourageant de retour positif vers des choix communistes), ces questions centrales dans la vie quotidienne dans tous le pays ne sont pas portés au niveau et avec la forme indispensable à leur partage pour créer un mouvement contestataire au capital qui ne peut être subverti qu'à partir d'un mouvement populaire. Et cette question est un des pivots de cette subversion.

     

    Et cela pour ne rien dire du texte officiel du P"c"f ou ces questions sont renvoyées à des commissions experts élus ou gravitant dans les cabinets et cénacles sans que les principaux intéressés soient mis au centre du processus d'élaborations ou de décisions.

     

    Moins à l'abandon sur le terrain revendicatif même si des zones en friches restent à dégager, c'est le désert du côté politique du moins dans le camp de ceux qui postulent à porter les suffrages populaires.

     

    Si notre pays disposait d'organisations politiques réfléchissant sur une base de classe, il serait plus facile de mener ce combat qui participe de la transformation politique et sociale. Moyens pour les services publics, taxation du foncier spéculatif, prise en compte total du cout du trajet domicile travail par les employeurs, gratuité pour les scolaires et étudiants, tarification sociales incitatives pour les retraités dont gratuité pour les plus bas revenus. Ce n'est pas un catalogue mais bien l'expression d'un projet de société construit sur une base libératrice et démocratique.

     

    Autant de propositions liées au pouvoir d'achat, à la politique sociale et culturelle d'un pays, qui poseraient la question des emplois pour y répondre de la formation, qui travailleraient à s'affranchir du capital.

     

    Hélas, au-delà de vœux solennels qui n'engagent à rien et surtout pas à l'action, ce n'est là aussi pas à l'ordre du jour.

    Par canaille le rouge


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  • Frédéric Cuvillier réunifie le système ferroviaire

     

    SNCF Réunification ? Bien sur mais restons lucides

    Le ministre 
des Transports 
a dessiné 
les axes 
de sa réforme du système ferroviaire, 
au premier rang desquels la réunification entre RFF et SNCF au sein d’un pôle ferroviaire public.

    Revenant sur une séparation de quinze ans pour le moins incohérente entre le rail et l’exploitation ferroviaire, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a annoncé mardi le rattachement de RFF (Réseau ferré de France) à la SNCF au sein d’un pôle ferroviaire public intégré, sans en préciser le statut juridique. Le nouveau gestionnaire d’infrastructure unifié (GIU), rattaché à la SNCF, réunira RFF, la direction de la circulation ferroviaire, les cheminots de SNCF Infra (les infrastructures dépendant de la SNCF – NDLR), soit au total 50 000 personnes. Jugeant que l’organisation actuelle de la gestion du réseau ferré « est source de dysfonctionnements », que ce soit en termes de qualité de service ou d’augmentation de la dette du groupe, le ministre a dessiné les grands axes de sa réforme, censée préparer ce pôle ferroviaire public à affronter l’ouverture à la concurrence pour 2019. Si les organisations syndicales ont salué ce rapprochement, l’imprécision des annonces faites par le ministre les incite à rester vigilantes. « L’idée d’un pôle public est intéressante, mais il faut regarder ce que le ministre met à l’intérieur », a commenté Henry Wacsin, secrétaire général de l’UFCM-CGT (ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise cheminots), relevant notamment l’absence de déclaration sur le statut de ce pôle public ferroviaire et réaffirmant le soutien de la CGT à un regroupement de l’ensemble des missions au sein d’un Epic (établissement public à caractère industriel et commercial). « S’il s’agit de créer une SA (société anonyme – NDLR), ce n’est pas le type d’intégration qui nous semble correct », a pour sa part mis en garde Alain Cambi, membre de l’équipe fédérale de SUD rail. Sur la question de la dette du système ferroviaire public, qui avoisine les 40 milliards d’euros à l’heure actuelle et pourrait atteindre 52 milliards d’euros en 2025, les axes de redressement esquissés par le ministre ne présentent aucun objectif chiffré ni d’échéance, pas plus que de modalités précises de désendettement. Frédéric Cuvillier a simplement affirmé que la dette ne serait pas supportée « par les usagers ni par les collectivités locales ».

    Les syndicats vigilants sur le volet social

    Concernant le statut des travailleurs du rail, la réforme ferroviaire s’accompagnera d’un nouveau « pacte social », sans porter atteinte au statut cheminot, promet le ministre. Appelant à la « définition de règles sociales harmonisées, applicables à l’ensemble des salariés du secteur (…) afin d’éviter les pratiques de dumping social », Frédéric Cuvillier a annoncé l’élaboration d’un décret mais également l’ouverture de négociations au niveau de la branche. Se déclarant « très vigilant » sur la question sociale, Marc Baucher, de l’Unsa, a jugé le sujet « explosif », ce qui expliquerait selon lui « pourquoi le gouvernement est aussi prudent ». « C’est le statut cheminot qui doit faire référence », a insisté de son côté Henry Wacsin. « On défend l’idée d’un statut pour l’ensemble des travailleurs du rail, pas seulement les cheminots SNCF mais aussi les salariés de la restauration, du nettoyage… basé sur le statut cheminot », a expliqué Alain Cambi, plaidant en outre pour que le futur décret couvre un maximum de professions. Par ailleurs, le gouvernement semble avoir acté l’ouverture à la concurrence de l’ensemble des activités ferroviaires pour 2019 – et non plus 2014 comme le souhaitait le précédent gouvernement -, soi-disant sous la pression de la réglementation européenne, ce que conteste la CGT. « L’ouverture à la concurrence n’est pas d’actualité et n’est pas obligatoire », a insisté Henry Wacsin.

    Ni vainqueurs ni vaincus. Alors que de nombreux observateurs ont relevé que ce rattachement de RFF à la SNCF sous la houlette de cette 
dernière recoupe largement les revendications de son PDG, Guillaume Pepy – contre la séparation entre rail et exploitation ferroviaire que préconisait le patron de RFF, Hubert du Mesnil –, 
le ministre des Transports a tenu à assurer que sa réforme 
ne créait « ni vainqueurs ni vaincus, mais une addition 
de compétences ». D’après les Échos, le PDG de RFF 
pourrait même ne pas être reconduit à son poste.

    SNCF Réunification ? Bien sur mais restons lucides

    http://www.snptri.com/ile-de-france/wp-content/uploads/2012/10/la-france-compte-50-000-kilometres-de-voies.jpg

    La Canaille aura bien évidement l'occasion de revenir sur la question foncière liée à la proposition du gouvernement en matière de logement social mais d'abord rester sur le fond de la question de l'évolution des relations RFF SNCF.


    Le gouvernement à force trompette annonce "vouloir réunir la famille cheminote sous le même toit".

     

    Si les cheminots et la fédération CGT pourront noter avec satisfaction que l'idée qu'ils n'ont jamais cessé de défendre de l'unicité organisationnelle du système ferroviaire était devenue une force matérielle irrésistible que rien ne peut contourner, ce n'est pour autant loin s'en faut qu'il faille baisser la garde.

     

    Rappelons-nous (pour les plus anciens) ou apprenez pour les nouveaux entrants …dans la défense du service public  que la partition de la SNCF obtenue au nom de la transcription de la directive européenne 91/440 avait été imposée avec violence au pays et aux cheminots (Dans le débat la fédération cgt avait imposé le maintient du SERNAM comme outil du l'activité combinée ferroviaire et le maintien des services de l'équipement dans les effectifs de la SNCF).

     

    Pour estimer la valeur de l'infrastructure amputée de la SNCF, une commission d'expert désigné par le gouvernement Juppé avait mené une estimation qui arrivait au centime près au montant de la dette de l'état sur la SNCF. A défaut d'expertise ils étaient au moins de fameux ajusteurs… en finance

     

    Une dette, réaffirmons fortement qu'elle est celle de l'état, due à l'obligation faite à la SNCF par le commissaire du gouvernement représentant l'État au CA d'emprunter sur les marchés financiers pour réaliser les investissements et l'entretient de l'outil industriel que ce même état exigeait de son entreprise au nom du pays.

    Que ce même état refuse d'abonder la trésorerie de son EPIC ou de le doter en capitaux démontre que l'état n'est pas actionnaire de la SNCF mais que l'outil public est propriété incessible et indivisible de la nation, l'état n'étant que le fondé pouvoir de celle-ci pour piloter l'activité au gré des majorités politiques.

     

    Faisant ainsi, le gouvernement d'alors se mettait dans les clous du désendettement obligé par la directive mais mettait cette dette dans une structure de cantonnement à statut assez exotique pour ne pas à avoir budgétairement à l'assumer. C'est ainsi que surgit ce "service annexe de la dette" qui permettait au gouvernement de faire croire que ces sommes ne figureraient pas dans les lignes de compte de ce fameux déficit publique.

     

    Avant d'aller plus loin, pointons le montant de 30 milliards d'euro mis en avant aujourd'hui pour l'ensemble de l'activité ferroviaire du pays (et pour les raisons et responsabilités évoquées plus haut).  Il est à comparer aux 142.7 milliards débloqués en une nuit par le gouvernement au titre du MES avancé par Sarkozy Merkel et finalisé par Merkel Blumollet, sommes qui s'ajoutent à la quotte part de la France pour 148.5 milliards vaporisée en 2011 aux banques et spéculateurs de tout poils pour épaissir leurs matelas qui serviront à égorger le peuple grec et à étrangler les autres peuples de l'UE sommés de leur fournir les couteaux rituels pour le sacrifice mais épargne le veau d'or.

     

    Revenons donc à nos rails.

     

    Pourquoi réinjecter RFF dans la SNCF aujourd'hui ? Pour deux raisons : cela donne l'impression d'être à l'écoute des cheminots (et là La Canaille ne pourrait qu'être satisfait). Mais cela permet aussi d'éloigner définitivement le spectre de ces 30 milliards dans les déficits publics s'ils sont adossés à la SNCF. Surtout si, comme le disent à l'unisson ministres du gouvernement, état major de l'entreprise et la presse qui joue les chiens de meute, la privatisation de la SNCF est programmée pour 2015.

     

    Certes désolés mais obéissant les députés de "gôche" de proximité le voteront. Le Pcf demandera un pôle public des transports oubliant de dire que les majorités régionales auxquelles il participe ont voté les tram-trains déréglementés dont l'organisation portée quasiment à chaque fois par des élus issu de ses rangs attente à l'unicité du statut des cheminots et tire les garanties sociales vers le bas. Se faisant discret quand on rappelle que les mêmes qui contre l'avis des cheminots et alors de la fédération CGT ont pétitionné pour devenir autorités organisatrices du transport régional et refusent maintenant d'assumer les charges de retraites (singulièrement dans la région d'origine du premier ministre ; mais pas que là).

     

    Depuis ce matin sur les ondes et écrans cela s'accompagne de l'obligation d'araser le statut des cheminots pour -obligations des traités de l'UE- harmoniser les conditions avec les nouveaux entrants que Pepy travaille depuis 10 ans à positionner sur les créneaux d'avenir du transports industriel et le cabotage voyageur en éliminant supprimant le trafic marchandise et les liaisons interrégionales voyageurs.


     http://1.bp.blogspot.com/_21IDLYN9Ckg/S4r27fhbxqI/AAAAAAAAAYo/dPgKPVF4T4s/s320/alouette.jpg

     

    Le summum de la bêtise (La Canaille allait commencer par taper c… mais restons polis) étant de dire qu'il fallait casser le statut des cheminots pour l'harmoniser avec les conditions sociales de RFF. Cet EPIC, concurrent cheval de Troie de la privatisation des activités, composé de nombre d'anciens cheminots mutés par choix et opportunisme pour certains ou par besoin technique et décret ministériel pour nombre d'autres pour transfuser à RFF leur compétence professionnelle, ou ayant un corps d'origine (via cette direction des transports terrestres qui dispose des moyens de fournir de confortables retraite aux anciens du cabinet Gayssot qui n'a pas abrogés RFF).  Ils sont environ 1500, principalement à statut de cadre, à comparer au 150 000 cheminots de toutes qualifications et métiers. Le PS nous annonce donc vouloir plumer le cheval par respect pour d'un exotique système pileux de l'alouette. Qu'ils arrêtent de nous prendre pour des enclumes, à force de coups, l'enclume finira bien par raisonner et gare aux vibrations pour le porte marteau.

     

    La droite applaudissant au projet rendu publique et, sûr que cela passe, parions qu'elle se paiera le luxe de s'abstenir parce que n'allant pas encore assez loin.

     

    Et pour autant il faut réussir cette réunification, c'est le cheminot retraité citoyen qui s'exprime. Une SNCF uni est garante du service public comme doit l'être EDF GDF publique et tous les services publics en réseau. L'étatisation nationalisation simple n'y suffisant pas mais tous pas dans son sens étant à accomplir pour aller encore plus et mieux vers les réponses aux besoins des usagers.

     

    En 2012 nous n'avons pas besoin du plan Marshall de Ayrault Moscovici Montebourg qui ressemble comme deux gouttes d'eaux à ce que furent les accords Blum-Byrnes de 1946 concernant soumission aux trusts et abandonnant la souveraineté du pays sur son industrie cinématographique.

     

    Les explications de 1996 contre la transposition de la directive européenne restent pertinentes : la dette est celle de l'état pas celle du système ferroviaire, la SNCF appartient à la nation. Cela impose de réaliser l'égalité de traitement technique tarifaire et institutionnel en tout point du territoire et de réaliser sur les mêmes critères le droit au transport.

     

    La modernité de la proposition se renforce d'un argument qui commence à être connu : le caractère infondé économiquement et politiquement, totalement idéologique de ces fameux 3% qui ne servent qu'à faire avaler les couleuvres. Quitte à s'occuper de reptile, autant faire que ce soit sur la tête des ultras libéraux que sifflent ces serpents.

     

    Une chose est certaines ce n'est pas en déléguant passivement le débats à des instances dont la caractéristique actuelle est de ne plus comporter un seul cheminot pour faire entendre expérience et compétence qu'on y arrivera. Il va falloir secouer les portes et même un peu ceux qui se cachent pour ne pas les ouvrir si nous voulons nous faire entendre. Si Canaille le Rouge n'a guère de doute sur la volonté réaffirmé de la fédération cgt des cheminots d'agir dans ce sens, il est plus que circonspect sur l'investissement politique et redoute des entraves venant de ces derniers en direction de la première. Faire sauter les embûches et avancer l'exigence, cela s'appelle la lutte de classe camarade et le service public est un de ses enjeux.

     

     

    Il s'agit de s'inscrire une nouvelle fois dans  

    SNCF Réunification ? Bien sur mais restons lucides

    http://canaille-le-rouge.over-blog.com/


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  • LE GOUVERNEMENT PRETENDUMENT DE GAUCHE VEUT AIGUILLER LA SNCF ET LES CHEMINOTS SUR UNE VOIE SANS ISSUE

    L'État conforte la SNCF dans sa réforme du rail

    Le président de la SNCF, Guillaume Pepy (à gauche), et son homologue de RFF, Hubert du Mesnil, en décembre dernier, à Paris, lors des Assises du ferroviaire.
    Le président de la SNCF, Guillaume Pepy (à gauche), et son homologue de RFF, Hubert du Mesnil, en décembre dernier, à Paris, lors des Assises du ferroviaire. Crédits photo : Christophe Morin /IP3 PRESS/MAXPPP 

    Le gouvernement va s'inspirer du secteur de l'électricité pour réorganiser les chemins de fer français. RFF sera réintégré dans le giron de la SNCF.

    Guillaume Pepy a remporté la bataille du rail. Demain mardi, jour de la présentation de la réforme ferroviaire, il va la célébrer avec fair-play pour effacer les traces du rouleau compresseur qu'il a passé pendant des mois sur ses opposants, Hubert du Mesnil, le président de RFF (Réseaux ferrés de France) en tête mais aussi Pierre Cardo, le président de l'Araf, l'Autorité de régulation des activités ferroviaires.

    Quatre mois avant la fin de son mandat à la tête du groupe SNCF, le dirigeant peut se féliciter d'avoir convaincu les membres du gouvernement que son groupe était le mieux placé pour reprendre sous son aile le gestionnaire d'infrastructures, RFF, géré de manière indépendante depuis sa création, en 1997.

    Pendant des mois, les dirigeants de l'opérateur ferroviaire et ceux du gestionnaire du réseau se sont livrés à une bataille d'arguments sur la manière de rendre le système ferroviaire plus rationnel et plus vertueux. Guillaume Pepy a «labouré» son message auprès des médias, des parlementaires, des instances européennes. Il a même fini par agacer le nouveau ministre des Transports en lui glissant sa feuille de route sous le nez à son arrivée. Frédéric ­Cuvillier a déclaré en aparté que cette prochaine réforme ne serait pas la «réforme Pepy» mais un projet «à la française». Celui-ci sera pourtant assez proche du schéma de Guillaume Pepy.

    Mardi, selon nos informations de source gouvernementale, le ministre des Transports va annoncer la réintégration de RFF dans un nouveau pôle public unifié dont l'organisation sera calquée sur celle mise en œuvre dans le secteur de l'électricité: EDF SA, la maison mère, possède une filiale, RTE, créée en 2005, qui gère le réseau de transport d'électricité de manière indépendante avec la bénédiction de Bruxelles. C'est aussi une SNCF SA qui pourrait chapeauter une filiale RFF qui réunira les effectifs de la branche infrastructure de la SNCF, ceux de la direction des circulations ferroviaires et ceux de RFF, soit près de 50.000 personnes.

    «Gestionnaire d'infrastructure unifié»

    Cet ensemble donnera tout son sens au concept de «gestionnaire d'infrastructure unifié» qui a fait consensus aussi bien à la SNCF que chez RFF. Jusqu'à présent, le fonctionnement du gestionnaire d'infrastructure était ubuesque: la direction des circulations ­ferroviaires composée de salariés de SNCF, mais gérée de façon indépendante, conçoit les horaires de train et régule leur circulation. Ce sont aussi les salariés de la branche infra de la SNCF qui réalisent les travaux de modernisation du réseau pour le compte de RFF. La rationalisation du système qui va mettre plusieurs mois, voire plusieurs années, à se mettre en place doit permettre de réaliser des millions d'euros d'économies.

    Mais la réforme ne portera pas seulement sur le changement de gouvernance du rail français, il va aussi ouvrir le chantier d'une prochaine convention collective. Les partenaires sociaux vont enfin s'atteler à fixer les modalités de l'arrivée de la concurrence pour éviter des distorsions trop importantes des conditions de travail et de rémunération. La négociation pourrait durer d'un an et demi à deux ans.

    Le statut, un sujet explosif

    Le sujet est potentiellement explosif, mais la plupart des syndicats, pourtant peu favorables à l'ouverture au privé, ont compris qu'il fallait participer à la discussion plutôt que de laisser les concurrents fixer eux-mêmes leurs conditions.

    La réforme qui va animer un débat parlementaire ces prochains mois est aussi suspendue au calendrier européen. La commission va en effet examiner le «quatrième paquet ferroviaire», un ensemble de dispositions réglementaires européennes qui harmonisent les conditions de la libéralisation du rail. Ces prochains mois, Bruxelles va ainsi se prononcer sur la conformité du modèle de gouvernance «intégrée», choisi par la France, avec les règles européennes qui prônent une indépendance du gestionnaire d'infrastructures et de l'opérateur ferroviaire historique pour garantir une égalité de traitement à l'égard des concurrents. Mardi, le ministre des Transports va donc donner le coup d'envoi d'un gigantesque chantier.

    LIRE AUSSI:

    » Le gouvernement veut rénover plus vite le réseau ferré

    » Le chemin de fer français, un modèle de complexité 

    http://syndicats.over-blog.com/article-f-l-etat-conforte-la-sncf-dans-sa-reforme-du-rail-111858429.html

    http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com


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  • Les cheminots, eux, ne s'abstiennent pas

     

    A l'appel de leurs organisations syndicales, plusieurs milliers de retraités cheminots ont manifesté, ce mardi dans Paris, contre la politique actuelle de la SNCF, société publique détenue à 100% par l'Etat. Ce lundi, les fonctionnaires manifestaient autant à Paris contre leur ministre de tutelle que François Hollande a donné au pays depuis qu'il est élu. Sur ces deux évènements, silence radio et écrans muets, les médias, qui s'autocensuraient sous Sarkozy, agissent pareillement aujourd'hui.


    Ce jeudi, ce seront les cheminots actifs qui manifesteront contre la SNCF en faisant grève. Il est vrai que la politique définie actuellement par l'Elysée, dans tous les domaines, ne va pas dans le sens du progès social. Dès lors, combien ont-ils raison ceux qui se lèvent et qui luttent pour l'inverser.


    A l'Assemblée nationale, les députés Front de gauche viennent de s'abstenir sur les recettes de la loi de finances 2013, en tentant d'expliquer qu'ils se situent dans un posture ni-ni: Ni avec le gouvernement, Ni avec la droite. Comme sous la gauche plurielle alors? Ou comme François Bayrou qui, à force, a coulé à pic corps et biens?


    On ne s'honore qu'en luttant et pas en se défaussant lorsque les mauvais coups sont portés, d'où qu'ils proviennent.

    http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com


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  • Vidéo d'un agent SNCF insulté : c'est moi qui ai filmé, c'était impressionnant


     LE PLUS. "Je gagne 70.000 euros, alors fermez votre gueule". C'est ce qu'a lancé mercredi soir un voyageur, se présentant comme un cadre d'Orange, à une agente SNCF, en gare de Viroflay (Yvelines). Parmi les témoins de la scène, Valentin Reverdi, 15 ans, dégaine son téléphone pour enregistrer l'agression verbale et la mettre en ligne sur YouTube. Il raconte.
    ela s'est passé autour de 18 heures,à la gare RER de Viroflay rive gauche. J'attendais à la machine pour acheter un ticket, quand j'ai entendu un homme s'exprimer très fort au téléphone. Il criait contre la personne au bout du fil, manifestement mécontent.

     

    Une agente de la SNCF est sortie de son bureau pour lui demander de parler moins fort, arguant que cela résonnait dans toute la gare. L'homme s'est alors encore plus énervé et la tension est montée. "Je gagne 70 K-euros, vous gagnez le smic alors vous fermez votre gueule", "Si vous aviez pas de gens comme moi, vous n'auriez pas votre salaire", "Moi je ne respecte pas les fonctionnaires français"... la vidéo parle d'elle-même :

     

    (Valentin Reverdi)

    Une dizaine de voyageurs autour

    Il n'y avait pas beaucoup de monde dans la gare, une dizaine de personnes tout au plus. Certains étaient interloqués et regardaient froidement l'homme qui insultait l'employée. D'autres rigolaient, non parce qu'ils trouvaient ça drôle, mais plutôt pathétique.

    Moi j'avais mon téléphone à la main. J'ai décidé d'enregistrer la scène pour la mettre sur mon blog, me disant que cela allait intéresser les internautes.

    Par la tenue vestimentaire et le niveau de langage tenu par l'homme au téléphone, j'en ai déduit que c'était quelqu'un de haut placé. Par ailleurs, il a parlé d'un coup de fil venant d'un fonctionnaire de France Télécom. Je me suis dis que ça devait être un cadre de chez Orange, ou quelque chose comme ça.

    Il bougeait les bras dans tous les sens, était surexcité et a fini sur un "bon allez pauvre connasse". L'agente SNCF ne s'est pas démontée, elle a même rigolé quand l'homme est parti.

    Impressionnant et violent

    Cette vidéo me paraît vraiment intéressante parce qu'on parle beaucoup de suicides lié au travail, chez les fonctionnaires mais aussi à France Télécom. Je ne peux pas être certain que l'homme est vraiment un cadre de chez Orange, mais je me dis que si on parle comme ça aux gens, c'est normal qu'ils craquent.

    C'est impressionnant et violent d'entendre quelqu'un s'adresser ainsi à une agente, avec un tel mépris, juste pour une différence sociale. C'est vraiment lourd de sens.

    Néanmoins, je ne pensais pas que la vidéo allait autant tourner. Au départ, elle était simplement destinée à mon blog, qui est assez confidentiel. Mais des internautes l'ont twittée, notamment Vincent Glad du "Grand Journal" de Canal +, et ça a commencé à buzzer. Finalement, ce n'est pas une mauvaise chose qu'elle ait eu une large diffusion, car elle est très révélatrice.

     

    Propos recueillis par Hélène Decommer.

    http://leplus.nouvelobs.com


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