• Retraite : les premières décisions à prendre après la réforme

    L'information fournie par vos régimes de retraite est précieuse, mais trop souvent incomplète, voire parfois erronée. La marche à suivre pour rectifier le tir et préparer sa retraite dans les meilleures conditions.

    Parti Communiste Français

    De plus en plus inquiets de l'avenir de leur retraite, les Français demeurent, dans leur majorité, ignorants de leurs droits à pension. Pourtant, l'information retraite existe. C'est même un droit, inscrit dans le marbre de la loi Fillon d'août 2003 et renforcé par la réforme du 9 novembre 2010.

    Déjà plus de 13 millions de salariés du privé ont reçu un relevé de situation individuelle (RSI) ou une estimation indicative globale (EIG). Ces deux récapitulatifs, émis par le GIP Info Retraite (organisme qui coordonne la collecte d'informations en provenance de tous les régimes de retraite obligatoires), sont précieux... mais perfectibles.

    Les données qu'ils contiennent sont souvent incomplètes, voire erronées. Faire le point sur ses droits exige en effet un minimum de vigilance.

    1 Comprendre l'information

    La première chose est de bien distinguer le RSI (à ne pas confondre avec le régime social des indépendants !) de l'EIG.

    Destiné aux assurés âgés d'au moins 35 ans et envoyé par salves successives (en 2011 sont concernées les personnes nées en 1961, 1966, 1971 et 1976), le RSI est un document d'étape qui liste les droits acquis auprès des différents régimes obligatoires de retraite de base (CNAV, Mutuelle sociale agricole, régime des indépendants, des avocats, des notaires, des pharmaciens...) et complémentaire (Arrco pour tous les salariés, Agirc pour les cadres). Il est renouvelé tous les cinq ans.

    Et la réforme des retraites prévoit la possibilité d'en demander une version électronique à tout moment.

    Accessible à partir de 55 ans seulement, l'EIG (envoyée cette année aux personnes nées en 1951 et 1956) donne, régime par régime, une visualisation du montant de retraite annuelle brut à taux plein attendu à l'âge légal de départ (60 ans et plus selon sa date de naissance) ou à 65 ans (et plus).

    2 Vérifier et rectifier

    Une fois reçus, ces documents doivent être  « décortiqués ligne par ligne afin de relever une éventuelle année manquante, l'absence d'un employeur, un nombre de trimestres insuffisant », indique Frédéric Barrel, directeur associé de Neovia Retraite, société de conseil en retraite axée sur les dirigeants d'entreprise.

    En cas d'erreur ou de doutes (les noms des employeurs sont répertoriés à partir des années 1980), vous devez impérativement contacter les différents organismes de retraite concernés dont les coordonnées sont indiquées sur les relevés.

    Les « oublis » les plus fréquents concernent les congés maladie ou maternité (un trimestre validé pour 60 jours d'indemnisation), les périodes de chômage (un trimestre pour 50 jours), les petits boulots et stages déclarés (pour valider un trimestre il suffit d'avoir gagné dans l'année 200 fois le SMIC horaire, soit l'équivalent de 1.800 euros), les postes à l'étranger, etc. Sachez par ailleurs que le fait d'avoir élevé des enfants (jusqu'à huit trimestres supplémentaires par enfant pour la mère -ou le père depuis peu -et majoration de 10 % de la retraite à partir du troisième enfant pour chacun des parents) ne figure pas sur le RSI. « L'incidence du nombre d'enfants sur la pension est intégrée dans l'EIG », précise la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (CNAV). Mieux vaut néanmoins s'en assurer. Même chose pour le service militaire (un trimestre acquis pour 90 jours passés sous les drapeaux). Depuis 2008, un accord a été passé avec les autorités militaires afin de faciliter le transfert d'informations, mais tous les corps d'armée ne sont pas encore concernés.

    Autre poste à surveiller, celui des points cumulés au titre des régimes complémentaires. Un cadre qui a changé plusieurs fois de secteur d'activité et cotisé à plusieurs caisses Agirc doit notamment vérifier que sa dernière caisse de rattachement (la seule qui figure sur l'EIG) a bien centralisé tous les points acquis.

    3 Aller plus loin

    Jusqu'à présent il fallait attendre d'avoir 54 ans pour solliciter une reconstitution de carrière auprès de la CNAV. La réforme des retraites a introduit la possibilité d'obtenir un diagnostic individuel dès 45 ans. 50.000 entretiens sont projetés d'ici à la fin de l'année, mais, pour l'heure, rien n'est encore concrétisé. Un point de retraite est également prévu pour tout assuré qui projette de s'expatrier. Et toute personne qui divorce pourra, quel que soit son âge, demander une EIG. La CNAV, de son côté, a enrichi son site d'informations en ligne.

    Pour certains parcours professionnels complexes émaillés de changements de statuts, de périodes d'inactivité, de séjours répétés à l'étranger, un audit plus approfondi s'impose parfois.

    « Une reconstitution de carrière digne de ce nom nécessite souvent plus d'un an de travail », témoigne Emmanuel Grimaud, fondateur de Maximis Retraite, une société, qui, comme d'autres (France Retraite, Novelvy, Optimaretraite...), propose plusieurs offres sur mesure : consultation retraite (environ 250-300 euros l'heure), bilan complet (de 1.500 à 4.000 euros en moyenne) et aide à la liquidation.

    LAURENCE DELAIN
    les Adresses utiles
    GIP Info retraite www.info-retraite.fr
    L'assurance-retraite www.lassuranceretraite.fr Serveur téléphonique : 39 60 (du lundi au vendredi, de 8 heures à 17 heures, prix d'un appel local). A partir d'une box ou d'un mobile : 09 71 10 39 60.
    Retraite complémentaire GIE Agirc-Arrco, 16-18, rue Jules-César, 75012 Paris. 01 71 72 12 00. Serveur téléphonique : 08 20 20 01 89 (0,09/min) et maretraitecomplementaire.fr

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