• Règle d'or : le budget belge refusé par l'Europe car pas assez austère !

    Règle d'or : le budget belge refusé par l'Europe car pas assez austère !

    Endettement, austérité, règle d'or : des mots qui cachent, en Belgique comme ailleurs, des politiques au service exclusif des classes privilégiées.

    Sarkozy et la droite parlent moins de la "règle d'or ", cette fameuse règle qui obligeait les états européens à être en équilibre pour l'éternité et à devoir rendre des comptes à la Commission européenne. Ce n'est pas parce qu'ils ont abandonné l'idée. C'est plutôt que cette mauvaise idée pour les français risque de plomber un peu plus leurs chances de réélection en cette année électorale.

    La Belgique vient pourtant apporté de l'eau aux moulins de ceux qui dénoncent cette "Règle d'or", comme les communistes.

    Hier, la Commission européenne a rejeté le budget belge car elle estime que ce budget et les "réformes" qui l'accompagnent ne vont pas assez loin dans l’austérité. La Commission exige un nouvel effort de 1,2 à 2 milliards d’euros d’ici lundi matin. Et à la mi-janvier, la Commission fera le jugement de l’application de ses six recommandations (évaluation du semestre européen) et exigera plus que probablement que le gouvernement s’attaque aussi à son calendrier de mise en place.

    Le Parti du Travail de Belgique, parti marxiste et seul parti réunissant wallons et flamands, dénonce cette intrusion de l'Europe dans les affaires belges et rappelle qu'il y a des personnes plus qualifiées que l'Europe pour rejeter ce budget : les belges. 

    Mais, pour le PTB, le rejet du budget d'austérité belge par les travailleurs se fait sur une autre base, bien différente, de la part d'une population qui n’approuve pas que le gouvernement attaque les prépensions, les pensions, les crédits-temps, diminue le pouvoir d’achat. Et qui l’a d'ailleurs fait bruyamment savoir le 22 décembre (avec la grève générale des services publics), qui le fera savoir par des actions au cours de ce mois et par une grève générale le 30 janvier ! 
    Un rejet argumenté par le PTB "car ce budget touche de plein fouet le citoyen alors que les millionnaires restent hors d’atteinte et les grandes entreprises ne participent qu’à 8 % de l’effort. Or, il y a une alternative à ce budget antisocial : aller chercher l’argent là où il se trouve. Par une taxe des millionnaires (8 milliards d’euros), la suppression des intérêts notionnels (4 milliards), la taxe bancaire, la lutte effective contre la fraude fiscale par la levée du secret bancaire. »
    « Nous dénonçons l’emprise croissante de la Commission européenne sur les politiques nationales mais aussi l’hypocrisie de notre gouvernement. Les trois familles politiques au pouvoir en Belgique ont approuvé le fameux “six-pack” qui donne le droit à la Commission européenne d’appliquer des amendes pour les pays qui n’appliquent pas ses directives budgétaires. Ces familles politiques ont approuvé le système de semestre européen qui donne le pouvoir à la Commission européenne d’intervenir dans la politique sociale des pays nationaux" dénonce Raoul Hedebouw, pour le PTB.

    Le gouvernement belge affirme aujourd’hui qu’il ne suivra pas directement la Commission européenne mais qu’il fera un contrôle budgétaire début février, avec de nouvelles économies déjà estimées par la Banque nationale belge à un ou deux milliards d'euros. Autrement dit, le gouvernement belge va réaliser les exigences de la Commission mais... quelques semaines plus tard. Il veut ainsi gagner du temps face au mécontentement croissant de la population.
    L'arnaque de la Règle d'or et de l'équilibre budgétaire

    Avec la Belgique, nous avons l'exemple de ce que donnerait l'application de la Règle d'or chère à l'UMP, au Centre-droit et aux patrons. Ce serait toujours plus de rigueur et toujours moins d'investissements publics !

    Car, un budget public n'a pas à être en équilibre ! Comme un budget familial, d'ailleurs !

    C'est que nos défenseurs de l'austérité mettent toutes les dettes de l'Etat face à son budget pour montrer à quel point notre pays serait endetté. Sauf que, comme pour une entreprise ou un foyer, les dettes (ou crédits) sont remboursables sur 2, 10, 20 ou 30 ans !  Et que, comme pour une entreprise, l'Etat doit faire des investissements, pour le bien commun, même dès fois à perte : cela ne rapporte rien aux comptes de l'Etat  de construire ou d'améliorer l'état des routes, de construire ou rénover des universités, de former et d'embaucher plus d'enseignants, de médecins ou de chercheurs.

    Pourtant, tous ces investissements de l'Etat sont utiles à la société, aux simples citoyens, aux entreprises et aux générations futures.

    Mais, les financiers qui contrôlent l'économie mondiale exigent de leurs relais politiques et institutionnels (Etats, Europe, Bourse, Agences de notation, partis libéraux) qu'ils réorientent un maximum d'argent vers la sphère privée. C'est l'origine des politiques libérales qui visent à alléger les charges des entreprises (suppression de la Taxe pro...), à alléger les impôts des plus riches (bouclier fiscal...) et à ouvrir de nouveaux marchés au secteur privé pour offrir de nouvelles sources de bénéfices aux capitaux (privatisations).

    Il n'y a plus de place pour les investissements d'intérêts communs ni pour les services publics ! Tout cela est considéré comme de l'argent perdu par les capitalistes !

    Règle d'or, austérité, remboursement de la dette publique... Autant de mécanismes montés et utilisés par ceux qui souhaitent maintenir une pression élevée sur les salaires et les avantages sociaux cédés dans le passé aux travailleurs.

    Si la question était effectivement de diminuer l'endettement de l'Etat, pourquoi ne reviendrions nous pas tout simplement sur les avantages accordés par Sarkozy aux riches français et aux entreprises, depuis cinq ans, et qui coûtent au budget national plusieurs dizaines de milliards d'euros par an ? Et pourquoi les états ne pourraient-ils pas emprunter directement auprès de la Banque Centrale Européenne qui prête à 1 % de l'argent que les banques privées prêtent ensuite aux états à des taux de 4 à 7 % ?...

    En France comme en Belgique, il est facile de comprendre que ces politiques de lutte contre l'endettement public servent finalement à réduire le niveau de vie des travailleurs pour maintenir ou améliorer encore un peu plus celui des nantis, ceux qui vivent des dividendes de leurs actions et de leurs placements financiers.

    http://andree-oger-pour-deputee.over-blog.com


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