• Reforme des retraites

    RETRAITES : les premiers tirs...

    Publié par aragon 43

    RETRAITES : LES TIRS DE PREPARATION COMMENCENT

    Dans quelques jours sera remis le rapport Moreau sur le devenir des retraites.

    L’artillerie commence à préparer le terrain en nous bombardant de communiqués et de déclarations pour dire que rien ne sera plus comme avant et qu’il faudra s’y faire.

    Naguère, nos mamans nous faisaient avaler des purgatifs avec un peu de confiture et en disant : « c’est pour ton bien mon fils ! ».

    Aujourd’hui, nous avons les purgateurs de la télévision, ces experts capables de nous dire que la mixture que l’on nous prépare, c’est tout bon pour l’emploi.

    Lenglet, le perroquet de France 2, a souligné ce soir que puisque l’espérance de vie avait progressé et que l’on vivait plus longtemps en bonne santé, il n’y avait pas de raison de continuer à prendre sa retraite à 60 ans comme l’avait établi Mauroy en 1982 ; et que de toute façon nous sommes dans une autre situation avec le double de chômeurs, un recul de la croissance et des dettes.

    Parisot du Medef affirme que l’âge de la retraite doit être portée à 65 ans net pour tous.

    Et puis Marissol Touraine, ministre de la santé et des retraites indique : «Quand on vit plus longtemps, on peut travailler plus longtemps et tous les français doivent y participer ».

    Et puis, sautant d’une chaine à une autre, des reportages tombent : l’un sur les retraités qui vivent bien au Maroc, un autre sur des retraités en bonne santé , puis des retraités qui refont leur vie avec les annonces sur internet et enfin des retraités qui deviennent des sportifs de haut niveau.

    Bientôt nous verrons des reportages de retraités escaladant l’Everest pour les besoins de la cause.

    N’en jetez plus la cour est pleine.

    Un argument souvent employé, comme celui de « on vit plus longtemps on doit travaillé plus longtemps, est un argument contreproductif dit-on.

    Le reniement des socialistes est là palpable : Touraine qui manifestait en 2010 et n’avait pas de mots assez durs concernant la réformes de Sarkozy s’est transformée en une ventriloque de Sarkozy : par sa bouche, c’est Sarkozy qui parle.

    Il ne manquait plus que l’inénarrable Chatel, ancien ministre de Sarkozy, pour dire: « On a gagné quinze ans d'espérance de vie en quarante ans, il n'y a pas de secret, pour financer ces quinze années de vie en plus, il faut du travail en plus. Il faut donc assumer le fait qu'il faut allonger la durée du travail ».

    Tous ce beau monde là est bien sur le même longueur d’onde : mettre par terre définitivement la retraite à 60 ans, abaisser les pensions actuelles et futures des retraités et retraitables.

    Et puis si les mots usuels ne sont pas les mêmes, leurs significations les font correspondre : hier sous Sarkozy on touchait à la retraite sous la base de « l’équité » et aujourd’hui c’est par des « mesures justes ».

    Nous ferons de la concertation disent en cœur les ministres invoquant « les partenaires sociaux », un substantif qui ressemble de plus en plus à une blague quand on sait que les meilleurs cartes ont été distribuées par le gouvernement avant la partie et remises au patronat.

    Bref, en m’excusant pour les oreilles chastes ( mais après tout cette phrase est dans les dictionnaires), on pourrait qualifier la concertation de la célèbre citation : « parles à mon cul ma tête elle est malade » .

    Bernard LAMIRAND

     

    Social-Eco - le 10 Juin 2013

    Reforme des retraites : vers "une mobilisation des salariés" promettent les syndicats

    Eric Aubin, membre de la direction de la CGT en charge des retraites, a estimé lundi qu'il "faudra une mobilisation des salariés" avant octobre "pour peser" sur la réforme des retraites. Tout comme le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, évoquant lui aussi la possibilité de "mouvements sociaux et grèves". De leurs côtés, plusieurs syndicats de fonctionnaires appellent à une journée d’action "au plus tard début octobre".

    À quatre jours de la remise du très attendu rapport Moreau sur les retraites qui devrait suggérer des pistes de réforme pour résorber le déficit qui risquent de mettre à contribution actifs, retraités et fonctionnaires, les syndicats font monter la pression. "Sur le dossier des retraites, il faudra une mobilisation des salariés, (il ne faut) peut-être pas attendre octobre, car le calendrier qui nous est donné, c'est que le 20 septembre on aurait un projet de loi qui serait sur la table. Je pense que les salariés doivent se préparer avant à quelques mobilisations pour peser", a déclaré le numéro 2 de la CGT, Éric Aubin, en charge du dossier sur les retraites, sur RTL. "Si c'est le rapport Moreau qui est repris, ça va poser un vrai problème", a-t-il prévenu. Éric Aubin, opposée à un allongement de la durée de cotisation et à un recul de l'âge de la retraite, a rappelé qu'il y avait "déjà une mobilisation cette semaine à l'appel de la CES (Confédération européenne des syndicats), contre l'austérité et pour un changement cap". Il y en a une autre le 19 juin, également dans le cadre d'un appel de la CES.

    Le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, a lui aussi prévenu sur France 2 que "si le gouvernement prend des décisions du même tonneau que le gouvernement précédent, oui il y aura mouvements sociaux et peut-être grève aussi". Il a notamment qualifié d'inacceptable et d'hypocrite l'allongement de la durée de cotisation, peut-être jusqu'à 44 ans - une des pistes évoquées par le rapport tel qu'il a été présenté la semaine dernière aux syndicats. "Pour une génération née en 1989, qui entre sur le marché du travail en moyenne aujourd'hui à 24 ans, ça signifie qu'il faudra attendre 68 ans pour avoir une retraite à taux plein quand l'espérance de vie en bonne santé est à 62 ans pour les hommes et 63 ans pour les femmes", a-t-il fait valoir. Jean-Claude Mailly a également jugé inutile de modifier le mode de calcul des retraites des fonctionnaires - sur les trois à 10 meilleures années de la carrière au lieu des six derniers mois, une autre piste du rapport Moreau. "Mme Moreau dit elle-même qu'il n'y a pas de différence entre les fonctionnaires et les gens du privé en termes de taux de remplacement (...) Alors pourquoi changer ?" a-t-il dit. Pour lui le gouvernement ne va pas seulement "dans le mur" pour les retraites mais de manière générale en matière de politique macro-économique. "La logique d'austérité plombe tout (...) donc il faut changer de politique économique", a souligné le secrétaire général de FO, selon qui ce changement doit être effectué au niveau européen.

    Les fonctionnaires n'acceptent aucun recul

    Les syndicats de la fonction publique mettent également la pression et appellent à une journée d’action "au plus tard début octobre" sur les retraites et la rémunération des fonctionnaires. Dans un communiqué commun six organisations (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFTC et CFE-CGC) "rappellent leur attachement au Code des pensions civiles et militaires et elles n'accepteront aucun nouveau recul" sur tout nouvel allongement de la durée de cotisation ou report de l'âge légal de départ. Et jugent également "urgent de corriger les baisses de pensions et les inégalités produites par les précédentes lois". Dans l'Humanité du jeudi 6 juin, Philippe Pihet, de Force ouvrière  précisait que "l’allongement de la durée de cotisation et une refonte éventuelle du mode de calcul des pensions des fonctionnaires – deux des pistes envisagées par la commission Moreau – seront deux points de tension majeurs, voire de blocage."

    Dimanche, la ministre des affaires sociales, Marisol Touriane, dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France,a prévenu  que des efforts "sont nécessaires" et "devront être partagés par tous". "Quand on vit plus longtemps, on peut travailler plus longtemps", a déclaré la ministre.

     

    "Michelin et les retraites", l'éditorial de Michel Guilloux

    Comme un tir d’artillerie de préparation de l’opinion, à cinq jours de la remise au premier ministre du rapport Moreau sur 
les retraites. D’un côté, les fonctionnaires sont lancés en pâture de la division ; de l’autre, les déclarations se sont encore multipliées ce week-end visant à privilégier la « piste » de l’allongement de la durée de cotisation.

    À l’image de la ministre des Affaires sociales qui déclarait hier que « quand on vit plus longtemps, on peut travailler plus longtemps », reprenant à son compte l’antienne, à l’époque, des partisans UMP et Medef de la réforme Woerth-Sarkozy de 2010.L’un des Messieurs Retraite du PS, avec Jean-Christophe Cambadélis 
et Gérard Collomb, le député parisien Jean-Marie 
Le Guen, évoquait de son côté toutes les pistes possibles de financement. Toutes ? Il se trouve qu’elles reposent entièrement sur les salariés et les retraités eux-mêmes.

    La mort de Pierre Mauroy a réuni les hommages que l’homme socialiste méritait. Son gouvernement, comprenant quatre ministres communistes, mit en œuvre la retraite à soixante ans, une ligne de partage entre gauche de progrès social et réaction qu’il défendit encore voilà trois ans au Sénat. Le tournant de la rigueur austéritaire des années suivant 1983, 
et le début de la conversion au libéralisme d’une partie de cette gauche élue sur une promesse de changement, peut se mesurer : entre 1982 et aujourd’hui, la part des richesses créées par le travail consacrée aux salaires brut n’a cessé de baisser ; celle accaparée par les revenus financiers a quasi doublé, atteignant près de 310 milliards d’euros l’an passé. Et l’on ne pourrait pas trouver là-dedans de quoi financer des mesures de justice sociale ?

    Prenons l’exemple de Michelin. Le groupe 
vient d’annoncer une quasi-fermeture de son site 
de Joué-lès-Tours. 700 salariés sont sur la sellette. 
Un nouveau sinistre industriel et social est en vue. En quoi l’allongement de la durée de cotisation accordera-t-il une meilleure retraite à ceux à qui on supprime le droit au travail aujourd’hui ? Le groupe de pneumatiques affirme qu’il agit au nom de la compétitivité. À lire de plus près 
ses documents financiers, on pourra se rendre compte que le mot est plus que jamais synonyme de rente. Ses ventes ont déjà baissé en 2012 ? Son bénéfice a augmenté d’un quart. Les dividendes versés aux actionnaires ont progressé d’un tiers depuis 2010. Et ces derniers sont encore assurés d’une « rentabilité opérationnelle » à deux chiffres en 2013.

    Les jeunes, condamnés à rester à la porte 
de l’emploi stable. Les autres salariés, invités à voir reculer un peu plus l’espérance d’une vraie vie après 
le travail. Les retraités d’aujourd’hui, contraints 
à se serrer un peu plus la ceinture et à prendre un petit boulot que n’auront pas les premiers... «L’État ne peut pas tout. » La phrase de Lionel Jospin sonna le glas, à l’automne 2001, d’une rupture de gauche avec 
le pouvoir chiraquien, et lança Le Pen sur les rails 
d’un score historique. Sauf à spéculer sur une réédition symétrique de cet affrontement en 2017, va-t-on laisser Michelin et autres rapaces du CAC 40 imposer leur loi d’airain ? Ou des choix politiques peuvent-ils leur être imposés ? Si division et fatalité sont leurs meilleurs atouts, ce ne sont pas des valeurs de gauche ni de changement, possible et urgent. Parce qu’elle est une question sociale qui atteint au choix de société et de civilisation, convoquant toutes les générations, au présent et pour l’avenir, la question des retraites est loin d’avoir trouvé 
sa réponse. Surtout dans un pays comme la France...

    Michel Guilloux


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