• Référendum grec : l'UMP remontée, l'opposition compréhensive

    Le premier ministre grec, Georges Papandréou, à Bruxelles, lors d'un sommet extraordinaire des dirigeants de la zone euro, en juillet 2011.

    Le premier ministre grec, Georges Papandréou, à Bruxelles, lors d'un sommet extraordinaire des dirigeants de la zone euro, en juillet 2011.AP/VIRGINIA MAYO

    Certains jugent "légitime" que les Grecs puissent donner leur avis sur le plan d'aide qui vise leur pays, d'autres condamnent l'initiative. Dans la classe politique française, les réactions sont contrastées mardi 1er novembre, suite à la décision du premier ministre grec, Georges Papandréou, d'organiser un référendum sur le plan d'aide de son pays élaboré la semaine dernière à Bruxelles. L'annonce surprise, lundi soir, de ce référendum a fait dévisser les bourses mardiet ravivé les craintes d'une faillite de la Grèce et d'un éclatement de la zone euro.

    >> Lire l'édito du Monde : La Grèce dans l'euro : la question se pose

    Nicolas Sarkozy, qui a décidé d'organiser à l'Elysée une réunion interministérielle mardi à 17 heures, devait également téléphoner à la mi-journée à la chancelière allemande, Angela Merkel, pour évoquer avec elle la décision grecque, a annoncé l'Elysée.

    "TOTALEMENT IRRESPONSABLE"

    Le chef de l'Etat est consterné par l'annonce de ce référendum, selon Arnaud Leparmentier, journaliste du Monde, qui suit l'Elysée. "Le geste des Grecs est irrationnel et de leur point de vue dangereux", selon un proche du président.

    >> Lire : Sarkozy consterné par l'annonce d'un référendum en Grèce

    "M. Papandréou, qui avait pris des engagements forts, n'a pas tenu ces engagements puisqu'il se retourne vers son peuple", a également regretté mardi, sur BFM TV, la député UMP, Valérie Rosso-Debord, déléguée adjointe du parti présidentiel en charge du projet.

    Même son de cloche du côté du député-maire UMP de Nice Christian Estrosi, qui a qualifié mardi de "totalement irresponsable" la décision du premier ministre grec. "Cette décision me paraît incompréhensible. Quand on sait le mal que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont eu à faire adopter ce plan courageux, je déplore cette décision", a déclaré M. Estrosi sur France Info.

     

    "Au Panthéon de l'irresponsabilité, le gouvernement grec prend la première place...", estime encore le député UMP, Eric Woerth, sur Twitter.

    "NUL NE PEUT REPROCHER AU GOUVERNEMENT GREC D'EN APPELER À SON PEUPLE"

    Dans les autres partis, on ne partage pas la réaction de l'UMP et on comprend la décision du premier ministre grec.

    Stéphane Le Foll, bras-droit du candidat à la présidentielle, François Hollande, a estimé mardi, sur BFM TV que la décision d'Athènes est révélatrice d'un manque de décision collective au sein de la zone euro. "L'Allemagne, qui a largement dominé le sommet de Bruxelles et pris pratiquement toutes les décisions qu'elle souhaitait prendre doit aussi réfléchir à la manière dont tout cela doit évoluer. Tout cela doit être travaillé, discuté et négocié. On ne peut pas tout le temps imposer aux autres des décisions qui sont prises à deux [Allemagne et France]."

     

    Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national PS en charge des relations internationales, ne se dit pas surpris par la décision d'Athènes, rappelant dans un billet publié mardi sur son blog : "De nombreuses fois, j'ai mis en garde face à l'humiliation des Grecs (...) Tout concourait a l'initiative référendaire de Papandréou. Le chef du gouvernement ne pouvait plus être le naïf de la farce" et "a voulu reprendre la main".

    Moins nuancé, le député-maire PS d'Evry (Essonne), Manuel Valls, a écrit mardi sur Twitter : "Nous ne pouvons pas interdire aux Grecs de choisir leur destin. L'Union européenne est une fédération d'Etats nations. Un référendum est donc légitime."

    "Nul ne peut reprocher au gouvernement grec d'en appeler à son peuple d'une décision aussi grave", estime à son tour le président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, dans un communiqué. "C'est un échec cuisant pour la diplomatie franco-allemande, qui n'a pas su s'assurer du soutien d'Athènes au plan d'aide."

    "Les politiques menées ne peuvent se faire contre les peuples", estime Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle. "Ce qui est irresponsable, c'est la saignée réalisée sur les Grecs, qui est injuste et se révélera en outre inefficace", écrit-elle dans un communiqué. "Le risque du 'non' du peuple grec aurait le mérite de remettre les contreparties du plan de sauvetage en question et d'ouvrir la porte à une nouvelle discussion", ajoute-t-elle.

    L'eurodéputé et vice-président du MoDem Robert Rochefort a dit "comprendre" la position du premier ministre grec, vue la "situation intenable" dans laquelle il se trouve, sans pour autant "l'approuver". "Il n'est pas complètement honnête de tomber à bras raccourcis sur Papandréou : il est épuisé par la situation, fragilisé par une courte majorité et la seule issue politique pour lui de toutes façons est l'union nationale", a estimé le responsable centriste.

    "UN MINIMUM DE DÉMOCRATIE"

     

    Jean-Luc Mélenchon, le 15 juillet 2011.

    Jean-Luc Mélenchon, le 15 juillet 2011.AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

    L'organisation d'un référendum en Grève est "un minimum de démocratie", estime aussi Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle. "Il y a eu treize grèves générales en Grèce et chacune a réclamé un référendum, Georges Papandréou savait qu'il ne pourrait pas tenir plus longtemps sans consulter le peuple grec", a déclaré le candidat sur France Info, mardi. Comme on lui demandait s'il pensait que les Grecs se prononceraient contre le plan d'aide, il a répondu qu'il y avait de "grandes probabilités" que le non l'emporte.

    "La France doit s'engager à respecter le vote grec et à renégocier un nouvel accord si le résultat de ce vote est négatif", a renchéri dans un communiqué Pierre Laurent, numéro un du Parti communiste. "Avec le Front de gauche, le PCF appelle à une mobilisation des peuples européens pour dire haut et fort leur solidarité au peuple grec". "Il est incroyable que la simple idée de consulter le peuple grec affole les marchés financiers qui, avec la droite, s'agitent et crient au scandale. La vérité, c'est qu'ils n'aiment pas la démocratie et détestent l'expression de la souveraineté populaire", ajoute M. Laurent.

    "C'est au peuple de décider son avenir et non pas à quelques technocrates", a estimé la présidente du Front national Marine Le Pen, mardi. "C'est la moindre des choses, je défends le référendum", a-t-elle ajouté sur i-Télé. Elle a jugé en outre que c'était "aussi un moyen de préparer la sortie de l'euro". "Chacun est conscient que l'euro n'est pas viable mais personne ne veut prendre la responsabilité de le dire". "Peut-être attendent-ils que la Grèce, sacrifiée sur l'autel du dogme de cette monnaie, le dise", a conclu la présidente du FN.

    "C'est un sursaut de dignité dans un monde de dirigeants qui méprisent le peuple et sont consternés quand on consulte le peuple", a déclaré Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République et candidat à la présidentielle, mardi sur BFM TV-RMC. Georges Papandréou "a eu un réflexe de dignité", selon lui, car le sommet de Bruxelles a "oublié deux lois fondamentales: la loi de la légitimité démocratique et la loi de l'économie réelle".

     

     

    Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont déclarés mardi "déterminés" à faire appliquer le plan de sauvetage de la Grèce

    • Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont déclarés mardi 1er novembre "déterminés" à faire appliquer le plan de sauvetage de la Grèce, menacé par l'annonce surprise du premier ministre grec Georges Papandreou de soumettre les mesures d'austérité imposées à la Grèce à référendum.
    • Dans un entretien téléphonique, le président français et la chancelière allemande ont souhaité l'adoption "rapidement" d'une "feuille de route" pour assurer l'application de ce plan. Ils ont également convenu de se retrouver mercredi après-midi à Cannes, d'abord avec le FMI et l'UE, puis avec les autorités grecques, à la veille du sommet du G20 dans cette ville du sud de la France.
    • Mardi, les réactions étaient contrastées dans la classe politique française, tandis que le référendum suscitait embarras et indignation parmi les responsables européens.
    • A la mi-journée, les marchés d'actions voyaient leurs pertes de la matinée aggravées : les Bourses d'Athènes, de Francfort et de Moscou chutaient ainsi de 6 %, Paris et Madrid de 5 %, Milan de 7 % et Londres de 3,5 %.
    http://www.lemonde.fr/crise-financiere



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