• Quelques données sur le pétrole en Syrie

    Quelques données sur le pétrole en Syrie

    COMAGUER
     

    Dans l’actuelle crise syrienne l’importance de la question pétrolière (et gazière) n’a pas toujours été suffisamment mise en lumière. Ceci s’explique en première instance par le fait que à l’inverse de son voisin irakien la Syrie ne se situe pas parmi les grands producteurs, mais elle n’est pas non plus dépourvue de ressources comme ses voisins immédiats : Turquie Liban et Jordanie et elle se situe dans une zone où les promesses de gisements gaziers sous marins sont immenses . D’autre part sa position géographique en fait un point de passage naturel pour le transport des hydrocarbures moyen-orientaux vers les rivages de la Méditerranée et de là vers les consommateurs européens.

    Les quelques documents graphiques et cartographiques donnent un aperçu de cette question

    DOCUMENT 1

    Les gisements syriens actuellement exploités se situent au Nord-Est du pays. Les très importants gisements irakiens du Kurdistan irakien - région de Kirkuk - se situent de l’autre côté de cette frontière. Celle-ci a été tracée par les accords impériaux Sykes-Picot signés en 1917 entre la France et la Grande-Bretagne pour se partager les dépouilles de l’empire ottoman. La Syrie nouvelle fut mise sous tutelle de la France par la Société des Nations et la France découvrit un peu plus tard que le trésor pétrolier de la région se trouvait en Irak mis sous tutelle de la Grande-Bretagne. Finalement pour satisfaire aux divers appétits impériaux un accord fut trouvé au terme duquel le pétrole du Nord Irak fut exploité à partir de1927 par une compagnie nouvelle : l’IRAK PETROLEUM COMPANY avec cinq actionnaires : 4 détenant chacun 23,75% du capital : la COMPAGNIE FRANCAISE DES PETROLES créée pour l’occasion par la France, BP, SHELL et ESSO le solde 5% allant au maitre d’œuvre de l’opération GULBENKIAN.

    DOCUMENT 2

    Le pipeline mis en service en 1952 a une histoire aussi agitée que celle de la région mais il faut simplement retenir qu’il a été bombardé par l’aviation US en 2003 et qu’il n’a pas été rouvert depuis. En effet la Syrie a condamné l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis en 2003 et les Etats-Unis ont pris en application du SYRIA ACCOUNTABILITY ACT voté par le Congés en 2004 toute une série de mesures économiques er financières pour isoler et affaiblir la Syrie.

    DOCUMENT 3

    KIRKUK CEYHAN PIPELINE

    Pour contourner la Syrie un autre pipeline a été construit pour aboutir au port turc de Ceyhan. Traversant les régions kurdes de Turquie il constitue un enjeu militaire important dans le conflit entre le PKK et le pouvoir turc et a été souvent mis hors service par des attentats. Il reste aujourd’hui le seul et fragile exutoire du pétrole du nord Irak

    DOCUMENT 4

    PRODUCTION PETROLIERE DE LA SYRIE

    On remarquera que cette production est contrôlée à prés de 60 % par les entreprises nationales SYRIAN PETROLEUM COMPANY et SYRIAN GAS COMPANY. Dans une Syrie « libérée » par l’OTAN et livrée aux Frères Musulmans, fervents néolibéraux, le marché s’ouvrirait plus largement et les entreprises nationales seraient probablement dissoutes.

    DOCUMENT 5

    PRODUCTION ET CONSOMMATION SYRIENNE

    Ce document illustre la politique d’autonomie pétrolière de la Syrie et les évolutions en cours.

    Après un pic en 1997 -1998 la production nationale a commencé à diminuer. Deux raisons : l’ancienneté des gisements exploités et la fermeture du pipeline Kirkuk Banyas en 2003 qui a limité la capacité exportatrice du pays. En fin de période, les effets de la crise de 2011 sont visibles tant pour la production que pour la consommation.

    DOCUMENT 6

    DES PERSPECTIVES DE CROISSANCE POUR LE PETROLE

    Pour augmenter les capacités de production nationale et ouvrir de nouveaux gisements le gouvernement syrien avait prévu un vaste programme d’exploration et en recevant Bashar El Asssad à l’Elysée en 2008, Nicolas Sarkozy avait négocié l’octroi d’un périmètre de recherche pour Total.

    DOCUMENTS 7 ET 8

    EN ATTENDANT LE BOOM GAZIER…

    Les ressources en gaz naturel dans le sous-sol de la méditerranée sont très abondantes. Déjà l’Egypte exploite les premiers champs au nord du delta du Nil et le champ israélien du Léviathan devrait être mis en exploitation en 2017. La Syrie a délimité des zones de recherche dans sa zone économique exclusive mais la guerre empêche évidemment d’engager les travaux d’exploration. Du gaz syrien abondant beaucoup plus proche des marchés européens serait un concurrent redoutable pour le gaz qatari. Une excellente raison pour l’émirat de financer les « rebelles » syriens… d’autant plus qu’un projet concurrent de transport de gaz iranien vers la Syrie à travers la province kurde d’Irak a été approuvé officiellement par les trois gouvernements.

    A noter également qu’une Palestine indépendante aurait des ressources gazières propres au large de Gaza

    http://comaguer.over-blog.com

    Bulletin n° 255 - semaine 25 - 2013

    URL de cet article 21010
    http://www.legrandsoir.info/nouvel-article-no-21010.html

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