• Quand la mutuelle devient un luxe

    Ce mercredi dans l'Humanité : quand la mutuelle devient un luxe

    Quand la mutuelle devient un luxeFaute de moyens, de plus en plus de personnes sont obligés de renoncer à l'adhésion à une complémentaire et à se soigner. Les associations de solidarité sont face à un phénomène nouveau et inquiétant. Lire à ce sujet, le point de vue de Léonora Tréhel, présidente de la Mutualité Française d'Ile-de-France : "Nous avons un rôle d'intérêt général".

    « Plus personne ne peut le contester : près de 15 % de la population déclare ne pas accéder aux soins. La déconnexion entre les coûts des soins et la prise en charge par l’assurance maladie conduit à ce que le prix des couvertures complémentaires devienne de plus en plus prohibitif. Souscrire une complémentaire, aujourd’hui, représente un effort financier de plus en plus lourd. Nous le déplorons. Le renoncement aux soins, si grave sur le plan humain, social, et d’un point de vue économique, renforce les inégalités. Dans ce contexte, le mouvement mutualiste est un acteur majeur de la lutte pour l’accès aux soins.
    Pour autant, les taxes et les contraintes réglementaires qui pèsent sur les mutuelles les empêchent de redistribuer les cotisations au niveau où elles le souhaiteraient. On nous met sur un pied d’égalité avec les assureurs lucratifs en matière d’obligations réglementaires et prudentielles, alors que nous assumons aussi un rôle d’intérêt général. Le modèle mutualiste n’est pas lucratif. On ne fait pas d’argent avec les cotisations et la santé de nos membres, mais nous participons à la solidarité entre les générations, entre les malades et les bien portants. Les mutuelles n’ont ni trésor caché ni bas de laine. Les cotisations que nous collectons sont toujours calculées au plus juste afin d’assurer les remboursements des prestations, la prévention et l’accompagnement social des adhérents.
    La Mutualité, c’est la recherche de l’intérêt général et de l’utilité sociale. Mais force est de constater que le désengagement de l’assurance maladie et la politique agressive des assurances privées contribuent à la marchandisation de la santé et au recul des valeurs de solidarité portées par le couple Sécurité sociale-Mutualité. Pour faciliter l’accès aux soins et la régulation des dépenses de santé, la Mutualité revendique des réseaux de soins qui permettraient de limiter les restes à charge. Il n’y a pas de fatalité à l’aggravation de notre protection sociale. Nous ne devons pas accepter que soit détricotée la solidarité nationale. La santé a besoin de ressources supplémentaires et de ressources solidaires. »


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