• Quand la "dette" de la SNCF éclaire ce que sont les agences de notation.

     

    Quand la "dette" de la SNCF éclaire ce que sont les agences de notation.

    Pendant que les grands commis du capital se réunissent pour tenter de sauver leur outil monétaire à opposer les peuples pour sauver le veau d'or, La Canaille voudrait vous raconter une histoire, vraie, qui éclaire un tantinet les raisons de l'appel aux agences de notations. Histoire qui permettra de conclure sur ce que sont réellement ces officines.

    Voila. Dans les années 85-2000, La Canaille dans le cadre de ses activités militantes de cheminot syndiqué, armé aussi de ses engagements communistes, a eu à différents niveaux de responsabilités, à se coltiner jusqu'avec le gouvernement et la direction générale à la situation économique de la SNCF et de ce que tous les pouvoirs ont appelé et appellent son déficit.

    L'état qui avait refusé de jouer son rôle d'actionnaire unique de son service public l'avait contraint à se financer sur les marchés financiers pour réaliser les investissements dont le pays avait besoin (la question de ces choix en est encore une autre question sur laquelle il faudra un jour revenir) et que les pouvoirs lui imposaient sans moyens ad hoc de réaliser.

    Pour atténuer le coup et se mettre dans la poche les syndicats réformistes l'État avait condescendu à dire qu'il cautionnait ces emprunts (ce qui n'était pas une aide philanthropique mais une simple obligation légale de l'actionnaire).

    Et là commencèrent les grandes manœuvres autour de la crédibilité de la "dette de la SNCF" (dette de l'état transféré sur les épaules des cheminots et de leur entreprise avant d'être pour partie transférer vers les régions et grandes collectivités territoriales).  Elle fut notée par un cartel de banque dont une majorité d'américano-helveto-britanniques pour expliquer combien c'était rentable et garanti pour les préteurs.

    Un outil fut même promulgué. Ce fut le début en France des agences de notation. La SNCF fut affublée d'un AA+++ ou les andouillettes étaient ceux qui y croyaient et les charcutiers ceux qui instillaient l'idée que c'était une bonne chose, certaines andouillettes se comportant comme de véritables andouilles battant la campagne pour dire qu'il fallait tout faire pour garder la note (cela ne vous rappelle rien ?).

    La SNCF remboursant ses emprunts, les luttes obligeants l'état à confirmer sa caution, on vit apparaitre durant le conflit de 86-87 une comète qui se fixa et pris du volume au point de vouloir se transformer en super nova dans les années 95.

    Ce fut la FMC (qui présida à la création de l'UNSA) qui fut chargée de braquer les regards dessus : "la note est liée à la capacité de remboursement, le trafic marchandise est en chute libre à cause de la concurrence et du coût du train face à la route à cause du poids de la masse salariale", "les recettes baisses et les capacités de remboursement se fragilisent. Les grèves inconsidérées vont diminuer cette capacité de remboursement, la note va baisser on ne pourra pas emprunter pour investir". Moralité "les luttes sociales affaiblissent la SNCF ". Cette liturgie sera développée d'abord dans les séminaires de direction, de cadres parlant des pesanteurs du statut, puis lors du cadrage des négociations collectives pour justifier rabotage des effectifs et abandons d'activité "à la concurrence", "pression sur les coûts" etc., sans jamais poser la question de la responsabilité de l'État dans les choix stratégiques de transport (mode et complémentarité modale, présence, modernisation de l'outil,) les moyens (dotation en capital, tarification sociales aménagement du territoire etc.,). Cela jusqu'à la mise en œuvre de la directive CEE 91 440 qui permit d'avancer avec la création de RFF, coup de sabre dans l'unicité de l'outil industriel, État et capital main dans la main, Gayssot et Jospin éclairant le parcours à coup de "PPP", pour engager le travail de privatisation et la casse du statut des cheminots.

    Pourquoi vous rappeler cela ? Vous l'avez compris.

    Les agences de notation ont maintenant non seulement pignon sur rue mais elles décident de qui a le droit d'y habiter et impose crépis et hauteur des bâtisses y compris en expulsant les résident historiques, et maintenant au niveau des états.

    Mais leur rôle se révèle au grand jour : ce ne sont que des outils forgés par le capital servant à justifier les décisions de régressions sociales. Cela arrive après la finalisation des comptabilités analytiques qui permettent d'isoler les postes à externaliser et (ou) abandonner, la transformation des normes comptables internationales qui imposent des exercices dégageant une profitabilité obligatoire.

    Organiser la pression  sur les peuples pour légitimer les mesures de régression économique, puiser dans les richesses pour renflouer les caisses asséchées par les gâchis spéculatif et le pillage au bénéfice des oligarques de tout poils de tous pays, escorter ou légitimer les mesures d'accompagnement des choix du capital prises par les gouvernements pour le protéger des conséquences de sa crise que chacun maintenant reconnait comme systémique.

     

    Nous sommes comme devant ces noblesses d'église, de robe, et de sang qui disaient "ne contestez pas nos choix c'est la voix de Dieu qui nous les dicte" sauf que leur dieu-agence de notation n'est qu'un des gardiens du veau d'or, un veau gras. Pour le faire fondre il faudra, s'ils s'opposent à la volonté populaire de s'en débarrasser, qu'avec leurs agences ces noblesses les rejoignent dans le brasier. 

    Par canaille le rouge


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