• Présidentielle 2012 : Les révérences de François Hollande à la City

    article hollande« Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ». Ou pas. Car ce ne sera pas François Hollande. Au moment où Nicolas Sarkozy peaufine sa déclaration télévisée de candidature, demain, il n’a rien trouvé de mieux en effet que d’accorder au « Guardian » un entretien particulièrement préoccupant. Comme s’il voulait démontrer qu’entre lui et l’actuel Président de la République, la différence n’était finalement que d’une minceur de papier à cigarette. Le journal britannique ne s’y est d’ailleurs pas trompé, et titre avec sobriété : « François Hollande veut rassurer le Royaume-Uni et la City ». La finance mondiale respire mieux. Nous voilà prévenus.

    Que dit François Hollande, candidat du Parti Socialiste Français, aux Britanniques et aux Français qui lisent le « Guardian » ? Car il y en a, et beaucoup, le « Guardian » n’étant pas exactement un fanzine de Grammar School, ronéotypé à 40 exemplaires.

    François Hollande n’est pas « si à gauche » que les Britanniques pourraient le craindre. « La France non plus », d’ailleurs, affirme-t-il. Il n’est pas « agressif » : son programme concernant la finance n’excède en rien celui de Barack Obama. Il est dans « la continuité » de ce que pense « l’opinion publique européenne ». C’est un programme « comparable » à tous les autres candidats à la Présidentielle. Au moins, les choses sont claires : nous sommes loin du temps où il disait que « mon adversaire, c’est la finance » (de la « rhétorique de campagne » selon le « Guardian »). En trois semaines, tout change. On se demande seulement s’il se rend bien compte de la colère et de la déception de l’opinion publique française, sans parler de l’européenne, ni de la grecque. 

    Ce n’est pas tout.  Non content de déclarer sa flemme à Tony Blair (dont, la seule erreur fut de croire que « les marchés pouvaient se réguler eux-mêmes »), le candidat du Parti Socialiste affirme à la presse britannique qu’il « n’y a plus de communistes en France » ! Rien à voir avec l’élection de François Mitterrand, quand les gens avaient « peur des chars soviétiques, place de la Concorde ». Jean-Luc Mélenchon remplit les meetings, rencontre un écho grandissant dans le pays, mais François Hollande ne s’en est pas rendu compte. Il faudrait lui rappeler qu’il n’y a pas une mairie importante, dirigée par la gauche, qui ne le soit sans les voix des électeurs communistes ou le soutien de leurs élus – mais a-t-on prévenu le candidat du Parti Socialiste ? François Hollande ne voit rien de ce qui est à sa gauche, semble-t-il, ce qui fait beaucoup. Ce qui fait même une majorité de Français, celle qui a dit « non » en 2005, mais que François Hollande ne veut pas (re-)voir.

    Car pour conclure son opération « New PS », il annonce en effet qu’il ne demandera pas une « renégociation totale » des traités européens. Et surtout qu’il ne présentera rien au suffrage référendaire… Bon. Et sinon ? –  Sinon, François Hollande a rassuré nos amis britanniques sur un dernier point, d’importance : il parle « anglais comme un Français, mais il le parle, lui », à la différence de son futur prédécesseur. Au moment d’entamer la dernière ligne droite avant le premier tour, la gauche n’existe plus mais le candidat socialiste parle anglais. On aurait aimé entendre autre chose.

     

    Ian Brossat

    Elu PCF au Conseil de Paris


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