• Pourquoi ils perdent le nord

    Pourquoi ils perdent le nord

     

    Pourquoi La Canaille vous propose cet article du Monde ?

    Regardez comment cela part bien et à quel moment cela dérape.

    Il ne s'agit surtout pas d'excuser ou d'expliquer ce que dit ce gars mais un fois la lecture passée de se poser quelques questions dont celle du terreau fertile au Fhaine.

    Voici le lien pour l'article sur le site du Monde. 

     http://dunkerque.blog.lemonde.fr/2012/06/18/raffinerie-des-flandres-on-navait-rien-vu-venir/

    On se retrouve plus bas, après lecture.

    18 juin 2012

    Raffinerie des Flandres : « on n’avait rien vu venir »

    Lorsqu'il intègre le groupe Total comme pompier à la Raffinerie des Flandres de Dunkerque en 1996, Bruno, 46 ans, est convaincu d'entrer dans "une boîte en or". Une boîte dont on se dit : "on est là jusqu'à la retraite". En 2010, il découvre en même temps que ses 300 collègues que la raffinerie ne redémarrerait pas après le "grand arrêt" de maintenance prévu de longue date. "On n'avait rien vu venir, le groupe faisait des bénéfices, on était la dernière raffinerie construite, on tournait même l'hiver..."

     

    Membre de la CGT, comme son père avant lui, comme ses deux frères aujourd'hui, Bruno s'implique dans la grève. Fortement médiatisé suite à l'arrêt des autres raffineries en France, le conflit va durer plusieurs mois et connaître plusieurs faits d'arme (la prise du bureau du directeur, les deux montées à Paris au siège du groupe), ses solidarités et ses galères. "Je ne voudrais plus le revivre. Moralement, c'était dur", concède Bruno deux ans plus tard.

    Avant d'entrer chez Total, en 1996, il avait déjà connu "trois licenciements". L'armée d'abord, qu'il avait quitté à 24 ans au grade de caporal, sans perspective de monter davantage en grade. Les deux sociétés chez qui il avait successivement travaillé comme monteur-échafaudeur et monteur-tuyauteur avaient été contraintes à des licenciements. Alors lorsque la direction de Total propose une reconversion aux salariés qui le souhaitent, Bruno, lui, se bat "pour rester. Il était hors de question de partir. Mon but : avoir une retraite..."

    Sur le site dunkerquois, rebaptisé Établissement des Flandres, il a la possibilité de travailler comme pompier et au dépôt, une double affectation qui correspond à son parcours professionnel dans l'entreprise. Aujourd'hui, explique-t-il, il y a "150 bonhommes" de moins qui travaillent au sein de ce qui est devenu un centre de stockage et de formation. "Personne ne s'est retrouvé sur le carreau, admet Bruno. Eux [les patrons], ils ont des sous, ils seraient hors la loi de licencier avec les milliards de bénéfice."

    Cet épisode, dont il garde une certaine "rancœur", n'a fait qu'accroître sa vigilance. "Ils nous ont roulé une fois mais pas deux. Un truc comme ça, tu l'oublies pas."

     

    Il y a quelques semaines, au premier tour de l'élection présidentielle, Bruno a voté Marine Le Pen au premier tour, comme 3243 autres électeurs de la commune, plaçant la candidate frontiste à 30,51 % des voix dans la commune. "Déçu" que la candidate frontiste n'accède pas au deuxième tour, il a voté blanc le 6 mai. Aux législatives, il se disait prêt il y a quelques semaines à "sans doute voter la même chose parce qu'un coup c'est la droite, un coup c'est la gauche, et rien ne se passe... "

    "J'en ai marre des promesses, explique-t-il. Marre que l'on taxe toujours l'ouvrier qui bosse. Marre qu'on nous prenne pour des vaches à lait." Ce qui a motivé son vote, c'est notamment "l'arrêt de l'immigration""C'est pas du racisme, c'est de la logique", dit-il. Autre point qui lui tient à cœur : "la délocalisation des sociétés""Ça, ça me bouffe. Il faudrait renationaliser les entreprises. En priorité les grosses, comme Total."Il précise : "C'est pas communiste, c'est la sauvegarde de notre savoir-faire".

    Le vote Mélenchon, il l'écarte d'un revers de main. "Il ne m'attirait pas, ça ne m'intéressait pas..." En 2007, il avait voté Sarkozy au deuxième tour. "Son programme était bon, il m'a déçu sur tout, juge-t-il aujourd'hui. Il n'a rien fait contre les délocalisations. Et notre conflit, il s'en foutait."

    Dimanche 17 juin, dans la 13e circonscription du Nord, Philippe Eymery, le candidat Front national, a recueilli 15 730 voix (35,27%) face au candidat MRC Christian Hutin, réélu avec 28 874 voix (64,73%).

     

    Pour info carte de visite de la 13ème circ. du nord a 90529 inscrit, 44604 exprimes pour 47203 votants.

    Composée des cantons de Coudekerque-Branche, Dunkerque-Ouest et Grande-Synthe.

    Dunkerque et son port (géré par la CCI)

    Usinor, Total, centrale EDF

    La carte de visite industrielle et des services égrène plans de casse, plans "sociaux", restructurations, PSE. Mais aussi des luttes magnifiques des combats contre les trahisons politique au premier rang desquelles celles du PS et la désertion au premier rang de la quelle celle du à l'insitutionalisation des pratoiques du PCF.

    Ancienne circonscription de Delebarre

    Député Hutin, MRC

    Évoqué comme siégeant au groupe communiste, il confirme qu'il siègera au groupe socialiste1. En 2008, il est réélu maire de Saint-Pol-sur-Mer dès le premier tour, sa liste n'ayant aucune concurrence.

    Les trombinoscopes précisent :

    De 1995 à décembre 2010: Maire RPR puis MRC de Saint-Pol-sur-Mer, Nord,

    1990 -1995  : Membre RPR du Conseil municipal de Dunkerque.

     

    Maintenant la question : comment des travailleurs dont l'argumentation est de classe, la pratique revendicative elle aussi de classe, dans la mouvance des porteur de choix révolutionnaires en arrivent à d'abord se fourvoyer puis pour certains à se conforter dans les impasses mortifères du vote fasciste ?

    Que leur a-t-il manqué pour construire une autre issue à leur colère ?

    La casse industrielle qui s'installe dans un pôle économique majeur se structure et se déploie au moment la force politique qui devrait fédérer les énergies protestataires entre en crise.

    Un déterminisme sociologique, une instrumentalisation du bloc social perçu que globalisé au travers de ses mutations technologique fait croire au PCF qu'il n'a qu'a rattraper un retard sur l'histoire alors qu'il n'est pas en retard mais qu'il se trompe à partir d'une double erreur théorique :

    La première qui perdure : analyser l'histoire et le mouvement en se considérant extérieur au mouvement coupe l'analyste de ses racines et l'exclue du champ des possibles concrets. Chaque moment politique ne se réfléchit pas en termes d'écart à la logique ou au besoin repéré par ceux qui savent sauf à tomber dans un déterminisme historique dont Marx s'est justement gaussé en le présentant comme une des facettes de la pensée réactionnaire. Cela disqualifie celui qui se positionne ainsi et lui supprime toute pertinence dans le débat d'autant plus qu'il clame vouloir raccrocher son wagon au train du réel lequel a continué de rouler durant ses états d'âmes immobilisants.

    Quand on se trompe on n'est pas extérieur au mouvement de la société on participe avec le poids de ses erreurs à déplacer le centre de gravité de la société vers d'autres issues. Qualifier ces (ses) erreurs de retard éloigne encore plus du lieu de l'affrontement tant cela accrédite l'idée de pertes de contacts avec ce réel.

    La seconde est cette autre erreur "chromosomiquement établi", erreur magistrale qui détermine la conscience de classe comme étant une acquisition définitive d'un corps social assurant des réserves d'activités …singulièrement électorales pour qui ne voit plus le politique que par ce prisme. Elle globalise l'unité sociale qui, fait de rapport de forces au sein de l'affrontement de classe et cette distance de l'individu via le groupe, voit l'amoindrissement du groupe sans porter le regard sur les conditions individuels du réel lequel pourtant construit les repère qui mutualisés font l'appartenance de classe, individu qui sont taraudé par la pression idéologique de ceux qui ont compris l'enjeu d'empêcher toute volonté individuelle à construire le rapport de classe. C'est sur cet écueil que butte le débat sur le caractère de lasse de masse et l'engagement individuel qui pose problème à la syndicalisation, écueil que l'exemple de l'article a su dépasser mais qui butte ensuite sur la question de l'alternative à l'existant.

    C'est en cela que le constat de l'absence de force politique capable de penser la transformation sociale révolutionnaire ne supprime pas devant la crise le besoin d'une transformation sociale. Tant que ce besoin de la transformation n'est pas dominant au sein de ceux qui n'ont d'issue que par celle-ci, l'organisation et filtre du réformisme fournisse la solution. Dès lors que la crise submerge au point que les constructions politiques classiques ne sont pas capables d'offrir d'outil crédible, la recherche d'outil de la transformation sociale alors que l'issue révolutionnaire n'est plus visible ni même débattue, produit le terreau sur lequel s'implante le Fhaine.

    La CGT dans l'espace social et les règles qui sont les siens agit pour combattre ces idées. Un travail patient qui demande persévérance et conviction.

    Il peine à avancer pour une raison simple ; tout ce que la réflexion sur la place du salarié (chômeur et retraité compris dans l'appellation générique) produit de provocation à la recherche d'issue est stérilisé par l'absence d'un moment des forces progressiste apportant contribution à ce mouvement.

    Ce débat est en plus obéré par l'histoire même du syndicalisme dans ce pays qui a délégué historiquement depuis la création de la SFIO le poids du changement de société de plus exclusivement aux forces politiques au point de ne plus porter sa propre réflexion dans les contenus transformateurs.

    Par canaille le rouge


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