• Pour sortir de la crise, payer le travail !

    « Nous sommes pillés, vous êtes rackettés » ! C’est avec cette interpellation claire que des délégations d’agriculteurs du Modef ont été jeudi dernier à la rencontre des habitants de la région parisienne pour leur proposer à prix de revient des fruits et légumes du Lot-et-Garonne. Plusieurs dizaines de tonnes ont ainsi été vendues au juste prix avec l’aide des militants du Parti communiste qui, depuis près de trois mois, font signer une pétition contre la vie chère. De telles initiatives sont l’occasion pour les travailleurs des villes et ceux des champs de mieux se connaître, de mieux comprendre les problèmes des uns et les difficultés des autres. L’occasion de mieux mesurer à quel point ils sont victimes d’un même système : pression à la baisse sur les salaires, les retraites, les minima sociaux et diminution permanente des prix agricoles à la production alors que depuis des années les prix alimentaires n’ont cessé d’augmenter. Les agriculteurs ne travaillent que pour les banques lorsqu’ils ont des crédits. Et dans les quartiers populaires, la baisse du pouvoir d’achat conduit nombre de familles à se priver, y compris sur leur alimentation. Certaines d’entre elles sont même contraintes désormais d’emprunter pour assurer des dépenses courantes, s’endettant elles aussi sans perspective d’avenir. D’ailleurs, le surendettement qui plonge de plus en plus de familles dans une vie sombre se développe malheureusement.

    Contrairement à ce que disent les grands médias et les idéologues de la droite, la crise n’est pas une crise de la dette. Ce sont là des apparences rabâchées à longueur de journée dans les télévisions et les radios. Mais la vérité c’est que la crise s’est développée parce que le pouvoir, au service des marchés financiers, a de plus en plus transféré les résultats du travail salarié et paysan vers le capital. Et aujourd’hui il accentue cette pression en utilisant la crise qu’il a créé pour pressurer encore plus les travailleurs en augmentant les impôts indirects, les cotisations sociales, les cotisations retraites, tout en réduisant le niveau des retraites et des prestations sociales, en réduisant ou en démantelant des services publics.

    La crise est bien le résultat de la spéculation et du non paiement du travail à sa juste valeur. Voilà pourquoi il ne faut pas se laisser abuser par l’insupportable propagande, sans cesse répandue et par la nouvelle idée du Premier ministre appelant à l’unité nationale pour faire oublier que c’est lui, sous l’impulsion du Président de la République qui a creusé, année après année, les déficits publics en multipliant les cadeaux aux plus riches.

    Passons donc à l’offensive pour réclamer notre du. De bons prix agricoles, de bons salaires, de bonnes retraites, de bonnes prestations sociales, l’amélioration de la protection sociale, l’amélioration et le développement des services publics. Il n’y a pas de sortie de crise sans justice sociale, sans lutte contre les inégalités. Et les agriculteurs, venus crier leur colère et tendre la main aux consommateurs dans les cités populaires, ont besoin que la réforme de la politique agricole commune revienne à des prix planchers garantis pour une quantité donnée de production, à la remise en place de taxes écluses aux frontières extra-européennes et d’accords de coopération et de calendrier d’importation à l’intérieur de l’Europe s’opposant à la concurrence entre producteurs. Nul n’y gagne, sauf la grande distribution. Les producteurs espagnols ou italiens sont contraints de produire toujours à plus bas prix pour réexporter. Ceci revient à surexploiter les travailleurs espagnols mais aussi les travailleurs paysans français parce qu’ainsi les prix à la production baissent partout. Tant que ne sera pas mis en place ce système de prix minimum, la mise en concurrence des producteurs agricoles sans bénéfice pour le consommateur se poursuivra.

    Décidément, les militants du Modef ont  raison d’appeler à faire cesser le pillage des travailleurs paysans et le racket des  consommateurs.

    http://patricklehyaric.net/2011/08/23/pour-sortir-de-la-crise-payer-le-travail/


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