• Nicolas a dépensé sans compter lors de ce quinquennat, et aux frais des contribuables évidemment. Le magazine Marianne a comparé les de Sarkozy à celles d’  Obama et Merkel.

    sarkozy bilan taxes Les dépenses hallucinantes de Sarkozydepenses sarkozy Les dépenses hallucinantes de SarkozyRappelons que Sarkozy avait augmenté son salaire de près de 300% en arrivant à l’ , avait offert une carte bancaire à Cécilia Sarkozy sur le compte du Trésor Public, s’est payé un Air Force One à la française au coût pharaonique et sur le budget de la Défense alors que les soldats français d’ Afghanistan manquent considérablement de moyens, une cafetière à 25 000 euros ( voir Une cafetière à 25000 euros pour Sarkozy dans son avion), une douche à 24 000 euros ( voir Douche pour sarkozy : 245572 euros), un four à pizza dans son Air Sarko One  ( voir Le four à Pizza de Sarkozy), une chambre à 30 000 euros la  nuit au G20 de Cannes ( voir Combien a coûté la suite de Sarkozy au Majestic de Cannes ?), sans oublier les nombreux exploits de ses fils ( Jean à l’ Epad, Pierre rapatrié d’ Ukraine, etc…).

    Le budget de l’ Elysée représente un coût de 1,44 euros par habitant alors que le budget de la chancellerie allemande représente 0,49 euros par habitant, et le budget de la Maison-Blanche 0,17 euros par habitant.

    Les dépenses courantes de l’ Elysée sont 2 fois plus élevées qu’ à Berlin et à Washington. Le coût des voyages de Sarkozy est 15 fois plus élevé que celui de Merkel. De plus l’ Elysée compte 300 à 350 employés de plus que chez Angela Merkel et Barack Obama.

    Les efforts que Sarkozy réclame aux français ne semblent pas s’appliquer à lui-même.

     

    source: www.newsnours.com


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  • Bonjour.

    LA STRATÉGIE DE LA PEUR, STRATÉGIE DES CLASSES DOMINANTES. Lors du rassemblement du 16 mai 2010 au plateau des Glières, j'ai eu la chance d'entendre une parole forte, la parole du juge Serge Portelli, (Vous trouverez ci-après plus d'informations le concernant). Vous trouverez l'intégralité de son intervention sur le site du CRHA.

    Ce qui m'avait profondément interpellé était le concept suivant: "Nous ne sommes plus en démocratie, nous ne sommes pas encore dans une dictature (état policier), nous sommes dans un état limite..". Serge Portelli empruntait là un terme à la psychiatrie. Lorsqu’elle désigne "l'état limite" qui sépare l'intention de commettre une action grave au passage à l'acte, ce moment où tout peut basculer.

    Il a réaffirmé à cet effet une valeur majeure du Conseil National de la Résistance,  la liberté. 

    Il ne peut pas y avoir de progrès social sans liberté.

     

    L'idéologie qui prévaut aujourd'hui est basée sur la peur. La peur de l'autre, la peur des jeunes, la peur des roms, la peur de l'islam, la peur du terrorisme, etc...

    Chaque peur déclenchée dans le corps social est utilisée pour restreindre les libertés fondamentales. Les innombrables fichiers, les tests ADN, les répressions inquiétantes de toutes les manifestations non autorisées. La débauche de moyens sécuritaires pour chaque manifestation autorisée. La débauche de moyens sécuritaires pour chaque déplacement du chef de l'état. La débauche de moyens sécuritaires pour certains évènements sportifs. Il est fréquent de constater pour les matches de football  une débauche de moyens de sécurité, jusqu'aux hélicoptères qui surveillent les agissements des foules. Tout ceci s'impose à nous peu à peu. Il nous semble naturel de renoncer à nos droits fondamentaux et à notre liberté pour assurer la sécurité. Le rouleau compresseur médiatique et ce déploiement de force  ont imposé à nos cerveaux reptiliens les comportements attendus : la peur, la soumission et le renoncement.

     

    Heureusement des résistances existent. Il est primordial pour le pouvoir en place d’éradiquer ces îlots de contestation et de liberté. On ne voit plus la violence avec laquelle sont réprimés certains syndicalistes courageux qui défendent le bien commun. Il convient pour les tenants de cette idéologie de briser les résistances et de mettre au pas les fortes têtes. L’exemple le plus emblématique est je pense celui de Xavier Matthieu.

     

    Naomi Klein dans son livre"La stratégie du choc" analyse l'idéologie ultralibérale qui impose aux peuples par la peur le capitalisme du désastre. Elle expose clairement les modes opératoires mis en place pour faire accepter aux personnes toutes les régressions voulus par cette oligarchie mondiale.

     

    Cordialement.

     

    Lucien PONS.

     

     Je vous propose pour illustrer mes propos deux éléments qui mettent en évidence la montée de la peste brune.

     

    •  Un message du M'PEP. Lors de l'université d'automne,  cette question avait été évoquée lors d'une conférence du juge Portelli.

     

    Message du  Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP),  6 avril 2012.

    Pour accéder aux vidéos de Michèle Dessenne et Serge Portelli, cliquez ci-dessous :
    http://www.m-pep.org/spip.php?article2553

    La politique sécuritaire orchestrée par le gouvernement français depuis des années s’articule avec la stratégie de la peur organisée par les classes dirigeantes. Leur objectif est de faire taire le peuple, de réduire sa capacité de rébellion, d’affaiblir l’impact des luttes syndicales pour détruire plus vite les acquis sociaux et régner en maître. Précarisation, paupérisation, chômage, dépolitisation amoindrissent la potentialité de résistance sociale, organisent la concurrence de tous contre tous, la division et le communautarisme. Fichage, surveillance, multiplication des gardes à vue, promulgation de lois et de décrets scélérats, centres de détention pour les étrangers, reconduite à la frontière pour satisfaire aux quotas annuels, désignation de populations dangereuses, retour à des pratiques d’enfermement « des fous », détricotage méthodique des services publics, politique du résultat et du chiffre et affaiblissement des corps de fonctionnaires ouvrent une période « grise » comme la qualifie Serge Portelli.

    Ceci n’est pas le fruit du hasard ou d’un dérapage mais le résultat d’une idéologie. Celle, portée notamment par Nicolas Sarkozy, président-PDG d’un État « commercial ». Insidieusement, nous assistons à la création de sous-hommes, définis comme dangereux, des citoyens ennemis de l’intérieur pour les « héros d’aujourd’hui » que seraient les grands capitaines d’industrie et les  rois de la finance, les « risqueurs modernes ». Face à cette offensive, dans cette période grise qui pourrait devenir brune, il est du devoir de chacun d’être vigilant, résistant et combattant. S’attaquer frontalement à l’idéologie déployée en France mais aussi au plan européen et mondial n’est pas une tâche secondaire, ni un supplément d’âme. Analyser pour déconstruire l’idéologie sur laquelle se déploie le libéralisme économique, s’appuyer sur l’héritage des valeurs de la Révolution française, de la République, de la Résistance, constitue une étape indispensable à la reprise en main par le peuple de son devenir et à la transformation sociale.

    • Introduction par Michèle Dessenne
      Directrice d’une société coopérative ouvrière de production en Île-de-France dans le secteur de la communication, membre d’Escoop (Économie solidaire et coopérative), porte-parole nationale du M’PEP, ancienne secrétaire générale et membre fondatrice d’Attac.
    • Suivie de l’intervention et des réponses de Serge Portelli
      Magistrat , vice-président du tribunal de Paris, président de la 12e Chambre correctionnelle, ancien conseiller auprès du président de l’Assemblée nationale et doyen des juges d’instruction au tribunal de Créteil, membre du Syndicat de la magistrature.

    Ces vidéos ont été tournées lors de l’Université d’automne du M’PEP du 11 au 13 novembre 2010 à Luc-en-Diois (26).

     

    • La stratégie de la peur appliquée aux manifestants de la place Syntagma à Athènes après le suicide du pharmacien de 77 ans le 4 avril 2012.

    Grèce / Hier soir place Syntagma - Athènes, le 6 avril 2012.

    Où cela va-t-il s'arrêter ? La colère monte devant le parlement,  place Syntagma à Athènes.


    Le 04.04.2012 environ deux milles personnes se sont réunis place Syntagma à  Athènes pour commémorer le suicide le jour même de cet homme de 77 ans en  face du parlement. 

    Cet homme s'étant donné la mort par en laissant une lettre : 

    "Le gouvernement d'occupation de Tsolakoglou* a supprimé ma capacité de  survie qui se basait sur une retraite digne que j'ai moi même payé (sans  l'aide de l'état) durant 35 ans. 

    Compte tenu du fait que mon âge ne me permet pas de réagir individuellement  de façon dynamique (bien que si un autre grec prenait une Kalashnikov je  l'aurais suivi), je ne peux pas trouver d'autre solution à part une fin  digne avant d'être obligé de chercher dans les poubelles pour me nourrir. 

    Je pense que les gens sans avenir, vont un jour prendre les armes et vont  pendre sur la place public de Syntagma les traîtres, comme les Italiens  l'ont fait avec Mussolini en 1945." 

    Autour d'un arbre en contrebas du parlement des centaines de bougies sont  posées au sol et des messages sont accrochés à l'arbre et aux alentour. 

    Cette manifestation spontanée emplie de colère a commencé devant le  parlement par des cris de personnes de tout ages, des cris de désespoir  laissés sans réponse. La réponse fût donnée quelques heures plus tard  par  des coups des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants. Une jeune  fille est au sol, les yeux clos, une poignée de manifestants arrivent pour  l'aider, parmi eux l'équipe sanitaire, présente sur place pour venir en  aide aux manifestants blessés. Tous sont repoussés au début par la police  qui ne prend visiblement pas cette histoire au sérieux. La colère monte, la  jeune fille a les clos, certains hurlent qu'il lui faut de l'aide, l'équipe  sanitaire est en colère elle aussi. 

    Les cris fusent les gens courent et la peur est montée chez une bonne  partie des gens qui s'extraient de la manifestation, la colère prend le  dessus chez d'autres qui s'emparent de pierres pour riposter aux violences  policière. Le riot commence, la police riposte et provoque. La plupart des  policiers sont très jeunes, une vingtaine d'années et on se croirait dans  un jeu de "cap ou pas cap".  Plusieurs policiers font signes aux jeunes de  lancer des pierres pour voir s'ils sont cap'. Provocation qui amplifie la  colère de tous les manifestants. Pour finir, la police montre une bonne  fois pour toute qu'elle est cap' et  repoussés jusque dans les rues de  Monastiraki une centaine de manifestants se voit forcée de courir pour  échapper aux forces de l'ordre qui les pourchasse. Pourquoi ? Pour un  rassemblement commémoratif. Pour demander pourquoi, pour demander une  réponse, pour hurler que ce système a assassiné cet homme. 

    Seuls sont restés une centaine de personne, pour la plupart âgées autour de  l'arbre, lieux symbolique que la police n'a pas eu ordre d'attaquer. La  manifestation s'est ternie après l'attaque des forces de l'ordre. La  circulation a repris une demie heure après, le camion poubelles est venue  ramasser les cadavres de bombes de gaz et les poubelles jonchant le sol.  Une heure plus tard les passants ne pouvaient se douter de rien. Rien ne  s'était passé. 

    Même scénario en beaucoup plus violent le 05.05.2012 ou environ mille  manifestants se sont réunis spontanément place Syntagma aux alentours de  18H. La police cette fois n'a pas tardé à repousser les manifestants très  violemment, en prenant même des initiatives personnelles de tabasser  quelques personnes pour l'exemple, aux yeux de tous et des caméras. La peur est montée et une grosse partie des gens sont partis. 

    Arrestation publique au beau milieu de la rue commerciale d'Athènes : 

    Même scénario que la veille pour les vétérans qui se sont retrouvés à  devoir reprendre la même rue et courir pour échapper aux forces de l'ordre  qui cette fois avaient probablement eu l'ordre de semer la peur, encore  plus que la veille. Les "delta" (police à motos) ont barrés la route à une  partie des manifestants. Certains ce sont alors réfugiés dans le café le  plus proche. La police est entrée dans le café donnant l'ordre aux  manifestants d'en sortir. La plupart, effrayés, se plaquent contre le mur  du fond. La police choisit treize personnes qu'elle sort manu militari du  café et fait asseoir au sol en chaîne les uns derrière les autres puis  encercle. Arrestation publique au beau milieu de la rue commerciale  d'Athènes. Un groupe de manifestants et journalistes se réunit alors autour  des treize. La police fait "circuler" les touristes les promeneurs,  intimide et effraye le reste des gens autour. Le message est clair "vous  pouvez aussi être arrêté à n'importe quel moment et être mis au sol,  menotté et emmené au commissariat sous prétexte que vous étiez là" Et cela  marche, effectivement, les gens prennent peur, la police feinte de charger  ceux qui restent à regarder la scène pour finalement embarquer les treize. 

    La police replie et le reste des manifestants en très petit nombre se  redirigent vers la place Syntagma, lessivés. 

     Les rues sont nettoyées aussitôt et la circulation reprend, les gardes  reprennent leur balai chorégraphique devant le parlement et restent une  centaine de personne devant l'arbre à pleurs. 

    Une centaine de personnes, dont beaucoup de personnes âgées qui se désespèrent. 

    Il se trouve qu'une personne que je connais personnellement a fait parti  des treize  arrêtés. Française étudiant le droit à Athènes elle s'est  retrouvée être dans ce café puis mise au sol et emmenée au commissariat  avec dix autres personnes. Pour quels motifs ? Inconnus. 

    Devant le commissariat une trentaine de personnes et deux avocats attendent  des nouvelles des treize arrêtées. "Pour le moment on ne sait pas si elle  est là, on ne sait pas pour combien de temps ni pourquoi" nous disent les  agents devant le commissariat, derrière les barrières (on n'entre pas dans  le commissariat sans autorisation ici). Après une heure et demie onze sont  libérés et deux attendaient encore lorsque j'ai quitté les lieux à minuit  et demi. 

    La tristesse était de mise après cette soirée, tristesse qui se  transformera sans doute demain en colère. Où cela va-t-il s'arrêter ?  Après avoir vu la hargne de la police et les décision personnelle de  tabasser pour l'exemple tandis qu'en haut, sur le balcon du parlement  regardent la scène des hommes en cravates, ces gens autour de l'arbre qui  comprennent cette situation et ne s'en sentent probablement pas si  éloignée, cette chasse aux immigrés quotidiennes pour les envoyer en camp  de travail, cette misère qui grandit dans les rues, je me demande ou cela  va-t-il s'arrêter ?


    La Grèce est en tous les cas le laboratoire de l'Europe. 

    Et bientôt, à qui le tour ? 

    Laura 

    Site national : http://www.audit-citoyen.org/

     

     


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  • Candidat-caméléon, Nicolas Sarkozy est bien celui du changement permanent… de lui-même.

     

    Mouvement perpétuel et rideaux de fumées : la méthode Sarkozy. (WITT/SIPA)

    Mouvement perpétuel et rideaux de fumées : la méthode Sarkozy. (WITT/SIPA)

     

    Nicolas Sarkozy a un ennemi : le temps. Candidat de l’instantanéité, de l’urgence, de l’immédiateté, le président sortant ne redoute rien tant que la durée. Deux menaces essentielles pèsent sur sa campagne : la mémoire de l’électorat qui, au regard de son bilan détruit la crédibilité de ses engagements, et le recul que prennent ceux qui observent l’ensemble de sa campagne pour tenter d’en cerner l’introuvable cohérence. Pour surmonter ces handicaps, il lui faut donc bouger sans cesse, et construire, ou plutôt déconstruire, sa campagne en une succession de séquences, brèves, et surtout indépendantes l’une de l’autre.

    Il est comme ces tableaux dont on ne perçoit le sens que lorsqu’on s’en éloigne. De près, on peut être impressionné par un tour de force, s’émerveiller devant une annonce, applaudir une trouvaille, mais dès que l’on prend du recul et que l’on tente de le saisir dans sa globalité, on est saisi par d’indépassables contradictions internes. Son gourou, Patrick Buisson, nous vend un récit "national" qui se réclame de Renan, ponctué de fulgurances qui se voudraient dignes des coups de pinceau d’un Van Gogh ; on se retrouve avec du Derrida repeint par Mondrian… Un rectangle noir par-ci, un carré rouge par-là, une bande blanche au milieu, c’est beau, coloré, impressionnant, mais le quidam peine à apprécier l’harmonie de l’ensemble.

    Faute de projet cohérent, on assiste à une inédite déconstruction programmatique. Ainsi, le nouveau (nouveau, nouveau, nouveau, etc.) Sarkozy est-il arrivé avec la présentation de sa "Lettre au peuple français". S’il n’est guère plus gouleyant que le beaujolais, le nouveau Sarkozy a le mérite, lui, de débouler non pas une fois par an, mais tous les quinze jours.

    Depuis sa conférence de presse de jeudi, l’intéressé est donc désormais garant du retour à l’équilibre financier et apôtre de lutte contre les déficits et l’endettement qui, sous son mandat, ont atteint un niveau record. En dramatisant ainsi la crise, et donc les efforts nécessaires à fournir, Nicolas Sarkozy prétend séduire les électeurs centristes de François Bayrou. Le souci, c’est qu’il y a quelques jours, il assurait avec la même fougue que nous étions déjà sortis de la crise et il se posait en rempart face aux "vagues migratoires incontrôlées" pour récupérer le vote d’extrême droite.

    Deux semaines plus tôt, le même Sarkozy - car il s’agit bien du même… - celui qui se veut désormais seul capable de rassurer les marchés financiers… se voulait "candidat du peuple", anti-élites et en guerre contre les puissants. "Candidat du peuple" vraiment, ou candidat des marchés ? On s’y perd. N’était-il pas, peu avant, l’indéfectible allié d’Angela Merkel pour poser en président protecteur… jusqu’à la perte de notre fameux triple A, symbole de la faillite financière du quinquennat.

    Bref, en moins de deux mois, le candidat–caméléon Sarkozy a déjà présenté quatre profils différents et contradictoires. Série en cours puisque l’intéressé répète qu’il ne se privera pas de dégainer des propositions ébouriffantes jusqu’au jour du scrutin.

    Alors, lequel est le vrai Sarkozy ? Lequel de tous ceux-là doit-on croire ? Le "bougisme" du candidat est supposé ne pas laisser suffisamment de "temps de cerveau disponible" à l’électeur pour qu’il se pose ces questions dérangeantes.

    L’autre manoeuvre du candidat UMP consiste à déplacer le curseur pour faire mine de traiter d'un sujet sans s’y attaquer au fond. En l’espèce, l’affaire de la date du versement des retraites fait figure de cas d’école. Nicolas Sarkozy a promis aux personnes âgées, un électorat qui vote plus que d’autres, que les pensions seraient désormais versées dès le 1er du mois plutôt que le 8. Fort bien. C’est évidemment une très bonne mesure, annoncée depuis un an, qui évitera aux personnes âgées de ne pas être à découvert en début de mois, notamment lorsqu’elles doivent verser leur loyer. Tant mieux. Mais leurs découverts réapparaîtront, hélas, en fin de mois si rien n’est fait pour améliorer leur niveau de vie.

    L’essentiel ne serait-il pas d’augmenter les petites retraites et de restaurer leur pouvoir d’achat ? A cela, non seulement Nicolas Sarkozy, ravi de son petit coup électoraliste, ne répond pas, mais, pire, lui qui a reculé l’âge de la retraite sans augmenter le montant des pensions, fustige la volonté de François Hollande de permettre à ceux qui ont commencé à travailler dès l’âge de 18 ans, de partir en 60 ans s’ils disposent de leurs annuités. Les personnes concernées sont pourtant, la plupart du temps, des gens aux revenus modestes.

    Mouvement perpétuel et rideaux de fumées à tout va, telles sont donc les ultimes bouées de sauvetage sur lesquelles mise le candidat Sarkozy. "Le changement, c’est nous !", a-t-il osé il y a quelques jours. Ce n’est pas faux. Nicolas Sarkozy est bien le candidat du changement, et même du changement permanent… mais du changement de lui-même.

    Renaud Dély - Le Nouvel Observateur


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  • Oui, hier, le petit père Nico (ça fait plus peuple)n'a pas oublié qu'il était à la tête du gouvernement des riches et du patronat depuis 5 ans. Et pour les 5 années à venir, il présente donc le même programme d'austérité pour le peuple et du bonheur pour ses potes et le grand capital.

     

       Et comme pour mieux nous le faire rentrer dans notre caboche de casse-toi pauvre con, il va se fendre d'une bafouille à tous les citoyens. Même ceux qui sont immigrés en Suisse par exemple?


       Hier donc, il a déclaré que les collectivité locales devront "réduire leurs effectifs et leurs dépenses". Pas son salaire, ni ceux des conseillers et de ses chambellans qui ont rang de ministres. Encore moins les profits du CAC 40 ou la fraude fiscale des privilégiés. Cela c'est du domaine réservé et donc intouchable.

       Le petit père du peuple fera aussi voter la règle d'or budgétaire, celle qui asphyxie la Grèce et qui engage l'Espagne dans la même spirale infernale.

       Sur le chômage, par contre, la préoccupation première des Français, aucun engagement chiffré. Étonnant, non? Rien non plus sur les salaires, les minimas sociaux, les pensions pour les handicapés, re étonnant, non?

       Ah si, une mesure d'importance qui va révolutionner sans doute le monde et effrayer les marchés. Les pensions de retraite seront versées chaque premier du mois et non plus le 8 comme actuellement. Bon, il avait promis ça déjà en 2010... Et comme les promesses rendent les vieux cons qui votent pour lui, heureux,ce que je ne suis pas.

     

      Donc, en résumé, c'est zéro. D'ailleurs, il l'exprime lui-même de sa main droite, non?

    Nicolas Sarkozy, invité hier de l’Institut pour la justice. Photo AFP

    http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com

     


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  • Sarkozy oppose son projet à la "pochette surprise" de Hollande

    PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a opposé jeudi son projet pour le prochain quinquennat, dans lequel il multiplie les engagements chiffrés en gage de sérieux, à la "pochette surprise" pleine de "cadeaux" de son adversaire socialiste François Hollande.

    A 17 jours du premier tour de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat présentait à la presse une synthèse de ses propositions et une lettre "au peuple français" qui sera distribuée à six millions d'exemplaires et par internet.

    Engagé dans une bataille de crédibilité contre François Hollande, que les sondages donnent toujours vainqueur au second tour mais avec une marge de plus en plus faible, Nicolas Sarkozy a raillé l'agenda présenté la veille par le candidat socialiste pour les premiers mois du quinquennat.

    "Je suis toujours stupéfait que les candidats viennent en disant : 'voilà ce que je ferai la première année'. Ah bon, et la seconde, c'est la pochette surprise ?" a-t-il ironisé. "Si je suis candidat ce n'est pas pour exercer pendant un an."

    "En vérité, il (François Hollande) a dit surtout ce qu'il ferait avant les législatives : plein de cadeaux, plein de dépenses, on dit non à personne, on endort tout le monde et puis le réveil c'est pour la deuxième année".

    "Personne ne sait" comment les "dépenses nouvelles" annoncées par le candidat socialiste seront financées, a-t-il insisté.

    Le président sortant a assuré que ses propres propositions s'organisaient autour d'un "objectif absolument impératif", le retour à l'équilibre des finances publiques en 2016. Il a même promis un léger excédent de 0,5% du PIB en 2017, le premier depuis 1974.

    "EXPÉRIENCE"

    Nicolas Sarkozy a réaffirmé que le retour à l'équilibre en 2016 supposait 75 milliards d'euros d'économies, dont 39 milliards "sécurisées" par des réformes déjà mises en oeuvre comme celle des retraites ou la réduction du nombre de fonctionnaires, et 40 milliards de recettes en plus, dont 32 milliards déjà votées.

    Il reste au total 44 milliards d'euros à trouver, auxquels s'ajoute le coût des mesures annoncées par le chef de l'Etat sortant depuis le début de la campagne, évalué à 9,5 milliards d'euros selon un document remis à la presse.

    Nicolas Sarkozy prévoit de financer ces 53,5 milliards d'euros à 75% par des économies (40 milliards d'euros) et à 25% par des recettes nouvelles (13,5 milliards), détaillées dans le même document.

    Il a promis de faire voter dès l'été prochain, s'il est réélu, la règle d'or sur l'équilibre des finances publiques prévue par le nouveau pacte budgétaire européen, n'annonçant que deux propositions nouvelles - réforme du permis de conduire et avancement au premier du mois du paiement des retraites.

    "Tout ça pour ça", a raillé le député socialiste Michel Sapin, qui soupçonne le chef de l'Etat de dissimuler un "projet caché" de réductions de dépenses dont "les classes populaires et moyennes" seraient les premières victimes.

    Le président-candidat a surtout vanté sa "grande expérience" de la gestion des crises acquise ces dernières années pour mieux critiquer, en creux, l'inexpérience qu'il prête systématiquement à François Hollande, qui n'a jamais été ministre.

    L'OUVERTURE POURSUIVIE

    Le chef de l'Etat sortant a laissé entendre qu'il pourrait nommer un Premier ministre qui n'aurait "pas forcément la même couleur politique" que lui.

    "Est-ce que, dans le contexte de la France, après quatre années de crise, avec les choix structurants qu'on a à faire, est-ce que le rôle du président, le devoir du président est de construire le rassemblement le plus large ? La réponse est oui. Un président doit s'ouvrir", a-t-il expliqué.

    Il a en revanche jugé "grotesques" et "choquantes" les ambitions prêtées aux socialistes en ce qui concerne la répartition future des postes de l'exécutif, dans l'hypothèse d'une victoire de François Hollande.

    Comme le président socialiste François Mitterrand en 1988, à l'orée d'une élection présidentielle qui lui a permis d'exercer un second mandat, Nicolas Sarkozy a choisi d'adresser une "lettre au peuple français" plutôt que de publier un livre, dont la préparation était pourtant très avancée.

    "Après tout, ça ne lui a pas si mal réussi, cette lettre aux Français", a déclaré le chef de l'Etat, qui s'est offert le luxe d'encenser François Mitterrand, dont François Hollande revendique l'héritage.

    "Est-ce que François Mitterrand est un grand homme de la Ve République ?", a-t-il demandé. "Je crois qu'on peut le dire."

    Il a enfin dit sentir une "vague" se lever en France et a invité "tous ceux qui se retrouvent" dans son projet à se rassembler le 15 avril sur la place de la Concorde, à Paris, au moment où François Hollande tiendra meeting sur l'esplanade du Château de Vincennes, à quelques kilomètre à vol d'oiseau.

    Avec Sophie Louet et Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse


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  • Un rapport publié jeudi 29 mars 2012 montre l'ampleur des dégâts fait par le système capitaliste en France.

    Plus de 11 millions de Français sont touchés par la pauvreté ou l'exclusion. Cette pauvreté sous toutes ses formes a augmenté en France depuis le milieu des années 2000.

    Les conséquences de la crise 2008-2009 sont "lourdes, multiples et échelonnées dans le temps", souligne l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES) dans son rapport 2011-2012.

    Les chiffres disponibles sont de 2009, donc en dessous des réalités dramatiques d'aujourd'hui: 11,2 millions de personnes étaient touchées soit par la "pauvreté monétaire", soit par "des privations matérielles sévères" soit par une "très faible intensité de travail".

    Parmi elles, 700.000 personnes cumulaient les trois indicateurs.

    Si l'on considère les données de l'INSEE, le taux de "pauvreté monétaire" concerne 13,5% de la population:

    8,2 millions de personnes vivaient ainsi en 2009 avec moins de  954 euros.

    Près de deux millions de personnes vivaient avec moins de 640 euros par mois, soit 3,3% de la population, en nette progression depuis 2005.

    Ce mouvement de remontée de la pauvreté est selon l'organisme officiel "en lien,  avec la hausse généralisée des inégalités de revenus aux deux extrêmes de la distribution" des richesses.

    L'ONPES attire l'attention sur des publics particulièrement vulnérables: les familles monoparentales (près de 30% de pauvres), les jeunes (22,5%) ou les femmes âgées (environ 15%).

    L'instance officielle constate aussi que "disposer d'un emploi n'est plus une condition suffisante pour franchir le seuil de pauvreté", tant l'emploi s'est raréfié et précarisé (chômage, CDD, intérim, temps partiel).

    Ces chiffres montrent l'urgence d'en finir avec cette société. Cette situation faite au peuple ne supporte aucun compromis, aucune paix sociale.

    Peut-on à la fois gérer à la fois les affaires du capital et les énormes dégâts qu’il occasionne ? Il faut en finir avec ce « dialogue social. Il faut se faire entendre et se donner les moyens d’en sortir en arrachant au capital notre dû.

    Source : d’après le « site communistes »


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    V COMME VIEUX JEUNES OU JEUNES VIEUX ?

     

     



    Dans la foison de photos qu’offrent les rassemblements de cette campagne éléctorale, l’oeil comprend immédiatement ce qui fait sens chez les uns et chez les autres. Ces photos, mieux que les mots des analystes et mieux que ceux des programmes, montrent avec une force saisissante le projet de vie que portent les différents partis.

     

    Il s’agit bien de deux styles de vie que tout oppose. Ces photos révèlent la partition de la société. Il y a le vêtement, il y a la manière dont on montre son appartenance, il y a les couleurs, il y a les symboles que l’on agite. Mais il y surtout une manière de concevoir le monde. Propre et net, France du costume et de la cravate. France de l’ordre où rien ne dépasse. Couleurs passe-partout,  : bleu, beige, blanc, marron, chez les uns ; palette colorée chez les autre, fantaisie. Il y a les couleurs discrètes, bourgeoises, et des couleurs vives plus subversives.



    Lire la suite de l'article sur le blog http://jaimepasladroite.over-blog.com

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  • le FN n’aime pas non plus les belgesA quelles extrémités en est réduite la blonde grincheuse à la voix criarde de l’extrême droite française, pour cause de stratégie purement communicationnelle de dé-diablisation,  aidée en cela par des journalistes complaisants qui lui donnent si volontiers la parole qu’on a l’impression ( et pas qu’à gauche) qu’elle est en train de coloniser l’espace médiatique français,  comme autrefois ces aïeux l’Algérie…

    La voila surprise à présent en flagrant délit de chercher des noises à ses propres troupes… en Belgique ! En effet, j’apprends notamment par cet article qu’elle a porté plainte auprès de la 7e chambre civile de la cour d’appel de Liège contre le Front national , conduit par le conseiller communal Salvatore Nicotra,  afin qu’il cesse d’utiliser (sic) “sa marque et son sigle”. Résultat : L’astreinte en cas d’infraction est fixée à 10 000 euros par jour, avec un plafond de 150 000 euros.

    Tant que les hyènes se dévorent entre elles…Cela ne me dérange pas.

    Ironie du sort, connaissez-vous la nouvelle appellation du FN Belge ? C’est ici, barre d’adresse à l’appui. ça ne s’invente pas… On croit rêver…. jusqu’à ce qu’on découvre les commentaires en dessous. Alors là, c’est un cauchemar…


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    Eva Joly critique le rôle de Claude Guéant à Toulouse

     

     

    Interviewée par Radio Orient, Eva Joly réagit pour la première fois à l’assaut contre Mohamed Merah

    «Je veux ici revendiquer un peu mon ancien métier. J’ai été magistrate pendant plus de vingt ans et j’ai passé la moitié de mon temps au Parquet. J’étais responsable de l’action publique pendant des années à Evry, responsable en direct de l’action de la police. J’ai eu à faire face à des prises d’otage. Et j’ai appelé le Raid ou le GIGN. Je connais leur pertinence, je sais qu’on peut leur faire confiance mais c’était moi qui dirigeais les opérations et non pas le ministre.

    Et nous sommes aujourd’hui dans une situation absurde en France car nous avons des magistrats indépendants, compétents. Nous avons un instrument d’excellence qui est le Raid, qui était en opération en Toulouse pour interpeller un tueur dangereux. Cherchez l’erreur !

    Qu’a fait le ministre sur place en commentant en permanence, heure par heure, ce qui se passait ? Il a créé de la confusion. Quel est son rôle ? Ce n’est pas lui qui dirige les opérations ! C’est une violation du code de procédure pénale ! Ces opérations auraient dû être dirigées par un juge, à l’extrême limite par le Parquet.

    Vous savez bien qu’en matière criminelle, l’instruction est obligatoire. Le premier meurtre remonte au 11 mars. Le délai raisonnable pour ouvrir l’instruction est déjà fini. En tout état de cause, le ministre n’y a pas sa place. Or, que voyons-nous ? Nous voyons Claude Guéant, les traits tirés. On a l’impression que c’est lui qui donne les ordres au Raid. Et ça, vraiment, c’est anormal. Et je voudrais dire à nos concitoyens que c’est dangereux parce que ça créée la suspicion sur le mode d’interpellation choisie. Les citoyens peuvent se demander pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas choisi d’interpeller Mohamed Merah lorsqu’il sortait de son immeuble et qu’il prenait son scooter ? On aurait peut-être pu le faire avec beaucoup moins de déploiement de moyens. Est-ce qu’il n’y avait pas là une arrière-pensée politique ?

    Vous pensez que c’est une opération spectacle ?

    Ce que je vous dis, c’est que le fait que le ministre était présent et a donné l’impression de commander les opérations, ce qui est illégal, crée cette confusion et cette suspicion. Si aujourd’hui les citoyens peuvent se demander : « Est-ce que ça n’est pas fait pour le spectacle ? » c’est parce que le ministre était là. S’il était resté Place Beauveau, on aurait laissé le Procureur de Paris, M. Molins agir ou le juge en charge de l’enquête et ce serait judiciaire. Parce que le ministre était là, on peut se dire peut-être qu’il y a eu une forme de mise en scène. Cette situation est anormale et a fait prendre des risques aux forces d’excellence que nous avons et qui n’ont pas besoin de Claude Guéant qui, à mon avis, ne connaît pas les opérations comme les dirigeants du Raid.


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  • De « l’ultra Gauche » à « l’ultra Droite » ou la politique de la dérive

    Il ne manquait qu’une tragédie à la campagne pour l’élection présidentielle 2012. Quand la plupart des citoyens n’y songeaient aucunement, certains la craignaient et d’autres en convoitaient le coup de pouce décisif. Elle survint à Toulouse le 19 mars, la veille d’un nouveau printemps. Et de la pire des façons que nul n’aurait songé à imaginer : le meurtre de trois enfants et de l’un de leurs professeurs dans l’enceinte même d’une école juive. L’horreur absolue du crime imposa le réflexe unanime – du moins en paroles – de la suspension momentanée des hostilités d’une campagne où la violence le dispute trop souvent au criant manque d’imagination. On en profita néanmoins pour nous suggérer de tourner notre regard du côté de « l’ultra Droite ». La minable dérive de la politique sarkozienne ne saurait donc s’interrompre.

    Disons-le tout de go : l’ultra-Droite n’existe pas. Tout comme n’existe pas davantage l’ultra-Gauche, épouvantail brandi voilà trois ans par Mme Alliot-Marie dans l’affaire dite de Tarnac. Dans les deux cas, il s’est agi d’instrumentaliser un fait isolé – plutôt anodin dans l’affaire de Tarnac, barbare dans celle de Toulouse – afin d’accréditer la thèse de l’existence d’organisations politico-criminelles fomentant dans l’ombre de la République sa déstabilisation voire sa destruction. Les esprits suffisamment éclairés ne voient dans ces manœuvres stupides que la bouffée délirante d’une démocratie malade. Ce n’est évidemment pas à eux que s’adresse le grossier et imbécile message mais à la nébuleuse des « indécis » dont on nous dit qu’à un mois du scrutin majeur, ils représentent 50 % des citoyens ayant l’intention de voter. Dans l’affaire de Tarnac la stupidité – où le cynisme politique – est porté à son comble : le dossier est vide, il n’existe aucun début de preuve de l’acte que l’on impute aux accusés. Julien Coupa sera pourtant maintenu des mois en détention. Dans les deux affaires, on aura pu admirer la facilité express avec laquelle les médias de masse firent voler de rédaction en rédaction la baudruche coupablement gonflée par le ministère de l’Intérieur. Ce sont là de grands moments de journalisme de révérence, gangrène d’une profession sinistrée.

    L’invention du dernier concept à la mode au magasin des fantasmes sarkoziens était habile, convenons-en. La pancarte « Ultra Droite » a deux grands mérites sournoisement calculés. D’abord, elle joue avec la confusion possible entre « ultra » et « extrême » au sein d’une partie de l’opinion. L’océan Opinion, aux rivages flous et profondeurs obscures, sondés malgré tout chaque jour afin de combler le vide du continent Politique, renferme des trésors que les meilleurs inventeurs d’épaves savent faire remonter à la surface au moment opportun. Il suffirait qu’un tout petit nombre de gens fort mal avisés de la chose politique confonde l’ultra-Droite – qui n’existe pas – avec l’extrême Droite largement incarnée par le Front national – qui séduit désormais trop d’anciens supporters de l’hôte de l’Elysée – pour que ces derniers envisagent un maintien salutaire au bercail. Ensuite, en se gardant de désigner l’extrême Droite, la trompeuse pancarte ne froisse pas les électeurs du FN dont les voix pourraient être précieuses, le cas échéant, lors du second tour de l’élection suprême. À part cela, on faisait une trêve !

    Nous n’avons pas abordé ici la question du rôle éventuel que pourrait avoir joué dans l’affaire toulousaine le contexte politique et social où le rejet de l’autre, parce qu’il est différent, a fait d’énormes progrès au cours des cinq dernières années. Qui oserait imaginer une quelconque relation entre ce contexte ô combien nauséabond et un crime raciste au plus haut degré d’abjection qui, souhaitons-le, n’en précédera pas d’autres ? Qui oserait établir un lien entre l’invention inédite en 2007 du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale et la banalisation de l’exclusion sur des critères raciaux ? Qui oserait donc encore prétendre que les mots peuvent être des armes de destruction du lien social, tels les mots racaille ou karcher ? Qui oserait en appeler à l’Histoire et avancer l’idée que la promotion, tout au long des années 1930, de la figure du Juif accapareur et profiteur a participé de l’indifférence générale quand survinrent les rafles pour le voyage ultime ? Chacun sait, au contraire, que les comportements individuels, notamment les plus pathologiques, n’ont jamais rien à voir avec le contexte socio-politique. Ils sont de génération spontanée !

    Mais, chacun sait aussi que, ni les leçons de l’Histoire, ni les avertissements de sages penseurs, ne parviennent jamais à entraver la spirale de la haine lorsqu’elle est vraiment lancée. Et là, subitement, on n’a plus envie de seulement se moquer d’une classe politique à la dérive. On réalise soudain que la société en tant que telle est déboussolée. Trente ans de néolibéralisme ça vous chavire les sociétés les mieux armées pour tenir la vague. Le creusement des inégalités, la mise au fossé des moins « performants » nourrissent des rancœurs que les boucs émissaires désignés essuieront jusqu’au tragique. Pourtant, la campagne a repris son cours ordinaire comme si rien ne s’était passé. Oui, mais voilà : il s’est réellement passé quelque chose…

    http://www.netoyens.info/index.php/contrib/22/03/2012/de-lultra-gauche-a-lultra-droite-ou-la-politique-de-la-derive


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