• Hassen BOUABDELLAH

    Le FN, cause ou effet ?

     

    Parallèlement à l’écroulement du PCF, s’est développée au sein de la pensée communiste française et apparenté, une faiblesse majeure qui consiste à croire que c’est aux élites de gauche de se choisir l’ennemi du moment et non que celui-ci – l’ennemi principal- s’impose de part la conjoncture économique et politique. En se portant candidat aux législatives à Hénin-Beaumont face à Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, le leader du Front de gauche, semble renouer avec ce démon qui le pousse à se payer le luxe de désigner comme cible première la droite lepéniste. Son slogan « Front contre front » ne laisse hélas aucun doute sur sa volonté de placer Marine Le Pen en tête de l’adversaire à combattre, bien avant le libéralisme financier usurier et le sionisme qui lui sert d’idéologie et dont il est qu’un ersatz.

    Malgré quelques maladresses comme ce capitaine de pédalo lancé à l’encontre du candidat Hollande, la campagne présidentielle de J.L. Mélenchon, fut un bol d’air frais pour des millions de progressistes , la Place de la Bastille noire de monde et rouge de drapeaux ou le meeting de Marseille du 14 avril 2012 ont réchauffé bien des cœurs, et il ne faut en aucun cas en minimiser les effets positifs dont le moindre n’est pas cet espoir donné à des centaines de milliers de militants de croire à une renaissance possible d’un vrai mouvement communiste fondant son action sur la lutte des classes, la dictature du prolétariat ( concrètement de la dictature de l’immense majorité gagnant sa vie à la sueur de son front sur une infime minorité de puissants parasites qui par un jeu de passe passe s’approprient indument la grande partie des richesses produites), un mouvement enfin usant de la dialectique marxiste et de l’analyse concrète d’une situation concrète de façon à écarter de son chemin les errances idéologiques, les obsessions personnelles, tous les fantasmes qui dévient de sa route la lutte contre l’ennemi de classe des travailleurs et lui fait prendre l’ombre pour la proie. Mais la décision de transformer Hénin-Beaumont en ring pour y affronter dans une espèce de corps à corps Marine Le Pen ne semble pas dictée par le bon sens. Qu’est-ce qui peut bien la justifier cette candidature sur le terrain de Madame Le Pen : le dépit d’avoir été devancé par elle au premier tour des présidentielles ? le désir d’amuser la galerie ? un moyen de revenir sous les projecteurs médiatiques ? Et si on y regardait de prés...

    Je sais à quoi je m’expose en m’attaquant à cette dérive de la gauche qui souffre de l’obsessionnel désir d’en découdre avec le FN en premier et en toute circonstance. Car c’est bien une dérive, et aussi un leurre, et un gaspillage de forces encore faibles et que le bon sens demande d’utiliser en premier lieu contre cet ennemi de classe qui appauvrit les travailleurs, casse notre appareil de production, pourrit la démocratie, propage faim et misère, tuent des millions d’êtres humains dans notre pays comme dans le monde, cela dans l’anonymat et l’oubli. Et en prime alimente la droite lepéniste… Hélas ! un grand nombre de militants de gauche, sincères et dévoués, semblent atteints du syndrome allergénique au FN : rien qu’à entendre le mot, il voient rouge comme le taureau à la vue de la muleta, le sang leur monte aux tempes, et voici qu’ils chargent sans se poser de questions, en dehors de toute stratégie politique définissant raisonnablement enjeux et objectifs…

    Quitte à essuyer toutes sortes d’invectives et persiflages qui ne manqueront pas de venir de toutes parts et de camarades injustement blessés, il y a lieu de mettre sur la table une analyse objective du positionnement politique de la gauche révolutionnaire vis-à-vis de FN avec l’objectif d’arrêter une démarche raisonnable et raisonnée qui va dans l’intérêt des travailleurs et qui n’affaiblit pas notre combat pour un changement radical d’une société complètement sous les bottes des financiers et des maîtres du marché.

    Le plus souvent l’on a tendance à faire l’impasse sur cette réalité fondamentale : le lepénisme et son expansion ces dernières années sont pour une grande part dus à deux facteurs concomitants : d’une part l’accélération de la forme financière et usurière du capitalisme et d’autre part la liquidation du PCF. Cette liquidation n’est pas le fruit du hasard, le libéralisme, lui, ne se trompe jamais d’ennemi, et son vrai, son seul ennemi est un parti communiste marxiste léniniste fort et conséquent, en découle pour lui la nécessité vitale de vider de leur substance révolutionnaire tout mouvement se revendiquant du communisme. Comment donc ? - en menant parallèlement pression idéologique, infiltration et manipulations de l’intérieur comme de l’extérieur. Il faut dire que cette sape a été payante et a conduit un certain Robert Hue à la tête du PCF. Celui-ci, de rénovation en rénovation, a fait perdre au parti de Maurice Thorez son caractère de classe pour le transformer en coquille vide. Vide de son idéologie fondatrice et vidé de beaucoup de travailleurs qui, certes, auraient pu trouver mieux que d’aller se réfugier et cuver leur colère dans la maison Le Pen. Quant à Hue, son travail de sape achevé, le voici membre du PS attendant sa récompense. Rappelons –nous, l’action de casse de Monsieur le liquidateur et ses acolytes, s’est faite parallèlement à des campagnes d’affichage, lesquelles affiches présentaient alternativement un Marx maculé de crème et tartiné de rondelles de concombres ou Jean Marie Le Pen caricaturé en monstre. Toute une symbolique ! Avec la distance l’on peut voir que ces campagnes anti-Le Pen, financées, faut-il le rappeler, au détriment d’actions en faveur des luttes concrètes des travailleurs, n’avaient pour autre finalité que de permettre à ces Judas de passer aux yeux du Peuple de gauche pour les seuls véritables ennemi du FN, les seuls capables d’en débarrasser la France. C’était de la poudre aux yeux, un os jeté aux chiens pour détourner son attention, de façon à avoir mains et chemin libres pour mener à bien le travail pour lequel ils ont été missionnés. Depuis, et comme résultat illustrant toute la justesse de la théorie des vases communicants, le FN n’a pas cessé de prospérer et le PCF de décliner.

    J.M Le Pen en monstre … A mon avis, s’il y a monstre ce n’est certainement pas celui-là le plus dangereux pour le peuple français ni du plus fort appétit. Le vrai monstre, le seul monstre, c’est le capitalisme usurier qui utilise le diktat du marché pour dépouiller, appauvrir, casser, envahir, et, en ogre insatiable avaler crûment des lambeaux de chair arrachés aux Grecs et aux travailleurs du monde entier. Et c’est ce monstre qui, en semant la désespérance comme la guerre sème la mort, enfante et bonifie le lepénisme. Et croire que l’on peut se débarrasser de ce dernier avant d’en finir avec le système qui lui donne vie et le nourrit c’est faire comme cet homme, qui, face à une inondation, ramasse l’eau mais en oubliant de fermer le robinet, ce n’est ni judicieux ni intelligent. De ce point de vue, il est tout à fait juste de considérer le mouvement des Le Pen comme une ombre malfaisante du capitalisme conquérant, vainqueur du bloc socialiste, et monter au front d’abord contre lui, c’est bien stricto- sensu, prendre l’ombre pour la proie.

    A court d’arguments, certains militants de gauche, tel le prestidigitateur, sortent de leur manche ce qu’ils croient être l’atout majeur : le fascisme ! Si l’on traite Le Pen, père et fille de fasciste comme on lance un "connard " au type dont la tête ne nous revient pas, passe encore. C’est là le langage de l’invective et de la colère, celui de la pute qui dit pute à sa copine pute ! Nous mêmes communistes combien de fois avons-nous été traités de fascistes – le sommes-nous pour autant ? Soyons sérieux ! Rien dans les faits ne vient donner crédit à cette grave accusation : à ma connaissance, le FN n’entraine pas quelque part en France ou à Navarre des mercenaires, n’infiltre pas armée, gendarmes et police pour un éventuel coup d’Etat. Le Pen et sa fille se prépareraient-ils à imiter Eltsine et, perchés sur un char, attaquer parlement et sénat ?… Ca fait belle lurette que le mouvement lepéniste a abandonné le rôle d’adversaire de la démocratie parlementaire pour placer l’action du FN dans le cadre légal fixé par la loi, respectant les urnes et les décisions de justice, ce qui d’ailleurs ne le sert pas puisque avec un électorat oscillant entre 9 et 18% aujourd’hui, il reste écarté de l’assemblée nationale ; ne dirige aucun conseil régional , c e qui représente une aberration démocratique… Et en l’état actuel des choses, il n’a aucune chance d’accéder au pourvoir ou d’imposer sa loi de quelque façon que ce soit. Et nous n’allons pas le regretter… En politique comme en toute chose, le mensonge et l’outrance ne servent à rien d’autre qu’à embrouiller les choses et masquer vérité.

    En France, il y a sérieusement risque de fascisme mais il ne vient nullement du FN. Comme le montre l’expérience historique, ce danger est le plus souvent l’apanage du système politique exploiteur, qui, lorsque la démocratie formelle et la voie des urnes cessent de lui profiter, n’hésite pas un seul instant de recourir à la force… Citons pêle-mêle, Franco et l’Espagne républicaine, Lumumba et le Congo, le Chili d’Allende et toutes les dictatures imposées sur tous les continents, sans oublier le colonialisme, forme de fascisme qui s’exerce sur des populations dépossédées de leur terre et de leur souveraineté et dont l’agression récente de la Libye renouvelle le genre.

    Sous l’aile protectrice d’une démocratie contrôlée de bout en bout, sourdent plusieurs formes de fascisme mis en place par les dirigeants libéraux dans le but de pérenniser leur système de domination économique et politique. Ce sont des dispositifs sournois dont les agissements sont souterrains, dont la violence ne se donne pas à voir. Il y a le despotisme des médias, pratiquement tous entre les mains des grands financiers et dont la mission n’est autre aujourd’hui que de désinformer, modeler les opinions ou l’anesthésier… Il y a une multitude d’officines qui travaillant dans l’ombre, des intellectuels formatés et domestiqués pour propager la bonne parole, des lobbys de toutes sortes. Le libéralisme et son compère le sionisme ne font pas totalement confiance à la démocratie et préfèrent, sait-on jamais, installer des gardes fous qui leur permettent en veux-tu en voilà, détourner ses règles et rendre légal ce qui ne l’est pas. Ainsi peuvent –ils amender plusieurs fois la constitution sans se référer au peuple, le plus légalement du monde ou valider une Constitution européenne pourtant rejetée par référendum… Aux Etats Unis BUSH, dans le sillage du 11 septembre a fait voter des lois aux relents fascistes, et l’actualité nous fait savoir que le parlement canadien vient de voter des restrictions au droit de grève des étudiants….

    Non décidément, ce n’est pas du côté du FN qu’il faut regarder si on veut se défendre du fascisme, cela ne serait-ce parce qu’il n’a pas, et n’a jamais eu entre ses mains, les leviers du pouvoir. Si un fascisme pur et dur devrait nous frapper, risque non à écarter, il viendrait plutôt de ces Etats qui fonctionnent comme des syndicats de l’impérialisme et des partis politiques qui soutiennent leurs actions.

    S’il m’était donné de caractériser le FN, je dirais que dans son chauvinisme, son étroitesse d’esprit, son penchant anti-communiste et sa défense de la propriété privée, le mouvement lepéniste n’est pourtant rien d’autre qu’une sorte "d’hospice". Oui un hospice, l’image lui convient bien. Un hospice où accourent chercher abri et consolation toutes les victimes du libéralisme et de la loi du marché : une petite bourgeoisie dont la peur de l’avenir catalyse le chauvinisme, une grande partie des chômeurs qui n’ ont plus d’espoir de retrouver un emploi, les citoyens soudainement plongés dans la misère, les français qui ont peur pour l’avenir de leurs enfants, des jeunes condamnés à l’oisiveté ,bref les éclopés de la vie, les sans espoir et aussi les déçus de la politique, y compris les déçus du PCF. Si cela n’est pas un hospice alors qu’est-ce que c’est ? L’espoir revenu, la dignité retrouvée, au revoir le FN… C’est ce qui explique pour une part, la grande fluctuation de son électorat, celui-ci a tendance à s’accroitre en période de récession et de difficultés sociales et de baisser dans les périodes d’accalmie économique et d’espérance. Lorsqu’en 2007 Sarkozy a fait miroiter le fameux « travailler plus pour gagner plus », et promis un zéro SDF, un grand nombre d’électeurs a quitté « l’hospice » pour le rejoindre et le FN a été réduit à 9%. Si ce qui est affirmé ici s’approche de la réalité politique, il se dégage la vraie solution pour se débarrasser du lepénisme : s’attaquer avec force et esprit de classe à la néfaste politique libérale et faire de sorte que la masse de travailleurs du pays retrouve dignité et espérance pour eux et pour leurs enfants. Tant qu’il a la désespérance pour lui, le FN n’a aucun souci à se faire et "l’hospice" continuera tranquillement à se remplir, le confiner dans le rôle du premier repoussoir ne fera que le conforter dans son positionnement de seul contre-pouvoir. N’est-ce pas ce qui arrive de puis des années ? Sans qu’on en tire la leçon …

    Faut-il donc ne rien dire à son encontre, fermer yeux et oreilles et passer sa route ? Ce n’est pas ce que recommande le bon sens. Dans les situations confuses, difficiles, la première des choses est d’éviter de disperser ses forces surtout si celles-ci sont limitées voire très faibles. Et pour établir une stratégie de lutte payante et fixer étapes et cibles, il faut s’en tenir à la réalité des faits et à la réalité du terrain. Dérapages, xénophobie, racisme, propos antisociaux, toutes les dérives du FN ne sont en dernière instance que les miasmes morbides d’une société libérale qui enrichit encore plus le très petit nombre de riches et appauvrit chaque jour un peu plus les plus pauvres. Ces miasmes sont donc à mettre sur le compte du système social dominant dont les méfaits se traduisent immédiatement par un renforcement de l’idéologie lepéniste. Après tout, la main qui arme est plus responsable que l’arme qui tue. Le FN reste le thermomètre non la maladie. Et c’est avec la maladie qu’il faut en finir... Bref, ce que fait ou dit le FN ne peut-être qu’un prétexte pour faire ressortir, souligner, démystifier et enfin combattre avec énergie tous les aspects néfastes, destructeurs, mortels de cette politique libéralo-sioniste qui conduit les pays occidentaux dans le mur, politique portée en France par l’UMP et ses différentes tendances et une bonne partie des dirigeants PS. Et c’est vers eux qu’il faut se retourner à chaque dérapage du FN. Il est juste de rendre responsable le grand monstre des méfaits du petits monstre. C’est ce que nous devons faire comprendre aux françaises et aux français. Cela revient à ne jamais taper sur le FN sans réserver le premier coup aux tenants de la politique qui lui donne vie et pitance. Ainsi transformerons- nous le lepénisme en épine empoisonnée bien plantée dans les pieds de l’ennemi qui appauvrit la France et réduit massivement son peuple à la misère.

    Jean Luc Mélenchon veut transformer en ring la petite ville de Hénin -Beaumont pour inviter Marine Le Pen en un combat exemplaire, espérant la mettre KO et obtenir ainsi le titre de général en chef des pourfendeurs du FN. La dernière fois qu’il s’était agi de boxe, ce fut le 01 juin 1994, lorsque Paul Amar qui officiait alors sur la « 2 » et animait un débat entre JM Le PEN et Tapie, a soudain sorti d’un sac des gants et, croyant faire preuve de grande innovation, invita les deux protagonistes au pugilat. Résultat des courses : Paul Amar fut démissionné, Tapie a été contraint de quitter la politique, quant JM Le Pen on le retrouva quelques années plus-tard au second tour des présidentielle et il se porte toujours comme un charme.

    Quel pourrait être l’issue de ce combat ? Mélenchon gagne et alors ? Le FN en souffrira t-il pour autant ? Jusqu’à ce jour, il a parfaitement prospéré sans avoir d’élus. Pourquoi cela changerait-il aujourd’hui alors même que tous les éléments qui le fertilisent se densifient et s’intensifient : chômage, baisse du pouvoir d’achat, sous-emploi des jeunes, travailleurs pauvres etc. En prime Marine Le Pen pourra crier à une conjuration, à un complot droite/gauche contre elle et son parti, ce qui, au lieu de clarifier le champ politique, le parsèmera d’amalgames. C’est vraiment jouer à qui gagne perd ! Car en cas de succès de son opposante, lui perdra beaucoup et le Front de gauche qui a donné tant d’espoir perdra encore beaucoup plus. A moins que l’affaire profite au troisième larron socialiste… Mais c’est peut-être au fond le résultat escompté : il y a déjà des observateurs politiques qui soupçonnent Mélenchon de rouler pour le PS ! N’allons pas jusqu’à là et surtout pas de procès d’intention. Cependant… Cependant, comment oublier Robert Hue et ses campagnes anti-Le Pen qui servirent de leurre pour liquider le PCF ? Espérons que l’opération en cours de Mélenchon ne poursuit pas un but similaire et terminer de vider complètement le PCF dont il est l’associé, de ses dernières fibres communistes. Qui vivra verra ! …

    Hassen Bouabdellah

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  • PARIS (AFP) - 26.05.2012 16:53 - Par Pierre ROCHICCIOLI

    Après des déclarations fracassantes, les rivaux de l'UMP Jean-François Copé et François Fillon se sont appliqués samedi à mettre en sourdine leur rivalité, conscients de l'impact négatif d'une guerre des chefs sur l'électorat de droite, à quinze jours des législatives.

    voir le zoom : Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, et l'ancien Premier ministre, François Fillon, au séminaire de l'UMP à Paris, le 26 mai 2012
    Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, et l'ancien Premier ministre, François Fillon, au séminaire de l'UMP à Paris, le 26 mai 2012
    AFP - Thomas Samson
    voir le zoom : Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, au séminaire du parti à Paris le 26 mai 2012
    Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, au séminaire du parti à Paris le 26 mai 2012
    AFP - Thomas Samson

    "Unité et rassemblement": inlassablement, tous les chefs de file de l'UMP ont martelé samedi, lors d'un séminaire sur les législatives devant quelque 500 cadres et candidats, leur volonté de voir leur famille éviter de se déchirer à la veille d'une échéance déterminante pour son avenir.

    Les déclarations de François Fillon, expliquant cette semaine dans une interview qu'il n'y avait "plus de leader naturel" à l'UMP "depuis le départ de Nicolas Sarkozy", avaient mis le feu aux poudres parmi les dirigeants et les candidats de l'ex-parti présidentiel.

    A l'UMP, on a souligné que ces propos avaient également soulevé une vague de protestations parmi les militants et les électeurs par mail et courrier. Mais on a aussi indiqué que ces reproches visaient l'ensemble de la direction du parti: "Qu'est-ce-que vous faites à Paris? Arrêtez de déconner."

    "L'objet de ce séminaire, c'est de montrer que l'on avance dans le bon ordre, qu'on est tous sur la même ligne, que l'on va passer maintenant dans la phase active des législatives en mettant le paquet dans les semaines qui viennent", a résumé Jean-François Copé, avant l'ouverture des débats.

    Exercice pratique, le patron de l'UMP a commencé dans son discours par calmer le jeu vis-à-vis de son rival.

    "François Fillon a parfaitement raison sur le leadership, c'est une évidence. Personne ne comprendrait que l'un d'entre nous revendique je ne sais quel grade supérieur aux autres. Cela n'a aucun sens. Nous sommes les uns et les autres dans cette collégialité", a-t-il expliqué, en renvoyant au congrès le soin de trancher entre les ambitions.

    "2017 sera en 2017"

    Le patron de l'UMP a dans le même temps rendu un vibrant hommage à l'action de Nicolas Sarkozy, dont il s'est dit prêt à défendre "le bilan, l'action et la personne", se positionnant ainsi comme son héritier.

    Il a appelé le parti à être rassemblé, vigilant vis-à-vis de la gauche, et constructif sur son projet. Il a souhaité "une mise à jour idéologique" de la ligne de l'UMP pour permettre au spectre le plus large, des centristes jusqu'à la droite populaire, de s'exprimer.

    Il a enfin voulu activer le recrutement de nouveaux candidats dans la perspective de 2014 (élections municipales et territoriales).

    Scrutée par des dizaines de journalistes, l'arrivée de François Fillon dans la salle du séminaire a été chaleureusement applaudie par les cadres du parti. L'ancien Premier ministre s'est assis au premier rang, à côté de Jean-François Copé. Les deux hommes, sourire figé devant les photographes, n'ont pas échangé un regard. A leur côté se trouvaient notamment les anciens Premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin.

    A la tribune, François Fillon n'a pas dit un mot sur la polémique qui agite le parti. "Je m'engage avec vous comme un militant parmi les militants", a-t-il expliqué, avant de prononcer un discours très politique, où il s'en est pris notamment à François Hollande.

    Alain Juppé a pour sa part exhorté ses amis "à ne pas se tromper de calendrier". "2017 sera en 2017 et il faudra organiser des primaires ouvertes pour désigner notre candidat. Avant, il y a octobre 2012 (date du congrès du parti, ndlr) et il y aura une compétition, mais l'objectif du congrès sera de préparer l'unité dans la diversité", a-t-il prévenu.

    Le maire de Bordeaux s'est abstenu de répondre à un cadre du parti qui avait proposé, pour résoudre la crise de leadership du mouvement, la candidature d'un "sage, droit dans ses bottes et qui est le meilleur d'entre nous".

    © 2012 AFP http://www.tv5.org/


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  • Ces villes gérées par l'extrême-droite. par Maxime Vivas et Eric W. Faridès

     
    (L'article est suivi d'un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle image du beau château des Le Pen).
     
    LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu'on n'a jamais essayés ».
     
    Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu'il appelait fièrement « des laboratoires du FN ».
    Arrêtons-nous à ce qu'il advint à Vitrolles, (...)

      Lire la suite sur : Le Grand Soir.

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  • Les signes ont leur importance. Que l'avion de François Hollande ait été frappé par la foudre peu après son décollage n'est certainement qu'une coïncidence. Mais l'être irrationnel qui reste enterré dans notre subconscient ne peut que se demander si les dieux, en haut de leur Olympe, n'ont pas voulu adresser un message au nouveau président. Comme l'avion transportait le président pour une rencontre avec Angela Merkel, on peut en déduire que les dieux sont plutôt anti-euro, ce qui pourrait nous consoler de bien de choses en ce moment.

    Mais les signes ont encore plus d'importance lorsqu'ils sont volontaires et surtout attendus. Hollande a, sur beaucoup de points, évité de donner des indications précises sur ce que serait le fonctionnement de son gouvernement. Avec la publication de la composition du premier gouvernement Ayrault, nous avons une première idée. Et pas de quoi sauter de joie.

    Premier signe: un gouvernement pléthorique. Oubliées les promesses de gouvernement "resserré autour de 15 pôles ministériels". Le gouvernement annoncé hier compte 34 ministres dont 18 ministres "pleins". A titre de comparaison, le gouvernement le plus nombreux de l'histoire (1) de la cinquième République comptait 33 ministres dont 21 ministres pleins. Une fois nommés les secrétaires d'Etat, on risque de battre le record. Et ce n'est pas un hasard. En 1988, le gouvernement Rocard était pléthorique parce qu'il fallait faire plaisir à tout le monde: aux factions du Parti Socialiste, qui s'étaient entre-déchirées pendant deux ans, d'abord. Mais aussi aux ministres "d'ouverture au centre" et à la société civile. Hollande, lui aussi, doit faire plaisir à beaucoup de monde. D'abord aux factions socialistes: c'est le prix de leur ralliement à sa candidature, ralliement qui lui a permis d'aller à la bataille avec l'ensemble du Parti derrière lui et de ne pas tomber dans le trou qui avait été fatal à Ségolène Royal. Mais Hollande doit aussi acheter les alliés écologistes, avec qui il espère toujours pouvoir constituer une majorité "au centre" qui le rende moins dépendant de la "gauche radicale". C'est pourquoi la lecture de la liste des membres du gouvernement s'apparente à une liste des ténors des différents "courants" du PS. Il y a là un savant saupoudrage de "fabiusiens", "ségolénistes", "aubrystes" et bien entendu "hollandistes" (de fraîche date ou pas). Le choix des ministres ne nous dit rien sur les arbitrages que le Président ou le Premier ministre ont pu faire entre telle ou telle orientation politique. Les ministres choisis l'ont finalement été moins à cause de leur engagement idéologique qu'en fonction de leurs liens avec tel ou tel "parrain", telle ou telle "famille".

     Deuxième signe, encore plus inquiétant: la disparition complète de l'industrie. Pour la première fois depuis très longtemps (depuis 1945, au moins...), l'industrie ne figure dans l'intitulé d'aucun des ministères. On a effacé le terme dans le "ministère de l'économie, des finances et de l'industrie" devenu "ministère de l'économie, des finances et du commerce extérieur". On a supprimé le ministère de l'industrie lui même. On donne à Montebourg un ministère pompeusement intitulé "du redressement productif" qui évite soigneusement de prononcer le terme "industrie". Faut-il voir un signe ?

     Il est vrai que l'industrie, c'est pas important. En tout cas, moins que "l'égalité des territoires", "l'économie sociale et solidaire" ou la "vie associative", qui chacune aura un ministre pour la prendre en charge. On assiste en effet à une floraison de formules qui sentent bon le postmodernisme "sociétal", quelquefois jusqu'au comique. Les gouvernements Mauroy et Rocard avaient ses ministres "du temps libre" ou "des handicapés de la vie". Le gouvernement Ayrault aura son "ministre délégué à la réussite éducative". Il faut croire qu'on ne peut pas faire confiance au ministre de l'éducation nationale pour s'occuper tout seul de la réussite des élèves.

    Ce gouvernement confirme mes pires craintes. La gauche, qu'elle soit "sociale-libérale" ou "radicale", a définitivement abandonné les couches populaires à l'abstention et au Front National. Qui peut penser que les intitulés des ministères tels qu'ils ont été choisis pourraient encourager l'électorat populaire à penser que ses préoccupations seront entendues ? Où sont les priorités données à la production, à  l'industrie, à la sécurité lorsqu'on constate que ces mots   ont disparu des intitulés, qui dégoulinent au contraire de bienpensance vide ? Pourquoi considère-t-on comme une évidence l'existence d'un "ministère des droits de la femme" et d'un "ministère en charge des personnes handicapées", mais on ne voit nulle part apparaître un "ministère des droits des travailleurs", "des droits des chômeurs" ou des "droits des retraités modestes" ?

     

    Descartes

    (1) il s'agit du gouvernement Rocard II. Il comptait 49 membre entre ministres et secrétaires d'Etat. Ce qui avait inspiré à Michel Charasse un beau mot qui mérite d'être rappelé: "un ministre de plus, et nous avions un comité d'entreprise".


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    L’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant a fait passer en douce des décrets renforçant le fichage de la population française. Des fichiers qui compilent des éléments sur l’origine ethnique, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses et même la vie sexuelle des individus ! Revue de détail sur ces fichiers Stic, Judex et TPJ dont beaucoup ignore l’existence mais qui, eux, ne vous oublient pas.

    Avant son départ, Claude Guéant a lancé une dernière salve, sur le front du fichage. Plusieurs décrets ont été publiés en hâte pour venir parachever son œuvre sécuritaire. Dimanche 6 mai, un décret publié au Journal Officiel entérine la fusion des fichiers d’antécédents judiciaires de la police et de la gendarmerie. Le nouveau fichier – TPJ, pour « Traitements de Procédures Judiciaires » – mis en place d’ici le 31 décembre 2013, recensera les auteurs et les victimes des délits. Dans ce fichier : nom, adresse, sexe, photo, date et lieu de naissance… Mais aussi des menus déroulants permettant de préciser : « aspect visage », « aspects cheveux », « longueur cheveux », « type pilosité », « accent », « défaut prononciation »... Et des données sensibles, « laissant apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou l’appartenance syndicale des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci », prévient la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

    Le fichier permettra également la « comparaison automatisée de photographies, notamment la comparaison biométrique de l’image du visage des personnes, » décrit la Cnil, qui relève que « c’est la première fois qu’elle est saisie par un service de l’État d’une demande d’avis sur un traitement reposant sur cette technologie. » Dans son avis, la Cnil conclut que « cette fonctionnalité d’identification (par reconnaissance faciale, ndlr), voire de localisation, des personnes à partir de l’analyse biométrique de la morphologie de leur visage, présente des risques importants pour les libertés individuelles, notamment dans le contexte actuel de multiplication du nombre des systèmes de vidéoprotection. » La durée de conservation des données est précisée : 5 ans pour les contraventions, jusqu’à 40 ans pour les délits les plus importants, 15 ans maximum pour les victimes. Des durées supérieures aux délais de prescription de l’action publique...

    Des fichiers plein d’erreurs et non sécurisés

    La fusion du Système de traitement des infractions constatées de la police nationale (STIC) et du système Judiciaire de documentation et d’exploitation de la gendarmerie (JUDEX) a été décidé dans le cadre de la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2). Ces fichiers font depuis longtemps l’objet de critiques de la Cnil. Le fonctionnement du Stic a fait l’objet d’un contrôle de la Cnil pour la première fois en 2009. Le rapport fait état de nombreuses erreurs et usages non sécurisés : la commission a ainsi constaté « des pratiques peu sécurisées telles des mots de passe inscrits sur des papiers à côté de l’ordinateur, la transmission des mots de passe par écrit dans des plis non cachetés, l’absence de tenue de registre des changements de mot de passe au sein des commissariats ou des SRPJ. » Ainsi que l’absence totale de système d’alerte permettant « de détecter des utilisations anormales de cet énorme fichier auquel 100 000 fonctionnaires peuvent accéder et qui donne lieu à 20 millions de consultations par an. »

    La fiabilité-même du fichier est remise en cause : la Cnil rapporte « des erreurs de saisie du motif pour lequel une personne figure dans le Stic (victime / mise en cause) » ! 17 % seulement des fiches consultées à la demande des personnes concernées sont exactes, pointe encore la Cnil [1]. 6,5 millions de personnes mises en cause figuraient au Stic en 2011, contre 3,96 en 2009. Et 38 millions de fiches relatives à des victimes d’infraction, contre 28 millions en 2009, selon un rapport publié en décembre dernier par les députés Delphine Batho (PS) et Jacques Alain Bénisti (UMP). Une grande partie de la population française y est donc fichée !

    Des fichiers revendus à des entreprises privées

    Les députés déplorent que leurs précédentes recommandations sur ces fichiers soient « à de rares exceptions près, restées lettre morte ». « Les droits de personnes inscrites au sein des fichiers d’antécédents judiciaires [Judex et Stic] n’ont connu que peu d’avancées ces deux dernières années », déplorent-ils. La sécurisation du fichier de gendarmerie Judex laisse autant à désirer. Le groupe Eurodisney et trois ex-gendarmes, dont deux retraités reconvertis en détectives privés, ont été renvoyés en mars 2012 devant le tribunal correctionnel pour enquête illégale sur des candidats à l’embauche. Les gendarmes sont accusés d’avoir consulté et revendu des milliers de fiches Stic et Judex entre 1998 et 2004. Des informations exploitées par Eurodisney lors de ses recrutements.

    « TPJ sera le Stic et Judex en pire, car il procède à la fusion de ces deux fichiers, sans mise à jour préalable des données personnelles déjà enregistrées ni réelle modification structurelle. TPJ devient invraisemblablement un méga casier d’antécédents policiers intimes », estime Philippe Pichon, commandant (honoraire) de la Police nationale, dans une chronique publiée sur Mediapart. « Il a été indiqué par la Cnil que certains policiers qui reçoivent la plainte d’une personne se disant victime dans une affaire, consultaient préalablement le fichier Stic pour vérifier si celle-ci n’était pas déjà « connue des services » en tant que « mise en cause » dans une affaire précédente », décrit-il.

    Des fichiers alimentés par Facebook ou Twitter

    À quoi servira le fichier géant TPJ ? Pas seulement aux investigations judiciaires. Il pourra être consulté « dans le cadre des enquêtes administratives préalables à une décision de recrutement, d’autorisation, d’agrément ou d’habilitation concernant certains emplois, à l’occasion de l’instruction des demandes d’acquisition de la nationalité française et de délivrance de titres de séjour », précise la Cnil, qui rappelle à nouveau « l’existence de risques graves d’exclusion sociale et d’atteinte aux libertés individuelles, ainsi qu’au respect des droits des personnes que comporte cette utilisation administrative des fichiers de police judiciaire ». Ce type de consultation est susceptible de concerner plus d’un million d’emplois, estime la Cnil.

    Autre héritage laissé par Claude Guéant : le « fichier d’analyse sérielle », prévu par la loi Loppsi 2. Et publié au JO. du 8 mai, après la défaite électorale de Nicolas Sarkozy. Un fichier qui permet de comparer tous les éléments liés à une infraction – si celle-ci est passible d’au moins cinq ans d’emprisonnement, qu’elle implique une mort inexpliquée ou bien une disparition. Un processus très étendu, puisqu’il est « alimenté par les appels téléphoniques, mais aussi les logs ou toutes les activités sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter dans le périmètre de l’infraction. Des sources ouvertes, donc, ou fermées comme les IP, numéros de téléphone, données détenues par les FAI (fournisseur d’accès à internet, ndlr) », explique le site PC Inpact.

    Un fichier qui n’oublie rien

    Là encore, la Cnil n’a pas dû apprécier le décret du 8 mai, qui vient définir les modalités du droit d’accès indirect et du droit de rectification de ces fichiers d’analyse sérielle : « Aucune disposition ne précise les conditions de décision du procureur de la République en matière de maintien, dans les traitements concernés, des données des personnes en cas de décision de relaxe ou d’acquittement devenue définitive, en cas d’effacement ou de décision définitive de non-lieu et de classement sans suite pour insuffisance de charges », estime la Cnil dans son avis.

    En cas d’acquittement ou de non-lieu, impossible de faire valoir ses droits de rectification directement auprès du gestionnaire du fichier. Selon la loi du 6 janvier 1978, tout citoyen a un droit d’accès direct et de rectification à son éventuelle fiche, sauf s’il s’agit d’informations intéressant « la sûreté de l’État, la défense ou la sécurité publique ». Claude Guéant a étendu cette dérogation aux fichiers d’analyse sérielle. Pour consulter ce qui figure sur sa fiche, pour savoir si l’État vous considère comme musulman gay avec un accent auvergnat ayant un jour acheté une broutille à l’épicerie de Tarnac, il faudra désormais passer par… la Cnil [2] !

    40 millions d’empreintes digitales doivent être effacées

    Pour la Ligue des droits de l’Homme, la publication de ces deux décrets est « un nouveau mauvais coup contre les libertés publiques. L’ex-ministre de l’Intérieur est parti, mais en tentant de parachever son œuvre de contrôleur généralisé. » Reste à savoir ce que fera le nouveau gouvernement face à ces décrets. Claude Guéant, quant à lui, a été assigné pour « voie de fait » par cinq personnes, qui n’ont pas pu recevoir de passeport biométrique, après avoir refusé de laisser huit empreintes digitales lors du dépôt de demande (lire également cet article). La puce du passeport ne contient que deux empreintes, mais huit empreintes sont toujours demandées... et collectées dans un fichier. Le Conseil d’État a donné raison aux plaignants en octobre dernier, jugeant le passeport biométrique français non conforme avec la législation européenne. Mais l’État a tardé à modifier la loi.

    Le ministère de l’Intérieur a finalement publié le décret d’application mi-avril. « Le ministère s’était engagé à détruire les empreintes collectées. Mais nous n’en avons pas la preuve, » explique leur avocat. L’audience a eu lieu le 15 mai, pour obtenir une réponse sur le sort réservé aux 40 millions d’empreintes recueillies illégalement. L’État a enclenché une procédure pour gagner un délai... Le temps de faire oublier les décisions sécuritaires prises par l’ancien gouvernement ?

    Agnès Rousseaux

    Notes

    [1] « Sur le nombre des investigations effectuées dans le cadre du droit d’accès indirect à la demande de particuliers, il est vrai, entre le 1er janvier et le 31 octobre 2008, il s’avère que seules 17 % des fiches de personnes mises en cause étaient exactes ; 66 % ont fait l’objet d’une modification de portée variable (changement de durée de conservation, de qualification pénale, etc.) ; 17 % ont été purement et simplement supprimées du fichier. » Source : Cnil

    [2] Art. R. 40-36.-Les demandes de rectification ou d’effacement des données émanant des personnes concernées peuvent être adressées soit directement au procureur de la République territorialement compétent ou à un magistrat désigné conformément aux articles 230-9 et 230-14, soit, par l’intermédiaire de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, au responsable du traitement. Source

     


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  • On peut dire beaucoup de choses de Mélenchon, mais il faut lui reconnaître une qualité: il domine à la perfection les ressorts de la politique groupusculaire. Il a parfaitement compris combien il est nécessaire, dans la société du spectacle qui est la notre, d'occuper le terrain médiatique. Si le spectacle s'arrête, il disparaît rapidement de la mémoire des spectateurs et il est remplacé par un autre. Il n'y a pas si longtemps, Besancenot était le jeune espoir de la "gauche radicale", promis au plus brillant des avenirs. Aujourd'hui, qui s'en souvient ?

     

    Mélenchon a bien compris que la perte de son statut de candidat présidentiel risquait de le pousser rapidement vers l'oubli. Co-président d'un parti de quelques milliers d'adhérents, député européen parmi 78 autres, il pouvait difficilement à ce titre réclamer une place de choix au fenestron. Après la campagne présidentielle, l'intérêt des français se déplace vers les élections législatives et la formation du nouveau gouvernement. N'étant pas en ligne pour faire partie du second, le seul moyen de rester sous le feu des projecteurs est donc de se présenter aux premières. Mais pas n'importe où: Mélenchon candidat à Trifouillis-le-Canard aurait certainement une haute visibilité pour les canardotrifouillois, mais certainement pas au niveau national. Il faut donc choisir une circonscription qui attire les journalistes. Ce sera donc Hénin-Beaumont, dans le pas de Calais. Charmante cité qui outre sont haut beffroi, ses hauts terrils et son taux de chômage lui aussi d'une hauteur considérable, présente l'incomparable avantage d'être la terre d'élection d'une autre star médiatique, j'ai nommé, Marine Le Pen. Et pour appâter la presse, on nous annonce dejà du côté de l'équipe Mélenchon que le combat sera "homérique".

     

    Je vous avoue que cette affaire me laisse perplexe. Et tout d'abord, parce qu'elle est symptomatique de la manière de fonctionner du Front de Gauche en général, du PG en particulier, et de l'équipe Mélenchon en dernière instance. Une manière de fonctionner qui se distingue par la plus grande imprévision et le plus total opportunisme. Car il n'était pas besoin d'être grand sorcier pour prévoir, lorsque Mélenchon a été investi en juin 2011, qu'on en arriverait là. A l'époque, les membres du Front de Gauche avaient discuté pendant plusieurs semaines les candidatures aux élections législatives. Personne ne s'est posé la question du "cas" Mélenchon ? Ces gens-là croyaient-ils vraiment que Jean-Luc serait élu président de la République ? Comment se fait-il que personne n'ait fait un minimum de prospective, de manière à éviter les flottements, les rumeurs et les contre-rumeurs auxquelles cette affaire est en train de donner lieu ? Etait-ce la peine d'investir sur la 11ème circonscription du Pas-de-Calais un candidat, le communiste Hervé Poly, secrétaire fédéral (1), qui depuis des mois travaille la circonscription pour, à quatre semaines du scrutin, parachuter quelqu'un qui n'a la moindre trajectoire sur la circonscription sur le mode "ôte toi de là que je m'y mette" ? N'aurait-on pu réflechir avant ?

     

    Non, de toute évidence, on ne peut pas. Le Front de Gauche est une éternelle improvisation, chacun essayant de jouer ses "coups" en fonction des possibilités qui se présentent. La candidature législative de Mélenchon n'obéit à aucune vision de long terme. Qu'on ne me raconte pas que le but est de "combattre la figure de proue du FN". Si tel était le cas, on aurait pu préparer cette candidature depuis des mois voire des années. Jean-Luc aurait pu se présenter aux européennes, aux régionales et même aux cantonales dans le coin, pour préparer le terrain. Il n'en a rien fait. On est donc obligé de conclure que cette candidature est la réponse immédiate à une question immédiate: "qu'est ce qu'on peut bien faire pour rester en haut de l'affiche ?".

     

    Vous direz que je radote, mais je vais le redire quand même: la politique ne se réduit pas à des "coups" opportunistes. Cela demande un travail de fond sur le long terme. A Hénin-Beaumont, le fonctionnement du Front de Gauche contraste désagréablement avec le travail de terrain systématique et de longue haleine entrepris par le Front National sur cette circonscription. Depuis que Marine Le Pen a choisi de s'y installer en 2007, elle ne s'est jamais présenté à une élection ailleurs et détient tous ses mandats dans la région: candidate aux législatives à Hénin-Beaumont en 2007, aux municipales en 2008, député européenne de la "grande région" nord-ouest (2009), conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais (2010). De l'autre côté, on parachute un candidat qui a été tour à tour sénateur de l'Essonne, député européen pour le Sud-Ouest (après avoir voulu être tête de liste à Paris...), tête de liste pour les régionales dans le Languedoc-Roussillon, et qui pour les législatives hésite entre Hénin-Beaumont, Paris et Marseille... franchement, si vous vouliez élire un député qui représente vos intérêts et ceux de votre circonscription à l'Assemblée Nationale, lui feriez-vous confiance ?

     

    Ce nomadisme électoral, qui rappelle singulièrement celui de Jack Lang (2), est un manque de respect pour les électeurs. Un député - et donc un candidat - a des devoirs envers les électeurs qu'il sollicite. En se faisant élire député européen pour le Sud-Ouest, il s'est engagé à représenter cette circonscription au Parlement Européen. Que va-t-il dire à ces électeurs ? Qu'après mûre réflexion il est plus intéressant d'aller chasser la Marine que de défendre leurs intérêts ? Et après les avoir abandonné, quelle crédibilité auront les promesses d'amour éternel qu'il fera sans doute aux héninois ?

    Descartes

     

    (1) Il n'est pas inutile de rappeller que la fédération communiste du Pas de Calais est en conflit permanent avec la direction nationale du PCF depuis dejà plusieurs congrès. Faut dire que les pasdecalaisiens n'ont jamais avalé la "mutation" du père UbHue et ses séquelles. Ceci explique probablement pourquoi dans une circonscription éminement "gagnable" la direction nationale du PCF préfère Mélenchon plutôt qu'un affreux orthodoxe comme Poly...

    (2) Et qui est tout le contraire de la tradition ouvrière et communiste. Les dirigeants du PCF furent en général des hommes et des femmes d'une seule circonscription, qui n'ont que très rarement changé même lorsqu'ils étaient battus dans leur circonscription d'origine. Maurice Thorez fut toujours député de la Seine, Jacques Duclos député puis sénateur de ce même département, Georges Marchais fut député du Val-de-Marne de 1973 à 1997, et même Marie-George Buffet ne s'est jamais présentée ailleurs qu'en Seine-Saint-Denis.


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  • Je n'ai pas pour habitude de commenter les billets que Jean-Luc Mélenchon publie sur son blog, mais aujourd'hui je vais faire une exception. Son dernier billet (disponible ici) est en effet une illustration assez vivante - et assez pathétique - des problèmes qui maintenant assaillent la « gauche radicale ».

     

    Problèmes qui étaient prévisibles dès juin dernier, mais qu'à force de vouloir ignorer on a laissé grandir au point qu'ils deviennent ingérables.

     

    Ces problèmes tiennent à la fonction symbolique que la coupure gauche/droite joue dans la politique française. Il est aujourd'hui devenu impensable, pour n'importe laquelle des organisations classées « à gauche » de faire battre une autre organisation classée « à gauche ». Le désistement républicain semble aujourd'hui gravé dans le marbre. Il n'est pas inutile de rappeler qu'il ne fut pas toujours ainsi.

     

    De 1946 à 1958, la SFIO appliquait au contraire une politique de « troisième force » et n'hésitait pas à rentrer dans des alliances électorales pour faire battre les candidats du PCF, pas plus qu'ils n'hésitaient à rentrer dans des majorités et des gouvernements clairement marqués à droite.

     

    Ce n'est qu'à la fin des années 1960, lorsque dix ans de pouvoir gaulliste avaient jeté un pudique manteau d'oubli sur les turpitudes antérieures, que socialistes et communistes ont recrée ce mythe d'une « gauche » solidaire séparée de la « droite » par un fossé infranchissable.

     

    Laisser ce mythe se créer fut peut-être la plus grave erreur que commit la direction du PCF dans ces années-là. Ce faisant, ils ont pavé la route de leur propre asservissement.

     

    Car ce mécanisme favorise toujours l'organisation de gauche qui détient une position « centrale » et peut donc aller chercher ses voix au centre droit. Il a suffi ensuite aux organisations de centre-gauche de s'unir pour constituer le Parti Socialiste en 1972 pour verrouiller le dispositif. Avec sa position « centrale », il n'a pas eu de difficulté à devenir le premier parti de la gauche. Et à compter de ce moment-là, le PS a pu disposer d'un réservoir de voix sur sa gauche qui lui étaient automatiquement acquises, sans qu'il eut pour les capter à faire la moindre concession. La rupture du programme commun en 1978 illustre parfaitement ce phénomène. A quoi bon concéder dans un accord programmatique des choses à des organisations qui de toute manière n'ont d'autre choix que d'appeler à voter pour vous ?

     

    Mais revenons au billet de Mélenchon. Ce qui est amusant dans ce billet, c'est que son auteur s'est retrouvé successivement des deux côtés de la barrière. En 1981, il était du côté d'un PS dominant qui venait d'utiliser le mythe du « désistement républicain » pour écraser les communistes, et qui continuera à le faire pendant une décennie et demie. En 2012, il est plutôt du côté des écrasés, et pleurniche sur le fait que le PS ignore le Front de Gauche et n'est prêt à aucune discussion, aucune concession. Comme quoi, c'est fou ce qu'un petit changement de point de vue change vos conclusions.

     

    Ce changement de point de vue le conduit à de curieuses réécritures de l'histoire. Ainsi, par exemple, il écrit que « en 1981 la gauche avait un programme commun », alors que le programme commun était mort en 1978 et que ce fut cette rupture, provoquée en sous-main par les socialistes, qui fut utilisé par le PS mitterrandien comme machine de guerre contre le PCF sur le ton de « ils veulent empêcher la victoire de la gauche ». En 1981, le PS arrive au pouvoir seul et vierge de toute alliance, de toute négociation programmatique. Exactement comme en 2012. Que Mélenchon puisse écrire aujourd'hui le contraire est assez révélateur de la vision faussée qu'il a aujourd'hui de la victoire mitterrandienne.

     

    Mais le principal reproche de Mélenchon à ses anciens camarades est politique. Il ne supporte pas que les hiérarques socialistes le tiennent, lui et son mouvement, pour quantité négligeable. Ainsi, il écrit que « pour les chefs socialistes : le Front de Gauche, quézaco ? Ils, elles, remercient les « humanistes », et même le Modem, sans oublier « nos amis écologistes ». Bref tout ce qui compte pour du beurre dans le résultat et dont il est possible de caresser la tête sans risque. Mais le « Front de Gauche » ? C’est le parent qui fait honte ? On dirait bien. A moins qu’il soit considéré comme peu avouable de lui devoir autant ! Car il y avait un constat chiffré pourtant facile à faire. (...) Un fait qui ne nécessite que des connaissances mathématiques rudimentaires. Nicolas Sarkozy a été battu par le Front de Gauche. Car si l’on retire nos quatre millions de bulletins de vote, François Hollande ne recueille que 40, 2% des voix. Au deuxième tour on élimine. Nous l’avons fait. Nous avons éliminé Sarkozy ».

     

    Là encore, Mélenchon oublie l'expérience de 1981. Dans son discours au soir de l'élection, Mitterrand n'a pas un instant remercié le PCF, qui lui avait apporté tout de même 17% de l'électorat. Aucun hiérarque socialiste à l'époque n'avait pensé non plus à exprimer la moindre reconnaissance. Et quand Mitterrand est entré au Panthéon la rose à la main, il n'a pas pensé à inviter Georges Marchais à l'accompagner. Et le jeune Mélenchon, ni à l'époque, ni dans ses évocations rétrospectives, ne semble avoir éprouvé la moindre gêne qu'on ait pu ainsi ignorer le PCF.

     

    Une fois encore, c'est fou ce qu'un changement de perspective change vos conclusions. Quant au « constat chiffré », c'est à mourir de rire. D'une part, parce que le calcul qu'il fait pour les voix du Front de Gauche pourrait être fait avec les voix d'Eva Joly, de Philippe Poutou (1)... et de Marine Le Pen. Si le tiers de l'électorat de celle-ci avait voté pour le candidat UMP et non pour le candidat PS, Hollande aurait été battu. Dire donc que c'est « Sarkozy a été battu par le Front de Gauche », c'est de la pure vantardise.

     

    Mais le commentaire de Mélenchon contient une seconde erreur qui, elle, est plus fondamentale.

    Admettons que ce soient les électeurs du Front de Gauche qui ont « battu Sarkozy ». Peut-on pour autant conclure que c'est « le Front de Gauche qui a battu Sarkozy » ? Si le Front de Gauche n'avait pas existé, il y a fort à parier que ces mêmes électeurs auraient voté pour Hollande au deuxième tour.

     

    Si le Front de Gauche les avait appelé à s'abstenir, ils auraient dans leur grande majorité désobéi.

     

    Mélenchon parle comme si le Front de Gauche avait autorité sur ses électeurs. Comme s'il avait eu entre ses mains la décision de faire élire ou faire battre Hollande. Mais en fait, dans le contexte actuel, le Front n'a jamais eu un tel pouvoir.

     

    En fait, les dirigeants du Front de Gauche n'avaient pas le choix: s'ils avaient appelé à faire battre Hollande, leur électorat ne les aurait pas suivis, et ils auraient en plus été cloués au pilori comme les responsables de la défaite. C'est cela qui explique le pourquoi des « salamalecs » envers écologistes et centristes: parce que leurs électorats, contrairement à celui du Front de Gauche, ne sont pas contraints par le « désistement républicain », ils avaient le choix. Ils auraient pu saboter l'élection et ne l'ont pas fait: ils avaient donc quelque chose à vendre. Le Front de Gauche n'avait à proposer, puisque son électorat vote au deuxième tour pour les candidats socialistes quelques soient les consignes.

     

    Ce qui nous amène au point qui pour moi est fondamental. Le problème posé par le corset qu'est devenu le « désistement républicain » et plus largement par la difficulté de s'affranchir du réflexe de guerre civile droite/gauche est bien connu, et se pose à la « gauche de la gauche » à chaque élection et de manière plus aiguë, à chaque fois que la gauche revient aux affaires.

     

    N'osant pas affronter un gouvernement étiqueté « à gauche », la « gauche radicale » se trouve immanquablement forcée de cautionner des politiques qu'elle ne partage pas mais qu'elle n'a aucun moyen d'infléchir.

     

    Pour sortir de cette impasse, il faudrait un très long travail de préparation idéologique. Il faudrait élaborer une véritable doctrine des rapports avec le PS, qui exprime clairement les objectifs de la négociation et les lignes rouges. Et ensuite, expliquer, expliquer, expliquer. Clairement et avec un discours cohérent et constant dans le temps. Car les électeurs ne sont pas idiots: si on leur explique pourquoi à un moment donné il vaut mieux faire tomber un gouvernement « de gauche » que d'admettre certaines politiques, ils sont capables de le comprendre surtout si on montre qu'une telle attitude va dans le sens de leurs intérêts.

     

    Ce qui bien entendu pose la question plus large des intérêts « de classe » des électeurs de la « gauche radicale ». On peut penser que si les partis de la « gauche radicale » se voient contraints par leur propre électorat à soutenir des gouvernements « socio-libéraux », c'est que les intérêts de cet électorat vont dans ce sens.

     

    Le Front de Gauche a refusé catégoriquement de réfléchir sur toutes ces questions.

    Dans la plus pure logique opportuniste qui préside à son fonctionnement - et à celui de ses membres - la doctrine était « faisons d'abord le meilleur résultat possible, on réfléchira après ». Seulement, « après » c'est maintenant, et on y arrive alors qu'il est trop tard pour faire un travail pédagogique de fond sur l'électorat.

     

    Pour sa part, Mélenchon est en train de découvrir une réalité que les militants et dirigeants communistes connaissent depuis trente ans: que le Parti Socialiste est sans pitié. Qu'ils agissent en fonction de leurs intérêts, et qu'ils se foutent de la justice et de la « solidarité de gauche ».

     

    Pourquoi partager le gâteau, alors qu'on peut le manger entier ?


    Descartes


    (1) Si les électeurs de Philippe Poutou avaient voté en bloc pour Nicolas Sarkozy toutes choses égales par ailleurs, cela aurait suffi pour lui donner la victoire. Il aurait suffi que les électeurs d'Eva Joly s'abstiennent pour aboutir au même résultat.


    (2) Il est intéressant d'ailleurs de constater que lorsque le PCF était un parti très majoritairement ouvrier, il n'hésitait pas à renverser des gouvernements dirigés par des socialistes, et qu'au fur et à mesure que les couches moyennes ont pris de l'importance, ce genre de décision est devenu de plus en plus difficile. Ce n'est pas une coïncidence non plus si l'organisation pour laquelle la frontière « droite/gauche » est la plus perméable est le Front National, qui aujourd'hui capitalise justement l'électorat ouvrier, autrefois encadré par le PCF.


    URL article : http://descartes.over-blog.fr/article-melenchon-decouvre-les-socialistes-104921451.html


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  •   Oui, toi qui n'aimes pas les étrangers présents sur le sol de la patrie des droits de l'Homme, ne te fatigue pas à lire ces lignes, tu ne les comprendras pas. 

     

      Le 8 mai 1945, l'Allemagne nazie capitulait sans condition. La France recouvrait la liberté, après tant de barbaries commises sur son sol. Mais dès le début de l'Occupation et du régime fasciste de Pétain, la Résistance s'est levée pour combattre la bête immonde et dans ses rangs, nombre d'étrangers prirent les armes et entrèrent, aux côtés de leurs frères Français, dans la clandestinité.

     

      Le goupe Manouchian fut l'un de ces groupes armés étrangers qui tombèrent sous le feu des soldats hitlériens. Cette photo de quelques uns de ce groupe, prise par l'armée allemande avant leur exécution:

     

     

      Ils furent furent fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944.

     

      Les nazis avaient placardé Paris d'affiches rouges contre ceux qui qualifiaient de terroristes.

     

     

     

     

    Aragon leur a dédié ce poème: L'Affiche Rouge

     


    Vous n'avez réclamé la gloire, ni les larmes,
      Ni l'orgue, ni la prière aux agonisants.
    Onze ans déjà ! Que cela passe vite onze ans...
    Vous vous étiez servis simplement de vos armes :
      La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans.
    Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes,
      Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants.
    L'affiche qui semblait une tache de sang,
      Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles,
      Y cherchait un effet de peur sur les passants.
    Nul ne semblait vous voir Français de préférence,
      Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant,
      Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
      Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE.
    Et les mornes matins en étaient différents
    Tout avait la couleur uniforme du givre,
      A la fin février pour vos derniers moments,
    Et c'est alors que l'un de vous dit calmement :
      Bonheur à tous,
      Bonheur à ceux qui vont survivre !
      Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand...
      Adieu la peine et le plaisir.
      Adieu les roses, Adieu la vie, adieu la lumière et le vent !

      Marie-toi, sois heureuse, et pense à moi souvent,
      Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses,
      Quand tout sera fini plus tard en Erivan.
      Un grand soleil d'hiver éclaire la colline :
      Que la nature est belle et que le cœur me fend !
      La justice viendra sur nos pas triomphants...

      Ma Mélinée, ô mon amour, mon orpheline !

      Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant...

    Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
      Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
      Vingt et trois étrangers, et nos frères pourtant
      Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
      Vingt et trois qui criaient "LA FRANCE !" en s'abattant...

    http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com


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  • Lepcf 18

    Réflexion intéressante sur la fuite en avant de la "gôôôche" (j’y inclus la direction du Front de gauche...), pour qui finalement, la seule différence visible entre la gauche et la droite serait basée sur la façon de traiter de l’immigration et du racisme, accentuant cette fuite éperdue dans les bras de l’Union européenne loin de la nation ringardisée : c’est tout bénef pour le capitalisme, cela évite de parler de là où ça fait mal, la plus-value. Car vouloir toujours plus d’Union européenne avec notamment ce slogan d’« Europe sociale » vide de sens, c’est institutionnaliser le dumping social, c’est pouvoir utiliser l’immigration comme instrument de pression sur les salaires, c’est en finir avec la souveraineté nationale et donc la souveraineté du peuple, et c’est continuer de détruire le seul cadre de résistance qui vaille, la nation. Sans compter que l’Union européenne a fondamentalement été créée pour libérer le capitalisme de toute entrave à l’accumulation ! Que demandent de plus les patrons ?...

    Pascal Brula

     

    Depuis plus de trente ans, les résultats de l’extrême droite suscitent incompréhension et stupeur au sein d’une partie de la gauche, avec des relents de la lutte antifasciste d’antan dont des journalistes militants se veulent les nouveaux héros. Il ne suffit pas de dire et de répéter que Nicolas Sarkozy a repris les thèmes du Front national et veut récupérer ses voix, en mettant hors champ les thèmes et les électeurs en question, pour comprendre les conditions qui ont rendu possible la montée du FN.

     

    Depuis les années 1980, les catégories ouvrières et populaires ont été les laissées-pour-compte d’une adaptation à une économie mondialisée régie par les lois du libre-échange. Les populations des anciennes régions industrielles ont vu leurs emplois disparaître au fil des ans, sans que les nouvelles activités puissent compenser les emplois perdus, les aides sociales et les formations proposées représentant un pis-aller à l’absence de travail. Des catégories entières de la population se sont retrouvées dans une situation de précarité et de déshérence. Mais la dégradation des conditions économiques et sociales n’explique pas tout : pourquoi le succès du Front national et non celui de l’extrême gauche, qui n’a cessé de critiquer le capitalisme et la « dictature des marchés », bien avant que Marine Le Pen se mette à dénoncer l’« hypercapitalisme », l’« hyperlibéralisme », l’« hyperclasse mondialisée »... ?

     

    La fracture que le Front national exploite n’est pas seulement économique et sociale, elle est tout autant politique et culturelle. La mondialisation économique s’est accompagnée de bouleversements culturels qui ont désorienté une bonne partie de la société. A gauche, le « mouvement social » a succédé au « mouvement ouvrier » sous la forme d’un composite où les salariés des services publics, les « exclus », les « mal-logés », les « sans-papiers »... côtoient les étudiants, les écologistes, les femmes, les « gays, lesbiennes et trans », puis les « indigènes de la République », les « Noirs de France » et autres groupes réclamant de nouveaux droits. La valorisation médiatique dont ont pu bénéficier ces groupes a accentué le sentiment d’abandon et de désarroi des couches populaires.

     

    Au sein de la société, la précarité socio-économique combinée à l’effondrement de la cellule familiale, gentiment rebaptisée « monoparentale » ou « recomposée », a produit des effets puissants de déstructuration et de désaffiliation. La gauche a du mal à affronter cette réalité parce qu’elle s’est voulue à l’avant-garde dans le domaine des mœurs et de la culture. Elle a mêlé en un seul bloc question sociale et modernisme culturel, désorientant ainsi une bonne partie des citoyens qui n’adhèrent pas à ce dernier.

     

    Malgré leurs critiques du libre-échange mondialisé, la gauche et l’extrême gauche n’ont pas réussi à reconquérir une partie de l’électorat populaire parce que leur conversion au modernisme est largement apparue comme un rejet ou l’abandon de la nation, de son héritage culturel et politique qui demeure des éléments essentiels de l’existence collective d’un peuple et de la démocratie.

     

    Fuite en avant

    Le fossé qui s’est creusé entre une partie des élites et le peuple n’est pas une simple affaire d’inégalités et de scandales financiers, elle renvoie en même temps à une façon de faire de la politique placée sous le signe d’un « changement » perpétuel, d’une fuite en avant. La façon dont s’est construite l’Union européenne est l’un des exemples les plus frappants, quand des politiques se montrent incapables de tenir un discours clair et cohérent sur l’articulation de la nation et de l’Union européenne. C’est toute une opposition sommaire qui s’est mise en place, enfermant le débat public dans un faux choix entre un repli nationaliste et xénophobe et une ouverture culturelle qui tend à se représenter le monde comme une vaste société que la morale, les droits de l’homme et l’écologie suffiraient à réguler. La question de l’immigration n’échappe pas à cette représentation angélique qui dénie la spécificité de notre culture et du modèle français républicain d’intégration. Que signifient, du reste, les idées de « candidats de la diversité » et de « minorités visibles » dans le cadre du modèle républicain de citoyenneté dont on ne cesse en même temps de se réclamer ?

     

    Nombre d’élus et de militants de gauche n’ont pas partagé ces dérives, mais la peur d’être qualifiés de « réactionnaires » par un milieu parisien, restreint, mais influent, en a fait taire beaucoup. François Hollande opérera-t-il dans ce domaine une difficile « synthèse » ou saura-t-il rompre clairement avec les impasses d’un petit milieu pour, comme il le dit, parler aux électeurs du Front national et rassembler le pays ?

     

    Jean-Pierre Le Goff, sociologue, est auteur de « La Gauche à l’épreuve. 1968-2011 », éditions Perrin, coll. « Tempus », 2011.

    Lu sur Le Monde-Idées du 26 avril 2012

    URL article : http://lepcf.fr/Quand-le-Front-national-prospere


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  • L’infographie des amis que l’on remercie : regardez comment le gouvernement et l’Élysée ont recasé leurs loyaux serviteurs. Dans les semaines qui ont précédé ce second tour, entre le 1er janvier et le 1er mai, 115 conseillers, directeurs de cabinets et collaborateurs des ministres et du chef de l’État ont été promus à des emplois plus stables. OWNI a compilé ces mouvements de personnels très politiques en une image globale. Ils sont tous là.

    On connaîtra le nom du prochain Président dans quelques heures mais certains ont pris les devants. Et depuis plusieurs semaines. Dès le mois de janvier, un discret mouvement de valises et cartons a agité les cabinets ministériels et l’Élysée. Directeurs, directeurs adjoints et conseillers des ministres, ils ont quitté leur ministre ou le chef de l’État pour des postes… plus stables.

    OWNI vous propose une visualisation complète de ces promotions des collaborateurs des ministres, depuis leur cabinet de départ jusqu’à leur nouvel emploi. Manière de mesurer l’ampleur des mouvements pré-élection présidentielle.

    Data-départs

    Au total, ce sont 115 conseillers qui prennent la poudre d’escampette vers des ambassades, des préfectures, dans l’enseignement ou l’administration, entre autres. Sur les 550 collaborateurs que comptent les différentes instances gouvernementales. Étonnamment, peu d’entre eux se sont tournés vers le privé : 16 proches des ministres ont été nommés chez Orange (le directeur adjoint du cabinet de Valérie Pécresse), Safran, la BNP (un conseiller de Valérie Pécresse aussi) – ou encore le MEDEF, le Conseil national des entreprises de coiffure et Valéo (un des conseillers d’Éric Besson). Voire la plume de Gérard Longuet à la rédaction en chef de lafranceforte.fr (là c’est du provisoire).

    Hormis les départs ministère par ministère, dont le détail est disponible dans le tableau suivant (nous y avons précisé tous les détails nominatifs et administratifs), OWNI a également visualisé l’accélération de la fuite des collaborateurs. Où l’on apprend que le nombre de départs a été multiplié par quatre entre le mois de janvier et le mois d’avril – date à laquelle le comptage des départs s’arrête.

    Cliquez sur l’infographie pour la voir en grand

    La palme d’or du cabinet le plus démembré est attribuée au Premier ministre, avec 23 départs en quatre mois. Les collaborateurs de François Fillon ont choisi le privé (pour cinq d’entre eux) plutôt que l’administration. Les 13 autres se répartissent les préfectures, ambassades, établissements publics, mais aussi les Grands corps d’Etat ou l’enseignement et la Justice. Arrive en deuxième position le ministère des Affaires étrangères et européennes et ses 13 départs. Le Quai d’Orsay cumule à la fois un fort taux de départs et un taux maximum de départs dans une seule direction : les ambassades. On notera aussi l’annonce du dernier départ d’avril : Véronique Gomez, fille de Michel Mercier et conseillère parlementaire de son père à la Justice pour la Caisse des dépôts et consignation.

    La majorité des mouvements se font en faveur de l’administration, au sein d’un même ministère, dans un ministère différent ou encore dans l’un des nombreux services déconcentrés de l’État. On enregistre ainsi 37 départs de ministères vers l’administration. L’autre grand mouvement des collaborateurs se fait vers le corps diplomatique, au service des ambassades avec 19 départs – dont les fameux 13 du ministère des Affaires étrangères. Ensuite 11 acteurs publics quittent les cabinets pour un établissement public et une dizaine s’engagent en préfecture.

    Les bonnes volontés quittant le pouvoir étatique pour l’enseignement ou la justice sont moins nombreux avec respectivement 8 et 6 départs entre janvier et avril. Les rangs sont clairement clairsemés à l’appel des collaborateurs abandonnant leur ministre pour les grands corps de l’État et l’Elysée (une seule arrivée : le directeur adjoint du cabinet de Claude Guéant). Le seul ministère n’ayant enregistré aucun départ entre le 1er janvier et le 30 avril 2012 est celui des Sports, sous la direction de David Douillet.

    La fabrique de l’info

    Pour agréger les données, nous avons récupéré les annonces des différentes nominations sur le site Acteurs publics , que nous avons ensuite agencées dans plusieurs tableaux. Pierre Laberrondo, journaliste en charge chez Acteurs publics de mettre à jour les départs et les arrivées, explique :

    les nominations publiées sur le site correspondent à une consultation quotidienne du Journal officiel et du Bulletin quotidien, tandis que c’est en passant quelques coups de téléphone que nous parvenons à obtenir les lieux d’arrivée.

    À noter que le ministère de l’Écologie a été rattaché à Matignon depuis le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet, devenue porte-parole de la campagne du président-candidat. Nous avons cependant décidé de séparer les départs depuis ce ministère de ceux de Matignon pour des raisons de lisibilité.


    Au design, Loguy Batonboys, à l’édition Ophelia Noor, à la rédaction Claire Berthelemy et Pierre Leibovici /-)

    http://owni.fr/2012/05/04/115-colla...


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