• Remaniement : le pari de la peur

    Santé

     

     Le chef de l'État, dans une très courte allocution radiotélévisée, a justifié le ramaniement afin de "réorganiser les ministères qui concernent notre diplomatie et notre sécurité"

    Nicolas Sarkozy a donc annoncé dimanche les nominations d'Alain Juppé comme ministre des Affaires étrangères, de Claude Guéant comme ministre de l'Intérieur et de l'Immigration et de Gérard Longuet comme ministre de la Défense, dans une allocution radiotélévisée.

    Pas un mot pour MAM et Hortefeux

    Le numéro deux du gouvernement, ministre de la Défense depuis novembre, remplace au Quai d'Orsay Michèle Alliot-Marie, qui a dû démissionner après plusieurs semaines de polémique à propos de ses vacances de Noël en Tunisie. En revanche, le compagnon de MAM, Patrick Ollier, reste ministre des Relations avec le Parlement. Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée depuis 2007, accède à la place Beauvau, un poste dont ce préfet rêvait depuis des années. Il remplace Brice Hortefeux, qui quitte le gouvernement. Quant à Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat depuis juin 2009, il succède à Alain Juppé au ministère de la Défense.

    La peur des flux migratoires"incontrôlables"

    Le président Nicolas Sarkozy a estimé que les révolutions arabes en cours ouvraient "une ère nouvelle" dans les relations de la France avec ces pays et a mis en garde contre "les flux migratoires" conséquences des "tragédies" dans les pays en révolte contre les régimes en place, qui pourraient être "incontrôlables". "Nous savons ce que pourraient être les conséquences de telles tragédies sur des flux migratoires devenus incontrôlables et sur le terrorisme. C'est toute l'Europe alors qui serait en première ligne", a estimé le chef de l'Etat.

     

    Claques et claquettes. L'éditorial par Michel Guilloux

     Pitoyable. « Pourquoi, moi, j'ai fait comme les autres »: tel est le niveau auquel s'est abaissé hier soir le chef de l'État. Obligé, avec trois mois de retard, de reconnaître du bout de la langue le changement historique en cours, à l'initiative des peuples, c'est pour aussitôt voir ces bouleversements prometteurs avec les mêmes oillères et lunettes de la peur, de nouvelles « dictatures », du terrorisme ou des flux migratoires. Sans parler d'une Union pour la Méditerranée, ce club des mêmes dictateurs aujourd'hui honnis qu'il a créé, ressuscitée on ne voit guère pour quoi. Pas un mot sur les raisons pour lesquelles sa ministre a dû démissionner, ni son premier ministre se faire discret. Pas plus qu'il n'a pu répondre aux attentes des Français, voilà quinze jours en squattant une antenne généreusement offerte, les quelques minutes de son discours dominical ne modifient le message que l'Élysée est capable d'envoyer au printemps précoce des peuples qui, de la Tunisie à l'Égypte et à la Libye, prennent en main leur destin. Sa priorité réside en un changement de maroquins à finalité électorale.

    Le sacrifice d'une dame n'efface nullement l'échec d'une politique étrangère décidée au plus haut niveau, dont la seule ambition est de se contenter du rôle de supplétif du gendarme du monde, et, au G20, de meilleur avocat du monde des affaires. La lame de fond populaire contre les retraites alliée à l'affaire Woerth-Bettencourt a obligé un président se voulant « maître du temps » à un premier remaniement. Une saison n'aura pas passé qu'un second advient déjà. Des cigares de l'un aux vacances des autres, en passant par les émoluments d'une quatrième, la confusion entre intérêt personnel et service de l'État devient une marque de fabrique bien encombrante pour celui qui a lancé sa campagne. Quand on rapporte les mours des vassaux à la violence des décisions prises chaque jour qui n'a d'égal que le mépris pour les serviteurs de la chose publique que sont les fonctionnaires - qu'ils soient enseignants, juges, éducateurs ou diplomates -, la France sort de plus en plus abaissée, à l'intérieur comme à l'extérieur.

    Celui qui, à la veille de son élection, allait prêter allégeance à un George Bush, avant que ce dernier ne soit battu, est pris de nouveau à revers par les peuples en mouvement. Le « choc des civilisations » présentait l'avantage pour ses initiateurs de nourrir la pire réaction tant en Occident, que dans les pays aux despotes fréquentables jusqu'à il y a peu alimentant désespoir et extrémisme. Dans les deux cas, peu importe : les affaires marchent bien. Des hommes et des femmes terrassant la peur, réclamant leurs droits, sociaux et politiques, voilà bien ce qui tétanise ce pouvoir. Et puisque, depuis très peu, un Kadhafi est le pire dictateur du jour, à quand une déclaration ferme sur l'Arabie saoudite ? Hier, une centaine d'intellectuels de ce royaume archaïque ont lancé une pétition réclamant un régime constitutionnel, des élections libres, « l'adoption de mesures permettant d'accorder aux femmes le droit au travail, à l'éducation, à la propriété et à la participation à la vie publique » et la fin des discriminations pour la minorité chiite du pays.

    En cherchant à importer en France même cette vision manichéenne du monde, le chef de l'État a rouvert une boîte de Pandore extrêmement dangereuse pour le pays. L'expert en division des Français entre eux pour mieux régner a relancé le racolage du côté brun du spectre électoral. Il croyait pouvoir ratisser large de ce côté-là, tandis qu'il envoyait en mission sur les terres du centre droit un Jean-Louis Borloo, fort discret lui aussi ces jours-ci. La crise sociale donne des ailes au FN et, là encore, le cours du monde l'oblige à stopper net son opération nauséeuse sur « l'islam en France ». Décidément, la France et son peuple méritent mieux.

    Les peuples bousculent un président droit dans ses bottes...

    Par Michel Guilloux

    Patrick Le Hyaric: remaniement, le maquillage de la faillite politique de Sarkozy

     Le président de la République vient de se livrer à une incroyable opération de maquillage de ses propres faillites à propos des formidables mouvements populaires dans les pays Arabes. Il semble soudain découvrir la force et la lucidité des peuples qui ont entamé des processus révolutionnaires depuis le mois de décembre en Tunisie et qui se répandent désormais partout. Normal le pouvoir Sarkozyste était du côté des dictateurs. Aujourd'hui même il n'a pas eu un mot pour les Libyens dont le sang coule à cause de l'utilisation d'armes fournies par des pays européens ; pas un mot pour les Tunisiens qui ont obtenu le départ de leur premier ministre lié à Ben Ali. Le maintien de Mme Alliot-Marie au gouvernement était devenu intenable. Encore qu'elle n'est pas la seule qui ait bénéficié de vacances payées par ces dictatures. Mais le fond des problèmes réside dans les orientations de M. Sarkozy ; de l’intégration de la France dans l'OTAN à une intégration Européenne à marche forcée qui fait tant de mal aux peuples ; au soutien aux guerres en Irak et en Afghanistan, à la connivence avec les autocrates de pays Arabes jusqu'à l'inertie totale vis à vis de la création de l'état Palestinien. Il n'a non plus rien dit sur la nature des accords de partenariat ou de libre-échange qui servent aux multinationales européennes et aux banques à piller et surexploiter les travailleurs de ces pays.

    Face aux drames humanitaires qui se préparent à cause de la fuite de milliers de personnes de Libye et d'autres qui cherchent refuge en Europe, la France s'honorerait de leur venir en aide avec les autres pays européens au lieu de tenter de les refouler. Les "flux migratoires" ne sont pas synonymes de "terrorisme" comme il l'a laissé entendre dans une phrase ambiguë pour faire peur. D'autre part elle doit prendre les dispositions pour restituer les fortunes des dictateurs aux peuples qui en ont besoin d'urgence. Sans attendre il faut refonder les relations entre les peuples des pays des deux rives de la Méditerranée .Voilà un beau chantier d'avenir, à mille lieux de la petite opération de maquillage de ce soir. 

     


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  • Libres échanges

    Par Marion Sauveur avec AFP et Reuters


    Publié le 22 février 2011 à 17h09
    Mis à jour le 22 février 2011 à 21h10


    La politique extérieure de Nicolas Sarkozy est fortement critiquée par des diplomates français. © REUTERS

    Des diplomates français critiquent la politique extérieure de la France, dans une tribune au Monde.

    "A l’écoute des diplomates, bien des erreurs auraient pu être évitées". C’est le message que tentent de faire passer à Nicolas Sarkozy un groupe de diplomates français, anonymes, qui ont écrit une tribune dans Le Monde, daté de mercredi. Le collectif, qui a choisi de répondre au nom de "Marly", regroupe des hommes en activité et d’autres à la retraite, de générations différentes et de sensibilités politiques variées. Mais tous critiquent vivement la politique extérieure de la France depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir.


    La présidence de la République incriminée

    La raison ? "Ils récusent le procès qui leur est fait". Car, expliquent-ils, "il est clair que le président n’apprécie guère les administrations de l’Etat qu’il accable d’un mépris ostensible et qu’il cherche à rendre responsables des déboires de sa politique".

    En pleine crise nord-africaine, le collectif "Marly" indique que "la politique suivie à l’égard de la Tunisie ou de l’Egypte a été définie à la présidence de la République sans tenir compte des analyses de nos ambassades". Et de préciser : "c’est elle qui a choisi Messieurs Ben Ali et Moubarak comme ‘piliers sud de la Méditerranée’". Un avis très critique, alors que Michèle Alliot-Marie a été montrée du doigt pour avoir soutenu les régimes autoritaires des deux hommes.


    Toute la politique extérieure est visée

    Les diplomates français blâment la politique sarkozienne sur tous les sujets. "Nos avions Rafale et notre industrie nucléaire, loin des triomphes annoncés, restent sur l’étagère", déplorent-ils. Et, de plus, "l’Europe est impuissante, l’Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore", constatent-ils. Ils assurent aussi que "notre politique au Moyen-Orient est devenue illisible, s’enferre dans des impasses et renforce les cartes de la Syrie".

    Pire. Ils estiment que "notre politique étrangère est placée sous le signe de l’improvisation et d’impulsions successives, qui s’expliquent souvent par des considérations de politique intérieure".


    Ils souhaitent "une politique réfléchie et stable"

    Face à ce constat, le collectif estime qu’"il n’est que temps de réagir". Et pour cela, disent-ils, "nous devons retrouver une politique étrangère fondée sur la cohérence, l’efficacité et la discrétion".

    "Les diplomates français n’ont qu’un souhait : être au service d’une politique réfléchie et stable" et qui aborde "des questions essentielles telles que le contenu et les frontières de l’Europe de demain, la politique à l’égard d’un monde arabe en révolte, nos objectifs en Afghanistan, notre politique africaine, notre type de partenariat avec la Russie". Dans le but, concluent-ils, d’"apporter, en toute loyauté, toute leur expertise".

    http://www.europe1.fr/


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  • Amérique

    Les éditorialistes de la presse française ne sont pas tendres avec la prestation du président de la République, qui a barbé 8,3 millions de télespectateurs jeudi soir lors de l'émission "Paroles de Français".

    Le président de la République n'a pas captivé les Français jeudi soir. Avec 8,3 millions de téléspectateurs, soit 34% de part de marché pour l'émission "Paroles de Français", selon Médiamétrie, la prestation de Nicolas Sarkozy, longue de plus de deux heures et demie sur TF1, a fait moins recette que le précédent exercice de 2010 (8,6 millions).

    L'opération de communication que le chef de l'Etat comptait réaliser avec "Paroles de Français" ne semble pas avoir fonctionné. C'est le constat que dressent bon nombre d'éditorialistes de la presse française ce matin qui ont la dent particulièrement dure. Dans Midi Libre, Yann Marec juge ainsi que "le remake télévisuel de l’an dernier, formaté pour dérouler la politique gouvernementale, manquait singulièrement de contradiction". "Parole usée, électorat déboussolé, image brouillée, opinion désabusée, serments éculés", énumère Rémi Godeau dans l'Est républicain, "dans une mise en scène sur mesure, le crypto-candidat a dévoilé sa stratégie". "Censé être à l'écoute, il a souvent ''oublié'' les questions du panel faire-valoir", accuse l'éditorialiste.

    "Ce n'était pas Sarkozy, c'était un Pinocchio dont le nez s'allongeait à la mesure de cette interminable émission", assène Jean-Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées. "Une émission sur mesure d'où l'on avait soigneusement choisi les Français en évitant, comme lors de la précédente émission, tous les gréviculteurs qui l'avaient pollués."

    "Hier soir, ''Paroles de Français'' aura donc permis à Nicolas Sarkozy, au plus bas dans les sondages, de se livrer à une tentative de reconquête de l'opinion via un échantillon choisi aux petits oignons", renchérit Jacques Guyon dans la Charente libre. "Pourquoi s'embarrasser de journalistes susceptibles de vous gâcher un solo de compassion ou une improvisation sur la justice sociale quand on a la chance d'avoir un choeur de "vrais" gens, posant les ''vraies'' questions et face auxquels on peut faire un vibrant récital de nouvelles promesses?"

    Il faut chercher dans Le Figaro pour trouver enfin un commentaire avenant pour le président. Etienne Mougeotte y estime qu'en "répondant aux questions concrètes de neuf Français anonymes plutôt qu’aux admonestations péremptoires de stars des médias, le président a voulu conjuguer les contraintes de la mondialisation avec le volontarisme hexagonal". Mais pour Jacques Camus de la République du Centre, qui dénonce les "questions-prétexte posées par les Français sélectionnés" et qualifie Jean-Pierre Pernaut de "Monsieur Loyal", l'émission "s'appelait improprement ''Paroles de Français''. Il fallait plutôt comprendre ''Paroles du Président''."

     

    Lire les réactions......

    ..... « Sarkozy ne sort pas grandi de cette soirée laborieuse » (Pierre Laurent - PCF)

    ..... Ubu Roi sur TF1 : la réaction du Parti de Gauche

    ..... Une co-production publicitaire TF1-Elysée pour A. Montebourg (PS) qui demande la même émission pour M. Aubry

    ..... Sarkozy sur TF1: "mortellement ennuyeux" (Bayrou, MoDem)

    ..... Sarkozy/TF1 : Vous avez dit information ? (SHJ-CGT Audiovisuel)

    ..... Mailly (FO) a trouvé Nicolas Sarkozy "un peu laborieux"


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    Le long monologue de Nicolas Sarkozy sur TF1

     

     

    Amérique

     

    Invité à écouter un panel de Français triés sur le volet, ce jeudi soir, le président de la République s'est surtout écouté parler, justifiant ses quatre années au pouvoir et ressassant ses thèmes de 2007: sécurité, immigration, pouvoir d'achat, emploi

    Nicolas Sarkozy  aura-t-il entendu le panel des Français invités sur le plateau de l'émission de TF1 «  Paroles de Français », ces neuf personnes qui devaient lui poser des questions représentatives des préoccupations quotidiennes? Le président a surtout donné l'impression de ne guère écouter et d'être surtout là pour, une nouvelle fois, promettre.

    "Avant l'été ...". "Dès aujourd'hui". "Nous avons pris une décision ce matin". A croire qu'il vient tout juste d'accéder à la magistrature suprême.  D'emblée, il s'est voulu protecteur. «  Le changement permettra de protéger la France ». Manière de rassurer tout en donnant des gages à la droite. Les thèmes étaient les mêmes que ceux développés durant sa campagne présidentielle de 2007. Sécurité, emploi, pouvoir d'achat...

    Sécurité? "Avant l'été, il y aura une réponse à la délinquance des mineurs", explique t'il. « Avant l'été, les Français participeront à la définition des sanctions dans les tribunaux correctionnels", reprend-il. A propos des magistrats, il soulignera que "la majorité" d'entre eux "sont compétents et honnêtes". Pour aussitôt faire un parallèle assez malhonnête entre l'affaire de la petite Laëtitia et le drame d'Outreau. Histoire de montrer que les juges ont "des défaillances". Il reconnaît cependant "un malaise". Mais pas question de moyens supplémentaires, sauf pour les places de prison. Et, à la clé, tout un développement  visant à diviser "les chômeurs" et les moyens financiers que l'Elysée affirme leur accorder, et les magistrats "personnels qui ont un statut". Cette division sera la ficelle de la soirée. Un peu plus tard, il opposera encore "les fonctionnaires qui ont un statut" et les agriculteurs...

    Amérique

    A propos d'emploi, Nicolas Sarkozy dresse un portrait de la situation économique mondiale qui fait précisément bondir le jeune agriculteur. "Vous nous proposez une guerre économique mondiale. Cela ne fait pas un projet pour ma génération", lance ce dernier. Et Nicolas Sarkozy d'emboucher la trompette anti-35 heures: "En travaillant moins pendant que le monde travaillait plus". Auto satisfaction: il liste la possibilité d'heures supplémentaires ou encore la suppression de la taxe professionnelle. "Nous sommes sur le bon chemin". Retour à l'emploi. "Aujourd'hui, nous avons pris la décision de dégager un demi milliard d'euros". Objectif: le chômage de longue durée et la multiplication des contrats aidés, ou le recours à l'apprentissage de masse. Nicolas Sarkozy en profitera aussi pour vanter le chantier de la dépendance. "Il faut beaucoup de moyens". Moyens à trouver par le biais de contrats d'assurances? Il n'a pas dit non.

    Enfin , le président est revenu sur son thème favori: l'immigration. Le problème, a-t-il dit sans vergogne vient "de l'Islam et des Musulmans". A entendre tant d'inepties, pas certain que les téléspectateurs soient restés jusqu'à la fin devant leur poste.

    A lire: Du vent sur un plateau, par Patrick Apel-Muller

    A lire: Les grosses ficelles économiques du Président

    Dominique Bègles

     Nicolas Sarkozy à la télé : De nouvelles mesures pour les mineurs délinquants

     Lors de l'émission "Parole de Français" jeudi soir sur TF1, Nicolas Sarkozy a annoncé de nouvelles mesures pour les mineurs délinquants avant l'été et un renforcement de la vidéosurveillance.

    L'intervention du président de la République sur TF1 a débuté par le thème de la sécurité. À la question de Fathia Djegaoud, arrivée d'Algérie à l'âge de 8 ans et cambriolée quatre fois à Nice, sur comment agir face à l'augmentation de la violence, Nicolas Sarkozy a rappelé que depuis 2002 alors qu'il était ministre de l'intérieur, « le taux d'élucidation des crimes et des délits est monté à 40% en 2010. En 2002, il était de 25% », a-t-il précisé.
       
    « Il y a deux points où nous n'avons pas réussi : le premier c'est les mineurs et le deuxième c'est la réhabilitation des délinquants sexuels ». Alors que la pharmacienne Fathia Djegaoud voulait savoir ce qu'il en était de la prévention plutôt que de la sanction, le président de la République a déclaré que « la société française se crispait dans des principes avec le tout sécurité et (d'un autre côté) ceux qui pratiquent le principe de l'élégance sans sanction pour les mineurs ». « La première des préventions madame c'est la certitude qu'a le délinquant d'être sanctionné pour son délit ».

     « Les sanctions ne sont pas adaptées et pas systématiques »

    Il a insisté sur le fait qu'il fallait « changer la législation » dans le domaine du déferrement du mineur devant un tribunal pour enfants, estimant qu'elle n'était « plus adaptée ». « Les sanctions ne sont pas adaptées et pas systématiques », a-t-il précisé.
    Le président de la République a expliqué qu'avec le ministre de l'Intérieur et le Garde des Sceaux, des nouvelles mesures sur la délinquances des mineurs seraient adoptées avant l'été.

     Sur le deuxième échec en matière de sécurité concernant le traitement en France des multirécidivistes, Nicolas Sarkozy a également déclaré que son projet des jurés populaires serait mis en place avant l'été. « Vous les Français, vous serez appelés à siéger dans le tribunal correctionnel de votre département une semaine par an, avant l'été. La justice sera rendue au nom du peuple français », a-t-il poursuivi.

    Par Actu France Soir 


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  • par Benjamin Hutter | dijOnscOpe | lun 07 fév 11 | 02:40

    "Le juge (...) doit payer pour sa faute"

    "Le juge qui a osé remettre un monstre pareil en liberté conditionnelle doit payer pour sa faute" : cette phrase, aujourd'hui familière dans la bouche du président de la République, l'était déjà en 2005 alors que celui-ci occupait le poste de ministre de l'Intérieur (Lire ici NouvelObs.com). Cette année-là, le meurtre de Nelly Cremel en Seine-et-Marne avait entraîné la rédaction de la Loi n°2005-1549 relative au traitement de la récidive des infractions pénales, prévoyant la surveillance des détenus en fin de peine, notamment par le bracelet électronique.

    "En 2007, Francis Evrard, 61 ans, pédophile récidiviste qui avait purgé 18 ans de réclusion criminelle, a violé et enlevé le petit Enis. Le 10 août 2007, la loi contre la récidive des majeurs et des mineurs est promulguée, alors que Rachida Dati est ministre de la Justice. Les principales dispositions de cette loi sont l'instauration de peines minimales en cas de récidive, dites "peines-plancher", l'exclusion possible de l'excuse de minorité pour les récidivistes de plus de 16 ans et l'injonction de soins pour les auteurs d'agressions sexuelles", rappelle également ce même article de NouvelObs.com.

    Plus près de nous, Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, annonçait une série de mesures après les violences commises en juillet 2010 par des membres de la communauté gitane de Saint-Aignan, dans le Morbihan, parmi lesquelles la réduction de moitié du nombre de camps de Roms et la "reconduite quasi immédiate vers la Bulgarie ou la Roumanie des Roms qui auraient commis des atteintes aux biens ou des fraudes", rappelle Marianne2.fr (Lire ici l'article).

    Les limites d'un discours

    Avec l'affaire Lætitia, jeune femme disparue le 18 janvier 2011 à Pornic, en Loire Atlantique, la méthode a trouvé ses limites. "Il y a trop de drames comme celui-ci, la récidive criminelle n'est pas une fatalité, il faudra des décisions, pas des commissions de réflexion", déclare avec gravité le président de la République le 25 janvier 2011 (Lire ici LExpress.fr). Cette fois, pourtant, la parole ne sera pas suivie d'actes mais d'accusations contre les milieux policier, judiciaire et pénitentiaire, allant jusqu'à promettre des sanctions, jeudi 03 février 2011, contre les "dysfonctionnements graves" des services ayant permis la remise en liberté du principal suspect du meurtre de la jeune Lætitia (Lire ici NouvelObs.com).

    Cette méthode-là n'a pas non plus trouvé son public : elle a au contraire déclenché une fronde sans précédent dans le milieu de la justice, parti de Nantes pour se répandre dans toute la France, qui devrait culminer lors d'un mouvement de manifestations jeudi 10 février 2011 (Lire ici LeMonde.fr). A l'approche de l'élection présidentielle de 2012, cette situation pourrait bien faire opérer au président de la République un changement radical de discours...

     


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  •  Le Medef est en proie au « syndrome du 10 mai 1940 » 

    Un entretien avec Éric Verhaeghe, ancien responsable du Medef.

     
    Non, le coût du travail n’est pas trop élevé, c’est la rapacité de l’oligarchie qu’il faut attaquer ! Ex-directeur des affaires sociales de la fédération patronale des assurances, Éric Verhaeghe claque la porte du Medef. Il dénonce une doctrine économique qui met en péril la société et la démocratie. 
    Vous venez de quitter avec fracas le Medef que vous représentiez dans de nombreux organismes paritaires comme, par exemple, l’APEC, la CNAV ou encore l’UNEDIC. Dans le même élan, vous publiez un livre dans lequel vous remettez en cause, un à un, tous les dogmes économiques du patronat. Quel a été le déclic ?

    Éric Verhaeghe. J’ai voulu exercer un droit d’inventaire sur la pensée économique dominante depuis quarante ans. Né à la fin des années 1960, je suis d’une génération qui n’a jamais connu que la crise, une génération qui a vécu dans la nostalgie des Trente Glorieuses. Avec l’implosion du modèle soviétique, quand l’économie de marché est restée comme seul système global, il y a eu un pari : plus on développera ce système, plus vite on arrivera à l’essence du marché en concurrence libre et parfaite, plus vite on sera prospères et on renouera facilement avec la croissance des Trente Glorieuses. Pendant la décennie 1980, on a fait de la privatisation à tout-va ; pendant la décennie 1990, on a abaissé le coût du travail – on a quand même dépensé 1,5 point de PIB en allégements de charges… Le résultat est terrible. En réalité, au bout de quarante ans, non seulement ça ne va pas mieux, mais au contraire, le système est en train de s’autodétruire. Cette crise n’est pas imputable à la rigidité du marché, mais au contraire, à sa flexibilité. Cela oblige à remettre en cause nos vieilles croyances. Collectivement, les élites de ce pays ne peuvent plus continuer à soutenir 
    que les recettes d’avant 2008 vont nous sortir du marasme, elles sont la cause de la crise !


    « Prédateurs », « nomenklatura capitaliste », « médias stipendiés par le pouvoir »… Ce vocabulaire fleuri auquel vous recourez dans votre livre peut surprendre venant d’un acteur du système…


    Ce sont les mots de quelqu’un qui a vu… Aujourd’hui, chacun doit prendre sa responsabilité. Je m’adresse aux citoyens. Et les patrons sont des citoyens, aussi. Croire que travailler dans l’univers patronal signifie endosser forcément des doctrines qui sont dangereuses pour l’économie de marché est une erreur. Et je dis très clairement qu’aujourd’hui la doctrine du Medef est dangereuse parce qu’elle est potentiellement productrice d’un risque systémique. À mes yeux, ce qui ressort de la crise de 2008, c’est que la pérennité de l’économie de marché tient beaucoup plus aux salariés qu’à leurs patrons.


    En démontant les impératifs catégoriques de la modération salariale et des baisses d’impôts, vous vous attaquez au cœur des revendications traditionnelles du patronat. Le Medef n’est donc pas aussi « réaliste » qu’il le prétend ?


    Le Medef de Laurence Parisot nous parle d’un monde qui n’existe pas. Il nous parle de gens trop payés, d’un État qui a trop de recettes fiscales, il fait un certain nombre d’observations économiques qui sont totalement à côté de la plaque. Je me souviens d’une réunion, au mois de novembre 2008, sur la protection sociale, où les patrons présents se sont livrés à un exercice de comparaison de leurs retraites chapeau. Ce jour-là, on avait sorti un listing avec les 500 plus grosses retraites chapeau de France, et la seule question qui se posait, c’était : qui est dans le top 100  ? La réalité de la France, aujourd’hui, la voilà  : d’un côté, des salariés qui ont envie que ça marche, et de l’autre, un certain nombre de patrons dont la première préoccupation en temps de crise est de vérifier qu’ils sont mieux payés que les autres. J’appelle ça le syndrome « 10 mai 1940 »  : en pleine tourmente, l’obsession de l’état-major est de s’occuper de ses prébendes. Est-ce que mes mots sont durs ? Oui, ils le sont, mais parce que la réalité l’est  !


    À maintes reprises, vous comparez les privilégiés d’aujourd’hui à la noblesse de l’Ancien Régime… 


    Le paradigme de 1789 permet en effet de comprendre notre époque… Avant la Révolution, il y a une crise des finances publiques et une crise économique ; les élites en profitent et ne veulent surtout pas faire le moindre effort pour enrayer la crise. Aujourd’hui, nous avons un phénomène absolument identique : par exemple, mesure-t-on bien que la dette publique, c’est de l’épargne garantie pour les très gros revenus ? Lorsque Liliane Bettencourt reçoit un chèque de 30 millions d’euros au titre du bouclier fiscal, ce chèque est financé par de la dette que Liliane Bettencourt achète sous la forme d’emprunts d’État et, du coup, quand on la rembourse, on lui fait un nouveau cadeau. Le bouclier fiscal est une opération de passe-passe qui permet d’accroître le patrimoine des gros revenus en le faisant financer par l’écrasante majorité des citoyens.


    Alors que Denis Kessler, longtemps figure de proue des assurances et du patronat tout court, s’était réjoui de l’élection de Nicolas Sarkozy qui devait, selon lui, permettre de rompre avec l’héritage du programme du Conseil national de la Résistance (CNR), on peut, à vous écouter, vous imaginer plus proche de certains des objectifs de ce même CNR… « L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie », cela vous parle  ? 


    Éric Verhaeghe. La Sécurité sociale telle qu’elle existe n’est plus la déclinaison de cet objectif. Aujourd’hui, ce sont les salariés qui portent l’essentiel du financement de la protection sociale. En 1945, le travail était la source de la richesse, mais en 2010, le travail l’est beaucoup moins. Il y a une très grande partie de la richesse qui est aujourd’hui produite à partir de l’argent lui-même… Continuer à asseoir la Sécurité sociale sur le seul travail, cela conduit à faire porter aux salariés un poids exorbitant. 
    On a un sujet de fond, là…

    Par votre position professionnelle de directeur des affaires sociales à la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA)…

    Ex-position professionnelle ! Je ne suis pas encore licencié, mais c’est en cours…


    … Vous pouvez être soupçonné de vouloir faire le jeu des assurances privées qui lorgnent sur le magot…


    Eh bien, je vais vous répondre de façon transparente. Lorsque la FFSA a proposé, ennovembre, de défendre auprès du Medef une position consistant explicitement à baisser le rendement des retraites pour favoriser la vente de produits d’assurance, j’ai écrit à Bernard Spitz (président de la FFSA – NDLR) que je n’étais plus d’accord avec ces positions. Je lui ai fait part de mon intention de partir et, ce faisant, d’abandonner tous mes mandats au sein des organisations patronales.


    Est-ce que l’on débat à l’intérieur du Medef  ?


    Sur les retraites, il y a eu un vrai débat parce que ce dossier était suivi par Jean-François Pilliard, de l’UIMM. C’est un vrai professionnel, c’est un vrai homme de dialogue. Sur le droit du travail, il n’y a aucun débat au sein du Medef  : il y a un comportement extrêmement autoritaire que j’ai qualifié, et je persiste, d’immobilisme brejnevien.


    Quel tableau !


    Quand j’étais petit, dans ma famille d’artisans du bâtiment, on disait déjà : « Il y a trop de charges ! » Trente ans plus tard, les grands patrons continuent dans la même veine. Ce discours est éternel dans le patronat, petit ou grand, quelles que soient les époques, quel que soit le montant des cotisations. Ce qui nous manque aujourd’hui, c’est une capacité à remettre en cause les tabous de la pensée unique. Et ça, c’est sûr que le Medef n’a aucune intention de le faire. En dehors de sa litanie traditionnelle –« soulageons-nous de toutes les charges que nous avons »–, il n’y a pas de pensée…


    En même temps, ça marche : il suffit de regarder les montants en jeu…


    30milliards d’euros par an d’allégements de charges  !


    Comment rompre avec ce système où la société paie à la place des détenteurs du capital ? 


    La question n’est pas de savoir s’il faut des allégements de charges… Peut-être qu’il en faut, après tout  ! Le vrai sujet, c’est le contrôle démocratique qui s’exerce. Et ce qui n’est pas admissible, c’est de faire vivre le mythe d’une économie de marché qui serait opprimée par l’État, alors qu’en réalité, l’économie de marché est subventionnée par le contribuable et qu’elle refuse dans le même temps tout contrôle sur les subventions qu’elle reçoit. Je préconise la transparence. On peut reprendre un système simple, prévu par la Déclaration de 1789 : « Tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée. » Dès lors qu’on met 1 euro public dans une activité, le citoyen doit avoir le droit de demander des comptes sur l’utilisation de cet euro. 
    D’une manière plus globale, il faut défaire l’emprise sur la vie sociale de quelques grandes entreprises, souvent issues du public, qui ont par leur structure capitalistique la capacité de dominer. C’est le cas fameux des entreprises dites « too big to fail » (trop grosses pour faire faillite– NDLR). Alors que le citoyen est obligé de trouver un contrat d’assurance pour toute activité, les banques, par exemple, ont droit à la garantie gratuite de l’État, quoi qu’elles fassent. Il faut commencer par informer les citoyens sur les privilèges exorbitants de ces grands groupes, il faut qu’on en ait conscience collectivement et que ça soit choisi. Je suis partisan du démantèlement des très grandes entreprises  : dès lors qu’une entreprise atteint une taille qui la rend plus puissante qu’un État, il faut la démanteler. On sait le faire quand l’entreprise constitue une menace pour la libre concurrence. Je ne vois pas pourquoi on n’aurait pas ce pouvoir dès lors qu’elle menace la souveraineté des peuples.


    Entretien réalisé par Thomas Lemahieu publié dans l’Humanité du 20 Janvier 2011 

     

     

     

     


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  • Image«Ne t’attarde pas trop à l’ornière des résultats », pourrait-on lancer à Nicolas Sarkozy, en citant le poète René Char. En effet, quel bilan accablant pourrait-on dresser à l’issue d’une des rares conférences de presse présidentielles du quinquennat ! La Tunisie ? Paris n’a pas pris « la juste mesure » de la situation. La révolution de jasmin ? « La puissance coloniale (...) est toujours illégitime à prononcer un jugement sur les affaires intérieures d’une ancienne colonie », mais pas pour proposer son arsenal répressif pour écraser la révolte. La mort des otages enlevés au Niger ? « Ce ne sont pas les Français qui ont tiré les premiers. » Le G8-G20 ? Le chef de l’État, qui en assume désormais la présidence, a promis « des résultats les plus importants possible » mais, en en rabattant sur ses rodomontades de 2008, il a avoué qu’il était « impossible aujourd’hui de dire ce qu’il en sera », et notamment de la taxation des transactions financières qu’il a une nouvelle fois évoquée. Qui peut croire une seconde à la « mise en place d’un socle de protection sociale universelle » quand toutes les entreprises du gouvernement Fillon tendent à amoindrir les garanties des salariés et à réjouir le Medef et les actionnaires ?

    À vouloir préserver les marchés financiers, à s’acharner à satisfaire les agences de notation, le président de la République se condamne à l’impuissance. Il en a fait hier l’aveu. Rien de ce qui pourrait conférer à la France un rayonnement et une utilité aux peuples de la planète n’était au rendez-vous. L’alignement de la politique française sur celle des États-Unis et de l’Otan l’atrophie ou la déconsidère. Sa diplomatie devient incapable de faire libérer des otages et son armée est embourbée en Afghanistan. Elle a perdu son rayonnement sur les pays arabes par son mutisme devant les crimes du gouvernement israélien, au point que sa ministre des Affaires étrangères a été huée, il y a quelques jours, par la rue palestinienne qui jusqu’alors était reconnaissante à Paris pour son courage. Il y a quelque chose de pourri désormais dans notre politique étrangère. Non que cette dernière soit sortie immaculée du XXe siècle. Mais l’influence conjuguée du gaullisme sourcilleux sur l’indépendance et du communisme français solidaire des peuples du monde avait conféré à l’Hexagone une voix forte qui résonnait bien au-delà des zones d’influence traditionnelles. Qu’en reste-t-il quand Nicolas Sarkozy, à peine élu, passe ses vacances en hôte déférent de George W. Bush et insulte l’homme africain ?

    Dix jours après la révolution tunisienne, Nicolas Sarkozy a confirmé qu’il avait des années de retard sur l’état du monde. Le temps n’est plus où Reagan et Thatcher triomphaient. La guerre des civilisations que les néoconservateurs avaient exaltée pour conjurer le péril de révolutions sociales se noie dans les ruisseaux de sang qu’elle a déclenchés. Sous des formes diverses, de l’Amérique latine à l’Europe en passant par l’Afrique, des peuples se dressent contre le talon de fer des marchés financiers. L’Élysée ne sera pas à l’unisson, préférant ergoter sur le caractère d’une dictature ou s’employer à faire avaler la ciguë de l’austérité.

    Patrick Apel-Muller


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    Nicolas Sarkozy refait le coup de la présidence française de l'Union européenne en 2008. Cette fois à la tête du G8 et du G20, le Président de la République a tenté de se poser en leader du monde lors de ses vœux au corps diplomatiques, ce matin, à l'Élysées.

    Faisant feu de tout bois, il a indiqué ses priorités concernant le système monétaire international qu'il se fait fort de réformer. Contrairement à ses propos précédents, plus question de remettre en cause le "rôle éminent" du dollars comme monnaie de référence, ni d'obliger la Chine à réévaluer son yuan, encore moins d'instaurer un "contrôle des capitaux". Il est juste question de proposer aussi aux gouvernants des pays les plus industrialisés "un code de conduite en matière de gestion des flux de capitaux", qui reste à définir, ainsi qu'un élargissement du rôle du Fonds monétaire international (FMI) en modifiant "éventuellement" ses statuts.

    Pas d'objectifs clairs

    Pour donner le change, Nicolas Sarkozy a préféré jouer de la fibre sociale en évoquant l'instauration d'une "taxe sur les transactions financières" pour trouver "de nouvelles ressources pour le développement", en parlant aussi de "la mise en place d'un socle de protection sociale universel".

    Pas question pour autant de donner des objectifs clairs. La présidence française du G20 aura "des résultats", a assuré Nicolas Sarkozy, tout en reconnaissant qu'il était "impossible aujourd'hui de dire ce qu'il en sera".

    Selon un sondage de lundi matin pour Les Echos, France Info et Absoluce, 7 Français sur 10 estimaient que Nicolas Sarkozy ne "parviendra (pas) à faire de sa présidence du G20 un succès". Pas sûr que ces vœux au corps diplomatique infléchisse ce pessimisme.

    http://humanite.fr/24_01_2011-le-show-planétaire-de-nicolas-sarkozy-fait-pschitt-463147 

    Tunisie. Le demi mea culpa de Nicolas Sarkozy

    Nicolas Sarkozy a reconnu une "sous-estimation" de la "désespérance" du peuple tunisien, lors de la présentation de ses vœux au corps diplomatique ce matin. Mais le président de la République n'a pas fait de vrai mea culpa concernant le manque de soutien de Paris à la Révolution de jasmin. "Je revendique une certaine réserve lorsqu'il s'agit de commenter les événements des pays qui ont été colonisés par la France" et la France ne doit pas être "assimilée à un pays qui a gardé des réflexes coloniaux", a-t-il insisté.

    Il a justifié les déclarations de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie qui avait proposé à Tunis une aide technique pour rétablir l'ordre. C'était pour "éviter qu'il y ait plus de drames", a-t-il affirmé.

    http://www.humanite.fr/24_01_2011-tunisie-le-demi-mea-culpa-de-nicolas-sarkozy-463150


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