• Mélenchon détaille ses propositions face à la crise

    Jean-Luc Mélenchon. (AFP / Bertrand Langlois)
     

    Jean-Luc Mélenchon , le candidat  du Front de gauche, a détaillé mardi ses propositions face à la crise  économique, suggérant par exemple un "protectionnisme européen" ou la création  de "quatorze tranches d'imposition" dont la dernière serait taxée à 100%, dans  un entretien au Monde.

    Il estime que "l'Europe a les moyens d'éteindre l'incendie spéculatif" si la  Banque centrale européenne "prête aux Etats aux taux où elle prête aux banques",  et si est réalisée une "harmonisation sociale et fiscale".

    Jean-Luc Mélenchon  propose surtout  un "protectionnisme européen" qui passerait par une "mise en place des visas  sociaux et écologiques pour toute marchandise entrant dans l'Union (européenne) et l'instauration d'une souveraineté économique qui interdise les  délocalisations dans tous les cas où cela aboutit à la perte d'un savoir-faire  où à la destruction d'une zone de production".

    Les eurobonds, une mesure dont la mise en place par les gouvernements  français et allemands a été rejetée récemment mais à laquelle sont favorables  les socialistes des deux pays, "ne peuvent juguler" une "crise spéculative",  selon Jean-Luc Mélenchon .

    Pour sortir de l'endettement, il réitère sa demande de prendre "l'argent là  où il est : on augmente les impôts des plus riches et des grandes sociétés".

    Il se dit ainsi favorable à "taxer les revenus du capital comme le sont ceux  du travail", mais propose surtout "la création de quatorze tranches  d'imposition" dont la dernière serait "taxée à 100%".

    "Cette dernière tranche toucherait les revenus de 360.000 euros annuels,  c'est à dire 20 fois le revenu médian du pays et ne concernerait que 0,05% des  contribuables", détaille-t-il.

    Dernière proposition, enfin, "l'harmonisation de la taxation des entreprises  dans notre pays".

    Face à "une description de la dette" avec laquelle on "ne cherche qu'à faire  peur", Jean-Luc Mélenchon  a réaffirmé  son opposition à un retour à un déficit sous les 3% de PIB d'ici à 2013, comme  l'ont proposé Martine Aubry et François Hollande, et les a mis en garde: "Ils  ouvrent une fracture dans la gauche qui va la diviser".

    "Fort heureusement", s'est-il toutefois réjoui, "il y a des voix qui  s'opposent", a t-il dit, distribuant les bons points à Europe Ecologie-Les Verts  ou au socialiste Arnaud Montebourg, "dont la résistance est précieuse".

    http://www.liberation.fr/politiques/01012355660-melenchon-detaille-ses-propositions-face-a-la-crise

    Dette : Pour Martin Hirsch, une simple contribution symbolique des hauts revenus ne suffira pas

     

    Martin Hirsch. (Robert Pratta / Reuters)
     

    L'ancien Haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, estimant  qu'une taxation des hauts revenus "ne serait certainement pas à la hauteur des  enjeux", propose mardi d'"agir pour que s'exerce la responsabilité sociale" des  plus fortunés.

    Une taxation de 1% à 2% des revenus supérieurs à 1 million d'euros annuels,  "ne serait certainement pas à la hauteur des enjeux (...)", écrit M. Hirsch dans Le Monde.

    "C'est une véritable stratégie qu'il faut mettre en oeuvre, ce n'est pas une  mesure symbolique qui suffira", poursuit-il. "On a beaucoup parlé de la  responsabilité sociale des entreprises. Il serait bon d'agir pour que s'exerce  la responsabilité sociale des multimillionnaires".

    Pour modérer les plus hautes rémunérations, il suggère notamment que  "l'assemblée générale des actionnaires soit compétente pour fixer les dix plus  hautes rémunérations de l'entreprise, tous avantages compris".

    Et pour distinguer "ce qui relève d'un salaire (...) de ce qui peut  récompenser les dirigeants pour les décisions visionnaires, créatrices de  valeurs, qu'ils sont susceptibles de prendre", "il faudrait faire du dirigeant  un détenteur stable du capital de l'entreprise qu'il dirige, en le rémunérant  sous forme de participation bloquée pendant au moins cinq ans",  propose-t-il.

    M. Hirsch estime que les plus hautes rémunérations peuvent contribuer "à  hauteur de 1 ou 2 milliards à la réduction du déficit budgétaire, ce qui  correspond, par exemple, à une taxation à 70% de la part des rémunérations  supérieure à 500.000 euros par an".

    Le gouvernement doit annoncer mercredi les mesures retenues pour respecter  ses engagements de réduction du déficit public cette année et en 2012. Parmi  elles devrait figurer une taxation directe des bénéficiaires de très hauts  revenus qui pourrait être une nouvelle taxe sur les ménages "ultra riches", de  1% ou 2% sur les revenus dépassant un million d'euros par an, ce qui  rapporterait 150 à 300 millions.

    Martin Hirsch avance par ailleurs l'idée d'une fondation, "administrée par  ceux qui y déposeraient une part de leur fortune, pour investir dans le 'social  business'".

    http://www.liberation.fr/politiques/01012355676-dette-pour-martin-hirsch-une-simple-contribution-symbolique-des-hauts-revenus-ne-suffira-pas


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  • Rédigé durant l’été, le document, tiré à un million d’exemplaires, sera  distribué par les soutiens de la candidate à la primaire socialiste.

    Martine Aubry, à Paris le 12 juillet (Gonzalo Fuentes / Reuters)
     

    Ségolène Royal écrit aux «résignés et indignés qui veulent des solutions» - ouvrage à paraître le 1er septembre chez Plon -. Martine Aubry,  elle, adresse «une Lettre aux Français» dans laquelle elle déclare vouloir «une gauche sérieuse et ambitieuse».

    Cette publication est l’étape de «rentrée» de la démarche engagée le 28 juin par l’alors première secrétaire du PS, avec le dépôt de sa candidature, explique-t-elle à l’AFP.

    Il s’agit de présenter aux Français «mes principales propositions, la façon dont je veux être présidente, la France que je veux, et ce que j’attends d’eux».

    Rédigé durant l’été, le courrier, tiré à un million d’exemplaires et qui sera distribué par ses soutiens, «permet de montrer la cohérence d’ensemble entre les réponses que je fais pour la crise et la sortie de la crise», annonce-t-elle.

     

    «Je veux une gauche sérieuse et ambitieuse»

    «Je vous écris pour vous parler de la France. Pour vous dire que notre pays n’est pas voué au déclin», commence la candidate, dans ce document de huit pages qu’elle a évoqué lundi au 20 heures de TF1. «Des solutions existent», promet Aubry. Voulant «rendre à la France sa force, sa sérénité et son unité», la maire de Lille affirme: «Rien ne sera facile. Je veux une gauche sérieuse et ambitieuse. Sans sérieux, rien n’est faisable. Sans ambition, rien ne change».

    «Je veux partager avec vous mon idée de la France», présente-t-elle, répétant en leitmotiv «Ma France» comme un écho à la chanson de Jean Ferrat. «Ma France c’est celle où l’on vit bien ensemble, par delà les origines et les différences», «ma France est laïque», «ma France, c’est celle qui n’a pas peur de s’ouvrir au monde», affirme-t-elle évoquant  aussi «le sens de (son) engagement européen dans la fidélité au combat de (son) père Jacques Delors».

    La crise occupe une large part de sa lettre. Elle réaffirme ses propositions «pour une croissance durable et riche en emplois»: taxe sur les transactions financières, Communauté européenne des énergies, etc. «L’Europe doit retrouver sa vocation, son sens et sa volonté».  «La droite n’a pas de leçon de sérieux à donner en matière financière», renvoie la patronne du PS en congé de ses fonctions: «depuis dix ans, l’UMP a créé 70 milliards d’euros de dépenses fiscales inutiles et injustes.»

    Aubry réaffirme, au passage, ses propositions : annulation des 50 milliards des niches fiscales, suppression des avantages fiscaux des multipropriétaires, taxation des revenus du capital comme les revenus du travail. Parmi ses autres priorités, elle énonce: «Tout pour l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation et la sécurité.»

    http://www.liberation.fr/politiques/01012355613-aubry-ecrit-une-lettre-aux-francais


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  • les riches veulent payer plus d’impôts?le fin mot de l’histoire…

    Alors ,c’est bon? les riches sont des gens très bien , ils veulent payer plus d’impôts…

    Ce doit être vrai , les télés ,les radios nous le racontent en permanence, et nous les pigeons moyens , on la boucle et on admire?

    et si on nous prenait pour des poires?

    si ce joli écran de fumée cachait autre chose?

    ci après une analyse détaillée des propos de ces braves gens..

    “Pour beaucoup de patrons, comme Henri de Castries, PDG d’Axa, une contribution supplémentaire des plus riches devrait être subordonnée à une tout autre politique : réduction rapide du déficit, diminution draconienne des dépenses publiques, modération salariale et flexibilité de l’emploi, de manière à parier avant tout sur l’activité du secteur privé, principale garantie d’une meilleure compétitivité de l’économie française. Positions antagoniques qui structurent le débat public en France sur le modèle de croissance, la fiscalité et le rôle de la puissance publique et que la prochaine présidentielle, on l’espère, permettra de trancher…”


    tempsreel.nouvelobs.com/actualite/laurenyjoffrin

    voila le fin mot de la farce..
    “moderation salariale
    flexibilite de l’emploi”

    Le discours type et bien connu du MEDEF..
    Remarque en passant , il n’est dit nulle part a partir de quand ni de combien ces nouveaux Schweitzer veulent être taxés..

    Non, les riches n’ont pas changé…..

    http://vincentluaces.unblog.fr/

    Demandez lisez le Figaro, le journal de la lutte finale..

    http://www.lefigaro.fr/impots/2011/...

    Seize riches Français signent un appel pour plus d'impôts

    Liliane Bettencourt, le patron de la Société Générale et celui de Total figurent parmi les signataires de l'appel à une «contribution exceptionnelle» pour les plus favorisés.

    Voilà qui n'est pas ordinaire : des citoyens se mobilisent pour payer plus d'impôts. Dans un appel qui sera publié jeudi dans le Nouvel Observateur, seize personnes très fortunées - pour l'essentiel des hommes d'affaires - réclament l'instauration d'une «contribution exceptionnelle qui toucherait les plus favorisés». L'héritière de l'empire L'Oréal, Liliane Bettencourt, le PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa, celui de Total, Christophe de Margerie, ou encore le président d'Air France, Jean-Cyril Spinetta, figurent ainsi parmi les signataires d'une déclaration dont les extraits ont été publiés ce mardi sur le site Internet de l'hebdomadaire.

    Ces seize personnalités affirment leur volonté de participer à l'effort national, alors que le gouvernement rendra demain ses arbitrages sur les mesures d'économies à prendre pour ramener le déficit budgétaire sous la barre de 5,7% du PIB en 2011. «Au moment où le déficit des finances publiques et les perspectives d'aggravation de la dette de l'Etat menacent l'avenir de la France et de l'Europe, au moment où le gouvernement demande à tous un effort de solidarité, il nous semble nécessaire d'y contribuer», font savoir les signataires. Ceux-ci soulignent ce qu'ils estiment devoir à la collectivité : «Nous sommes conscients d'avoir pleinement bénéficié d'un modèle français et d'un environnement européen auxquels nous sommes attachés et que nous souhaitons contribuer à préserver».

    Une taxe de 1% à 2%

    La semaine dernière déjà, plusieurs personnalités fortunées avaient fait savoir de manière isolée qu'elles souhaitaient contribuer davantage à la réduction des déficits publics. Le PDG de Publicis, Maurice Levy, le mécène Pierre Bergé, ou encore le patron médiatique de Virgin Mobile, Geoffroy Roux de Bézieux, avaient ainsi suivi l'exemple de Warren Buffett aux Etats-Unis. Et de fait, la piste d'une taxation des plus fortunés semble aujourd'hui quasiment acquise, seules ses modalités faisant encore l'objet de discussions. À maintes reprises, le gouvernement a ainsi évoqué une taxe de 1% à 2% assise sur les personnes dont le revenu fiscal de référence dépasse le million d'euros par an. D'après Gilles Carrez, rapporteur UMP de l'Assemblée nationale, 30.000 personnes environ seraient potentiellement concernées, pour un gain estimé à 300 millions d'euros.

    Les seize fortunes citées ne délivrent cependant pas un blanc-seing au gouvernement. «Cette contribution serait calculée dans des proportions raisonnables, dans le souci d'éviter les effets économiques indésirables tels que la fuite des capitaux ou l'accroissement de l'évasion fiscale». Les patrons et héritiers signataires rappellent par ailleurs que «cette contribution n'est pas une solution en soi : elle doit s'inscrire dans un effort plus global de réforme, tant sur les dépenses que sur les recettes».

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  • L’année 1936, avec l’avènement du gouvernement de Front Populaire, conduisit à une réforme des statuts de la Banque de France. L’accès à l’Assemblée générale de la banque n’était plus réservé aux seuls deux cents actionnaires les plus importants, les "deux cents familles" vilipendées. Surtout le rôle de cette Assemblée fut réduit tandis que les pouvoirs publics se virent dotés de moyens d’intervention plus directs dans la gestion de la Banque.

    La réforme de 1936 n’a été qu’un prélude à la nationalisation. Celle-ci intervient après la Libération, avec la loi du 2 décembre 1945. Parmi « les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste », le Conseil national de la Résistance (CNR) avait inscrit « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ».

    Le 2 décembre 1945, l’Assemblée nationale constituante fraîchement élue votait la loi « relative à la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques et à l’organisation du crédit ».

    Le ressentiment contre les « 200 familles » et le « mur d’argent » était énorme, aussi grand qu’il peut l’être aujourd’hui contre l’euro et les banques.

    La Banque de France passe sous contrôle public : exit le conseil de grands banquiers et industriels qui y faisaient la pluie et le beau temps.

    Le dispositif sera complété en 1946 avec la nationalisation partielle du secteur des assurances.

    Le désir du pouvoir issu de la Résistance était de réorganiser le système de financement de l’économie française pour le mettre au service du redressement du pays.

    Une tâche d’un Gouvernement socialiste ne serait-il pas de récupérer le pouvoir de créer de la monnaie ? Il faut en débattre.

    A l’Assemblée nationale, jeudi 3 décembre 2009, défendant sa proposition "estimant urgente la création d’un service public bancaire et financier, ainsi que d’un pôle public financier, afin de favoriser le développement humain", le député PCF Jean-Jacques Candelier a eu ses mots :

    "Notre position va à l’encontre de la politique actuelle et des diktats capitalistes de l’Union européenne. Nous, nous voulons révolutionner le système ! Nous voulons refondre démocratiquement les objectifs stratégiques des banques, avec la participation, à tous les niveaux, des usagers et des salariés, que ce soit dans les conseils d’administration et de surveillance, mais aussi dans les comités de crédit, là où l’on décide de l’octroi des crédits.

    Voilà notre grande ambition : faire en sorte que la souveraineté appartienne effectivement au peuple, et non à la bourse et aux actionnaires !

    Je me permets à cette occasion un rappel historique. Pourquoi avoir peur de nationaliser, alors que le Gouvernement propose de débattre de la Nation ? Qu’est-ce qu’une nationalisation si ce n’est remettre la Nation, sa population, ses associations, ses salariés, au cœur des activités économiques ?

    Le programme du Conseil national de la résistance réclama dès 1944 le « retour à la Nation de tous les grands moyens de productions monopolisées, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurance et des grandes banques ». Il s’agissait de sanctionner la collaboration et de rationaliser la reconstruction de la Nation.

    Le 30 novembre 1945, un projet de loi avait été déposé après la fermeture de la bourse, pour être voté le 2 décembre et publié au Journal officiel le lendemain. Le 3 décembre 1945, toutes les banques de dépôt et de crédit ainsi que la Banque de France étaient nationalisées.

    Nous sommes bien, aujourd’hui, dans une situation qui exige qu’une même énergie soit déployée pour reconstruire ce que la finance détruit.

    J’en appelle donc à tous les héritiers du gaullisme – il doit bien en rester – : à circonstances exceptionnelles, moyens exceptionnels ! Il n’est plus temps de moraliser le capitalisme, autant chercher à domestiquer un requin.

    Alors, bien entendu, on va nous dire que les temps ont changé. On va nous expliquer que la Commission européenne serait inquiète de voir se créer un pôle public du crédit en France, qui pourrait prendre du poids et venir fausser la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée ». Eh bien, si tel était le cas, alors il s’agira d’un excellent encouragement à poursuivre nos efforts".

    http://lepcf.fr

    16.08.11 - Communiqué de presse

    Les conclusions du sommet franco-allemand du 16 août montrent la force du lien entre la France et l’Allemagne et rappellent, une fois de plus, l’attachement de nos deux pays à l’Euro. Le Medef partage cette détermination absolue de défense de l’Euro.

    Une fois de plus le Medef demande à chaque parti politique de dépasser les clivages partisans et de considérer l’adoption d’une règle d’or d’équilibre budgétaire.

    Par ailleurs, le Medef soutient le souhait exprimé par les Chefs d’Etats d’une harmonisation de l’Impôt sur les Sociétés (IS) entre la France et l’Allemagne tout en estimant qu’il convient de faire converger l’ensemble des prélèvements obligatoires.

    "Le projet d’une véritable gouvernance de la zone euro annoncée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel est une vraie nouvelle étape de la construction européenne. C’est bien de plus d’Europe dont nous avons besoin", déclare Laurence Parisot, Présidente du Medef.


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  • Par Jean LEVY sur son blog

     

    FACE AUX FORCES DU CAPITAL - FACE AU FRONT NATIONAL

     

    Par Jean LEVY

     

    Marine Le Pen a tenu le 11 août une conférence de presse.

     

    Surfant sur les colères de millions de  Français, victimes de la crise, elle s'est présentée comme l'unique recours, face à une «classe politique» responsable de mener le pays à la ruine.


     De cette tribune, elle a  dénoncé le «système» économique et politique imposé à la France, dans le cadre de l'Union européenne.

     

    «canempechepasnicolas» reprend, ci-dessous, son argumentaire.

     

    Pourquoi  ces citations ?

     

    Ne serait-ce pas, de notre part,  participer à la diffusion des thèmes du Front national, et faire ainsi à celui-ci, une propagande néfaste et dangereuse ?

     

    Nous ne le croyons pas.

     

    Marine Le Pen dispose de bien d'autres moyens de publicité, et d'une autre ampleur que «canempechepasnicolas».

     

    Si nous reproduisons ici les propos de Marine Le Pen, c'est que nous ressentons un sentiment de dépit du fait que les idées qu'elle prétend représenter, des constats réels et justifiés, elle est la seule à les exprimer.

     

    C'est ce qui nous désespère.

     

    Certes, de petits groupes militants  font des analyses critiques bien plus cohérentes de la société dans laquelle nous sommes enfermés, le capitalisme, et proposent des issues globales pour en sortir.


     Ce que ne fait pas, bien sûr, Marine Le Pen.

     

    Mais l'audience de ces groupes ne leur permet pas d'être audibles pour le plus grand nombre. C'est la présidente du Front National qui capitalise une part grandissante de la colère populaire.

     

    Cette situation nous inquiète au plus haut point.

     

    Et la responsabilité en incombe aux partis, qui se prétendent « de gauche », ou qui se parent du qualificatif « d'opposition », et aux syndicats se disant « de lutte », qui restent muets sur l’essentiel

     

    En effet, le Parti socialiste, les « dits écologistes » situent leur action dans le cadre, pour eux intangible, du « marché », de la « libre concurrence », de « l'Europe », autrement dit du capitalisme qui mène le monde et la France à leur perte.

     

    Non seulement, ils ne renient pas leurs choix fondamentaux, mais ils en « redemandent » et exigent encore plus « d’intégration européenne », de « fédéralisme », comme le camion fou qui accélère devant le précipice.

     

    Quant aux partis qui se revendiquent encore du communisme, ou de « l’anticapitalisme », le PCF en particulier, ils s’en tiennent aux effets et non aux causes. Ils ont abandonné toute idée de rupture révolutionnaire avec la société capitaliste.

     

    Leur objectif se limite à la sphère électorale, d’où leur dépendance vis-à-vis du PS.

     

    Cette absence totale de perspective de changement hypothèque dangereusement l’avenir de notre pays.


     Elle ouvre la voie à Marine Le Pen et au Front National l’apparence de l’exclusivité, en matière d’opposition résolue et frontale.

     

    Elle permet donc à la démagogie de développer des illusions, et bloque toute perspective véritable de changement de société.

     

    C’est donc pourquoi nous posons la question :

     

    « Pourquoi les vérités exprimées par Marine Le Pen, ne sont-elles pas défendues par une force populaire et organisée, qui crie, elle, haut et fort, la nécessité d’une rupture globale avec le Capital »?

      

    Seule cette perspective peut changer la donne et nous préserver du Front National.

     

    C’est la seule voie qui permette de redonner l’espoir d’une rupture véritable avec la société actuelle, condition de faire du bonheur, une idée neuve en Europe.

     

    CE QU’A DIT MARINE LE PEN (…)

    Depuis 30 ans, au gré des alternances aussi inutiles qu’illusoires, droite et gauche ont renoncé à travailler au service de l’intérêt général. Ils ont passé le gouvernail aux marchés et aux banques.

     

    Je pense que si la crise actuelle n’a qu’un seul mérite, c’est de montrer très clairement cette réalité aux Français : les dirigeants politiques ne font plus la politique de la France, ce sont les marchés et les banques internationales qui font la politique de la France. Nos politiques sont totalement soumis à la finance internationale. (…)

     

    Il est urgent de le dire avec force aux français : le système ne peut pas réformer le système.

     

    Ceux qui ont vendu aux marchés financier, à vil prix, notre souveraineté, c’est-à-dire notre liberté de peuple, ne nous la rendront pas. (…)

     

    Cette politique de soumission aux marchés, qui pour moi n’a plus rien à voir avec la vraie politique, est vouée à l’échec et condamne les peuples à l’asphyxie. (…)

     

    Et aujourd’hui on constate que Nicolas Sarkozy et le gouvernement courent après des marchés devenus fous de cupidité, qu’ils adaptent leur calendrier aux exigences de spéculateurs qui n’ont aucune limite dans leurs exigences, qu’ils promettent des sommes faramineuses pour rassurer des banques toutes plus avides d’argent public les unes que les autres.

     

    En rien Nicolas Sarkozy ne protège la France et les Français, bien au contraire ! Il ne fait que les précipiter sous le joug des marchés et il les emmène vers la ruine ! S’il protège quelqu’un, ce sont les marchés !

     

    Cette politique de soumission aux marchés, qui pour moi n’a plus rien à voir avec la vraie politique, est vouée à l’échec et condamne les peuples à l’asphyxie. (…)

     

    À ce titre, la folie qui frappe nos institutions est telle qu’elles se mettent en toute impunité à violer les propres règles qu’elles ont édictées. Ainsi, souvenez-vous que la classe politique a imposé de force au peuple français le Traité de Lisbonne pourtant rejeté par référendum. Or, en rachetant les titres des États italien, espagnol, grec, la BCE viole les traités de Maastricht et Lisbonne.

     

    On peut donc se poser la question : sommes-nous encore dans un État de droit ? Sur quels fondements juridiques la BCE agit-elle ? Avec quel mandat ? Quelle légitimité ? Quel cadre légal ? Sommes-nous encore dans un processus démocratique ? Et comment le président de la République peut-il cautionner des violations aussi flagrantes des Traités internationaux qu’il a imposés aux Français contre leur volonté.

     

    Certains, comme Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Chevènement ou Nicolas Dupont-Aignan émettent sur les thématiques économiques et financières des idées qui peuvent pour certaines aller dans le bon sens, mais ils ne sont pas clairs sur cette question centrale du fédéralisme : je suis la seule qui porte un projet entièrement cohérent, et je suis aussi la seule qui ait la surface politique, le soutien populaire suffisants pour prendre la tête de ce front de résistance et de redressement.

     

    Il est ainsi incontournable de :

     

    - Reprendre le contrôle du processus financier et revenir sur la privatisation scandaleuse de l’argent public issue de la loi Pompidou Giscard de 1973.

     

    - Imposer que la création de monnaie revienne aux États représentant de l’intérêt général.

     

    - Œuvrer à la réintroduction d’un étalon polymétallique (or, argent, platine…) au niveau du système monétaire international afin de mettre fin définitivement à la spéculation des prédateurs internationaux.

     

    - Refuser de faire payer la crise aux Français en sacrifiant sur ordre de la troïka (UE, FMI, BCE) notre système de protection sociale et nos services publics.

     

    - Réarmer notre pays contre la mondialisation par la restauration d’un État stratège, fer de lance de la réindustrialisation de la France.

     

    - S’opposer à la tyrannie d’un libre échange échevelé et d’une concurrence mondiale déloyale qui sacrifie nos entreprises et nos emplois.

     

    - Rétablir l’échelle mobile des salaires, supprimée par les socialistes afin de permettre aux salaires à proportion de l’augmentation constatée des prix

    - Retrouver la maîtrise de nos frontières en rétablissant un contrôle des flux de capitaux, de marchandises et de personnes (…)

     

    La mauvaise dépense publique, c’est aussi le coût des guerres meurtrières et inutiles, menées par Nicolas Sarkozy pour plaire à Washington : guerre d’Afghanistan, guerre de Libye. Ces guerres tuent nos soldats, arrachent à la France ses enfants, et nous ont déjà coûté des milliards. Quittons le sol afghan et le ciel libyen dès le 1er septembre. (…)

     

    La France ne doit plus être un paradis fiscal pour les très grands groupes et les très grandes fortunes. Il n’est pas normal que dans notre pays les grands groupes du CAC 40 ne paient en moyenne que 8 % d’impôt sur les sociétés, contre 33 % pour les PME. Il n’est pas normal que les très grandes fortunes paient parfois moins en proportion de leurs revenus que les classes moyennes

     

    POURQUOI, FAUT-IL QUE CE SOIT MARINE LE PEN QUI DISE CELA ?

     

    Face à Marine Le Pen et à ses propos,

    suffit-il de dire qu'elle est « facho » ?


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  • samedi 13 août 2011 (11h50) :
    Y’a des semaines INFERNALES : DEUX EXEMPLES
    De : Alain Chancogne dit A.C

    Avis :
    C’est pas très sérieux, vite tapé, "ça" vise pas le Prix Renaudot !
    A.C

    Le FIGARO, décrit l’enfer de travailleurs qu’ici, sur Bella Ciao, gauchistes, antiFDG, bref : tout sauf HUMANISTES, nous négligeons de façon insupportable

    ÉCONOMIE ÉCO-BOURSE Marchés

    La semaine infernale d’un gérant de portefeuille

    « Je me suis accroché à mon siège », raconte au Figaro.fr Dimitri Andraos, qui travaille pour SwissLife, à la Défense. Il fait le récit de ses cinq jours d’angoisse, suspendu au yoyo de la Bourse.

    « J’écoutais France Info samedi quand j’ai appris la dégradation de la note des États-Unis par Standard and Poor’s. J’avais beau m’y attendre, j’étais très inquiet. Non pas pour les États-Unis, mais je me suis demandé ce qui allait se passer lundi à l’ouverture des marchés. J’ai passé la journée à gamberger en écoutant la radio. C’était un vrai bonheur pour moi parce toute la journée les journalistes ne parlaient que de finance,de note AAA, d’agences de notation. On a rarement autant parlé de ma passion dans les médias ! Blague à part, j’étais soucieux. Dimanche, j’ai surfé sur tous les sites d’infos depuis mon iPhone, c’est comme ça que j’ai appris que la BCE prévoyait d’acheter des titres italiens et espagnols. J’étais rassuré, mais j’attendais l’ouverture des marchés avec anxiété. » « Alors, c’est la fin du monde ? »

    « Lundi matin, j’arrive au travail, avant l’ouverture des marchés. Mes collègues et moi, on rigole jaune, on se demande “alors, c’est la fin du monde ?”. La matinée se passe bien grâce aux annonces de la BCE : je pousse un ouf de soulagement. Je m’attendais à ce que la Bourse dégringole et elle monte, très peu mais elle monte. Mais quand on a appris que la BCE n’achetait pas tant que ça de titres italiens et espagnols, patatras, tout s’est écroulé. Il n’y a rien de pire qu’un espoir déçu. Pour ne rien arranger, un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré que le Fonds européen de secours (FESF) devait « rester comme il est » (face aux appels, notamment français, à augmenter sa dotation pour lutter contre la crise de la dette, NDLR)

    . Dans le monde de la finance, on a une blague : dès que la Bourse baisse on se dit “ah, un dirigeant allemand a parlé”. Eh bien là, c’était tout à fait ça. Lundi soir, le CAC termine la séance sur une nouvelle chute de 4,68%. »

    « Les pires journées de ma semaine sont aucun doute mardi et mercredi. Là, j’ai vraiment eu peur, je me suis accroché à mon siège. Nous étions tétanisés face à la rumeur de la gravité de la situation de la Société Générale. Comme cette banque avait déjà eu à gérer l’affaire Jérome Kerviel (le trader qui a fait perdre près de 5 milliards d’euros à la banque en 2008, ndlr), la rumeur pouvait paraître crédible. Cette histoire me révolte. Quand je pense que certains ont lancé cette rumeur, pour vendre des actions à découvert et les racheter 20% moins cher deux jours plus tard, cela me met hors de moi. Parce que je sais que ceux qui en pâtissent, ce sont les petits épargnants. Mardi soir, le CAC affiche un gain de 1,63%. Il n’empêche, je ne suis pas tranquille. Cependant, depuis la crise de 2008, j’ai appris à mieux dissocier ma vie personnelle de mon travail, je ne fais plus d’insomnie comme j’ai pu en faire lors de la crise des sub-primes. J’ai dormi comme une souche, épuisé. »

    « Je ne vais pas me tirer une balle »

    « Mercredi, les marchés sont plombés par les rumeurs de dégradation de la note de la dette française. Je ne suis pas surpris. Mon analyse personnelle est que la dégradation de la dette américaine aura des conséquences néfastes sur la note de la dette française. Le CAC clôture en baisse de 5,45%. J’essaie de me détendre chez moi, le soir. Je ne vais pas me tirer une balle dans le pied à chaque fois que ça va mal. »

    « Jeudi et vendredi, la Bourse a retrouvé des couleurs. Jeudi, le CAC clôture sur une hausse de 2,89% et vendredi 4,02%. Je ne suis pas confiant pour autant.

    Je ne sais pas combien de temps nous allons tenir en équilibre.

    Je passe la soirée de vendredi à lire des articles de presse, à réfléchir à comment vont ouvrir les marchés lundi. J’ai commencé à installer la fibre optique chez moi, je vais continuer à bidouiller ce week-end. Pour pouvoir surfer sur le web plus rapidement pour lire les informations financières. Pour gamberger sur ce qui va se passer à l’ouverture des marchés, lundi. »

    A côté de ce drame, que penser de la ridicule colère qu’inspire à ce pauvre ex stalinien (?) A.C, l’article de "GIRONDE-SOLIDARITE"

    www.connerie-chancognarde.com

    La semaine infernale d’un connard au portefeuille vide..

    Jean Peuplu, qui passe ses vacances dans son HLM des aubiers (Bordeaux ) nous reçoit dans son F4..

    Quelques amis qui militent au secours populaire, à L’amicale des locataires, un jeune de la CNT, deux anciens membres du PCF , un ouvrier en chomage technique de chez Ford qui dit être du NPA, préparent le tract , la pétition pour empêcher mardi que l’huissier dépéché par le bailleur public..ne vienne expulser cette famille de"mauvais payeurs"

    J’essaie d’expliquer au malheureux pas très au fait de la crise (depuis qu’on lui a saisi sa Télé et qu il n’a palus le Pernault de TI, excellent pédagogue à l’heuredu ..Ricard, ) , que chacun doit faire un effort, vu que sinon le triple A de la France, de la Sté générale ou de BNPPARIBAS, c’est foutu !!!

    Je comprends très vite que le pauvre inculte ne peut pas se hisser au niveau nécessaire qu’exige la conscience citoyenne..permettant d’analyser notre devoir de solidarité, par des sacrifices consentis(...passer....surtout, jusqu’ qu à présent, le plus grand nombre de cons citoyens)

    "Mais ou va ton, me demande , désemparé" mon interlocuteur" ?

    Déjà, ma femme qui avait un Cdd chez Auchan vient d’être virée.

    Moi, ça fait 8 mois que je suis au chom’du !

    Les petits, on peut même pas leur payer l des vacances avec aide dela CAF.. !

    On est à 40mn des plages de l’Atlantique,et ce serait un crime contre mon Pays que de vouloir qu’ils se baignent ailleurs qu’à la piscine municipale cet été" ??

    Je fais remarquer à l’homme effondré que , même sur la Côte d’azur, cette année le vent a souvent dérangé le touriste lambda qui se prélasse sur la terrasse au Carlton ou qui tente de bronzer sur la Croisette..

    Qui plus est, grâce à M.JUPPE, Ministre Maire, les bords du Lac articifiel qui se trouve à 300 m des aubiers, ça ressemble presqu ’à la Floride...

    Mais je ne semble pas convaincre l’égoïste ,.

    Comme beaucoup d’assistés, dont on se demande, si, entre deux arnaques aux Allocs, ils ne cherchent pas à faire croire que la France et son système libéral nourrirait de l’inégalité sociale croissante, -se rendant , ainsi complice des"marchés" avec ce type de rumeur alarmiste, ..mon ex ouvrier campe sur ses certitudes..(demain s’il est expulsé, il campera peut être sur les rares espaces verts de la Cité..)

    "Mais, on n’en peut plus, Monsieur, tous les soirs j’angoisse " hoquete- t- il

    En pleine période de fruits, pas pouvoir acheter des pêches alors que les producteurs se font racketter par carrefour, "

    je le coupe :
    "On pourrait discuter mais ça prendrait trop de temps, les voies de la distribution comme celle du seigneur sont impénétrables.

    Et , tous comptes faits, un de mes amis d’EEV , vous expliqueraient que moins vous mangez de fruits, moins vous avalez de pesticides...."

    "Oui, et la rentrée, vous savez ce que ça va nous coûter pour les petits ?"

    J’explique à cet homme abattu..que la France est en train de le sauver de l’invasion afghane et du terrorisme de Khadafi, que le Président ne peut pas tout régler...d’un seul coup. !

    "Oui, mais les coups, c’est toujours pour nous", m’interrompt de façon non respectueuse vis à vis de l’apport élitiste que lui offre

    J’abandonne..

    Je comprends mieux, en quittant cette Cité, que M.Sarkosy et madame Merkel, mardi, ont du pain sur la planche.

    Sauver des gens qui ne comprennent rien au lourdes charges de la Gouvernance, qui sont insensibles aux angoisses du trader, qui ne veulent pas être "solidaires" qui se cachent , comme des chiens peureux, dans leurs niches..comme d’autres s’abritent dans celles que l’on dit"fiscales"..., cela nécessite une abnégation, un don de soi(e) que seuls les détenteurs de portefeuilles actions de centaines de milliers d’euros peuvent partager.. (je parle de l’abnégation à partager, pas le Portefeuille, ma phrase estmal construite....)

    Le"pauvre", lui, il vit , si on réfléchit bien, sans angoisse du jour ni du lendemain..

    Que la Bourse fasse du yoyo..., il s’en fout !

    Quand on n’a plus rien à perdre, on est tranquille, donc...individualiste.

    Plaignons les !

    Attendons avec sérénité les plans d’ AUSTERITE nécessaires pour "nous" ..sauver

    Pardon, on ne devrait pas essayer de rire(jaune) de tout..

    A.C..



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    Bellaciao
    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article119677

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  • IL y a le festival in, et le festival off. Pendant que Nicolas Sarkozy affiche son retour à Paris pour gérer la crise, il prépare discrètement sa campagne présidentielle. L’ancien ministre de l’intérieur Brice Hortefeux et le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé doivent se rendre au Cap Nègre ces jours-ci pour organiser la rentrée et les élections de 2012.

    M.Sarkozy a étudié de près la campagne de François Mitterrand réélu haut la main en 1988. Le candidat du changement de 1981 s’était mué en président dela Franceunie et ne s’était déclaré que le 22mars 1988. Soucieux de rester dans l’action jusqu’au bout, M.Sarkozy était resté au ministère de l’intérieur jusqu’au 26mars 2007. Le président espère conjurer le sort qui conduit les sortants à être sortis par les électeurs, en gouvernant jusqu’au bout.

    Cet été, les équipes de Bercy et du Quai d’Orsay s’affairent, actualité oblige. Les autres s’ennuient un peu. Préposée aux tracas de l’été, la ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a interdit, mardi 9août, l’accès aux plages bretonnes couvertes d’algues Vertes. Le ministre de l’éducation Luc Châtel s’est déplacé avec elle dans une colonie de vacances du Calvados, celui de l’enseignement supérieur Laurent Wauquiez a visité des chambres d’étudiant à Lille. Enfin, Xavier Bertrand, qui déplore que Jean-François Copé ait supprimé la caravane UMP de l’été, fait la tournée des popotes. Bref, chacun cherche à montrer qu’il est bon élève, mais les choses sérieuses ne reprendront qu’à la rentrée.

    L’heure n’est plus à la contestation du président par les troupes UMP, comme à l’été 2010, mais la tectonique des plaques est compliquée. Il faut éviter une guerre de succession prématurée entre M.Copé et M.Fillon, qui briguent le leadership à droite en 2012. Le premier a été accusé au début de l’été de promouvoir son club Génération France en envoyant des invitations portant aussi l’en-tête de l’UMP. Pour l’après2012, M.Copé doit se préparer une base de repli s’il ne peut conserver le parti jusqu’en 2017. Celui-ci est brigué par François Fillon, qui pourrait avoir la préférence des militants. Ses partisans l’encouragent à prendre le parti. «Fillon sans l’UMP, cela devient Raffarin», résume un ministre. Les universités d’été de Marseille de l’UMP, qui se tiendront du 2 au 4septembre, s’achèveront le dimanche par un discours des deux hommes. Il faut éviter que l’affaire ne tourne à l’affrontement comme l’an dernier. M.Hortefeux met en garde: «Le ciment commun, c’est le président de la République. Ceuxqui prendraient le risque de briser, d’ébrécher l’unité en seront comptables.»

    La veille, le 3 septembre, le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire doit présenter le projet de l’UMP, dont il a transmis un premier jet au président. Le projet n’est pas connu, mais on lui reproche déjà d’être trop «techno». C’est la sempiternelle accusation contre M.Le Maire, qui fut vexé de se voir proposer le secrétariat général de l’Elysée il y a un an. Le président ne veut pas se sentir lié par les propositions et M.Hortefeux le fait savoir. Il existe par ailleurs toute une série de groupes de réflexion et d’action: l’ancien patron de Rhône-Poulenc Jean-René Fourtou gamberge et organise des rencontres pour le président. L’ancien maire de Grenoble Alain Carignon lui concocte des déjeuners avec le tout-Paris (l’écrivain Yann Moix, l’acteur Fabrice Luchini, la journaliste Elisabeth Levy, le politologue Guillaume Peltier,etc.) et le fait savoir.

    Bref, chacun est persuadé d’avoir l’oreille du président, qui entretient à dessein le flou. «Nicolas Sarkozy devient de plus en plus solitaire», constate un poids lourd du gouvernement. «Une campagne de réélection, c’est quelques meetings et trois ou quatre grands thèmes», insiste un autre: une politique économique européenne calquée sur le modèle allemand, une grande fermeté sur les domaines régaliens, un débat sur le financement de la protection sociale et le défi de l’éducation dans un monde mondialisé.

     Réticent à l’idée d’avoir des porte-parole pour sa campagne, M.Sarkozy observe la loyauté de ses troupes. Volontairement ou non, il a divisé le camp de mousquetaires chiraquiens en nommant François Baroin aux finances plutôt que M. Le Maire. Début juillet, un dîner à six au ministère de l’agriculture (Jean-François Copé, Valérie Pécresse, Luc Chatel, Christian Jacob) a permis de déguster un bourgogne blanc Clos-Vougeot, mais pas d’aborder les sujets qui fâchent. Désormais, M.Baroin conteste le leadership qui semblait naturel de M.Copé et s’est rapproché de M.Fillon, ce qui fait l’affaire du président.

    Diviser pour mieux régner, l’ancien chef de bande se mitterrandise. Brice Hortefeux a à l’œil tous ceux qui pourraient avoir intérêt à une défaite – les quadras qui visent 2017 – tandis que les trentenaires – Laurent Wauquiez et Mme Kosciusko-Morizet – et les sexagénaires (MM. Juppé, Longuet et Guéant) ont intérêt à rester au pouvoir avec le président. Déjà s’engage la course pour Matignon. Pour refroidir les ardeurs des plus jeunes, le nom d’Alain Juppé est sorti.

    Arnaud Leparmentier

    Le groupe secret de Fourtou, Carreyrou, Mougeotte et Carignon pour aider Sarkozy

    Tout commence à l’automne 2010. Jean-René Fourtou, président de Vivendi, se prend une avoinée de Nicolas Sarkozy. Comme d’habitude, le président critique son interlocuteur, proteste du traitement que lui réserve Canal Plus, filiale de Vivendi. A la fin, M. Fourtou, 72 ans, prend la parole, et dit ses vérités à Sarkozy, sur son comportement. Il ferait mieux d’utiliser son énergie pour moderniser le pays, et ne pas gâcher son bilan, alors qu’il a fait, selon M. Fourtou, sortir le pays de l’immobilisme. M. Fourtou l’a constaté à l’université de Bordeaux, qu’il préside. A sa surprise, Sarkozy lui répond : « Tu as raison ».

    Et voilà que M. Fourtou, lequel connaît Sarkozy depuis qu’il a conquis la mairie de Neuilly en 1983 – sa femme était alors conseillère municipale – se met à faire par écrit le bilan du quinquennat.  « J’ai été stupéfait de voir ce qui avait été enclenché », raconte M. Fourtou, qui narre son aventure à une amie. Cette dernière lui fait rencontrer le journaliste Gérard Carreyrou, 69 ans. Le déjeuner a lieu au restaurant Tong Yen, au rond-point des Champs-Elysées.

    Les deux hommes se sont croisés du temps de Pierre Bérégovoy, que tous les deux admiraient – Fourtou modernisait alors Rhône-Poulenc, Carreyrou était son ami et s’éloignera de la gauche après le suicide de "Béré". Les deux sont devenus Sarkozystes, et se trouvent bien seuls en cette période d’antisarkozysme. Ils décident d’élargir leur cercle. Gérard Carreyrou, qui revendique d’écrire dans France Soir « 80 % d’éditoriaux favorables à Sarkozy » fait rencontrer à Fourtou son vieux complice d’Europe 1 et de TF1, le directeur des rédactions du Figaro, Etienne Mougeotte, 71 ans, lors d’un petit-déjeuner au Royal Monceau. « Mougeotte est au Figaro, à droite-toute. Avoir son opinion, c’était utile. Comme c’était un copain de Carreyrou… », raconte M. Fourtou.
    De fil en aiguille, l’équipe se constitue. « La seule exigence était d’avoir des gens qui pensaient souhaitable pour la France que Sarkozy soit réélu », raconte Gérard Carreyrou.

    En réalité, on va aussi faire une bande de vieux copains. Ils vont chercher Charles Villeneuve, 70 ans, ancien d’Europe 1 et de TF1, tandis que Fourtou fait venir Michel Pébereau, patron de BNP-Paribas. L’équipe est un peu déséquilibrée. « Il n’est pas possible que nous restions sans une seule femme, ni des trentenaires. Nous ne sommes plus des perdreaux de l’année », confesse M. Carreyrou.

    Nicolas Sarkozy, qui est en opération de présidentialisation, flaire l’intérêt de l’affaire. Jean-René Fourtou fait passer ses propositions au président, et une mise en ordre politique s’organise. Le président charge sa nouvelle plume, Camille Pascal, d’organiser le lien entre lui et ce qui va s’appeler le « groupe Fourtou ».
    Un autre regard politique s’est invité dans l’équipe, celui d’Alain Carignon. L’ancien maire de Grenoble et ministre de la communication d’Edouard Balladur, qui passe désormais plusieurs mois par an à Marrakech, connaît M. Fourtou, très actif dans les relations économiques franco-marocaines.

    Cela tombe bien. M. Carignon  a l’oreille du président et lui sert depuis des mois de rabatteur pour rencontrer le tout-Paris. Nicolas Sarkozy ne le laissa jamais tomber, même lorsqu’il fut emprisonné lors de ses démêlés avec la justice dans les années 90. Lorsque Brice Hortefeux était ministre de l’intérieur, M. Carignon avait un bureau place Beauvau. Pour achever la politisation de l’équipe, le conseiller politique de M. Hortefeux, Geoffroy Didier, est adjoint à l’équipe.

    Lundi 6 juin, Nicolas Sarkozy cherche à remercier ses soutiens et les reçoit tous à sa table. Côté Elysée, outre M. Pascal, le secrétaire général Xavier Musca et le conseiller presse Franck Louvrier sont présents. Sylvain Fort, universitaire proche de la fondation Montaigne est convié. M. Hortefeux en est aussi. On est entre amis. Michel Pébereau, 69 ans, explique combien le rôle du président a été utile lors de la faillite de Lehman Brothers en 2008. M. Carreyrou est tout content : il défend le président sans l’avoir rencontré depuis dix ans.

    Depuis des mois, le petit groupe se réunit très régulièrement, le plus souvent chez Jean-René Fourtou, à Neuilly, « où il est facile de se garer », selon Carreyrou, parfois chez Carignon.  Il s’est quitté fin juillet, se retrouvera fin août. « L’idée est de mobiliser des experts et ceux qui sont sarkozystes, parfois sans le savoir ou se trouvent un peu seuls », raconte un participant. Il y a aussi des propositions. « Nous avons essayé de dégager les points forts du quinquennat qui méritaient d’être approfondis », assure M. Carreyrou.
    L’existence du groupe devait rester discrète. Mais l’agenda politique a ses raisons. Les proches du président ont voulu montrer que Nicolas Sarkozy n’était pas prisonnier d’un seul camp, ni du programme que prépare le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire ni de l’UMP. Et ils ont glissé le nom de M. Fourtou.

    Arnaud Leparmentier



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  • samedi 6 août 2011

     

    BHL 06Si même les conservateurs britanniques le disent...


     

    En 2010, Karl Zéro avait demandé au célèbre philosophe Bernard-Henri Lévy [membre du conseil de surveillance du groupe Le Monde] pourquoi il suscitait autant de haine [1]. Peut-être cela était-il dû, imaginait l’animateur télé, à la dualité du personnage. Il y avait d’un côté le Bernard-Henri Lévy qui s’était fait connaître en 1977 avec La Barbarie à visage humain [éd. Grasset], un pamphlet contre le communisme, et avait poursuivi depuis avec une trentaine d’ouvrages, souvent en lien avec l’actualité et bien souvent en tête des ventes. De l’autre côté, il y avait BHL, le très riche héritier d’un domaine forestier, propriétaire de l’ancienne villa du milliardaire John Paul Getty à Marrakech, marié autrefois à un mannequin et proche des trois derniers présidents français. Karl Zéro sous-entendait que le glamour et le statut de privilégié de BHL s’accordaient mal avec les rôles que Bernard-Henri Lévy s’attribuait dans ses écrits. Bernard-Henri Lévy, lui, avait une autre théorie. Il pensait ne pas laisser les Français indifférents en ayant trop souvent raison.

     

    Un moraliste aventurier

     

    L’Occident espère désormais que Lévy ne s’est pas trompé sur la Libye. C’est en effet grâce à lui – ou à cause de lui – que l’Otan est intervenue. Fin février, Lévy a pris un avion pour se rendre à la frontière entre l’Egypte et la Libye, où il est entré en contact avec le Conseil national de transition (CNT), un groupe d’insurgés de Benghazi. Et il a été conquis. Il a alors téléphoné à Nicolas Sarkozy (son ami depuis trente ans) pour l’engager à soutenir les rebelles par des frappes aériennes. Le philosophe a ensuite organisé à Paris une rencontre entre les rebelles et Nicolas Sarkozy, le 10 mars, et Hillary Clinton a rencontré leur dirigeant officiel, Mahmoud Jibril, quelques jours plus tard dans la capitale française. Le 17 mars, dix membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont voté la résolution 1973, et l’aviation française est entrée en action pour empêcher les chars de Kadhafi d’entrer dans Benghazi.

     

    Plus le temps passe, moins ces initiatives semblent judicieuses. Et, alors que la situation sur le terrain devient de plus en plus difficile, la question de Karl Zéro sur la dualité prend une tout autre importance. L’avenir de Sarkozy dépend désormais de cette question : est-ce Bernard-Henri Lévy ou bien BHL qui l’a poussé à agir ? Lancer un pays dans la guerre après avoir consulté un philosophe d’une haute autorité morale est une chose ; mais le faire sous la pression d’un ami très riche et très influent en est une autre.

     

    Lévy a récemment rappelé [2] que son mentor à l’Ecole normale supérieure, le marxiste Louis Althusser, avait coutume de dire : “Dans ‘faire de la philosophie’, le mot important n’est pas ‘philosophie’, mais ‘faire’.” Lévy ne veut pas interpréter le monde, mais le changer. On dit souvent que seule la France pouvait accoucher d’une personnalité comme lui. Or c’est faux. Il est l’archétype du journaliste aventurier que l’on retrouve dans le monde entier : un moraliste épris d’aventure, pour qui les voyages à l’étranger sont le meilleur remède pour un Occident faiblissant. Le chroniqueur du New York Times Nicholas Kristof, qui sillonne le monde pour recueillir les doléances d’une humanité souffrante et les resservir à ses lecteurs en mal de sensations fortes, s’inscrit dans cette même veine. Le journalisme militant de Lévy est parfois divertissant et parfois même intéressant. Mais il n’a rien de philosophique.


     Certes, il défend bien des thèmes dans ses écrits. La démocratie, par exemple. D’après Lévy, le printemps arabe réfute “un certain nombre d’idées reçues que je combats depuis vingt ans – à commencer par celle, raciste, d’une ‘exception arabe’ rendant cette partie du monde rétive, par essence, à l’idée de démocratie” [3]. Les idées de Lévy sur l’aptitude du monde arabe à la démocratie ne diffèrent guère de celles défendues par George W. Bush lors de la guerre en Irak. Lévy a beau se présenter comme un farouche adversaire de cette guerre, les distinctions philosophiques entre les opinions des deux hommes sont infimes.

     

    La guerre selon Bush

     

    Il est vrai que l’humanitarisme militarisé de Lévy, contrairement à celui de Bush, suppose l’obsolescence de l’Etat-nation.


     D’après Lévy, que la Ligue arabe demande de l’aide à l’ONU pour renverser Kadhafi est un fait historique d’une importance capitale. Le monde musulman, argumente-t-il, ne rejette plus le principe selon lequel la “communauté internationale” aurait un “droit d’ingérence”. Pourtant, son engagement au nom de la communauté internationale reste flou. Son approche multilatérale est en contradiction avec le nationalisme français qu’il prône parfois. Lévy avait exhorté Sarkozy à intervenir en Libye pour que le drapeau français ne soit pas éclaboussé du sang des Libyens. Or c’est absurde. Comment le drapeau français pourrait-il être éclaboussé si la France intervient sous l’égide de l’ONU ?

     

    Cela étant, qualifier la guerre en Libye de “guerre de BHL” a quelque chose d’excessif. Nicolas Sarkozy avait toutes les raisons de s’engager. La France a beau dire qu’elle occupe une place privilégiée en Afrique du Nord, les soulèvements démocratiques dans la région ont été autant d’humiliations pour elle. Au moment du soulèvement tunisien, la ministre des Affaires étrangères de l’époque, Michèle Alliot-Marie, trop proche du régime corrompu tunisien, a dû démissionner. Une semaine plus tard, des révélations épinglaient le Premier ministre François Fillon pour sa proximité avec le régime égyptien. Sarkozy n’avait pas besoin d’attendre Bernard-Henri Lévy pour vouloir redorer son blason dans la région.

     

    Pas désintéressé

     

    Lévy a surtout joué un grand rôle dans la manière dont la France s’est engagée dans la guerre. C’est apparemment lui qui a persuadé le gouvernement français que le CNT était représentatif de l’ensemble des rebelles libyens. La France a ensuite rapidement reconnu le CNT comme seul gouvernement légitime de la Libye, suivie par l’Italie et le Qatar. Ce n’était apparemment pas une sage décision. Un article de Natalie Nougayrède, dans Le Monde du 19 avril, montrait que les chefs de tribu en Libye ne reconnaissaient pas l’autorité du CNT et qu’ils ne voulaient pas que l’argent des avoirs libyens, gelés depuis mars, soit pour partie transféré à ces insurgés. Ces avoirs représentent des dizaines de milliards de dollars. Et ils reviendront à tout groupe qui sera déclaré gouvernement légitime en Libye. S’il n’y a aucune raison de croire que le CNT soit moins digne de confiance qu’un autre groupe d’insurgés, il faut tout de même reconnaître que, dans de telles circonstances, il a toutes les raisons de dissimuler son idéologie et ses véritables objectifs aux Occidentaux.

     

    C’est pourquoi l’insistance avec laquelle Bernard-Henri Lévy aurait réclamé à Sarkozy que certaines rencontres avec le CNT soient tenues secrètes, et qu’une partie du cabinet de Sarkozy (et notamment Juppé) et les alliés de la France (l’Allemagne, entre autres) ne soient pas informés de certaines modalités est des plus suspectes. Voilà un homme riche qui assure au reste du monde que la Libye compte d’innombrables démocrates, mais qui agit ensuite en secret pour s’assurer que le contrôle des milliards du pétrole libyen revienne bien à la poignée de démocrates qu’il connaît personnellement. C’est hélas le genre de démocratie qui fait le lit des dictateurs. Un héritage qui sied mieux à la célébrité tapageuse de BHL qu’au philosophe de combat Bernard-Henri Lévy.

     

    Par Christopher Caldwell

    Source Bookforum le 30/06/2011

     

    Transmis par Linsay

     

    Post Scriptum :

     L’auteur

    Christopher Caldwell, 49 ans, est le rédacteur en chef du Weekly Standard, un hebdomadaire très prisé des milieux conservateurs à Washington. Il suit de près la vie politique française et collabore régulièrement au quotidien britannique Financial Times, ainsi qu’au New York Times Magazine.


    [1] lors d’une interview sur BFM TV, le 3 mars 2010

    [2] dans De la guerre en philosophie, éd. Grasset, 2010

    [3] Le Point du 10 février

    http://www.pcfbassin.fr


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  • de Lilian Alemagna
    Libé du 2/08/2011

    Le Parti de gauche, qui s’estime maltraité par le PS en Ile-de-France, se dit prêt à faire cavalier seul à Paris pour les sénatoriales de septembre.

    La division aux sénatoriales guette aussi l’opposition. Dans le rôle des mécontents prêts à dégainer des listes concurrentes : Jean-Luc Mélenchon et son Parti de gauche (PG). L’ancien sénateur de l’Essonne n’apprécie pas de voir l’union entre socialistes, communistes et écologistes n’offrir aucune place éligible à son parti. « Il est hors de question que le Parti de gauche disparaisse du Sénat », tempête Eric Coquerel, secrétaire national du PG.

    Camarades.

    Sérieusement remontés depuis le printemps, Mélenchon et les siens ont sorti la semaine dernière l’arme de dissuasion massive : présenter une liste concurrente dans la capitale emmenée par Danielle Simonnet, conseillère de Paris. Si elle est exécutée, la manœuvre ferait une victime : Pierre Laurent, rien de moins que le patron du PCF… neuvième sur la liste d’union de la gauche - soit la dernière place éligible si la droite reste divisée en septembre (lire ci-contre). Il suffit de quelques voix de grands électeurs en faveur d’une éventuelle liste PG, et l’entrée de Laurent au palais du Luxembourg échouerait. Pour des camarades alliés au sein d’un « Front de gauche » pour la présidentielle derrière Mélenchon, la division ferait quelque peu désordre… « Pour le moment, on en est au stade pédagogique », prévient Coquerel.

    Au PCF, on parle plutôt d’« arme nucléaire ».

    Si le PG est aussi menaçant sur Paris et dans d’autres départements d’Ile-de-France, c’est qu’il s’estime maltraité en Essonne. Dans l’ancien fief socialiste de Jean-Luc Mélenchon, le PG revendique la deuxième place pour sa sortante Marie-Agnès Labarre. Or, emmenée par l’écologiste Jean-Vincent Placé, la liste compte, en numéro 2, une sénatrice PS, Claire-Lise Campion, suivie du communiste Bernard Vera, eux aussi élus en 2004. « En Essonne, le PCF c’est 250 grands électeurs, et le PG c’est 31, pointe Lydie Benoist, responsable des élections au PCF. Nous n’avons aucun souci avec Marie-Agnès Labarre, mais elle a remplacé Jean-Luc Mélenchon qui lui avait été élu en tant que socialiste ! Sauf à décider que nous aurons un parlementaire en moins, ce qui n’est pas concevable, on ne peut pas laisser cette place. » Le PG réclame une « réouverture des négociations » jugée pour l’instant inconcevable par ses partenaires. « Le PG ne peut pas en rester à un simple pouvoir de nuisance, alerte Christophe Borgel au PS. Faire perdre un siège à la gauche, c’est prendre le risque de laisser le Sénat à droite. »« Ce sont les forces de gauche qui ont négocié cet accord qui prennent ce risque », rétorque Coquerel, reprochant au PS, au PCF et à Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) de ne pas avoir associé son parti aux discussions. « Il n’y a pas eu de demandes particulières », renvoie Borgel. « C’est un problème que le Front de gauche doit résoudre, appuie Jean-Vincent Placé à EE-LV, pour qui chacun doit s’occuper de ses satellites. Le PCF doit traiter le PG en tant que partenaire, comme nous le faisons avec le Mouvement écologiste indépendant d’Antoine Waechter ou le PS avec le PRG. »« Ce n’est pas avec le PCF qu’il faut qu’on règle ce problème mais avec toute la gauche ! » défend Coquerel.

    Blocage.

    Mais, à jouer la carte de la division, Mélenchon et le PG risquent de plomber leur candidature à la présidentielle. Surtout qu’en cas de blocage, PCF et PG gâcheraient une Fête de l’Humanité voulue comme une rampe de lancement pour la campagne du Front de gauche. Le grand raout débute le 16 septembre à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Soit neuf jours avant le scrutin sénatorial

    http://www.liberation.fr/politiques...

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article119551


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  • Règle d'or: "Lettre au président de la République" (Arnaud Montebourg)

                                                     Monsieur le Président de la République,   J'ai bien reçu, et vous en remercie, la lettre que vous avez destinée à tous les parlementaires au sujet de la crise de l'euro et de l'état des finances publiques de la France.  

         J'ai compris que vous souhaitiez assainir les finances publiques de la France.

        Il était temps. Car votre responsabilité est écrasante et historique dans l'aggravation de notre endettement national. Sous votre Présidence, vous avez, à chaque loi de finances, employé l'énergie de votre Gouvernement à réduire les impôts et les recettes de l'Etat en provenance de contribuables privilégiés qui ont eu inutilement votre faveur, pendant que la France empruntait pour payer ses dépenses courantes. Cette imprévoyance s'est accompagnée d'une désinvolture inégalée en ne prenant aucune mesure pour mettre le pays à l'abri des pressions inadmissibles exercées par les marchés financiers : excès de créanciers étrangers, insuffisance de créanciers nationaux, dégradation de notre exposition financière, explosion des intérêts de la dette.   Vous aurez été le premier Président de la République à créer les conditions d'une dangereuse dépendance de notre pays aux comportements de marchés erratiques, volatils et irresponsables. On se souviendra malheureusement que, sous votre magistrature, la politique de la France se sera désormais faite pour et sur les marchés financiers, trahissant une phrase résumant à elle seule une part du consensus national dans laquelle je me reconnais et dont vous reconnaîtrez l’auteur, le Général de Gaulle : "La politique de la France ne se fait pas à la corbeille".

      Vous réclamez la recherche de l'unité nationale autour des problèmes financiers nationaux que vous avez créés et aggravés. Serait-ce le signe de votre incapacité à remettre en ordre les difficultés que vous avez provoquées? Qu'avez vous pris comme peine pour écouter pendant ces dernières années d'autres que vous-même, et éviter au pays les graves erreurs qui resteront comme une tache sur la gravure de notre histoire économique et financière ?   Vous semblez considérer que cette crise viendrait de nulle part, qu'elle est un accident malheureux inévitable, comme le sont les catastrophes naturelles. Pourtant, cette crise a des origines politiques bien connues, relevées par nombres d'économistes parmi lesquels figurent quelques célèbres Prix Nobel.   Cette crise n'est pas étrangère à la volonté de certains responsables politiques de laisser leur pouvoir aux marchés, notamment de capitaux, ainsi qu'à l'industrie financière qui est en train de détruire l'économie européenne. Vous faites partie de ces responsables, car aucune décision de nature à combattre ce pouvoir n'a été prise ni proposée par vos soins pour contrôler ces excès qui coûtent tant aux peuples, aux contribuables des classes moyennes et populaires, désormais convoqués pour payer la facture d'une crise dans laquelle ils n'ont aucune espèce de responsabilité.

      Le plan d'urgence de sauvetage de la Grèce, dont vous louez les mesures, est un arrangement invraisemblable et, pour tout dire, scandaleux, au bénéfice du secteur bancaire qui pourra désormais se délester de ses actifs risqués auprès du Fonds Européen de Stabilisation. Vous avez ainsi orchestré un transfert massif des risques du privé vers le public contre une participation "volontaire" des banques. Les contribuables français et européens ont eu droit à moins d'égards et porteront seuls l'essentiel de la charge que votre Premier Ministre a évaluée à 15 milliards d'euros pour les finances publiques nationales.

      Cette crise, depuis 2008, nous a déjà coûté près de 10 points de croissance. Vous le savez, l'aggravation des comptes publics depuis 2007 est de la responsabilité des marchés financiers. Il est donc inutile, tout comme il est injuste, de se tourner vers le peuple.

        Puisque vous réclamez l'unité nationale, voici mes propositions : interdiction d'activité pour les agences de notation anglo-saxonnes,  interdiction de toute activité spéculative de la part des entités financières agissant sur le territoire national, mise sous tutelle des banques et institutions financières agissant sur le territoire national, taxation de toute transaction financière européenne à 0,001 pour cent afin de financer le remboursement des dettes souveraines des Etats membres de l'Union Européenne mutualisées dans une agence européenne de la dette, embargo de toute transaction financière en provenance ou à destination des territoires non coopératifs, surnommés paradis fiscaux.

        Je vous indique que si tout ou partie de ces mesures étaient soumises au vote de l'Assemblée Nationale par votre Gouvernement, je les voterais sans hésiter, et je crois pouvoir dire que le groupe socialiste auquel j'appartiens en ferait certainement autant.

      S'il m'était permis un conseil, Monsieur le Président, je vous conseillerais d'abandonner la présence insistante et permanente à vos côtés des institutions privées financières, pour vous ouvrir aux analyses des nombreux économistes indépendants et éclairés que nous avons en France. Vous comprendrez alors que les plans d'austérité que vous préparez avec vos amis du Gouvernement allemand de droite, dans la situation où nous sommes, nous fait courir le grand risque de tuer le retour de la croissance dont nous avons tant besoin.

      Vous tirerez certainement un orgueil stérile et déplacé d'avoir pris des mesures impopulaires, mais vous aurez abîmé l'économie française et, une nouvelle fois, inutilement affaibli la France.

      Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma considération respectueuse.  

    Arnaud Montebourg,   Louhans, le 27 juillet 2011


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