• http://patricklehyaric.net/2011/08/25/a-l-offensive/

    La crise prend une telle ampleur, les inégalités sont devenues si criantes et si insupportables que quelques représentants des grandes fortunes et du patronat en Europe et aux Etats-Unis se portent volontaires pour verser quelques miettes de leurs exorbitants profits aux budgets nationaux. Chez nous ce sont les mêmes qui ont milité pour l’abaissement de l’impôt sur les sociétés et la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes. Ils espèrent ainsi sans doute se dédouaner de leur écrasante responsabilité dans ce qui  a conduit aux désastres actuels en laissant entendre  que les sacrifices seraient répartis entre tous. Ils redoutent une colère qu’ils sentent monter un peu partout dans le monde. Ils craignent par dessus tout, peut-être comme jamais, de voir les victimes de leurs choix mettre en cause leur système, le capitalisme. Peut-être considèrent-ils que plus la ficelle est grosse, plus elle peut marcher. Illusion qui conduit le  Premier ministre à se fendre d’un long texte pour Le Figaro appelant à l’unité nationale.

    Selon lui, pour sortir de la crise, il faut absolument obtenir l’équilibre des comptes publics, oubliant qu’il a fortement contribué à les détériorer avec ses cadeaux aux plus fortunés. Rappelons qu’en 2007, la dette du pays représentait 63,6% de la valeur des richesses produites. Elle dépassera 86% en 2011. Il faudrait inventer un mécanisme dit de « la règle d’or », gravé dans la Constitution. M. Fillon ne fait là que traduire en français les conclusions du pacte d’austérité proposé d’un commun accord par Mme Merkel et M. Sarkozy. Les droites ultras-libérales au service de la haute bourgeoisie ont besoin de trouver les moyens d’accélérer encore la rentabilité du capital au cœur même d’une crise dont tout indique qu’elles ne maîtrisent plus ses évolutions. Il leur faut impérativement tenter d’obtenir un consensus national et européen. En d’autres termes,  les salariés, les retraités, les jeunes, tous ceux qui n’ont aucune responsabilité dans la crise qui les fait tant souffrir, devraient se retrouver du même côté que les requins de la finance qui leur imposent d’énormes sacrifices et en réclament sans cesse de nouveaux. « Acceptez la baisse généralisée des salaires, des pensions, un nouveau recul de l’âge de départ à la retraite, la réduction des crédits publics et des services publics, la vente ou l’ouverture du capital d’entreprises publiques ; soyez raisonnables comme le sont ces multimillionnaires disposés à faire un geste », tel est le sens de l’appel du Premier Ministre. Bizarre, il ne demande pas un consensus national pour retrouver les 7,8 milliards perdus avec la suppression de la taxe professionnelle, les près de 3 milliards de TVA sur la restauration, le retour des 2 milliards de l’impôt sur la fortune, de supprimer le cadeau de près de 6 milliards du système dit « Copé » aux grandes entreprises qui revendent leurs filiales.

    Derrière le projet de « la règle d’or » il y a deux idées mensongères : la première vise à accréditer l’idée qu’il n’y a pas de politique alternative. La seconde, en lien avec « le pacte pour l’euro plus », vise à démanteler l’Etat et les biens communs publics pour l’éternité. D’ailleurs, l’arnaque de cette règle pour le veau d’or, consisterait à la voter en urgence pour une application en … 2013, après donc les élections législatives et présidentielles. Du reste, ces projets existent déjà dans le traité de Maastricht, à peine accepté par le peuple français, et le traité de Lisbonne, rejeté par plusieurs peuples en Europe. Nos concitoyens ont déjà  signifié en toute lucidité qu’ils ne voulaient pas de cette Europe ultralibérale. Ils ont toutes les raisons de confirmer leur choix et de rejeter la fuite en avant qu’on veut leur imposer. N’est-ce pas la politique dont ils ne voulaient pas, qui, au cours des trois dernières décennies a conduit notre pays, l’Union européenne et le monde au bord du gouffre ? Ce sont ces choix qui ont délaissé l’idée du crédit public issu d’un secteur bancaire public et mutualisé au profit d’une finance totalement libre. Ce sont ces choix qui ont créé à marché forcée un euro fort calqué sur le mark, géré par une Banque centrale européenne basée d’ailleurs à Francfort pour la compétition avec le dollar, contre l’emploi et les services publics. Ce sont ces choix qui ont consisté à déconnecter partout dans le monde les prix des salaires et des niveaux de retraite, de l’activité réelle et organisé un transfert de plus en plus important des richesses issues du travail vers le capital.

    Ceci a été fait de deux manières : d’une part avec des ponctions de plus en plus grandes sur le travail au bénéfice du capital de plus en plus concentré. D’autre part, avec l’abaissement permanent des services publics, la réduction des contributions des grandes entreprises et des banques à l’intérêt général, la pression à la baisse sur le niveau des retraites, la réduction des moyens pour la sécurité sociale, le déremboursement des médicaments ou la réduction des politiques publiques d’intérêt général. C’est la mise en place d’une économie de rente pour les oligarchies financières au lieu de la valorisation du travail, du savoir, de la culture, de la santé, de la protection sociale et de tous les droits humains fondamentaux.

    Il ne s’agit pas, comme on nous le serine sans cesse, d’une crise de la dette. Une sorte de trou qu’il faudrait reboucher. C’est bien plus grave ! Nous avons affaire à la crise du système capitaliste mondialisé et financiarisé qui cherche sans cesse à rentabiliser le capital et spolie, pille, surexploite et détruit le travail et les droits humains. Et les solutions de droite à l’œuvre ne feront que provoquer l’aggravation de cette crise globale et totale. Les demi-mesures sociales-libérales ne seraient pas plus efficaces.

    Les solutions sont à rechercher dans un renversement de la situation qu’une formule simple résume : l’humain d’abord contre l’argent roi ! L’issue passe par une nouvelle répartition des richesses. Cela veut dire, même si cela apparaît totalement en dehors de l’ambiance crée par le système médiatique, par les mêmes spécialistes de service et autres donneurs de leçons,  l’augmentation des salaires, des retraites, des minima sociaux et l’amélioration de la protection sociale. Voilà la priorité sur laquelle il ne faut pas baisser la garde. Il faut également une réforme fiscale d’ampleur qui permette de réorienter l’argent vers le travail et non plus vers la spéculation, l’accumulation de fortunes pour quelques uns et la rentabilisation à outrance du capital spéculatif. On nous dit que cela ne peut se faire que dans un cadre européen. Chiche ! Allons-y partout.

    Instituons une taxe sur les transactions financières et les grosses transactions bancaires. Harmonisons par le haut les impôts sur la fortune et l’impôt sur les sociétés. Asséchons les paradis fiscaux. Imposons une confrontation, un audit public et contradictoire sur les causes et la nature des dettes publiques. Changeons le crédit. Revenons à un système de crédit public avec un secteur bancaire public qui affecte le crédit avec des taux d’intérêt bas voir nuls s’il s’agit d’impulser le développement économique durable et écologique créateur d’emplois, de formation, de biens publics et généraux, de la santé, des transports, des infrastructures communes dont nous avons besoin. En ce sens, les statuts de la Banque centrale européenne doivent être changés pour être au service du travail et de biens communs. Les traités de Maastricht et de Lisbonne doivent être déclarés caducs et un débat doit être ouvert pour un nouveau traité de développement social et humain, écologique, solidaire et pacifique. Les critères de gestion des Etats comme ceux des entreprises doivent être totalement inversés. Songeons qu’aujourd’hui les seules charges financières de l’Etat atteignent 50 milliards d’euros et absorbent la totalité de l’impôt sur le revenu. Songeons que les entreprises qui compressent sans cesse les salaires et l’emploi ont payé 395 milliards d’euros de charges financières aux banques dans notre pays. Combien de services publics, combien de logements, d’écoles, de maternités, de Postes n’aurait-on pu sauver avec tout cet argent ? Combien d’emplois, de projets nouveaux, pour un autre développement n’aurait-on pu créer ? Enfin, des services publics modernisés et démocratisés sont facteurs d’égalité entre citoyens et outils d’efficacité pour la relance économique. Ils doivent être redéveloppés et élargis. Voilà pourquoi le fonds de stabilité financière européen qui aujourd’hui n’a vocation qu’à garantir les banques doit être transformé en un fonds servant le développement humain, social et écologique en Europe.

    L’heure n’est donc pas à une sorte d’unité nationale pour se laisser imposer des difficultés supplémentaires, l’appauvrissement, la précarité et le chômage mais dans la mobilisation , le rassemblement pour faire reculer les puissances d’argent, battre la droite et l’extrême-droite.  Que les travailleurs, les jeunes, les retraités, les précaires ne se laissent pas écraser. Qu’ils passent à l’offensive.


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  • LEMONDE.FR | 28.08.11 | 15h52 

    Jean-Luc Mélenchon, le 28 août à Grenoble.

    Jean-Luc Mélenchon, le 28 août à Grenoble. AFP/PHILIPPE DESMAZES

    C'est sur l'air de On lâche rien du groupe HK et les saltimbanques, hymne militant des manifestations sur les retraites, que le quatuor du Front de gauche est arrivé. La grand-messe du candidat Jean-Luc Mélenchon entouré de Pierre Laurent, Clémentine Autain et Christian Picquet a fait salle comble à la Halle Clemenceau de Grenoble (Isère) dimanche 28 août.

    Un même hymne, un même drapeau siglé " Front de gauche ", des gimmicks qu'on s'emprunte devant quelque 1000 fidèles... l'union ici est devenue presque fusion. Même si, pour ce tour de chauffe de pré-campagne électorale, le gros des troupes et de la logistique sont les militants du Parti de gauche. Ceux du PCF sont restés aux Karellis (Savoie) pour leur université d'été. La grand-messe communiste ce sera la " Fête de l'Huma " à La Courneuve, mi-septembre.

    Sur la tribune agencée comme un plateau de télévision, chacun reprend le nouveau refrain de l'eurodéputé : il faut s'adresser aux socialistes. Christian Picquet en est persuadé : " il faut interpeller le PS et parler à toute la gauche ". Jean-Luc Mélenchon s'est laissé convaincre qu'il faut désormais argumenter au lieu de tacler. Et élargir ainsi son audience potentielle. " Je prends acte qu'au PS les esprits restent ouverts ", a-t-il lancé, jurant qu'il " n'est pas en train de marchander des postes contre une consigne de second tour ".

    La veille, dans les coulisses de l'université de son parti, le candidat à la présidentielle avait amorcé cette nouvelle approche, apostrophant à distance les candidats à la primaire socialiste. "Si nous sommes tous d'accord pour taxer les revenus du capital autant que ceux du travail, est-ce que nous sommes prêts à le faire ?", lançait-il faisant référence au programme du PS. Mais derrière les mots, l'eurodéputé veut pousser le débat à gauche sur les moyens d'y parvenir. "Combien de tranches d'impôt ? moi je dis 14. Combien on prend à la dernière tranche ? Vous choisissez Roosevelt ou Mélenchon ? Si c'est Roosevelt c'est 85 % ; si c'est Mélenchon c'est 100 %", jetait-il.

    Dimanche, sur un ton très gaullien, il a " remis le couvert ", après en avoir "appelé à la résistance [sa] patrie républicaine". "On baisse les dépenses ou on augmente les recettes ?", a demandé M. Mélenchon en interrogeant le PS sur les moyens d'obtenir une "égalité de taxation". "Moi je dis qu'il faut aller chercher 22 points d'impôts dans la poche des riches", insistait-il d'une voix de stentor.

    Toujours aussi déterminé à gagner ses galons de challenger pour 2012, l'ex-socialiste réclame "qu'on accepte de débattre avec lui sur les perspectives qu'il ouvre". Le candidat a tenu à faire "une offre publique de débat" à tous ses partenaires de gauche, tant à ses "camarades du NPA" qu'à ses "camarades socialistes". Il s'est fait même insistant : "je vous en prie acceptez : discutons !". Lui est prêt à discuter de tout.

    Y compris de ce que devrait faire un gouvernement de gauche : "les socialistes ne peuvent pas passer à côté de la leçon des échecs des différents gouvernements : il faut que le peuple s'en mêle !", a-t-il précisé. Là aussi, il a son idée : "Il faut gouverner autrement, de bas en haut et non pas de haut en bas". Et là aussi il se dit prêt à en discuter avec les socialistes. Décidément le ton vis à vis des ses anciens amis a changé.

    Sylvia Zappi

    Mélenchon interpelle ses «camarades» socialistes

    ARTICLE + SONLe candidat du Front de Gauche a fait une «offre publique de débat», lors de l'université d'été de son parti dimanche.

     
    Jean-Luc Mélenchon le 5 juin 2011 à Paris (© AFP Lionel Bonaventure)
     

    Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, a interpellé dimanche ses "camarades" du Parti socialiste leur proposant une "offre publique de débat", et a appelé à "la résistance de la patrie républicaine" face à la crise.

     

    A La Halle Clémenceau de Grenoble, en clôture des "Remue-méninges" du Parti de gauche qui se déroulaient depuis vendredi dans la banlieue de la ville, le coprésident du PG a affirmé que la présidentielle était "une chance, pas une corvée", devant un millier de militants déployant drapeaux français et du Front de gauche PCF-PG-Gauche unitaire.

    "Mettons en garde les puissants et dominants" : "si vous nous enfermez les uns et les autres dans des caricatures pour transformer cette élection en une pitrerie, vous verrez se lever les vents violents dont vous n'avez pas idée aujourd'hui!", a-t-il lancé, avec son ton de tribun.

    Dans une interpellation au PS, après des mois de critiques acerbes, il a déclaré : "Le Front de gauche ne mène aucune guerre de personnes, ne refuse le débat avec personne, il ne méprise personne à la condition qu'on le respecte et qu'on accepte de débattre avec lui des sujets qu'il propose et des perspectives qu'il ouvre".

    Se disant "lassé d'être harcelé" sur ses préférences dans la primaire du PS, il a assuré "respecter le PS dans sa démarche", lui qui avait qualifié de "PMU politique" ce processus il y a quelques mois.

    "Nous n'avons pas d'adversaires à gauche mais oui, nous avons des divergences" et "demander qu'elles soient tranchées par le peuple ce n'est pas tirer à boulets rouges" sur les socialistes, a déclaré l'ex-sénateur PS, soulignant qu'"il ne faut pas que le goût de la compétition fasse oublier la préoccupation de l'intérêt général".

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    A écouter aussi: l'interview de François Delapierre,le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, par notre envoyé spécial à Grenoble Lilian Alemagna.

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    Et de proposer une "offre publique de débat à tous nos partenaires de gauche qu'il s'agisse de nos camarades du NPA ou de nos camarades socialistes".

    Face à la "planification de l'austérité" du gouvernement et au "coup d'Etat financier" en Europe où "chaque pays est au garde-à-vous" de la règle d'or, M. Mélenchon en a appelé à "la résistance de (s)a patrie républicaine" avec comme mot d'ordre "l'humain d'abord".

    "La révolution citoyenne aura lieu", a-t-il lancé, longuement applaudi, avant que ne résonne dans la Halle L'Internationale, puis La Marseillaise et la chanson "on lâche rien".

    (source AFP)



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  •  Hold-up sur les familles, Huma, 26.8.11. Et : Un marché capitaliste a besoin de consommateurs

    Un marché capitaliste a besoin de consommateurs.

    Lorsque le capital tue le marché, il s’expose à se tuer lui-même.

     

    Vous allez me dire, le marché est mondial, les austérités et les crises peuvent se déplacer géographiquement, constituer des vases communiquant de développement du capital. Ce n’est pas certain dans un marché si imbriqué mondialement où ceux qui produisent massivement les biens de consommation à un taux de profit maximum ne sont pas ceux qui les consomment le plus. La garantie d’achat est une illusion, on ne dirige pas le monde comme une mécanique. La culture, les cultures, les modes de vie qui y sont liés sont une réalité mouvante mais incontournable pour le capital comme pour tout mode de production des « biens matériels et moraux » nécessaires à la vie humaine.

     

    Il y a aussi le développement inégal, qui malgré les puissances émergentes, persistent et ne sont pas qu’économiques. Si l’économie intervient en dernière instance, le processus humain est fait de l’ensemble de l’activité humaine sous toutes ses formes.

     

    Vous allez me dire aussi que le capital pour se revaloriser peut se détruire en partie pour se reconstruire. Par exemple la destruction partielle de la Libye par la guerre (mais c’est une destruction partielle parmi tant d’autres, sous de multiples formes, la principale étant celle du travail) va offrir au capital des possibilités de profit par une reconstruction à sa façon.

     

    Mais, sauf destruction massive et généralisée, auquel cas le retour en arrière serait garanti pour tout et pour tous,  tout cela retarde un blocage du marché capitaliste mais ne l’arrête pas.

     

    Notre temps ouvre donc des possibilités de transformation du marché, de sa libération du travail contraint par la restitution à la personne de son activité en tant qu’activité libre et cohérente contribuant au développement humain.

     

    Mais cette possibilité demande une élévation du niveau de conscience humain collectif sur son propre processus de développement, sur les choix et les actions à mener pour cette transformation. Ce n’est pas un rêve impalpable, mais une nécessité à laquelle répondre. Cette nécessité ne dépend pas que d’une femme, d'un homme, d’une entité humaine (nation, groupe constitué quel qu’il soit), mais d’un processus global en formation, dont il est relativement difficile d’apercevoir la totalité en mouvement. 

     

    Ce processus existe cependant, avec ses avancées et ses reculs, ses complexes constitués locaux ou diffus dans la totalité des complexes, ses frontières relatives, ses interactions généralisées.

     

    L'optimisme ne consiste pas en une confiance « bêlante », mais à veiller à tous les créneaux, à garder le calme dans la tempête, à apprécier toute forme d’action mais en ne la détachant pas du sens sain (au sens de santé, c'est-à-dire de résistance humaniste aux maladies sociales) du processus général, et des évènements majeurs qui en renforcent le mouvement.

     

    Pierre Assante, 26 août 2011


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  • La crise comme aubaine : Un gouvernement de charognards ! C'est leur crise ! C'est leur système économique d'exploitation du travail d'autrui, c'est leur spéculation sur l'économie, sur les placements financiers, sur l'immobilier,  sur les denrées de première nécessité, sur les "dettes" nationales, sur les conflits. C'est un système de charognards, de voleurs, d'affameurs, d'assassins. Loin d'être affolés par l'ampleur de la crise mondiale, les gouvernements sociaux-libéraux et néo-liberaux, se pourlèchent les babines. L'aubaine est bonne. Ils profitent du désarroi général pour détruire les droits des salariés et des citoyens. Tous à genoux et le dos courbé, voilà notre avenir. Tout le pognon pour eux, voilà leur credo.

    En France, le gouvernement de charognes que nous subissons depuis 2007 à cause des peureux et des haineux qui ont voté à droite-toute pour Sarkozy nous réserve une belle saison :

    -allongement de la durée de cotisation pour le départ en retraite,
    -assouplir les licenciements,
    -brider les salaires du privé, geler les rémunérations du public
    -faire payer les citoyens et exonérer les entreprises
    -taper dans les prestations et protections sociales (ex : taxer les mutuelles et conjointement ruiner la sécu.)

    Alors, à la rentrée, la cgt59 sera présente pour organiser la grogne et manifester sa colère. Le premier qui nous parlera de "pragmatisme" ou de "réalisme" verra 36 chandelles.

    Petit coup de gueule pour introduire l'intervention de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, lors de la conférence de rentrée du 26 août 2011


    "Cette rencontre nous permet de vous faire part de notre analyse de la situation dans laquelle cette rentrée se présente et de la démarche syndicale qui va être la nôtre pour y faire face.

    A la mi-juin, le Comité confédéral national de la CGT considérait déjà que l’affrontement entre les logiques financières et les justes revendications sociales étaient plus que jamais d’actualité.

    Nous réaffirmions à l’unisson du Congrès de la Confédération européenne des syndicats unanime notre opposition au Pacte Euro-Plus préparé par les chefs d’état et de gouvernement.

    Nous rendions publique notre proposition d’une mobilisation interprofessionnelle unitaire à la rentrée pour obtenir une autre répartition des richesses créées.

    Notre premier sentiment à l’issue de la réunion que nous avons tenue hier avec l’ensemble des unions départementales et fédérations de la CGT, c’est que l’ensemble des faits que nous avons pu observer cet été nous conforte dans notre analyse et sur la nécessité de créer les conditions d’une forte intervention des salariés, et ce rapidement.

    Le mot qui caractérise le premier Conseil des Ministres d’après congés est « l’austérité ». Je l’avais prédit dans une interview d’un quotidien du soir dès le début juillet.

    Pourtant, comme le réaffirme JozefNimiec, Secrétaire général adjoint de la CES, « l’austérité comme solution à la pression des marchés, ce n’est pas seulement mauvais pour les gens, c’est mauvais pour l’économie. C’est même le mécanisme qui est à l’origine de la crise aujourd’hui et qui risque de nous faire replonger dans une nouvelle crise ».

    De sommet européen en rencontre bilatérale entre chefs d’état, les déclarations se sont multipliées depuis des mois pour accréditer l’idée que les effets de la crise financière de 2008 étaient derrière nous.

    Les événements de ces dernières semaines, en France comme au plan international, apportent un cinglant démenti, et pour cause.

    La crise est financière, économique et sociale. C’est la crise d’un certain mode de développement basé exclusivement sur la rentabilité financière d’une économie de plus en plus déconnectée des facteurs de production et de la reconnaissance du travail.

    Alors qu’il faut faire une nouvelle place au travail et à sa revalorisation, le social demeure une variable d’ajustement dans une sorte de fuite en avant que l’on veut institutionnaliser en France et en Europe.

    Le Pacte Euro-Plus, inspiré des propositions du couple Sarkozy-Merckel, illustre l’impasse des orientations retenues pour faire face à la crise actuelle.

    Dans une Europe plongée dans la pire des situations depuis plusieurs décennies avec plus de 23millions de chômeurs, particulièrement les jeunes, la seule réponse des dirigeants politiques repose sur l’adoption de mesures d’austérité, la pression sur les salaires, la réduction des services publics, de la sécurité sociale, des pensions, un durcissement des conditions de travail et de vie.

    Dans la logique de ce Pacte Euro-Plus, la Commission européenne a travaillé une série de 27Recommandations que chaque Etat membre est susceptible d’appliquer au nom de la stabilité et de la convergence économique.

    Les recommandations éditées pour la France en juin sont édifiantes :
    -  Accélérer la résorption du déficit budgétaire,
    -  Amplifier la réforme des retraites, d’où l’empressement du Ministre du Travail à décréter un nouvel allongement de durée de cotisation pour faire valoir les droits à la retraite,
    -  Réviser certaines dispositions sur la protection de l’emploi, assouplir le licenciement économique, ce que le Medef appelle « les rigidités du marché du travail »,
    -  Modérer la hausse du SMIC (ce qui, à nos yeux, est particulièrement provocateur),
    -  Diminuer ce qu’ils appellent les charges sociales sur le travail (comme le revendiquent là aussi les organisations patronales).

    Cette Europe-là ne peut pas être attrayante pour les travailleurs en France et en Europe.

    Elle suscite réactions et actions collectives sous différentes formes dans plusieurs pays : Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Grèce, Belgique, Espagne, Portugal, Italie, Grande-Bretagne. La mobilisation est à l’ordre du jour.

    La CGT sera présente par une délégation à la prochaine euro-manifestation organisée par la CES le 17septembre à Wroclaw en Pologne, à l’occasion de la rencontre des ministres des finances européens.

    Les annonces du Premier ministre cette semaine ne sont donc pas pour nous une surprise.

    Elles s’inscrivent dans la droite ligne des réformes précédentes (retraite, RGPP, etc), quels que soient les efforts de communication faits par le gouvernement, (période présidentielle oblige), elles ne sont pas de nature, loin s’en faut, à caractériser une politique favorisant la justice sociale et à résoudre la crise dont nous ne dirons jamais assez que les salariés n’en sont en rien responsables.

    On ne peut pas sortir de cette crise en donnant encore et toujours plus de gages aux marchés financiers, aux agences de notation.

    Pour nous, la note ce n’est pas un Triple A, c’est un Triple Zéro.

    Il ne suffit pas de dire que les plus riches sont appelés à l’effort pour que ce soit vrai. L’impôt exceptionnel sur les plus fortunés pour une recette escomptée de 200millions d’euros est loin de compenser ce que ces catégories ont accaparé ces dernières années. Rien que la baisse de l’ISF aura réduit les recettes de l’Etat de 2milliards d’euros. Nous sommes uniquement dans la symbolique politique.

    De même pour les entreprises. La correction marginale du dispositif pour les heures supplémentaires annonce 600millions de recettes nouvelles qui sont à rapporter aux 170milliards d’euros d’aides et d’exonérations accordées aux entreprises par l’Etat et les collectivités territoriales.

    A leur propos, le gel annoncé de leurs dotations peut être lourd de conséquences, d’une part sur une hausse prévisible des impôts locaux et, d’autre part, parce que 70% des investissements publics proviennent des collectivités locales.

    Le dogme de la suppression d’emplois dans la fonction publique demeure, avec les conséquences induites sur les besoins de la population.

    De nouvelles taxes sur le tabac, l’alcool ou autres boissons seront forcément amères, même pour un soda sucré.

    Les dépenses de santé seront restreintes et l’accès aux mutuelles rendu plus onéreux. Tous les salariés, surtout les plus modestes, sont très concernés par une mesure de plus d’un milliard d’euros.

    Il ne peut pas y avoir de consensus sur de telles bases.

    Il peut y avoir « front commun » pour s’attaquer aux marchés financiers mais certainement pas pour leur obéir et faire passer la pilule auprès des salariés. Il n’en est pas question.

    La fameuse « règle d’or » est une supercherie qui se transformerait en règle de plomb pour amplifier les réformes antisociales.

    Couper aujourd’hui dans les crédits publics n’est pas seulement injuste, c’est dangereux.

    Il n’y a pas eu de dérapage des dépenses publiques depuis 3ans mais effondrement des recettes.

    Aujourd’hui, la récession pointe faute de demande entravée par le chômage et la baisse du pouvoir d’achat.

    C’est bien le partage défavorable des richesses au détriment des salariés qui a été le facteur fondamental qui a déclenché la crise qui sévit dans le monde depuis 2007.

    Le rôle du syndicalisme dans la période est de défendre pied à pied les intérêts quotidiens des salariés à tous les niveaux d’intervention. Le monde ne s’arrête pas de tourner parce qu’il y a des élections présidentielles dans 9mois.

    Pouvoir d’achat, restructurations, précarité sociale, chômage, retraite, services publics, difficultés de logement, d’accès aux réseaux de santé, tous ces problèmes perdurent, voire s’aggravent.

    Ils exigent une vigilance et une intervention de tous les instants pour favoriser des mobilisations organisées, orientées sur des mesures immédiates tout en s’inscrivant dans une vision d’avenir qui représente autant d’alternatives aux choix qui dominent aujourd’hui.

    La CGT met en avant une série de 10exigences pour cette rentrée qui seront autant d’axes de campagne dans les entreprises, les professions, les territoires :

    - Conditionner toute aide publique au respect de critères portant sur l’emploi, les politiques salariales des entreprises et donner des moyens d’intervention aux salariés sur le bien fondé et l’usage de ces aides.Je rappelle que le montant des exonérations fiscales et sociales et autres aides aux entreprises s’élève à 170milliards d’euros.

    - Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires.Le nombre d’heures supplémentaires effectué a battu un nouveau record au 2èmetrimestre alors que le chômage augmente.

    186 millions d’heures supplémentaires au 2èmetrimestre, soit l’équivalent de 400000emplois en rythme annuel.

    Ce sont les salaires qui doivent augmenter et non le temps de travail de ceux qui s’usent au travail pour avoir les moyens décents pour vivre.

    - Il faut agir sur les salaires dans le privé et dans le public. C’est indispensable pour empêcher la baisse de la consommation qui est le moteur de la croissance économique.Nous revendiquons l’ouverture immédiate des Négociations Annuelles Obligatoires par anticipation au titre de 2012 avec priorité sur les salaires et la résorption des inégalités de traitement entre les femmes et les hommes.

    La réouverture des négociations salariales dans la fonction publique.

    Selon la DARES en 2009 (derniers chiffres officiels) :

    - Plus de 40% des entreprises de plus de 50 salariés et 90% des entreprises entre 10 et 49salariés n’ont pas convoqué les négociations annuelles obligatoires. Cette tendance n’a pas sensiblement évolué en 2010.
    - 1 salarié sur 2 gagne moins de 1500 euros par mois,
    - 6,5millions de travailleurs touchent moins de 750euros,
    - L’écart salarial entre hommes et femmes demeure de 25% en moyenne alors que le gouvernement a renoncé à recourir aux sanctions à l’égard des entreprises hors la loi,
    - Pour la première fois depuis 1945, la masse des salaires versés en 2009 dans le secteur privé à été inférieure à celle de l’année précédente,
    - Les salaires ont bénéficié de la plus faible progression de ces dix dernières années,
    - La CGT revendique un SMIC à 1700euros. Une revalorisation des retraites et des minima sociaux.
    - Développer les politiques publiques et notamment donner les moyens indispensables aux politiques d’éducation, de santé, de recherche.Il faut accroître les dépenses publiques favorables au développement des capacités humaines (éducation, santé) et des capacités productives (infrastructures).

    - Stopper les suppressions d’emplois, voire créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics qui sont des outils pour la cohésion sociale et l’efficacité économique et sociale.
    - Il faut contraindre les entreprises à examiner sérieusement toutes les alternatives aux licenciements en élargissant les pouvoirs d’intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voire leur filière d’activité.Cette intervention doit pouvoir traiter des orientations stratégiques, du devenir des sites et établissements, des mutations économiques et sociales, des besoins de nouvelles qualification, des programmes de recherche et développement.

    L’emploi des jeunes et l’emploi industriel nécessitent des mesures spécifiques et urgentes.

    Augmentation du chômage pour toutes les catégories, une augmentation des offres précaires d’emploi.

    Nous avons du mal à voir sur quoi peut reposer l’optimisme du ministère sur les perspectives d’emploi.

    Nous rappelons que le système d’indemnisation du chômage ne bénéficie qu’à moins d’un chômeur sur deux.

    La CGT revendique :
    - la majoration des cotisations chômage sur les emplois précaires,
    - l’élargissement de l’assiette des cotisations et contributions sociales aux primes, stocks-options et à l’intéressement.

    Le chômage des plus de 50 ans touche 810000 personnes, soit 300 000 de plus qu’en 2008.

    Ceci relativise très largement les engagements verbaux des employeurs en faveur de l’emploi des seniors et met de nouveau en exergue les effets néfastes de la réforme des retraites de 2010.

    Il est inacceptable que le gouvernement reste sourd à notre demande de mesure spécifique pour les chômeurs en fin de droits, condamnés au RSA après une carrière complète du fait de la réforme.

    Nous continuerons d’agir pour la reconnaissance de la pénibilité des métiers qui justifient des mesures d’âge pour un départ en retraite anticipé.



    - Réformer la fiscalité en profondeur.
    La baisse des taux d’imposition, l’augmentation des cadeaux fiscaux et une politique favorisant les revenus du patrimoine ont permis aux plus riches de s’enrichir davantage en contribuant moins aux besoins collectifs.

    La moitié des foyers fiscaux ne paye pas l’impôt sur le revenu à cause de la faiblesse des salaires et des pensions mais, contrairement aux idées reçues, tous les ménages, y compris les plus pauvres, paient de l’impôt, notamment sous la forme de la TVA qui est l’impôt le plus injuste qui soit.

    Les revenus du capital sont, eux, largement épargnés.

    Ainsi, pour les 100français les plus riches qui disposent d’un revenu fiscal de référence moyen de 28700000euros, les actions et obligations représentent 91% des revenus

    Pour l’ensemble des contribuables pour lesquels le revenu de référence moyen est de 22202euros, ce sont les salaires et les pensions de retraites, eux imposables, qui représentent 85% des ressources. L’inégalité est flagrante.

    - Il faut améliorer la progressivité de l’impôt sur le revenu et créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus,
    - Augmenter l’ISF,
    - Supprimer les niches fiscales inutiles sur la base d’un examen de leur impact économique et social,
    - Taxer et/ou soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction.A ce propos, un aspect du problème, la mise en concurrence des salariés sur la base du moins-disant social, favorise dans une logique extrême le développement du travail informel. La France n’échappe pas à cette dérive.

    La CGT alerte sur ce phénomène dont l’impact sur l’économie et les comptes sociaux prend des proportions importantes.

    Le travail non déclaré représente 4% du PIB, selon les estimations officielles des services de l’Etat.

    En freinant la régularisation des salariés sans-papiers, le gouvernement se fait complice du développement du travail au noir et empêche un apport financier important pour les comptes sociaux.

    A titre d’exemple, la régularisation de 100000salariés payés au SMIC représenterait un apport de 280millions d’euros sur la base des modalités de cotisations actuelles.

    - Alléger le poids des impôts indirects telle la TVA,
    - Il convient de transformer l’impôt sur les sociétés. Il pourrait augmenter pour les entreprises qui utilisent leurs bénéfices pour capitaliser ou verser de gros dividendes et baisser pour les entreprises qui embauchent, augmentent les salaires, investissent dans l’outil de travail, dans la recherche, la préservation de l’environnement …,Je vous rappelle que la masse des dividendes versés par les entreprises non financières s’élevait à 210milliards d’euros en 2010, soit l’équivalent de un tiers de la totalité de la masse salariale des entreprises.

    Ces dividendes dépassent donc les investissements de ces mêmes entreprises qui s’élevaient à 182milliards d’euros.

    - Revoir la fiscalité locale afin de réduire les impôts et taxes sur les ménages à revenu modeste et rétablir, renforcer la responsabilité des entreprises vis-à-vis de leur lieu d’implantation.
    - Réformer le financement de la protection sociale.
    - Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour favoriser l’investissement productif : l’emploi, la formation, la recherche, les équipements.La puissance publique doit faire prédominer l’intérêt collectif dans la gestion du secteur financier.

    - Au plan européen et international,Il faut taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux.

    10. Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique.

    Les Etats sont capables de créer un fonds de 750milliards d’euros pour sauver les financiers. En lieu et place, on peut envisager avec le concours de la BCE la constitution d’un fonds important pour financer le développement social et économique, la réduction des inégalités à l’échelle de l’union européenne.

    Nous avons bien conscience qu’il ne suffit pas d’énoncer nos propositions et nos revendications pour être entendus.

    Gouvernement et organisations patronales restent d’abord sensibles au rapport de force, chaque jour en apporte la preuve. Il faut donc travailler la mobilisation.

    Nos sommes engagés avec d’autres organisations dans la préparation de la journée de grève unitaire des Personnels de l’Education le 27septembre pour l’arrêt des suppressions d’emplois et un autre budget pour l’éducation.

    Nous sommes également engagés dans la journée unitaire de manifestations des retraités le 6octobre à l’appel de tous les syndicats pour la prise en charge de la perte d’autonomie et l’augmentation des retraites.

    Le renvoi du dossier dépendance illustre l’impossibilité pour le gouvernement de faire admettre les mesures de financement qu’il préconise et dont il mesure l’impopularité auprès de tous les acteurs concernés.

    Notre réunion d’hier a bien sûr confirmé la nécessité d’en appeler à la mobilisation des salariés.

    C’est à l’unanimité des organisations professionnelles et départementales de la CGT que nous nous prononçons pour que l’intersyndicale s’oriente sur l’organisation d’une journée de mobilisation interprofessionnelle au début octobre avec l’organisation de manifestations et la mise en débat de grèves décidées dans les entreprises avec les salariés.

    Les secousses économiques et les répercussions sociales pour la prochaine période risquent d’être fortes pour tout le monde, quel que soit son statut.

    Personne ne peut raisonnablement s’estimer protégé et à l’abri de leurs répercussions.

    L’engagement dans le syndicat et dans l’action syndicale est un levier efficace dès lors qu’il est actionné par un grand nombre.

    Nous allons donc aussi, vous l’avez compris, mener campagne pour l’adhésion des salariés à la CGT.

    Note : Revenu fiscal de référence = revenu-charges liées au travail (ex : abattement de 10%)"

    http://cgt59.over-blog.org/


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  • Mercredi soir François Fillon a annoncé un plan d’économie pour atteindre les objectifs de réduction des déficits publics. Au passage, il en a profité pour à nouveau appeler au soutien des socialistes pour inscrire la camisole budgétaire dans la constitution. Une proposition doublement malhonnête.

    L’imposture d’un gouvernement

    La posture du président de la République et de son gouvernement est relativement habile. En affirmant être prêts à constitutionnaliser l’interdiction des déficits publics, ils veulent à la fois se racheter une bonne conduite mais aussi mettre en difficulté le PS, qui cherche à donner des gages de bonne gestion aux marchés mais qui ne veut pas voter le texte du gouvernement à quelques mois de l’élection présidentielle. Mais cette posture est une imposture.

    En effet, Nicolas Sarkozy a un lourd passif sur les finances publiques. En 1995, Alain Juppé avait affirmé que le ministre du budget d’Edouard Balladur avait laissé les finances publiques dans un état « calamiteux », qui avait abouti à de fortes hausses d’impôts pour tenir les objectifs de Maastricht. En 2007, Philippe Séguin avait dénoncé le « paquet fiscal » et un rapport de la Cour des Comptes de 2010 affirmait que plus de la moitié de la hausse des déficits ne venait pas de la crise.

    En outre, le plan présenté hier reste un assemblage de petites rustines à mille lieues de la nécessaire réforme de notre fiscalité. Le premier ministre déshabille encore un peu plus la loi TEPA, mais sans aller jusqu’au bout. Et comme le souligne justement Hervé Nathan, la contribution des riches est plus symbolique qu’autre chose : elle est temporaire, et il faut surtout la comparer à la réduction de l’ISF, qui sera sans doute supérieure à 2 milliards (alors que le bouclier fiscal coûtait 900 millions).

    Un contresens économique

    Dans un remarquable dossier de vingt pages sur le sujet (tout aussi bon que celui sur la monnaie, sur lequel je reviendrai plus tard), Joël Halpern dénonce cette « règle de plomb », reprenant, sans le savoir, quelques heures plus tard le terme employé par Nicolas Dupont-Aignan. Il défend la politique contra cyclique budgétaire, qui s’est imposée après la Grande Dépression des années 1930, qui consiste à amortir une crise en jouant sur les déficits (ce qui a été fait depuis 2008).

    Comme André-Jacques Holbecq, il dénonce le rôle des intérêts de la dette et des baisses d’impôt qui sont bien plus responsables de l’état de nos finances publiques que l’augmentation des dépenses. Il critique la redistribution des contribuables vers les rentiers engendrée par notre gestion de la dette publique. Enfin, il prend position en faveur d’une monétisation des dettes publiques. Bref, il démontre que le débat les dettes publiques mérite mieux que la voie sur laquelle il est engagée.

    Bref, il est pour le moins paradoxal qu’un gouvernement incontinent financièrement veuille imposer à ses successeurs des règles qu’il ne s’est pas appliquées à lui-même, d’autant plus que la crise de les auraient rendues inapplicables. Bref, il s’agit d’une mauvaise règle qui n’est qu’une posture médiatique. Pire, alors que le gouvernement renforce l’austérité pour les Français, il dilapide encore plus pour sauver les créanciers des pays européens en difficulté.

    Bref, toute cette histoire de camisole budgétaire, ou règle de plomb, est une double imposture. Imposture pour camoufler la mauvaise gestion des derniers publics depuis plus de quatre ans. Imposture car cette règle est un parapluie pour beau temps, inapplicable en cas de crise.

    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-double-imposture-budgetaire-du-99590

    L’arnaque de la privatisation de la création de la monnaie

    Après avoir posé les enjeux du débat monétaire, André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder en viennent plus particulièrement à la question de la création monétaire et de la dette publique.

    Remettre en perspective notre endettement

    Les auteurs soulignent de manière intéressante le choix du terme « service » de la dette en lieu et place du terme « intérêt ». Ils critiquent le catastrophisme des opposants de tout bord à la dette publique en soulignant plusieurs points importants. Tout d’abord, ils soulignent la myopie de leur analyse, qui oublie de prendre en compte le patrimoine de l’Etat. En effet, l’analyse de la situation financière de quiconque impose d’avoir une vue globale et comparative.

    Or, un tel examen (déjà évoqué ici) donne une autre perspective, qui explique pourquoi notre pays conserve son AAA. Tout d’abord, notre endettement brut est dans la moyenne. Ensuite, notre pays a davantage d’actifs que les autres. Fin 2009, le solde entre les actifs et les dettes des administrations publiques était positif de plus de 400 milliards d’euros. Et si on prend uniquement en compte les actifs financiers, notre dette nette était de 44% du PIB, contre 58% dans la zone euro…

    Le vrai problème

    Les auteurs déplace alors le débat : « ce qui est immodéré dans la dette, c’est moins son montant (lequel a permis la création de richesse) que la part des intérêts dans ce montant ». Et cela est d’autant plus vrai que le privilège de la création de monnaie, bien collectif, a été abandonné aux banques commerciales. Les auteurs réalisent alors le fameux calcul qui commence à s’imposer dans le débat public et qui remet quelques idées en place sur les implications de la loi de 1973.

    De 1979 à 2009, la dette publique est passée de 240 à 1490 milliards d’euros (de 21 à 78% du PIB), soit une augmentation de 1250 milliards. Entre temps, nous avons payé pour 1340 milliards d’euros d’intérêt. En clair, depuis 30 ans, l’augmentation de la dette publique est plus qu’intégralement la conséquence du paiement d’intérêts. Dès lors, comme en monétisant un pays n’a pas à payer d’intérêt, cela pose clairement la question de cette privatisation de la création monétaire.

    En outre, tout ceci pose de nombreux problèmes. Tout d’abord, cela rend les Etats dépendants des marchés (alors qu’aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Japon, la monétisation est courante). Et cela limite considérablement les moyens de financement des Etats à un moment de chômage de masse et de défi écologique. Ils dénoncent également « la tendance actuelle (…) à amputer les ressources publiques, ce qui implique de transférer sur le privé, petit à petit tous les services ».

    Comment s’en sortir ?

    Les auteurs exhument une belle citation de Tocqueville : « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous ». En fait, le débat est ancien : il a eu lieu le 22 juillet 1981 à l’Assemblée Nationale quand une quarantaine de députés ont défendu un projet de loi qui aurait permis à nouveau de mettre la création monétaire au service de la collectivité.

    Les auteurs citent également Maurice Allais pour qui « tout création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul » et qui assimilaient les banques commerciales à des « faux-monnayeurs ». Le « prix Nobel d’économie » était favorable à des taux de change fixes et révisables, un équilibre des balances des paiements, l’interdiction de la spéculation pour les banques.

    Ils proposent une banque centrale indépendante, seule créatrice de la monnaie (qui ne peut être qu’un bien collectif), un budget de fonctionnement de l’Etat équilibré excepté en période de récession économique ainsi qu’une séparation des banques privées en trois types : les banques de dépôts, les banques de prêts et les banques d’affaires. Ils évoquent la proposition de 1995 de Jean-Marcel Jeanneney « d’émettre de la monnaie ex nihilo pour sortir notre économie de son anémie ».

    La privatisation de la création monétaire est un accident de notre histoire économique. Mais il est encore plus incroyable que les Etats d’Europe continentale ait renoncé à son émission publique. Merci aux auteurs pour ce livre qui éclaire d’une perspective stimulante un des débats du moment.

    Source : « La dette publique, une affaire rentable », A-J Holbecq et P Derudder, Editions Yves Michel


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  • Claude Debons quitte le Parti de Gauche de Mélenchon

     

    http://blogs.mediapart.fr/blog/jacques-fortin/230811/claude-debons-quitte-le-parti-de-gauche-de-melenchon

     

    Mardi 23 août 2011

     

    Par Jacques Fortin

     

    Allons bon, Claude Debons, un des membres fondateurs, non des moindres, du Parti de Gauche avec Jean Luc Mélenchon, en démissionne. Ça fait son (mauvais) effet à la veille des journées de « remue-méninges » convoquées par Mélenchon (avec plein d’intervenants très bien, mais pas une once de temps de rencontres/débats entre militant/es…).

     

    Debons reproche à Mélenchon de jouer les « néoNPA » (cf sa lettre). A ses yeux, ça ne le fait pas, et même, précise-t-il, ce serait « gauchiste », carrément. Or Debons répugne avec obstination à tout gauchisme qu'il a tendance à voir ultra et un peu partout.

     

    Il est vrai que Mélenchon se la joue à tue tête plus gauche que moi, tu meurs, depuis deux bonnes années, sur l'air du rassembleur. Il porte ainsi surtout coups et divisions dans un NPA assez grand pour s'en donner déjà lui-même. C'était là le but. On l'a dit et redit ici, pas question pour la gauche institutionnelle de laisser se stabiliser un parti anticapitaliste indépendant aussi bien des alliances avec le PS que de l'appel des institutions, donc des arcanes tripatouilleuses des unions à dénominations variables et des délices du « cambouis » (sic) tout en velours et dorures des renonciations sociales par voie parlementaire.

     

    Mélenchon avait dit à la sortie du référendum que « il y avait plusieurs gauches et qu'il fallait les rassembler », donc de Besancenot au PS malgré sa concurrence libre et non faussée. Il se positionne aussi non pas à gauche de la gauche mais « au cœur de la gauche », jolie formule pour ne pas excommunier les sociaux libéraux pourtant honnis urbi et orbi. Mais ça ne suffit plus pour Debons. La vie politique est dure aux équilibristes.

     

    Tout cela ne paye que par l'effacement actuel du NPA et de Besancenot, car les scores, facétieux, ne s'additionnent ni ne se démultiplient. Tant pis pour les tenants des dynamiques unitaires. Par contre la petite musique du « plus gauche que moi tu meurs » finit par agacer au PS et donc chez ses alliés qui trouvent qu'une fois le travail fait sur le dos du NPA, il faudrait que l'ex-sénateur se calme. Debons est le porteur de cet avis sans frais.

     

    Mélenchon va donc devoir maintenant libérer sur sa droite des... retours sur investissement. Par un de ces silences qu'on dit assourdissant, le PS l'a étrangement (sic) ménagé durant toute sa trajectoire de dissidence, de démission, de lancement d'un nouveau parti. Frère garde-toi à gauche, frère garde-toi à droite, pris entre le marteau et le compas, l'excellent Jean-Luc va devoir réfréner ses ardeurs et se faire plus souple envers le PS. Ce ne sont pas ceux qui, à sa gauche, rallient ses roucoulades unitaires, qui vont « peser » sur cet assouplissement. Ils vont, angéliques, le « déplorer ».

     

    Cet assouplissement est nécessaire pour trois raisons. D'abord Mélenchon n'est pas un révolutionnaire même pas par les urnes (ça se serait vu depuis quarante ans qu'il vit de sinécures parlementaires obtenues sans quasiment passer devant l'électeur). Il peut avec des vibrati vocaux en prendre la posture, il aime ça, mais pas plus, il se veut quand même « homme d'Etat ». Il a appris de Mitterrand qu'on peut promettre la « rupture avec le capitalisme » (congrès d'Epinay) et faire tout le contraire dans la foulée de victoires obtenues. (Il fut ministre du gouvernement qui prit, à Barcelone, des engagements dont ma retraite a, hélas, sérieusement pâti. Elle avait déjà été écornée par les mesures Balladur, que ce même gouvernement n'a pas abrogées malgré quelques promesses. Je suis rancunier ? Oui, je sais, c'est mesquin).

     

    D'autre part il faut ménager un PS qui, dans la conjoncture, va devoir jouer le réalisme c'est-à-dire amadouer les marchés (se mettre en quatre, en huit, en seize, façon Papandréou la honte finale de la social-démocratie) en promettant d'en faire baver aux braves gens tout en susurrant aux (in)dit gens que c'est pour leur bien, et que demain sera meilleur. On connaît la chanson que droite et gauche nous chantent en canon depuis trente ans.

     

    Enfin pour sa crédibilité, le Front de Gauche a besoin d'assez de voix pour ne pas être ridicule dans le futur d'éventualités gouvernementales. Il s'agit donc de séduire des hésitants qui se demandent si, somme toute, l'original PS ne vaut pas mieux que sa gauche copie, d'autant que s'y profile un courant tout aussi social républicain que le Front de Gauche, autour de Montebourg et de sa démondialisation toute clinquante. Et puis l'ombre du 21 avril...

     

    Ainsi, à la veille des journées de remue méninges qui devaient être l'acmé de la montée en charge mélenchonienne, Debons n'est pas gentil, et frappe plus fort que sa discrétion affectée ne l'affiche.

    Ah, l'unité est un combat.

     

    Et Debons, somme toute, demande aussi : avec qui, l'unité ? Et pourquoi ? Hein ?

     

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  • "Productifs" de tous les pays, unissez-vous ?


    Envoyé par Gautier Weinmann (PCF 62)


     

    Décidément, avec la crise financière, les masques tombent !


    Le projet de société du PS est dévoilé : faire l’austérité à la place de la droite, comme en Grèce ou au Portugal.


    Du côté du Front de Gauche, on propose un peu plus de taxation de ceci, un peu de rachat de titres de cela : braves gens, faites votre marché !


    Dans Le Monde, notre candidat Jean-Luc Mélenchon se félicite que « Europe Ecologie-les Verts, qui dénonce comme nous (sic !) l’oligarchie ou la politique de la BCE » ou encore de la « résistance précieuse » du socialiste (bourgeois) Arnaud Montebourg.

    On croit rêver !


    Puis il a cette déclaration sur tous les plateaux télé : face à la crise, « ce ne sont pas les marchés qu’il faut rassurer (encore heureux !), ce sont les producteurs, c’est-à-dire les entreprises et les salariés  » (ex : Les Quatre vérités sur France 2 le 11 août).


    Tiens donc ! Entreprises, salariés, même combat ?


    « Producteurs de tous les pays, unissez-vous », le nouveau slogan de la social-démocratie mondiale !


    Un candidat communiste aurait plutôt tendance à sortir du cadre et à annoncer : « les producteurs, ce sont les salariés, tout est à nous, le capitalisme doit cesser ! ».


    La finance parasitaire ne sort pas d’autre chose que du mode de production capitaliste : Karl Marx dénonçait un mode de production capitaliste qui a « fait surgir une nouvelle aristocratie de la finance et une nouvelle catégorie de parasites sous forme de faiseurs de projets, lanceurs d’affaires et directeurs purement nominaux ; en un mot, tout un système de filouteries et de tromperies ayant pour base le lancement de sociétés, l’émission et le commerce d’actions ».

    Jean-Luc Mélenchon est la coqueluche des grands médias : fondamentalement, il les rassure. Après tout, la finance exagère, tout comme les agences de notation, protégeons la production et tous les productifs qui vont avec !


    Et puis, le leader de l’« extrême (Front de) gauche » est bien dans l’air du temps : les ultra-riches ne se disent-ils pas prêts à payer un peu pour que tout continue comme avant ? Le financement des États par la BCE ne commence-t-il pas à être défendu par les économistes du système eux-mêmes ?


    Les communistes qui regardent ce jeu politicien doivent se dire : pour combien de temps encore les idées révolutionnaires seront absentes du débat politique national ?


    Gautier Weinmann


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  • Canaille 53

    Dès la reprise d'une activité moins aléatoire, d'ici une quinzaine, Canaille le Rouge reviendra sur les agressions impérialistes qui vont d'autant plus s'amplifiant qu'approbation ou inertie plombent le camp progressiste qui devrait au cœur des pays agresseurs mener ou au moins participer à l'offensive anti impérialiste.

     

    Pour l'instant et comme reprise de contact de rentrée, en vous renvoyant aux trois précédents messages qui gardent toute leur actualité, juste deux mot à propos de la question des déficits et des contorsions idéologiques et fumées phosphorescentes qui aident à masquer les réalités.

     

    « On » nous dit que les déficits se creusent.

    Acceptons par hypothèse pour un instant la proposition.

     

    Remarquons d'entrée qu'ils ne sont pas dû à la goinfrerie des peuples puisque ce trou se produit dans une période longue de 20 ans marqués par une accélération des reculs de la consommation populaire, de la diminution de la part des richesses allant au travail dans le PIB, de la diminution de l'investissement dans la réponse aux besoins sociaux, de la suppression de pans entiers d'activités, services et réponses publiques à des besoins sociaux et culturels.


     Par contre, on note, alors que sur la même période le PIB globalement augmente, une excroissance tumorale galopante de la part du capital qui draine à son profit exclusif les richesses créées et creuse ainsi les déficits.


     La question est d'abord de supprimer la tumeur et de remettre la société malade sur pied.

     

    Toute « thérapie » qui part du principe que c'est au malade de combler les déficits avec plus ou moins de rigueur est une thérapie de Charlatan.

     

    Toutes les recettes proposées, leurs variantes ne conduisent qu'à cela : faire payer le malade et épargner la tumeur.

     

    Partout dans le monde, sans exceptions aucune, ces déficits sont ceux du capital. C'est à lui et à lui seul de les assumer.

     

    Toutes les recettes proposées par toutes les forces politiques qui inscrivent leur médications et potions, du stylet à la saignée et au clystère au tableau B des remèdes intra capitaliste avec ou sans variante UE Euro, non seulement s'inscrivent dans le Charlatanisme mais en plus font croire qu'on peut guérir de la maladie avec des amulettes et des danses rituelles. De la magie noire du « FN » aux décoctions de simples du PC en passant par toute la gamme des saignée de la droite extrêmement droite à la frange  au ventouse du PS, tant que la chirurgie majeure :

     

    L’éradication du capitalisme ne sera pas mise en débat par ceux là même qui paient en permanence l'addition.

     

    Ces déficits ne sont pas les déficits des peuples. Ils sont la somme des pillages réalisés par les hommes du capital pour gonfler les profits et alimenter les machines guerrières et policières pour les garantir et élargir.

     

    Les questions de l'intégration des déficits dans la règle budgétaire participe de ce camisole chimique qui enserre les peuples pour les neutraliser.

     

    La pétition des milliardaires « vertueux » et les mesures Fillon sont l'édulcorant pour avaler les neuroleptiques. « Payez l'addition « on » s'occupe du pourboire » d'autant que ceux qui paient l'addition sont exclus du droit d'être à la table : les 200 millions (ça impressionne un chiffre pareil mais que 2/3 de la note Lagarde Tapie) sont à mettre en face des deux milliards de cadeaux fiscaux supplémentaires aux nantis que la réforme de l'ISF leur octroie grâce à la loi de finance.

     

    Dans ces conditions, pas un droit au strapontin qui est à solliciter mais de raser leur gargote pour construire une autre auberge.

     

    Même si tout est fait pour qu'il n'en soit pas ainsi, l'acte politique majeur capable de marquer la volonté populaire de s'émanciper aurait pu s'engager à partir du suffrage universel … à condition que des forces politiques décident d'en faire le tremplin de cette transformation. C'est pour empêcher ce débat que le PS organise ses primaires. L'épisode DSK n'étant que l'opportune mayonnaise utile pour masquer un programme avarié.

     

    Le vide sidéral du projet du Mélenchon's club participe de cette logique.

     

    La volonté des états majors syndicaux de cantonner les luttes à l'intérieur du traité de Lisbonne et le refus de ceux qui pourtant par oxymore se déclare révolutionnaires institutionnels interdit pour l'instant de faire de 2012 le moment possible de ce débat non pour viser l'Elysée mais pour faire du temps politique le rendez-vous de la construction alternative contre l'alternance.

     

    Les choix du capital étant ce qu'ils sont, indicateurs d'une barbarie croissante dont le capital à besoin pour se maintenir, les tensions vont s'exacerber et la violence des réactions se grandir. Londres n'est pas un épiphénomène. C'est à cela que sert le communautarisme cultivé par tout ce que les réactions comptent de variété de Torquémada de toutes options.

     

    Ceux qui refusent de prendre les initiatives politiques permettant d'épargner aux peuples les violences du capital, ceux qui laissent comme soupape à la colère les explosions sporadiques sans proposer d'autres voies sont les complices objectifs et, en ce 25 août osons le mot, sont les Kollabos du capital.

    http://canaille-le-rouge.over-blog.com/


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  • Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent secrétaire national du Parti Communiste Français (PCF). (AFP / Bertrand Guay)
     

    La gauche radicale sera sur le pont face à la crise ce week-end : Jean-Luc Mélenchon  réunira ses troupes du Parti de gauche près de Grenoble et rendra visite à ses alliés communistes en Savoie, tandis que Philippe Poutou (NPA) lancera sa campagne 2012 à Port-Leucate (Aude).

    Pour tous, il s'agira de dénoncer les mesures d'austérité préparées, selon eux, par le gouvernement.

    Candidat depuis mi-juin du Front de gauche (PCF-PG-Gauche unitaire), Jean-Luc Mélenchon sera en pointe sur la question, de vendredi à dimanche à Saint-Martin d'Hères (banlieue de Grenoble) pour les "remue-méninges" de son parti où on débattra également de la transition écologique ou de la lutte contre le Front national.

    L'eurodéputé, dont la cote de popularité ne décolle pas, a déjà détaillé ses propositions dans un entretien au Monde, suggérant par exemple un "protectionnisme européen" ou la création de "quatorze tranches d'imposition" dont la dernière serait taxée à 100%.

    Pour lui, "l'Europe a les moyens d'éteindre l'incendie spéculatif" si la Banque centrale européenne (BCE) "prête aux Etats aux taux où elle prête aux banques", et si est réalisée une "harmonisation sociale et fiscale".

    Pour sortir de l'endettement, celui qui refuse de faire payer la crise au peuple par des plans d'austérité, réitère sa demande de prendre "l'argent là où il est" en augmentant "les impôts des plus riches et des grandes sociétés", et de "taxer les revenus du capital comme le sont ceux du travail".

    L'ancien sénateur PS qui critique les ténors socialistes mais distribue les bons points à Europe Ecologie-Les Verts ou à Arnaud Montebourg (PS) "dont la résistance est précieuse", fera son discours de rentrée dimanche matin, en présence notamment de Pierre Laurent (PCF).

    Il sera auparavant passé vendredi après-midi par Les Karellis (Savoie) où ses alliés du PCF se réunissent pendant trois jours, pour une intervention au côté du numéro un communiste.

    Dans cette station de montagne dédiée au tourisme social, Pierre Laurent, qui publie début septembre Le nouveau Pari communiste (Ed. Cherche-Midi), insistera sur "la riposte aux mesures de Nicolas Sarkozy", après "un été de matraquage pour justifier un nouveau plan d'austérité" face au "coup d'Etat permanent des marchés financiers".

    Il faut au contraire "faire de la relance sociale avec une augmentation des salaires en dissuadant tout ce qui encourage les mouvements financiers" et "arrêter avec les politiques de cadeaux fiscaux", a-t-il dit à l'AFP, en attendant de dévoiler le programme final du Front de gauche pour 2012 à la Fête de L'Humanité (16-18 septembre).

    En difficulté depuis l'émergence du Front de gauche en 2009, le NPA se réunira, lui, de dimanche à mercredi à Port-Leucate pour lancer sa campagne contre le remboursement de "la dette publique illégitime", selon sa porte-parole Christine Poupin.

    "La dette a explosé parce que les Etats cherchent à sauver le capitalisme de sa crise" et "ni les mesures du PS ni les mesures de Fillon ne vont résoudre le problème", affirme-t-elle. "Il faut inverser complètement les choses" avec notamment "de l'argent pour les services publics" et "un service public bancaire pour arrêter ce système de la finance toute puissante".

    Dans un parti qui s'est déchiré à son congrès de juin, la tâche de Philippe Poutou qui succède à Olivier Besancenot comme candidat, ne sera pas facile. Mais l'ouvrier automobile sera épaulé par le populaire facteur de Neuilly pour son premier meeting de campagne lundi soir, où la parole sera donnée aux "résistances" tunisiennes et espagnoles, des "modèles".

    http://www.liberation.fr


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  • (Dissident Voice)

     

    Michael TRUSCELLO

     

    L’essence de la crise est le capitalisme lui-même : Des politiques radicales accompagnent l’Ere d’Austérité.


    USA 40

    Dans un article du New York Times du 20 septembre 1912 intitulé : « L’Ere des Superlatifs » un auteur s’émerveillait qu’un aviateur français ait atteint une altitude de 5 680 mètres et que le nouveau building des assurances Vie Equitable, érigé à l’endroit où l’ancien venait de brûler « soit sûrement le plus haut du monde ». On ne peut pas empêcher que des sommes fabuleuses soient consacrées à vaincre de tels records. « On sait bien qu’il y a de meilleures sujets de gloire » continue sobrement l’écrivain « mais l’ère des superlatifs doit suivre son cours. »

     

    Nous vivons aussi dans une ère de superlatifs bien qu’elle nous soit ironiquement vendue sous le nom d’Ere d’Austérité par l’oligarchie capitaliste. Mais les qualités superlatives de notre temps sont la marque d’un monde en déclin si l’on en juge par certains de nos exploits superlatifs :

     

    - Les scientifiques ont rebaptisé notre ère Anthropogène pour exprimer l’impact sans précédent de l’homme sur la planète, un impact qui est en train de provoquer la sixième extinction de masse de l’histoire de la planète.

     

    - La « crise » financière des USA de 2008 a été le détournement d’argent public le plus important de l’histoire, d’un montant d’environ 16 000 milliards de dollars, suivi par une « austérité » mondiale agressive qui force les pauvres, la classe moyenne et les gens de couleurs à payer pour la fraude systémique qui a causé la crise.

     

    - L’inégalité de revenus entre les riches et les pauvres aux USA est la plus importante de tous les pays industrialisés.

     

    - Pour la première fois dans l’histoire des USA, la dette des étudiants est supérieure à la dette de la consommation, ce qui fait qu’une vie d’esclave de l’ordre capitaliste les attend.

     

    - La Liste des Milliardaires mondiaux de 2011 recense un nombre record de milliardaires et de fortunes composées.

     

    - Il y a plus d’esclaves aujourd’hui qu’à n’importe quelle autre époque de l’histoire des hommes.

     

    - La militarisation du monde a dépassé tous les records en 2011.

     

    Et je ne mentionne que quelques records.

    Vous voyez le fil conducteur ?

     

    Le monde est en train de mourir et les capitalistes en profitent pour faire des profits record. Il y a plus d’esclaves et de milliardaires que jamais auparavant. Le complexe militaro-industriel n’a jamais été aussi important.

     

    Dans ce contexte, on a demandé - enfin, dit- aux pauvres et aux travailleurs de se préparer à une diminution de la qualité de leur vie aujourd’hui et dans l’avenir. Le mot de l’année 2010 a été « austérité ».

     

    La fraude systémique de 2008 -une virgule dans l’interminable liste des formes d’exploitation du capitalisme- à laquelle les pauvres sont censés remédier, n’a pas été un hoquet dans le déroulement bienveillant du capitalisme : c’était une fraude perpétrée dans un système économique basé sur la fraude et l’exploitation massive.

     

    Ils ont volé des milliers de milliards aux pauvres du monde entier et en particulier aux gens qui sont l’objet de racisme aux USA. Et maintenant ils veulent que nous payons pour leur crise.

     

    J’ai décidé de réaliser un documentaire sur l’austérité il y a environ 18 mois parce que je ne comprenais pas pourquoi les gens ne se rebellaient pas contre le capitalisme en Amérique du Nord surtout après 2008 et parce que je pensais que si nous n’arrêtons pas le programme d’austérité nous deviendrons tous les victimes contraintes et forcées d’un stade de capitalisme néo-féodal hautement militarisé et d’une grande sophistication technique. Vous pensez peut-être que j’exagère mais regardez bien les chiffres des évolutions dont j’ai parlé ci-dessus et voyez le contrôle presque total que les grandes entreprises exercent sur les institutions politiques actuelles.

     

    Aux Etats-Unis plusieurs états ont commencé a supprimer les droits des travailleurs (ou plutôt ce qu’il en restait) et à voter des lois qui autorisent les gouvernements des états à ne pas honorer les programmes de retraites, programmes déjà compromis par leurs investissements sur ces mêmes marchés qui essaient maintenant de les détruire complètement.

     

    Le président Obama, célébré par certains libéraux comme celui qui apporte le changement, a continué la même politique d’impérialisme militaire et économique que son prédécesseur.

     

    Ses principaux conseillers depuis qu’il est en charge sont des gangsters en costumes de soie venant de la clique même des banquiers d’investissements qui ont commis le hold-up de 2008.

     

    Un des objectifs de l’Ere d’Austérité capitaliste est de briser ce qui reste (et ce n’est pas grand chose) des organisations syndicales de travailleurs dont la plupart sont dans le secteur public. Au Canada, L’hostilité que Harper a manifestée contre les syndicats de postier montre qu’il a embrassé le programme d’austérité : les droits des travailleurs en vigueur ne seront pas respectés. Les récents licenciements à Environment Canada et le programme régressif du maire de Toronto, Rob Ford, font présager qu’une vaste opération de destruction des services publics est en cours. Des syndicats estiment que 30 000 postes de fonctionnaires vont être supprimés.

     

    Les banquiers et les capitalistes financiers ont causé la crise. Et maintenant les services publics comme l’éducation, la santé, la protection de l’environnement et des infrastructures essentielles vont en faire les frais. A moins bien sûr que nous ne nous battions.

     

    J’ai demandé à des universitaires, des militants et des auteurs de définir le mot « austérité » et de proposer des moyens de lutte. Cela a abouti à un film documentaire : « L’essence de la crise est le capitalisme lui-même : Des politiques radicales accompagnent l’Ere d’Austérité » qui analyse la nature de la crise capitaliste et certains des endroits où on s’est opposé au capitalisme comme la Grèce, la manifestation contre le sommet du G20 de Toronto et les manifestations massives de solidarité à Madison dans le Wisconsin.

     

    Dans le film, Chris Hedges (auteur de « La mort de la classe libérale ») et Derrick Jensen (auteur de « La fin du jeu ») parlent du caractère pathologique du capitalisme. Hedges qualifie les cadres dirigeant de BP « d’exécuteur des hautes œuvres » d’un système qui « tuera la plupart d’entre nous » si on ne l’arrête pas. J’ai eu un entretien avec ces deux personnes extraordinaires en juillet 2010 pendant la marée noire de BP.

     

    Les professeurs de science politique de l’université de York, David McNally et Leo Panitch parlent du contexte de la crise actuelle du capitalisme que Panitch appelle la « première grande dépression du 21ième siècle ». McNally dit que l’Ere d’Austérité pourrait durer « une génération ».

     

    Je me suis entretenu avec différents personnes qui ont des points de vue radicaux. Michael Hardt, le professeur de l’université Duke, qui a coécrit « L’empire, la multitude et le Commonwealth » avec Tony Negri, analyse la Grande Dépression et Franklin Delano Roosevelt (FDR) du point de vue du Marxisme autonome. D’une certaine manière nous devons considérer que nous sommes la crise.

    Nous devons nous rendre compte que nous avons une marge de manœuvre, que nous avons du pouvoir sur l’issue de la guerre sociale en cours.

     

    Max Haiven, un professeur d’Halifax, explique comment le fait d’être endetté appauvrit l’imagination subversive dans notre société de sorte que la plupart des gens ont oublié les mouvements anticapitalistes du passé, et comment cela engendre des formes de résistance formelles et inefficaces.

     

    Ajamu Nangwaya, un diplômé de l’université de Toronto et ancien vice-président de l’Union des fonctionnaires canadiens (CUPE) d’Ontario nous conseille de ne pas nous laisser abuser par la résurgence de l’économie Keynésienne dans le discours des médias dominants. Selon lui, la classe dirigeante fera tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir le système. Le fait que des capitalistes adoptent les théories Keynésiennes ne signifie nullement qu’ils adhèrent au socialisme.

     

    Le professeur Richard J.F. Day de l’Université Queen parle de la longue histoire de l’accumulation capitaliste. Il commente aussi les mesures répressives que Harper prépare probablement pour le sommet du G20.

     

    Je ne veux pas déflorer tout le film maintenant. En fait je le fais (ci-dessous). Mais j’espère que vous le regarderez et que vous vous joindrez à notre combat contre l’austérité. Ce n’est pas un combat qu’on peut gagner par des moyens électoraux. Il nécessite un mouvement social de masse, et son but est d’éradiquer le capitalisme de la surface du globe pour toujours.

     

    Ce n’est pas le moment de « restaurer la classe moyenne », comme le préconisent les grands syndicats. L’heure est venue de restaurer la dignité humaine et d’empêcher la crise actuelle d’être celle qui mettra fin à tout, en construisant une alternative au capitalisme.

     

    Ce qu’il nous faut c’est une révolution, pas une réforme.

    C’est peut-être leur crise, mais c’est notre problème.

     

    Michael Truscello

     

    Michael Truscello, Ph.D., est maître assistant d’Anglais et d’éducation générale à l’université Mount Royal de Calgary, Alberta.

     

    Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2011/08/austerity-is-euphemism-for...

     

    Traduction : Dominique Muselet pour LGS

     

    URL de cet article 14441

    http://www.legrandsoir.info/l-austerite-est-un-euphemisme-pour-la-guerre-que-les-riches-font-aux-pauvres-dissident-voice.html


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