• Je m’associe à l’essentiel de ce qui a été dit sur le résultat très prometteur de la présidentielle, à l’issue d’une campagne exaltante, et sur la nécessité d’appeler clairement à voter François Hollande pour battre à plate couture la droite de Nicolas Sarkozy, le 6 mai prochain. Au-delà d’un 6 mai décisif, mon intervention portera sur les élections législatives.


    Au regard des événements que nous venons de traverser. Deux questions majeures se posent aujourd’hui à chacune et chacun d’entre nous :


    Dans le cadre d’un président socialiste, sommes-nous capables d’établir un rapport de force favorable aux intérêts du peuple, c’est-à-dire influencer concrètement les choix qui seront faits par une majorité de gauche, et imposer de réels changements. Si oui, comment ? Ce qui me fait dire que l’important n’est pas de savoir ce que l’on ferait au gouvernement, mais ce que l’on fera du gouvernement.


    La deuxième question: pour quels mobiles précis le peuple de France a-t-il intérêt à faire de nous ses représentants à l’Assemblée nationale?


    Ces deux questions et leurs réponses s’inscrivent dans un contexte où nous aurons plus particulièrement affaire à deux offres politiques concurrentes :


    D’un côté, Hollande et le Parti Socialiste. Ils demanderont aux électeurs de leur donner les moyens indispensables pour mettre en œuvre le changement annoncé, en offrant une majorité au nouveau président dans le contexte d’une extrême-droite menaçante.


    De l’autre côté, Marine Le Pen et l’extrême-droite. Forte d’un vote de contestation du système et des élites qui le dirigent, elle va poursuivre son entreprise démagogique en réclamant aux couches populaires de porter à l’Assemblée ses candidats pour inviter « la France à la table des élites ». Une formule qui nous choque dans la bouche de cette national-socialiste mais qui, nous le savons, fait mouche dans les couches populaires en souffrance. Comme ont fait mouche ses propos où elle déclare vouloir faire « imploser les deux partis de la banque, de la finance, des multinationales, du renoncement et de l’abandon ». Les études d’opinion font en effet apparaître que si seulement 48 % des suffrages du FN sont un vote d’adhésion, cela représente quand même plus de 3 millions de voix pour ses idées et propositions, voire bien davantage au regard du glissement quasi mécanique de la simple contestation au positionnement idéologique.


    En ce qui nous concerne, si le vote d’adhésion est plus large (65 %), il concerne au final 500 000 électeurs de moins, sans pour autant occulter la reconquête politique et idéologique que nous avons initiée et dont le rayonnement dépasse le vote Front de gauche.


    Voilà le contexte concurrentiel direct dans lequel nous nous trouvons. Comment, dans ces conditions, avec des arguments simples, des propositions simples mais fortes, nous allons amener les électeurs à nous désigner -nous- comme leurs nécessaires représentants à l’Assemblée nationale, comme les indispensables défenseurs de leurs intérêts ?


    Dans le contexte de la crise que nous connaissons, nous sommes dans une élection à caractère historique. Elle exige de la part de notre parti, de notre organisation, et plus largement du Front de gauche, des réflexions et des mesures exceptionnelles. Si nous n’incarnions pas la possibilité d’un changement positif immédiat pour le peuple, si nous n’apparaissions pas comme immédiatement utiles au mieux-vivre, nous serions à juste titre balayés par l’histoire.


    La simple fonction de contestation, même porteuse de mesures fortes de transformation sociale, ferait long feu auprès des couches populaires. En aucun cas, notre stratégie ne peut être dans le repli dans un nouveau pré-carré idéologique, nourri de déclamations, et d’attente du grand soir, même porté par l’aura d’une personnalité charismatique, et même musclé par un apparent soutien populaire.


    L’argument d’avoir un groupe Front de gauche fort à l’Assemblée nationale, pour être utile à la mise en œuvre d’une politique vraiment à gauche, sera déterminant. Mais il ne suffira pas. Il faut donner à voir ce que sera une pratique politique complètement différente, hors du commun comme l’a été notre campagne des présidentielles, articulant la construction collective du travail législatif à l’indispensable mobilisation populaire pour porter les exigences citoyennes. Donnons à nos slogans de « révolution citoyenne » et de « pouvoir au peuple » une réalité palpable dès aujourd’hui.


    Soyons donc très attentifs aux circonscriptions où nous devrons faire porter nos efforts organisationnels et rendre visible notre nouvelle pratique politique, là où une chance existe de l’emporter, là où des rendez-vous électoraux positifs se dessinent. Dans le même temps, et partout bien évidemment, il s’agira de faire valoir nos objectifs immédiats et à moyen terme pour créer des majorités d’idées et d’actions et en intensifiant notre campagne de recrutement au Parti Communiste Français.


    L’avenir et la place même de notre parti, dans le cadre du Front de gauche, dépendront des semaines à venir.

     

    Notre force de proposition et d’action doit être décuplée. Je le dis solennellement : il en va de l’avenir de notre peuple.



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  • ntégrer notre appréciation des rapports de force à nos prises de décision. Comment mener campagne d’ici la fin de l’actuelle séquence électorale.


    Ce qui a bougé.

    Combattre le FN non pas à partir de positions uniquement morales ou idéologiques (nécessaires bien sûr !) mais à partir du vécu des citoyens et de ce qu’ils expriment dans les débats électoraux. Dans une toute première étape battre Sarkozy - et la « le pénisation » de la politique. Demain et dès aujourd’hui prendre toutes les décisions qui favoriseront l’intervention des exploités dans les luttes de classe. Favoriser le mouvement social.


    Cette intervention au CN du mercredi 25 avril n’a pas été prononcée, la parole ne m’ayant pas été donnée faute de temps. Je soumets donc à la réflexion ce que j’aurais dit ; le prochain CN ayant lieu le 11 mai, d’ici là échangeons, si nécessaire.


    En fin de débat je ne reviendrai pas sur un certain nombre d’aspects qui sont très majoritairement partagés. Nécessité absolue de battre immédiatement Sarkozy et le FN, importance des 4.000.000 de voix rassemblées sur la candidature Front de gauche, qualités indiscutables de la campagne menée par Jean Luc Mélenchon, véritable homogénéisation du nombre de voix que ce soit à l’échelle du pays ou des différents bureaux de ma ville..., poids persistant de certaines implantations électorales communistes, encore qu’il semble y avoir de sérieuses différences en tout cas au plan local, espoir suscité chez de nombreux militants.


    Sur les faiblesses, le débat est moins consistant, les désaccords profonds.


    Ayant animé 21 « Assemblées populaires » du Front de gauche pour la plupart organisées par les communistes, je relève trois questions.


    Un : celle du SMIC à 1700 € brut immédiatement. C’était au programme « L’Humain d’abord » pages 13 et 14. Peu à peu cette question fondamentale a pris une place dominante dans les débats locaux. Objectif humainement nécessaire, économiquement possible (+ 23%, alors qu’en 1968 l’augmentation a été supérieure sans que le capitalisme ne s’écroule !). Prise en compte immédiate consécutive de tous les minimas sociaux. La vie des précaires en dépend, donc aussi leur futur engagement décisif dans la lutte des classes. Cette question ayant le mérite de mettre en position centrale l’évolution de la part du PIB revenant aux exploités et celle qui va aux profiteurs.


    Renverser un mouvement plus que décennal. L’Huma a commencé, sur la fin, à faire état de ces échanges. Nos dirigeants, nos tracts sont-ils assez fermes sur la formulation de la revendication ? François Hollande est aux antipodes de cette revendication.


    DeuxL’annulation de la dette, qu’il s’agisse des dettes souveraines ou de celles des collectivités. Là aussi le débat s’est aiguisé. Nous avons bien souvent déjà payé intérêt et principal comme dit la fable et sortir de la « dette inextinguible » dans laquelle le capital veut nous enfermer est décisif. C’est plus que réorienter la BCE ou la Banque de France. C’est rendu obligatoire par le niveau et les formes prises au niveau mondial par l’exploitation.


    Trois : La question de la rupture avec l’organisation politique de l’Europe capitaliste. Peut-être plus facile à faire venir dans ma région encore viticole, première pour le taux de chômage en France dans laquelle bien des gros villages y compris de "tradition électorale socialiste" ont voté NON à 70 % et plus au référendum de 2005.


    Il ne s’agit pas de renégocier des traités ou d’aménager un fonctionnement bancaire ou des institutions. La question est de passer à la suite, à une coopération mettant les intérêts nationaux, les intérêts des classes exploitées de chaque nation au cœur. L’organisation capitaliste depuis 1956 (et avant) de l’Europe est en échec, la crise fait éclater cette constatation. Il ne s’agit pas de relance Keynésienne ou d’austérité. Passons à la suite. Les divers positionnements du PGE ne nous aident pas.


    Sur ces trois questions, un contenu communiste rassembleur... parfois appuyé sereinement sur le programme du Front de gauche, nous permettra de mener réellement la lutte politique contre le Front National ; de détruire l’ambiguïté fondamentalement « national socialiste » de ce parti.


    J’y suis d’autant plus sensible que, dans la circonscription où les accords nationaux, départementaux et le vote quasi unanime des communistes m’ont désigné comme candidat, le FN est le premier parti, devant L’UMP avec un PS largement au-dessus des 12,5% des inscrits fatidiques. Et un PC actif dans le cadre du Front de gauche.


    Nous pouvons donc y poursuivre avec dynamisme la campagne communiste de rassemblement pour battre Sarkozy et le FN, le 6 mai, les 10 et 17 juin. Pendant la période électorale et après.


    Etre utile aujourd’hui comme l’a réclamé André Chassaigne dans son intervention, c’est développer des réponses communistes et rassembleuses en adéquation avec la crise, apprécier collectivement avec tous nos camarades la réalité des rapports de force, créer les conditions de premiers acquis pour les plus exploités en particulier et renforcer la capacité d’action globale du PCF. Ce qui passe d’abord par son élargissement numérique : les adhésions. C’est ainsi que nous intégrerons aux mouvements possibles les forces révélées dans ce premier tour des présidentielles.


    Tout autre voie me paraissant relever de raccourcis restant finalement au niveau des apparences.


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  • Intervention de Marie-Christine Burricand au CN du 25 avril 2012


    MCB 01

    Le résultat du Front de Gauche à deux chiffres est à apprécier positivement même si des camarades emportés par la campagne attendaient mieux.


    Notre peuple ne se résigne pas et cherche une issue. Il ne faut pas oublier que cette recherche est présente chez ceux qui ont voté Jean-Luc Mélenchon, mais aussi dans une grande partie de ceux qui ont voté Hollande notamment dans les cités populaires parce que la volonté de battre Sarkozy dominait et par doute aussi de pouvoir réellement changer les choses par un vote, quel qu’il soit. Nous devons nous adresser à tous durant les législatives.


    L’engagement des communistes est pour beaucoup dans le résultat, mais aussi l’ancrage des organisations et des élus du Parti.


    Il y a des leçons à tirer de la campagne. Le candidat n’a pas hésité à s’appuyer sur les symboles communistes et républicains, bien plus que ne le fait la direction du PCF.


    Pour autant le résultat du Front National montre que l’unité du peuple de France reste à construire et que les cartes ne sont pas rebattues dans la gauche.

    La question de notre positionnement sur l’Union européenne et l’euro est centrale, il faut en débattre.


    Les législatives seront instructives pour mesurer ce qui a bougé réellement dans la dernière période.

    Dans la 14ème circonscription du Rhône, nous avons un double défi : un redécoupage inique et le pari de l’avenir du PCF avec le passage de relais entre André Gerin et Michèle Picard, Maire de Vénissieux.


    Pour gagner, il nous faut multiplier presque par 2 le score de Mélenchon.


    Les communistes de la circonscription ont su trouver le chemin de l’unité.


    Nous menons une campagne de terrain, dans des entreprises en lutte pour leur existence comme Véninov et Arkéma, dans les quartiers populaires avec des initiatives de très grande proximité.


    Nos contacts sont positifs nous faisons des adhésions et les communistes sont bien décidés à garder leur député.


    Marie-Christine Burricand



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  • Rencontre avec les communistes de la Pyramide

     

    Aragon disait qu’il rendait sa carte du parti chaque soir, et qu’il la reprenait chaque matin. Ce soir, au restaurant scolaire Jean Moulin d’un quartier des Minguettes, la cinquantaine de présents ont vécu une de ses initiatives militantes de terrain qui donne envie de la garder, cette carte du parti, de la faire vivre le plus nombreux possible et le plus longtemps possible.

     

    Ce n’était pas gagné... La vie de la cellule est difficile, les militants expérimentés prennent de l’âge, les adhérents sont tellement sous pression de la précarité, de la pauvreté, de la surexploitation, que c’est un défi de se considérer comme un acteur capable de bousculer cette société violente et inégale. Le contexte politique et médiatique multiplie les masques et les faux-semblants, les pièges pour écarter toute prise de conscience de classe.

     

    La stratégie du parti communiste est peu lisible et le succès national de Jean-Luc Mélenchon ne se traduit pas dans le quartier par un début de mobilisation populaire. Il y a quelques semaines, le bon accueil au tract appelant à la manifestation contre les expulsions n’a pas produit plus de participants que l’an dernier... c’est à dire beaucoup trop peu pour impressionner le préfet...

     

    Pourtant, ce 31 mars, les participants sont tous repartis les batteries politiques rechargées à bloc, heureux de cette soirée qui commença par une discussion à bâtons rompus, interrompue pendant deux heures sur les raisons de cette non mobilisation apparente du peuple, sur notre capacité ou non à virer Sarkozy, sur le niveau du danger Le Pen dans le quartier, sur le meilleur outil pour virer Sarkozy et le risque de se retrouver dans un nouveau 21 avril, certains s’interrogeant sur ce « vote utile »...

     

    Guy Fischer, qui connait bien le quartier, expliquera sa position de président du comité de soutien à Jean-Luc Mélenchon et de président du comité de soutien à Michèle Picard. Il redira le lien qu’il fait entre les deux batailles et l’enjeu de mobiliser pour garder le seul député communiste de la région Rhône-Alpes.

     

    Michèle Picard et Yannis Al Mahdi répondront aux nombreuses questions qui leur sont posés [1]

     
     

    PCF Venissieux 01

     

    Ce qui préoccupe les habitants présents, c’est d’abord la question de la crise et de son impact sur les conditions de vie de milliers de familles. Comment exprimer ce refus de payer leur dette ? Cela semble tellement énorme ! Les milliards dont les médias nous parlent en permanence semblent des monstres gigantesques qui nous écrasent et contre lesquels on ne peut rien. C’est la vraie source de l’abstention et de la démobilisation. Est-il vraiment possible de résister ?

     

    Plusieurs intervenants reprendront ce qui avait été au cœur de la rencontre de la section le 15 mars avec Panagoulias, Gerin, Nikonoff et Herrera ; pour résister à cette guerre sociale ou la dette est une arme de destruction massive, il suffirait que le gouvernement décide en une fois de ne plus payer !

     

    Contrairement à ce qui se dit le plus souvent, ce ne serait pas la catastrophe, mais l’occasion pour le peuple de relever la tête et d’imposer la renégociation de toutes les dettes, la rediscussion des vraies priorités budgétaires, de réimposer la logique de l’impôt progressif républicain comme source première de financement de la solidarité et du développement. Les prêteurs accoureraient à l’Elysée pour négocier leurs intérêts. Car si un bourgeois est toujours prêt à tout pour gagner 1 million d’Euro de plus, quand il risque d’en perdre un million, il est prêt à tout pour en sauver la moitié !

     

    Ce ne sont pas les responsables de la section qui ont introduit la question européenne, ce sont bien les habitants présents, soit pour dire leur crainte que rien ne soit possible à cause de cette union européenne qui aurait désormais tous les pouvoirs, soit pour exprimer leur colère contre l’Euro et la vie chère. en tout cas, tout le monde se rendait bien compte que rien n’était possible sans sortir du carcan des règles que l’Union Européenne impose. Les avis diffèrent sur les conséquences : sortir ou pas de l’Union Européenne ? La première question qui ressort de la discussion est plutôt. Oui, il faut sortir des règles économiques actuelles. On verra bien à quoi cela conduit !

     

    La soirée s’est poursuivie comme chaque année pour ce quartier avec un repas préparé par des camarades. C’est l’équipe de Fatou qui avait cuisiné un poulet-riz aux épices qui a fait l’unanimité. Et les quantités préparées étaient telles qu’il a fallu trois tours pour ne pas épuiser le sujet ! Un grand merci à toute l’équipe des femmes du Niger, du Mali, de Martinique et de la Guadeloupe...

     

    Et bien sûr, tout a fini en chansons révolutionnaires pour cultiver quelque chose au cœur de l’engagement personnel et collectif, l’utopie d’une solidarité vraie entre les hommes et les femmes, l’enthousiasme de la perspective révolutionnaire...

     

    Prochaine initiative des communistes du quartier, un point de rencontre tourné vers les jeunes organisé avec le mouvement de la jeunesse communiste.

     

    [1] pour que cet article ne soit pas considéré comme un élément de leur campagne, nous n’en dirons pas plus, il fallait être là !

     

    URL article : http://pcf.venissieux.org/Point-de-vue-communiste-au,1218.html


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    Anéantir le pouvoir de nuisance du capital

     

    Anéantir le pouvoir de nuisance du capital et de ses représentants

    L’Élu d'aujourd'hui, mars 2012

    Questions à Jean-Jacques Candelier, député communiste du Nord

     

    Le 7 février, vous dénonciez à l’Assemblée nationale un recul de civilisation.

     

    J’ai en effet rappelé au Premier ministre la promesse du candidat Sarkozy en 2007 : « Si je suis élu, d’ici deux ans, il n’y aura plus un seul SDF dans la rue ».

    Le bilan est catastrophique. Alors que le froid touche la France, les sans-abris ont toujours plus de mal à dormir au chaud. Parce que leur salaire ne leur permet pas d’assumer le loyer, des travailleurs pauvres grelottent la nuit dans leur voiture. Ceux qui claquent des dents ont parfois un toit sur la tête, mais vivent dans le noir faute de pouvoir régler la facture d’électricité. On recense plus de 8 millions de pauvres et la précarité énergétique touche près de 4 millions de ménages. Il y a de quoi être en colère.

     

    Comment en est-on arrivé là ?

     

    Ce qu’il faut toujours avoir en tête, c’est que des coffres-forts débordent et continuent de se remplir. Les patrons du CAC 40 ont vu leurs salaires augmenter de 34 % depuis 2006. Ils gagnent en moyenne 1,26 million d’euros par an, sans compter les substantiels bonus. En trente ans, la rémunération des actionnaires est passée de 5 à 25 % des richesses produites par les salariés. Victor Hugo disait : « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches » ! La France est malade du creusement des inégalités.

    Par ailleurs, avec la TVA antisociale, l’UMP veut offrir au patronat une ristourne sur les cotisations sociales, que les ménages, notamment les plus pauvres, devront acquitter. Ceux qui prétendent, comme M. Claude Guéant, donner au monde des leçons de civilisation feraient bien de réfléchir. Réduire la protection sociale, qu’il s’agisse de la retraite ou de l’accès aux soins, faire de la précarité un modèle, détricoter le code du travail, privatiser un à un les services publics, ériger la rentabilité et la compétitivité en système, cela s’appelle un recul de civilisation !

     

    Vous étiez aussi intervenu à l’occasion d’un débat sur l’ « évaluation de la performance des politiques sociales en Europe », qu’est-ce qui se joue ?

     

    Le titre fait peur ! Il y a une volonté idéologique, qui masque des intérêts financiers puissants, d’uniformiser les politiques publiques au détriment des droits sociaux.

    Sur le prétendu « coût du travail » (qui est en réalité un salaire, contrepartie d’un travail) : le travail n’est pas plus cher en France qu’en Allemagne. Les salaires dans l’industrie française sont strictement équivalents à ce qu’ils sont en Allemagne. Dans l’industrie automobile, ils sont mêmes inférieurs de 25 % chez nous !

    De même, alors que ce rapport parlementaire vante l’excellence de nos politiques sociales familiales, la droite s’apprête à fragiliser une partie de son financement en le faisant porter sur la fiscalité. En clair, les foyers modestes, qui paient le plus la TVA, financeront eux-mêmes leurs prestations familiales, et non plus le patronat.

    Pourtant, la cour des comptes a pourtant démontré que les précédentes baisses de cotisations sociales n’avaient eu aucun impact sur l’emploi. Les cotisations patronales n’ont cessé de diminuer et le chômage a atteint son plus haut niveau depuis 12 ans.

    Ce qui se joue, c’est la viabilité de notre modèle de protection sociale. Des intérêts de classes s’opposent. J’ai rappelé au cours du débat l’absurdité de la mise en concurrence exacerbée des travailleurs du monde entier, notamment en Europe. Il faut aussi prendre des mesures pour anéantir le pouvoir de nuisance du capital et de ses représentants, qu’il soit français ou allemand, là n’est pas la question.


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  •  Propos d’Alain Bocquet, député communiste du Nord, le 6 mars à l’Assemblée Nationale :

    « C’est la dernière séance des questions au gouvernement. Je m’adresse donc à tous les ministres. Vous allez bientôt préparer vos cartons d’archives. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) L’heure du bilan a sonné. Cinq ans après votre arrivée au gouvernement, on compte un million de chômeurs en plus. Vrai ou faux ? L’industrie a encore perdu 350 000 emplois. Vrai ou faux ? La pauvreté touche 9 millions de nos concitoyens, et vous avez offert 75 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches. Vrai ou faux ? (…)

     

    Quand vous aurez  rempli et ficelé vos cartons, n’oubliez pas de les déposer dans la grande salle des archives de l’Etat, sur les étagères réservées aux fossoyeurs de la France ! »

     Désastre industrie

    Argent public bilan


     

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  • Le PCF dénonce la condamnation de 2 jeunes communistes

    C'est avec stupeur et indignation  que nous venons d'apprendre la condamnation de deux camarades membres du Mouvement Jeunes Communistes de France à 3 mois de prison avec sursis. 

     

    Mercredi soir dans Paris, les deux étudiants se sont retrouvés au milieu d'une course poursuite entre des policiers et une personne dans le métro. Ils se sont alors  retrouvés pris pour cible par la police, victimes de violences et  emmenés au poste : sans comprendre les raisons d'une telle garde à vue, ils passent 48 heures au commissariat puis la nuit de vendredi à samedi au dépôt.Jugé ce samedi, ils viennent d’être condamnés à 3 mois de prison avec sursis pour outrage à agent. 


      Le Parti Communiste Français  apporte tout son  soutien à ces deux jeunes étudiants et  dénonce les violences policières et la condamnation judiciaire qui permet la mise sous silence de la bavure. Il exige que l’appel de cette condamnation soit entendu et que toute condamnation soit levée, que les deux jeunes soient rétablis dans leur droit. Il n’est pas tolérable que des jeunes, dans notre pays, soient à la merci de telles pratiques de coups et d’insultes policières, dont certaines à caractère raciste.

     

    Il exprime sa solidarité avec le Mouvement de la jeunesse communiste dont les deux jeunes étaient membres et amplifiera son action avec toutes celles et ceux qui le souhaitent pour le respect des droits et de l’égalité, foulés aujourd’hui au pied quotidiennement par le pouvoir en place.


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  • arton335-7c5d3.gif PIERRE LAURENT SUR FRANCE INTER

    Quel plaisir d’entendre ce matin sur les ondes de France-Inter, Pierre Laurent parlant et étant interrogé en tant que premier dirigeant du PCF.

    J’ai apprécié.

    Ceux qui avait enterré le PCF, considéré comme disparu corps et bien, doivent aujourd’hui tenir compte que celui-ci tient toute sa place dans cette alliance des forces du Front de gauche.

    135000 adhérents, ce n’est pas rien, d’autant plus que des jeunes, en ce moment, rejoignent le PCF et c’est de bonne augure.

    J’ai été très critique à un moment donné quand le parti semblait dériver pour ne pas aujourd’hui saluer ce retour du PCF sur la grande scène du débat politique.

    Certes, les yeux ouverts, comme disait un grand syndicaliste, mais quand ça va mieux, autant le dire.

    Les occasions sont rares, ce n’est pas nouveau, de voir des communistes invités dans les médias nationaux, la récente prestation de Pierre Laurent à la télévision dans l’émission d’Yves Calvi et ce matin sur France -inter, donne à penser que le PCF relève la tête et se place dans une dynamique qu’il a su initier d’une vraie gauche dans le cadre du Front de Gauche.

    Front de Gauche, qui n’est pas un parti, mais une constellation d’organisations progressistes qui veulent en finir avec la vieille forme de la Gauche Plurielle qui vient de se terminer lamentablement sa course par l’arrivée dans le conseil de campagne de Hollande de Robert Hue.

    Triste fin…J’en dirai pas plus…

    Un parti communiste, disait Pierre LAURENT, qui a toujours été une force de rassemblement et qui, en ce moment, la construit de façon différente que les accords de sommets qui ont été si néfastes au PCF.

    Un nouvel espace s’ouvre et une inversion du rapport de force à gauche est désormais sur la rampe de lancement. Il peut retourner la vieille formule de Mitterrand, à Vienne, de ramener le PCF à moins de 10 %  et si c’est le cas, les cartes à gauche seront à redistribuer.

    J’ai apprécié la façon dont Pierre LAURENT a ramené ce matin le débat, non sur une joute avec le parti socialiste et Hollande mais sur le contenu et notamment de savoir quelle politique choisir : est-ce celle de l’accompagnement des mesures d’austérité ou celle de se sortir de ce système mortifère comme on peut en mesurer les dégâts en Grèce et demain en France si c’est cette politique là qui l’emporte avec Sarkozy ou un Hollande qui perpétue les errements sociaux libéraux.

    Là est le débat de fond avec les socialistes.

    La marque du PCF, son identité, sa démarche de classe, sa visée marxiste apparaissent enfin dans le débat médiatique et sont gage d’un score à deux chiffres de Mélenchon qui apporte toute sa verve de tribunicien et ses idées de justice sociale et d’autres organisations qui apportent un air frais à ce que les idées de progrès se frayent enfin un chemin dans l’idéologie du renoncement, de la fatalité, du chacun pour soi.

    Au fond les uns et les autres professent des idées communistes, eh bien, tant mieux !

    Bernard LAMIRAND


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  • Cher (e) Camarade,

    Tu trouveras, ci-dessous, mon courrier à Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, après les propos tenus par François Hollande lors de sa déclaration à la City de Londres.

    Fraternellement

    André GERIN

     

    Cher Pierre,

    Les déclarations de François Hollande à la City de Londres auraient mérité une mise au point cinglante de la direction nationale du PCF car les propos qu’il a tenus sont insupportables pour tous les communistes de France.

     Dans le sillage de François Mitterrand, François Hollande pense sans doute que le moment est venu d’achever la tâche entamée en 1972. L’OPA sur le PCF opérée avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon apparaît ne pas avoir d’autres objectifs.

     Une chose est sûre : les communistes ne sont pas prêts à accepter la dissolution de leur parti.

     Pourquoi une telle déclaration ? Parce que la disparition du PCF marquerait l’encrage définitif du PS dans le cadre d’une économie capitaliste mondialisée à la merci des marchés. Il suffit de lire le programme de François Hollande et ses références.

     Il se félicite ainsi que, pendant 15 ans, la gauche de gouvernement ait libéralisé l’économie, l’ait ouverte aux marchés et à la finance et livrée aux privatisations. Cette orientation est incompatible avec toute volonté de changer de politique et de société car elle prolonge la politique social-libérale du gouvernement Jospin qui a conduit à l’échec du 21 avril 2002.

     Plus que jamais, le Parti communiste doit dire haut et fort sa volonté de battre Sarkozy, le Thatcher à la Française, et s’inscrire au-delà des tactiques politiques et électoralistes dans la rupture avec le capitalisme pour construire une société nouvelle, le socialisme.

     Il faut dire clairement, dans le débat public et politique, si François Hollande nous prépare une alternance inscrite dans la lignée de Blair, Schröder, Zapatero, Papandréou. Nous ne serons pas à ce nouveau rendez-vous de dupes.

     Il est temps que le Parti communiste hausse le ton et affirme son identité.

     Reçois, Cher Pierre, mes fraternelles salutations. 

    André GERIN



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  • article hollande« Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ». Ou pas. Car ce ne sera pas François Hollande. Au moment où Nicolas Sarkozy peaufine sa déclaration télévisée de candidature, demain, il n’a rien trouvé de mieux en effet que d’accorder au « Guardian » un entretien particulièrement préoccupant. Comme s’il voulait démontrer qu’entre lui et l’actuel Président de la République, la différence n’était finalement que d’une minceur de papier à cigarette. Le journal britannique ne s’y est d’ailleurs pas trompé, et titre avec sobriété : « François Hollande veut rassurer le Royaume-Uni et la City ». La finance mondiale respire mieux. Nous voilà prévenus.

    Que dit François Hollande, candidat du Parti Socialiste Français, aux Britanniques et aux Français qui lisent le « Guardian » ? Car il y en a, et beaucoup, le « Guardian » n’étant pas exactement un fanzine de Grammar School, ronéotypé à 40 exemplaires.

    François Hollande n’est pas « si à gauche » que les Britanniques pourraient le craindre. « La France non plus », d’ailleurs, affirme-t-il. Il n’est pas « agressif » : son programme concernant la finance n’excède en rien celui de Barack Obama. Il est dans « la continuité » de ce que pense « l’opinion publique européenne ». C’est un programme « comparable » à tous les autres candidats à la Présidentielle. Au moins, les choses sont claires : nous sommes loin du temps où il disait que « mon adversaire, c’est la finance » (de la « rhétorique de campagne » selon le « Guardian »). En trois semaines, tout change. On se demande seulement s’il se rend bien compte de la colère et de la déception de l’opinion publique française, sans parler de l’européenne, ni de la grecque. 

    Ce n’est pas tout.  Non content de déclarer sa flemme à Tony Blair (dont, la seule erreur fut de croire que « les marchés pouvaient se réguler eux-mêmes »), le candidat du Parti Socialiste affirme à la presse britannique qu’il « n’y a plus de communistes en France » ! Rien à voir avec l’élection de François Mitterrand, quand les gens avaient « peur des chars soviétiques, place de la Concorde ». Jean-Luc Mélenchon remplit les meetings, rencontre un écho grandissant dans le pays, mais François Hollande ne s’en est pas rendu compte. Il faudrait lui rappeler qu’il n’y a pas une mairie importante, dirigée par la gauche, qui ne le soit sans les voix des électeurs communistes ou le soutien de leurs élus – mais a-t-on prévenu le candidat du Parti Socialiste ? François Hollande ne voit rien de ce qui est à sa gauche, semble-t-il, ce qui fait beaucoup. Ce qui fait même une majorité de Français, celle qui a dit « non » en 2005, mais que François Hollande ne veut pas (re-)voir.

    Car pour conclure son opération « New PS », il annonce en effet qu’il ne demandera pas une « renégociation totale » des traités européens. Et surtout qu’il ne présentera rien au suffrage référendaire… Bon. Et sinon ? –  Sinon, François Hollande a rassuré nos amis britanniques sur un dernier point, d’importance : il parle « anglais comme un Français, mais il le parle, lui », à la différence de son futur prédécesseur. Au moment d’entamer la dernière ligne droite avant le premier tour, la gauche n’existe plus mais le candidat socialiste parle anglais. On aurait aimé entendre autre chose.

     

    Ian Brossat

    Elu PCF au Conseil de Paris


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