• Le seul ouvrier du Parlement

     

    Dimanche 22 juillet 2012 
    par  auteurs à lire

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    Sous le titre un peu grinçant « Patrice Carvalho, « embourgeoisé » mais toujours marxiste », le journal Le Monde a réalisé un court portrait du nouveau député Patrice Carvalho, portrait qui, même s’il émane d’un journal très peu « objectif », reste très intéressant. Certaines des déclarations du député ont fait l’objet de commentaires peu amènes de la part de dirigeants du PCF, ce qui en dit long sur les dérives idéologiques vers des objectifs sociétaux arbitraires refusant toute contradiction et donc tout débat possible (cf. commentaires en fin d’article).

    Pascal Brula

    Patrice Carvalho, « embourgeoisé » mais toujours marxiste

     

    Patrice Carvalho n’est pas vraiment un petit nouveau à l’Assemblée nationale. Quinze ans après un premier mandat, cet élu communiste a retrouvé, le 17 juin, son siège dans la 6e circonscription de l’Oise. Cette fois, l’ancien ouvrier mécanicien a remisé au vestiaire le bleu de chauffe qui l’avait fait remarquer lors de ses premiers pas au Palais-Bourbon en 1997. « Je ne regrette rien, dit-il. J’étais le seul ouvrier qui entrait à l’Assemblée nationale ».

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    Patrice Carvalho en bleu de travail en 1997.

    Le nouveau député « ne renie pas ses origines », lui qui a grandi à Thourotte (Oise), dont l’histoire est profondément liée à celle de la glacerie Saint-Gobain et de son usine, implantée dans les années 1920. Maire de cette ville de 5 000 habitants depuis 1989, M. Carvalho est issu d’une famille de dix enfants. Il a très vite marché dans les pas de son père, militant communiste et ouvrier à l’usine voisine.

     

    A 15 ans, il rejoint le PCF. Quatre ans plus tard, un CAP de mécanique générale lui permet de débuter, à son tour, chez Saint-Gobain, entreprise que cet ancien syndicaliste CGT, devenu cadre, s’apprête à quitter à 59 ans. « Il s’est embourgeoisé », sourit son éternel adversaire, François-Michel Gonnot (UMP), qu’il a battu le 17 juin.


     

    M. Mélenchon a « un côté donneur de leçons »

    A la mairie de Thourotte, on est visiblement dépassé par le nouvel agenda du « patron ». Il faut dire que son élection n’était pas gagnée et l’a été à la faveur d’une triangulaire avec l’UMP et le FN. « C’était sa seule chance, alors que, pour moi, c’était un schéma assez meurtrier », soupire M. Gonnot.

     

    Sur ses affiches de campagne, aucune mention du Front de gauche ni du PCF. En revanche, sur fond rose, un slogan désormais bien connu : « Ici aussi, le changement, c’est maintenant ! » Son suppléant est d’ailleurs un apparenté socialiste. « Mon adversaire a passé son temps à dire que je suis communiste. C’était suffisant, non ? », plaisante M. Carvalho qui se pose en candidat du « rassemblement à gauche ». « Les gens de Thourotte sont carvalhistes et pas autre chose. Ils ont voté pour l’homme que j’incarne », ajoute-t-il.

     

    Le Front de gauche ne semble pas vraiment la tasse de thé de celui qui avait voté André Chassaigne, en 2011, à la primaire interne du PCF pour la présidentielle. M. Carvalho avoue « ne pas trop aimer » Jean-Luc Mélenchon, dont il juge le parcours « chaotique ». « Même s’il est brillant, son côté donneur de leçons en meeting ne me plaît pas trop », explique-t-il. Des rumeurs ont situé le député au Mouvement unitaire progressiste (MUP) de Robert Hue, l’ancien numéro un communiste. Il dément catégoriquement, en précisant : « Je reste un marxiste et je suis profondément communiste ».

     

    Liberté de parole

    La loi actuelle sur le cumul des mandats a obligé M. Carvalho à quitter le conseil général de l’Oise. Le nouveau député veut se consacrer à ses nouvelles fonctions et entend bien garder sa liberté de parole. Comme en 1997, où il ne s’était pas vraiment coulé dans le moule de la « gauche plurielle ».

     

    Malgré la présence de ministres communistes au gouvernement, il avait voté contre la plupart des lois de finances.

     Contre les 35 heures aussi. « Ce n’était pas adaptable aussi rapidement », justifie-t-il.

     

    Au PCF, on ne se presse pas pour donner son téléphone. Et on redoute d’avance ses prises de position. « Ce n’est pas le signe de modernité et l’image du Front de gauche que l’on veut donner », dit un de ses collègues du groupe. Car, si M. Carvalho a suivi ses camarades, en s’abstenant comme eux dans le vote de confiance au gouvernement, il n’en sera pas toujours ainsi. Il a promis, par exemple, pendant sa campagne, de combattre le droit de vote des étrangers aux élections municipales si ce texte arrive un jour devant l’Assemblée.

     

    Pour expliquer son choix, il accuse un lobby des « associations musulmanes », avant d’enchaîner sur « les dames qui ont des foulards sur la tête et qui ne parlent pas français ». « Ce sont ces gens qu’on veut faire voter ? Pour moi, l’intégration ne se fait pas par le vote, mais en parlant la langue et en participant à la vie collective », soutient-il.

     

    Autre sujet qui risque de s’avérer délicat : le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels. « Avec le pacs, ces gens sont protégés, avance-t-il. Un mariage, c’est entre un homme et une femme. » Et pour ceux qui en douteraient encore, Patrice Carvalho enfonce le clou : « Je ne serai pas un député godillot. »

     

    Raphaëlle Besse Desmoulières

    Le Monde, le 12 juillet 2012.

     


     Commentaires :


    Les propos de Patrice Carvalho, que ce soit sur le mariage gay comme sur le droit de vote des immigrés, posent des questions dont la réponse n’est pas si évidente ; en tous cas, son point de vue invite au débat. Pourtant, ce n’est pas l’avis de Ian Brossat qui paraît-il serait président du groupe communiste au Conseil de Paris, et qui réagit, à la manière démesurée d’un chefaillon : « Ces propos sont honteux, tant sur l’ouverture du mariage que sur le droit de vote des étrangers. Ils sont en contradiction profonde avec les valeurs fondamentales du Front de Gauche. C’est lamentable et il faut une expression très claire des parlementaires communistes et FdG lors des débats. Je ne doute pas que nos élu-e-s, je pense en particulier à Marie-George Buffet, seront aux avants postes pour défendre nos convictions et notre engagement sur ces questions ».

     

    Je ne doute pas, moi non plus, que MG Buffet, comme elle l’a toujours fait, sera à la pointe du combat contre les moulins à vent, mais à quelles valeurs fondamentales ce « paltoquet », comme aurait dit G. Marchais, fait-il allusion ? Comme je ne connais pas les valeurs fondamentales du Front de gauche (si quelqu’un les connait, qu’il me fasse signe), je suis obligé de me tourner vers celles du communisme auquel il prétend se rattacher. Or l’objectif fondamental du communisme, à ce que je sache, n’a pas changé ; il est de mettre fin à la dictature de la bourgeoisie capitaliste ou dit autrement à l’exploitation de l’homme par l’homme.

     

    Questions : en quoi le mariage homosexuel va-t-il contribué à mettre fin à l’exploitation capitaliste ? Et en quoi se couler dans le moule de cette institution bourgeoise contribuera à rendre la vie plus facile aux homosexuels, qui bénéficient du PACS par ailleurs ? Le mariage homosexuel est un problème sociétal qui doit être réglé par le débat et non par les invectives. Et ce débat n’a rien à voir avec de soi-disant « tables de la loi » ou valeurs fondamentales. Une telle attitude relève de l’autoritarisme et du sectarisme digne d’un dogmatisme révolu. Je n’irais pas jusqu’à brandir le spectre de Staline que beaucoup utilisent à tort et à travers pour rejeter l’histoire du mouvement communiste... quoique...

     

    Il en va de même pour le sujet du vote des étrangers. Là, on touche à la nation et la patrie, que Marx et Lénine ont toujours respectée et analysée comme étant une réalité incontournable et à respecter pour qui veut combattre efficacement le système capitaliste. Proposer le droit de vote des étrangers mérite réflexion, analyse et débats. Il est vrai que le PCF a proposé depuis longtemps le vote des travailleurs immigrés aux élections municipales. C’était un autre temps. N’y aurait-il pas besoin de relancer le débat sur une telle position ?

     

    Le contexte de l’époque n’a-t-il pas changé avec l’évolution de la religion musulmane sous une influence grandissante de l’intégrisme et du communautarisme ?

     

    Ne doit-on pas tenir compte de cette « pourriture médiévale » comme l’appelait Lénine en son temps ?

     

    Toutes ces questions ne peuvent être résolues par des invectives. Est-ce de cette manière que la direction du PCF entend traiter les contradictions au sein du PCF ? Il semblerait qu’elle ne sache hélas faire autrement...

     

    A propos de Patrice Carvalho, un député du groupe prétend que « Ce n’est pas le signe de modernité et l’image du Front de gauche que l’on veut donner ».

     

    Mais de quelle modernité et image s’agit-il ? Du sociétal et du réformisme en lieu et place du communisme ?

     

    Pascal Brula

    URL article : http://lepcf.fr/Patrice-Carvalho-un-depute


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  • Pourquoi la direction du PCF s’est-elle couverte de ridicule ?... bien que le ridicule ne tue pas

    dimanche 1er juillet 2012
    par  Pascal Brula  sur lepcf.fr

     

    Intervention de Pascal Brula à la tribune de discussion des rencontres 2012 de Marseille.

    Cette attitude pose des questions de fond à tous les communistes bien au-delà du seul PCF et de cette question ridicule posée aux adhérents.

    De quel ridicule je parle ? Mais tout simplement de la pseudo-concertation des adhérents sur le fait de participer ou non au gouvernement. Passons outre le fait que le PCF n’y avait même pas été invité, voire même tout au contraire, puisque le PS avait fait passer le message qu’il profiterait à plein du système de scrutin, afin que ceux qui participeraient au gouvernement "fermeraient leur gueule" ou n’y viendraient pas. Le ridicule de la situation pourrait en effet commencer là : comment dire non à des gens qui ne vous ont même pas invité… J’ai bien cherché une attitude pince-sans-rire de la part de Pierre Laurent mais ce n’était pas très convaincant. Finalement, le plus clownesque aura été le Bob national [1] qui sans complexe se voyait déjà assis sur son strapontin alors que son téléphone n’a apparemment même pas sonné.

    Non, le vrai problème, c’est que la question de la participation au gouvernement ait été posée par de soi-disant dirigeants communistes. Comment oser soumettre cette question alors que tout communiste bien campé sur ses fondamentaux sait parfaitement ce qui va se passer et ce que le PS et sa cour servile vont nous concocter. Je ne parle même pas du coup de pouce microscopique du SMIC, de l’ordre de grandeur des nanoparticules [2], mais plutôt de la comédie que nous a joué Hollande avec sa soi-disant renégociation du dernier traité en date de l’UE, le TSCG. Au bout de la nuit, il a entériné ce traité en nous révélant que si son amendement sur la croissance n’était pas encore retenu, il était sur la bonne voie.

    La révolution conservatrice des années Mitterrand-PS

    Mais revenons quelques années en arrière. Car les années passent et la direction actuelle du PCF a définitivement jeté une chape de plomb sur l’histoire avec un grand H, en tous cas sur celle qui dessert ses objectifs de liquider le parti communiste et ce qui va avec. Ce qui fait que les années que nous venons de vivre, programme commun, années Mitterrand, révolution conservatrice, évolution du capitalisme, assujettissement à la dictature du capital par U.E. interposée, défaite de l’URSS, participation à un gouvernement de collaboration de classe (Jospin), etc… ne feront jamais l’objet d’une analyse sérieuse officielle de la part de l’intellectuel collectif qu’est sensé représenter le PCF ; cette analyse se pose en tous cas pour un mouvement communiste réel. Alors, on est bien obligé d’aller à la pêche, par ci, par là. Et il arrive de sortir un gros poisson comme le bouquin de Rémy Herrera, "Un autre capitalisme n’est pas possible", qui, entre autres, nous offre une sérieuse analyse économique des années Mitterrand-PS.

    L’auteur démontre que ce sont les "socialistes" qui ont pris l’initiative de "moderniser" le système de financement en général, et la gestion de la dette publique en particulier telle qu’on la connaît aujourd’hui : « Le moteur du développement des marchés financiers a été l’Etat – un Etat dirigiste à la française, et de surcroît dirigé par des socialistes ». Il faut noter que l’encours des emprunts à plus d’un an a atteint 451 milliards de francs fin 1983 contre 123 fin 1980. La dette de l’Etat, enfermée dans les règles du capitalisme acceptées par le PS, est passée de 15,9% du PIB en 1980 à 22,3% en 1983 (les intérêts représentant 4,8% du budget en 1980 et 8,7% en 1983). Parallèlement, avec la rigueur, avec le blocage des salaires et la déflation, la part des salaires dans la valeur ajoutée passa de 58,5% en 1982, à 58,1% en 1983, puis 56,9% en 1984, et enfin 53,5% en 1986. Et le chômage explosa (10,5% en 1985)… Rémy Herrera résume l’affaire de cette manière : « Le gouvernement socialiste réalisait ainsi ce que la droite n’avait pas pu faire et dont elle rêvait depuis des lustres : endiguer durablement l’inflation et rétablir les profits, en bloquant les salaires (1982), en brisant leur indexation ex ante sur les prix (1983) et en rompant les anticipations (1984) ». L’originalité française par rapport aux Etats-Unis avec Ronald Reagan et la Grande-Bretagne avec Margaret Thatcher, est que la révolution conservatrice, c’est-à-dire le tour de vis de la surexploitation capitaliste de la fin du XXème siècle, a débuté et été mis en œuvre par des hommes politiques qui se réclament du socialisme ! Selon l’auteur, « l’Etat n’était pas intervenu de façon autoritaire dans la formation des prix et des salaires depuis plus d’un quart de siècle. Seul le PS pouvait utiliser à plein le dirigisme étatique pour imposer une telle rigueur aux travailleurs, grisés par la victoire. Il accomplissait le rêve du patronat : bloquer et désindexer les salaires, et par là consolider la désinflation, en réprimant la consommation ».

    Le PS au service de l’accumulation

    Depuis ces années de régression, de l’eau a coulé sous les ponts et d’autres renoncements et reculs sont venus s’ajouter à cette reprise en main de la société française par le capitalisme. Alternativement, la droite et la gauche au pouvoir en France, en se passant le relais, ont porté des coups terribles aux travailleurs et à leurs acquis. Je pense notamment au gouvernement Rocard qui le premier a remis en cause ce que la droite n’avait jamais pu toucher, le financement de la Sécurité sociale par prélèvement sur la plus-value, tel que l’avait mis en place le communiste Ambroise Croizat : Rocard et le PS ont mis le doigt dans l’engrenage d’une taxe directement perçue sur les salaires, la CSG. Depuis, même la "gauche de la gauche" s’y est mise en proposant de financer la Sécu par une taxe sur les transactions financières (cf. "L’Humain d’abord"), au grand plaisir de la patronne du Medef, Laurence Parisot. Mais en prenant du recul, en revenant aux fondamentaux, on se rend compte que depuis 1981, c’est à une organisation nouvelle du capitalisme à laquelle ont pris part non seulement la droite, mais aussi et surtout le PS. Qu’est-ce qui, selon Marx, est fondamental pour le capitalisme, en est le moteur ? C’est l’accumulation du capital ! Et aujourd’hui, la crise que nous vivons est une crise de suraccumulation, et non une crise financière qui n’est, en fait, que la partie visible de l’iceberg. Et qu’est-ce qui a permis cette suraccumulation sinon la formidable évolution de cet outil qu’est la finance au service du capitalisme, évolution patiemment organisée par les différents gouvernements capitalistes à l’échelle mondiale. Tous les obstacles financiers à l’accumulation capitaliste ont été levés dans la deuxième moitié du XXème siècle. En France, le PS n’a pas donné sa part au chien : acte unique européen, libre circulation des capitaux, traité de Maastricht avec la mise en route de l’euro, privatisation des dernières banques sous le gouvernement Jospin, etc… Cerise sur le gâteau, c’est aux "socialistes" français que l’on a confié les rênes de la gestion de l’ordre mondial du capital (de l’OMC au FMI).

    Sous des airs de "flamby", la dictature

    Finalement, chaque fois que le PS a eu le pouvoir en France, généralement sans partage, des digues ont sauté, les acquis ont reculé, le capitalisme a fait des avancées sans précédent et s’est épanoui, la surexploitation a explosé. Alors aujourd’hui, qu’est-ce qui pourrait changer par rapport à ce passé, pour que le PCF puisse considérer pouvoir participer au gouvernement ? Certes, il y a eu l’épisode Chirac-Raffarin-Sarkozy qui a accéléré les reculs de notre société avec un autoritarisme qui pourrait faire passer les gens du PS pour des "flambys" inoffensifs et doucereux. Mais le PS ne montre aucun signe de changement par rapport au gouvernement précédent. Dans la continuité, Hollande vient d’accepter le nouveau traité européen, le TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance), chargé d’imposer le diktat de la "règle d’or" en matière budgétaire, les trois mots sur la croissance qu’il pourrait faire ajouter n’y changeront rien. Que nous dit ce traité ? Il impose le quasi-équilibre des finances publiques de tous les pays de la zone euro sans tenir aucun compte de leurs particularités ni historiques, ni conjoncturelles, ni de niveau économique. La conséquence est que les nations et les peuples n’ont plus aucune marge de manœuvre, hormis celle d’obéir. Tout pays qui sortira des clous fixés par le traité fera l’objet de sanctions. C’est la dictature soft du capitalisme. Car avec un euro fort entraînant automatiquement des dettes pléthoriques, la seule marge de manœuvre est la baisse des salaires, des retraites et des prestations sociales. Avant la deuxième guerre mondiale, le patronat français était en admiration devant Hitler qui avait su régler le problème des salaires de manière autoritaire ; il avait alors lancé son fameux cri « plutôt Hitler que le Front populaire ! ». Aujourd’hui, masqué derrière une image de poupon bien nourri, le capitalisme français espère régler le problème d’une manière institutionnelle, grâce à l’outil qu’il s’est donné pour écraser les peuples : l’Union européenne. Tout ne serait plus qu’une affaire de mathématiques ; Laurence Parisot interviewée dernièrement disait que l’augmentation des salaires ne pouvait excéder l’inflation sous réserve de catastrophe et que c’était mathématique. Le TSCG instaure l’interdiction que le déficit structurel dépasse 0,5% du PIB et que la dette publique soit supérieure à 60% du PIB : c’est mathématique, vous dis-je ! C’est une condamnation à l’austérité perpétuelle…

    Comprendre le capitalisme, réhabiliter le socialisme

    Ainsi, le mouvement communiste français, confronté à une situation complexe sur le plan politique, a l’obligation de répondre à ces régressions sociales sans précédent depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, attaques, qui plus est, désormais manigancées par le PS au(x) pouvoir(s). La situation est complexe, car les communistes sont éparpillés, beaucoup pensent avoir raison seuls dans leur coin et le gauchisme guette chaque groupuscule, alors que la direction du parti dont nous sommes pour la plupart issus, revendique sa place dans la majorité actuelle, voire même, ose interroger ses adhérents sur une participation au gouvernement PS. Et les formes de la contestation de l’ordre existant prennent souvent des aspects réactionnaires portés par des couches sociales en perte de repères ; car le capitalisme n’a pas à l’heure actuelle d’adversaire à sa mesure. Mais il n’y a pas que l’aspect organisationnel qui est en cause. Se pose de manière urgente le problème des fondations idéologiques d’une maison communiste à reconstruire, même si le marxisme-léninisme doit en constituer le socle de base. Pour moi, les questions à résoudre sont les suivantes :

    - analyse concrète de la situation concrète : nous devons produire collectivement une analyse de l’évolution du capitalisme et de son expression impérialiste actuelle. Nous devons comprendre comment fonctionne aujourd’hui le capitalisme pour pouvoir le combattre efficacement. Cette compréhension manque cruellement et participe à l’absence de repères sérieux. Cela implique forcément de revenir aussi sur les évènements du passé…

    - une des premières questions qui en découle est de situer correctement la construction de l’Union européenne, historiquement, économiquement et politiquement dans l’évolution du capitalisme. A quoi leur sert cette construction ? Pourquoi détruisent-ils systématiquement les nations et particulièrement la nation française et pourquoi défendent-ils coûte que coûte l’euro ? L’enfermement dans l’austérité éternelle relèverait-elle d’une vision absurde et bornée comme le sous-entendent certains penseurs de la "gauche de la gauche" ou d’une logique implacable ?

    - autre question à résoudre, directement liée à l’analyse du capitalisme, c’est l’importance de ces fameux marchés financiers qui auraient soi-disant pris la place de l’exploitation capitaliste et qui exerceraient une dictature insupportable. Désormais, d’après toujours les mêmes penseurs, ce serait la clef de tous nos problèmes. Je pense personnellement qu’il faut régler son compte à cette vision étriquée, la finance n’étant qu’un outil de toujours au service du capitalisme.

    - enfin, reste la question de nos objectifs : ne s’agirait-il que de faire gagner la "gauche" ? d’être seulement anticapitaliste ? ou de remettre en selle le seul objectif qui vaille, le socialisme, tout en définissant rationnellement ce que l’on peut y mettre dedans et dans quel cadre il est possible de le construire ?

    Faire revivre le mouvement communiste français constitue une étape indispensable, mais qui nécessite d’avoir la volonté de s’atteler à des travaux collectifs importants, autant intellectuels que pratiques. L’ampleur de la tâche n’est pas anodine. Cela rend d’autant plus dérisoire de répondre à la question posée par la direction du PCF…

    Pascal Brula, PCF Lyon

     

    [1] Rappelons toutefois que Robert Hue n’est plus membre du PCF même si la direction lui a généreusement livré sur un plateau un poste de sénateur.

    [2] Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, a défendu mardi 26 juin sur Europe 1 la généreuse augmentation du SMIC : "Quand on est à 10 euros près pour finir le mois, 21 euros, ce n’est pas mal".


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  • Audit de la Cour des comptes : la réaction du PCF

    Rivé sur l'objectif et la réduction du déficit public du pays à 3% fin 2013, le rapport d'audit de la Cour des comptes prône la réduction des dépenses publiques et sociales et une hausse d'impôts, au nom de « la crédibilité vis-à-vis de ses partenaires européens comme de ses créanciers ». Une philosophie déjà intégrée dans l'esprit de la loi de finances rectificative de l'été 2012 et surtout dans la lettre de cadrage du PLF 2013 du gouvernement qui a maintenu le gel des dépenses de l’État.

     

    En revanche, invoquant un manque de recettes de 6 à 10 milliards d'euros pour 2012 et de l'ordre de 33 milliards d'euros pour 2013, la Cour précise la nature des efforts demandés. Si la réduction des dépenses de sécurité sociale et la stabilisation de la masse salariale de la fonction publique restent préconisées, elle convoque clairement cette fois « le recours à des impôts à assiette large et fort rendement comme la TVA et la CSG » pour faire face à l'ampleur de la consolidation budgétaire. Autant dire que les propos de la Cour des comptes seront largement utilisés pour justifier des hausses d'impôts pour les ménages français.

     

    En refusant l'utilisation de la création monétaire par la BCE comme le demandent le PCF et ses partenaires du Front de gauche, et en passant sous silence les 172 milliards d'euros de niches fiscales et sociales accordées aux entreprises depuis des années, le rapport de la Cour des comptes sous-entend qu'il n'y a pas d'alternative à l'austérité. Il ment par omission. Une contradiction de plus avec les termes mêmes du discours de campagne de François Hollande. L'argument de la non perspective de croissance ne peut pas être le prétexte à une prétendue rigueur de gauche.


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  • Tribune de discussion

     

    PCF, répondons-nous aux attentes populaires ? J’aurais tendance à considérer que c’est très loin d’être le cas. En effet une majorité d’ouvriers et d’employés sont dans une attitude de rejet vis-à-vis de l’Europe et de l’Euro. Prenons-nous en compte cette attente ? NON. Non seulement nous n’y répondons pas, mais nous pouvons même affirmer que nous sommes plutôt dans une attitude de refus de répondre à cette attente.

    La nation reste et restera pour longtemps le cadre référent de l’exercice démocratique. L’espace que les femmes et les hommes connaissent, appréhendent, où ils plongent leurs racines, leur être le plus profond. Ignorer cela, c’est se condamné aux pires déboires. La nation reste l’enjeu politique de l’affrontement de classe, là où se pose la question de la direction de l’état, là où le peuple organisé doit construire son hégémonie contre la dictature de la bourgeoisie. La question de la reconquête de la souveraineté nationale et populaire dans toutes ses dimensions est un élément central du combat de classe.

    Devons-nous faire comme si ce rejet n’existait pas ?

    Que répondons-nous aux salariés qui voient leur entreprise se délocaliser sous d’autres cieux, dans des pays à bas coût, fussent-ils en Europe, comme les FRALIB avec la Pologne. JLM malgré sa visite n’a absolument pas répondu à leurs attentes. (De ce point de vue JLM avec sa proposition de protection aux frontières de l’Europe est à côté de la plaque. L’essentiel des problèmes que nous avons à affronter n’ont pas pour source nos échanges avec la Chine, extra communautaire, mais viennent des déséquilibres des échanges INTRA EUROPEENS et des excédents allemands, basé sur le dumping social)

    Proposer une politique de coopération internationale comme alternative à la concurrence libre et non faussée et à ses diverses tentatives de régulation, suppose une nation qui puisse coopérer en connaissant ses intérêts pour décider politiquement de ce qui est mutuellement avantageux !

    Dans un monde soumis aux tempêtes de la crise d’un système est-il responsable de continuer de naviguer tous hublots ouverts, au risque de couler ?

    Et pourquoi glisser sous le tapis ce qui dérange. Dénoncer le traité de Lisbonne, œuvre de N. SARKOSY certes. Mais en faisant l’impasse sur le traité de Maastricht œuvre de Mitterrand (idole de JLM) mais qui porte lui, création de l’Euro et de la BCE. On peut toujours regretter de l’avoir voté, mais que valent ces regrets ? Rien. Si l’on ne remet pas en cause le traité de Maastricht et ce qui va avec, c’est à dire l’Euro et la BCE.

    Dans les débats qui nous traversent, sur les questions de l’Europe, de l’Euro et de la BCE, tous les coups sont-ils permis ?

    Ne faut-il pas sortir de la confusion entretenue entre monnaie commune et monnaie unique, n’avons-nous pas besoin de clarté ? Chaque fois que la question est posée, c’est « escape ».

    Premier argument qui nous est opposé : Lorsque l’un d’entre nous (économiste, il se reconnaitra), mais pas que lui, met en avant l’existence de la monnaie « Sucre » pour justifier l’Euro, joue-t-il franc jeu, j’en doute. Décidément l’économie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls économistes

    En effet le « Sucre » et l’« Euro » sont de nature totalement différente. Le « Sucre » est une monnaie commune, réglant les échanges au sein de l’ALBA, sur la base de projets économiques communs et qui gère collectivement une partie des réserves de change des différents pays. Les différentes monnaies nationales continuant leur existence. L’« Euro » est une monnaie unique s’imposant à tous. De fait, l’Euro n’est rien d’autre que le Mark, c’est-à-dire une monnaie faite sur mesure adaptée aux réalités de l’économie allemande, mais en fait inadaptée aux réalités des autres économies européennes.

    Si l’Euro était une monnaie commune, le débat changerait de nature et mériterait qu’on s’y arrête.

    Donc l’argument « Sucre » est irrecevable, il faudra trouver autres choses.

    Deuxième argument qui nous est opposé : L’Euro, c’est bien, voyez la Chine le défend !!

    A une époque des politiques des USA déclaraient « Ce qui est bon pour la Général Motors, est bon pour l’Amérique ». Ce qui donne aujourd’hui, « Ce qui est bon pour la Chine est bon pour l’Euro, donc pour la France !!! »

    L’attitude de la Chine est tout à fait compréhensible, aux regards de ses intérêts nationaux. Effrayée qu’elle est d’avoir dans ses réserves plus de 4 000 milliards de $. D’où la recherche d’autres réserves de change, mais aussi l’achat massif d’or. En effet ces 4 000 milliards de $ peuvent se transformer rapidement en monnaie de singe.

    Ce qui est bon pour la Chine ne l’est pas forcément pour nous.

    Troisième argument qui nous est opposé : Marine Le Pen est contre l’Euro, donc nous devons être pour !!! Avec un tel postulat absurde, nous aurons dû nous aussi voter OUI au traité européen en 2005 sous prétexte que le FN était pour le NON !!!

    Ce que ressent le monde du travail, le peuple dans le rejet de l’Union Européenne et de l’Euro, c’est non seulement le constat que l’Euro est l’outil d’une guerre sociale contre les peuples, mais aussi que la bataille pour les salaires et l’emploi, pour les services publics, suppose des processus de rupture avec le capitalisme que ne permettent pas les règles européennes Si Marine Le Pen a une telle place, c’est bien pour détourner la colère contre l’Euro de la colère contre le capitalisme !

    Ne sommes-nous pas les premiers responsables de la montée du FN ?

    Nous avons abandonné le terrain de la défense de la Nation, de l’action pour la souveraineté (monétaire, mais pas seulement), la nature ayant horreur du vide, nous avons offert au FN un espace inespéré. Lutter contre le FN exige de NOTRE part de réoccuper l’espace que NOUS avons laissé ainsi à découvert. OUI nous sommes les premiers responsables de cette montée du FN !

    Quatrième argument qui nous est opposé : La démarche conduit certains, et la direction du PCF, dans une défense acharnée de l’Euro, de la BCE et de l’Europe, en verrouillant tous débats organisés sur ces questions dans nos rangs. Ils doivent considérer que ce sont des affaires trop sérieuses pour être soumis aux débats, à l’appréciation des adhérents.

    Ne sommes-nous pas nous aussi dans la république des « experts » ?

    J’ai tendance à considérer ces attitudes, comme autant de postulats technocratiques, très loin de toutes réflexions politiques. Devons-nous laisser sur le bord de la route, ceux qui ne veulent pas de cette Europe, instrument de domination des « marchés financiers » autrement dit du « Capital », en les abandonnant aux mains du FN ? Pourquoi cet acharnement à vouloir défendre à tout prix, et même à n’importe quel prix l’Euro et la BCE ?

    N’est-il pas, pour une part, le reflet d’un renoncement à changer les désordres sociaux existants ?

    En fait le positionnement sur ces questions, n’est-il pas la ligne de partage qui sépare ceux qui pensent le système capitaliste indépassable de ceux qui ne renoncent pas à son dépassement vers le socialisme ?

    Si certains pensent le système capitaliste indépassable, qu’ils le disent et l’assument. C’est une opinion respectable et qui doit être respectée.

    Cinquième argument : L’Europe est-elle une réalité économique homogène autorisant une « camisole de force » unique ? Evidemment, NON

    L’Allemagne à des excédents commerciaux supérieurs à 6% de son PIB sur ses « partenaires » européens. La Chine avec 4% d’excédent soulève immédiatement une levée de bouclier pour fustiger le taux de change du yuan. Mais là, pour l’Allemagne, c’est silence radio. Oubliant au passage que les excédents des UNS ne sont que le reflet des déficits des AUTRES. La maitrise de monnaies nationales permettait de procéder aux ajustements nécessaires, prenant en compte l’hétérogénéité des différentes économies. Faute de quoi, nous sommes condamnés à mettre en œuvre les remèdes préconisés par Paul Krugman.

    « Les variations du cours des devises induites par les déséquilibres des balances des paiements et les mouvements de capitaux, permettent en temps normal de rééquilibrer les échanges internationaux. L’Europe, en créant l’euro, s’est privée d’un tel mécanisme. Faute de pouvoir dévaluer, la « solution » préconisée aujourd’hui par l’Europe et le FMI consiste à baisser le coût des exportations en réduisant les salaires, les dépenses sociales, les services publics. » C’est ce qui s’applique aujourd’hui en Grèce, avec le succès que l’on sait par les camarades de F. Hollande.

    Est-ce cela que nous voulons ? Et c’est ce que Hollande nous applique aujourd’hui, Sommes-nous assez naïf pour croire que F. Hollande et le PS reviendrons sur les démolitions entreprises par SARKO ???

    Salaires, retraites réduit de plus de 40%, services publics démantelés. Mères de famille abandonnant leurs enfants, incapables qu’elles sont de les assumer. Les grecques qui parcourent les forêts pour abattre du bois pour se chauffer. En fait une Grèce qui replonge dans le moyen-âge. Un prof d’université qui doit se contenter de 450 € par mois. Et pendant ce temps les milliards d’Euros des privilégiés quittent la Grèce pour d’autres cieux qui leur seront plus clément. (Oui ceux qui ne veulent pas partager)

    Est-ce cela que nous voulons ?

    Qu’est-ce que cette absurdité « un meilleur partage des richesses », le degré zéro de l’intelligence ?

    Alors que précisément l’adversaire de classe nous signifie depuis plus de 10 ans que le partage des richesses, « C’EST TERMINE ». Il faut être sourd pour ne pas l’entendre.

    L’issue étant à rechercher dans l’appropriation des richesses créées par la communauté des salariés.

    Jamais le capital n’a accepté d’autre partage que ce qui lui est arraché par l’organisation (syndicale et politique) et par l’action des victimes de ses prédations.

    Depuis 12 ans le mouvement social se bat en reculant. Les syndicats ne discutent plus des revendications des salariés, de leur défense. En Espagne, en Grèce, au Portugal, mais aussi chez nous, les syndicats en sont réduits à négocier la réduction des salaires, des congés, de la couverture sociale, etc.... (C’est comme cela que le capital conçoit le partage). Sous la menace continuelle de délocalisation, nouvelle forme de la violence de classe.

    La CES, mais aussi le PGE sont devenus autant de vecteurs de soumission du monde du travail aux impératifs du capital par leur intégration à l’ensemble des dispositifs de domination du capital.
    S’accrocher à la BCE et à l’Euro, pour qui ? Pour quoi ?

    Faut-il encore s’accrocher coute que coute au mythe sans cesse remis au lendemain d’une possible Europe sociale ???

    Sortir, avant d’être broyés, comme les grecs, telle est la question ?

    S’accrocher à l’€uro, et refuser la sortie de cette monstruosité, c’est être tenu pour responsable de la catastrophe qui s’annonce. S’accrocher à l’€uro, c’est pratiquer qu’on le veuille ou non, la fuite en avant vers une Europe fédérale liquidatrice des états nations, et des droits des travailleurs.

    S’accrocher à l’€uro, c’est accepter que la seule variable d’ajustement possible soit à chercher dans la diminution des salaires, prestations, pensions et le démantèlement des services publics.

    S’accrocher à l’€uro, c’est refuser les ruptures nécessaires avec le capitalisme. C’est s’accommoder du désordre social actuel, c’est le gérer. A ce jeu le PS est meilleur que nous, nous ne servons donc plus à rien. C’est préparer un congrès de Tours à l’envers. C’est se dérober à nos responsabilités d’outil de la transformation sociale. C’est en dernière analyse être complice des politiques d’austérité en cours et à venir. C’est accepter qu’Athènes brûle.

    Nous sommes face à la nécessité d’une rupture avec ces outils non réformables, la nation comme terrain essentiel de la lutte des classes et la question de la reconquête de la souveraineté nationale et populaire

    La sortie de la crise suppose, exige que la nation retrouve tous les attributs de sa souveraineté. Le sort du peuple français, c’est à Paris qu’il doit se décider, et NON à Bruxelles. Que le PCF substitut à la lutte des places actuelles, une analyse de la société retrouvant ses fondements de classe. La forme parti est-elle dépassé ? Dans tous les cas celle en cours est obsolète, elle n’est faite que de verticalité, avec des ascenseurs qui ne fonctionnent que dans le sens de la descente. Basé sur une conception sommitale du rassemblement où nous sommes invités à faire acte l’allégeance autour du tribun. L’adhérent est simplement invité à jouer la claque, à mettre en œuvre des Kits prêt à l’emploi.

    Ce positionnement du PCF obéit-il à une démarche de principe fondée sur un projet, une éthique ? Ou est-il simplement destiné à ne pas froisser le partenaire potentiel (le PS).

    Sommes-nous obligés de suivre dans ses dérives un PS, qui a fait une croix sur les classes populaires ? Et qui sans hésitation réserve aux classes populaires le sort des grecs.

    A rester sans arrêt le nez fixé sur le seul horizon électoral, on finit par perdre de vue l’essentiel, à savoir, à quoi, à qui sommes-nous utiles ? Front de gauche, Izquierda (Espagne), Bloc de gauche (Portugal), Die Linke (RFA), Syriza (Grèce), PGE autant de déclinaisons d’une même démarche de soumission et de refus de remettre en cause les dogmes européens. Autant d’outils d’intégration à la stratégie du capital, des « marchés financiers », rejoignant en cela la social-démocratie. Qui de ce fait ne peuvent jouer de rôle, faute de ne pas être en état d’indépendance.

    Les « couches moyennes » prochaines victimes ne continueront pas très longtemps à bénéficier des produits technologiques à bas coût venant de Chine ou d’ailleurs. Elles sont prisonnières du faux sentiment d’être les heureuses bénéficiaires de cette Europe-là, insensibles qu’elles sont aux souffrances des autres, enfermées dans leurs égoïsmes étroits. Est-il possible d’avoir très longtemps, d’un côté des sociétés qui seraient vouées à la production et penser qu’ici nous allons simplement consommer ce qui est produit ailleurs ? Ne voit-elle pas qu’elles sont les prochaines victimes toutes désignées ? Ne sont-elles pas dans ce que Pierre Bourdieu appelait « La servitude volontaire » ?

    Deux citations :

    Henri Lefèbvre : « Ceux qui pensent arrêter leur regard sur l’horizon et se bornent à regarder ce qu’on voit, ceux qui revendiquent le pragmatisme et de faire seulement avec ce qu’on a, n’ont aucune chance de changer le monde... L’utopie, c’est ce qu’il y a au-delà de l’horizon ».

    Lucien Sève (dialogue avec les auteurs du livre « Les vérités du matin », regard croisé sur un engagement.) : « …. Mais franchement, franchement, comment concevoir que ceux et celles qui siègent à Fabien soient à ce point au-dessous de la tâche cardinale que nous impose la véhémence de l’histoire ? J’en suis malade. Si vous y pouvez quelque chose… ».

    http://rougemidi.fr/


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  • Intervention d’Yves DIMICOLI

     

    Après l'importante séquence électorale que nous venons de vivre, nous avons à mettre en œuvre notre démarche stratégique, celle du Front de gauche, dans un contexte qui s'annonce très chahuté.

     

    L'explosion des difficultés en zone euro ravage l'Europe du sud et ébranle le couple franco-allemand.

     

    Cette région est écrasée par le diktat de Merkel, la BCE, les marchés financiers et les politiques d'austérité. Elle inquiète le monde entier. Sa fragilité révèle au grand jour l'impasse de la construction actuelle et des plans censés la sauver.

     

    « Rester dans l'euro, mais sans l'austérité », c'est sur ce message que Siriza a failli gagner en Grèce dimanche dernier. Entendre cet appel exige d'œuvrer à promouvoir une autre utilisation de l'euro et de la BCE. Et la France peut peser énormément en ce sens face à l'Allemagne. C'est dire sa responsabilité!

     

    Cependant, Hollande a appelé les Grecs à voter pour la droite, prêtant main forte au chantage des créanciers. Et en France, il a commencé à reculer, face aux pressions, demeurant tendu vers l'objectif, fixé par Sarkozy, d'un déficit public à 3% du PIB en 2013 et 0% en 2017.

     

    Pour respecter cette feuille de route, c'est au nom même du « redressement de la France » qu'il prépare un tour de vis!

     

    Pourtant, il a été élu, certes pour en finir avec Sarkozy, mais aussi parce qu'il a critiqué l'insuffisance de croissance et l'austérité,  parce qu'il a dit vouloir « renégocier » le pacte Merkozy, réorienter la BCE, couper les banques de la spéculation, redresser notre industrie. Sous notre pression, il s'est dit opposé aux « licenciements boursiers » et prêt à « un coup de pouce au SMIC ».

     

    Cette contradiction entre des promesses qui l'ont fait élire et le maintien d'un cap en matière de moyens qui les nie nous ouvrent la possibilité et nous placent devant la nécessité d'intervenir pour que les attentes des Français ne soient pas trahies, ce qui déboucherait sur le retour d'une droite extrémiste.

     

    Dans les conditions actuelles, on ne saurait - c'est évident - participer au gouvernement. Mais cela ne doit pas signifier qu'il s'agit de rompre avec notre vocation à gouverner, au profit d'un comportement d'opposition irresponsable, déconnecté du besoin de réussite des électeurs de gauche et des salariés.

     

    Ne croyons pas que notre non-participation va rendre notre tache plus facile. Le risque de marginalisation existe parce qu'il y a un risque d'illisibilité de notre utilité au regard des besoins impérieux de changements immédiats et à moyen-long terme.

     

    D'ailleurs, l'opposition à des projets gouvernementaux que nous serons amenés à manifester peut engendrer le risque d'une confusion avec la droite, et nous ne le voulons pas.

     

    Mais si nous ne sommes pas avec la droite, nous sommes alors dans la majorité parlementaire, ce qui peut engendrer un risque d'alignement sur le PS, et nous ne le voulons pas non plus.

     

    Il va donc nous falloir déployer une ligne d'autonomie constructive mettant sans cesse en avant des contre-propositions cohérentes, crédibles, clairement en prise sur les exigences sociales et les luttes .

     

    Cela va requérir une grande autonomie d'intervention rassembleuse du PCF œuvrant à une nouvelle phase du Front de gauche.

     

    C'est pour cela-même qu'il faut que nous procédions à une évaluation critique de la façon dont nous avons mis en œuvre, jusqu'ici, la stratégie du Front de gauche.

     

    Je pense qu'il n'y a pas d'alternative à cette stratégie et c'est pour cela-même qu'il est indispensable, en toutes circonstances, d'évaluer et de faire évaluer la façon dont on la met en œuvre, pour progresser et réussir.

     

    Bien sûr, cela peut révéler des différences avec nos partenaires. Et c'est normal, il ne faut pas en avoir peur: Cherche-t-on à élargir le Front de gauche, à lui permettre d'être, avec des propositions cohérentes, opérationnelles, crédibles, liées aux luttes, le vecteur d'un très large rassemblement  populaire et de gauche, afin de réussir à accomplir ce que les français cherchent depuis le 6 mai ? Ou bien veut-on jouer l'échec de cette expérience en prétendant qu'on ne fera jamais bouger le PS et qu'on ramassera les fruits de cet échec au terme d'une bataille « Front contre Front »?

     

    Cette seconde option, peu constructive, a prédominé nationalement dans une campagne des législatives qui a été cruellement privée d'impulsion nationale?

     

    Le message du Front de gauche, loin des cohérences du programme  « L'humain d'abord »,  a été rétréci à un « plan com » anti Le Pen très contreproductif. Et cela, en même temps qu'une critique du PS, inutilement agressive et ne portant pas sur ses contradictions de fond pour valoriser la cohérence, le réalisme et l'utilité de nos propositions, a pu nourrir le vote utile pro-PS, ou l'abstention,  jusque chez nos propres électeurs de la présidentielle.

     

    Avec la conférence sociale, avec les sommets européens, avec le débat budgétaire, avec la réforme bancaire vont s'ouvrir des chantiers de luttes et de propositions qui appellent notre intervention autonome au cœur du Front de gauche, pour le faire progresser et améliorer son efficacité rassembleuse.

     

    C'est dans ces chantiers, ces fronts concrets que l'on devrait chercher à organiser et stimuler l'implication de tous ceux qui voudraient être des acteurs du Front de gauche avec des objectifs et des échéanciers précis, avec nos propositions concises, à enrichir sur le terrain et jusqu'au Parlement, sur la sécurisation de l'emploi et de la formation, sur la réorientation de la BCE, le pôle public financier pour un nouveau crédit, la réforme fiscale, la protection sociale, les services publics, les droits des salariés et usagers, pour réaliser des objectifs sociaux et sociétaux audacieux permettant de réussir.


    Intervention de Nicolas MARCHAND

     

    Trois remarques:

     

    1- Le rapport affirme que « le parti sort renforcé » de la période électorale qui vient de s'achever. La réalité est plus contradictoire que ça! Pourquoi refuser de traiter les contradictions?

     

    Il y a une contradiction entre des gains en voix et la perte de la moitié de nos élus ! Il faut analyser le réel, de façon dialectique, sinon l'analyse et les conclusions seront fausses. Prendre en compte le côté progrès, mais aussi le côté échec. D'autant que, je le rappelle, la promesse d'un progrès conséquent en élus aux législatives avait été présenté comme la contrepartie du choix de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle.

     

    On doit analyser aussi cette particularité qui est peu relevée: c'est la première fois que notre score aux législatives est en recul sur celui des présidentielles !

     

    On ne peut pas tout renvoyer à des causes externes.

     

    Bien sur, il y en a; le facteur institutionnel, la bipolarisation ont joué, et cela appelle une bataille pour la démocratie.

     

    Mais attention: à n'invoquer que des causes externes, on débouche vite sur une conclusion d'impuissance: puisque ça ne vient pas de nous, on n'y peut rien ...


    C'est ce que fait d'ailleurs, dans une interview à Médiapart, le n° 2 du PG, François Delapierre: à la question « Est-ce que cela signifie qu’une dynamique comme celle du Front de gauche est irrémédiablement vouée à l’échec, dans le cadre des institutions de la Ve République ? », il répond: « Oui » !!!

     

    Lutter pour démocratiser la politique et les institutions, pour une 6eme République, oui; mais faire d'un « grand soir » institutionnel le préalable à une perspective, non.

     

    2- C'est pourquoi on ne peut pas dire seulement: « poursuivre et amplifier le Front de gauche ».

    Il faut continuer, c'est sur, d'une part parce qu'il y a des acquis, et aussi parce qu'il n'y a pas d'alternative.

     
    Mais l'expérience, les résultats font apparaître aussi des problèmes. Il faut les analyser pour voir ce qu'il faut changer, réorienter dans la mise en œuvre de la politique de Front de gauche.


    Je prends un fait, vu ce matin sur internet, et qui a sa manière témoigne d'un des problèmes:

    la page politique des infos d'Orange présente, pour illustrer un article sur le groupe parlementaire en cours de constitution, une belle photo d'André Chassaigne et Jean-Luc Mélenchon. Pourtant, dans l'article, pas un mot de Mélenchon, et pas de Mélenchon non plus dans la vidéo, qui est une interview d'André.[1]

    Cette manip médiatique est scandaleuse, mais elle reflète malheureusement un aspect problèmatique de la situation, la tendance, fut-ce malgré nous, à un effacement progressif du PCF, de sa perception comme force politique autonome existante.

     

    Alors n'ayons pas peur, pour l'avenir du Front de gauche, de procéder à une évaluation critique:

     

    - continuer le Front de gauche, avec quelle autonomie réelle du PCF? Alors qu'il y a un risque d'effacement contradictoire à une amplification du Front de gauche (et aussi avec quels autres leaders, notamment communistes: la présidentielle imposait une personnalisation, mais pourquoi laisser perdurer cette situation, maintenant que la présidentielle est terminée).

    - Continuer le Front de gauche, avec quelle ligne politique? alors qu'il y a, au sein du Front de gauche, chez certains de nos partenaires, chez JLMélenchon, une influence gauchiste contradictoire avec l'objectif d'un large rassemblement transformateur de toute la gauche.

    - Continuer le Front de gauche, avec quelles propositions précises, alors que, si JLMélenchon a fait avancer certaines idées dans la campagne , néanmoins nos propositions les plus importantes pour la crédibilité, particulièrement sur les moyens financiers et les pouvoirs des salariés, n'ont pas été suffisamment mises en avant et expliquées.

     

    3- sur la question de la participation au gouvernement

    J'approuve la proposition de ne pas participer; on n'a pas le choix.

    Mais il ne faut pas s'en réjouir, comme peut en donner l'impression ce titre de l'Huma aujourd'hui, à propos de la consultation des communistes: « participer au gouvernement, une idée qui ne fait pas recette »! Le message d'un tel titre, ce n'est pas « on décide de ne pas participer, mais on reste disponibles et on va se battre pour que ca évolue », c'est « rassurez-vous on n'y va pas ».

    J'y vois le témoignage d'une certaine confusion, faute du débat préalable, qui nous aurait permis de faire de cette question, notre volonté de créer les conditions d'une politique à la mise en œuvre de laquelle nous aurions pu participer, un argument électoral.

    Faute de cela, nous avons été dominé pendant toutes les campagnes par l'affirmation structurante de JLMélenchon selon laquelle il ne participerait à aucun autre gouvernement que celui qu'il dirigerait. Je pense que cela a plu aux gauchistes, mais renvoyé beaucoup d'électeurs au vote « utile », dès les présidentielles en fin de campagne, et aux législatives.

    Maintenant, je pense qu'il est bien de ne pas mettre un point final après notre décision de ne pas participer, de dire que nous restons disponibles; mais pour ne pas le dire d'une façon formelle, je propose de préciser que « nous travaillerons à en faire avancer les conditions en liaison avec les luttes ».[2]



     

    [1] http://actu.orange.fr/politique/le-front-de-gauche-va-constituer-un-groupe-a-l-assemblee-avec-des-deputes-d-outre-mer-afp_658668.html

     [2] J'ai présenté cette proposition, comme amendement au projet d'appel. Elle a été refusée par le rapporteur, sans qu'un débat soit possible. Mais j'en ai retrouvé l'esprit dans le discours de Pierre Laurent, précisant notamment à propos des raisons motivant notre décision de ne pas participer au gouvernement: « nous voulons créer les conditions pour que cette situation change...Nous agirons pour changer cette situation...Nous ne considérons pas que la situation soit figée. »


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  • Extrait de l'intervention de Jean Jacques Karman lors du Conseil National du PCF du 18 juin 2012

     

    Lors des deux derniers CN, j’ai entendu des choses étonnantes comme une évolution possible du Parti Socialiste sur la question européenne ou encore ne pas fermer la porte à une entrée dans le gouvernement.


    Aujourd’hui le résultat électoral est là et la situation est sans ambigüité. Le Parti socialiste ne tient pas les engagements qu’il avait pris lors des grandes manifestations pour la retraite à 60 ans pour tous. Il donne son accord pour qu’un ancien ministre de droite représente la France au Bureau International du Travail. Il a la même démarche en Syrie que celle de Sarkozy en Libye. Il demande aussi au peuple grec les mêmes sacrifices. Le rôle impérialiste de l’OTAN est confirmé, le rôle du FMI et de l’OMC, toujours dirigé par un socialiste, ne sont pas remis en cause. Rien non plus sur un arrêt des licenciements, pas plus sur de nécessaires nationalisations de banques et autres…


    Alors aucun doute, le gouvernement n’est qu’un gouvernement social libéral, donc de nature capitaliste, qui va s’enfoncer dans la crise du capitalisme et va demander à la classe ouvrière, au peuple de France des sacrifices pour maintenir le « bon coût du travail » pour les profits capitalistes.


    Dans ces conditions, poser la question de la participation de communistes à ce gouvernement est surréaliste. Comment une direction communiste peut-elle envisager une telle question et demander à des communistes l’éventualité de se renier ? Je propose de dire mercredi que la question ne se pose pas, de développer l’orientation de lutte de classe contre la crise et de réfléchir, plus profondément, à la politique des fronts de gauche.


    En 1958, la vague gaulliste ne nous avait laissé que 10 députés sur 150 sortants. Aujourd’hui, la vague rose est de même nature. Mais très vite, la situation va changer. Par exemple, il y a 2 ans, le Parti Socialiste grec de retour au pouvoir était le grand vainqueur avec 44 % des voix. Aujourd’hui, il a moins que 12 % c'est-à-dire une perte de plus de 70 % de ses voix. Et parallèlement, un Parti Communiste grec et le Parti de la Gauche Radicale sont à plus de 30 %.


    Nous sommes le 18 juin, coïncidence : l’appel que nous allons proposer doit être un appel à la résistance et à l’union contre l’Union Européenne et contre les solutions capitalistes sociales libérales que le Parti Socialiste va mettre en œuvre.


    Ne refaisons pas l’erreur de 1997, où il y a eu tromperie. Cette fois, ce serait la marginalisions totale de notre Parti…


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  • Bonsoir Tertous,

     

    Cha yé – ché résultats sont quéhus.

    Ché gins n’étot pas trop mobilisés mais 30 505 sont quin même venus dins ché bureaux ed vote.

    23 461 ont voté pour nous cha fait 100 % des exprimés.
     

    Té vo jacq ché aussi bin qu’in urss ou à cuba.
     

    À bruille, a ché municipales, ech fais ocore mieux, pour ché communes ed’moins ed’3 500 habitants, y a ein’n moienne ed liste et comme ej su au dsu, cha fait 104-105 pour chint – ché pas mal !

     
    Qui ché qu’y a dit qu’el parti communiste français yé to mort ?
     

    Les gins nous font incore confiance té cro pas jacq ?
     

    En tout cas, nous voici installés sur un siège éjectable pour 5 ans.
     

    En 5 ans, il peut se passer beaucoup de choses, vous l’avez constaté, vécu au cours de la 13ème législature.
     

    Pour la 14ème qui démarrera officiellement dans l’hémicycle le 26 juin, tout doit être mis en œuvre pour reconstruire, répondre aux aspirations des gens.
     

    La crise économique est profonde, plus sérieuse qu’on ne le pense.
     

    Nous l’avons vu au porte-a-porte. je le précise pour les élus – les militants, le porte-a-porte ne doit pas prévu qu’en période électorale ; il doit être régulier, les gens apprécient.
     

    De nombreuses personnes ne viennent pas à nos permanences s’exprimer, elles survivent avec trés peu de ressources.
     

    Une misère noire existe dans certains quartiers, dans certaines régions. Notre pays souffre de la politique du medef menée par la droite.

    Dans le douaisis, on recense 22 000 demandeurs d’emploi, 12 000 dossiers RSA et 7 500 jeunes de 16 à 25 ans qui relèvent de la mission locale.
     

    Avec une majorité de gauche au palais bourbon, la situation doit s’améliorer. Les élus du front de gauche qui arriveront certainement a construire un groupe y veilleront.
     

    Il serait préjudiciable de ne pas disposer d’un groupe. un groupe représente des moyens financiers, des assistants, des locaux, du temps de parole. Moins nombreux certes, ils continueront d’exiger le changement tant attendu.
     

    Ils relaieront au sein de l’assemblée nationale les luttes et les mobilisations qui se développeront pour défendre l’emploi, le pouvoir d’achat, l’école de la république, la santé, la police de proximité, les services publics, la retraite, la sécurité sociale, le logement décent pour tous.

     

    Une autre répartition des richesses est indispensable.
     

    Le smic, les bas salaires, les petites retraites, les minima sociaux doivent être rapidement révisés, d’autant plus que les moyens financiers existent.
     

    Les grandes fortunes se portent bien comme les patrons des entreprises importantes.

    Leurs salaires atteignent 200 000, 300 000, 400 000 € voire plus, ceux de certains sportifs professionnels dépassent 600 000 €.

    Placez votre fiche de paie, votre talon de pension à côté de ces sommes mirobolantes, provocatrices et vous direz, comme nous, qu’on marche sur la tête.
     

    À l’assemblée, nous nous battrons également pour la remise en cause des traités européens et la rupture avec la logique du traité sarkozy merkel et le mécanisme européen de stabilité.
     

    La bce doit prêter directement aux états et non aux banques.
     

    Beaucoup de choses sont à changer.
     
    Nous devrons également mener une réflexion approfondie sur le danger que représente le front national.

     

    Je m’arrêterai là et vous dirai que nous avons pu compter sur vous.

     

    Vous avez été formidables dans la campagne. il faut continuer – on lâche rien – c’est pas fini !
     

    Vous pourrez compter sur nous. nous ferons tout pour ne pas vous décevoir. des ce soir, repartons en campagne.

     

    In a gagné – in é’cotin

    Ché magnifiq – buvons in canon

    Comme diso geo

    Buvons toudit – N’aqatons jamais de terre

     

    Merci encore et bonne soirée.



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  • Le Front de gauche aura son groupe à l'Assemblée

    Les dix députés du Front de gauche devraient être en mesure de créer un groupe à l'Assemblée nationale avec l'aide de cinq de leurs collègues "progressistes ultra-marins".

    "Nous allons pérenniser un groupe de type GDR avec des députés d'outremer qui va nous permettre d'être tout de suite opérationnel. Il y a unanimité des dix députés du Front de gauche sur la constitution d'un groupe à 15 qui sera un groupe du type Gauche démocrate et républicaine (GDR)", a expliqué André Chassaigne (PC). Le député du Puy-de-Dôme réélu dimanche avec plus de 60% des suffrages devrait en assurer la présidence. Il a dit espérer boucler dans la journée la constitution de ce groupe.

    Quinze députés...

    Au début de la dernière législature, en 2007, avait été créé le groupe de la Gauche démocrate et républicaine qui rassemblait 24 élus venant du PCF ou apparentés, des membres du Parti de Gauche, des élus divers gauche d'Outre-mer et les écologistes. Les écologistes avaient décidé de quitter le groupe à l'automne dernier pour rejoindre les non-inscrits.

    Il faut 15 députés pour créer un groupe et dix députés du Front de gauche - neuf communistes et apparentés et un Parti de gauche - ont été élus aux législatives des 10 et 17 juin. Des discussions étaient "avancées" ce mardi après-midi avec des députés "progressistes" de la Réunion, de Martinique et de la Guadeloupe et que l'accord devrait être "finalisé en fin d'après-midi". La députée réunionnaise Huguette Bello (DVG) et le martiniquais Alfred Marie-Jeanne faisaient déjà alliance avec le Front de gauche dans le groupe GDR lors de la précédente législature.

    ... dans le cadre de la majorité

    Soulignant que le futur groupe se considérait "clairement dans le cadre de la majorité de gauche", André Chassaigne a cependant reconnu "ne pas encore savoir" si les députés du Front de gauche voteront le discours de politique générale que prononcera, début juillet, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.
    André Chassaigne, dont la présidence à la tête du groupe devra bien sûr être approuvée par les cinq députés ultra-marins, a expliqué sa volonté de "porter une voix politique forte". "On ne va pas passer notre temps à dégoupiller des grenades pour les jeter dans les jambes des ministres. On a un positionnement de construction, pour faire évoluer dans le bon sens les textes qui vont nous être soumis."


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  • Dans le Nord Pas de Calais, contre le FN, Mélechon perd, Bocquet (et Candellier!) gagne, cherchez l'erreur. Article de l'Huma.

    Dans le Nord, on peut gagner contre le Front National, sur lepcf.fr

    «  l’union du peuple de France pour l’Humain d’abord  »

     

    Il faut tirer les leçons des batailles présidentielles et législatives pour évaluer la stratégie de Front de Gauche choisie majoritairement par les communistes.

    Certains ont choisi le Front de Gauche comme un outil de construction de l’Union du peuple de France, d’autres l’on fait vivre comme une alliance politique de la gauche de la gauche... s’enfermant parfois dans des pratiques politiciennes [1].

    Cet article de l’Humanité est intéressant pour ce qu’il ne dit pas. La campagne de Alain Boquet, campagne de terrain s’adressant à tous les électeurs ne se révèle-t-elle pas plus utile que la bataille médiatique très stigmatisante de Mélenchon à Henin-Beaumont ?

    Et derrière ces styles de campagne, ne faut-il pas poser la question de la stratégie du "paquet", les présidentielles à Mélenchon, les législatives au PCF, dont les résultats sont catastrophiques aux législatives, et revenir à une bataille pour l’union populaire, les alliances électorales n’étant qu’un outil parmi d’autres ?

    Ce sont des questions fortes pour les communistes. A écouter Marie-Georges Buffet tressant des louanges à Mélenchon, on peut craindre que la direction ne referme très vite ce débat...

     


    Arrivé largement en tête du premier tour, le sortant (PCF) Alain Bocquet devrait être réélu sans difficulté face à la candidate du FN arrivée en deuxième position.

    Dans le Nord-Pas-de-Calais, un duel se tiendra bien entre Front de gauche et Front national. Mais c’est dans la 2e circonscription du Nord, autour de Saint-Amand-les-Eaux, qu’il se jouera.

    Pas de suspense dans ce combat  : le sortant, le communiste Alain Bocquet, par ailleurs maire de la principale ville de la circonscription, est arrivé dimanche largement en tête du premier tour avec 46,6 % des suffrages exprimés quand la candidate suivante, la lepéniste Nathalie Betegnies, n’en recueille que 21,7 %. Et celle-ci ne pourra guère compter sur de forts reports de voix  : 17 des 26 maires de la circonscription, de tous bords, ont d’ores et déjà appelé à voter pour Alain Bocquet dimanche prochain.


    Aller au-delà du Front de gauche


    Rassembler «  tous les démocrates et les républicains  » n’a pas posé de grandes difficultés au député. En dehors même des périodes d’élection, c’est, à l’entendre, une priorité. «  Je travaille avec tout le monde sans distinction, explique-t-il, syndicalistes, élus, salariés, entreprises.  » Alors, quand il est parti en campagne, le thème de «  l’union du peuple de France pour l’Humain d’abord  » s’est imposé naturellement  : «  On est allé au-delà du Front de gauche. Face à la crise, face aux politiques libérales, il faut se rassembler, créer des convergences d’intérêts de tous ceux qui font la vie économique et sociale du territoire  », indique-t-il.


    La droite grande perdante


    La grande perdante ici, c’est la droite traditionnelle. Avec seulement 6,6 % des voix, l’UMP et sa candidate, Monique Huon, ont vécu une véritable humiliation. Ses électeurs ont sans doute en partie glissé vers l’extrême droite. Mais, selon Alain Bocquet, ce ne sont pas les seuls. Pour lui, «  on trouve de tout dans l’électorat FN  : les conservateurs représentants de la haute finance, mais aussi le type au RSA qui en a ras le bol, et son voisin parce qu’il en a marre d’avoir un “assisté” à côté de chez lui  ».


    Reconquérir, pas stigmatiser l’électeur FN


    Le vote FN relèverait souvent de «  l’appel au secours  ». Et la gauche n’est pas dispensée de responsabilité  : «  Ils ne se retrouvent pas dans notre combat, et on le mène pour eux. Il ne suffit pas de formuler des propositions générales et généreuses, encore faut-il être entendu et compris. C’est la question de notre lien avec les gens qui est posée.  » Alain Bocquet s’était d’ailleurs opposé au choc frontal entre le Front de gauche et le FN, personnifié dans le combat Mélenchon-Le Pen à Hénin-Beaumont. «  On ne peut pas reconquérir un électeur FN après l’avoir stigmatisé  », estime-t-il. Alors, jusqu’à dimanche, il prévoit de mener campagne avec humilité, «  une des qualités d’un révolutionnaire  », selon lui.

    Adrien Rouchaleou


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