• Où sont les 1 000 milliards d’euros injectés par la BCE ?

    Où sont les 1 000 milliards d’euros injectés par la BCE ?

    À la lecture des statistiques publiées ces dernières semaines, les injections massives qui ont inondé le système bancaire ne sont pas parvenues jusqu’aux ménages et aux entreprises.

    En décembre et en février, la Banque centrale européenne (BCE) a ouvert les vannes du crédit aux banques, en lançant deux opérations de refinancement à long terme (trois ans), à un taux quasi gratuit de 1%. Des opérations qui ont eu un franc succès auprès des banques : en décembre, 523 banques ont emprunté 489 milliards d’euros, puis la seconde vague a profité à 800 banques qui ont emprunté 530 milliards d’euros. L’objectif affiché : éviter tout risque de «credit crunch» (assèchement du crédit) en zone euro. Et par conséquent, détendre non seulement les conditions de financement sur les marchés financiers, mais surtout dynamiser l’activité des agents économiques (entreprises/ménages) de l’économie dite «réelle». Selon les dernières statistiques publiées par la BCE, le flux de prêts aux entreprises non financières a… diminué de 3 milliards d’euros en février, tandis que le flux de prêts aux ménages n’a pas changé. D’un côté, les mesures d’austérité pèsent sur l’activité et donc sur la demande de crédit. Et de l’autre, les banques ont considérablement durci leurs conditions d’accès au crédit.

    D'un côté, l'austérité pèse sur la demande de crédit.

    De l'autre, ses conditions d'accès

    ont été considérablement durcies.

    Une étude réalisée auprès de 600 chefs d’entreprise de toutes tailles en France interrogés du 16 au 28 mars sur leurs conditions d’accès au crédit constate un resserrement du marché du crédit bancaire et considère que les conditions se tendront encore plus dans les mois à venir, alors que ces chefs d’entreprise souhaitent lancer de nouveaux projets pour préparer l’avenir. Pendant un court moment, les économistes et autres commentateurs d’actualité sur la crise compensaient l’absence d’effet sur l’économie réelle par de nombreuses déclarations annonçant la fin des tensions sur les titres de la dette,  grâce à l’action de la BCE.

    Les chiffres disponibles montrent que les banques espagnoles et italiennes ont accru leurs achats nets d’obligations souveraines de la zone euro en février. De 23 milliards d’euros à un encours total de 301,6 milliards d’euros pour les banques italiennes et de 15,7 milliards pour leurs homologues espagnoles.

    Les injections généreuses auraient donc permis d’éviter «le risque d’un effondrement des banques de la zone euro (…) et arrêter la contagion sur le marché de la dette souveraine», estimait, par exemple, Christian Schulz, économiste de la banque Berenberg, début mars. Une respiration qui n’a été que de courte durée. Depuis, le regain de tension sur les dettes souveraines a repris de plus belle.


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