• Musique en deuil. Départs de deux très grands

     Musique en deuil. Départs de deux très grands

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    Si on en croit Burki, il semble que Georges est arrivé. Mais Henri doit certainement ne pas être bien loin.

     

    A 24 h00 d'intervale, deux hommes de deux générations et de deux espaces culturels voisins mais differents, usant des mêmes outils, viennent de s'embarquer pour leur ailleurs définitif.

     

    Deux parcours, mais si les choix politiques du premier sont connus et font partie de l'hommage qui lui est à juste titre rendu, personne concernant le second qui n'ait pensé à regarder ce qui dans sa biographie était en résonnance avec les engagements du premier.

     

    Il faut réparer l'oubli pour que les deux soient également admis dans le panthéon des Hommes libre vibrant pour la Liberté.

     

    Quand l'intelligentsia bien en cours faisaient le voyage à Berlin dans les années 40, Henri Duthilleux solidaire des gueules de métèques s'engageait et rejoignait les Musiciens libres du FNLIF (Front National pour la libération l'indépendance et la France). Il travaille avec Claude Delvincourt, Roger Désormière, Irène Joachim, Elsa Baraine ou Manuel Rosenthal et nombre d'autres à rassembler les musiciens contre la bande d'Alfred Cortot (lequel ira jusqu' à trahir son amitié avec Pablo Casal pour complaire à l'occupant et se faire le héraut de Pétain dans le monde de la musique avec son  tristement célèbre questionnaire).

     

    Refuser l'impérialisme culturel nazi, dénoncer le sort fait aux musiciens persécutés par l'antisémitisme officiel, refuser l'impérialisme culturel quand Kempf et Karajan paradent devant les auditoires parisiens triés sur le volet,  le faire savoir par la presse clandestine, sans bruit participer à ce travail et ensuite ne faire aucune sollicitation de médailles et reconnaissances, Duthilleux est de cette trempe là.

     

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    Tristesse de voir passer ce pan majeur de la personnalité d'un des plus grands compositeurs français contemporains sous silence. Comme si on ne gardait que "les amis de Georges" et "nous avons le temps" ou "milord" en oubliant "ma liberté" ou "le métèque" et les raisons de leur écriture à propos de Moustaki.

     

    Vous le savez, seul ceux qui l'esprit oblitéré par la recherche du tirage, qui auront décidé de faire l'impasse et se seront abstenus de parler de cette convergence ont le droit d'évoquer et décerner les brevets de talent.

     

    Colère de voir combien ceux qui auraient du immédiatement donner à connaître ce que modestement La Canaille tente de faire, faillir une fois encore à leur devoir d'information. Pas grave, ils sauront noircir du papier et faire tourner les rotatives pour débattre des atouts culturels de la télé réalité. Faut-il citer des titres ? Le quel échapperait à la foudre ? Aucun.

     

    Dans un de ces textes célèbres (au point qu'il sera plusieurs fois donné comme sujet de commentaires au baccalauréat), Camus prétend -au mépris d'une part pourtant conséquente de lui même- qu'on ne peut lutter à la fois pour la beautée et la liberté. Ces deux artistes les deux pieds dans leur siècle chacun avec sa personalité, toute leur vie, ont été l'exemple du contraire.

     

    Puisque vous avez lu cela et si comme La Canaille vous n'avez pas attendu 2013 pour aimer le premier et sa Liberté, faites donc connaitre que la Liberté de Moustaki a, dans des moments différents mais tout aussi décisifs, été licenciée dans le même club que celle d'Henri Duthilleux. 

    Par canaille le rouge


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