• La bombe, les brutes et l’Iran

    Sans surprise, le rapport de l’AIEA accable l’Iran. Israël s’est déjà préparé à la guerre, quelques chefs d’Etats occidentaux en mal de popularité, pourraient envisager l’action militaire dans leur plan com’ 2012… Que reste-t-il si ce n’est un peu de bon sens ?

    « La possibilité d’une attaque militaire contre l’Iran est plus proche que l’option diplomatique » disait déjà Shimon Pérès, ancien prix Nobel de la paix, il y a quelques jours. Trois freins restaient alors, dont l’un des principaux vient de tomber, à savoir le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Celui-ci pointe les dimensions militaires du programme nucléaire iranien. La formulation reste un peu floue, mais le fond ne laisse que peu de doutes. En juin déjà, selon l’AIEA, l’Iran transférait toutes ses activités d’enrichissement dans de vastes bunkers souterrains protégés de larges murs en béton. Le prétexte d’une opération militaire est tout trouvé. Et ce mobile pourrait changer la donne.

    Deuxième frein, les alliés d’Israël, qui ne semblaient pas forcément chauds pour des bombardements. En tout cas pas avant la fin des élections de 2012, en ce qui concerne la France et surtout les Etats-Unis. Sauf qu’avec des sondages de popularité abyssaux et des bilans déplorables, il n’est pas impossible que l’idée de se lancer dans un coup d’éclat à l’extérieur fasse son chemin. Ajoutons à cela le rapport, rapidement jugé « accablant » par la diplomatie française, et déjà la tension monte : "La saisine du Conseil de sécurité de l'Onu s'impose. (...) Il nous faut renforcer la pression sur l'Iran" a déclaré Alain Juppé. Un peu plus prudents pour l’instant, les Etats-Unis ont prévenu qu'ils allaient augmenter la pression sur l'Iran et peut-être réclamer de nouvelles sanctions. La Chine et la Russie devraient rester opposées à toute opération militaire.

    Un troisième et dernier frein pourrait sauter aujourd’hui : celui des dissensions internes en Israël. Benjamin Netanyahu s’était déjà préparé à la guerre, y compris seul. Après que le Premier ministre a appris la construction en sous-sol des installations nucléaires  iraniennes, il s’est fait livrer des Etats-Unis une grosse cinquantaine de missiles très spéciaux, appelés Bunker Buster (ci-contre). Ces gros obus embarquent près d’une tonne et demi d’uranium appauvri (des déchets nucléaires américains) et sont capables de percer 30 mètres de sol ou 6 mètres de béton armé. Des hauts pontes du régime israélien, rien de moins que le chef d’état-major, le patron du Mossad, ou le chef du renseignement militaire, s’opposaient à l’action armée « préventive » voulue par le Premier ministre, préférant les sanctions économiques. Jusqu’à aujourd’hui, la majorité des quinze ministres qui composent le cabinet de sécurité, seule instance à pouvoir donner son feu vert à une opération militaire d’une telle envergure, s’oppose à des frappes contre l’Iran. La donne va-t-elle changer après le rapport ?

    Enfin le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, de son côté, dénonce le rapport de l’AIEA, ajoutant "vous devriez savoir que ce pays ne reculera pas d'un iota sur la voie dans laquelle nous nous sommes engagés". Et histoire d’envenimer les choses, le chef d'état-major adjoint des forces iraniennes a une nouvelle fois menacé ce matin Israël de destruction : "Le centre nucléaire israélien de Dimona est le site le plus accessible que nous pouvons viser et nous avons des capacités encore plus importantes. A la moindre action d'Israël, nous verrons sa destruction".

    L’hypothèse d’une opération militaire est celle de chefs d’Etats en difficulté. Très contestés dans leurs pays, Ahmadinejad comme  Netanyahu pourraient profiter d’opérations militaires et d’une possible poussée d’union nationale. Aux populations de leur rappeler un peu de bon sens et pointer une absurdité : envoyer des bombes à l’uranium sur des Iraniens pour les empêcher d’avoir l’arme nucléaire, est-ce la solution ?

    • Lire à  ce sujet

    Une attaque d’Israël contre l’Iran ?
    Netanyahou veut lancer des frappes contre l’Iran

    P.M.


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  • Logo de l'Unesco. (© AFP Miguel Medina)
     

    Les Palestiniens sont devenus lundi membres à part entière de l’Unesco, après un vote à Paris des Etats membres de cette organisation de l’ONU, a constaté un journaliste de l’AFP.

    «La Conférence générale (qui réunit l’ensemble des Etats-membres, NDLR) décide de l’admission de la Palestine comme membre de l’Unesco», indique la résolution adoptée par 107 voix pour, 52 abtentions et 14 voix contre, parmi les pays présents.

    «Ce vote permettra d’effacer une infime partie de l’injustice faite au peuple palestinien», a déclaré devant la Conférence générale le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Ryiad al-Malki.

     

    "C'est vraiment un moment historique qui rend à la Palestine certains de ses droits. La Palestine est le berceau des religions et des civilisations", a ajouté après le vote Ryiad al-Malki.

    Les Etats-Unis, l’Allemagne et le Canada ont voté contre, tandis que l’Italie et le Royaume Uni se sont abstenus. La quasi-totalité des pays arabes, africains et latino-américains se sont prononcés pour l’adhésion.

    La France, qui avait émis de sérieuses réserves sur la démarche palestinienne à l’Unesco, a finalement voté pour l’adhésion. «L’entrée de la Palestine porte le nombre d’Etats membres de l’Unesco à 195», a précisé l’Unesco dans un communiqué publié immédiatement après le vote.

    Les Etats-Unis mécontents

    Les Etats-Unis jugent l'adhésion de la Palestine à l'Unesco votée lundi par ses Etats membres «prématurée» et «contreproductive», a déclaré l'ambassadeur américain dans cette agence de l'ONU David Killion.

    «Les Etats-Unis ont voté contre la résolution parce que nous ne pouvons accepter l'admission prématurée des Palestiniens comme membre à part entière d'une agence de l'ONU comme l'Unesco», déclare M. Killion dans un communiqué diffusé après le vote.

    «La seule voie vers (la création) d'un Etat palestinien doit passer par des négociations directes. Il n'y a pas de raccourci et nous estimons que les efforts dont nous avons été les témoins aujourd'hui sont contreproductifs», poursuit-il.

    Les Etats-Unis ont déjà indiqué qu'en cas de vote positif, ils suspendraient leur financement aux activités de l'Unesco.

    (Source AFP)

    Les Etats-Unis suspendent leurs versements à l'Unesco après l'adhésion de la Palestine

    Ils devaient verser 60 millions de dollars à l'Unesco en novembre et ils «ne le feront pas».

    Les Etats-Unis ont annoncé lundi qu'ils suspendaient leurs versements à l'Unesco après l'adhésion de la Palestine à cette agence de l'ONU.

    "Nous devions effectuer un versement de 60 millions de dollars à l'Unesco en novembre et nous ne le ferons pas", a déclaré la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland à la presse.

    L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture a décidé lundi à Paris de l'admission de la Palestine comme membre à part entière par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre.

    La Maison Blanche avait estimé plus tôt lundi que ce vote était "prématuré" et "contreproductif" dans la perspective d'une reprise espérée des négociations de paix au Proche-Orient.

    Après l'avoir boycottée pendant 20 ans (1984-2003) pour protester contre sa mauvaise gestion et son idéologie tiers-mondiste, les Etats-Unis participaient jusqu'à maintenant activement aux programmes de l'agence, y voyant un moyen de diffuser certaines valeurs occidentales sans se mettre en première ligne.

    (Source AFP)


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  • La Palestine à l’ONU : clarification politique en FranceLa perspective d'un vote sur l'adhésion de l'État palestinien à l'ONU est venue diviser la classe politique française. Deux pétitions de parlementaires (députés sénateurs, parlementaires européens) circulent, l'une refusant l'adhésion de l'État palestinien à l'ONU, l'autre au contraire la soutenant. De façon que seuls les néophytes jugeront paradoxale, les deux sont bipartisanes. Mais ce bipartisme cache mal la ligne de clivage qui agite la société française dans sa relation au conflit du Proche-Orient. En fait sur ce sujet, seul le parti communiste et les écologistes ont une position claire et unique : ils sont favorables à la création d'un État palestinien.

    Une soixantaine de parlementaires ont signé en faveur de l'adhésion de la Palestine à l'ONU : principalement des communistes, des verts, des socialistes et quelques UMP.
    120 parlementaires ont signé la pétition opposée : principalement des élus UMP, avec quelques socialistes.

    Cette pétition a été initiée par Claude Goasguen, président du Groupe d'amitiés France Israël avec le soutien de Jean-Marie Le Guen (PS). Il n'est pas interdit de penser qu'il a relayé une proposition du CRIF dont il est très proche.

    La lettre ouverte qui l’accompagne reprend en tous les cas l'argumentation des autorités israéliennes. Les signataires se disent favorables bien sûr à la création de l'État palestinien, mais ils appellent « Israéliens et Palestiniens à reprendre sans plus tarder, le chemin des pourparlers et les exhorte à s'abstenir de toute démarche unilatérale. » Ils s'opposent à une « stratégie de contournement des négociations visant à imposer la reconnaissance unilatérale d'un État palestinien ».

    Cette dénonciation de l'unilatéralisme palestinien serait comique si elle n'était pas tragique. Chacun sait en effet qu'Israël a depuis fort longtemps montré son attachement au multilatéralisme. Si les Palestiniens se décident à recourir à ce vote à l'ONU, c'est bel et bien parce que les négociations bilatérales n'ont mené à rien. Récemment encore, un ministre israélien disait que les négociations pouvaient durer 100 ans. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas voir que l'actuel gouvernement israélien veut faire semblant de négocier pour ne déboucher sur aucun résultat.

    Faisant toujours preuve d'un humour involontaire, ou d'une bonne capacité de restitution d'arguments fournis clés en main, nos signataires disent que « cette adhésion pourrait susciter des attentes au sein de la population palestinienne que la réalité du terrain ne saurait combler. » Extraordinaire argument ! Puisque donc les Israéliens ne veulent céder sur rien, il ne faut pas susciter d'espoir chez les Palestiniens car, nous dit-on, la « frustration générée par ces attentes déçues pourrait alors rapidement déboucher sur un nouveau cycle de violence ». On le voit, la solution est que les Palestiniens n'aient aucune attente par rapport à leur avenir, sinon ils seront déçus et ils deviendront violents. Nos signataires, sans bien sûr en être conscients, rendent un hommage indirect au général de Gaulle qui, en 1967, mettait en garde contre les effets de l'occupation israélienne qui allait déboucher sur une violence que les Israéliens ne manqueraient pas de qualifier de terrorisme.

    Plus fort encore, nos signataires reprennent la formule selon laquelle les négociations impliquent de part et d'autre des « concessions douloureuses ». C'est du Netanyahou dans le texte, qui lui-même reprend une formule de Sharon. Cela signifie en clair que par rapport aux frontières de 1967, les Israéliens devront faire des concessions en rendant les territoires, les Palestiniens en feront d'autres en acceptant de ne recevoir qu’une partie des territoires conquis en 1967.

    Poussant toujours plus loin les ressorts comiques, nos signataires disent que cette « manœuvre politique » (des Palestiniens) viole les accords conclus entre Israël et l'Autorité palestinienne, qu'il s'agisse des résolutions 242, 338, des accords d'Oslo, de la feuille de route qui rejette toute démarche unilatérale. Chacun sait qu'Israël a respecté scrupuleusement depuis l'origine, l'ensemble de ces textes et que les Palestiniens les ont constamment foulés aux pieds. Bref, la paix surviendra lorsque les Palestiniens cesseront d’occuper Israël !

    Il est relativement grave de voir des élus français signer une pétition qui est une reprise des argumentaires du gouvernement israélien. Il est encore plus gênant que des élus socialistes, pour des raisons qui semblent plus relever d'un opportunisme que de convictions politiques, en viennent à se désolidariser de la position prise par leur parti, qui reconnaît la nécessité de la création d'un État palestinien. Mais ils sont ultra-minoritaires, ce qui n’aurait pas été le cas il y a dix ans. Cette pétition signée seulement par 10% des parlementaires montre plutôt l’isolement de l’actuel gouvernement israélien.

    Au moins les masques tombent. La démarche de l'Autorité palestinienne à terme est non seulement une clarification des positions au niveau international, mais elle éclaire également le paysage national.
    Le 22 juin 2010, lors d’une réunion de solidarité autour de Gilad Shalit organisée par le CRIF, Éric Raoult (signataire de la pétition) déclarait avoir quitté une réunion de son parti politique sur l’avenir des retraites pour venir au meeting de soutien. Il a dit : « Israël c’est plus important que les retraites ! » Pour les signataires socialistes de cette pétition, est-ce qu’ils se disent qu’Israël est plus important que le PS ?

    Le plus savoureux est que Nicolas Sarkozy, peu susceptible d’être taxé d’animosité à l’égard d’Israël, vient, dans son discours à l’ONU du 21 septembre, de mettre en lumière le danger du veto et de proposer un statut d’observateur pour la Palestine.

    Pascal Boniface

    Non, Sarkozy, La Palestine n’est pas le vatican !!

    Quelle belle arnaque que cette idée de Sarkozy de donner un os à ronger à Abbas.. Comme si la lutte de peuple palestinien se résumait à obtenir un strapontin d’observateur réduit à l’impuissance de l’occupation quotidienne d’Israël...

    Comme si 60 années de lutte se résumait à ce triste gadget.. Cette proposition n’est qu’une nouvelle entourloupe, une manipulation méprisable et indigne, une manière indirecte de renvoyer aux calendes grecques (si ce malheureux pays , la Grèce, existe encore dans quelques temps après ce que l’Europe lui fait subir !!) toute reconnaissance officielle de l’Etat Palestinien.

    Ce que veulent les palestiniens, et tous les humains épris de justice et de liberté c’est la PROCLAMATION ici et maintenant de l’ETAT de PALESTINE !!!!

    Un véritable etat avec ses droits et devoirs, qui ne soit plus rabaissé au simple terme de "territoires". Ce n’est que Justice, et nombre d’israéliens, juifs et arabes le pensent aussi.. alors, assez de tergiversations, de fause bonnes idées manipulatoires, le "chanoine le Lattran" (Sarkozy) doit enfin jeter bas le masque.

    Oui ou Non reconnait il la Palestine Libre et votera t il en ce sens à l’ONU ou prendra t il la très lourde et historique responsabilité avec ses complices Natanyahou et Obama de déclarer la guerre aux peuples libres du Monde ???

    C’est maintenant l’heure du choix ! du vote.

    Vive l’Etat de Palestine !

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article120608



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  • Etat palestinien : 110 parlementaires réclament le veto de SarkozyAlors que Mahmoud Abbas a annoncé qu'il déposerait une demande de reconnaissance d'un Etat palestinien, vendredi prochain à l'ONU, la France tente de conserver une position médiane. Des parlementaires français demandent pourtant à Nicolas Sarkozy de prendre position. Leur lettre ouverte sur leJDD.fr.

     

    Le lobbying s’intensifie à l’approche de l’échéance du 23 septembre. Alors que la France n’avait samedi pas arrêté officiellement sa position face à la démarche palestinienne, 110 parlementaires ont signé une lettre ouverte au président de la République pour lui demander de « [s’]oppos[er] à la résolution visant à imposer de façon unilatérale la reconnaissance d’un État palestinien ». En clair, les signataires pressent Nicolas Sarkozy d’user du droit de veto de la France en cas de saisine du Conseil de sécurité par Mahmoud Abbas. Initié par les présidents des groupes d’amitié France-Israël à l’Assemblée nationale et au Sénat, Claude Goasguen (UMP) et Jean-Pierre Plancade (RDSE), le texte réunit des élus de droite, du centre et de gauche.

     

    Lire la lettre du Loby sioniste envoyée à Nicolas Sarkozy :


    LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE


     

    Monsieur le Président de la République, Nous, parlementaires français issus de la majorité présidentielle et des rangs de l'opposition, réaffirmons notre engagement en faveur d’une résolution pacifique et négociée du conflit israélo-palestinien reposant sur le principe de deux Etats pour deux peuples. Nous sommes convaincus que seule la voie du dialogue peut garantir l’établissement d’une paix juste et durable. Aussi, nous appelons Israéliens et Palestiniens à reprendre sans plus tarder le chemin des pourparlers et les exhortons à s'abstenir de toute démarche unilatérale. C'est la raison pour laquelle, nous nous opposons à la stratégie de contournement des négociations visant à imposer la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien lors de la session de septembre de l’Assemblée générale des Nations Unies. Certes, le chemin qui mène à la paix est parsemé d’obstacles et le blocage actuel des pourparlers pourrait conduire un certain nombre d’entre nous à estimer qu’une telle démarche est frappée au coin du bon sens. Elle est en réalité dangereuse, contreproductive et illusoire. Dangereuse, car loin de résoudre le conflit, elle ne fera que le perpétuer et l’exacerber en suscitant des attentes au sein de la population palestinienne que la réalité du terrain ne saurait combler. La frustration générée par ces attentes déçues pourrait alors rapidement déboucher sur un nouveau cycle de violences. Cette démarche est également contreproductive et illusoire, car aucune « solution miracle » ne sous traira les parties à la laborieuse mais nécessaire négociation des dossiers relatifs au statut permanent (Jérusalem, les frontières, la sécurité, les implantations, les réfugiés, l’eau) sans laquelle aucune paix n’est envisageable. Il n'y a en effet pas d'alternative aux négociations qui implique de part et d'autre des concessions douloureuses. Comme l’a rappelé le Président américain Barack Obama lors de son allocution du19 mai 2011 devant le Département d’Etat, une paix durable et équitable n’est possible qu’au moyen d’une approche reposant sur une démarche de type bilatérale. « Les actes symboliques destinés à isoler Israël aux Nations unies en septembre ne créeront pas un Etat indépendant », a-t-il ajouté.


    Cette position a été récemment réaffirmée par le Président du Parlement européen, Jerzy Busek, qui a estimé pour sa part lors d’une conférence de presse le 15 juin 2011 à Ramallah, que la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien serait «…inutile et dangereuse ».De même, au sein de l'Autorité palestinienne, cette stratégie de contournement des négociations est loin de faire l'unanimité. Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a publiquement fait part de ses doutes quant au bien fondé d'une telle démarche. Elle ne fera, selon lui, pas avancer la cause palestinienne et risquerait au contraire d'éloigner son peuple de la réalisation de sa légitime aspiration. En outre, cette manœuvre politique sape les fondements juridiques sur lesquels repose le processus de paix et viole les accords conclus entre Israël et l’Autorité palestinienne, accords dont la France et avec elle, l'ensemble de la communauté internationale, se sont portées garantes. En effet, les résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de Sécurité de l’ONU, les accords d’Oslo (1993) et la Feuille de route adoptée par le Quartet (Nations-Unies, Etats-Unis, Russie, Union Européenne), rejettent toute démarche unilatérale et invitent les parties à négocier ensemble une résolution du conflit reposant sur le principe de « deux Etats pour deux peuples vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ». Ce principe à été rappelé à de maintes reprises, notamment en Février 2011 par le Quartet qui « …réaffirme qu’une action unilatérale de l’une ou de l’autre des parties en présence ne peut anticiper sur les négociations à venir et ne serait  pas reconnue par la communauté internationale. »


    Par ailleurs, la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien conduira les parties dans une impasse et condamnera le processus de paix à une mort certaine. Elle limitera inévitablement les marges de manœuvre de la direction palestinienne et sa capacité à faire des compromis. Toute concession sera à l'avenir interprétée et vécue par la population palestinienne comme un renoncement et un recul inacceptable. De même, elle enterrera définitivement les espoirs des partisans Israéliens et Palestiniens de la paix qui n’ont cessé d’œuvrer en faveur d’une solution négociée depuis l’inauguration du processus de paix à Madrid en 1991. Elle les marginalisera au profit des extrémistes qui refusent toute concession et n’hésitent pas à recourir à la violence. Enfin, cette démarche unilatérale mettra en péril la coopération israélo-palestinienne dans les domaines de l’économie et de la sécurité qui a permit une croissance sans précédent en Cisjordanie et l’instauration d’un calme relatif dans les Territoires placés sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Elle conduira les parties à durcir leurs positions et risquerait de précipiter un nouvel affrontement à l’heure où les incertitudes planent sur l’avenir d’une région instable qui connaît de profonds bouleversements. Nous savons toute l’attention que votre gouvernement porte au processus de paix au Proche-Orient et partageons avec vous le souhait que la France et ses partenaires européens jouent un rôle plus actif dans les pourparlers israélo-palestiniens. C’est pourquoi nous vous demandons solennellement, Monsieur le Président de la République, de réaffirmer l’engagement de la France en faveur d’une solution négociée au conflit en vous opposant à la résolution visant à imposer de manière unilatérale la reconnaissance d’un Etat palestinien.


    Seul un retour à la table des négociations et des concessions réciproques reposant sur le principe d’une reconnaissance mutuelle garantira l’établissement d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens .Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de notre plus haute considération.

    La liste des signataires :

     

    Signataires

     

      • Claude Goasguen, Union pour un Mouvement Populaire, Député, ancien ministre
      • Jean-Pierre Plancade, Rassemblement Démocratique et Social Européen, sénateur
      • Jean-Michel Baylet, Président du Parti Radical de gauche, sénateur, ancien ministre
      •  , Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
      • Herve Mariton, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire, ancien ministre
      •  Yvon Collin, Président du groupe du Rassemblement démocratique et social européen(RDSE), Sénateur  
      •  Corinne Lepage, Présidente de Cap21, Députée européenne, membre d’ALDE, ancienne ministre, candidate à l’élection présidentielle 
      •  Didier Quentin, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-président de la commission des Affaires européennes, ministre plénipotentiaire, Député-maire 
      • Stéphane Demilly, Nouveau Centre, Vice-président de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire, Député-maire
      • 10.  Monique Iborra, membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Vice- président du conseil régional de Midi-Pyrénées, Députée
      • 11. Jean-Marie Le Guen, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, adjoint au maire de Paris, Député
      • 12. Sylvie Desmarescaux, non affiliée, sénatrice-maire
      • 13. Jean Lasalle, Vice-président du Modem, Député
      • 14. Raymond Couderc, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur-maire
      • 15. Jean-Marie Bockel, Rassemblement Démocratique et Social Européen, sénateur, ancien ministre
      • 16. Serge Blisko, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Député
      • 17. Emile Blessig, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
      • 18. Paul Giaccobi, Apparenté groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Président du Conseil exécutif de l’Assemblée de Corse, secrétaire de l’Assemblée nationale, Député
      • 19. Eric Raoult, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire, ancien ministre
      • 20. Madec Roger, Membre du groupe socialiste, sénateur-maire
      • 21. Jacques Remiller, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
      • 22. Jean-Pierre Leleux, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur-maire
      • 23. Fauconnier Alain, Membre du groupe socialiste, sénateur-maire
      • 24. Herbillon, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation, Député-maire
      • 25. Yves Dauges, Membre du groupe socialiste, sénateur
      • 26. Marie-Louise Fort, Union pour un Mouvement Populaire, Députée
      • 27. Yvan Lachaud, Président du groupe Nouveau Centre, à l’Assemblée Nationale, Député
      • 28. Jean-Luc Préel, Nouveau Centre, Vice-président de la commission des affaires sociales, Député
      • 29. Étienne Mourrut, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
      • 30. George Paul-Langevin, Vice-présidente du Groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Députée
      • 31. Jacques Gautier, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur-maire
      • 32. Philippe Gosselin, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
      • 33. Nicole Bricq, membre du groupe socialiste, Vice-présidente de la commission des finances, sénatrice
      • 34. Philippe Vitel, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées, Député
      • Philippe Cochet,

    Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire 

    •  Joëlle Garriaud-Maylam, Union pour un Mouvement Populaire, secrétaire de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, Vice-présidente de la commission sur la dimension civile de la sécurité au sein de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, sénatrice 
    •  Daniel Mach, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire 
    •  Jean-François Mancel, Union pour un Mouvement Populaire, Député 
    •  Valéry Boyer, Union pour un Mouvement Populaire, Députée 
    •  Michel Voisin, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire, Vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées, Député 
    •  Paul Jeanneteau, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire 
    •  Mélot Colette, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, sénatrice 
    •  Simon Sutour, Membre du groupe socialiste, Vice-président de la commission des Affaires européennes, sénateur  
    •  Arlette Grosskost, Union pour un Mouvement Populaire, Députée 
    •  Rudy Salles, Vice-président du Nouveau Centre, Vice-président de l’Assemblée nationale, Député 
    •  Anne Grommerch, Union pour un Mouvement Populaire, Députée
    • Herve Maurey, Union centriste, sénateur-maire
    • Bernard Debré, Union pour un Mouvement Populaire, Député, ancien ministre
    • Isabelle Vasseur, Union pour un Mouvement Populaire, Députée-maire
    • Jean-François Humbert, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur
    • Dominique Tian, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • Françoise Branget, Union pour un Mouvement Populaire, Députée
    • Éric Straumann, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • Richard Dell’Agnola, Union pour un Mouvement Populaire, Député
    • Marcel Bonnot, Union pour un Mouvement Populaire, Député
    • Jacques Grosperrin, Union pour un Mouvement Populaire, Député
    • Gilbert Barbier, Rassemblement Démocratique et Social Européen, Vice-président de la commission des affaires sociales, sénateur
    • Laurent Béteille, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur-maire
    • Serge Lagauche, Membre du groupe socialiste, Vice-président de la culture, de l’éducation et de la communication, sénateur
    • Bernadette Dupont, Union pour un Mouvement Populaire, sénatrice
    • Olivier Dassault, Union pour un Mouvement Populaire, Député
    • Armand Jung, membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Député
    • Pierre-Christophe Baguet, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • Jacques Kossowski, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • Geneviève Lévy, Union pour un Mouvement Populaire, Députée
    • Brigitte Baragès, Union pour un Mouvement Populaire, Députée-maire
    • Françoise Hostalier, Union pour un Mouvement Populaire, Députée
    • Marc Bernier, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • Michel Sordi, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • André Schneider, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-Président de la délégation française à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, Député
    • Lionnel Luca, Union pour un Mouvement Populaire, Co-président de la Droite populaire, Député
    • Roland Blum, Union pour un Mouvement Populaire, Premier Adjoint au Maire de Marseille, Député
    • Bruno Gilles, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur-maire
    • Richard Mallié, Union pour un Mouvement Populaire, Questeur de l’Assemblée nationale, Député
    • Hoffman-Rispal Danièle, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Députée
    • Jean-Claude Guibal, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • Colette Giudicelli, Union pour un Mouvement Populaire, sénatrice
    • Marie-Françoise Pérol-Dumont, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Présidente du conseil général de Haute-Vienne, Députée
    • Georges Mothron, Union pour un Mouvement Populaire, Premier Vice-président du conseil général du Val d’Oise, Député-maire
    • Paul Durieu, Union pour un Mouvement Populaire, Député
    • Jean-Christophe Lagarde, Président exécutif du Nouveau centre, Vice-président de l’Assemblée nationale, Député-maire
    • Dino Cinieri, Union pour un Mouvement Populaire, Député
    • Daniel Spagnou, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • Francis Grignon, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur
    • René Beaumont, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur
    • Jean-marc Lefranc, Union pour un Mouvement Populaire, Député
    • Guy Teissier, Union pour un Mouvement Populaire, Président de la commission de la défense et des forces armées, Député-maire
    • Jean-Jacques Urvoas, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Vice- président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Député
    • Jean-Marie Sermier, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • Bernard Deflesselles, Union pour un Mouvement Populaire, Député
    • Christian Kert, Union pour un Mouvement Populaire, Vice-président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, Député
    • Michel Hunault, Nouveau Centre, Député
    • Jérôme Chartier, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • Claude Gatignol, Union pour un Mouvement Populaire, Député
    • Nicolas Forissier, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire, ancien ministre
    • Jean-Marc Roubaud, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • David Habib, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Député-maire
    • Henriette Martinez, Union pour un Mouvement Populaire, Présidente déléguée de la section française de l'Assemblée parlementaire de la francophonie, Députée
    • Françoise de Panafieu, Union pour un Mouvement Populaire, Conseillère de Paris, Vice- président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, ancienne ministre, Députée
    • Michèle Tabarot, Union pour un Mouvement Populaire, Présidente de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée Nationale, Députée-maire
    • Jean René Lecerf , Union pour un Mouvement Populaire, Vice-Président de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale, Vice-Président du conseil général du Nord, sénateur-maire
    • Patrick Bloche, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Conseiller de Paris, Député-maire du 11ième arrondissement de Paris
    • Jean-Luc Bennahmias, Vice-président du Modem, Député européen
    • Alain Moyne-Bressand, Union pour un Mouvement Populaire, Député-maire
    • Christophe-André Frassa, Union pour un Mouvement Populaire, sénateur
    • Valérie Rosso-Debord, Union pour un Mouvement Populaire, Députée
    • Yves Pozzo Di borgo, Président du groupe Union centriste au Conseil de Paris, sénateur deParis
    • Guénhaël Huet, Union pour un Mouvement Populaire, Députée
    • François Pupponi, Membre du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Conseiller de Paris, Député-maire

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  • Le mouvement des Indignés a fait des émules en Israël et est en train de gagner son pari. Une manifestation monstre a eu lieu hier dans les rues de Tel Aviv, elle a rassemblé entre 300 et 450.000 personnes, un chiffre à rapporter aux 7,7 millions d’habitants que compte l’Etat hébreu.

    Suivant l’exemple espagnol, le mouvement des “Indignés” avait commencé en juillet.

    “Le parlement, les ministres, les Premiers ministres travaillent tous pour une vingtaine de familles, pense cet homme; ils se fichent du public et nous sommes ici pour leur reprendre le pouvoir.”

    Une manifestante :

    “Nous sommes venus ici pour demander la justice sociale, la justice environnementale, et nous espérons que le gouvernement va apporter des changements et écouter la voix des gens qui sont ici aujourd’hui.”

    Face à un mouvement qui, d’ores et déjà, s’est inscrit dans la durée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis sur pied un comité d’experts qui étudie une révision de la politique économique. Le gouvernement a également annoncé des réformes en matière de logement et de consommation.

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  • Face à la démocratie aéroportée : La Syrie dernier verrou avant l’Iran

     

    Par Chems Eddine Chitour

    Envoyé par l'auteur

    Syrie 36

    « La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c'est une maladie convulsive et violente du corps politique ; il n'est en santé, c'est-à-dire dans son état naturel, que lorsqu'il jouit de la paix ».

     

    Denis Diderot Extrait de L’Encyclopédie

     

    Dernier partie du scénario diabolique concocté dans les officines occidentales, pensant maintenant que le régime va tomber comme un fruit mûr , Les Etats-Unis et l'UE appellent Bachar Al-Assad à la démission "L'Union européenne note que Bachar Al-Assad a perdu toute légitimité aux yeux du peuple syrien et qu'il est nécessaire pour lui de quitter le pouvoir", a déclaré Mme Ashton. Dans l'intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer", explique M. Obama Les "graves violations des droits de l'homme" en Syrie contre les manifestants"pourraient relever de crimes contre l'humanité", a indiqué jeudi 17 août un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.

     

    Nous allons rapporter quelques informations alternatives sur la réalité de ces manifestants pacifiques Auparavant, quelques flash sur la mosaïque des ethnies et confessions en Syrie. Les minorités non arabes les plus importantes sont les Kurdes, habitant essentiellement le long de la frontière turque (8 %) au nord, et les Arméniens, qui vivent dans le Nord, surtout dans les grandes villes (2,8 %) La Syrie compte une douzaine de langues. Le pays est musulman à 90 % (dont les Kurdes), avec des minorités chrétiennes. La plupart des Syriens sont des sunnites (env. 70 %), mais certains sont de rite chiite, ismaélien ou alaouite.

     

    La Syrie compte aussi des druzes professant une religion musulmane hétérodoxe; Comme tous les chiites, les druzes, ismaéliens et alaouites constituent des sous-groupes particuliers du monde musulman. Les autres Syriens non musulmans sont chrétiens, soit catholiques, grecs-orthodoxes ou arméniens-orthodoxes, mais on compte aussi un millier de juifs. C’est donc sans conteste toutes les langues et toutes les religions du Moyen Orient qui tiennent grâce à un équilibre subtil –qui risque de voler en éclat- qui a été précédé par des siècles d’instabilité notamment depuis l’ingérence occidentale dans la Syrie ottomane souvenons nous du concept de protection des minorités cher à la France et ceci en vertu d’une promesse de Saint Louis à l’évêque Maroun ( les Maronites ) il y a de cela près de huit siècles !.

     

    Pour l’histoire, en attisant les tensions religieuses l’Angleterre et la France ont mis en coupe réglée l’empire ottoman dont la Syrie était une province depuis 1516 . Au cours de l’automne 1917, le général Sir Edmund Allenby a envahi la Palestine et, le 11 décembre, lui et ses officiers sont entrés dans la ville sainte de Jérusalem par la porte de Jaffa.

     

    Le Premier ministre, Lloyd George, considérait cela comme un cadeau de Noël et écrivit que la chrétienté avait repris «possession de ces lieux saints». Le général français, Henry Gouraud, entra à Damas en juillet 1920.

     

    Après avoir frappé sur le tombeau de Saladin, Gouraud s’écria: «Réveille-toi Saladin, nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant.» Après la mise à mort de l’Empire Ottoman, par les accords de Sykes Picot la France s’adjura la Syrie dont elle fit un protectorat de 1920 à 1941.

     

    La réalité du terrain : Pacifistes ou rébellion armée ?

     

    On parle de militants pacifistes. Qui sont-ils ? Ces manifestants manifestent mais dans le même temps, on parle de subversion. Il est vrai qu'il y a des manifestations dans certaines villes, qu’il y a des morts, que l'armée est intervenue. Les médias aux ordres attribuent cela à l’armée. Ce qu’ils ne disent pas, c'est qu'il y a une rébellion soutenue par l’extérieur C'est une vraie guerre entre les forces armées syriennes et c'est que le pouvoir appelle les «hors-la loi».

    Pour le représentant russe auprès de l’Otan « L’OTAN planifie en ce moment une campagne militaire contre la Syrie afin d’aider à renverser le régime du président Bachar al-Assad avec comme objectif à longue échéance de préparer une tête de pont dans la région pour l’attaque contre l’Iran ». Dimitri Rogozin, délégué de la Fédération de Russie auprès de l’OTAN. Rogozin commentait, vendredi 5 août dans le quotidien moscovite Izvestia, la condamnation par le conseil de sécurité de l’ONU, deux jours plus tôt, de la répression violente en Syrie « Le noeud coulant autour de l’Iran se resserre. Des préparations militaires contre l’Iran sont déjà en cours de réalisation » affirme Rogozin, pour qui l’OTAN n’a pour but que d’intervenir contre les régimes « dont les vues ne coïncident pas avec celles de l’Occident. » (1)

    Pour Michel Chossudovsky, des développements récents en Syrie indiquent qu’il s’agit d’une insurrection armée à part entière, intégrée par des mujahideen, islamistes («Freedom Fighters »), appuyés, entraînés et équipés par l’OTAN et le haut commandement de la Turquie.

     

    Selon des sources du renseignement israélien : entre-temps, le quartier général de l’OTAN à Bruxelles et le haut commandement turc dressent des plans pour leur première étape militaire en Syrie, laquelle consiste à munir les rebelles d’armes pour combattre les chars d’assaut et les hélicoptères constituant le fer de lance du régime Assad pour réprimer la dissidence. Afin de repousser les forces armées gouvernementales, les stratèges de l’OTAN pensent davantage à répandre de grandes quantités d’antichars, de roquettes antiaériennes, de mortiers et de mitrailleuses lourdes dans les centres où ont lieu les contestations, au lieu de répéter le modèle libyen de frappes aériennes. (…)

    L’OTAN et le haut commandement turc envisagent également le développement d’un djihad impliquant le recrutement de milliers de mujahideen (« Freedom Fighters », ce qui évoque l’enrôlement de moudjahidines pour mener le djihad (guerre sainte) de la CIA à l’âge d’or de la guerre soviéto-afghane. (2)
    Nous voilà avertis , on appréhende un peu mieux la nature du mouvement pacifiste syrien et les 2000 morts dénombrés dont 400 des forces de sécurité n’ont pas interpellés les médias aux ordre quant à la mort bizarre de 400 militaires de la main de pacifistes désarmés.

     

    La boite de Pandore des conflits interconfessionnels et ethniques

     

    Deux témoignages de personnalités religieuses nous permettent de situer avec clarté les enjeux d’abord la lettre ouverte du professeur Zehlaoui prêtre Arabe de Syrie à Monsieur Alain JUPPÉ Ministre des Affaires Étrangères de la France et ensuite celle d’une mère supérieure d’un Couvent.

     

    Le Prêtre arabe de Syrie, écrit : « je viens d’apprendre à l’instant votre déclaration aux États-Unis, touchant la légitimité de notre Président de la République. En tant que syrien, je ne puis rester silencieux face à une telle ingérence dans les affaires de mon pays. (…) Laissez-moi vous dire, au nom des millions de victimes que l’Occident a écrasés depuis des siècles, qu’il est grand temps de cesser de jouer les monstres à face humaine, et de piétiner tous les droits des autres peuples, au point de détruire leur existence même, comme vous vous êtes plu à le refaire en Irak, en Iran, en Afghanistan, Pakistan, dans toute l’Afrique, notamment en Lybie ».

     

    Démontant les raisons de cet acharnement il écrit :

     

    « Pour en revenir à la Syrie, oubliez-vous que le but dernier de toutes les manœuvres politiques, diplomatiques et séditieuses, menées contre la Syrie, depuis plus de deux mois, a été insolemment dévoilé par la conseillère au Pentagone, Mme Michèle Flournoy? D’ailleurs, elle était tellement assurée de la réussite prochaine du complot mené contre la Syrie, qu’elle avait publiquement déclaré que la Syrie retrouverait tout son calme, le jour où elle romprait avec l’Iran et le Hezbollah, et signerait un traité de paix avec Israël! Auriez-vous déjà oublié, en France et en Europe, le grand honneur que vous a valu la Résistance à l’occupation nazie? (…)

     

    Laissez-moi vous dire, en tant que simple citoyen syrien, que la Syrie n’acceptera jamais de tourner le dos au devoir vital de défendre son existence propre, d’abord contre l’occupation israélienne, ensuite contre le danger mortel que constitue le Sionisme, pour toute la nation arabe. Cependant, il semble que l’Occident tient à rester l’Occident, alors qu’il ne l’est plus. … C’est pourquoi, tout en piétinant tous les droits, comme vous cherchez à le faire en Syrie, vous n’avez jamais éprouvé la moindre honte à prétendre toujours être dans votre droit. Car le fort ne se trompe jamais!

    Décryptant les relations Occident –Israël, le professeur Zahlaoui(…) Les représentants de l’Occident, surtout ceux des États-Unis, se pavanent comme des lions. Ils se permettent toutes sortes d’ingérences, allant jusqu’à détruire des pays entiers, de fond en comble. Mais dès qu’il s’agit d’Israël, tous les pays occidentaux sans exception, des plus "grands" aux plus "petits", les États-Unis en tête, deviennent rien moins que des néants.

     

    Des néants aveugles, sourds et muets! Et pourtant, même les sondages faits en Europe reconnaissent qu’Israël est l’État terroriste par excellence. Et Israël est resté fidèle à lui-même : tueur, voleur, guerrier, féroce, arrogant, raciste, expansionniste et exterminateur. Pourtant les juifs ont toujours été bien traités en pays arabes et musulmans. Leurs historiens sont assez honnêtes pour le reconnaître. Mais ils ont trouvé moyen de faire payer la terrible facture de l’antisémitisme occidental et de l’holocauste nazie, à tous les peuples arabes et musulmans, dont ils avaient, depuis Ben Gourion, calculé la destruction, tout en imposant un Holocauste de 60 ans déjà, aux arabes, chrétiens et musulmans, de Palestine » (3). 

     

    Même témoignage poignant de Mère Agnès-Mariam de la Croix Supérieure du couvent de Saint Jacques l’Intercis, en Syrie. Elle pointe du doigt la manipulation de l’information :

     

    « La Syrie est notre patrie d’adoption. (…) Il est impératif d’être bien renseignés sur une situation donnée pour pouvoir se positionner en conséquence. (…)

    Car aujourd’hui en Syrie, pour être bien renseigné, il ne suffit plus de suivre les nouvelles servies par les chaînes satellitaires internationales. Nous l’avons constaté sans cesse : la réalité qui se vit ici est différente de ce que transmettent les médias. Ces chaînes n’accompagnent pas l’évènement, elles le précèdent pour le provoquer. Heureusement, de plus en plus de gens accusent cette information de parti pris et de falsification. Nous avons essayé de nous documenter en temps réel en téléphonant à des proches sur les lieux mêmes des incidents décrits : la situation ressemblait plus à ce qu’en disait la télévision syrienne qu’à celle propagée par Al Jazzirah, BBC ou France 24, Al Hurra ou Al Arabia à travers des montages et autres compilations audio-visuelles mensongères et de mauvaise qualité (…) Les slogans faussement humanitaires anesthésient la conscience des auditeurs et favorisent le glissement vers une logique vindicative aveugle qui, somme toute, ne sert que la cause de l’injustice. (…) (4)

     

    Mère Agnès –Mariam met les choses au point concernant la nature réelle de la protestation « pacifique » Aujourd’hui, écrit-elle il ne fait aucun doute qu’il y a ingérence étrangère, refusée fièrement par une partie de l’opposition. Aujourd’hui il ne fait aucun doute que l’opposition s’est muée en divers endroits en une insurrection armée qui commet des atrocités contre la population civile et contre les forces de l’ordre et l’armée.

     

    Enfin, aujourd’hui, l’exacerbation du clivage confessionnel est une triste réalité. Ces trois facteurs convergent pour réanimer le spectre de l’affrontement interconfessionnel, voire de la guerre civile. (…) Ahuris nous assistons à un stratagème destructeur : telles grandes puissances, à grand renfort d’endoctrinement médiatique, jouent sur la corde du fondamentalisme religieux pour mettre en relief les différences qui séparent alors que les points communs qui unissent sont bien plus nombreux. (…) La visite des ambassadeurs US et français à Hama a été vécue chez nous comme une démarche injustifiable. (…) » (4)


    La Mère Supérieure s’interroge ensuite sur le pourquoi de la manipulation :

     

    « Pourquoi les Occidentaux encouragent-ils une insurrection armée, confessionnelle et fondamentaliste de surcroît, qui risque de s’étendre comme une tache d’huile ? De son côté le Patriarche maronite Mar Béchara Boutros Raï a une lecture plus globale de la situation. Il dénonce le « projet du Nouveau Moyen-Orient qui est à l’œuvre pour morceler le monde arabe dans le but qu’Israël vive en paix en en sécurité ».

     

    La tendance mondialiste qui prévaut c’est de promouvoir le choc des civilisations pour asseoir la légitimité des regroupements ethniques ou confessionnels qui, à leur tour, légitiment l’existence d’Israël . La Syrie vit depuis des mois des coups d’État larvés car ce remodelage ne peut être instauré sans la force des armes. L’insurrection armée en Syrie est une tumeur inoculée qu’on cherche à faire crever un peu partout dans le pays au gré des clivages confessionnels ou tribaux, avec son cortège de haine, de vengeances, de victimes et de désastres socio-économiques. (..) La majorité des musulmans et des chrétiens syriens se sont d’abord tenus à l’écart du mouvement de contestation pour diverses raisons, puis ils l’ont boycotté, et enfin certains s’y sont opposés.

     

    Nous sommes cœur et âme avec les justes revendications de tout citoyen pour la liberté civique, la fin du totalitarisme d’État et de la corruption. Nous souhaitons la démocratie, l’impartialité de la justice et des réformes économiques et sociales conséquentes. Mais nous sommes conscients – et c’est là où nous nous heurtons à beaucoup d’incompréhension - que ces revendications peuvent devenir un cheval de Troie pour diverses entités nationales ou politiques afin de provoquer une déstabilisation dangereuse à partir de clivages confessionnels et claniques très subtils. (…) » (4)

     

    Elle conclut enfin à la nécessité de l’autocritique tout en affirmant que le Baath a réussi à maintenir un subtil équilibre entre les confessions :

     

    « Mais la Syrie est loin de l’effondrement. Les foyers d’où l’on cherche à attiser les antagonismes confessionnels sont isolés et contrôlés, parfois au prix du sang lorsqu’il y a une résistance armée, au fur et à mesure que la population prise en otage fait appel à l’armée. Le peuple syrien est composite : sunnites, alaouites, chiites, chrétiens, druzes, arabes, kurdes, turkmènes, caucasiens, et j’en passe. Il n’est pas facile de maintenir une telle mosaïque dans la cohérence et la paix civile. Le parti Baath l’a obtenu en respectant les règles qui président aux structures tribales et claniques de l’Orient. Cependant ce régime était totalitaire et corrompu. Aujourd’hui une saine autocritique est à l’œuvre publiquement et des lois sont promulguées, obtenues par une saine opposition, pour les réformes souhaitées. Nous préférons cette voie tant qu’il y a de l’espoir. » (4)

     

    L’ouverture de cette boite de Pandore amènera le chaos, c’est un second Irak qui se profile à l’horizon avec son cortège de malheur de douleur et de détresse pour les Syriennes et les Syriens.. Tous les pays arabes attendent leur tour. Si l'Occident était de bonne foi, il accompagnerait Bachar Al Assad dans son programme de réformes, les élections, le multipartisme... Les Occidentaux veulent changer la carte du Moyen-Orient pour la rendre favorable à Israël. Il faut savoir qu’Israël est en train de construire un mur dans le Golan, comme celui de la bande de Gaza.

     

    Cela veut dire que c'est une annexion définitive des territoires syriens.

     

    L'Occident ne veut plus de ce régime syrien qui, il faut le savoir est le dernier domino avant la « normalisation de l’Iran » On peut penser que plus rien ne peut arrêter la dynamique d’effritement des anciens pouvoirs arabes. Si la Syrie est démantelée elle ne sera plus comme avant, les suivants d’El Assad accepteront une partition des Kurdes qui rêvent avec leurs frères Irakiens et Turcs d’avoir leur Etat. La Turquie est de ce fait, visée. L’Iran aussi. Sombres jours pour les pays vulnérables. (5)

     

    Professeur Chems Eddine Chitour

    Ecole Polytechnique enp-edu.dz

     

    Cri du Peuple 1871 :

     

    http://www.mleray.info/article-syrie-dernier-verrou-82064659.html


     

     

    Notes

     

    http://www.infosyrie.fr/decryptage/le-representant-russe-aupres-de-lotan-une-intervention-militaire-se-prepare/

     

    2 Michel Chossudovsky L’OTAN et la Turquie appuient les rebelles armés en Syrie. Recrutement de mujahideen. Mondialisation. Ca 16 aout 2011

     

    3. Pr. Elias Zahlaoui Lettre à Mr Juppé ministre français des affaires érangères 9/6/2011

     

    4. http://www.france-catholique.fr/SYRIE-ENTRE-CONFLITS-ARMES-ET.html

    15 août 2011

     

    5. Chems Eddine Chitour : La Syrie en marche pour la partition


    http://www.mleray.info/article-la-syrie-en-marche-pour-la-partition-70460009.html


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  • jabhaLa situation dans le monde arabe et au Liban

     

    Les révolutions, les contre-révolutions et l’ingérence impérialiste

     

    Bulletin mensuel du Parti communiste libanais repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    La situation politique dans le monde arabe à la fin de la première moitié de l’an 2011 se caractérise par le renforcement des soulèvements populaires et des révolutions, en particulier en Tunisie et en Egypte ; cela est visible dans la radicalisation du mouvement populaire qui, parti du slogan « A bas le régime », revendique actuellement la mise en route des programmes pour le changement, à commencer par le changement des Constitutions mais aussi des politiques socio-économiques dans leur intégralité.


    En contrepartie, nous assistons à une contre offensive menée par ce qui reste des régimes bourgeois et des dictatures branlantes qui s’appuient sur l’aide étasunienne directe mais aussi sur les positions contenues dans le discours du 19 mai passé de Barak Obama.

    Dans ce discours, Obama a, en effet, affirmé que les « pays arabes bien qu’éloignés des rives [étasuniennes], il n’en reste pas moins que nous savons que notre destin est lié à cette région, tant par la force de l’économie ou de la sécurité que par l’Histoire et l’idéologie »… A cela, nous ajoutons les mesures, financières surtout, prises par le sommet du « G8 » dans le but d’appuyer les contre-révolutions dans certains pays arabes (l’Egypte, en particulier, vu son importance), sans pour autant oublier celles, militaires, exécutées par l’OTAN, soit directement (comme en Libye), soit indirectement par le truchement de forces arabes, plus précisément celles du « Bouclier d’Al-Jazira » qui continuent à occuper le Bahreïn. De plus, les menaces lancées par l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et l‘Union européenne ont contrecarré la formation du « Conseil de transition » que l’opposition yéménite tente de proclamer ; quant à celles entendues dans certaines capitales européennes durant « les conférences de solidarité avec la Syrie », elles profitent de l’entêtement du régime syrien à user des solutions militaires face au mouvement protestataire pour pousser certains groupes dans le sens de la guerre civile.

    Mais les mesures les plus dangereuses restent sans conteste celles prises par l’OTAN et visant à transformer la base d’Izmir en QG, ce qui veut dire que cette organisation veut transformer la Turquie en point de départ du nouveau plan pour le Moyen Orient qu’elle s’était fixé lors du sommet de Lisbonne. Ce plan prend deux dimensions voulues expressément par les Etats-Unis :

    La première concerne la poursuite du parcellement de l’Irak, à travers la proclamation de « l’autonomie » de la région d’Al-Anbar. Fait proposé par le président étasunien Barak Obama à la délégation officielle irakienne qui le visitait dernièrement ; à la suite de cette visite, le président du parlement irakien Oussama Noujaïfi a fait une déclaration dans laquelle il parle de « déception sunnite en Irak » ajoutant que « si la situation précaire des sunnites, qui sentent qu’ils ont un statut de citoyens de second ordre, ne trouve pas une solution rapide, ils pourraient penser à se séparer ou, du moins, à constituer un gouvernement autonome ».

    La seconde concerne la mainmise sur la Syrie, mettant à profit les exactions de certains mouvements confessionnels et armés mais aussi les effets de la répression que le régime baasiste exerce, à partir de la dite « théorie du complot », contre le mouvement pour les réformes et le changement démocratique.

    A cela s’ajoutent les nouvelles visées pour une mainmise complète sur le Liban (compte tenu des accusations du « Tribunal spécial pour le Liban » à propos de l’assassinat de l’ex président du Conseil, Rafic Hariri), mais aussi une reprise en main rapide des rennes de l’Egypte, avant le mois de septembre, date de la proclamation de principe de l’Etat palestinien. Sur ce dernier sujet, les Etats-Unis pensent pouvoir échanger leur accord sur un Etat palestinien, réduit et démilitarisé, contre une reconnaissance internationale et, surtout, arabe d’Israël en tant qu’Etat « des juifs dans le monde » ; ce qui permet au gouvernement de Netanyahu de réaliser deux grands objectifs : faire un nouveau « Transfert » généralisé de tous les Palestiniens restant dans les territoires de 1948 et, aussi, devenir le porte-parole et le représentant légal de tous les juifs dans le monde, compte non tenu de leurs appartenances nationales.

    Si nous ajoutons à cela la poursuite de la politique (ayant aussi l’aval de l’Union européenne) d’escalade des tensions religieuses, confessionnelles et raciales, surtout dans le Golfe arabique, nous arrivons à une conclusion contre laquelle le Parti Communiste libanais avait déjà mis en garde, depuis quelques années (Xème congrès) : le but recherché par le projet du « Grand » ou du « Nouveau » Moyen Orient est de mettre fin à la situation sur le terrain engendrée par le traité de Sykes-Picot et, ce, afin de procéder à un nouveau partage du monde arabe, puis le Moyen Orient et l’Afrique, sous la tutelle des Etats-Unis. Dans ce sens, nous comprenons le retour à des appellations datant des temps révolus du colonialisme, telles : « l’Afrique du nord » à la place du Maghreb arabe, ou « le Moyen orient » à la place du Machreq arabe.

    Le nouveau bulletin s’arrêtera sur les développements essentiels dans les soulèvements du monde arabe, en plus de la situation générale qui sévit dans ce monde ; il mettra en lumière les points suivants :

    1-Les nouveaux développements du problème palestinien ;

    2-Les nouveaux projets étasuniens au Maghreb arabe et, de là, vers l’Afrique, ainsi que le rôle de l’Union européenne.

    3-La nouvelle situation en Egypte.

    4-Les développements en Syrie.

    5-La situation libanaise à la lumière de ce qui se passe dans le monde arabe et du conflit intérieur sur le pouvoir.

     I- Le problème palestinien

    Entre le marteau de « l’Etat juif » et l’enclume de la situation régionale

     Le discours politique de Barak Obama, le 19 mai passé, a constitué un tournant très dangereux sur le plan de la position des Etats-Unis en ce qui concerne le problème palestinien, même si certaines positions développées ne sont pas nouvelles et constituent une redite du discours fait, il y a deux ans, par le même Obama au sein de l’Université du Caire ou, même, du plan tracé par l’administration de G. W. Bush junior.

    Obama, armé de sa victoire « écrasante » sur Ben Laden et du timing de cette victoire (le début de la campagne pour les présidentielles), a précisé les objectifs de l’impérialisme dont il représente les intérêts comme suit : « la lutte contre le terrorisme et la prolifération des armes nucléaires, la garantie de la liberté du commerce et la défense de la sécurité d’Israël ».

    Ces priorités visent à détourner les regards de l’échec de toutes les solutions mises au point pour endiguer la crise financière et économique, mais aussi à montrer que les Etats-Unis ont décidé d’élargir l’étendue de leur présence dans le monde arabe et au Moyen Orient et de leur participation directe aux guerres que le gouvernement israélien prépare contre la région. De plus, Obama s’est rétracté sur la question des colonies, tout en affirmant que les Etats-Unis poursuivront leur appui à Israël afin qu’il puisse « réaliser le rêve de la création d’un Etat juif » dont les frontières dépasseraient celles de 1967, puisqu’Obama appuie la thèse de « l’échange convenu de terres » ; ce qui laisse entendre que de nouvelles concessions seront exigées des Palestiniens…

    Les nouvelles positions étasuniennes se complètent avec celles que Benjamin Netanyahu a présentées, quelques jours plus tard, devant le Congrès des Etats-Unis, et que nous pouvons résumer comme suit :

    -La terre palestinienne est une « terre juive » et tout ce qui est dit contrairement à cela constitue une déformation de l’Histoire ; et, si Netanyahu accepte, comme il dit, « de céder une part de notre patrie historique » (il appelle ainsi la Palestine), le fait doit être considéré comme une concession « visant à conduire le peuple juif vers la paix ».

    -La paix recherchée par le même Netanyahu est basée sur le fait « qu’il n’y aura pas de Palestiniens en Israël ; ils doivent vivre dans leur pays » ; ce qui veut dire que les Palestiniens doivent s’attendre à la tentative d’un nouveau transfert.

    -Les régions se trouvant autour de Jérusalem et dans le grand Tel Aviv sont incluses dans les frontières finales d’Israël.

    -Un refus catégorique de céder la plus petite parcelle d’Al Qods qui doit « rester la capitale unifiée de l’Etat d’Israël ».

    -Afin de préserver la sécurité d’Israël, le nouvel Etat palestinien doit être démilitarisé ; de plus, Israël pense garder à long terme une certaine présence militaire le long du Jourdain sous prétexte d’empêcher l’entrée d’armes dans les territoires palestiniens.

    -Un refus catégorique de toute solution supervisée par les Nations unies et non basée sur des négociations bilatérales directes.

    -Un refus catégorique de l’accord palestino-palestinien (signé entre le Fath et le Hamas puis entériné par les autres organisations palestiniennes).

    Cette similitude entre les grandes lignes des deux positions, étasunienne et israélienne, confirme nos appréhensions concernant les tentatives de liquider la cause palestinienne politiquement et physiquement, Ce qu’Israël tente de faire, avec l’appui des Etats-Unis, se résume comme suit : faire, d’abord, pression sur l’ONU afin d’empêcher la reconnaissance de l’Etat palestinien ; pousser, ensuite, Mahmoud Abbas à se désolidariser de l’accord signé et à donner à Israël le droit de se trouver aux frontières de l’Etat palestinien. Sans oublier le passage sous silence du droit au retour, ce qui faciliterait à Israël le nouveau « transfert » des Palestiniens hors des territoires de 1948, tout en lui permettant de poursuivre sa politique de colonisation à l’intérieur des territoires occupés en 1967 mais aussi ses crimes contre les civils (arrestations, assassinats…etc.).

    Ce plan israélien est d’ailleurs facilité par de nombreux facteurs palestiniens internes tout aussi bien que par des facteurs extérieurs, dont :

    -L’absence d’un pouvoir exécutif légal, malgré la réconciliation Hamas-le Fath et l’accord survenu entre les différentes organisations palestiniennes.

    -Les tentatives du Hamas et de Fath de revenir à la bilatéralité dans les prises de décisions importantes et de passer outre le Conseil législatif et, même, l’OLP à partir d’un accord commun sur la possibilité pour le nouveau gouvernement (si gouvernement il y a) de se présenter devant le président de la république sans avoir le besoin de faire appel au pouvoir législatif.

    -L’ambiguité de la position du commandement militaire égyptien, surtout après le retour à la normale avec Israël et les affirmations de Hussein Tantaoui que l’Egypte poursuivra l’exécution des clauses des Accords de Camp David et continuera de donner son aval à la construction du mur de séparation raciste.

    -La parution d’un communiqué très évasif de la part de la Ligue arabe concernant les nouvelles positions israéliennes précitées.

    Tout cela confirme la nécessité pour tous d’appuyer la position des forces palestiniennes qui continuent à résister et à appeler à l’unité nationale ayant pour cadre l’OLP, représentant légal unique du peuple palestinien, mais aussi à l’unité politique et légale de la Cisjordanie et de Gaza ; et, ce, pour imposer la proclamation de l’Etat palestinien démocratique ayant Al-Qods pour capitale. Cela présuppose la mise au point d’un agenda précisant la date des élections présidentielles et législatives, suivant le contenu de la constitution, accompagné d’un programme économique et social basé, d’abord, sur la lutte contre la corruption et la consolidation de la résistance populaire.

     

    II-Les nouveaux projets étasuniens dans le Maghreb arabe

    Et, de là, vers toute l’Afrique

    Depuis peu, la partition légale du Soudan en deux Etats fut proclamée selon la vision mais aussi les visées des Etats-Unis. Partition facilitée par les conflits tribaux et religieux entre le sud et le nord du pays et par les politiques répressives des régimes d’Omar Al Bachir et, avant lui, Gaafar Noumeiri.

    La proclamation des deux Etats soudanais, bien qu’attendue à la suite du referendum organisé en janvier 2011, marque le commencement d’une étape dangereuse non seulement pour le pays divisé mais pour toute l’Afrique. N’est-ce pas là l’objectif de l’intervention directe et indirecte de l’OTAN en Libye qui vise, d’abord, à créer les conditions menant au partage de ce pays sur des bases tribales et à faire, ensuite, de ce partage un modèle pour les pays alentour, le Tchad en premier lieu. Il nous faut ajouter que le continent africain est menacé dans son ensemble de guerres et de conflits nouveaux qui ne manqueraient pas d’envenimer plus encore la famine et la pauvreté touchant des dizaines de millions de personnes, surtout les femmes et les enfants.

    Les Etats-Unis, rappelons-le, avaient mis au point un projet « africain » semblable au projet du « Nouveau Moyen Orient », dont le premier volet réside dans la balkanisation de la région dite de l’Afrique du nord, à commencer par la Libye, l’Egypte et le Soudan. Ce projet s’appuie sur une force militaire de grande importance, l’AFRICOM (la direction militaire des forces étasuniennes en Afrique) dont le champ des opérations s’étend à 53 pays dans le Maghreb arabe et en Afrique.

    Au début de 2011, le commandant de l’AFRICOM en avait défini les objectifs comme suit : « lutter contre le terrorisme en Afrique, tout en œuvrant pour la stabilité des différents pays africains, en premier lieu la Somalie, le Soudan, la Guinée, ainsi que tous les foyers d’instabilité ». Il avait ajouté que l’action de son commandement se base sur deux piliers essentiels : entrainer les forces militaires africaines à partir des bases établies en Algérie et au Mali et donner à certaine Etats les armes nécessaires à leur auto défense…

    Et, si le commandant de l‘AFRICOM avait insisté sur le fait que la base principale de cette force resterait Stuttgart (Allemagne) et que les Etats-Unis n’enverraient pas des forces militaires « là où ils ne sont pas invités », ces paroles ne sont rassurantes pour personne, parce que Washington n’a jamais pris en considération les avis contraires à ses plans pour intervenir là où se trouvent ses intérêts et, aussi, parce que la base de Djibouti n’est plus suffisante à elle seule pour préserver ces intérêts immédiats, face à la Chine, ou stratégiques, surtout ce qui se rapporte aux problèmes de l’eau et de la nourritures qui auront la priorité durant les deux décennies à venir.

    Ainsi se comprennent les tentatives visant à mettre en échec la révolution tunisienne, tant à partir de l’immixtion directe des « envoyés spéciaux » dans les affaires de ce pays qu’à travers la présence soi-disant « humanitaire » dans la région frontalière tunisienne avec la Libye… Sans oublier d’attirer l’attention sur la bataille menée par les forces contre-révolutionnaires, avec l’aval des Etats-Unis et de l’Union européenne, pour remettre la main sur le pays. Ajoutons à cela le réveil du conflit sur le Sahara occidental, région qui contient un immense bassin souterrain d’eau potable, dont la longueur dépasse 500 km (depuis le Ras Boujdour jusqu’à Amlili), en plus des richesses en poissons et en matières premières (pétrole, gaz, fer, titanium, vanadium...etc.).

    Tous ces plans sont bien visibles dans le nouveau projet approuvé durant le sommet de Lisbonne de l’OTAN qui met au point une redistribution du monde, de l’Afrique et de l’Asie en particulier.

     

    III- La situation en Egypte

     Afin de pouvoir mieux comprendre la situation qui prévaut actuellement en Egypte, quelques mois après la chute du régime de Moubarak, il est nécessaire de s’appuyer sur ce qui vient d’être dit à propos du projet préparé pour résoudre le problème palestinien et du plan mis au point par les Etats-Unis pour la partie nord de l’Afrique. Il faudra ajouter que Washington a déjà résorbé le choc que fut la révolution du 25 janvier 2011 en Egypte et tente aujourd’hui d’appuyer les tentatives déployées par la bourgeoisie égyptienne pour reprendre en main le régime face aux mouvements populaires qui œuvrent pour la défense du changement.

    Nous avions déjà, au début des soulèvements populaires, attiré l’attention sur les politiques étasuniennes et réactionnaires arabes visant à sacrifier les symboles du régime (Moubarak, en tête) pour sauver le régime lui-même. Nous avons aussi fait mention des tentatives impérialistes de donner au changement le visage semblable à celui du régime turc : un mélange entre l’armée et les forces islamiques dites « tempérées », mélange dont les prémices égyptiennes furent le rapprochement entre le Comité militaire provisoire (qui tente aujourd’hui de se donner une légalité complète) et les « Frères musulmans » qui avaient tenté, sans grand succès, de se faire un visage progressiste en s’appropriant les slogans de la révolution (liberté, justice, égalité) qui, pour eux, se trouvent à la base de la Charia islamique.

    Il faut dire que les tentatives du Comité militaire provisoire de mettre la main sur le pouvoir et les mesures prises par le gouvernement présidé par Issam Charaf en ce qui concerne la restriction des libertés sont à la base de la seconde Intifada qui a commencé depuis quelques semaines et qui fut noyée dans le sang. En effet, ces deux piliers du régime ont tenté de bloquer les réalisations de la révolution du 25 janvier, d’abord en appelant à un referendum bâclé pour l’amendement de la Constitution dans le sens de laisser telles quelles les prérogatives du président de la République, de renforcer le lien entre l’Etat et l’Islam, mais aussi de criminaliser les mouvements populaires, à commencer par les manifestations, et de voter une nouvelle loi pour la formation des partis politiques dont le contenu ne manque pas de faciliter le retour du Parti national de Moubarak à la direction du pays. Tout cela pour contrecarrer la naissance d’une république démocratique.

    Ainsi, le retour à la politique de répression et à l’usage des « bandes armées » (houligans) payées par la bourgeoisie, les nouveaux accords militaires et sécuritaires passés avec les Etats-Unis, les déclarations rassurantes envers Israël constituent les titres de la nouvelle politique contre-révolutionnaire et permettent de faire la séparation entre les forces de la révolution et celles qui tentent d’en profiter. D’ailleurs, les divisions intestines au sein du mouvement des « Frères musulmans » et de certaines forces laïques montrent clairement que les quelques mois à venir ne manqueraient pas de voir naître des conflits violents, soit pour consolider l’alliance entre le Comité militaire provisoire, les restes du régime de Moubarak et les « Frères musulmans », soit encore pour préciser le rôle de l’Egypte dans le conflit qui se profile à l’horizon concernant la proclamation d’Israël « Etat juif » et l’exploitation du pétrole et du gaz en Méditerranée.

    Sur ces bases, nous trouvons dans le programme en sept points promulgué par les forces de la révolution en Egypte un programme concret et bien ciblé, surtout qu’il tend à la formation d’un nouveau gouvernement n’ayant aucun lien avec l’ancien régime et dont la légitimité est celle de la révolution même.

    Parmi les sept points, et en plus du côté politique, nous attirons l’attention sur les points 6 et 7. Le premier demande « l’élaboration d’un projet de budget stipulant la hausse du SMIG à 1200 guinées, la fixation du plafond à 15 multiples de ce SMIG et reliant les salaires aux prix ». Quant au point 7, il insiste sur « la nécessité de purger le Conseil des ministres, toutes les institutions de l’Etat mais aussi les banques et les médias, tout en empêchant les leaders du Parti national de participer ♪3 la vie politiques durant deux mandats consécutifs ».

     

    IV- Les développements de la situation en Syrie

     Quant à la situation en Syrie, elle évolue toujours au rythme des solutions militaires par lesquelles le régime vise à mettre fin aux mouvements de masse, d’une part, et de l’immixtion extérieure (étasunienne, française et turque, en particulier) dans les affaires syriennes, d’autre part. Cette immixtion vient du fait de la position stratégique de la Syrie sur deux routes essentielles convoitées par Washington : la première est celle qui va de la Caspienne vers Israël et la Mer rouge via la Turquie et la Syrie ; la seconde relie l’Irak à la Méditerranée. A cela s’ajoute l’importance revêtue par la découverte du gaz en Méditerranée entre la Palestine occupée, le Liban, la Syrie et Chypres et l’influence d’une telle découverte sur la Turquie (qui occupe le nord de Chypres) et sur Israël (qui tente, avec l‘aide de certaines sociétés étasuniennes, de faire main basse sur les champs découverts, dont notamment celui qui se trouve dans les eaux territoriales libanaises). De plus, il ne faut pas oublier que les Etats-Unis ont, à maintes reprises, exprimé leur désagrément quant à la coopération syro-iranienne, d’une part, et aux relations russo-syriennes qui se sont exprimé récemment par le renforcement de la présence militaire russe en Syrie et les nouvelles positions qu’elle vient d’obtenir dans ce pays.

    Il faut noter que les positions politiques prises par le régime syrien n’ont pas pris en considération ces facteurs dans la recherche de solutions aux problèmes et aux revendications reconnus par le président Bachar Assad comme étant des problèmes qu’il aurait fallu résoudre depuis 2005. D’où les développements des quelques dernières semaines ont exacerbé les dangers déjà existant contre l’unité nationale syrienne et poussé l’opposition démocratique notamment à mettre du sien afin d’empêcher la situation de dégénérer vers une division confessionnelle (sunnite-alaouite) et à revendiquer du pouvoir des positions claires quant au changement revendiqué par le mouvement populaire, en premier lieu la suppression de l’article 8 de la Constitution qui proclame l’exclusivité de la direction politique au seul Parti Baas.

    De plus, la décision du régime syrien de reconnaître l’Etat palestinien « dans les frontières de 1967 », qui constitue un changement en arrière, a augmenté les craintes, déjà existantes, sur la préférence de ce régime de faire des concessions là où il ne fait pas à qui il ne faut pas dans une tentative d’atténuer le poids de la pression extérieure proche et lointaine. Et, si les réunions dudit « Liqaa tachaouri » (Rencontre consultative) se sont faites, avec la présence de certaines forces de l’opposition, dans ce but, il faut dire que leurs résultats furent minimes et cela sur deux plans :

    -Le premier réside dans l’absence de toute allusion à l’amendement de la Constitution dans le communiqué final, le régime s’étant contenté de parler de la formation d’une commission juridique dont la mission est de procéder à une révision des chapitres et articles de cette Constitution.

    -Le second réside dans l’absence d’un agenda clair pour voter le projet de loi concernant la création des partis politiques, la loi électorale et celle sur les médias.

    Cette situation, jointe à la recrudescence de la violence dans tout le pays, demande l’amendement rapide de la Constitution, dont, en premier lieu, la suppression de l’article 8, et le vote des projets de lois précités. Cela seul pourra mettre en évidence la volonté de changement et facilitera, en conséquence, le retour à la paix civile. A cela s’ajoutent les revendications de l’opposition démocratique de mettre fin aux solutions militaires, traduire en justice les responsables des massacres qui ont coûté la vie à des centaines de martyrs civils et militaires.

    Seules de telles mesures pourraient mettre fin à la sédition confessionnelle qui devient de plus en plus concrète. Elles consolideraient aussi le front intérieur face à l’intervention impérialiste et remettraient la Syrie là où elle doit se trouver, dans le camp de ceux qui font face au projet du « Nouveau Moyen Orient » dont la phase actuelle vise, comme nous l’avons déjà mentionné, la liquidation de la cause palestinienne.

     

    V- La situation libanaise

    A la lumière des développements arabes et de la lutte pour le pouvoir

    La situation arabe très critique, surtout en Syrie, et le rôle joué par les Etats-Unis et Israël ont remis le Liban dans l’œil du cyclone.

    En effet, les Etats-Unis tentent de reprendre en main la carte libanaise et, ce, afin de l’utiliser dans des directions pouvant servir \leurs intérêts proches et futurs

    La première direction est celle des négociations directes avec Israël, ce qui présuppose de mettre en cause les armes de la Résistance (et non seulement du Hezbollah), mais aussi d’accepter le projet de naturalisation des Palestiniens vivant au Liban, tel qu’il fut élaboré en 1993… Le but final étant de normaliser les relations libano-israéliennes.

    La seconde direction est celle visant à faire pression sur la Syrie pour l’entraîner, elle aussi, vers les négociations directes avec Israël, en plus d’une certaine entente à propos de l’Irak et des sources d’énergie, tant celles provenant de la Caspienne que celle qui attendent d’être exploitées dans la partie orientale de la Méditerranée.

    La troisième direction est celle visant à faire passer en douce la proclamation d’Israël – Etat juif, mais aussi de lui assurer la reconnaissance nécessaire. Ce qui veut dire que nous devons nous attendre à déflagrations militaires, contre le Liban notamment.

    Tout cela dans le but de reconstituer la situation géopolitique dans la région, c’est-à-dire la troisième phase du « Nouveau Moyen Orient », à certains préfèrent donner le nom de « Nouveau Sykes-Picot ».

    Pourquoi le choix de la carte libanaise ?

    Parce qu’il assez facile de faire exploser le Liban sur des bases religieuses et confessionnelles, inhérentes à son régime politique et facilitées aujourd’hui par deux facteurs : l’accusation lancée par le Tribunal international pour le Liban contre certains membres du Hezbollah dans l’assassinat de l’ex président du Conseil Rafic Hariri et les frontières maritimes du Liban, puisqu’Israël a déjà fait son propre tracé qui dépossède le Liban de plusieurs centaines de km carrés et que des sociétés transnationales, étasuniennes surtout, tentent de mettre la main sur les centaines de milliards de dollars que représentent les gisements de gaz.

    Il faut dire aussi que la situation intérieure actuelle facilite, elle aussi, les tentatives israélo-étasuniennes et autres. En effet, si les six premiers mois de l’année en cours furent caractérisés par un vide constitutionnel dû à l‘absence d’un gouvernement, la situation actuelle n’est pas meilleure, vu que le gouvernement formé par Najib Mikati, à partir d’une nouvelle majorité née de l’alliance des représentants de la bourgeoisie regroupés dans ce qu’on appelait « le 8 mars » ( Le Hezbollah, Aoun, le mouvement Amal, en particulier) et quelques représentants du « 14 mars » (représentés par le président du Conseil lui-même et Walid Joumblatt), regroupe parmi ses membres plus de six représentants de l’oligarchie financière, de ceux qui avaient participé à la mise au point des politiques économiques et financières qui ont appauvri la majorité des Libanais et relevé la dette publique à plus de 65 milliards de dollars.

    Aujourd’hui, et par le fait de telles politiques, la moitié des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté et le taux des plus démunis (vivant avec quelques 60 dollars par mois) est passé de 8% à 13%. La majorité d’entre eux vivait de l’agriculture dont le rôle s’est dégradé.

    C’est à partir de cette situation que nous avons étudié le projet présenté par le nouveau gouvernement, qui constitue, en réalité, une copie conforme de celui du gouvernement sortant. C’est un projet brumeux, surtout en ce qui concerne les réformes nécessaires, tant celle concernant la loi électorale que celles visant des changements sociaux dont, en particulier, la discrimination contre les femmes ou les salaires gelés depuis 1996. Sans oublier que rien n’est dit à propos de la sécurité sociale ou de l’enseignement public ou du chômage, surtout parmi les jeunes, ou, enfin, du poids lourd des impôts…

    Quant à la situation économique, le programme ne sort pas des politiques appliquées du temps de Rafic Hariri au début des années quatre-vingt-dix du siècle passé et qui sont à la base de la crise étouffante dont souffre le Liban.

    Nous publions ci-dessous certains indices qui ont paru à la suite des six premiers mois de 2011 :

    a- Les finances publiques, la politique monétaire et le secteur bancaire

    La Banque centrale libanaise continue à absorber, à des taux d’intérêts exorbitants, le surplus de liquidité dans le secteur bancaire. Cela a abouti, selon les dernières statistiques parues le mois passé, à une hausse des intérêts perçus par les banquiers et leurs riches clients, à cause du service de la dette publique au dépens des citoyens les plus démunis et qui se trouvent ainsi privés des services de base, dont l’ eau, l’électricité, la sécurité sociale et médicale.

    En réalité, il y a 63982 milliards de l. l. gardée par la Banque centrale sous l’article « dépôts des banques commerciales ». le taux des intérêts perçus s’élève à 2,92% pour les dépôts en l.l. et 3,29% pour ceux en dollars. Le coût de ces sommes est très élevé et dépasse 500 millions de dollars au moment où les taux d’intérêt sur le plan mondial ne dépassent pas de beaucoup le zéro. De plus, la banque centrale a émis de nouveaux bons de trésor, à des taux d’intérêt allant jusqu’à 9,23% pour résorber l’excès de liquidité ; ce qui a donné de nouvelles possibilités aux banques pour gagner quelques 452 milliards de l. l.

    Il faut dire, enfin, que les capitaux actuels des banques ont atteint, à la fin de mars passé, 122,5 milliards de dollars, c.a.d. 4 fois le produit national. De plus, les banques avaient financé une dette publique de plus de 65 milliards de dollars, à la fin de 2010, mais aussi des dépenses générales dépassant les 130 milliards durant les 15 années passées. Le déséquilibre dans ce domaine n’est pas le fait d’une seule institution. En effet, d’après la Commission parlementaire des finances et du budget, les « crimes financiers » furent commis par des conseillers nommés hors cadre et qui tiennent en main non seulement tous les fonctionnaires mais aussi les ministres ; ils suppriment des décrets et passent outre les décisions des directeurs généraux, accomplissant tout leur travail loin de tout contrôle. Notons aussi dans ce domaines les « donations » non enregistrées et les « emprunts » non enregistrés.

     b- Les politiques contre l’économie productive

    Les politiques économiques qui visent à marginaliser l’industrie et l’agriculture se poursuivent malgré la capacité de ces deux secteurs à attirer les capitaux et à créer de nouveaux emplois. Ces politiques sont le fait des banques qui trouvent que ces secteurs ne procurent pas assez de gains !

    Dans le secteur industriel, les statistiques de la direction de la « Société générale pour l’encouragement de l’investissement » notent que, depuis 2003, l’industrie a bénéficié de 17% seulement de l’ensemble des projets appuyés par cette société, et son lot est de 12% de l’ensemble des investissements. D’ailleurs, l’industrie fait face à de nombreux problèmes, dont le plus important fut toujours le refus des différents gouvernements de diminuer le prix de revient de l’électricité, mais aussi du mazout et du fuel.

    Quant au secteur agricole, il est toujours représenté comme étant un secteur économique secondaire ; conclusion erronée, puisque la production végétale dans ce secteur atteint le milliard de dollars et la production animale 500 millions de dollars. Quant au nombre de ceux qui y travaillent, il est à noter que 40 000 louent une partie des quelques 240 000 propriétés recensées, tandis que les ouvriers agricoles varient entre 22 000 et 25 000. ce qui fait que ce secteur fait vivre tant bien que mal (plutôt mal pour la grande majorité) quelques 260 000 familles.

     c- Les leaders des taïfas planifient le vol des richesses découvertes en mer

    Non contents d’avoir appauvri le peuple, les émirs de confessions religieuses au pouvoir tentent de lui voler les nouvelles richesses, le gaz surtout, découvertes dans les eaux territoriales libanaises.

    Cette nouvelle source d’énergie est évaluée par la société étasunienne « Noble Energy » (qui œuvre avec le gouvernement israélien) à quelques 122 trillions de pieds cubes (le pied est égal à 0,028 mètre cube) ; elle se trouve dans la mer entre les eaux territoriales libanaises et celles de Chypres.

    Mais le scandale vient du fait que le gouvernement et le parlement libanais tergiversent depuis longtemps et n’ont pas encore promulgué une loi concernant l’extraction de cette source d’énergie. En effet, depuis 2007, l’accord pour délimiter les frontières maritimes avec Chypres est bloqué, ce qui a permis à Israël de signer un accord bilatéral avec ce pays et de croquer quelques 5 km le long de la côte libanaise (ce qu’Israël appelle le champ de Léviathan).

     d- Le téléphone cellulaire et l’électricité et les tentatives de privatisation

    Une nouvelle tentative de privatiser les secteurs de l’électricité et du cellulaire vient de commencer. Elle se présente sous forme de retard à assurer les quelques 4,8 milliards de dollars nécessaires au plan quinquennal (2010-2015), dont 1,2 milliards seulement sont collectés ; à cela s’ajoute que la part du gouvernement ne dépasse pas les 31,2% tandis que celle des sociétés privées libanaises est de 51,1% contre 20,7 pour le financement extérieur.

    e- Les monopoles et la corruption

    Les libanais continuent à souffrir des problèmes de fraude, de nourriture avariée, des faux médicaments, mais aussi des gains exorbitants réalisés par des particuliers au dépens de leur santé et de leur vie et des impôts indirects que les gouvernements successifs leur imposent. Un exemple : les 215 tonnes de blé étasunien arrivés récemment au port de Beyrouth. Cependant, rien ne fut fait, comme d’habitude, pour punir les responsables… D’ailleurs, le « Conseil national pour la sauvegarde des consommateurs », créé il y 5 ans sous l’égide du ministère de l’économie, s’est réuni deux fois seulement, la dernière datant de 2009.

     Tout cela nous ramène à poser une nouvelle fois le problème du mouvement populaire face à ces politiques réactionnaires qui approfondit la dépendance, tant politique qu’économique, du régime libanais au capitalisme mondial. Ce mouvement, regroupé sous le slogan « A bas le régime confessionnel » doit aller plus de l’avant face à ceux qui tentent de renforcer les divisions religieuses et confessionnelles à un point qui recommence à menacer non seulement l’unité nationale mais aussi l’existence même du Liban.

    D’où la nouvelle phase de ce mouvement revêt une très grande importance, tant par les slogans qu’elle avance, et qui visent la loi électorale et la promulgation de statuts personnels civils, que par les forces ayant intérêt à faire le changement, en premier lieu le mouvement syndical et le mouvement progressiste et démocratique.

    Les préparatifs vont bon train pour la tenue d’un congrès national regroupant toutes les forces politiques et sociales démocratiques ; parce qu’un tel congrès est la seule solution face à la bourgeoisie intérieure qu’à l’agression israélienne qui se prépare contre le Liban et ses forces de résistance. Ainsi, l’union qui se fera entre le facteur changement et celui qui vise à libérer ce qui reste des territoires occupés (les fermes de Chebaa et les hauteurs de Kfarchouba) constituera la seule base ferme sur laquelle le Liban indépendant, souverain et non confessionnel se reconstruira.

    Fin juillet 2011

    Le Comité des relations internationales du PCL


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  • SYRIE – Mensonges et manipulationsPour avoir une autre source d'information, de quelqu'un qui revient de Syrie ces jours-ci, on peut aussi se reporter au témoignage de Pierre Piccinin, professeur d’histoire et de sciences politiques en Belgique, qui non seulement rapporte un témoignage direct et récent sur la situation dans plusieurs villes du pays mais conclut par une analyse qui nous concerne au premier chef, ici :

     

    "Ainsi, depuis plusieurs mois, c’est une réalité imaginaire que les médias diffusent à propos de la Syrie, une réalité revue et corrigée par une source unique sur laquelle personne, semble-t-il, n’a jugé utile de s’interroger.

    Cette image d’une Syrie en pleine révolution et d’un parti Baath au bord du gouffre ne correspond en aucun cas à la réalité du terrain, où le pouvoir contrôle la situation et où la contestation s’est considérablement réduite.

    Mais, au-delà de cette désinformation relative au cas syrien, il y a plus grave : de manière générale, les leçons de Timisoara, de la Guerre du Golfe ou des événements de Yougoslavie n’ont toujours pas porté. Et les médias, même les plus fiables, continuent de se laisser prendre au piège des dépêches hâtives, sans prendre davantage le temps d’en vérifier ni le contenu, ni l’origine, au risque de servir à leurs lecteurs une réalité virtuelle et de leur construire un monde imaginaire..." 

     

    Texte complet

    SYRIE – Mensonges et manipulations 

    (dont chacun jugera de l'importance) dans 

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25850


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    Manifestation sans précédent en Israël pour la justice sociale

     

    Le Printemps israélien a démarré en plein été. Deux cent mille manifestants à Tel Aviv, plus de 300 000 dans l'ensemble d'Israël ont descendus dans les rues des villes israéliennes samedi soir pour protester contre la vie chère.

    C'est le plus grand rassemblement à avoir eu lieu depuis que des centaines de jeunes Israéliens ont installé des tentes sur le boulevard Rothschild dans le nord de Tel Aviv le mois dernier pour protester contre le coût inabordable du logement.

    Les autres villes avaient rapidement vu apparaître elles aussi des campements de protestataires, et le mouvement s'est transformé en une grande vague de protestations populaires contre la flambée du coût de la vie. Les manifestants se plaignent non seulement des prix de l'immobilier mais aussi de ceux des produits alimentaires de base, de la garde d'enfants, ou encore des impôts sur l'essence.

    «Un nouveau pays», «Israël est dans la rue», titrait en page de couverture et en bleu et blanc -les couleurs nationales-, Yédiot Aharonot, principal quotidien du pays.


    «Netanyahu et ses ministres ne pourront pas ignorer ce cri, parce qu’il exprime une force qui menace leur maintien au pouvoir», estime son éditorialiste-vedette Nahoum Barnéa.

    «Il me semble qu’il s’agit de la plus grande manifestation de défiance qui ait jamais été organisée dans les rues de Tel-Aviv», enchérit Sima Kadmon, spécialiste des questions politiques du journal.

    Plutôt laïc, plutôt de gauche mais dépassant largement ces deux catégories, le mouvement est venu de la base. «Le peuple s’est levé», titre de son côté en Une le Maariv (populaire) sur une photo aérienne montrant des rues bondées de manifestants.
    «Le peuple d'Israël»

    «Ni gauche, ni droite, ni centre, ni marginaux. C’est le peuple d’Israël qui est mécontent de la vie ici, des charges pesant sur lui, du système injuste qui permet à une minorité de festoyer sur le compte des masses écrasées», écrit Ben Caspit dans un éditorial.

    Les représentants du mouvement de contestation sociale en Israël déclenché à la mi-juillet entendent durcir leur lutte pour exprimer leur colère contre le vote par le Parlement d'une loi sur le logement présentée par le gouvernement.

    Cette loi a été votée en troisième et dernière lecture mercredi en début d'après-midi par 57 voix contre 45, a-t-on appris de source parlementaire.

    En vertu de cette loi, une "sous-commission nationale de la construction" sera chargée d'examiner et d'approuver les projets de logements.

    Cette commission comprendra notamment des représentants du bureau du Premier ministre et du ministère de l'Intérieur. Mais les dirigeants de la protestation craignent qu'elle ne favorise les chantiers destinés aux logements de luxe plutôt qu'à l'habitat à bas prix.

    Avant le vote du texte, le président de l'association des étudiants Yitzhik Shmuli a averti à la radio militaire que la protestation allait se durcir car "cette loi ne permet pas de proposer des logements abordables, comme le réclament des centaines de milliers d'Israéliens qui manifestent ou nous soutiennent".

    L'Association pour la protection de la nature a aussi mis en garde à la radio contre cette loi qui raccourcit la procédure de la construction et risque de mettre ainsi en péril l'environnement.

    Des centaines de manifestants ont bloqué une dizaine de carrefours routiers à travers le pays, et six personnes ont été interpellées.

    "Netanyahu et son gouvernement sont sourds à la voix du peuple", a déclaré à la radio publique Yotam Brum, un dirigeant des étudiants.

    Installés dans des campements dans plusieurs villes, les chefs de la "révolte des tentes" ont poursuivi leurs discussions pour fixer leurs revendications et les présenter au Premier ministre.

    Le quotidien Jerusalem Post publie pour sa part un sondage selon lequel un "parti social" représentant le mouvement de contestation pourrait, s'il était créé, obtenir 20 sièges au Parlement (sur 120).

    Depuis la mi-juillet, une foule d'Israéliens participent à la "révolte des tentes" contre l'explosion des prix des logements à l'achat et à la location.

    Le mouvement, qui regroupe une quarantaine d’organisations sociales, dénonce aussi la politique de privatisations à outrance menée par les différents gouvernements d’Israël pendant des décennies, qui dégraderait le service public.


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  • En Syrie, pas de trêve pour le ramadan


    Durant le ramadan "chaque jour est un vendredi", écrivent sur leur site les insurgés de "Syrian Revolution 2011". Et malgré les chars, les mitrailleuses, les privations et les morts qui s’empilent, les Syriens sont à nouveau dans la rue.

    C’est le premier vendredi du ramadan, ce n’est pas rien. Et les Syriens sont encore descendus massivement dans la rue, de nombreuses manifestations devraient se poursuivre dans la nuit. Le mot d’ordre du jour : "Dieu est avec nous. Et vous?". Il y a eu hier déjà, de nombreux rassemblement dans la soirée dans plusieurs villes, après les cérémonies et le repas.

    Selon les estimations des ONG, ils seraient 70000 à manifester à Deir ez-Zor et 30000 à Homs, deux villes où les forces de sécurité d’Assad sont nombreuses. Il y a plusieurs milliers de personnes également à Damas, Harasta, Idlib.
    Au moins dix manifestants ont été tués vendredi par les forces de sécurité près de Damas et à Homs. Les troupes d’Assad ont ouvert le feu sur des hommes qui sortaient d'une mosquée dans le quartier de Ter Maala, à Homs. Dans la banlieue de Damas, des munitions à fragmentation auraient été utilisées contre des manifestants.

    Fait nouveau, des Syriens ont pris les armes et tendu une embuscade aux loyalistes dans le nord-ouest du pays, près d’Idleb. Deux membres des forces de sécurité d’Assad sont morts, huit autres blessés.

    C’est aussi le sixième jour de bombardement continu sur Hama. Il y a au moins 140 morts depuis le début de la semaine. Mais comme les communications, téléphones et Internet sont coupés, les seules informations parviennent par des habitants ayant pu fuir la ville, encerclée par des tanks. Il n'y a plus d'eau courante ni l’électricité non plus, et la nourriture vient à sérieusement manquer.

    Une vidéo datée d’aujourd’hui montre un tank et des tirs intensifs de mitrailleuse lourde dans la ville de Hama.


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