• Les communistes syriens prônent toujours l'ouverture d'un grand dialogue national pour sortir de la crise en dehors de toute ingérence extérieure

    Flag-map of SyriaLe dialogue est-il impossible ?

    Communiqué du Parti communiste syrien (unifié)

    Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

    Depuis le début des événements en mars dernier, deux voix se sont faits entendre dans notre pays, la première par le son des balles, l'autre c'est celle de la sagesse, du dialogue et du rationalisme.

    Les balles ont fait leur travail. Des irresponsables ont réussi à déstabiliser le pays, terrorisant les citoyens et les privant d'une des choses qu'ils chérissaient le plus jusqu'alors... la sécurité, et sabotant plusieurs usines construites par les Syriens au fil des décennies.

    Des balles ensanglantées, nées de provocations et d'excitations, alimentées par des discours emplis d'ignorance ont révélé à quel point les forces obscurantistes ont réussi à corrompre les esprits d'une partie de la jeunesse au cours des cinq dernières décennies. Avec une liberté absolue, ces forces ont œuvré, circulé et conspiré, alors que les appareils d’État dans le même temps ont exercé des restrictions contre des penseurs éclairés et laïcs. Ce sabotage a assombri les esprits des Syriens, nourri la haine des autres dans leurs têtes et contribué à libérer les instincts les plus vils. Les événements violents qui ont lieu dans nombre de régions Syriennes montrent que la priorité urgente doit être de travailler les esprits de la jeunesse de notre pays. Un tel travail ne peut être le fruit que des efforts unitaires des forces démocratiques et laïques, qui doivent contribuer à libérer les esprits de la jeunesse de cette pollution intellectuelle.

    Certains pourraient objecter – et en fait, c'est bien ce qui se dit – que la force est le seul moyen de remettre ces esprits en place. L'expérience récente montre bien que la force seule, si elle n'est pas accompagnée d'une action politique de tous les instants et de solutions politiques, ne peut que compliquer les choses et provoquer de nouvelles tragédies.

    La solution en Syrie devient de plus en plus compliquée, la violence est devenue une pratique quotidienne. La crise Syrienne est devenue régionale et internationale. Les forces obscurantistes ainsi que les groupes armés sont de plus en plus nombreux et actifs. Ils ont pris l'initiative, indépendamment de leurs différences en terme d'idéologie, de doctrine, d'orientation et de relations sociales. Des groupes oppositionnels sont parvenus à faire dérailler les mouvements de protestation, pacifiques à l'origine, et à les faire entrer dans le cercle de l'action armée.

    Les conséquences de cette transformation ne sont pas seulement dangereuses mais bien catastrophiques pour notre pays.

    Cela impose à toutes les forces patriotiques, nationalistes, de gauche, démocratiques et laïques d'unir leurs efforts pour trouver une solution pour la crise dans notre pays sur la base d'une solution politique qui ferait de la Syrie une société démocratique et pluraliste, régie par les principes d'un État de droit. La voie menant à cette solution est celle du dialogue, et seulement celle-ci. Seul le dialogue peut nous permettre d'atteindre ce but.

    Jusqu'à présent, il y eut plusieurs tentatives pour lancer un dialogue entre ces forces. Il est possible de dire qu'il y a une forme de dégel pour ce qui est des relations entre ces forces. Pourtant, nombreux sont encore les obstacles qui empêchent ces forces de parvenir à des solutions pacifiques, menant à un accord historique entre tous les partis intéressés à un pays de progrès, démocratique et sûr, en préservant son orientation patriotique.

    La relance des efforts visant à parvenir à une solution politique exige de tous les partis qu'ils sortent du cercle alimentant les groupes armés dont la force n'est que la conséquence du manque de place laissé à une solution politique hors de toute ingérence extérieure. Cela exige également la fin des conditions posées à l'ouverture du dialogue. La foi dans la capacité à trouver des solutions à cette situation complexe sans dialogue est erronée et ne peut nous conduire qu'à l'enfermement dans un cercle vicieux. Dès que le dialogue sera lancé, de nouveaux horizons s'ouvriront et de nombreux obstacles seront levés. La réalisation de tous les objectifs mentionnés ci-dessus nécessite de tous les partis qui participeraient au dialogue un certain degré de réalisme politique, une compréhension du rapport de forces politique. Il ne doit jamais négliger les activités de groupes armés qui refusent et n'ont aucun intérêt à trouver une solution. Ces groupes ont des liens avec des cercles impérialistes étrangers qui leur fournissent de l'argent, des armes, des hommes et des médias bienveillants. Ils appellent à une intervention impérialiste étrangère – Américaine et Européenne – mais aussi de pays réactionnaires Arabes afin de détruire et de diviser la Syrie. Leur lutte n'est pas dirigée uniquement contre le régime, comme ils le prétendent, c'est une lutte pour liquider la Syrie et en faire une nouvelle Libye. Ils n'atteindront pas le but même si toutes les forces impérialistes les rejoignent dans leur tâche !


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    Investig'Action - La vérité sur la Syrie : des hommes fous en costume gris

    Chers camarades des partis communistes et ouvriers du monde entier,

    Des événements terribles continuent de se dérouler en Syrie depuis près de deux mois, à partir de l'émergence d'un mouvement de protestation soulevant de légitimes revendications locales et générales parmi la population du gouvernorat de Daraa. Ce mouvement a fait la lumière sur la présence de problèmes majeurs dans la vie politique Syrienne : le maintien de l'état d'urgence, l'absence de lois régissant l'activité politique, et ainsi de suite. En outre, il a attiré l'attention sur la colère populaire à propos de la dégradation des conditions ainsi que du niveau de vie des Syriens à la suite du virage de la Syrie vers une économie de marché – la diminution des aides d'Etat pour les pauvres, l'érosion des subventions pour les produits de première nécessité et la production agricole, et l'ouverture au libre-échange qui ne s'est pas accompagnée d'une modernisation de l'industrie Syrienne – qui a abouti à une hausse du taux de chômage, en particulier chez les jeunes. Cela a également mené à l'adoption de trois décrets : la fin de l'état d'urgence, la dissolution de la Haute cour de sûreté de l’État, et la légalisation des manifestations pacifiques. Des commissions spéciales ont également été mises sur pied et chargées de rédiger des lois entre autres sur les élections, les partis, les médias. D'autres lois traitant des questions économiques et sociales sont également en cours d'élaboration.

    Néanmoins, les manifestations se sont répandues à d'autres villes, en raison de la réaction sécuritaire disproportionnée des autorités dans leur façon de traiter les manifestants dans les rues, ce qui a causé un certain nombre de victimes. A peine ce mouvement avait-il vu le jour qu'une formidable campagne médiatique de masse avait été lancée par plusieurs chaînes satellite Arabes et étrangères, profitant des dernières technologies. Cette campagne a eu recours à la falsification, à l'exagération et à l'incitation. A noter dans cette campagne, l'intérêt Américain, prétendant faussement avoir de la sympathie pour les citoyens Syriens, comme si nous étions supposés oublier la mort, la destruction, et les conflits ethniques et communautaires provoqués par les administrations américaines successives dans diverses régions du monde, en particulier en Irak.

    La Syrie a joué un rôle clé en déjouant les plans des États-Unis au Proche-orient visant à redessiner la région dans les intérêts des peuples Arabes, à porter un coup à la résistance Palestinienne, et à servir l'expansionnisme d’Israël, violant le droit du peuple Palestinien au retour, son droit à l'auto-détermination, son droit à un État palestinien ayant Jérusalem-Est comme capitale, et le droit de la Syrie à récupérer les territoires Syriens occupés. Voilà pourquoi notre parti soutient la fermeté de la Syrie contre de tels projets, et voilà pourquoi la position nationale de la Syrie a bénéficié du soutien des peuples Arabes, du mouvement communiste international et des mouvements de libération nationale dans le monde.

    Comme nous le savons tous, la politique nationale de la Syrie a été plus forte que les intrigues étrangères, aussi imposantes puissent-elles être. Mais nous avons toujours mis en garde contre le fait qu'un complot pouvait naître de l'intérieur, et nous avons insisté sur le fait que la politique étrangère de résistance de la Syrie devait s'accompagner de sa contre-partie sur le plan de sa politique intérieure, et que le négliger serait ouvrir la voie aux grandes puissances résolues à la domination du monde qui manipuleraient la situation intérieure du pays en s'y immisçant, tentant de faire dérailler le cours des événements afin qu'ils servent leurs intérêts.

    Notre parti a dit publiquement, depuis le tout début, que les manifestations ont été initialement lancées par les masses dont les orientations politiques s'inscrivent en opposition avec le colonialisme et toute forme d'ingérence étrangère dans les affaires Syriennes. Le peuple a le droit de protester contre les injustices commises par les responsables administratifs et les forces de sécurités locales dans les gouvernorats, et contre les injustices subies par de vastes couches de la société Syrienne. Notre parti a demandé entre autres à ce que la violence cesse, que les revendications légitimes des masses soient entendues, que l'on traite sans violence les manifestations pacifiques. Dans le même temps, nous avons mis en garde contre les tentatives d'exploitation des manifestations populaires, d'exacerbation des tensions communautaires et de destruction de l'unité nationale du peuple Syrien avec comme objectif de répandre le chaos, par des conspirateurs financés et incités par des forces étrangères opposées à la politique nationale de la Syrie. Ainsi, à plusieurs reprises, nous avons exhorté le gouvernement à promulguer des lois de réforme et à les mettre en œuvre aussi vite que possible. Nous avons indiqué clairement que de telles mesures nécessitent la restauration du calme et d'une vie normale dans les villes Syriennes, ce qui en échange exige la fin de la spirale de la violence, des arrestations et des représailles, de la part de toutes les parties.

    Mais le cours des événements a changé récemment. Des bandes armées visant les forces de l'armée et de la police, mettant à sac les propriétés privées et publiques, ont fait jour, faisant de nombreuses victimes, à la fois parmi les civils et les membres des forces de sécurité. Plusieurs villes du pays sont désormais paralysées. L'attitude agressive de ces bandes armées a éclipsé le mouvement de protestation pacifique. Les médias Syriens ont diffusé des vidéos montrant des groupes fondamentalistes terroristes qui admettaient avoir reçu de l'argent et des armes de la part de l'étranger pour lancer des attaques contre le personnel de sécurité ainsi que leurs familles.

    Le Parti communiste syrien a publié une déclaration – qui a remporté une large adhésion parmi les forces nationales – exigeant la tenue d'une conférence nationale réunissant tous les partis politiques, y compris l'opposition nationale à l'intérieur du territoire Syrien, des représentants des syndicats et des associations professionnelles, des leaders intellectuels, culturels, économiques et religieux, pour le dialogue et la réconciliation. La mission de la conférence nationale est de parvenir à un consensus sur un programme nationale pour mettre le pays sur la voie d'une réforme d'ensemble politique, économique et sociale qui contribuerait à créer une nouvelle Syrie démocratique, un État de droit qui garantisse les libertés publiques pour tous les citoyens et toutes les composantes de la société civile telles que les partis politiques, les syndicats et les associations civils, un État qui reconnaisse le pluralisme politique et les libertés de réunion et d'expression, un État où la vie publique serait libre de toute censure, un État qui permette aux citoyens d'exprimer leurs besoins et leurs aspirations politiques, économiques et sociales dans un cadre communément admis d'une compétition pacifique, un État dans les institutions duquel tous les citoyens participent au progrès de la Syrie, un État qui promeuve la dignité de son peuple, réalisant un développement social et économique harmonieux, défendant les intérêts de toutes les couches sociales, mettant les pauvres avant les riches, renforçant la fermeté de notre pays face aux projets de capitulation, et renforçant la lutte pour libérer le Golan.

    Notre parti a dit que les Syriens étaient conscients des insuffisances de notre situation interne. Ils peuvent également faire la distinction entre ceux qui demandent des réformes politiques et le développement économique et social afin de renforcer le front intérieur et ceux qui tentent de tirer profit de la situation pour attiser des conflits qui ne servent que les ennemis de la Syrie.

    Il est devenu assez clair que les interventions impérialistes dans les affaires internes de la Syrie sous le prétexte de la « démocratie », menées par les gouvernements Français et Américains, en chœur avec les gouvernements Britanniques et Allemands, se trouvent derrière la campagne médiatique de masse contre la Syrie, la campagne employant un certain nombre de dissidents Syriens en exil qui se sont associés au projet Américano-Israélien dans la région.

    Notre peuple prend les menaces pesant sur notre pays très au sérieux et se rassemble pour y faire face. Les intrigues étrangères ne réussiront pas à changer la politique nationale de notre pays : l'opposition de la Syrie au projet Américano-Israélien ; la lutte de la Syrie pour libérer le Golan ; le soutien de la Syrie à la lutte du peuple Palestinien pour libérer leur terre, pour créer un Etat palestinien ayant Jérusalem-Est comme capital, ainsi que les luttes pour libérer l'Irak de l'occupation Américaine et le Sud-Liban de l'occupation Israélienne.

    Nous apprécions beaucoup les positions fermes et positives de la Russie ainsi que de la Chine exposant les dangers pesant sur la Syrie et apportant un soutien total à la Syrie dans cette crise.

    Désormais, notre pays travaille avec d'autres partis Syriens, avec les forces d'opposition nationales, et divers courants de la société civile afin de mettre en place notre proposition d'une conférence pour le dialogue national.

    Avec nos meilleurs vœux fraternels,

    Hunein Nemer, Premier secrétaire du Parti communiste syrien

    Traduit par AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/.

    Source : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-le-parti-communiste-syrien-soutient-les-revendications-legitimes-du-peuple-syrien-pour-une-democrati-76911721.html


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  • Le communiqué du 9 février signé par la CGT, à propos des évènements en Syrie, est d'une dangerosité sans pareille. 
    Il est criminel. 
    Je m'en désolidarise totalement. Nous devons demander des comptes à Thibault et à la direction nationale de la CGT devant cette infamie. Thibault soutenant Sarkozy Merkel et Obama ça défrise. 
    Il suffit de regarder honnêtement les infos pour savoir que comme en Libye l'impérialisme, ennemie des peuples du monde et du notre en particulier est à la manœuvre pour détourner une juste lutte du peuple syrien à son profit. Mon écœurement est total et, camarade, les choses ne peuvent pas en rester là. Thibault doit rendre des comptes.
    J'apporte mon soutien total à la lutte du peuple syrien qui souhaite que ses revendications fondamentales soient satisfaites. 
    Ce peuple a le droit de régler lui-même ses propres affaires sans intervention extérieure, ce qui en train de se passer. 
    Les personnes honnêtes, les militants qui cherchent des infos sur ces luttes les trouvent. 
    Ceux qui croient comme vérité d'évangile une presse et une radio aux ordres qui annoncent chaque jour depuis plusieurs mois qu'il y a des centaines de tués en Syrie et donne le même chiffre de 6 000 ne sont pas crédibles. 
    Les reportages montrant que des milices surarmées mènent une véritable guerre contre le pouvoir actuel et le peuple syrien sont facilement accessibles. Les ordinateurs de la confédération sont ils en panne ?

    (Jacques Lacaze, secrétaire général de l'UL CGT de Liévin)

    Écrit par : Lacaze | 11/02/2012


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  • Canaille 159

     

    Pourquoi La Canaille n'ira pas manifester.


     

    Il ne s'agit pas par cette absence de soutenir le régime d'Al Assad qu'ici et alors totalement isolé l'auteur de ces lignes stigmatisait comme un despote qui se cachait derrière un soutien ambiguë à la cause palestinienne quand il était invité d'honneur au défilé du 14 juillet.[  Ici, Syrie, pour aider à y voir plus clair(02 juin 2011)] [interrogation à dimension culturelle 04 novembre 2011]


     

    Pas de « girouettisme militant » sur mes p@ges.

     

    A la question « ne pas y aller tu le cautionnes », la réponse est ferme : « en y allant qui cautionnez-vous ? »

     

    Il ne s'agit pas d'être indifférent  au sort du peuple syrien emmené délibérément dans une guerre civile par ceux qui piaffent d'impatience de mettre au pouvoir les clones de ceux qu'ils viennent de porter au pouvoir en Libye.

     

    Renforcer le porte avion impérialiste pour maintenir ouvert par TOUS les moyens l'accès au pétrole au gaz et aux minerais et si possible engagé une « opération Bagdad » sur Téhéran ? Pas question de soutenir cela.

     

    Ce n'est pas en dehors de la question mais ce jour, pour contextualiser, comme on dit sur les chaines spécialisées :

     

    « Total a annoncé, vendredi 10 février, un résultat net ajusté de 11,4 milliards d'euros en 2011, en progression de 11 % par rapport à 2010 et un chiffre d'affaires de 184,7 milliards (+ 16 %). »

     

    Voir dans le panel des appelants, aux  côtés du ramassis de tout ce que les guerres coloniales ont produit de pleutres ou d'activistes et commis de l'impérialisme les sigles du PCF du Mouvement de la Paix, la CGT, la FSU, au lendemain de la commémoration de Charonne est source d'une indicible colère mâtinée de sidération.

     

    Comment ont-il pu en arriver à oublier toute référence à ce qu'est la stratégie impérialiste du capital, à effacer d'un trait tout leur passé d'organisation au services de la paix et des droits des peuples ?

     

    Se posent-ils la question de leur présence à cette manif alors que leur passivité devant les « Totalocraties » de Birmanie et d'ailleurs est patentes, qu'ils n'ont eu aucune initiative publique pour dénoncer les massacres de la monarchie marocaine contre le peuple sahraoui et qu'ils ne manifestent plus contre l'expansionnisme colonial d'israel pourtant condamné par l'ONU.

     

    Ressaisissez-vous ! Reconstruisez une solidarité avec le peuple syrien à partir de ses exigences propre mais pas en soutenant les sabres des salafiste au service des dividendes des compagnies pétrolières.

     

    Mais ce ressaisissement, en êtes-vous encore capable?

     

    Si l'impérialisme arrive à ses fins, et il y met les moyens, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

     

    C'est un esprit munichois qui sur ce dossier vous guide.

     

    Derniers points :

     

    -Qui a tué le journaliste de france télévision ? Dans quelles conditions, et avec quel type d'armes, fournies par qui ? Pourquoi ce silence dans les lucarnes ?

     

    - jetez donc un œil sur ce que l'ami Jacques met en ligne sur la place de la France dans la région et sa façon très particulière d'aimer la Syrie : [ici et c'est instructif]

    Par canaille le rouge

     Syrie : Non au consensus pro-impérialiste (collectif Polex PCF)

    Depuis maintenant plusieurs mois, l’impérialisme occidental, États-Unis en tête, avec Sarkozy-Juppé et l’émir du Qatar en brillants seconds, cherche à renverser au profit de ses protégés le gouvernement de la Syrie, selon le procédé qui a été mis en œuvre en Libye (insurrection armée, intervention étrangère à prétexte humanitaire, et conquête).

    Ceux d’entre nous qui combattent l’impérialisme depuis longtemps, et qui restent fidèles aux idéaux de paix et d’égalité entre les peuples, répètent que toute intervention extérieure dans la guerre civile en Syrie est inacceptable et irresponsable.

    C’est pourquoi nous avons été choqués de voir un appel à manifester à Paris en faveur des opposants syriens, et contre le seul gouvernement syrien, qualifié de criminel et sommé de laisser la place à ses adversaires. Mais notre étonnement a fait place à l’indignation en voyant l’incroyable panel unanime des signataires : aux côtés d’opposants syriens, le Parti Socialiste, en toute logique puisqu’il a approuvé la guerre de l’OTAN en Libye, mais aussi le NPA, le Mouvement de la Paix, la CGT, la FSU et le PCF ! Il ne manque à ce consensus pro-impérialiste, alors qu’Obama et Juppé-Sarkozy envisagent une intervention « humanitaire », que la signature de l’UMP, que les précédents n’ont pas voulue.

    Camarades et amis, qui pensez être progressistes, interrogez-vous ! Quand on ne fait que répéter ce que disent nos adversaires politiques, n’est-il pas temps de se poser des questions ?

    • Le régime du Baath en Syrie est de nature autoritaire, et ses opposants, de gauche et de droite, en ont subi le poids depuis longtemps.

    - Mais pourquoi ne dites-vous pas qu’il est aussi au Moyen-Orient un système à peu près laïque, protecteur des diverses communautés du pays, par exemple, des minorités chrétiennes, persécutées dans l’Irak voisin « libéré » par l’Occident, et opposé à l’impérialisme israélien ?

    - Pourquoi ne dites-vous pas que les seules « informations » ressassées par les télévisions françaises sur ce qui se passe en Syrie émanent des insurgés antigouvernementaux, alors qu’on ne croit jamais les foules impressionnantes qui manifestent en faveur du gouvernement Assad ?

    - Pourquoi cachez-vous qu’il s’agit d’une insurrection armée contre le régime, et que si l’armée syrienne officielle bombarde sans états d’âme certains quartiers urbains, c’est parce qu’ils abritent les miliciens de l’« Armée syrienne libre », largement financés et armés par les dirigeants « pétroliers » et intégristes du Qatar et d’Arabie Saoudite, et protégés par la Turquie voisine ?

    - Pourquoi ne pas dire que ces insurgés de l’ASL, qui se vantent d’avoir 40.000 hommes en armes sous leurs ordres, multiplient contre les forces fidèles au gouvernement les tirs de rockets, d’armes lourdes et les attentats meurtriers à l’explosif ?

    - Pourquoi cacher que le gouvernement Assad ne peut que riposter par les armes à des insurgés en armes ? ou céder la place alors qu’une bonne partie de la population le soutient ?

    - Pourquoi ne pas dire que le gouvernement syrien accepterait de négocier les contours d’une évolution du régime si ses opposants acceptaient de cesser leurs actions armées ?

    - Pourquoi cacher que cette insurrection armée est surtout le fait de salafistes, dont le seul mot d’ordre quand on les filme est « Allah Akbar » ?

    - Pourquoi enfin ne pas dire que l’autoritarisme de Bachar al-Assad n’a jamais empêché depuis des années les puissances occidentales de le courtiser, comme ils le firent avec Kadhafi, avant de le tuer ? Pourquoi cacher que le seul objectif des USA et ses alliés d’Europe et d’Arabie est d’installer à Damas un gouvernement pro-occidental, allié d’Israël contre les Palestiniens et l’Iran, et qu’il serait dirigé par des intégristes comme ceux installés avec la bénédiction de l’Occident en Tunisie, en Égypte, au Maroc, en Libye, voire en Irak ? Pourquoi cacher que l’impérialisme occidental, en cette affaire, se préoccupe peu des droits de l’homme et de la femme, et voler naïvement à son secours ?

    Communiqué du collectif Polex du PCF

    Paris, le 10 février 2012


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  • Le point de non-retour approche en Syrie

    Hocine Belalloufi

    Les événements se précipitent dans le dossier syrien. La crise interne et les manœuvres extérieures constituaient, à l’origine, deux phénomènes relativement autonomes. Mais ils convergent de plus en plus et pourraient fusionner pour déboucher sur une guerre civile doublée d’une intervention étrangère. On atteindrait alors, un point de non-retour, aux conséquences imprévisibles.

     

    Le point de non-retour approche en Syrie
      
     
    Cela fera bientôt une année que la révolte d’une partie de la population syrienne a débuté. On avance le chiffre de plus de 5 000 personnes tuées, de milliers de blessées et de milliers de réfugiées, de centaines de disparus et d’un nombre non précisé d’emprisonnés.

    Loin de se calmer, les choses ne font qu’empirer. Les combats opposant l’armée officielle aux rebelles de l’Armée syrienne libre (ALS) ont atteint les faubourgs de la capitale. Les insurgés ont finalement été contraints par l’armée de se retirer lundi des quelques quartiers qu’ils avaient réussi à occuper à l’Est de Damas.

    L'armée avait déjà lancé une attaque, il y a quelques jours, contre les bases de l’opposition à Hama et à Homs. Le but de ces trois offensives est de reconquérir le terrain perdu face à une ALS qui n’est pas une véritable armée, mais qui bénéficie de l’arrivée de militaires déserteurs, de la présence de civils en armes, de la récupération d’armes et de l’aide de forces extérieures.

    En dépit de la dureté des affrontements et de l’importance des moyens employés, du côté du pouvoir en particulier, aucun protagoniste n’a réussi jusqu’ici à l’emporter. L’opposition ne parvient pas à renverser le régime qui ne semble pas connaître, pour l’instant, de défections politiques importantes. Ce dernier, de son côté, n’arrive pas à écraser le soulèvement pacifique et armé d’une partie de la population et de l’opposition. Nous nous trouvons dans une situation d’équilibre des forces

    Cet équilibre ressemble fort à une impasse. Jusqu’ici, les deux protagonistes ne voulaient pas réellement négocier. Mais le régime est confronté à une rébellion armée qui prend de l’ampleur et qui est soutenue politiquement et militairement par tout ce que le régime baasiste compte d’ennemis et d’adversaires : Etats-Unis, France, Angleterre, Allemagne, Qatar, Arabie saoudite, Turquie, Kurdes d’Irak, opposants irakiens sunnites, opposition libanaise… Seul Israël semble dans une position de réserve, mais jusqu’à quand ? Le régime se trouve également soumis à des pressions politiques, économiques et financières exercées par Washington, Paris, Londres, Berlin, les régimes arabes et la Ligue du même nom… Il a donc lâché du lest en acceptant la présence d’observateurs envoyés par la Ligue arabe et l’ouverture de discussions informelles avec l’opposition suggérée par Moscou.

    L’équilibre des forces mène à l’impasse

    En face, l’opposition est divisée. Le Conseil national syrien (CNS) refuse obstinément, depuis plusieurs mois, de négocier quoi que ce soit avec le régime dont il demande invariablement le départ. Il vient d’opposer une fin de non-recevoir à la proposition russe de discussions informelles avec le régime. Le CNS considère que le départ de Bachar El Assad et de son régime constitue une revendication « scellée et non négociable ». Seulement voilà, en politique il ne suffit pas de vouloir, encore faut-il pouvoir. N’étant pas en mesure de renverser le régime, le Conseil national syrien, dirigé par Burhan Ghalioun, est amené à s’inscrire dans une logique de demande d’intervention étrangère. Celle des armées arabes d’abord. Mais celles-ci risquant d’essuyer un échec militaire face à une armée syrienne beaucoup plus puissante que ne l’était l’armée libyenne, le CNS lance en réalité un appel aux grandes puissances du Conseil de sécurité de l’ONU – à l’OTAN plus précisément – afin qu’elles interviennent militairement. Le CNS a par ailleurs refusé de ratifier un projet d’accord avec l’autre composante de l’opposition, le Comité pour le changement démocratique (CNCD). Il entend être l’unique représentant de l’opposition.

    Le CNCD, pour ce qui le concerne, se déclare opposé à la militarisation de la révolte populaire laquelle ne peut que provoquer la mort de nombreuses personnes, en particulier civiles, sans que la chute du régime ne soit garantie. Il rejette également toute intervention étrangère, en particulier occidentale. Il compte apparemment sur la durée de la pression exercée par la population sur le régime pour amener ce dernier ou une partie de ce dernier à négocier. Mais le CNCD semble moins influent en Syrie et n’a visiblement pas réussi à mobiliser le monde du travail qui, par une grève générale, serait en mesure de forcer le régime à faire des concessions substantielles.

    La tentation libyenne

    Le point de non-retour approche en Syrie
    Les manœuvres de déstabilisation à l’encontre de la Syrie se sont multipliées ces derniers mois, sous couvert de soutien à la partie de la population réprimée par le régime baasiste. La Ligue arabe, sous hégémonie qatarie et saoudienne, c’est-à-dire américaine, tente de rééditer le scénario libyen pour pousser à une intervention armée de l’OTAN. Elle a retiré ses observateurs de Syrie et refusé qu’ils poursuivent leur mission. Puis, par l’intermédiaire du Maroc, membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, la Ligue arabe présente un projet de résolution demandant l’arrêt des violations des droits de l’Homme et l’ouverture d’une transition politique prévoyant le départ et le remplacement du président Bachar El Assad. Ni la Ligue, ni les grandes puissances, n’ont jamais demandé à l’opposition (CNS et ALS) de faire preuve de retenue et de négocier. La perspective de mesures de rétorsion est brandie uniquement contre le régime de Damas s’il ne répond pas positivement à la demande du Conseil. Les Etats-Unis et l’UE (essentiellement la France, l’Angleterre et l’Allemagne), la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite soutiennent la Ligue dans son entreprise.

    Cette sainte-alliance n’a jamais demandé au Conseil de sécurité de protéger les populations du Bahreïn, du Sultanat d’Oman, du Yémen et d’Arabie saoudite, confrontées à la répression de leurs régimes respectifs ou à celle d’armées et de polices étrangères (cas du Bahreïn où l’Arabie saoudite a déployé des militaires pour contrer la contestation populaire).

    Il est clair que l’unique motivation des grandes puissances occidentales et de leurs relais dans la région, est de briser la chaîne Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth, en son maillon le plus faible, la Syrie. Le coup serait triple en cas de réussite. Le Hezbollah et la résistance nationale libanaise se trouveraient coupés de leurs arrières stratégiques alors que l’Iran se retrouverait plus que jamais acculé dans le Golfe persique, ses capacités d’intervention au Proche-Orient s’amenuisant considérablement. Les pourparlers entre les Etats-Unis et les Talibans qui s’amorcent sous les auspices du Qatar, et ceux que l’Arabie saoudite s’apprête à lancer entre ces mêmes Talibans et le gouvernement de Hamid Karzaï, confirment la stratégie d’encerclement, de l’Iran chiite, par les sunnites. La Russie, enfin, perdrait son dernier allié stratégique dans le monde arabe.

    Confronté à une offensive sans précédent, Damas bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine. Moscou et Pékin se prononcent contre toute intervention étrangère, contre des sanctions et contre un changement de régime. Les Russes continuent de fournir des armes à la Syrie. Le parapluie russe tend à devenir vital pour la survie du régime de Bachar El Assad. Que Moscou retire son appui, et les grandes puissances se jetteront, sur la Syrie, comme une meute de chiens de chasse sur leur proie. L’avenir du régime baasiste se joue donc en grande partie à Moscou et à Pékin.

    Mais le lancement d’une offensive militaire en Syrie, sans l’aval de la Russie constituerait un pari osé et risqué car susceptible de provoquer une réaction de Moscou (rappelons-nous le précédent géorgien) et le chaos dans toute la région. Aucun pays ne sortirait indemne d’une déstabilisation de la Syrie.
     

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  • La révolution qui agite ce grand pays du Machreks’ embourbe. Les déclarations se succèdent, les manifestations persistent et les morts s’accumulent. Quand tout ceci va-t-il enfin se débloquer ?

     

    Pour le public occidental que nous sommes, la situation en Syrie s’éloigne peu à peu de notre compréhension. Ben Ali, dictateur au pouvoir depuis 30 ans, s’est fait mettre dehors par son peuple en un mois ? En Égypte, Moubarak n’a pu tenir que quelques semaines contre son peuple unifié ?

     

    Même Kadhafi, dictateur sanguinaire et déterminé, appuyé par des tribus loyales n’aura réussi à tenir que quelques mois contre l’alliance rebelle soutenue par les troupes des empires occidentaux ?

     

    Alors que se passe-t-il en Syrie ?

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  • La révolution qui agite ce grand pays du Machreks’ embourbe. Les déclarations se succèdent, les manifestations persistent et les morts s’accumulent. Quand tout ceci va-t-il enfin se débloquer ?

     

    Pour le public occidental que nous sommes, la situation en Syrie s’éloigne peu à peu de notre compréhension. Ben Ali, dictateur au pouvoir depuis 30 ans, s’est fait mettre dehors par son peuple en un mois ? En Égypte, Moubarak n’a pu tenir que quelques semaines contre son peuple unifié ?

     

    Même Kadhafi, dictateur sanguinaire et déterminé, appuyé par des tribus loyales n’aura réussi à tenir que quelques mois contre l’alliance rebelle soutenue par les troupes des empires occidentaux ?

     

    Alors que se passe-t-il en Syrie ?

     

    Pourquoi Bachar continue-t-il de sourire à la télévision ?

     

    Amis des explications faciles, des solutions toutes faites et des déclarations à l’emporte-pièce, passez votre chemin ! Cet article n’est pas fait pour vous. Nous allons nous aventurer dans des terres bien plus complexes que le Maghreb tunisien ou que la grande Égypte, mère des civilisations. Des terres pourtant assises comme nous autour de la grande table qu’est la mer Méditerranée : bienvenue au Machrek.

     

    Alors déjà, le Machrek, qu’est-ce que c’est ?

     

    Signifiant « Couchant », cet terme fait écho au terme « Maghreb » qui signifie « Levant » et qui qualifie les pays arabes se trouvant en Afrique du Nord (Maroc, Tunisie, Algérie, Libye). L’Égypte est le pivot. Ni Machrek, ni Maghreb, elle fait lien entre ces deux grandes régions du monde arabe. Continuez maintenant vers le Nord, évitez Israël, qui a toujours fait bande à part, et vous voilà au Machrek : Liban, Syrie, Irak, et même certaines parties de la Jordanie. Et si ces pays sont loin d’être identiques du point de vue historique, démographique et politique, certaines tendances propres à la région se doivent d’être étudiées si l’on veut comprendre comment fonctionnent les choses là-bas… Suivez le guide.

     

    Les routes tortueuses du Mont Liban

     Si j’ai eu la chance de visiter la Syrie durant le printemps 2010, je n’y suis resté que quinze jours : je ne peux me prétendre expert en la matière. Mais je connais un peu mieux le Liban. Je dois y totaliser presque deux mois sur place à diverses reprises. Commençons donc par là. Et par quelques histoires qui, je l’espère, vous feront mettre un pied un peu plus assuré dans la région.

     

    D’abord ce taxi qui me transporte pour la matinée entre les différents lieux de la montagne chrétienne. Je confronte avec lui mes quelques notions d’arabe. Il m’explique alors qu’il me comprend mais que, ici, ils ont leur propre dialecte, propre à son village. Et qu’il peut parler ainsi avec un de ses compatriote sans être compris par ceux du village à côté. J’étais dans la montagne chrétienne, petite sous-région d’un Liban grand comme un département français et où cohabite une population de 4 millions d’habitants, dont 29% de chiites, 39% de chrétiens, 10% de druzes, 20% de sunnites … 17 religions reconnues officiellement par l’état et dont la répartition dicte la forme même de celui-ci. Le Liban est une démocratie confessionnelle où chaque poste est reparti entre les différentes communautés. Le président est chrétien, le premier ministre sunnite et le chef du Parlement chiite. Là-bas, votre appartenance religieuse est inscrite sur vos papiers d’identité.

     

    Comment arrivent-ils à cohabiter ?

    Je me rappelle d’une amie libanaise de passage dans le Sud de la France me disant : « J‘aime bien les Corses … Ils me font penser aux gens de chez moi« . L’influence des grandes familles, des clans. Une société morcelée par l’héritage des années de guerre civile. Un système politique qui ne fait rien pour arranger les choses, laissant la porte ouverte au clientélisme et aux arrangements les plus divers. Lorsque la jeunesse libanaise est descendue dans la rue, pendant le printemps arabe, c’est leur système confessionnel qu’elle dénonçait.

     

    Pour finir notre parenthèse libanaise, laissez-moi vous présenter Walid Joumblatt, grand chef des Druzes libanais.

     

    Walid-Joumblatt

     

    Et si je veux vous présenter Walid, c’est qu’il a effectué, il y a quelques années, un geste politique qui, à mon avis, est emblématique du fonctionnement du système politique libanais.


    En 2005, suite à l’attentat qui tue Rafic Hariri, premier ministre sunnite de l’époque, la Syrie est contrainte, sous pression internationale, de retirer les troupes qu’elle stationnait au Liban depuis la fin de la guerre civile. La scène politique libanaise se divise alors en deux grands camps : le 14 mars anti-syrien, mené par le fils de Rafic Hariri, Saad. Et le 8 mars, emmené par le Hezbollah chiite. Les druzes de Walid Joumblatt se rallient au 14 mars et Walid devient un des détracteurs de Bachar Al Assad les plus acharnés. Il devient habitué des couloirs à Washington et déverse sur le président syrien discours accusateurs et diatribes enflammées.

     

    Transportons-nous maintenant en 2008.

    De nombreux événements ont agité le Liban, mais les lignes entre les camps du 14 et du 8 mars n’ont pas bougé. L’Occident ne relâche pas sa pression sur la résistance libanaise et le gouvernement libanais pro-occidental décide de s’en prendre au réseau de communication personnel du Hezbollah. Une ligne rouge suivant le parti. Les résistants chiites sont lâchés sur Beyrouth et sur la montagne Druze. Elles agissent de façon chirurgicale prenant contrôle des points névralgiques de l’adversaire (FutureTV par exemple). Les milices adverses sont mises en déroute et l’armée libanaise reste spectatrice. Un compromis politique est alors rapidement atteint et chaque milicien regagne ses camps d’entraînement.

     

    Walid Joumlatt va alors réaliser un retournement de veste qui peut être considéré comme un modèle du genre, comme un cas d’école. Son discours va changer du tout au tout. Il a été trompé. Il avait mal compris. Il va se mettre à vanter les mérites de Bachar Al Assad, et va demander à Hassan Nasrallah, chef politique du Hezbollah d’intercéder, en sa faveur auprès du président syrien. Celui-ci va pendant longtemps faire la sourde oreille, avant de le recevoir à Damas en juillet 2010.

     

    Si pour nous, de tels comportements politiques peuvent paraître étonnants, ne jugeons pas Walid trop vite. En France, un homme politique qui adopterait un tel comportement serait instantanément grillé. Trop flagrant. Mais Walid est plus qu’un homme politique. Il est à la tête de sa communauté. Il se doit de trouver un chemin dans les méandres communautaires, un chemin qui puisse préserver les intérêts des siens. Walid Joumblatt serait-il un modèle d’abnégation de soi ?

     

    Il est temps de clore définitivement notre parenthèse libanaise et de prendre la route vers l’est de Beyrouth. Direction Damas, le cœur de nos questionnements et de nos interrogations.

     

    Al Assad : la revanche des minorités

    Damas est une des grandes capitales du monde arabe.

     

    Le grand sage Ibn Arabi est enterré sur les flancs du « Jabal Al Qassioun », la montagne qui surplombe la ville. Le prophète Mahomet l’aurait simplement observée de loin, refusant d’y pénétrer car « on ne rentre pas deux fois au paradis ». Et Saladin, le grand conquérant arabe y repose à jamais dans un mausolée attenant à la grande mosquée des omeyyades, 4ième lieu saint de l’Islam. La place est d’importance. Historiquement, Damas a toujours été un centre de pouvoir, en jeu perpétuel avec les autres grandes capitales du monde arabe : Le Caire et Bagdad.

     

    En Syrie, lorsque nous observons la démographie des communautés, nous ne faisons pas le même constat qu’au Liban : 72% de musulmans sunnites, 10% de chrétiens et 12% d’Alaouites, 6% de Druzes, d’Ismaéliens. Ajoutons à cela que 9% de la population est d’origine kurde de confession très majoritairement musulmane. Nous revoici face à une mosaïque complexe. Et là où au Liban, des communautés de force comparable tentent de cohabiter par un système en équilibre instable basé sur la négociation et les arrangements, en Syrie, les minorités ont joué un rôle prépondérant dans l’histoire moderne de ce pays.

      

     On continue ?

     

    Durant la conquête musulmane, les différentes communautés de la région, en désaccord avec l’Islam officiel, fuient dans les montagnes jusqu’alors vides. Elles s’y retrouvent exploitées et marginalisées. Dans la plaine, puis dans les villes d’Alep, de Homs et de Damas, la civilisation musulmane rayonne et on observe l’apparition d’une bourgeoisie marchande sunnite fortunée. Ces capitales régionales développeront des identités propres : leurs affrontements émailleront l’histoire de la région. Elles s’allieront aux Croisés, aux Égyptiens ou aux Turcs au gré de leurs intérêts respectifs. Elles feront basculer les alliances et l’histoire.

     

    Dans les années 1960, l’idéologie socialiste et laïcisante trouve de forts échos dans les campagnes pauvres, peuplées essentiellement par les groupes minoritaires. Ceux-ci se mettent à adhérer massivement au parti Baath, dont de nombreux membres sont issus des académies militaires de Homs. L’armée, tremplin pour de nombreux déshérités, voit ses rangs se peupler d’alaouites, de druzes, d’ismaéliens. Lorsque les militaires prennent le pouvoir grâce à un coup d’état, ce sont les minorités qui sont aux commandes. Hafez El Assad, père de Bachar et général Alaouite accédera au pouvoir. Il se montrera sans pitié lorsqu’il s’agira de le conserver. En 1982, lorsque la ville de Hama, sous la conduite de 150 officiers des Frères musulmans se révolte, il n’hésitera pas à donner de l’arme lourde et à détruire la moitié de la vieille ville. On parle de 20 000 à 50 000 victimes en quelques jours.

     

    Alors bon. On choisit ses amis, pas sa famille. Bachar n’est pas responsable des massacres de son père, n’est-ce pas ?

     

    assad

     

    Revenons vers le présent, équipés de nouvelles pistes de compréhension et pénétrons dans le réseau communautaire complexe dont est constitué la Syrie d’aujourd’hui.

     

    Géopolitique régionale des communautés syriennes

    Le problème est complexe et sûrement largement incompris. Je n’aurai pas la prétention d’y apporter une réponse définitive. Mais je vais tenter, communauté après communauté, de partager certaines informations, certains éclairages.

     

    Les Alaouites (12% de la population)

    La communauté alaouite est soudée autour de son président. Les alaouites contrôlent l’armée, et les unités alaouites sont au front de la répression. Un proverbe circule : « Tu es avec Assad, Tu es avec toi-même ». C’est une des raisons pour lesquelles l’on n’observe pas de défection majeure dans les rangs de l’armée syrienne. Une question en découle : tout démantèlement du régime implique un démantèlement de l’armée. Un scénario à l’irakienne : suite à la chute de Sadam Hussein, l’Amérique avait entrepris la « debaathification » de l’armée irakienne … pour quels résultats ?

     

    Les Kurdes (9% de la population)

    J’ai déjà pu aborder l’actualité kurde avec vous dans un article sur la Turquie. Ici encore, tout est lié. Les Kurdes, peuple sans terre, se trouvent répartis entre plusieurs pays de la région : Turquie, Syrie, Iran et Irak. En Syrie, les Kurdes ont toujours été marginalisés, certains ne possédant même pas de papiers d’identité. Mais Damas a toujours gardé des liens et opéré des tractations avec les différents mouvements de résistance kurde : Öcalan, le leader du PKK, avait, par exemple, été hébergé à Damas entre 1979 et 1998 avant d’être expulsé face aux pressions turques.


     Revenons à notre révolution syrienne. Lorsque les Kurdes syriens se sont rendus à Antalya, durant l’été 2011, pour assister à la réunion du « Conseil National Syrien», ils se font éconduire : le CNS refuse de négocier la mention « arabe » de la république de Syrie. Les Kurdes tenaient à ce que cette mention disparaisse pour être en mesure de faire reconnaître les droits de leur peuple en Syrie. Une source dans la région m’indique que les Kurdes s’accommodent bien mieux d’un Bachar Al Assad faible, que d’un gouvernement gouverné par les Frères musulmans et appuyé par la Turquie.

     

    Assad leur a-t-il donné des garanties suffisantes ? La réactivation du PKK en Turquie pourrait le laisser à penser.

     

    Les chrétiens (10% de la population)

    Partie intégrante des minorités syriennes, les chrétiens se font plutôt discrets. C’est chez leurs voisins libanais que nous pourrons recueillir leurs avis. Au Liban, les chrétiens sont divisés en deux camps.

     

    Syrie 132

     D’un côté, les forces libanaises qui soutiennent le 14 mars (« anti-syrien »), mouvement dirigé par Saad Hariri et appuyé par l’Arabie saoudite. Et si Samir Geagea, chef des forces libanaises, a longtemps donné de la voix contre Bachar Al Assad, il a aujourd’hui baissé le ton. Il critique néanmoins El-Assad et appelle de ses vœux la démocratie en Syrie.

    De l’autre côté, l’ancien général Michel Aoun, leader du « Courant Patriotique Libre » défend depuis longtemps une image d’un Liban arabe, loin des impérialismes. Il s’est allié en 2006 avec le Hezbollah et est un acteur de poids du mouvement du 8 mars. Et s’il est difficile de qualifier Aoun de « pro-syrien » ( il les a combattus pendant longtemps au Liban ), celui-ci critique la représentativité du CNS et s’inquiète de l’arrivée à Damas d’un gouvernement islamiste. Il affirme néanmoins soutenir la démocratie en Syrie et dans tous les pays arabes.

     

    Cryptiques… à l’image de leurs confrères syriens ?


     Les druzes (2 à 3 % de la population)

    Qu’en est-il des druzes syriens ?

     D’abord critiques de la réaction du gouvernement à la crise, certains habitants des régions druzes commencent à bouger. Mountaha Al Atrach, fille du Sultan Pacha Al Atrach (figure respectée de la lutte syrienne contre la puissance mandataire française) est alors jetée en prison. Mais les autorités la relâchent très vite, par peur d’envenimer la situation. Les druzes manifestent alors leur soutien à Deraa et prennent part timidement à la révolution.

     

    Bachar-Al-Assad-religieux-druzes

     Le jeu des alliances et des familles jouerait-il encore un rôle ici ?

     

    Le 8 décembre dernier, Talal Arslane, druze libanais et adversaire de Walid Joumblatt conduit une délégation de religieux druzes à Damas. Ceux-ci louent devant le président Bachar Al Assad la « résistance de la Syrie, forteresse inexpugnable face à ses ennemis ». Puis s’exprimant sur les sanctions de la Ligue arabe à l’égard de la Syrie, ils affirment :

     

    « La Ligue arabe se serait honorée en se réunissant pour couper les relations avec l’État hébreu et prendre la défense du peuple palestinien ».

     

    Et que dit notre Walid Joumblatt, grand retourneur de veste devant l’éternel ? Il a demandé au peuple druze, non pas de prendre part à la révolution mais de « ne pas collaborer avec la police et les unités de l’armée qui combattent le peuple syrien ». Un langage politique minutieusement calculé.

     

    Ce jeu des chefs druzes libanais souligne l’importance des relations transfrontalières chez le peuple druze. Et montre que cette communauté s’avère très partagée sur la révolution.

     

    La bourgeoisie sunnite de Damas et d’Alep

    Les bourgeoisies sont souvent proches des pouvoirs en place. La Syrie ne fait pas exception à la règle. Pour les bourgeois sunnites syriens, cette question est brûlante.

     

    D’un côté, les sunnites représentent 70% de la population et sont tenus à l’écart du pouvoir politique. Les marchands sunnites n’ont pas voix au chapitre alors qu’ils sont riches et influents. Pas de quoi porter le régime dans son cœur.

     

    Mais pourtant leur situation avantageuse est liée au régime en place. Que se passerait-il si la société entière repartait de zéro ? Et ce pouvoir alaouite a témoigné d’un grand soutien aux causes musulmane et arabe comme la cause palestinienne par exemple (les palestiniens sont majoritairement sunnites). Alors ce régime, bon ou mauvais ? Un dilemme …

     

    Prenons le cas d’Alep. La position des marchands de cette ancienne cité, a été récemment clarifiée dans un communiqué : ils ont affirmé attendre les élections parlementaires de février avant de prendre position.

     

    « Si les élections sont libres, nous supporterons le régime, mais si elles ne le sont pas, alors nous rejoindrons la révolution ».

     

    Au départ assez dubitatif face à une remise en cause de l’ordre établi, puis effrayés par la radicalisation des discours révolutionnaires, les grandes familles sunnites ont d’abord soutenu le régime. Mais la situation économique se dégradant mois après mois, et la pression populaire se faisant de plus en plus forte (boycott, action ciblées, etc.), ils pourraient revoir leurs positions et contribuer à faire tomber Bachar.

     

    Affaire à suivre donc …

     

    Alors… révolution ou pas révolution ?

     

    Quand on observe cette mosaïque de groupes et de communautés, on est vite perdu. Bien sûr, tous ces groupes ne sont pas monolithiques. Leurs allégeances évoluent avec le temps et les événements. Et les êtres humains qui composent ces groupes pensent aussi par eux-mêmes, et agissent en accord avec leurs principes. Ajoutons aussi que tous sont conscients de ce dont le régime est capable. Tous connaissent l’histoire de leur pays, notamment celle du massacre de Hama. Et tous ont pu constater la répression sanglante qui s’abat, jour après jour, sur le peuple qui ne revendique que ses droits.

     

    Alors compte tenu de tous ces éléments, comment évaluer le soutien dont bénéficie le régime ? Et comment évaluer la popularité dont bénéficient les révolutionnaires ? Nous nous tournerons vers cet article du Guardian qui m’a poussé à écrire et dont le titre est évocateur :

     

    « La plupart des syriens supportent Assad, mais vous ne l’entendrez jamais dans les média occidentaux »

     

    L’article fait référence à un sondage effectué par une fondation du Qatar « The Doha Debates » et publié le 02 janvier 2012. Ce sondage rapporte que 55% des Syriens ne veulent pas que leur président quitte le pouvoir. Et quand on leur demande pour quelles raisons, les sondés affirment qu’ils craignent pour le futur de leur pays. Cette majorité ne soutient pas le régime en place, mais elle pense qu’une transition maîtrisée est nécessaire pour le bien de leur pays.

     

    Comment leur en vouloir ? Quand les Syriens pensent à l’avenir de leur pays, deux exemples du passé doivent leur venir à l’esprit, des exemples venant des pays voisins : le Liban et l’Irak.


     En 1975, au Liban, les communautés rentrent en conflit suite aux pressions et aux ingérences internationales. La guerre civile qui en résulte a duré presque 15 ans, et a fait entre 130 et 250 000 victimes.

     

    Quant à l’Irak, l’intervention étrangère américaine décidée pour chasser le dictateur du pouvoir tourne au bain de sang. Les communautés s’écharpent pour le contrôle du pays. L’Iraq Body Count estime que ce conflit aura provoqué plus de 110 000 morts et plus de 250 000 blessés. Et deux millions d’irakiens ont été déplacés. Le pays peine encore aujourd’hui à se reconstruire, à trouver sa nouvelle stabilité.

     

    Des perspectives bien peu engageantes.

     

    En avons-nous fini avec la Syrie ? Pensez-vous maintenant avoir une vision un peu plus claire sur la situation là-bas ?


     Détrompez-vous, il reste beaucoup à dire.

     

    Si cet article s’est concentré sur la dimension morcelée et communautaire du peuple syrien, cette caractéristique démographique n’est qu’une partie de l’explication. La complexité de la situation syrienne tient aussi à d’autres facteurs, notamment à la situation géopolitique très spéciale de la région. Prenez le temps de digérer cet article. J’essaye de revenir vers vous aussi vite que possible pour creuser avec vous cette nouvelle dimension.

     

    Source: Reflets-info

     

    URL article : http://www.wikistrike.com/article-printemps-syrien-devenu-ete-puis-automne-puis-hiver-98568896.html


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  • Au moment où le Conseil de sécurité des Nations Unies discute de la meilleure façon de mettre un terme à la violence qui secoue la Syrie, un premier Rapport de 166 observateurs en provenance de 13 pays arabes et de six organisations non gouvernementales arabes est porté à la connaissance du public.


     

    Le rapport de Mission d'observation de la Ligue arabe en Syrie: texte intégral!


    Mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie Au Nom d’Allah, le Miséricordieux, le Très Miséricordieux

    {Certes, Nous avons proposé la responsabilité aux Cieux, à la terre, et aux montagnes : ils ont refusé de l’assumer, et l’ont redoutée, alors que l’Homme l’assuma, car lui, il se permet de persister dans l’injustice et de persister dans l’ignorance.} : Saint Coran.


    Rapport
    Le Chef de la Mission des observateurs de la Ligue Arabe en Syrie de la période du 24/12/2011 au 18/01/2012 :

    Premièrement : Considérations juridiques.

    1 - Le conseil de la Ligue arabe a adopté la résolution numéro 7436 en date du 02/11/2011 l’inscrivant comme plan de travail arabe annexé à la résolution, et il a salué l’approbation du Gouvernement syrien de ce plan. Il a également souligné la nécessité de s’engager à la mise en œuvre immédiate et complète du contenu de ce plan et de l’ensemble de ses parties.
    2 - Le conseil de la Ligue arabe a adopté la résolution numéro 7439 en date du 16/11/2011 approuvant le projet de protocole sur le statut juridique et les fonctions de la Mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie chargée de vérifier l’application des termes du plan arabe pour résoudre la crise en Syrie et de fournir une protection pour les civils syriens. Il a demandé au Secrétaire général de la Ligue des États arabes à prendre les mesures appropriées pour désigner le président de la Mission d’observation de la Ligue arabe et à prendre les contacts nécessaires avec le gouvernement syrien afin de signer le Protocole d’accord.
    3 – Le conseil de la Ligue arabe a adopté la résolution numéro 7441 en date du 24/11/2011 qui demandait au Secrétaire général d’envoyer une mission d’observateurs de la Ligue arabe auprès de la République arabe syrienne qui doit s’acquitter de ses missions en conformité et dans les plus brefs délais avec les dispositions du Protocole dès sa signature.
    4 – La République arabe syrienne et le Secrétariat général de la Ligue des États arabes ont signé, le 19/12/2011, le Protocole sur la constitution de la Mission composée d’experts militaires et civils des États arabes et des candidats d’organisations non gouvernementales concernés par les droits de l’homme devant se rendre sur le territoire de la République arabe syrienne. Il est à noter que l’article V mentionne que la Mission d’observation envoie des rapports périodiques sur ses conclusions au Secrétaire général de la Ligue des États arabes et au Gouvernement syrien en vue de soumettre son rapport – pour examen et prise des mesures adéquates – au Conseil des ministres par le biais du Comité ministériel désigné pour le suivi de la situation en Syrie.
    5 - Le Conseil de la Ligue arabe a approuvé en date du 20/12/2011, la nomination du général Mohammad Mustafa Ahmed al-Dabi de la République du Soudan en qualité de Président de la Mission d’observation de la Ligue arabe.

    Deuxièmement : Constitution de la Mission

    6 – Le Secrétariat général a demandé aux États membres et aux organisations non gouvernementales arabes de notifier les noms des candidats devant rejoindre la Mission d’observation en Syrie. Et à la lumière de cette procédure, la Mission d’observation des observateurs de la Ligue arabe est constituée – à ce jour - par 166 membres en provenance de 13 pays arabes et de six organisations non gouvernementales arabes concernées.

    Troisièmement : Visite en Syrie d’une délégation du Secrétariat général.

    7 – Dans le cadre de la préparation de la mission, une délégation préliminaire du Secrétariat général s’est rendue auprès de la République Arabe Syrienne le 22/12/2011 pour discuter de tous les préparatifs logistiques nécessaires à la Mission.
    8 – En application des dispositions du Protocole, le Gouvernement syrien a confirmé sa disponibilité à fournir toutes les facilités, à livrer l’équipement technique nécessaire au travail de la mission, à garantir la liberté de circulation pour tous les membres de la mission sur l’ensemble du territoire syrien, à assurer la sécurité de ses membres et à ne pas entraver ou empêcher sur le plan sécuritaire et administratif la réalisation des objectifs de la Mission. Il a également insisté sur son engagement à respecter la liberté de la Mission d’organiser les rencontrer et les réunions nécessaires et de fournir à cet effet une protection complète à ses membres tout en mettant en relief la responsabilité des membres de la mission en cas de leur insistance à visiter les zones sur lesquelles les services de sécurité auraient mis en garde contre leur visite. Il a également confirmé son engagement de permettre l’entrée au territoire syrien des journalistes et des médias des pays arabes et internationaux en conformité avec les listes nominatives et avec les règlements en vigueur en Syrie.

    Quatrièmement. L’arrivée du chef de la Mission en Syrie et ses visites à caractère exploratoire.

    9 – Le général Mohammed Ahmed Mustafa al-Dabi, chef de la Mission d’observation auprès de la République arabe syrienne, est arrivé le samedi soir 24/12/2011. Il a tenu une série de réunions avec M. Walid Mouallem, ministre des Affaires étrangères, et avec des fonctionnaires du gouvernement syrien qui ont confirmé leur volonté de coopérer pleinement avec la Mission et sont désireux de la réussite de sa mission et leur disposition à faciliter la visite pour surmonter tous les obstacles rencontrés, comme cela a été déjà convenu sur les engagements en matière de logistique et de sécurité garantie pour la Mission.
    10 – La partie syrienne a averti qu’il y a certaines zones qui ne seront pas en mesure d’être garanties par les forces de sécurité qui ne peuvent assurer la protection des accès tant pour eux que pour les observateurs craignant leur exposition à la colère des citoyens. Le Chef de la Mission considère que cette situation est par contre favorable à un contact direct avec la population et avec l’opposition sans la surveillance du gouvernement. Il s’agit ainsi de lever la barrière de la peur et mettre les citoyens à l’abri d’éventuelles poursuites ou conséquences qu’ils pourraient redouter des autorités syriennes.
    11 – Le chef de Mission a terminé les préparatifs de la mission sur le terrain tant sur le plan technique que sur la fourniture des moyens de transport et des dispositifs de communication nécessaires pour le démarrage de la mission. Il a également rencontré les membres de la délégation qui venaient d’arriver en Syrie et il les a informés sur les obligations de leur mission et des termes de référence pour effectuer le travail selon les dispositions du protocole. Ensuite, les membres de la Mission ont prêté le serment de réaliser leur mission sur la base du texte que le chef de la Mission a préparé à cet effet.
    12 – Le 27/12/2011, le chef de la Mission, accompagné par 10 observateurs, a effectué une visite à caractère exploratoire à la ville de Homs considérée comme l’une des zones les plus sensibles, celle qui a vu des actes de violence et d’affrontements armés entre les militaires et l’opposition syrienne et où il y a encore quelques barrières de sécurité qui séparent les quartiers.
    13 - Après son arrivée à Homs, le chef de mission a immédiatement rencontré le Gouverneur de la ville qui a expliqué qu’elle souffre de la propagation de la violence du fait des groupes armés, des cas d’enlèvements, des actes de sabotage des installations étatiques et civiles, du grand manque de nourriture en raison du siège imposé par les groupes armés dont le nombre est estimé à 3.000 membres. Le Gouverneur de la ville a souligné l’échec de toutes les tentatives pour arriver à une accalmie malgré l’effort des hommes du clergé et des dignitaires de la ville qui ont demandé le recours aux moyens adéquats pour régler le problème des soldats et des équipements pris en otage à l’intérieur du quartier de Bab Amrou.
    14 – La mission a visité certains quartiers résidentiels (Bab Amrou, Karam as Zeytoun, Khalidiya, Ghouta) sans gardes de protection. Elle y a rencontré un certain nombre de citoyens, les opposants qui ont manifesté contre l’état de terreur, l’état de siège et la violence dont ils souffrent de la part des forces gouvernementales. Elle a vu les effets de la dévastation et la destruction des quartiers le long des périphériques. Cette visite a eu lieu alors que s’effectuaient de tirs nourris entre les antagonistes. La mission a constaté un échange de tirs nourris dans Bab Amrou entre l’armée et l’opposition. Elle a également vu quatre véhicules militaires dans certaines zones incitant le véhicule de la Mission à quitter les lieux. De retour au chef-lieu de la province, il a été convenu avec le gouverneur de maintenir sur place cinq membres de la Mission à Homs pour le lendemain afin de continuer à faire l’évaluation de la situation sur le terrain et de rencontrer le plus grand nombre possible de citoyens.
    15 – Immédiatement après le retour de Homs, le chef de la Mission a tenu une réunion avec la partie gouvernementale et lui a demandé de faire retirer les véhicules militaires de la ville, d’arrêter la violence, de protéger les civils, de procéder à la levée du siège et d’assurer la fourniture de nourriture en plus d’échanger les cadavres entre les deux parties.
    16 - La partie syrienne a confirmé, lors de la réunion, l’évacuation de la ville et des quartiers de toutes les formes de conflits armés, sauf le maintien de trois véhicules militaires en panne et encerclés. Il a été demandé l’assistance de la Mission pour la récupération d’un véhicule militaire aux mains des groupes armés contre la libération de quatre membres des groupes et l’échange de cadavres tués (5 de chaque partie). Il a été convenu la permission de l’acheminement des denrées alimentaires de base vers la population de la ville ainsi que l’envoi du véhicule de nettoyage pour enlever les déchets. Il a été convenu, à la fin de la réunion, sur une autre visite de la mission à Homs, le lendemain, accompagné par le major général Hassan Sharif coordinateur de la sécurité de la partie gouvernementale.
    17 – Cette visite a été l’occasion de faire connaissance avec une des figures de proue de l’opposition agissant en qualité de responsable de l’information dans l’Assemblée nationale et avec qui s’engagea un long débat sur l’offre faite par le gouvernement syrien ainsi que sur le meilleur moyen de mettre en œuvre cet accord. Ainsi s’est réalisé le retrait et la récupération de tous les véhicules militaires, l’échange des corps des morts, l’entrée des camions chargés de la nourriture et la libération de trois prisonniers et deux femmes de leurs familles en présence de la Mission. Ceci a conduit à calmer la situation dans la ville.
    18 – Cinq jours après le déploiement des observateurs de la Mission dans cinq secteurs, la commission ministérielle arabe a demandé au chef de la Mission de présenter aux autres membres du Comité un rapport sur sa mission. Il s’est donc dirigé vers Le Caire et le 01/08/2012 il a donné un exposé oral devant le comité. Il a été décidé de poursuivre la Mission et de présenter un rapport final comme prévu à la fin de la période déclarée dans le Protocole en l’occurrence le 19/1/2012.
    Le chef de la mission est revenu à Damas pour poursuivre ses fonctions et faire face à certaines difficultés survenues de la part des parties pro-gouvernementales et des parties de l’opposition, surtout après les déclarations qui ont suivi la réunion du Comité et communiquées aux médias, mais cela n’a pas d’incidence sur le travail de la mission et son déploiement étendu et progressif dans des zones multiples.
    19 – Durant la période écoulée, depuis l’arrivée de la Mission et à ce jour, la Mission a reçu de nombreuses correspondances émanant du Comité syrien chargé de la coordination avec la Mission qui indiquent les pertes humaines et matérielles subies par les institutions et les offices du gouvernement syrien à la suite à des actes de sabotage – selon leurs propos – qui ont affecté – comme ils le mentionnent – tous les secteurs vitaux et les services publics dans l’État syrien.

    Cinquièmement : Le déploiement de la Mission des observateurs de la Ligue des États arabes en Syrie.

    20 – La mission a déployé ses membres sur 15 secteurs couvrant 20 villes et régions dans l’ensemble de la Syrie, selon les dates indiquées ci-dessous. La raison de la différence de ces dates est la faiblesse de la préparation administrative, technique, y compris l’arrivée de véhicules et des personnes, en tenant compte du fait que la distribution a été équilibrée où chaque secteur a été doté de 10 membres, presque de toutes les diverses nationalités arabes. Ces détachements de la Mission se sont déployés dans les secteurs, les provinces et les villes de Syrie comme suit :
    - le 29/12/2011 la Mission a fait démarrer les 6 secteurs de Damas, Homs, le Rif de Homs, Idlib, Doura Hama.
    - le 04/01/2012 a été lancé le secteur d’Alep.
    - Le 09/01/2012 ont été lancés les deux secteurs de Lattaquié et de Deir Al-Zour. Cependant le 01/10/2012, ils sont retournés à Damas après une exposition à des attaques ayant provoqué des blessures sur deux observateurs à Lattaquié ainsi que des pertes matérielles sur les véhicules.
    - Le 10/01/2012 s’est déployé un secteur à Qamishli et Hassaka.
    - Le 12/01/2012 s’est déployé un secteur à Damas.
    - le 13/01/2012 4 secteurs ont démarré couvrant Souida, Abu Kamal Abu, Deir Zor, Palmyre, Sokhna, Banias et Tartous.
    - Le 15/01/2012 ont été lancés les deux secteurs couvrant Raqqa, Lattaquié et Thora.

    Annexe 1: répartition détaillée indiquant le nombre d’observateurs, de leurs nationalités et des lieux de leur déploiement

    21 – La répartition des membres des groupes de la Mission s’est effectuée en mettant à leur disposition ce qui suit :
    - Carte topographique de la région.
    - Code de conduite de l’observateur.
    - Les fonctions du chef de secteur.
    - Les fonctions de l’observateur
    - Du matériel et de l’équipement technique nécessaire (ordinateurs – Caméras – matériel de communication … etc.)
    22 – Il a été ouvert également une salle d’opération au siège du bureau de la Ligue arabe à Damas. Cette salle exploitée 24 heures par jour est directement liée à la salle des opérations de la Ligue arabe au Caire et aux différents groupes déployés sur le terrain en Syrie. La salle d’opération reçevait les rapports quotidiens des équipes de terrain et tenait à jour l’information et les directives pour assurer de part et d’autre le suivi et l’observation. Le nombre important de tâches a obligé la Mission à ouvrir une salle d’opération annexe au sein de la résidence de la Mission à Damas. Sa vocation était de coordonner la répartition du personnel de la Mission, les comités de suivi, le comité des détenus, le comité des médias, les ressources financières. Elle assure la liaison coordonnée avec la salle d’opération du bureau de la Ligue.
    23 – La Mission a rencontré à Lattaquié et à Deir Al-Zour des difficultés en provenance des citoyens loyaux envers le gouvernement et tout particulièrement à Lattaquié où des milliers de personnes se sont rassemblés autour des voitures de la Mission, scandant des slogans en faveur du président et des slogans hostiles à la mission. La situation est devenue hors contrôle allant jusqu’à l’agression contre les observateurs occasionnant des blessures mineures à deux d’entre eux et la destruction intégrale du véhicule blindé chargé du transport des membres de la mission. La situation est revenue à la normale après que la question a été abordée par le chef de la Mission qui a pris contact avec la commission suprême syrienne chargée de la coordination avec la Mission. Malgré cela, le chef de la Mission ordonna aux chefs des secteurs de retourner immédiatement à Damas. Ensuite, il a rencontré Monsieur le ministre des Affaires étrangères à qui il a présenté une protestation officielle très ferme ; de son côté, la partie syrienne a dénoncé avec vigueur cet incident et a présenté des excuses officielles, tout en expliquant que l’incident n’était nullement prémédité. Pour confirmer ses bonnes intentions, Monsieur le vice-ministre des Affaires étrangères a rencontré des membres de la mission de Lattaquié et leur a expliqué que le gouvernement syrien allait corriger très rapidement les dysfonctionnements afin d’assurer la sûreté et la sécurité du personnel des missions, où qu’ils soient, et s’est excusé pour les événements qu’il considérait comme regrettables et involontaires. Enfin, les membres de ces deux secteurs ont été redéployés vers de nouveaux secteurs après leur avoir accorder un repos de 4 jours.

    Sixièmement : La mise en œuvre de la mission, en conformité avec les dispositions du Protocole

    24 - Le chef de la Mission tient à souligner que cette observation qui concerne les 24 termes du Protocole est une synthèse de l’évaluation des secteurs, elle est rédigée à partir des indications fournies par les chefs de secteurs au cours de leur rencontre avec le chef de la Mission le 17/1/2012.

    A- La surveillance et le suivi de l’application intégrale de la cessation de toutes les formes et de toutes les sources de violence dans les villes et les quartiers.

     

    La violence et sa source dans les villes et les quartiers :

    25 - Lorsque les observateurs ont été déployés dans les différents secteurs, ils ont repéré au début de leur mission des actes de violence commis par les forces gouvernementales et des échanges de tirs avec des éléments armés à Homs et Hama. En raison de l’insistance de la mission de faire arrêter tous les actes de violence et de provoquer le retrait des véhicules et du matériel, alors a commencé le processus inverse : enregistrer un retour au calme progressif.
    Les derniers rapports de la récente mission enregistrent un calme remarquable et une réelle retenue de la part des sources et des canaux de la violence.
    26 - La Mission a observé dans les deux secteurs de Homs et Hama des actes de violence du fait des groupes armés contre les forces gouvernementales, qui ont fait des tués et des blessés parmi les troupes gouvernementales. Dans certaines situations, les forces gouvernementales ont recours à la violence comme réaction aux attaques perpétrées contre ses membres. Les observateurs de la mission ont noté que les groupes armés ont recours aux bombes thermiques et aux missiles anti-blindage.
    27 – La Mission a été témoin dans les secteurs de Homs, Idlib et Hama des actes de violence contre les troupes gouvernementales et contre les citoyens entraînant de nombreux décès et blessures. C’est le cas de l’explosion de l’autobus civil, tuant huit personnes et blessant plusieurs autres, dont des femmes et des enfants ; celui du sabotage à l’explosif d’un train chargé du transport du diesel ainsi que d’autres événements à Homs, dont la destruction de l’autobus de la police tuant deux d’entre eux, l’attaque à l’explosif du pipeline de carburant, et autres attentats de moindre importance.
    28 – La mission a noté l’émission de faux rapports émanant de plusieurs parties faisant état de plusieurs attentats à la bombe et de violence dans certaines régions. Lorsque les observateurs se sont dirigés vers ces zones pour enquêter, les données recueillies ont montré que ces rapports n’étaient pas crédibles.
    29 – La mission a noté également, se basant sur les documents et les rapports émanant des équipes sur le terrain, qu’il ya des exagérations médiatiques sur la nature et l’ampleur des accidents et des personnes tuées ou blessées à la suite des événements et des manifestations qui ont eu lieu dans certaines villes.

    B – La vérification que les manifestations pacifiques étaient à l’abri tant des attaques des services de sécurité syriens que des opérations de sape menées par des groupes organisés

    30 - L’observation des rapports récents reçus par les chefs d’équipes sur le terrain en conjugaison avec la réunion tenue directement avec le chef de la Mission du 17/01/2012 pour la préparation de ce rapport montrent qu’il y a des manifestations pacifiques dans certaines régions. Les partisans comme les adversaires de l’autorité n’ont été soumis à aucune répression. Il est à noter que les frictions observées étaient dirigées contre la Mission ou entre les partisans et les opposants du régime sans qu’il y ait à signaler des pertes, et ce depuis le dernier exposé qui a eu lieu avec le comité ministériel sur la Syrie lors de sa réunion du 08/01/2012
    31 – Les rapports sur le terrain et les déclarations des chefs de secteurs mettent en évidence que les opposants parmi les citoyens syriens informent la mission de ses rassemblements et en profitent pour faire du déploiement de la Mission un bouclier faisant obstruction à l’intervention des forces de sécurité. Ce phénomène a commencé à s’estomper progressivement.
    32 – La mission a reçu également de l’opposition à Homs et Doura des réclamations demandant le maintien de la présence des observateurs de la Mission, exprimant peut-être leur crainte de subir des agressions après le départ de la Mission.

    C- L’Assurance de la libération des détenus du fait des événements actuels.

    33 - La Mission a reçu des communiqués en provenance de l’extérieur de la Syrie faisant état du nombre de détenus syriens s’élevant à 16237. Elle a reçu des communiqués en provenance de l’opposition à l’intérieur de la Syrie faisant état du nombre de détenus syriens s’élevant à 12005.
    Les équipes de terrain de la Mission se sont attelées à vérifier la validité de ces chiffres découvrant ainsi l’existence de déclarations contradictoires, des informations incomplètes, inexactes, et la présence de noms dupliqués. La Mission poursuit son investigation avec les agences gouvernementales concernées pour parvenir à la véracité des chiffres.
    34 - La Mission a remis au Gouvernement syrien toutes les listes reçues et provenant de l’opposition de l’intérieur et de l’étranger, tout en exigeant la libération de ces détenus conformément à la mise en œuvre du Protocole.
    35 – En date du 15/1/2012, le Président Bachar al-Assad a promulgué un décret dont les termes et le contenu sont l’octroi d’une amnistie générale pour les crimes commis dans le contexte des événements qui sont survenus depuis le 15/03/2011 jusqu’à la date de publication du présent décret. L’application de ce décret incombe aux autorités gouvernementales compétentes afin de libérer des détenus dans les différentes régions par vagues successives à l’exclusion des personnes poursuivies pour d’autres affaires judiciaires. La Mission avait pour rôle de superviser la libération des détenus et de suivre l’actualité du problème avec le gouvernement, en assurant la pleine coordination avec le gouvernement et en interpellant le gouvernement qui est tenu d’apporter des réponses.
    36 – Le gouvernement syrien a rapporté le 19/1/2012 que 3569 détenus ont été libérés par les juridictions militaires et civiles. La mission a vérifié, jusqu’à ce jour, la libération effective de 1669 détenus. Et la Mission continue de poursuivre la mise en application de ce décret tant avec le gouvernement qu’avec l’opposition jusqu’à la confirmation définitive de la libération de tous les détenus, et ce en présence des Observateurs de la Mission ou par l’authentification des documents relatifs à cette procédure.
    37 – La Mission a constaté, à ce jour, que le nombre total de détenus libérés par le gouvernement syrien est comme suit :
    - Avant le décret d’amnistie: 4035 détenus.
    - Après le décret d’amnistie: 3569 détenus.
    Soit un total de 7604 prisonniers libérés comme rapporté par le gouvernement.
    38 – La mission a enquêté sur la validité du nombre de détenus qui ont été libérés et elle est parvenue, à ce jour, à mettre en évidence les éléments suivants:
    - Avant le décret d’amnistie 3483 détenus libérés.
    - Après le décret d’amnistie 1669 détenus libérés.
    Portant le total des détenus libérés que confirme la Mission à 5152 détenus. La Mission poursuit son travail de vérification sur le terrain et continue d’effectuer le suivi auprès du gouvernement syrien afin de libérer les autres détenus.

    D – L’assurance du retrait et de l’évacuation de toutes les formes d’expression armée des villes et des quartiers qui ont vécu ou peuvent vivre des manifestations et des mouvements de protestation.

    39 – La Mission a confirmé à travers les rapports des chefs d’équipes sur le terrain et sur la base de la rencontre directe effectuée entre tous les chefs de secteurs de la Mission du 17/1/2012, que tous les véhicules militaires, les véhicules blindés et l’armement lourd ont été retirés de l’intérieur des villes et des quartiers même s’il persiste toujours une présence sécuritaire qui se reflète par les monticules de terre, et par certaines barricades dans les principaux édifices et places publiques, mais ces barricades sont hors d’atteinte des citoyens. À ce titre, il faut noter ici que lors de la rencontre du chef de la Mission avec le ministre syrien de la Défense le 05/01/2012, ce dernier l’a assuré de sa disponibilité à l’accompagner dans tous les sites et villes désignés par le chef de la Mission, où la Mission pourrait y soupçonner la présence de forces armées et d’armement non retirés afin que sur place les ordres de retrait et d’évacuation émanant du ministre de la Défense viennent combler sur-le-champ et immédiatement les manquements ou les violations observées sur le terrain.
    40 - La présence de véhicules blindés (transporteurs, de troupes) sur certains postes de contrôle, l’un à Homs, et certains dans Madaya et Zabadani proche de Damas, a été signalée. Et de fait, ils ont été immédiatement retirés de Homs. Il a été permis de s’assurer également que les habitants de Zabadani et Madaya avaient conclu un accord bilatéral avec le gouvernement qui a abouti au retrait immédiat des barrières et des véhicules militaires.

    E – Vérification des agréments accordés par le gouvernement syrien aux médias arabes et internationaux, et enquête sur les possibilités offertes à ces médias de se déplacer librement dans toutes les régions de la Syrie

    41 – Le gouvernement syrien, par la voix de son ministre de l’information, a confirmé avoir accordé l’agrément à 147 divers médias arabes et étrangers depuis le début de décembre 2011 et jusqu’au 15/01/2012. 112 divers médias étrangers nouveaux ont visité le territoire syrien en plus des 90 médias déjà présents sur le territoire syrien qui disposent de correspondants permanents.
    42 - La Mission a suivi cette question et a observé la présence de 36 médias arabes et étrangers et un certain nombre de journalistes dans un certain nombre de villes syriennes. Elle a reçu quelques plaintes qui indiquent que le gouvernement syrien a accordé des autorisations pour certains médias d’opérer en Syrie pour une durée n’excédant pas 4 jours considérés comme durée insuffisante de leur point de vue, en plus de ne pas permettre leur déplacement à l’intérieur du pays à moins d’indiquer au préalable leur destination et de demander une autre certification pour se rendre à certaines zones sensibles. Le gouvernement syrien se dit prêt à accorder aux médias des mandats de 10 jours renouvelables.
    43 – Des rapports et des déclarations de certains secteurs de la Mission montrent l’existence de restrictions gouvernementales sur le déplacement des médias dans les secteurs de l’opposition, incitant ces journalistes à se déplacer, dans de nombreux cas, derrière le déplacement de la mission, pour exercer leurs fonctions.
    44 - La ville de Homs a été le témoin de l’assassinat d’un journaliste français travaillant pour France 2, et de la blessure d’un journaliste de nationalité belge. Sur ces deux cas, le gouvernement et l’opposition ont échangé les accusations sur la responsabilité de chacun dans ces incidents et ils ont publié, chacun, des déclarations condamnant la partie adverse. Le gouvernement syrien a constitué une commission gouvernementale d’enquête sur l’incident pour déterminer ses causes. Il faudrait noter que les rapports de la Mission de la Ligue arabe à Homs indiquent que le journaliste français a été tué à la suite des tirs de mortier par l’opposition.

    Annexe 2 : Identification des médias qui ont été observés sur place par la Mission et des médias qui sont entrés en Syrie (selon les déclarations officielles)

     

    Septièmement : Les obstacles rencontrés par la mission.

     

    A- les observateurs

    45 – Il n’a pas été tenu compte, dans certains cas, de la nomination d’experts dans le domaine de l’observation capables d’assumer leurs responsabilités et disposant d’une expérience préalable dans le domaine.
    46 - Certains observateurs n’ont pas évalué le poids réel de leurs responsabilités ni l’importance de faire prévaloir les intérêts arabes sur les intérêts personnels.
    47 – Durant le travail de terrain a été constaté le manque flagrant de compétence de certains observateurs à affronter la complexité et à faire face aux situations difficiles qui sont pourtant au cœur de leurs prérogatives, sachant que la spécificité de ces fonctions nécessite des qualifications singulières et des spécialités adéquates avec la mission d’observateur.
    48 – Un certain nombre d’observateurs participant à la Mission présentent un âge trop avancé alors que d’autres présentent un état de santé déficient les rendant ainsi inaptes à exercer les fonctions pour lesquelles ils ont été proposés.
    49 - Vingt deux (22) observateurs se sont excusés de ne pouvoir continuer d’accomplir leur mission pour des raisons personnelles, certains ont avancé d’autres arguments factices que le chef de mission a jugés inacceptables, alors que d’autres se sont avérés agissant pour leur propre agenda.
    Annexe 3 : dévoilement de la liste des observateurs de la mission d’observation de la Ligue des États arabes qui n’ont pas poursuivi leur mission.
    50 – Le manque d’engagement de certains observateurs, la violation de leurs obligations et du serment prêté le jour de leur engagement, l’entrée en contact avec des responsables de leurs pays d’origine et la communication avec transfert des informations sur les activités de la Mission d’une manière exagérant la situation réelle. Tout ceci a conduit certains fonctionnaires à une compréhension erronée de la situation réelle présentée à tort comme sinistre, et à évaluer les résultats probants acquis sur le terrain d’une manière malsaine.
    51 – Certains observateurs des secteurs ont exigé un hébergement similaire à celui de leurs homologues résidents à Damas sinon à une rétribution correspondant à la différence des standings d’hôtels, de lieux d’hébergement ou de séjour à Damas, ou bien encore à vouloir demeurer sur place à Damas et ne pas se rendre sur le terrain. Cette situation se passe de tout commentaire.
    52 – Les situations à risque dans certains endroits, la peur de certains observateurs d’accomplir leurs devoirs dans cette atmosphère de risque, le manque de véhicules blindés dans chaque poste d’observation et des gilets pare-balles ont fini par avoir un impact négatif sur la performance des fonctions et l’exercice des obligations de certains membres de la Mission.
    Commentaire du Chef de la Mission sur les observateurs :
    53 – Certains observateurs, malheureusement, voyaient leur présence en Syrie comme un voyage d’agrément et de loisir, mais ils ont été surpris par la réalité du terrain, par le déploiement à travers les secteurs, et par le maintien dans des postes d’observation en dehors de la capitale, se trouvant ainsi confrontés à des difficultés auxquelles ils ne s’attendaient pas et n’y étaient pas préparés.
    54 - Le déficit de sensibilisation des observateurs au terrain et de connaissance de la région et de sa géographie ainsi que le manque de véhicules blindés et de gilets pare-balles ont eu un effet désastreux sur l’esprit de certains observateurs.
    55 – La confrontation de certains observateurs aux provocations des partisans tant de l’opposition que du gouvernement a eu également un impact négatif sur leur moral.
    56. Malgré toutes les remarques qui ont été émises, on dira que le rendu de beaucoup d’observateurs a été remarquable, et mérite compliments et considération. Les quelques maladresses enregistrées vont être corrigées avec la pratique et les instructions qu’il faut.

    B. Les contraintes sécuritaires :

    57. Malgré l’accueil favorable réservé par le Gouvernement aux membres la Mission et son chef et son assurance de ne pas vouloir imposer des restrictions sécuritaires de nature à entraver l’activité de la mission, il n’en demeure pas moins que le Gouvernement a essayé, par le biais d’une stratégie bien ficelée, d’empêcher que la mission n’arrive au fin fond des régions et il s’est employé à la distraire par des questions relevant de son seul intérêt. Mais la mission a fini par juguler ces manœuvres pour poursuivre son entreprise et a dépassé les obstacles érigés devant elle.

    C. Moyens de communication :

    58. La mission des observateurs se met en contact avec différents groupes en passant par le réseau national syrien, plus précisément les téléphones portables et les télécopies. Etant donné que ces moyens de communication sont indisponibles par moments, cela rend impossible la prise de contact.
    59. Le nombre de téléphones satellitaires Thuraya mis à la disposition de la Mission sont au nombre de 10. Mais en raison de difficultés de liaisons par satellite, leur utilisation s’est trouvée compromise à l’intérieur des bâtiments. Les téléphones cellulaires et les télécopies les ont remplacés pour l’envoi des rapports quotidien, mais ce sont deux moyens de communication non sécurisés.
    60. Quant aux moyens de communication dont devaient disposer les observateurs Qataris, ils ont été saisis sur les frontières jordaniennes nonobstant leur réclamation par le chef de la Mission. Mais quand bien même les autorités syriennes consentiraient à les autoriser, ils seraient insuffisants pour couvrir tous les sites et toutes stations.
    61. Comme la Mission ne disposait pas de quoi établir et maintenir la communication au sein d’un même groupe, l’ambassade chinoise a mis à la disposition de la Mission 10 talkie walkie. Ceux-ci n’ont été utilisés que dans trois secteurs.
    62. Le réseau internet est indisponible dans certaines régions, et irrégulier, dans certaines autres régions dont la capitale.
    63. Il n’existe pas de caméras à bord des voitures, qui auraient facilité la mission des observateurs dans les zones dangereuses.

    C. Moyens de transport :

    64. Le total des voitures utilisées par la Mission est au nombre de 38 (23 voitures blindées et 15 non blindées) dont 28 sont des 4×4 et les 10 autres de simples berlines, sachant que la nature de la mission des observateurs aurait impliqué que toutes les voitures soient des 4×4 blindées. Ainsi le nombre actuellement disponible est insuffisant dans la mesure où il ne permet pas de se déplacer dans toutes les zones chaudes.
    65. La Mission a procédé à la location de voitures sur le marché local pour les utiliser dans le cadre de son travail. Mais devant les troubles déclenchés par l’arrivée des groupes d’observateurs sur le terrain, les sociétés de location ont résilié les contrats, soucieuses qu’elles étaient de la sécurité de leurs chauffeurs et de leurs voitures.
    66. La Mission a rencontré des problèmes pour trouver des chauffeurs en raison du refus de membres de l’opposition à ce que des chauffeurs liés à des organismes de sécurité gouvernementale accèdent à leurs régions. Ce qui a finalement obligé les observateurs à conduire eux-mêmes les voitures.
    67. Certains observateurs ont demandé à utiliser les voitures que leurs pays respectifs ont envoyées, ce à quoi s’est opposé le Président de la Mission qui a procédé à la distribution des voitures suivant les besoins de chaque secteur.

    D. Les médias :

    68. La Mission a fait l’objet d’une propagande médiatique féroce depuis le commencement de ses travaux et qui se poursuit aujourd’hui. Certains médias ont même publié des déclarations infondées en les imputant au Président de la Mission. Ils se sont également employés à exagérer certains faits de sorte que la réalité s’en est trouvée altérée.
    69. Ce traitement médiatique faussé a contribué à augmenter la frustration des syriens et a nui au travail des observateurs. Il a également utilisé certains observateurs aux fins de nuire à la réputation de la Mission et son Président et faire échouer la mission.

    Point huit : Les besoins essentiels de la Mission en cas de prorogation:

    Ajouter cent nouveaux jeunes observateurs, avec une préférence pour les militaires.
    30 nouvelles voitures blindées.
    Des gilets pare-balles légers.
    Des appareils photos transportables dans les voitures
    Des moyens de communication élaborés.
    Des lunettes de vision nocturne

    Neuvième point : la réforme :

    70. L’objectif visé par le protocole est la protection des citoyens syriens en engageant le gouvernement syrien à arrêter les violences, à libérer les détenus et à retirer l’armée des villes et zones habitables comme première étape visant à aboutir à un dialogue entre les différentes parties syriennes qui se concrétiserait politiquement. Le cas échéant, l’opération des observateurs s’enliserait sans réaliser sur le terrain les résultats escomptés.
    71. La Mission a constaté l’existence d’un élément armé non visé par le Protocole et dont l’apparition (antérieure à son arrivée) a été la conséquence de l’utilisation excessif de la violence de la part des forces de sécurité à l’occasion des manifestations qui ont appelé à la chute du régime. Cet élément armé agresse dans certains secteurs les forces de sécurité syriennes et les citoyens syriens, ce qui provoque une réaction de la part du Gouvernement. Les citoyens innocents qui se trouvent en étau, en paient un lourd tribu en morts et blessés.
    72 Dans toute la Syrie, la Mission a été favorablement reçue par l’opposition. La présence de la Mission a inspiré un sentiment de confiance chez les citoyens qui les a incité a lui présenter leurs doléances, et ce malgré la crainte éprouvée par l’opposition devant autant de franc-parler, car pesait encore sur elle la crainte des arrestations dont elle avait souffert avant l’arrivée de la Mission en Syrie, si l’on exclut la période qui a suivi la parution du dernier communiqué du comité interministériel, qui a vu l’intensité de la violence se réduire progressivement.
    73. La Mission a également constaté la bonne disposition du Gouvernement à réussir sa mission et l’aider à dépasser toutes sortes d’obstacles. Le Gouvernement a également facilité la tenue de toutes sortes de rencontres sans exception et n’a pas cherché à imposer des restrictions quant aux déplacements des observateurs et les rencontres qu’ils effectuèrent avec les citoyens syriens, qu’ils soient au nombre des pro-gouvernementaux ou des opposants.
    74 La Mission a relevé un état de grave frustration dû à l’injustice et l’oppression éprouvées par les Syriens. Ceux-ci sont néanmoins convaincus de la nécessité d’une résolution pacifique et arabe la crise syrienne, sans l’internationaliser, pour qu’ils puissent vivre en paix et sécurité, et pour que se réalisent les réformes et les changements escomptés. La mission a pris également connaissance du fait qu’une partie de l’opposition a pris les armes, notamment à Deraa Homs Hama et Edleb, en réaction à la grande souffrance du peuple syrien, à son oppression par le régime politique et à la corruption qui a touché tous les secteurs de la société, sans compter la pratique de la torture et les atteintes aux droits de l’homme.
    75. L’occurrence de certains évènements est une évolution pouvant creuser davantage le fossé entre les diverses parties et accroître leur amertume. Les conséquences de ces évènements sont graves : pertes en vies humaines et divers dommages matériels. Il s’agit plus précisément des explosions qui ont pris pour cible les bâtiments, les trains et les véhicules de ravitaillement en carburant, les forces de police, les institutions médiatiques et le transport par pipeline.
    Certaines de ces opérations ont été revendiquées par l’Armée Libre, d’autres par des parties armées liées à l’opposition.
    76. La Mission a procédé à l’exécution de sa tâche de la manière la plus conforme à ce qui a été stipulé dans le Protocole, à travers une présence quotidienne sur le terrain, en observant une neutralité et une indépendance garantissant une perception fidèle et transparente de la réalité. Et ce malgré les difficultés rencontrées et le comportement de certains éléments indisciplinés.
    77. La durée d’un mois fixée par le Protocole pour le travail de la Mission ne suffit pas à l’accomplissement des préparatifs administratifs, elle est a fortiori insuffisante pour l’accomplissement du travail lui-même, dont la durée effective n’a été que de 23 jours. C’est une durée insuffisante eu égard au grand nombre de stipulations du Protocole dont il faudrait s’acquitter et à la nécessité de côtoyer les syriens pendant une assez longtemps s’étendait sur quelques mois et parfois de nombreuses années.
    78. La crédibilité de la Mission a été mise en doute auprès des téléspectateurs et auditeurs arabes et étrangers qui suivent certains médias usant de techniques d’information visant à déformer les réalités. Il demeure difficile de juguler cette difficulté sauf à faire bénéficier la Mission d’un soutien politique et médiatique. Et quand bien même ressurgiraient alors certaines lacunes, cela n’en demeure pas moins normal dans ce genre de missions et d’activités.
    79. La Mission est arrivée en Syrie après que des sanctions aient été imposées à ce pays pour l’amener à accepter le Protocole. Malgré cela, la Mission a été bien reçue tant par les militants progouvernementaux que par les opposants ou même le Gouvernement lui-même. Mais demeure la question quant à la façon par laquelle la Mission poursuivra son travail. Il est à relever dans ce sens que la tâche assignée à la Mission, telle que fixée par le Protocole, a subi quelques changements au vu des évolutions du terrain et des violentes réactions qui ont parfois suivi de la part de parties non citées par le Protocole. Autant d’évènements rendant nécessaire un changement et une évolution dans la nature de la tâche dévolue à la Mission. Il est alors nécessaire de rappeler que le point de départ demeure l’arrêt de toute violence pour que la Mission puisse accomplir sa tâche dans un climat susceptible de déblayer la route, in fine, vers l’accord politique.
    80. Si accord il y a, quant à la fixation de la durée de travail de la Mission, il faudra que celle-ci dispose des équipements et des moyens de communication et de transport nécessaires à l’accomplissement de sa mission sur le terrain.
    81. D’un autre côté, mettre un terme au travail de la Mission après une si courte durée aura raison des résultats positifs – même incomplets – réalisées jusque là. Cela aboutirait également sur le terrain à un état de chaos, étant donné que les parties concernées ne sont ni prêtes ni disposées à présent à entamer le processus politique devant résoudre la crise syrienne.
    82. Les intentions des uns et des autres à l’égard la Mission, depuis sa constitution, n’ont pas été sincères et pour ainsi dire pas sérieuses. Avant même que la Mission entame son travail et avant même l’arrivée des observateurs, une campagne féroce a pris pour cible la Ligue arabe et le Président de la Mission. L’intensité de cette campagne s’est renforcée pendant la mission. La Mission souffre encore d’un manque de soutien politique et médiatique l’empêchant de mener à bien sa tâche. Si la durée de cette mission devait se prolonger, les objectifs du Protocole ne pourraient se réaliser que moyennant l’apport d’un tel soutien qui renforcerait la Mission et permettrait de faire aboutir la Solution Arabe à la crise.

    Dixième point : les recommandations :

    83. A la lumière de ce qui a été énoncé, et considérant ce qui a été réalisé en termes de résultats conformément aux dispositions du Protocole que le Gouvernement syrien s’est engagé à exécuter, je suggère:
    La nécessité d’apporter toutes sortes de soutien administratif et logistique que requiert la Mission en vue de bien s’acquitter de sa tâche.
    D’apporter un soutien médiatique et politique en vue de créer un climat propice à l’accomplissement convenable de la mission.
    D’insister sur la nécessité d’accélérer le processus politique et lancer le dialogue national en parallèle avec le travail de la Mission en vue de favoriser un climat de confiance permettant la réussite de la Mission et évitant un vain maintien en Syrie.
    Que Dieu nous aide.
    Le Président de la Mission
    Lieutenant Général Mohamed Ahmad Moustapha El Dabi
    _________________________________________________
    Traduit de l’arabe par Omar Mazri, Safwene Grira et Ahmed Manai
    Le rapport de Mission d'observation de la Ligue arabe en Syrie
    http://tunisitri.wordpress.com/2012/01/30/le-rapport-de-la-mission-des-observateurs-arabes-en-syrie/#more-4548/


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  • Accoucher aux check-points en Palestine : Vidéo
      

    A tous ceux qui n’y croient pas, qui prétendent que l’on exagère, voici une vidéo d’une femme en train d’accoucher au check-point de Kalandia en Cisjordanie, ainsi qu’un article de la revue scientifique britannique ’The Lancet" sur les femmes palestiniennes qui sont obligées d’accoucher aux barrages de l’armée israélienne, en Palestine. Il faut savoir également qu’un nombre croissant de Palestiniennes, pour éviter d’être confrontées à ces situations dramatiques, choisissent d’accoucher chez elles, dans des conditions souvent précaires.

    L’IRIN, un service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations-Unies, attire l’attention sur une série d’études concernant la santé publique en Palestine occupée publiée par "The Lancet". Etudes qui soulignent que des femmes palestiniennes sur le point d’accoucher sont empêchées par l’armée d’occupation d’aller à l’hôpital.

    Elles accouchent parfois au bord d’une route devant un check-point de l’armée d’occupation, comme dans la vidéo ci-dessous qui n’est pas récente, mais que nous n’avions jamais visionnée. Elles y meurent aussi, de même que les enfants qu’elles portaient.

    Extraits du Lancet : www.pourlapalestine.be

    "Les restrictions à la circulation constituent une source quotidienne de tension et d’anxiété dans les territoires palestiniens occupés. Outre les fouilles fastidieuses et humiliantes effectuées aux postes de contrôle, les résidents ne savent jamais combien de temps leur déplacement va prendre, ou même s’ils pourront effectivement se déplacer. Cependant, en cas d’urgence médicale, ces restrictions peuvent être une question de vie ou de mort.

    L’année dernière, les collaborateurs de The Lancet ont décrit de manière très réaliste la terreur ressentie par les femmes sur le point d’accoucher lors des raids de bombardement israéliens sur Gaza au début de l’année 2009. Ces femmes savaient qu’elles pourraient avoir besoin d’une aide médicale d’urgence alors qu’elles se trouvaient prisonnières chez elles pendant les attaques israéliennes. Cette année, un autre chercheur s’est intéressé à ce qui arrive aux femmes dont l’accouchement a déjà commencé et qui se trouvent aux points de contrôle [de l’armée d’occupation].

    Halla Shoaibi, de l’université américaine d’Ann Arbor, estime que dans la période qu’elle a étudiée (2000-2007), 10% de Palestiniennes enceintes ont été retenues à des points de contrôle alors qu’elles se rendaient à l’hôpital pour accoucher. Cela s’est notamment traduit par une augmentation considérable du nombre de naissances à domicile, les femmes préférant éviter les déplacements routiers pendant l’accouchement de crainte de ne pas arriver à l’hôpital à temps.

    Les craintes de ces femmes sont justifiées. Mme Shoaibi indique que 69 bébés sont nés à des points de contrôle au cours de ces sept dernières années. Trente-cinq bébés et cinq mères sont décédés, un résultat qu’elle assimile à un crime contre l’humanité.

    Source : http://www.thelancet.com/health-in-the-occupied-palestinian-territory-2011 - voir : "childbirth at checkpoints"

    CAPJPO-EuroPalestine



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  • En Irak, la guerre est « subrogée » Nos troupes sont sorties d’Irak « la tête haute », a annoncé le commandant en chef Barack Obama. Les États-Unis ont de quoi être fiers. Ils quittent un pays envahi en 2003 au motif qu’il possédait des armes de destruction de masse, motif qui s’est révélé infondé. Mis à feu et à sang par plus d’un million et demi de soldats, que le Pentagone a déployés par rotations, avec aussi des centaines de milliers de contractorsmilitaires (mercenaires), en employant n’importe quel moyen pour écraser la résistance : des bombes au phosphore contre la population de Fallujah aux tortures d’Abu Ghraib. Provoquant environ un million de victimes civiles, qui s’ajoutent à celles de la première guerre contre l’Irak et de l’embargo. Contraignant plus de deux millions d’Irakiens à quitter leur maison et autant à se réfugier en Syrie et en Jordanie. Laissant un pays sinistré, avec un chômage à plus de 50%, la moitié des médecins qu’il avait avant l’invasion, un tiers des enfants affectés de malnutrition, auxquels s’ajoutent ceux qui ont des malformations génétiques dues aux armes du Pentagone. Une guerre que les Etats-Unis ont payée de 4.500 morts et plus de 30.000 blessés chez les militaires, dont 30% sont rentrés chez eux avec de graves problèmes psychiques.

     

    Guerre qui a coûté 1.000 milliards de dollars, auxquels s’ajoutent environ 4.000 milliards de dépenses indirectes, comme celles de l’assistance aux anciens combattants. Elle en a cependant valu la peine : dorénavant « l’avenir de l’Irak sera dans les mains de son peuple », assure le président Obama. Est-ce ainsi qu’il a gagné le Prix Nobel de la Paix ? On peut en douter en lisant le manuel de l’US Army sur « La guerre subrogée pour le 21è siècle » : une guerre menée en substituant aux forces armées traditionnelles, qui interviennent ouvertement, des forces spéciales et agents secrets qui agissent dans l’ombre, avec le soutien de forces alliées, de fait sous commandement étasunien. Divers faits le confirment. Le personnel de l’ambassade étasunienne à Bagdad, la plus grande du monde, passera de 8.000 à 16.000 personnes. Son « bureau de coopération et sécurité », qui entraîne et arme les forces irakiennes, sera renforcé. Depuis 2005, le gouvernement irakien a acheté des armements étasuniens pour une valeur de cinq milliards de dollars et, selon le programme, il en achètera d’autres pour 26 milliards. Parmi lesquels, 36 chasseurs F-6 avec leurs armements (qui pourraient augmenter jusqu’à 96), dont les pilotes seront entraînés aux États-Unis et dont les bases seront de fait sous le contrôle du Pentagone. Des unités de la CIA et des forces spéciales étasuniennes continuent à entraîner (et de fait à diriger) les « forces de sécurité » qui, sur ordre du premier ministre Nouri al-Maliki, ont déjà arrêté des centaines d’ex-baasistes accusés, sur la base de preuves fournies par le CNT libyen, d’avoir préparé un coup d’état avec l’appui de Kadhafi. En même temps, Washington s’attache le gouvernement régional kurde de Masoud Barzani avec lequel Exxon Mobil a conclu un gros contrat d’exploitation pétrolière, en doublant le gouvernement de Bagdad.

     

    Au Kurdistan irakien opèrent depuis 2003 des forces spéciales étasuniennes, sous les ordres du général Charles Cleveland. Celui-là même qui - révèle le journal égyptien al-Arabi - entraîne et dirige aujourd’hui en Turquie les commandos de l’ « armée syrienne libre » pour la « guerre subrogée » contre la Syrie.

     

    Manlio Dinucci

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

    Édition de mardi 20 décembre 2011 d’il Manifesto

    http://www.resistance-politique.fr


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