• PANORAMA DU MOYEN-ORIENT 

     Entretien avec Georges CORM

    Propos recueillis par Sixtine de Thé, à Beyrouth

     

    georges-Corm.jpgGeorge Corm, économiste libanais, est un des éminents spécialistes du Moyen-Orient et de la Méditerranée. Outre son statut de consultant économique et financier international, il est professeur depuis 2001 à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, dans le cursus des sciences politiques. Ses ouvrages les plus célèbres sont L’Europe et l’Orient (La Découverte) ; Orient-Occident, la fracture imaginaire (La Découverte) ; La question religieuse au XXIè siècle (La Découverte) ; Le nouveau gouvernement du monde, idéologie, structures, contre-pouvoirs (La Découverte) ; Pour une lecture profane des conflits (La Découverte) ; Le Proche-Orient éclaté 1956-2012, 2 volumes (Folio/histoire). Ils sont traduits en plusieurs langues.

     

    Le Moyen-Orient est en pleine recomposition. Comment expliquez-vous cette évolution ? Etait-elle en germe, et depuis quand ?

    Il y a beaucoup d’observateurs qui pensent en effet que nous sommes dans l’ère de la fin des accords franco-britanniques dits Sykes-Picot (1916) qui ont balkanisé ce qu’on appelait, au début du siècle passé, les provinces arabes de l’Empire ottoman. Ou d’autres qui parlent de période de transition de régimes autoritaires vers des régimes de type démocratique. Je pense que dans les deux cas, nous sommes loin de tels scénarios. En effet, la remise en cause des Etats existants paraît quand même assez difficile, sauf à généraliser des situations de chaos partout. Si nous prenons le modèle syrien, ou éventuellement le modèle libyen où il y a emploi massif d’armes venues de l’extérieur, à la limite on peut dire qu’il y a des zones d’influences qui se mettent en place sous l’égide des grands acteurs régionaux et internationaux. Mais enfin je ne vois pas d’Etats disparaître de la carte et de nouveaux Etats être créés et reconnus, comme cela a pu être le cas avec l’ex-Yougoslavie. Probablement si nous étions en contact géographique direct avec l’Europe, ceci aurait pu arriver, mais sur l’autre rive de la Méditerranée cela paraît quand même nettement plus difficile. D’un autre côté, pour ce qui est de la transition vers la démocratie, le problème qui se pose aujourd’hui est essentiellement celui de la nature des mouvances islamiques sur lesquelles les milieux européens et américains ont misé depuis bien des années. Ces mouvances, trop souvent idéalisées, ont désormais montré leur vrai visage, celui d’un autoritarisme et d’un désir de contrôle des libertés individuelles.

     

     

    Nous avons donc un problème aigu, important, qui va déterminer l’avenir : est-ce que les mouvances de type modernistes, laïques ou attachées aux libertés individuelles et qui refusent le référent religieux dans le fonctionnement d’un système politique vont pouvoir s’affirmer face aux mouvances islamiques ? On peut être inquiet si l’on prend en compte le fait que ces dernières jouissent jusqu’ici de l’appui total de l’Occident et qu’elles bénéficient en outre de très importants financements en pétrodollars, en provenance des royautés et émirats pétroliers alliés des Etats-Unis et de l’Europe. Ce sera donc une très longue bataille, très intéressante. C’est cette bataille qui va décider du sort du monde arabe et de la possibilité pour ces pays arabes d’établir non seulement de véritables règles démocratiques, mais aussi une véritable indépendance par rapport aux forces régionales et internationales.

     

    Concernant la crise syrienne, de nombreux acteurs sont impliqués (Qatar, Arabie Saoudite, Turquie, Israël). Pourquoi ?

     

    Mais vous avez oublié dans cette liste la France, l’Angleterre, les Etats-Unis ! J’ai eu l’occasion d’expliquer dans diverses interviews que dès le départ, il y a une différence fondamentale entre la révolte syrienne et ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte et au Yémen. En Syrie, vous aviez un malaise rural important depuis 2007, du fait d’une série d’années de sècheresse, puis du fait que le gouvernement a voulu faire plaisir au Fonds Monétaire International et aux pays occidentaux, et qui s’est mis à supprimer pas mal des subventions dont jouissait l’agriculture. Les observateurs de terrain en Syrie savaient que le monde rural, autrefois très privilégié par le régime et qui avait longtemps constitué sa base essentielle, commençait vraiment à connaître un état de mécontentement grandissant.

     

    Quand vous regardez où ont eu lieu les manifestations en Syrie, quelle était la composition sociale des manifestants et quel était leur nombre, on voit bien qu’ils étaient des ruraux pauvres dans des régions rurales pauvres périphériques, situées aux frontières avec la Jordanie et la Turquie. Les images parlaient d’ailleurs d’elles-mêmes. Elles contrastaient avec les grandioses manifestations de masse, tunisiennes, yéménites ou égyptiennes, où tous les groupes sociaux et toutes les classes d’âge étaient au rendez-vous. On a très vite assisté à l’arrivée d’armes aux mains des groupes d’opposants qui se sont constitués sur le terrain. De plus, il y a eu le déchaînement d’une guerre médiatique absolument spectaculaire contre le régime syrien. Or, les manifestations de masse en Syrie ont eu lieu en faveur du régime et contre l’opposition armée ; dans ces manifestations on a vu toutes les classes sociales, tous les groupes d’âge et de très nombreuses femmes…

     

    C’est donc une différence absolument fondamentale par rapport aux autres situations de révoltes dans le monde arabe. Par ailleurs, l’armée ne s’est nullement effondrée et elle a fait face avec de plus en plus de détermination et de violence à l’arrivée, de l’international, de combattants qu’on appelle à tort Djihadistes, parce que lorsque des musulmans tuent d’autres musulmans, cela n’est pas un djihad. On a donc eu en Syrie un scénario qui s’est mis en place qui est en train d’aboutir à une destruction systématique de la société syrienne et de sa richesse matérielle (infrastructures, habitations, potentiel industriel). C’est une répétition de ce que la communauté internationale a fait subir à l’Irak et demain nous verrons - comme cela s’est passé en Irak ou auparavant au Liban - que sous prétexte de reconstruction, le pays sera pillé par des grosses entreprises de BTP arabes ou turques ou internationales. On a déjà vu cela au Liban où, au sortir des quinze ans de violence entre 1975 et 1990, le pays a été enfoncé dans une dette invraisemblable et où après vingt-deux ans de reconstruction il n’y a toujours pas d’eau ou d’électricité courantes ! Et en Irak, malgré son énorme richesse pétrolière, les grandes infrastructures d’eau et d’électricité ne sont toujours pas complètement reconstruites. Il faut donc s’attendre à un même scénario en Syrie.

     

    Par ailleurs, il faut bien voir que les données internes syriennes sont tout à fait secondaires dans le conflit, car la Syrie est devenue un champ d’affrontement colossal entre, d’un côté les deux grandes puissances montantes, la Chine et la Russie, ainsi que l’Iran, et de l’autre les pays occidentaux, l’OTAN… dont le but est très clairement de faire sauter les derniers verrous anti-israéliens de la région, ces derniers verrous étant essentiellement constitués de l’axe Iran-Syrie-Hezbollah qu’on appelle, pour le dénigrer et pour donner dans le sensationnel, « l’arc chiite ». Beaucoup d’analyses se font à base de sensationnel communautaire qui est instrumentalisé pour faire croire que le conflit est entre chiites et sunnites à l’échelle régionale, alors qu’il s’agit d’un problème de géopolitique très profane. Il y a aussi des considérations pétrolières et gazières qui entrent en jeu.

     

    Pensez-vous qu’un embrasement régional pourrait avoir lieu dans le contexte de la crise syrienne, notamment au Liban ?

     

    Déjà en 2007, dans la revue Futurible, j’avais évoqué un scénario de troisième guerre mondiale éventuelle, déclenchée autour la question du développement de la capacité nucléaire iranienne. Car les passions anti-iraniennes étaient déjà d’une virulence peu commune qui n’a pas baissé de registre. Le reproche fait à l’Iran étant sa rhétorique anti-israélienne et surtout son aide au Hezbollah libanais passant par la Syrie. Aussi, l’axe Iran, Syrie, Hezbollah est-il considéré depuis des années comme à abattre dans les milieux de l’OTAN. Or, il faut bien voir que même si cet axe est réduit ou affaibli ou disparaît, il rebondira ou sera reconstitué différemment, et ceci tant que l’Etat israélien continuera de se comporter comme il se comporte vis-à-vis des Palestiniens qui continuent d’être dépossédés de ce qu’il leur reste de terre, mais aussi vis-à-vis des Libanais qu’ils ont énormément fait souffrir entre 1968 (date du premier bombardement contre le pays) et 2000, lorsque l’armée israélienne est forcée de se retirer du pays après 22 ans d’occupation, puis tente en 2006 de supprimer le Hezbollah par une série de bombardements massifs qui durent 33 jours.

     

    On a déjà assisté, à plusieurs reprises, à l’espoir d’avoir « débarrassé » le Moyen-Orient des forces hostiles à la domination israélo-américaine de la région. Ils ont tous été déçus. Cela a été le cas lors de la seconde invasion du Liban par Israël en 1982, qui a abouti à l’exil de l’OLP en Tunisie et dans d’autres pays loin des frontières israéliennes. Puis, cela a été le cas avec la conférence de Madrid et les accords israélo-palestiniens d’Oslo en 1993. Enfin cela a recommencé avec l’invasion de l’Irak en 2003 qui a fait penser que le Moyen-Orient serait en paix grâce à l’élimination de Saddam Hussein. C’est pour cela que je parle des « passions » américaines et européennes en faveur d’Israël, qui empêchent toute possibilité raisonnable de rendre aux Palestiniens leurs droits. Tant que cette situation n’est pas réglée conformément aux lois internationales, et non pas par la force, le Moyen-Orient va rester en ébullition avec tous ces risques d’affrontements dont nous parlons, et qui peuvent effectivement s’embraser.

     

    Ceci dit, il faut bien voir que dans ces passions, la folie n’est pas totale, c’est-à-dire que les Etats-Unis, après des déploiements militaires qui leur ont coûté énormément (Afghanistan et Irak) et où curieusement ils ne sont pas venus à bout de Al Qaïda, n’ont plus envie d’aventures militaires extérieures. Ce qui est une bonne chose. Maintenant, ils ont trouvé des relais régionaux qui sont notamment la Turquie, qui avait l’air prête à se battre jusqu’au bout contre la Syrie, quatre ans seulement après avoir signé des accords de coopérations, d’amitiés, de fraternité, de libre échange avec ce pays. Ils ont trouvé également les pétrodollars qui financent les armées de combattants venus de l’extérieur.

     

    L’on s’attendait, dans ces Etats intervenants extérieurs, à ce que l’armée syrienne s’effondre rapidement et tout le régime avec. Mais cela n’est pas arrivé, à la surprise générale de tous ceux qui connaissaient très mal le contexte syrien. Et aujourd’hui, l’armée semble reprendre le dessus militairement. Toutefois, tant que le gouvernement syrien ne pourra pas contrôler ses frontières, qui sont très longues avec la Turquie, l’Irak, la Jordanie et le Liban, les combats et la destruction de la Syrie vont continuer. Quant à ce projet de conférence à Genève, ce n’est qu’un mauvais théâtre. Il me rappelle celui d’il y a quarante ans, lorsque les soviétiques réclamaient une conférence internationale sur la Palestine à laquelle ils se seraient associés. Or, il n’y a eu qu’une seule séance orpheline d’apparat, les Américains et les Israéliens ne souhaitant pas accorder de l’influence à l’URSS dans ce conflit. Donc je suis très sceptique face à ce projet de conférence. Jusqu’ici, nous voyons des rencontres américano-russes sur la Syrie pour organiser une conférence entre les parties au conflit, mais sitôt la réunion terminée, les déclarations des parties au conflit contredisent la volonté d’apaisement.

     

    Concernant les retombées sur le Liban, elles sont très intéressantes. Le gouvernement libanais a prétendu sagement vouloir rester neutre dans le conflit syrien. Ceci en application du slogan qui existe depuis des années : « le Liban d’abord ». Il s’agit d’ailleurs d’un slogan que même l’OLP avait adopté après sa sortie de Beyrouth en 1982 en vertu duquel « la Palestine d’abord ». On le trouve aussi en Irak après l’invasion américaine et on l’entend dans les milieux de l’opposition syrienne. Or, l’on a vu combien ce slogan a abouti à affaiblir les dirigeants de l’OLP qui sont impuissants devant la colonisation, mais à affaiblir aussi l’Irak.

     

    Au Liban, ceux qui ont porté ce slogan ne l’appliquent pas, puisqu’ils sont les premiers à s’impliquer militairement par l’envoi de combattants dans la situation syrienne, de même que le Hezbollah le fait, l’arrivée de son armement dépendant largement de la survie du régime syrien, et donc aussi à terme sa propre survie. C’est pourquoi je pense que l’insécurité va demeurer sur toutes les zones géographiques libanaises limitrophes à la Syrie, puisque les combattants vont et viennent. Tout cela alors que l’armée israélienne est toujours surpuissante et a vraisemblablement des velléités d’intervenir à nouveau au Liban dans l’espoir de réussir à faire disparaître le Hezbollah. Cependant, je ne pense pas que l’insécurité va se propager sur tout le territoire. Certes, il y a à Saïda ce cheikh salafiste, radical et anti-Hezbollah qui veut faire le coup de feu contre ce parti. Il est brusquement apparu sur la scène libanaise depuis un an, vraisemblablement financé par les pétrodollars saoudien ou Qatari. La ville de Saïda connaît donc une période troublée, mais dans l’ensemble, la population de la ville est calme, à l’inverse de la ville de Tripoli, qui peut se laisser gagner par le radicalisme islamique. Par contre, plus inquiétant est le délitement des institutions de l’Etat. Mais le Liban sait s’autogérer.

     

    Que pensez-vous de la situation du pouvoir hachémite en Jordanie ?

    Je crois que les Israéliens doivent continuer à se gratter la tête : faut-il essayer de faire un Etat palestinien en Transjordanie, ce qui est un vieille idée d’Ariel Sharon pour régler le problème palestinien, et ce qui permettrait du même coup d’expulser les Palestiniens restés dans ce qui est devenu le territoire d’Israël. Ou bien faut-il mieux conserver cet allié fidèle des Etats-Unis qu’est la monarchie jordanienne, qui garantit la sécurité de la frontière avec Israël. Mais comme je ne suis pas dans le secret de la pensée stratégique israélienne, je n’ai pas de réponse.

     

    Après le deuxième mandat de Barack Obama, voit-on un repositionnement de la politique américaine concernant le Moyen-Orient ?

     

    Non, quand on regarde les Etats-Unis et qu’on cherche à déterminer leurs objectifs principaux, on constate ceci : un, la sécurité d’Israël, et donc qu’Israël puisse continuer de coloniser comme elle le fait depuis 1967. Deux, empêcher l’Iran d’avoir l’armement nucléaire. Dans le sillage évidemment, démanteler l’axe Iran-Syrie-Hezbollah, et ce toujours pour la sécurité d’Israël. Et puis, le contrôle des routes d’approvisionnement pétrolier, et le maintien de l’hégémonie que l’Europe a eu puis que les Etats-Unis ont de concert avec l’Europe sur toute cette zone hautement stratégique pour l’économie et la géopolitique mondiales. C’est très simple à décrypter. Quand Barack Obama a fait son célèbre discours au Caire en 2009, il était dans la droite ligne de la politique américaine traditionnelle, il n’en a pas bougé d’un iota. Ce n’est pas le fait d’inclure la citation de deux versets du Coran dans le texte du discours qui exprime un changement de politique, ce que peut être certains ont naïvement pensé ! Mais simplement les Etats-Unis, comme je disais, sont aujourd’hui beaucoup plus prudents, et cet Etat n’a pas envie de nouvelles aventures militaires extérieures, ce qui est le facteur qui calme le jeu. En tous cas, entre la politique du président George W. Bush et celle de Barack Obama, les mêmes constantes sont affirmées. Lors de son récent voyage en Israël, ce dernier a prononcé des paroles inconditionnellement favorables à l’Etat d’Israël et à sa politique, comme l’ont fait tous les présidents successifs, à l’exception d’Eisenhower et plus accessoirement George Bush père et son ministre des Affaires étrangères, James Baker, qui a protesté énergiquement contre la continuation de la colonisation et a même annulé des aides américaines à l’Etat d’Israël.

     

    Le 21 juin 2013

     

    Source : Les clés du Moyen-Orient

    http://pcfcapcorse.over-blog.com

     


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  • Quelques données sur le pétrole en Syrie

    COMAGUER
     

    Dans l’actuelle crise syrienne l’importance de la question pétrolière (et gazière) n’a pas toujours été suffisamment mise en lumière. Ceci s’explique en première instance par le fait que à l’inverse de son voisin irakien la Syrie ne se situe pas parmi les grands producteurs, mais elle n’est pas non plus dépourvue de ressources comme ses voisins immédiats : Turquie Liban et Jordanie et elle se situe dans une zone où les promesses de gisements gaziers sous marins sont immenses . D’autre part sa position géographique en fait un point de passage naturel pour le transport des hydrocarbures moyen-orientaux vers les rivages de la Méditerranée et de là vers les consommateurs européens.

    Les quelques documents graphiques et cartographiques donnent un aperçu de cette question

    DOCUMENT 1

    Les gisements syriens actuellement exploités se situent au Nord-Est du pays. Les très importants gisements irakiens du Kurdistan irakien - région de Kirkuk - se situent de l’autre côté de cette frontière. Celle-ci a été tracée par les accords impériaux Sykes-Picot signés en 1917 entre la France et la Grande-Bretagne pour se partager les dépouilles de l’empire ottoman. La Syrie nouvelle fut mise sous tutelle de la France par la Société des Nations et la France découvrit un peu plus tard que le trésor pétrolier de la région se trouvait en Irak mis sous tutelle de la Grande-Bretagne. Finalement pour satisfaire aux divers appétits impériaux un accord fut trouvé au terme duquel le pétrole du Nord Irak fut exploité à partir de1927 par une compagnie nouvelle : l’IRAK PETROLEUM COMPANY avec cinq actionnaires : 4 détenant chacun 23,75% du capital : la COMPAGNIE FRANCAISE DES PETROLES créée pour l’occasion par la France, BP, SHELL et ESSO le solde 5% allant au maitre d’œuvre de l’opération GULBENKIAN.

    DOCUMENT 2

    Le pipeline mis en service en 1952 a une histoire aussi agitée que celle de la région mais il faut simplement retenir qu’il a été bombardé par l’aviation US en 2003 et qu’il n’a pas été rouvert depuis. En effet la Syrie a condamné l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis en 2003 et les Etats-Unis ont pris en application du SYRIA ACCOUNTABILITY ACT voté par le Congés en 2004 toute une série de mesures économiques er financières pour isoler et affaiblir la Syrie.

    DOCUMENT 3

    KIRKUK CEYHAN PIPELINE

    Pour contourner la Syrie un autre pipeline a été construit pour aboutir au port turc de Ceyhan. Traversant les régions kurdes de Turquie il constitue un enjeu militaire important dans le conflit entre le PKK et le pouvoir turc et a été souvent mis hors service par des attentats. Il reste aujourd’hui le seul et fragile exutoire du pétrole du nord Irak

    DOCUMENT 4

    PRODUCTION PETROLIERE DE LA SYRIE

    On remarquera que cette production est contrôlée à prés de 60 % par les entreprises nationales SYRIAN PETROLEUM COMPANY et SYRIAN GAS COMPANY. Dans une Syrie « libérée » par l’OTAN et livrée aux Frères Musulmans, fervents néolibéraux, le marché s’ouvrirait plus largement et les entreprises nationales seraient probablement dissoutes.

    DOCUMENT 5

    PRODUCTION ET CONSOMMATION SYRIENNE

    Ce document illustre la politique d’autonomie pétrolière de la Syrie et les évolutions en cours.

    Après un pic en 1997 -1998 la production nationale a commencé à diminuer. Deux raisons : l’ancienneté des gisements exploités et la fermeture du pipeline Kirkuk Banyas en 2003 qui a limité la capacité exportatrice du pays. En fin de période, les effets de la crise de 2011 sont visibles tant pour la production que pour la consommation.

    DOCUMENT 6

    DES PERSPECTIVES DE CROISSANCE POUR LE PETROLE

    Pour augmenter les capacités de production nationale et ouvrir de nouveaux gisements le gouvernement syrien avait prévu un vaste programme d’exploration et en recevant Bashar El Asssad à l’Elysée en 2008, Nicolas Sarkozy avait négocié l’octroi d’un périmètre de recherche pour Total.

    DOCUMENTS 7 ET 8

    EN ATTENDANT LE BOOM GAZIER…

    Les ressources en gaz naturel dans le sous-sol de la méditerranée sont très abondantes. Déjà l’Egypte exploite les premiers champs au nord du delta du Nil et le champ israélien du Léviathan devrait être mis en exploitation en 2017. La Syrie a délimité des zones de recherche dans sa zone économique exclusive mais la guerre empêche évidemment d’engager les travaux d’exploration. Du gaz syrien abondant beaucoup plus proche des marchés européens serait un concurrent redoutable pour le gaz qatari. Une excellente raison pour l’émirat de financer les « rebelles » syriens… d’autant plus qu’un projet concurrent de transport de gaz iranien vers la Syrie à travers la province kurde d’Irak a été approuvé officiellement par les trois gouvernements.

    A noter également qu’une Palestine indépendante aurait des ressources gazières propres au large de Gaza

    http://comaguer.over-blog.com

    Bulletin n° 255 - semaine 25 - 2013

    URL de cet article 21010
    http://www.legrandsoir.info/nouvel-article-no-21010.html

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  • Le b.a.-ba du conflit israélo-palestinien

     

    Israël - PalestineIl n’est pas facile de raconter Jérusalem (قد  س  س al Quds en arabe). La ville trois fois sainte est peut-être aujourd’hui la réalité la plus complexe au monde. Il y a la vieille ville, un dédale de rues d’où surgissent la basilique du Saint-Sépulcre, le Mur des Lamentations et l’esplanade des Mosquées (en arabe : الحرم الشريف al-Ḥaram aš-Šarīf). Les trois monothéismes trouvent leurs racines dans cet espace minuscule. Et puis, il y a les autres Jérusalem. Il y a Jérusalem-ouest, construite après 1948 (année de l’exode palestinien commémorée comme la Nakba - arabe: النكبة‎, an-Nakbah, littéralement « désastre » ou « catastrophe »). C’est une ville moderne avec de beaux bâtiments. Mais à Jérusalem-ouest, il y a aussi les quartiers ultra-orthodoxes, avec des familles très nombreuses. Certains trottoirs sont réservés aux hommes et d’autres aux femmes. Ces quartiers sont bouclés les jours de shabbat pour éviter qu’on y passe en voiture. Les transgresseurs de ce précepte religieux ne s’y aventurent d’ailleurs jamais sous peine d’être très mal accueillis. Méa Shéarim, le plus célèbre des quartiers ultra-orthodoxes, se trouve le long de la frontière de 1967.

     

    Cette frontière est aujourd’hui une très large rue avec un tramway au milieu. Il suffit de la traverser pour se trouver dans la ville arabe : Jérusalem-est est, selon le droit international, un territoire occupé, avec des occupants israéliens et des occupés palestiniens. Jérusalem-est appartenait il y a quarante-cinq ans à la Jordanie, jusqu’à la prise de la vieille ville par les parachutistes israéliens en 1967. C’est depuis cette date que la Cisjordanie est de facto sous contrôle de Tsahal ; elle est, depuis les accords d’Oslo, divisée en trois zones : A, B et C. Ces accords qui devaient être une étape dans le processus de paix n’ont en fin de compte jamais porté leurs fruits. Edward Saïd, l’un des plus célèbres érudits palestiniens, écrivait d’ailleurs qu’Arafat avait signé à Oslo la capitulation du peuple palestinien.

     

    Pour mieux comprendre la situation, il est nécessaire d’expliquer cette division en trois zones :

    • les grandes villes telles que Jénine, Tulkarem, Naplouse, Ramallah ou Bethléem, se trouvent dans la zone A, qui est entièrement sous contrôle civil et militaire palestinien. Ces villes représentent 3 % de la Cisjordanie et 20 % de sa population.
    • les villages et les espaces aux alentours de la zone A forment la zone B. Cette zone représente 27 % de la Cisjordanie et 70 % de sa population. Elle est sous régime mixte, avec un contrôle civil palestinien et un contrôle militaire conjoint
    • la zone C est composée du reste de la Cisjordanie, soit 70 % de son territoire. Elle constitue la plus grande part des terres fertiles de Cisjordanie. La zone C contient l’intégralité des routes menant aux colonies israéliennes, les zones tampons (près des colonies, du Mur et des zones stratégiques) et quasiment toute la vallée du Jourdain, de Jérusalem-est et du désert. Toutes les frontières sont situées en zone C, où Israël bénéficie toujours du contrôle total.

    Ce qui signifie que s’il arrivait quelque chose dans un village de la zone B qui nécessiterait d’appeler la police, les agents palestiniens devraient venir de la zone A. Et si ce quelque chose avait lieu en zone C, il faudrait que ces mêmes agents fassent un bon bout de chemin avant d’arriver à destination. Mais avant, il faudrait qu’ils demandent la permission aux autorités israéliennes pour franchir le (les) check-point (s). L’État juif, dont on connaît l’efficacité en matière de sécurité, mettra au bas mot trois heures avant de donner le feu vert à leurs homologues palestiniens… qui arriveront à destination après quatre longues heures.

     

    Et durant ces quatre longues heures, chacun pourra s’interroger sur le sens véritable du mot État.

     

    Capitaine Martin

    http://www.resistance-politique.fr/

     

    ABC


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  • syrian-cp-logoSyrie : appel du Parti Communiste unifié sur les graves conséquences de l’ingérence impérialiste

     

     

    Traduction proposée et remanée par la rédaction d'Alger Républicain reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Vous savez que notre pays- la Syrie - vit depuis plus de vingt mois, une guerre déclenchée contre elle par de nombreux pays impérialistes, aux côtés d’autres pays qui tournent autour d’eux comme des satellites. Leur but est de détruire l’Etat syrien qui se tient comme un obstacle sur le chemin de ceux qui essaient d’imposer le plan d’un " Grand Moyen Orient", après avoir brisé les Etats de la région en les divisant en petites entités se combattant les unes les autres, afin d’imposer une domination absolue sur les ressources pétrolières et en gaz ; éliminer le problème palestinien d’une manière entièrement opposée aux intérêts du peuple palestinien.

     

    Ces pays ont exploité les erreurs et les défauts du régime d’un côté, et les mouvements s’opposant à ces défauts, de l’autre. Ces mouvements étaient au début pacifiques. Ensuite certains se transformèrent en mouvements armés recevant le soutien sur une vaste échelle de l’alliance qui a émergé comprenant les USA, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite. La Turquie a occupé la frontière existante avec la Syrie pour aider à la contrebande des armes, l’entrée de milliers de mercenaires se nommant eux-mêmes "Jihadistes". Ils ont ouvert des camps pour l’entraînement de leurs soutiens et de leurs alliés. Des milliards de pétrodollars US ont été dispensés dans ce but. Ils ont eu recours aux formes les plus provocantes de la guerre psychologique, relayées par les l’action d’environ une centaine de stations de TV pour semer le sectarisme et les conflits ethniques dans les esprits et parmi les membres d’un même peuple. Ensuite, les prétendus groupes djihadistes se sont mis à détruire l’économie syrienne. Ils ont déclaré la guerre contre le peuple syrien en décrétant l’embargo économique et les sanctions. Des attaques armées furent déclenchées contre les propriétés populaires et privées. Des explosifs et des véhicules chargés d’explosifs furent aussi utilisés.

     

    Les stations génératrices d’électricité ont été dynamitées. Les câbles des réseaux d’électricité ont été détruits, les puits de pétrole incendiés, les tankers transportant le pétrole brûlés. Des milliers de tonnes d’acier ont été dérobés et passés en contrebande en Turquie. Environ un millier d’usines et ateliers d’Alep ont été pillés. Les machines de ces usines ont été revendues en pièces détaches en Turquie à de bas prix. Les projets d’irrigation et également les centres d’élevage des animaux ont été attaqués, les routes reliant les villes et les cités entre elles à travers la Syrie fermées ; les centres de santé, les écoles et les universités ciblées. Des scientifiques, des docteurs ont été ciblés, kidnappés ou capturés et souvent assassinés.

     

    Des milliers de soldats et également des civils ont été kidnappés. Il a été découvert que les gangs armés ont mis à exécution les massacres. Les corps des victimes ont été jetés dans les rivières.

     

    Certaines victimes ont été décapitées. D’autres ont été mutilées. Ces formes de crimes appartiennent au moyen âge.

     

    Peu de jours après, les criminels mirent à exécution une série de crimes au moyen de véhicules chargés d’explosifs, particulièrement à Alep où 85 étudiants de l’université ont été tués et des centaines blessés.

     

    Aujourd’hui la Syrie est directement la cible de la Turquie à travers une guerre directe. La Turquie a admis publiquement qu’elle fournit aux terroristes et aux criminels, des armes de toutes sortes, des assassins qui appartiennent à 20 pays.

     

    Ces actions sont contraires de façon flagrante au droit international qui interdit à tout pays d’utiliser ses territoires pour attaquer ses voisins. Nous savons que la Turquie, seule, ne peut pas du tout accomplir ces choses sans le soutien des Etats américain, européens et du Golf. De toute manière, la Syrie qui est un pays en auto-défense résiste à cette agression et inflige de lourdes pertes à ces gangs. En conséquence, les criminels et aussi bien les terroristes ne sont pas en mesure d’atteindre tous leurs objectifs. Mais les Syriens paient un lourd prix dans leur résistance.

     

    La Syrie ne croit pas non plus que la solution du problème est militaire. Au contraire, elle s’est prononcée depuis la naissance du problème pour une solution pacifique et politique à travers un dialogue national d’ensemble. En même temps, l’alliance agressive impose des conditions préalables au dialogue national de façon à rendre impossible la solution politique.

     

    Le gouvernement syrien a fait une déclaration importante en lançant une nouvelle initiative pacifique, en accord total avec le droit international qui interdit l’ingérence dans les affaires des pays voisins. Les initiatives soulignent encore plus le besoin de réformes démocratiques, une nouvelle Constitution, à côté d’un nouveau pacte général et national qui serait préparé par toutes les forces y compris l’opposition. Le pacte insisterait sur la fin de toutes les opérations militaires conduites d’une part par l’Armée Syrienne, et d’autre part la cessation de l’infiltration de mercenaires en Syrie. Malheureusement, l’initiative a été immédiatement refusée par les groupes armés terroristes et par ceux qui les soutiennent et qui incitent à la poursuite de la violence et du terrorisme.

     

    La situation a connu il y a deux jours un nouveau développement, susceptible de changer la direction des événements en Syrie. Que signifie l’agression soudaine d’Israël contre le centre de recherche scientifique de Syrie près des frontières syriennes et libanaises ? En commettant une telle agression, Israël a dévoilé sa nature réelle, ses tentatives de manipuler les événements actuels en Syrie pour affaiblir l’armée syrienne et ouvrir de nouveaux fronts.

     

    Plus encore le peuple syrien doit payer un très lourd prix, des dizaines de milliers de civils ont été tués. Aujourd’hui la Syrie est exposée à une catastrophe humanitaire.

     

    Environ trois millions de citoyens syriens ont fui leurs domiciles et deviennent des réfugiés constamment déplacés dans les pays voisins vivant dans des conditions misérables incroyables et ils ont des besoins en nourriture et en médicaments. Ces réfugiés en appellent à l’opinion publique internationale pour faire pression sur les gouvernements des USA et d’Europe, du Qatar et de l’Arabie Saoudite afin qu’ils mettent un terme au siège économique et aux sanctions imposées à la Syrie. En outre, ils demandent que le soutien armé aux gangs cesse immédiatement, parce qu’il menace non seulement la Syrie mais un grand nombres de régions dans le monde.

     

    Votre solidarité et votre soutien à notre peuple seront hautement appréciés par notre peuple en ces jours. Plus encore, ils représentent une autre preuve indiquant l’unité et la solidarité des forces révolutionnaires dans le monde entier.


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  • L’Arabie saoudite est-elle la prochaine sur la liste ?

    Robert Fisk

    Au Moyen-Orient, ne faites jamais de prédictions.

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    Manifestation le 3 mars 2011 à Awwamiya, en Arabie saoudite - Photo : Reuters/Zaki Ghawas

    Ma boule de cristal s’est brisée il y a bien longtemps. Mais faire des prévisions dans cette partie du monde a un pedigree honorable. « Un mouvement arabe, nouveau-né, pointe peu à peu à l’horizon, » écrivait un voyageur français dans le Golfe et à Bagdad en 1883, « et une race jusque-là piétinée réclamera son dû dans les destinées de l’Islam. » Une année plus tôt, un diplomate britannique dans Jeddah confiait que « il est de ma connaissance… que l’idée de la liberté agite actuellement quelques esprits, même à la Mecque… »

     

    Alors disons ceci pour 2013 : « le réveil arabe » (le titre de l’œuvre de George d’Antonius en 1938) se poursuivra, l’exigence de dignité et de liberté - ne nous laissons pas embarquer ici dans des histoires de « démocratie » - continuera à bouleverser la pseudo-stabilité du Moyen-Orient, causant autant de crainte à Washington que dans les palais du Golfe.

     

    À l’échelle de l’Histoire, c’est certain... Dans le noyau incendiaire de ce mécontentement se trouvent la revendication d’un État palestinien qui n’existe pas et qui peut ne jamais exister, et les actions d’un État israélien qui, avec ses incessantes constructions de colonies - pour les Juifs et les Juifs seulement - sur la terre arabe, s’assure que la « Palestine » ne restera rien qu’un rêve arabe. Si un enseignement doit être tiré de l’année 2012, c’est que les Palestiniens font maintenant face à l’année à venir en sachant que : 1) ni les Américains ni les Européens n’ont les tripes nécessaires pour les aider, 2) Israël continuera à agir en totale impunité, et 3) ni un Obama, ni un Cameron, ni un Hollande n’ont le moindre intérêt à s’opposer au lobby de likoudistes qui crient à « l’antisémitisme » dès que la plus timide des critiques est énoncée contre Israël.

     

    Ajoutez à ceci le fait que Mahmoud Abbas et son régime totalement discrédité dans Ramallah continueront à faire des concessions aux Israéliens - si vous ne me croyez pas, lisez les Palestine Papers de Clayton Swisher - même lorsqu’il n’y a plus de concessions à faire. Le mouvement Hamas et Khaled Meshaal continueront à nier le droit d’exister pour Israël - de ce fait permettant à Israël d’affirmer à tort qu’il n’a « personne à qui parler » - jusqu’à la prochaine guerre contre Gaza et la pitoyable demande occidentale qui suivra « implorant que l’on se réfrène des deux côtés », comme si les Palestiniens possédaient des tanks Merkava, des F-18 et des drones. Un troisième Intifada ? Peut-être bien.

     

    Une plainte devant la Cour Internationale de Justice [CIJ] pour condamner Israël pour crimes de guerre en construisant des colonies juives sur la terre d’un autre peuple ? Peut-être. Mais pour arriver à quoi ? Les Palestiniens ont déjà gagné un procès avec un jugement international condamnant la construction du mur d’apartheid israélien. Et absolument rien ne s’est produit. C’est le destin des Palestiniens. Ils sont sollicités par les types du genre de Tom Friedman pour abandonner la violence et adopter la tactique de Gandhi. Mais quand ils le font, ils en sortent toujours perdants, et Friedman reste bouche cousue. C’était Gandhi, après tout, qui avait dit qu’une civilisation occidentale « serait une bonne idée ».

     

    Donc, que des mauvaises nouvelles pour la Palestine en 2013...

     

    L’Iran ? Eh bien les Iraniens comprennent l’Occident bien mieux que nous ne les comprenons - un bon nombre d’entre eux, vous vous souvenez, ont été éduqués aux États-Unis. Et ils ont une manière étonnante de s’en sortir quoiqu’il arrive. George Bush (et Lord Blair de Kut al-Amara) ont envahi l’Afghanistan et débarrassé les Iraniens chiites de leurs ennemis sunnites qu’ils appelaient toujours « les Talibans noirs ». Puis Bush-Blair ont envahi l’Irak et se sont débarrassés du pire ennemi de la République Islamique, Saddam Hussein. L’Iran a donc tiré bénéfice de la guerre afghane et de la guerre irakienne sans tirer un seul coup de fusil.

     

    Il n’y a aucun doute que l’Iran se livrerait à un tir ou deux de représailles si Israël/États-Unis - les deux sont interchangeables en Iran comme dans beaucoup d’autres pays du Moyen-Orient - attaquaient ses installations nucléaires. Mais Israël n’a pas les épaules assez larges pour déclencher une vraie guerre avec l’Iran - il la perdrait - et les États-Unis, qui ont déjà perdu deux guerres au Moyen Orient n’ont aucune envie d’en perdre une troisième. Les sanctions - qui sont le vrai ennemi potentiel de l’Iran - lui causent plus de tort que ne le feraient les F-18 israéliens. Et pourquoi exactement les États-Unis menacent-t-ils l’Iran ? Ils n’ont pas menacé l’Inde de bombarder ses installations nucléaires quand ce pays a développé la bombe atomique. Il est vrai que l’on a entendu des menaces récemment - au cas où les têtes nucléaires « tomberaient dans les mauvaises mains » ou à propos des armes chimiques qui pourraient « tomber dans les mauvaises mains » en Syrie ; ou a Gaza, si on va par là, où la démocratie est « tombée dans les mauvaises mains » quand le Hamas a gagné les élections en 2006.

     

    Maintenant qu’Obama a entamé sa deuxième présidence drone-happy, nous allons entendre parler encore plus souvent de ces merveilleux bombardiers sans pilote qui ont pulvérisé des mauvais garçons et des civils depuis plus de quatre années. Et un jour, une de ces machines - bien qu’elles volent en paquets de sept ou de huit - frappera trop de civils ou, encore pire, s’arrangera pour tuer des occidentaux ou des employés d’ONGs. Alors Obama présentera ses excuses - mais sans les larmes qu’il a versées sur Newtown, dans le Connecticut. Et voici une pensée pour cette année. Le lobby des armes à feu aux États-Unis nous informe que « ce n’est pas les armes à feu qui tuent - ce sont les gens ». Mais appliquons cette maxime aux attaques de drones sur le Pakistan ou aux bombardements israéliens sur Gaza, et nous changeons alors de rubrique. Ce sont les armes à feu/bombes/fusées qui tuent parce que les Américains ne veulent pas tuer des civils et les Israéliens ne souhaitent pas tuer des civils. Ce sont juste « des dégât collatéraux », bien que ce ne soit pas une excuse que vous aurez le droit d’utiliser pour les fusées du Hamas.

     

    Alors que reste-t-il pour 2013 ? Assad, bien sûr ! Il essaie déjà de convaincre certaines forces rebelles de rejoindre son impitoyable camp - une tactique intelligente mais dangereuse - et l’Occident est enfoncé jusqu’aux genoux dans la barbarie rebelle. Oui Assad va partir. Un jour. Il le dit lui-même. Mais n’espérez pas que ce soit tout de suite. A moins que ça ne soit comme Kadhafi. Le vieux mantra est toujours valable. L’Égypte n’est pas la Tunisie, et le Yémen n’était pas l’Égypte, et la Libye n’était pas le Yémen, et la Syrie n’est pas la Libye.

     

    L’Irak ? Sa guerre civile latente continuera à broyer les os de la société civile tandis que nous ignorons largement son agonie. Il y a des jours où plus d’Irakiens sont tués que de Syriens, bien que vous ne l’appreniez pas dans les bulletins télévisés du soir.

     

    Et le Golfe ? L’Arabie, qui a connu le premier réveil arabe ? L’Arabie, d’où la première révolution arabe - l’avènement de l’Islam - a déferlé sur le monde. Il y en a qui disent que les royaumes du Golfe se maintiendront intactes pendant des années encore. N’y comptez pas. Regardez l’Arabie Saoudite. Rappelez-vous ce qu’a écrit ce diplomate britannique, il y a 130 ans : « Même à la Mecque... »

     

    * Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

    31 décembre 2012 – The Independent – Vous pouvez consulter cet article à :
    http://www.independent.co.uk/voices...
    Traduction : Info-Palestine.eu - Dominique Muselet & Claude Zurbach

    http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com


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  •  Communiqué du Parti communiste de Belgique

    Pendant que l’Union européenne reçoit le Prix Nobel de la paix, un grand nombre de pays membres, dont la Belgique, accélèrent dangereusement les préparatifs de guerre contre la Syrie.

    La dernière démonstration de cette fuite en avant fut la reconnaissance par les « Amis de la Syrie », organisation des opposants au régime de Damas dont la Belgique fait partie, d’un nouveau gouvernement syrien parrainé par les Etats Unis.

    Le geste précédent a été accompli lors de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, où la Turquie a obtenu l’accord pour installer des missiles Patriot le long de ses frontières avec la Syrie et où, malgré les dénégations officielles, tout a été fait pour instaurer une zone d’exclusion aérienne.

    En plus, les pays occidentaux et leurs alliés des monarchies du Golfe financent et protègent les groupes de mercenaires de toutes sortes qui s’infiltrent massivement dans le pays. Tout cela se fait de manière tout à fait anti-démocratique !

    Comme pour le déclenchement de la guerre contre la Libye en mars 2011, le parlement sera mis devant le fait accompli et n’aura qu’à entériner des décisions belliqueuses prises dans les cénacles gouvernementaux, et encore c’est un groupe restreint du gouvernement belge qui décide.

    En même temps, pendant que le gouvernement s’acharne à faire des économies aux dépens des besoins élémentaires des gens, le ministre De Crem se vante d’avoir sauvé le budget de la Défense et d’avoir obtenu un supplément de 90 millions d’euros pour des armes et de matériel militaire sophistiqué qui vont bien servir dans les prochaines guerres. Dépenses de guerre et ingérence agressive dans les affaires intérieures de la Syrie que nous ne devons pas tolérer !

     

    Cela dit, nous tenons à préciser que notre condamnation de ces politiques d’ingérence dans les affaires syriennes sous des prétextes humanitaires n’implique en aucun cas notre adhésion au régime syrien dont la politique répressive, en particulier au début des manifestations, est tout à fait condamnable.

    Nous estimons être en face d’une politique délibérée de provocations du système capitaliste international pour faire distraction au chaos de la crise en cours et nous regrettons, à ce propos, que certains mouvements de gauche tombent dans le piège « humanitariste » négligeant l’urgence de résister aux aventures de l’impérialisme. Dans ce même registre, nous estimons pour le moins inappropriée la décision de la Confédération européenne de syndicats (CES) de s’associer à l’Union européenne pour recevoir le dérisoire prix Nobel de la paix qui lui a été attribué.

     

    Bruxelles, décembre 2012 Le Comité Central du Parti communiste


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  • La situation en Syrie et la déclaration intersyndicale CGT-FSU-Solidaires

    « L’ennemi principal est dans ton propre pays » (Karl Liebknecht, août 1914)

    dimanche 9 décembre 2012

    La déclaration de la CGT de FSU et de Solidaires en soutien aux rebelles Syriens provoque de nombreuses réactions vives qui parfois réduisent le débat au choix entre le soutien au régime Assad, ou le soutien à la "révolution" avec les djihadistes financés par le Qatar et les forces de l’OTAN...

    Il n’est qu’une réponse pour les militants communistes, revenir à l’analyse de classe des situations historiques et se dégager des discours médiatiques dominants. Le texte de Georges Gastaud en réponse aux échanges sur cette déclaration syndicale est donc très utile.

    Il ne s’agit pas de s’aligner sur le « régime » Assad, comme ils disent, car le choix d’un régime relève de chaque peuple en vertu du « droit des nations à disposer d’elles-mêmes » constamment défendu par Marx et par Lénine, sans parler de Robespierre, de Jaurès ou de Ho Chi Minh. Il s’agit, pour nous Français, qui sommes les citoyens d’un pays dominé par l’impérialisme, de nous souvenir que l’impérialisme n’a pas qualité pour « libérer » des peuples et qu’il est au contraire l’ennemi principal de tous les peuples, y compris du nôtre : car « un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre » (Marx). Qui croit sérieusement que Sarkozy ait voulu « libérer » le peuple libyen et non pas saisir l’occasion d’une guerre civile en Libye pour engager la recolonisation de l’Afrique avec les autres prédateurs du capital anglais et américain ? Maintenant c’est carrément l’impérialisme allemand « décomplexé » qui entre dans la danse au Proche-Orient en envoyant ses fusées « Patriot » en Turquie, et cela malgré l’opposition des progressistes allemands.

    Au nom de quel « droit » Hollande a-t-il « reconnu » le conseil syrien comme représentant officiel de la Syrie ? Depuis quand, juridiquement parlant, un pays s’arroge-t-il le droit de dire QUI est légitime pour en gouverner un autre ? Il est évident que si ce « droit d’ingérence » cher au belliciste en chef BHL était universalisé, il mettrait aussitôt la planète à feu et à sang ; mais qu’on se rassure, il ne marche que du fort au faible car que dirait-on si le Tchad ou Cuba avait « reconnu » Al Gore et non Bush quand ce dernier a été « élu » dans les conditions frauduleuses que l’on sait ? Tout progressiste doit donc choisir, au niveau des principes, entre le « droit d’ingérence » NÉCESSAIREMENT IMPÉRIALISTE DANS LES CONDITIONS ACTUELLES et l’ensemble « droit des nations à disposer d’elles-même » + solidarité internationale DE PEUPLE A PEUPLE, avec les forces d’un autre pays. La ligne rouge c’est que des progressistes de nos pays impérialistes n’en appellent jamais à leurs propres gouvernants (c’est-à-dire à ceux qui mènent la guerre de classe contre nous ici) pour apporter la « paix » dans des pays qui, comme par hasard, firent partie de l’ancien empire colonial français ! Car cela revient à demander au loup d’aller arbitrer un différend entre les moutons d’un même troupeau.

    Demain ce sera au tour de l’Iran, puis à terme des « BRIC », Russie et Chine, qui sont DÉJÀ dans le collimateur des re-colonisateurs occidentaux de la planète : il suffit de regarder une carte pour voir comment la tenaille de l’OTAN se resserre autour de la Russie, des pays Baltes à l’Asie centrale en passant par la Turquie, le Japon et la Corée du nord fermant le ban à l’est. Et là encore, la question n’est pas « pour ou contre Poutine » - tout communiste ne peut que combattre son régime contre-révolutionnaire – mais pour ou contre le repartage du monde par les impérialistes. Quant au peuple russe, l’histoire a montré qu’il est capable de s’émanciper par lui-même d’une dictature capitaliste.

    Il est grave que des syndicalistes – non pas parce qu’ils sont bêtes ou méchants, mais parce que des décennies d’attaque contre le marxisme ont remplacé les critères de classe par des critères pseudo-humanitaires (forcément à géométrie variable : qui tient les médias définit le bon et le méchant tout à loisir…) – se portent à la tête de cette croisade, alors même que le pouvoir qu’ils appellent à intervenir à Damas démolit ICI ET MAINTENANT nos salaires, nos pensions, nos statuts, notre souveraineté nationale et notre industrie, en un mot notre pays qu’il est absurde de confondre avec son oligarchie destructrice. Le meilleur service à rendre aux opprimés du Sud, ce n’est pas de leur envoyer des « forces Licorne », c’est encore et toujours de renverser ICI nos propres capitalistes fauteurs de guerre.

    Car la guerre est la politique (nationale), donc la lutte des classes INTERNES, continuée par d’autres moyens, et il est SUICIDAIRE pour des progressistes de demander aux loups qui nous dévorent ICI d’aller délivrer la veuve et l’orphelin AILLEURS. Quand ils se seront gavés là-bas, ils reviendront encore plus forts nous dévorer vivants ici !

    Alors que se profile un nouveau cycle de guerres impérialistes qui, crise mondiale du capitalisme et faillite de la zone euro aidant, pourraient aisément dégénérer en conflits mondiaux, les communistes, les syndicalistes de lutte et les vrais patriotes républicains, doivent se souvenir du mot d’ordre de Karl Liebknecht en août 1914 : « l’ennemi principal est dans ton propre pays ».

    Fraternel salut, et dialoguons dans le respect des personnes et des arguments.

    Georges Gastaud,

    Lens.

    http://lepcf.fr/l-ennemi-principal-est-dans-ton


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  • Syrie : "Le Protocole de Doha"

    par Noureddine MERDACI, journaliste algérien
    dimanche 9 décembre 2012
     

    Il faudra sans doute attendre encore des mois, certainement des années, avant que ne soit reconstitué le processus par lequel la Syrie s’est retrouvée piégée dans cette guerre civile. À l’évidence, Damas n’en a pas mesuré la dangerosité, non seulement pour le régime en place mais, singulièrement, pour la Syrie qui risque de disparaître en tant qu’Etat national. Or, le voile commence à se lever sur les circonstances du « conclave » qui s’est tenu à Doha au début du mois de novembre dernier, qui a vu une « opposition » hétéroclite, divisée, sans programme et sans perspective, se donner un chef, Ahmed Moez Al-Khatib et se former en « coalition ».

    Mais pour arriver à ce résultat, les « opposants » syriens ont été sommés par le Qatar de « trouver » un accord, sine qua non, avant de sortir de la salle mise à leur disposition, affirment des sources proches du dossier. Autant dire que les « opposants syriens » avaient le « revolver » sur la tempe pour arriver à cet accord minimum. Le Premier ministre qatari, Cheikh Hamad bin Jassim bin Jaber al-Thani, y veillait personnellement. En réalité, la « révolte » en Syrie, totalement prise en charge par des pays étrangers et leurs services de renseignements, a été une guerre par procuration contre l’Etat national syrien, laquelle guerre n’avait besoin de « Syriens de service » que pour servir de « couleur locale ».

    En Syrie ce sont des combattants venus de nombreux pays arabes, des éléments d’Al Qaîda, des djihadistes d’Afghanistan, de la Somalie et autre Pakistan, bien armés, qui tuent la population civile syrienne et se battent contre l’armée syrienne aux côtés d’une poignée de déserteurs. Donc, à Doha, il fallait « unifier » l’opposition dont la crédibilité était mise en doute y compris par l’un de ses principaux bailleurs de fonds, les Etats-Unis qui ont pesé de tout leur poids pour redonner un semblant de cohérence et de visibilité à une opposition créée de toutes pièces par la France, le Qatar et les Etats-Unis, notamment, appuyée par la Turquie laquelle a obtenu de l’Otan l’installation sur son territoire de missiles « Patriot » aux frontières avec la Syrie. Doha aura donc été un recentrage de la rébellion qui n’arrivait pas à concrétiser les objectifs que lui ont tracés ses commanditaires.

    On comprend en fait, le pourquoi de la chose lorsque l’on connaît les clauses du « Protocole » de Doha, dont nous avons pu consulter le document, formulé en treize points qui se détermine comme suit :
    - 1- réduction du nombre des soldats de l’armée syrienne à 50 000 ;
    - 2- la Syrie ne pourra faire valoir son droit à sa souveraineté sur le Golan que par les moyens politiques. Les deux parties signeront des accords de paix sous l’égide des Etats-Unis et du Qatar ;
    - 3- la Syrie doit se débarrasser, sous la supervision des Etats-Unis, de toutes ses armes chimiques et bactériologiques et de la totalité de ses missiles. Cette pération doit se dérouler sur les terres de Jordanie ;
    - 4- annulation de toute revendication de souveraineté sur Liwa Iskandaroun et désistement au profit de la Turquie de certains villages frontaliers habités par les Turkmènes dans les « mouhafadhas » d’Alep et d’Idlib ;
    - 5- renvoi de tous les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan, ceux recherchés par la Turquie lui seront livrés. Inscription de ce parti sur la liste des organisations terroristes ;
    - 6- annulation de tous les accords et conventions signés avec la Russie et la Chine dans les domaines des forages du sous-sol et de l’armement ;
    - 7- permettre le passage à travers le territoire syrien d’un gazoduc qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe ;
    - 8- permettre le passage à travers le territoire syrien des conduites d’eau en provenance du barrage Atatürk et à destination d’Israël ;
    - 9- le Qatar et les Emirats arabes unis s’engagent à reconstruire ce qui a été détruit par la guerre en Syrie à la condition que leurs sociétés aient l’exclusivité de la reconstruction et de l’exploitation du pétrole et gaz syrien ;
    - 10- gel des relations avec l’Iran, la Russie et la Chine ;
    - 11- rompre les relations avec Hezbollah et les mouvements de résistance palestinienne ;
    - 12- le régime syrien sera islamique et non salafiste ;
    - 13- le présent accord entrera en application dès la prise du pouvoir. (par l’opposition, Ndlr). Fin de citation.

    C’est là le prix des pressions étrangères et de la démission et de la traîtrise arabes.

    Un prix fort, exorbitant pour la Syrie, que des personnes se disant « Syriennes » ont avalisé. En fait, cet accord, ou plutôt ce « Protocole » constitue donc le prix que l’opposition syrienne aura à payer une fois installée au pouvoir à Damas, comme le précise l’article 13 dudit « accord de Doha ». Ainsi, chacun des parrains de la « révolte du peuple syrien » s’est servi selon ses voeux et demandes. Les Etats-Unis en désarmant la Syrie et en l’éloignant de ses amis, la Turquie en récupérant des villages syriens et en rectifiant à son profit la frontière, le Qatar


     
    déc 10, 2012

    L’Europe appelle à la saisine de la Cour pénale internationale sur le régime syrien

    Syrie

    (BRUXELLES2) Alors que le chef de l’opposition syrienne leurs rendait visite, les 27 ont une nouvelle fois condamné la situation en Syrie et les massacres des civils. Nouvelle étape diplomatique, ils ont appelé le Conseil de Sécurité de l’ONU à saisir la Cour Pénale Internationale sur le cas Assad.

    Une nouvelle proposition de résolution à l’ONU ?

    Pour l’Union européenne, si la situation continue, «la Cour Pénale Internationale devrait s’occuper de la situation». La France, la Grande Bretagne, les USA voire l’Allemagne, le Maroc, le Portugal (membres non-permanents actuels) ou le Luxembourg (membre à partir de 2013) pourraient bien «à n’importe quel moment» proposer une nouvelle résolution devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies appelant la CPI à prendre en main le cas du régime d’Assad. «Nous reconnaissons que ceux responsables des crimes envers la population devront rendre des comptes», a déclaré la Haute Représentante Catherine Ashton, à l’issue du Conseil des Ministres. Les 27 se sont également dit préoccupés par «l’utilisation potentielle et le transfert d’armes chimiques en Syrie et rappellent au régime syrien et à tous les autres acteurs, qu’en cas d’utilisation, les responsables devront répondre de leurs actes».

    « 2013 sera l’année de la Syrie libre ! »

    Les Ministres avaient invité au dessert, Ahmed Moaz al-Khatib, le leader de la coalition d’opposition syrienne. Un long entretien, après lequel l’Union européenne a reconnu les efforts de la coalition mais toujours pas la coalition elle-même. L’encourageant à continuer à travailler sur le caractère ouvert du front d’opposition, les 27 l’ont exhorté à s’engager dans cette voie aux côté du Représentant Spécial de l’ONU, Lakhdar Brahimi. « Nous avons franchi une étape aujourd’hui en recevant Moaz al-Khatib. Nous en franchirons une autre lors de la réunion à Marakech la semaine prochaine » a déclaré Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères français, avant de déclarer, un rien solennel sur un ton gaullien, avant de quitter le bâtiment : « 2013 sera l’année de la Syrie libre »…

    (relu et complété par NGV)

    http://www.bruxelles2.eu/


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  • La Palestine obtient son statut d’Etat observateur à l’ONU. Les Européens soutiennent

    (BRUXELLES2) 138 voix pour, 41 abstentions, 9 voix contre. La majorité exprimée à l’Assemblée générale de l’ONU à New York jeudi (29 novembre) a été suffisamment claire pour que la Palestine obtienne son statut d’Etat observateur aux Nations-Unies sans trop de difficulté. Après avoir beaucoup hésité, plusieurs pays ont finalement rallié soit le camp des « Oui », soit se sont abstenus. Plusieurs des Etats réticents au statut de la Palestine ont finalement fait le choix de ne pas être totalement négatifs et de s’abstenir. Ce qui revient au même dans le vote mais un autre effet au niveau politique. A noter que la séance était présidée par le ministre serbe Vuk Jeremic !

    Malgré leur différence de vote, les déclarations des différents ministres européens des Affaires étrangères ont été unanimes pour souhaiter une reprise du processus de paix et saluer la solution. Sur ce point l’Europe a évité le pire : la différence de vote exprime davantage un différence d’approche qu’une contradiction politique. On peut lire les différentes déclarations des ministères, mis en lien sur le précédent article ou ci-après en cliquant sur le pays.

    L’effet d’entraînement

    Il est indéniable sur ce point que la position française, assez vite imprimée d’un vote positif, a entraîné un effet de bascule de plusieurs pays qui ont attendu le jeudi (29 novembre) pour afficher leur intention. L’Italie, la Grèce et la Suède ont ainsi voté oui. Tandis que l’Allemagne ou les Pays-Bas traditionnels opposants basculaient, eux, dans l’abstention.

    Finalement 14 pays de l’Union européenne ont voté oui (Autriche, Belgique, Chypre, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Portugal, Suède), 12 se sont abstenus (Allemagne, Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Slovénie, Slovaquie), et 1 seul a voté contre (république Tchèque). Celle-ci a été le seul pays d’Europe à se retrouver aux côtés d’Israël et des Etats-Unis (avec le Canada, Tonga, Micronésie) ; ce qui est assez fidèle à une position constante de cet Etat (lire : « Défensive » une « erreur » tchèque chargée d’histoire…). A comparer aux 11 votes Oui, 11 Abstentions et 5 Contre à l’Unesco il y a un an, on voit bien l’évolution.

    On peut aussi tirer comme leçon de ce vote que l’Union européenne arrive à prendre des positions différentes des Etats-Unis et ne pas se retrouver minorisée.

    Signalons enfin que parmi les adhérents/associés à l’UE, déclarés ou potentiels, l’Islande, la Norvège, la Serbie, la Suisse et la Turquie ont voté oui. Tandis que l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, Croatie, le Montenegro, et la Fyrom/Macédoine (les Balkans en quelque sorte) s’abstenaient.

    La solution à 2 Etats

    Cette reconnaissance a été saluée rapidement jeudi soir (minuit) par Martin Schulz, le président du Parlement européen. « Je considère cela comme un pas important pour avoir une représentation palestinienne plus visible, plus forte et plus efficace » a-t-il déclaré. L’institution démocratique avait déjà marqué, dans une récente résolution, son soutien à la candidature de la Palestine pour devenir un Etat non-membre observateur à l’ONU. Et de réaffirmer son soutien à « une solution à deux Etats sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats, avec l’État d’Israël et un État de Palestine indépendant, démocratique et viable, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ».

    Cependant a averti Schulz : « Le vote d’aujourd’hui à l’Assemblée générale des Nations Unies n’est en aucun cas un substitut à une solution politique globale négociée acceptable par les deux parties. Nous appelons les deux parties à faire tout leur possible pour revenir à la table des négociations et de créer les conditions pour la reprise des pourparlers de paix directs. »

    Lire aussi : Face à la reconnaissance de la Palestine, les Européens hésitent. Mais finalement une majorité vote oui

    http://www.bruxelles2.eu


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  •   Il semble que les journalistes français présents à Tel-Aviv n 'aient pas entendu parler de ces manifs. Rien n'a filtré sur les chaines des TV françaises: Tel-Aviv est une grande ville! C'est pour cela!

                                          (U Cursinu Rossu) 

     

    2012-11-18-L1.jpgManifestations en Israël contre la guerre : les communistes israéliens à la tête des mobilisations pour la paix à Gaza 


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    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

     

    Des manifestations contre l'opération militaire israélienne à Gaza ont été organisées jeudi et samedi, à Tel-Aviv, Haifa, Jérusalem et Nazareth. Plusieurs milliers de manifestants, bravant courageusement le climat belliciste, ont répondu à l'appel du Hadash, le front progressiste animé par le Parti communiste d’Israël.

     

    2012-11-16-L.jpgCe jeudi, ils étaient quelques milliers de militants communistes, progressistes mais aussi des citoyens juifs et arabes épris de paix et épousant la cause palestinienne, à répondre présents à Tel-Aviv, Haifa ou Jérusalem

     

    Parmi les mots d'ordre que l'on pouvait voir sur les pancartes des manifestants : « Arabes et Juifs refusent d'être ennemis », « A Gaza et Sderot, les enfants veulent vivre » ou encore « Arrêtez de tuer, commencez à parler ! ».

     

    Le député communiste Dov Khenin a mené la manifestation à Tel-Aviv, réunissant plusieurs centaines de personnes. Devant le QG du Likoud, il a exprimé sa colère envers la politique criminelle du gouvernement :

     

    « Arrêtez le massacre, arrêtez le bain de sang tout de suite ». Il a ajouté : « Un bombardement conduit à un autre bombardement, de plus en plus de personnes sont blessées à Gaza et en Israël. Le cycle de la violence n'est pas la solution, c'est le problème. »


     

    Le député, communiste également mais Arabe, Mohammed Barakeh a lui aussi appelé à une solidarité entre Juifs et Arabes pour mettre un terme à la violence : « Nous sommes ici pour dire que les guerres ne résolvent pas les conflits, mais ne servent qu'à faire couler le sang. Nous espérons entendre la nation exprimer sa colère contre ce gouvernement de droite », a signifié Barakeh.


     

    Les manifestations de samedi, toujours à l'appel du Hadash, ont réuni plusieurs milliers de personnes contre l' « Opération pilier de défense », avec comme exigence première un cessez-le-feu immédiat avec le Hamas à Gaza.

     

    A Tel-Aviv comme à Haifa, les chants ont pointé les manœuvres électorales cyniques de Netanyahu tout en dénonçant l'occupation des territoires Palestiniens par Israël.

     

    Une manifestation, forte dans le symbole, était également organisée par le Hadash à Nazareth, unissant Juifs et Arabes dans une même condamnation de l'opération israélienne, tandis que d'autres actions de protestation se tenaient dans le week-end dans les villes Arabes ainsi que dans d'autres villes israéliennes, à Taybe, Tyra, Um el-Fahem, Sakhnin ou encore Jaffa.

     

    Dans l'hostilité la plus totale d'une société dominée par le racisme et par un impérialisme de plus en plus agressif, la lutte des communistes israéliens pour la paix et pour l'unité entre population juives et israéliens contre l'occupation coloniale, ne peut que susciter le soutien des communistes et pacifistes du monde entier.


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