• Madrid et Lisbonne défilent contre la troika

    Monde - le 2 Juin 2013

    Madrid et Lisbonne défilent contre la troika

    Sous le mot d'ordre "Tous unis contre la troïka", au son des percussions et des sifflets, plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi à Madrid comme à Lisbonne et d'autres villes de la péninsule ibérique, dans le cadre d'une journée européenne de manifestations contre la crise et l'austérité.

    En Espagne, quelque 80 rassemblements étaient prévus par le collectif "Marée citoyenne" qui dénonce "le grand échec des politiques économiques de rigueur, les expulsions, la réforme du travail et les privatisations" imposées par la troïka - Union européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI).

    Monarchie vascillante

    "Todos unidos contre la troika" ("Tous unis contre la troïka"), "No debemos, no pagamos" ("Nous ne devons rien, nous ne payons rien"), criaient les manifestants, en défilant dans une ambiance bon enfant jusqu'au siège de la représentation européenne. Certains agitaient des drapeaux républicains au moment où la monarchie du roi Juan Carlos, touchée par plusieurs scandales, est au plus bas dans les sondages.

    "Nous sommes ici pour lutter contre les diktats de la troïka, parce que nous pensons qu'ils gouvernent uniquement pour le grand capital, et contre la volonté de la majorité de la population", a déclaré à l'AFP Rafael Herguezabal, un retraité de 75 ans. "Les gouvernements en Europe font ce que la troïka leur dit de faire, au prix de l'appauvrissement des travailleurs", a-t-il ajouté.

    Le gouvernement conservateur espagnol, qui a promis de réduire le déficit et la dette publics du pays, a pris de nombreuses mesures d'austérité visant à faire 150 milliards d'économies, notamment dans l'éducation et la santé, entre 2012 et 2014.

    Carton rouge au FMI

    A Lisbonne des "Basta!", "Troïka dehors!" "Gouvernement démission!", "Respect!", ont été scandés par des dizaines de milliers de manifestants défilant devant la représentation du Fonds monétaire international (FMI), sur l'une des principales artères de la capitale.

    "Troïka, gouvernement dehors!", "arrêtons cette politique!", scandaient également les manifestants contre le programme de rigueur imposé depuis deux ans par la troïka des créanciers du Portugal, à savoir l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le FMI, en échange d'une aide financière de 78 milliards d'euros.

    Les protestataires, qui ont défilé à l'appel du mouvement apolitique "Que se lixe a troika" ("Que la troïka aille se faire voir") et de plusieurs collectifs de citoyens, ont également entonné "Grandola Vila Morena": cet hymne de la révolution des oeillets, qui avait renversé en 1974 la dictature salazariste, est régulièrement repris pendant des manifestations contre l'austérité. "Il faut que ça cesse. Malheureusement, je crois qu'il ne nous reste plus qu'à faire la révolution. Ces manifestations n'y changeront rien", a affirmé une retraitée lisboète qui tenaient une pancarte réclamant le départ de la troïka.

    "Ce jour a une symbolique et une force particulières car il rassemble des pays européens, les peuples d'Europe, dans la lutte contre le chantage de la finance et la troïka", a déclaré Catarina Martins, coordinatrice du Bloc de gauche.

    S.G.

    Manifestation contre la troika et l'austérité à Francfort ce samedi

    Monde - le 1 Juin 2013

    Francfort: des milliers d'opposants à l'austérité manifestent

    Le mouvement Blockupy a mobilisé plusieurs milliers de manifestants contre la troika et sa politique d'austérité pour la seconde fois en deux jours à Francfort, capitale économique de l'Allemagne.

    Après avoir fait le siège avec succès de la Banque centrale européenne, l'un des trois piliers de la troika avec l'Union européenne et le FMI en faveur de l'austérité budgétaire, le collectif anticapitaliste est parvenu à mobiliser près de 20.000 personnes (5.000 selon la police) lors de cette journée européenne "tous unis contre la troika", ce samedi D'autres manifestations anti-austérité étaient également prévues dans le sud de l'Europe comme à Paris, au Trocadéro.

    Syndicats mobilisés

    La manifestation francfortoise, lancée dans le centre de la ville, devait rejoindre les abords de la Banque centrale européenne (BCE) où un rassemblement était prévu aux alentours de 16 heures 30, afin de marquer le jour anniversaire de la fondation de l'institution monnétaire.

    Syndicats et organisations de gauche (Verdi, IG Metall, le parti Die Linke, Attac, etc.) participaient à l'initiative qui fait suite à une autre manifestation organisée la veille et qui avait réuni près de 2.000 personnes contre l'austérité et la spéculation agricole.

    "Nous voulons clairement dire que la politique de la banque centrale européenne et de la troïka, soumises à l'influence capitale du gouvernement fédéral, n'est pas la solution", a affirmé à l'AFP Roland Süss, porte-parole de Blockupy.

    "Au nom de la gauche"

    "Je suis contente de voir les gens ensemble pour exprimer leur solidarité",  a expliqué à l'AFP Marica Frangakis, 62 ans, une manifestante grecque d'Attac, ajoutant: "Nous avons besoin de plus de solidarité, le capital est uni et fort mais beaucoup de voix s'expriment au nom de la gauche en Europe, ce qui rend les choses plus difficiles. C'est bien de voir que les gens (en Allemagne) se sentent aussi concernés par la crise".

    S.G.


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