• « les seules batailles que l’on est sûr de perdre sont celles que l’on ne mène pas »

     Retraites : « les seules batailles que l’on est sûr de perdre sont celles que l’on ne mène pas »

    http://npa2009.org/sites/default/files/images/Filoche%20DR.preview.jpgEntretien.

    À quelques jours du sommet social, sous couvert de « dialogue social », un gouvernement de gauche s'apprête à imposer de graves reculs à l'encontre des retraites et des retraitéEs.

    Nous avons rencontré l'inspecteur du travail en retraite, Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti socialiste et animateur du courant Démocratie et Socialisme. Il nous donne son point de vue et engage la discussion sur les enjeux et les possibilités d'une mobilisation contre ces projets.

    Pour « sauver nos retraites », il faudrait une nouvelle réforme ?

    Le danger qui pèse sur notre système de retraite, c’est tout d’abord le refus de le considérer comme un système par répartition. Son principe est simple : quand les besoins augmentent, les ressources doivent augmenter.
    L’arrivée de la génération du « baby-boom » à l’âge de la retraite augmentera pendant près de 25 ans le nombre de retraités. Le Medef refuse d’équilibrer le financement en augmentant les cotisations, en particulier la part patronale. Son objectif est de sauvegarder les profits patronaux au prétexte de préserver les « investissements productifs ». Il pourrait accepter une augmentation des cotisations retraites (chiffrée à 1, 1 point en 2020 par le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites) sans diminuer les « investissements productifs ». Il suffirait que les actionnaires diminuent le montant de leurs dividendes, qui s’élevait à 3, 2 % du PIB en 1982 et atteint maintenant 8, 5 %. Tous les ans, 170 milliards d’euros de la richesse nationale sont confisqués par les dividendes qui vont gonfler les bulles spéculatives et préparent une nouvelle crise du type de celle de 2007-2008. Ce n’est pas le coût du travail mais celui du capital qui met en danger notre système de retraites par répartition.
    Ce qui met aussi en danger nos retraites par répartition, c’est le chômage. Avec plus de 5 millions de chômeurs, les cotisations retraites diminuent considérablement. Les fonds utilisés à financer l’Unedic pourraient, en bonne partie, être utilisés à financer les retraites. Le Medef n’en veut surtout pas car le chômage crée une « armée de réserve industrielle » dont la fonction est de peser sur les salaires et les conditions de travail.

    Le système par répartition : pas d’alternative ?
    La seule alternative, c'est un système de retraite par capitalisation. Les « retraites par point » ou par « comptes notionnels » sont aussi des systèmes de retraites par répartition. Ils auraient l’avantage pour le Medef de relativiser ou même de faire disparaître les paramètres difficiles à modifier sans que les salariés se mobilisent : l’âge légal de départ en retraite et la durée de cotisation.
    La retraite par capitalisation, c’est jouer sa retraite en bourse. Après le sort réservé aux fonds de pension aux États-Unis lors de la crise 2007-2008, personne ne peut plus ignorer que ce type de retraite est non seulement très inégalitaire mais aussi très risqué.

    Jean-Luc Mélenchon a affirmé que la mobilisation sociale ne sera probablement pas au rendez-vous. Quelles conditions seraient nécessaires pour permettre cette mobilisation ?
    Les conditions syndicales à réaliser sont double. D’abord, des objectifs clairs : maintien de la retraite à 60 ans, refus d’augmenter la durée de cotisation, augmentation des cotisations retraites patronales. Ensuite, l’unité syndicale la plus large possible sur ces objectifs. Elle n’est pas acquise d’avance : l’unité est une bataille.
    Les conditions politiques sont complémentaires. La mobilisation sociale peut amener de nombreux parlementaires de gauche, notamment du Parti socialiste, à refuser de voter un texte qui s’opposerait à cette mobilisation. En retour, cette volonté politique faciliterait la mobilisation sociale et le vote d’un texte répondant à ses aspirations. Nul ne peut dire aujourd’hui si cette bataille pourra être gagnée, mais les seules batailles que l’on est sûr de perdre sont celles que l’on ne mène pas.

    Le dialogue social est au cœur de la démarche du gouvernement, fait le jeu du Medef, et les organisations syndicales s’y plient. Une autre voie est-elle possible ?
    Ce n’est pas le dialogue social qui fait le jeu du Medef. Sarkozy l’avait fort bien compris et refusait tout dialogue, sauf quand le rapport de forces le lui imposait, par exemple pour la « réforme » des régimes spéciaux de retraite. Les règles de représentativité syndicale fixées par Sarkozy s'appliquent. L'Unsa ou Solidaires ne sont pas représentatifs, et les clefs de la négociation sont entre les mains de la CGC et de la CFTC. Cela donne plus de poids à ces organisations syndicales marginales qu’à la CGT ou à FO.
    Une loi de gauche sur la représentativité syndicale devrait permettre de reconnaître l’Unsa et Solidaires et imposer qu’aucun accord national ne puisse être signé sans recueillir l’approbation de syndicats majoritaires aux élections professionnelles.

    Pour la première fois, un gouvernement de gauche envisage des reculs sur les retraites. Quelle signification politique ?
    Nous en sommes aujourd’hui au stade de la négociation, même si les déclarations de Jean-Marc Ayrault ou de Marisol Touraine paraissent assez nettement indiquer de quel côté pourrait pencher le gouvernement de gauche. À ce moment de la bataille, nous avons choisi de centrer notre action contre les revendications du Medef. Nous nous refusons à trois choses : faire des procès d’intention qui s’avèrent contreproductifs si l’objectif n’est pas de découper, a priori, la gauche mais, au contraire, de chercher à l’unifier pour défendre les intérêts du salariat ; ne nous adresser qu’à des gens convaincus d’avance ; considérer qu’un processus est achevé avant qu’il ne le soit et de s’empêcher ainsi de peser pour en changer l’issue.

    Propos recueillis par Robert Pelletier

    http://bulletindestravailleurs.over-blog.com

     RETRAITES, ON NE NOUS DIT PAS TOUT… 

     

    Dans un article : « Financement des retraites : l’enjeu des cotisations patronales »,Bernard FRIOT, professeur d’économie et sociologie à l’université Paris X, écrivait : « On oublie toujours, quand on raisonne sur l’avenir des retraites, que le PIB progresse d’environ en moyenne de 1,6 % par an, en volume, et donc qu’il double, à monnaie constante, en 40 ans. C’est pourquoi nous avons pu multiplier par 4,5 les dépenses de pension depuis 1960 ».

     

    Pourquoi une information aussi déterminante est-elle censurée ? Parce que tout simplement un petit calcul facile, montrerait que ceux qui nous gouvernent, nous prennent pour des demeurés.

     

    -En effet : si aujourd’hui 10 actifs produisent un gâteau de 100 et qu’ils ont à charge 4 retraités. C’est 14 personnes qui se partagent un gâteau de 100. Ainsi la part de chaque personne est de (100 : 14) soit 7,14.

     

    - Si dans quarante ans, 10 actifs produisent un gâteau de 200 et qu’ils ont à charge 8 retraités. Ce seront 18 personnes qui se partageront un gâteau de 200. Ainsi la part de chaque personne sera de (200 : 18) soit 11,1.

     

    C’est limpide ! Il sera donc possible de financer des retraites au même niveau qu’avant leurs réformes à remonter le temps. De plus, la part de gâteau restante pour l’investissement et l’élévation du niveau de vie sera bien plus importante en 2040 (en monnaie constante).

     

    Alors, où est donc le problème ? Pourquoi cet acharnement à détruire un système qui fonctionne bien ? Parce que le système social français, mis en place par le Conseil National de la Résistance (CNR) en 1945, met en rage les hommes d’affaires et les financiers pour des raisons évidentes. Par exemple, il leur est impossible de réaliser des plus values « boursières » sur 40% de notre part salariale (les fameuses cotisations sociales patronales) qui payent notre retraite et notre santé, en toute dignité et responsabilité. N’oublions pas que ces cotisations sociales représentent notre salaire différé qui est le fruit de notre travail. Il ne s’agit ni d’assistanat ni de charité patronale comme le laisse entendre une mauvaise propagande.

     

    Et c’est bien là que se situe tout l’enjeu de leurs réformes : les classes dirigeantes rêvent de faire main basse sur notre salaire différé. Pour s’emparer de cette « galette », leur stratégie consiste à réduire nos droits pour nous contraindre, de plus en plus, à financer notre santé et notre retraite par des assurances privées. Ils ont d’ailleurs déjà commencé : les réductions de cotisations patronales se multiplient depuis 2002 et atteignent déjà près de 30 milliards chaque année. Combien de ces 30 milliards sont allés aux investissements productifs ? Combien d’emplois créés ? Quelle efficacité au regard des sommes englouties ? Quelle évaluation ? De plus, le fait que notre système fonctionne bien sans aller faire un tour sur les tapis verts des casinos boursiers met en évidence l’inutilité et le rôle prédateur des acteurs de la sphère financière.

     

    Et comme cela ne leur suffit pas le gouvernement et le Medef ont accéléré les réformes de l’ANI … combien de milliards seront ainsi de plus perdus pour l’emploi et la protection sociale, dilapidés dans des montages financiers, pour finir dans les coffres forts des paradis fiscaux ? Et pour nous affoler un peu plus et nous persuader que ces réformes sont nécessaires, et que l’on ne peut pas pas faire autrement, le gouvernement, le Medef et les médias sont heureux de nous annoncer que nous sommes officiellement en récession …cerise sur le gâteaux qui tombe à pic, et le gâteaux il est gros, mais gros comme on n’en a pas idée !

    Source 2CCR

     

    Voir PPS RETRAITES

    http://republicainedoncdegauche.over-blog.com/article-retraites-on-ne-nous-dit-pas-tout-118192886.html


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