• les pouvoirs politique européen n'ont pas sauver la Grèce, mais ils ont évité aux banqiers de casquer !

     Et toi, les pouvoirs politique européen n'ont pas sauver la Grèce, mais ils ont évité aux banqiers de casquer ! 

    Paysan 07

     

    Publié par UN PAYSAN DE L'ALLIER

    dimanche 24 juillet 2011
     

    Voici une analyse sans concession de Daniel Schneidermann (arrêt sur image) et la façon éhontée de mentir à l'antenne ; j'ajoute que l'on peut aujourd'hui légitiment se poser la question pourquoi soutient t'on autant l’extrême droite?
     

    Finalement, il n'est même plus nécessaire de les inviter sur le plateau d'Arrêt sur images, les journalistes de télé, et de s'évertuer à déjouer leur redoutable rhétorique. Ils se dévoilent seuls, avec ce nouveau jouet qui s'appelle Twitter. Je parle plus précisément des journalistes de France 2 qui, vendredi soir, ont réussi l'exploit journalistique d'ouvrir le 20 Heures sur le Tour de France, plutôt que sur les épouvantables attentats d'Oslo.


    Mis en cause sur Twitter, notamment par Gilles Klein et Guy Birenbaum, deux d'entre eux, Amaury Guibert et Olivier Siou, tous deux sous-chefs de quelque chose à France 2, s'escriment depuis hier soir à justifier leur exploit, sur un ton qui me rappelle les meilleures heures d'Arrêt sur images, version télé. Ils le font en public, en déployant leurs arguments dans un désordre révélateur.


    Argument massue, que répètent Guibert et Siou: s'ils n'ont pas ouvert leur 20 Heures sur la Norvège, c'est parce que « l'audience est bien meilleure à 20h15 ». Ci-dessous, leurs deux réponses.

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    Lumineux ! France 2 a donc fait le choix de sacrifier le sujet sur le Tour de France, en l'envoyant dans les premières secondes du 20 Heures, pour réserver la meilleure place, la plus noble, aux attentats d'Oslo. Comme nous étions bêtes ! Nous n'avions rien compris. Nous pensions stupidement que le 20 Heures offrait la première place à l'information la plus importante. Rectificatif à transmettre d'urgence à Hervé Ghesquière, notre invité de cette semaine, qui, huit ans après, se souvient encore avec amertume d'une sienne enquête sur la prison irakienne d'Abou Ghraïb, diffusée à 13 heures 20 (si vous ne l'avez pas encore vue, notre émission de cette semaine, regardez-la d'urgence pour voir un vrai journaliste). Les Guibert et Siou de l'époque, j'imagine, n'avaient pas dû manquer de lui objecter qu'il n'est pas de meilleure heure que 13 heures 20. Mais allez savoir pourquoi, il ne semble pas les avoir crus.

    Autre argument: à 20 Heures vendredi soir, on ne connaissait pas encore le véritable bilan (91 morts). On n'en était encore « qu'à » deux morts. Imparable ! Deux morts dans l'immeuble du gouvernement norvégien soufflé par un attentat, dans la calme ville d'Oslo, ne valent pas l'épisode du jour du Tour de France. A retenir.

    Il serait si simple de dire la vérité. La vérité peut-être bête: notre montage d'images EVN sur Oslo n'était pas prêt à 20 Heures, on a donc attendu 20 Heures 10. Ou bien: France 2 est co-producteur du Tour de France, et pour une fois que le maillot jaune change, on était obligés de passer le sujet en premier. Mais non. Mentons mentons, défendons défendons. Ah, ce « tweet clash » (ça s'appelle comme ça. Je m'y mets lentement, mais je m'y mets) me rajeunit. Le nombre de grands aînés de Guibert et Siou que j'ai vus ainsi, face à moi, pris dans l'engrenage de la grande machine, s'évertuant à défendre l'indéfendable !
     

    Et pour clore la discussion, aujourd'hui comme hier, le coup du mépris: nous, dans les grrrandes chaînes, on bosse. On informe la France. On ne reste pas « assis sur notre chaise à critiquer ».
     

    « PAS UNE BILLE » SUR LE FONDAMENTALISME CHRÉTIEN
     

    Autre argument des deux compères de France 2 (je vous laisse retrouver ces tweets sur leur compte): ils tapent sur TF1, qui, elle, s'est plantée vendredi soir, en diffusant un montage sur les menaces d'Al Qaida contre la Norvège. Sous-entendu: et ceux d'en face, hein ? Eux, ils l'ont bien ouvert sur la Norvège, leur journal, mais en fonçant dans une fausse piste. Alors, les mauvais coucheurs, vous préférez quoi ? 

    Guibert et Siou soulèvent là un sujet intéressant. Il y avait deux manières de désinformer, vendredi soir. D'abord, en plaquant sur cet événement une grille idéologique pré-établie: les responsables d'actes aussi sanglants ne pouvaient être que des islamistes (on appellera ça le plantage style Libé). De nombreux médias internationaux ont immédiatement ouvert leurs colonnes et leurs micros aux « experts » patentés en terrorisme, lesquels ont immédiatement désigné Al Qaida. Ou bien, en faisant entrer au forceps cette catastrophe inattendue dans une hiérarchie de l'information pré-établie. On appellera ça le plantage France 2, ou le plantage Figaro.

    En partant en week-end, Mougeotte avait sans doute laissé ses consignes: faîtes la Une sur Sarkozy et l'Europe. Et on ne dérange pas le chef en week-end. Sacré Mougeotte ! Sacré Figaro ! Ils ont bien besoin de notre aide. On y reviendra.

    Ces deux modes de désinformation sont-ils exclusifs l'un de l'autre ? Un média peut-il décider de sous-traiter les attentats d'Oslo parce qu'ils ne « cadrent pas », idéologiquement, avec les schémas dominants ? Restons prudents: rien ne permet de dire le contraire. Rien ne permet d'affirmer que France 2 aurait accordé une meilleure place aux attentats, s'ils avaient été clairement, de manière indiscutable, revendiqués par Al Qaida.

    Paysan 11 

    Rien, sauf cet étrange Tweet de ce matin d'Olivier Siou, qui ne semble pas vouloir accorder foi aux premiers éléments de personnalité de l'auteur présumé des attentats. « Pas une bille » pour rattacher Breivik au « fondamentalisme chrétien », écrit Siou. « Pas une bille », vraiment ? Même pas ça, ni ça ? Comme Siou, soyons prudents (pardon). On verra bien.

    Soumission aux grilles politico-idéologiques, contre soumission à l'audience: deux manières de désinformer. Rien ne change jamais ? Eh non. Sauf que là, le débat se déroule à ciel ouvert. En tout cas, pour les internautes.

    Par Daniel Schneidermann 

     

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