• Les nationalisations à l'ordre du jour en Amérique latine

    morales Les nationalisations à l'ordre du jour en Amérique latine


    Après le pétrole en Argentine, la Bolivie d'Evo Morales nationalise le réseau électrique national

     

    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Après l'annonce par la présidente argentine de la nationalisation de la filiale argentine YPF du géant pétrolier Repsol, c'est au tour de la Bolivie, et du gouvernement d'Evo Morales, de s'attaquer au grand capital trans-national en nationalisant un secteur-clé de son économie.

     

    En ce 1er mai, journée internationale des travailleurs, Evo Morales a livré une nouvelle particulière aux travailleurs boliviens :

     

    « En ce jour, encore une fois, comme juste hommage aux travailleurs et au peuple bolivien qui ont lutté pour récupérer leurs ressources naturelles et leurs services fondamentaux, nous nationalisons l'entreprise chargée du Transport de l'électricité », a déclaré Morales lors d'une commémoration du 1er mai au palais gouvernemental de La Paz.

     

    Le décret adopté acte la « nationalisation » de la « totalité des actions possédées par la société Red Eléctrica Internacional, filiale de l'entreprise espagnole Red Eléctrica de Espana (REE) », actions qui sont désormais récupérées par l'entreprise publique Empresa Nacional de Electricidad (ENDE).

     

    Evo Morales a justifié l'expropriation par la faiblesse des investissements de la REE en Bolivie : « cette entreprise multi-nationale espagnole n'a investi que 81 millions de dollars en 16 ans, soit un investissement annuel moyen de 5 millions par an ».

     

    Comme dans la plupart des pays déjà soumis aux plans d'ajustement du FMI, en parallèle avec les processus de libéralisation-privatisation impulsés dans l'UE, la chaîne électrique est divisée en Bolivie entre production, transmission et distribution.

     

    Le gouvernement bolivien avait déjà repris possession de l'essentiel de l'aspect productif. L'entreprise nationalisée possède à ce jour 2 772 km de lignes électriques et contrôle 74% du réseau.

     

    L'unité du secteur électrique avait été cassée en 1994 par le gouvernement libéral de Sanchez de Lozada, le transport de l'électricité avait ensuite été privatisé en 1997 et confié d'abord à l'entreprise espagnole Unión Fenosa de España puis en 2002 à Red Eléctrica de España.

     

    La confédération syndicale unitaire bolivienne, la Centrale ouvrière bolivienne (COB), a apporté son soutien total à l'action du président socialiste bolivien:

     

    « Tout ce qui va dans le sens des intérêts des travailleurs, de l’État, et en premier lieu la nationalisation, nous le soutenons », a déclaré le secrétaire exécutif de la COB, Juan Carlos Trujillo qui a ajouté que le programme de la COB exige « la nationalisation de toutes les entreprises productives du pays ».

     

    Un soutien qui place cette mesure comme une étape dans un processus encore inachevé, celui vers le socialisme.

     

    Un processus qui n'est pas exempt de luttes : lutte pour un véritable salaire minimum menée par la COB, lutte des travailleurs de la santé contre la dégradation de leurs conditions de travail, lutte encore de peuples indigènes pour le respect de leurs terres.

     

    Si il n'est pas à exclure que certains de ces mouvements soient encouragées par les puissances impérialistes, ils expriment pour l'essentiel une volonté de conquérir de nouveaux droits sociaux, de rupture avec les logiques capitalistes.

     

    Les six années de gouvernement d'Evo Morales ont permis aux travailleurs d'inverser le rapport de force avec le patronat, au peuple bolivien de reprendre possession de certaines de ses richesses naturelles, comme la nationalisation de quatre entreprises productrices d'électricité en 2010 en est une nette illustration.

     

    L'économie reste pourtant encore largement entre les mains du privé et les rapports de production capitalistes sont toujours prédominants en Bolivie.

     

    Les mesures prises par le gouvernement Morales, sous pression et avec le soutien intégral du peuple bolivien, vont néanmoins dans le bon sens et contribuent à poser les bases d'une véritable démocratie sociale, condition préalable de la transition vers le socialisme

     

    En Bolivie, comme ailleurs en Amérique latine, la lutte continue pour la rupture avec le système capitaliste, pour le socialisme.


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