• Le PTB demande la saisie de Ford Genk

    Ford : l’hécatombe continue en Grande Bretagne

    Le PTB demande la saisie de Ford Genk

    Le constructeur automobile américain Ford a annoncé jeudi vouloir fermer en 2013 deux nouveaux sites de production, cette fois-ci en Grande-Bretagne. Avec la confirmation mercredi de la fermeture du site de Genk, cela porte à 6200 le nombre de suppressions de postes annoncées en deux jours.

    Ford prévoit la fermeture du site d'assemblage de Southampton, dans le sud de l'Angleterre, et de l'usine d'emboutissage sur le site géant de Dagenham, à l'est de Londres. Ce qui entraînerait la suppression de 1400 postes de travail, qui viendraient s'ajouter aux 4300 déjà menacés dans l’usine belge de Genk. Il faut ajouter à cela un précédent plan de suppression de 500 postes en Europe, ce qui porte à 6200 le nombre d’emplois directs détruits.
    Le constructeur emploie quelque 11.400 personnes au Royaume-Uni répartis sur plusieurs sites : à Southampton, Dagenham, Halewood (nord-ouest) et Bridgend au Pays de Galles (ouest). L'usine de Southampton assemble les fourgonnettes Ford Transit.

    Ces annonces font partie d'un vaste plan de restructuration des activités du constructeur américain en Europe, que la direction Europe, basée en Allemagne, a annoncé au cours d’une conférence téléphonique. Ford prévoit ainsi de réduire de 18% ses capacités d'assemblage de véhicules en Europe, soit 355.000 unités de moins, ce qui lui permettrait d'économiser près de 500 millions de dollars par an.

    Un véritable drame national en Belgique

    Le plan de restructuration de Ford en Europe toucherait ainsi 6200 emplois, soit 13% de sa main d'œuvre dans la région. Sans compter, bien entendu, l’impact sur les sous-traitants. La fédération belge des industries technologiques estime que la fermeture de l’usine de Genk "représente près de 10.000 emplois directs et indirects". En plus des 4300 ouvriers de l’usine, 1.305 personnes sont employées dans les entreprises reliées au 'convoyeur'. A cela s'ajoute également une quarantaine d'autres sociétés travaillant parfois comme fournisseurs exclusifs pour Ford Genk." Ce qui représente 0,3 % du PIB belge.

    Le PTB demande la saisie de Ford Genk

    Ce mercredi, la direction de Ford Europe a annoncé la fermeture du site de Genk (Limbourg). On évoque partout la situation de l’industrie automobile européenne.

    Mais, pour le PTB, la question principale est : « Pourquoi les travailleurs devraient-ils payer pour cette surcapacité ?

    Ils ne sont pas responsables de cette crise. »

    Service de presse PTB

    Pour Stany Nimmegeers, président du PTB Limbourg, la situation est claire : « Depuis 
des années, les travailleurs font des sacrifices en tout genre pour
 soi-disant assurer l’avenir de l’usine. Lors de la dernière convention 
collective de travail en 2010, ils ont même perdu 12 %. Cela fait 
cinquante ans que les travailleurs de Genk produisent des voitures de 
très haute qualité et produisent d’énormes profits pour l’entreprise. En
 2011, Ford a réalisé dans le monde un profit record de 8 milliards
 d’euros. Cette année, elle s’attend à 6 milliards, et ce malgré les
 pertes en Europe. »



    « La soif de profit du PDG Alan Mullaly est sans fin, s’indigne Stany 
Nimmegeers. L’an dernier, il avait déjà un revenu de 23 millions
d’euros. Chaque année, il lui faut plus. Et, tout comme Peugeot et Opel, 
Ford veut faire porter le poids de la crise par ses travailleurs.
 Conséquence : un pouvoir d’achat encore amoindri, donc encore moins de 
consommation, donc encore davantage de surcapacité à terme. » Le président du PTB local conclut : « La surcapacité n’est pas une loi de la nature, elle est la
 conséquence d’une politique économique désastreuse. »

    Le gouvernement flamand Peeters et le gouvernement fédéral Di Rupo sont
 aussi responsables de cette politique économique. En effet, qui autorise 
Opel à fermer son site d’Anvers sans devoir rembourser un seul euro de
 subside ? Qui autorise les banques à spéculer pour avoir ensuite besoin
 de milliards d’euros des contribuables pour les sauver ? Qui boucle son
 budget en économisant uniquement sur le dos des gens ordinaires ? Stany Nimmegeers : « Vu que Ford décide de fermer son site de Genk, nous proposons que les pouvoirs publics saisissent l’usine 
sans compensation. » Il rappelle la récente expérience d’Opel à Anvers :
« L’usine a été vendue et la direction a refusé de rendre possible une
 véritable reprise. En cinquante ans, Ford a reçu tellement de subsides 
payés par le contribuable belge, a fait tant de profit avec la sueur des 
travailleurs limbourgeois que cette usine est en fait celle des 
travailleurs. Si les pouvoirs publics saisissent l’usine, ce sera bien 
plus simple de trouver un repreneur comme le montre le cas de Nedcar à
 Born aux Pays-Bas. »

    Pour Stany Nimmegeers, il faut une vision bien plus
 globale : « Pour faire face aux problèmes environnementaux en Europe
 occidentale, il existe un besoin énorme de transports publics 
supplémentaires et de voitures écologiques. Les pouvoirs publics peuvent
 trouver ici l’occasion de prendre ces problèmes à bras-le-corps. » 



    Le président du PTB Limbourg est sur place ce mercredi avec les conseillers
 communaux à Genk à l’entrée de l’usine Ford. « La seule vraie
 alternative est de se battre pour chaque emploi. Le PTB soutiendra de 
tout cœur la lutte sociale des syndicats et des travailleurs. » 



    http://www.ptb.be/nieuws/artikel/le-ptb-demande-la-saisie-de-ford-genk.html


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :