• Le pouvoir socialiste sait remercier ses porteurs d'eau

    Le pouvoir socialiste sait remercier ses porteurs d'eau

     

    Les nominations d'anciens dirigeants de la CFDT par des membres du gouvernement socialiste vont bon train. Est-ce une façon de remercier les dirigeants de cette centrale réformiste qui font une partie du sale boulot du gouvernement ? Je veux parler de l'accord signé avec le Medef dont la caractéristique principale est de faciliter les licenciements et de rendre plus difficiles les recours des salariés. Tout ce qu’il y a dans l’accord va contre les salariés et pour les employeurs. Ce n'est pas moi qui le dit, mais Gérard Filoche, inspecteur du travail et militant du PS.

     

    Toujours est-il que la CFDT a ratifié cet accord, ce dont se réjouissent et le Medef et le gouvernement. Hollande a d'ailleurs téléphoné à Parisot à l'issue de ces négociations pour la remercier. (Info Canard enchaîné 16/1/2013)

     

    François Chérèque pestait contre Bernard Thibault, lors des dernières élections présidentielles, pour avoir rompu la sacro-sainte neutralité syndicale. (NDLR – Le secrétaire de la CGT avait appelé clairement à battre le candidat Sarkozy au vu de son bilan et de ses projets) Eh bien François Chérèque qui a quitté ses fonctions de secrétaire général de la CFDT a été nommé en Conseil des ministres inspecteur général des affaires sociales, sur proposition des ministres Marisol Touraine (Affaires sociales) et Michel Sapin (Travail), et ce à compter du 7 janvier, selon un communiqué du gouvernement. Et à cela viennent s'ajouter d'autres missions puisqu'il est désormais président de Terra Nova – think tank (laboratoire d'idées) très proche du PS idéologiquement – fondé par Olivier Ferrand, élu socialiste décédé fin juin 2012. Dernière mission en date, il vient d'être chargé du suivi du plan gouvernemental sur la pauvreté que doit présenter Jean-Marc Ayrault. Il sera bien placé pour mesurer les conséquences des accords signés par sa centrale syndicale avec le Medef, qui ne feront qu’accroître la pauvreté.

     

    Mais il n'y a pas que Chérèque à être récompensé. Laurence Laigo, secrétaire nationale depuis 2006, a quitté ses fonctions pour rejoindre comme conseillère le cabinet de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. Jacky Bontems, ex-numéro deux de la centrale et ex-conseiller social du candidat François Hollande, officiellement chargé de mission auprès de Matignon, va intégrer le Commissariat général à la stratégie et à la prospective. Enfin Nicole Notat, l'ex-secrétaire de la centrale cédédiste avant Chérèque, membre du Siècle, PDG de Vigeo, a été nommée chef de file d’un groupe de travail pour les assises de l’entrepreneuriat, organisées par la ministre Fleur Pellerin.

     

    La CFDT affirme régulièrement son autonomie vis à vis du politique, de crainte de la récupération. Heureusement !

     http://jcoutant.over-blog.com

    LES VOEUX DU PRESIDENT AU MEDEF ET AUX ORGANISATIONS SYNDICALES ET SOCIALES

    Le pouvoir socialiste sait remercier ses porteurs d'eau LES VŒUX DU PRESIDENT

    Il est content, tout marche sur des roulettes, pour ainsi dire,  et il l’a exprimé aux partenaires sociaux ( un mot qu’il faudrait radier de nos expressions).

    Le président offrait la galette, la galette « du moins disant social ».

    Il a annoncé une deuxième conférence sociale (comme celle de l’été 2012) pour examiner d’autres dossiers sociaux -de quoi s’inquiéter- comme la formation professionnelle et aussi les retraites.

    Il s’est félicité de l’accord signé par le patronat et les organisations minoritaires CFDT-CFTC-CGC concernant ce qu’il appelle la « Sécurisation de l’emploi » et qui devrait plutôt s’intituler la « Sécurisation du licenciement ».

    Il semble que les invités, que la presse nomme « les forces vives de la nation », n’ont pas tous apprécié la galette  ( CGT ET FO) où la fève avait un goût amer de suppression d’emploi et de précarité et le champagne ( cuvée Hollande-Patronat)  ne pétillait qu’en faveur des thèses libérales.

    Seuls se pressaient pour en redemander Madame Parisot du Medef et les abonnés habituels à la défaite syndicale : les dirigeants de la CGC-CFTC  et surtout la CFDT qui trouvait le cru charpenté patronal comme elle a l’habitude de le faire naitre dans les fûts de la concession.

    Le gouvernement, lui, était aux anges, il avait son accord pour plaire aux agences de notation et tant pis si les salariés, qui seront bientôt pris dans la nasse de cet accord félon, subiront demain les pires outrances pour leur travail de plus en plus précarisé sous les fourches caudines d’employeurs qui les exploiteront à la « polonaise ».

    Autour des galettes, les patrons s’affairaient pour attendrir encore plus les dévots du « donnant-perdant ; la compétitivité était le grand sujet et chacun mesurait les économies à réaliser grâce au travail gratuit qui s’en suivrait, grâce surtout aux baisses de salaires pendant deux ans, grâce également  aux horaires de travail flexibles permettant par de savants calculs dans l’année de faire travailler qu’au top indiqué et en faisant disparaitre les heures supplémentaires  dans le bouillon général de la précarité.

    Chérèque était l’invité de marque, même s’il n’était plus le cador de la CFDT, il avait fait son boulot et partout les patrons et les experts le festoyaient, l’encensaient. Hollande ne lui avait-il pas dressé des lauriers en le faisant  très haut fonctionnaire à plus de 8 000 euros mois et en plus une présidence du think-tank libéral du parti socialiste Terra-nova. Dans le morceau de la galette qui lui fut offert par Hollande et Sapin, Chérèque découvrit avec une surprise feinte, une fève de remerciement pour la cabrure de son dos réformiste, celle conférée  par Hollande pour s’occuper de la pauvreté et de dresser un constat de celle-ci comme inspecteur de l’IGAS.

    Attention pauvre gens, si Chérèque s’occupe de votre sort et de son habitude à mettre en place le donnant-perdant de la CFDT, vous risquez de vous retrouver demain à devoir accepter de sacrifier vos pauvres prestations sociales pour quelques cacahuètes.

    La cérémonie des vœux du président aux « forces vives de la nation » s’achevât alors par une complainte de Madame Parisot, qui, non contente de la brassée de cadeaux antisociaux de l’accord sur la Sécurisation de l’emploi, gémissait  à nouveau, réclamant encore et encore des charges sociales abaissées.

    Sur ces entrefaites chacun et chacune s’en alla par une sombre soirée d’hiver et un froid glacial qui n’était pas simplement celle de la bourrasque pénétrant le palais mais aussi celle d’hommes et de femmes qui demain auront à subir les conséquences de l’abaissement du dit coût du travail.

    Mais comme nous aurons maintenant un petit frère des pauvres, en l’occurrence Chérèque, l’avenir de la production de boites en carton pour refuge des sans domicile fixe est assuré.

    Bernard LAMIRAND


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