• Le plan sécheresse de Nicolas Sarkozy

     

    Sécheresse : "Pour nous, il n'y a que des miettes" 

    Le plan sécheresse de Nicolas Sarkozy laisse les agriculteurs sceptiques. Eleveur bovin dans le Limousin, Daniel ne pense pas pouvoir attendre les aides prévues en septembre pour s'en sortir. Témoignage.

    "Un coup de pouce" jugé insuffisant. Nicolas Sarkozy a dévoilé hier son plan d'aide aux éleveurs victimes de la sécheresse qui sévit depuis des semaines en France. Son projet : décaler d'un an le remboursement des prêts accordés en 2009 lors d'un autre plan sécheresse, tout en laissant l’Etat prendre en charge les intérêts de ces prêts.

    Le chef de l'Etat a par ailleurs annoncé que les éleveurs en difficulté seraient exemptés de la taxe sur le foncier non bâti. Et précisé que l'Etat avait débloqué 200 millions d’euros pour accélérer les indemnisations via le fonds de garantie des calamités agricoles, avec des versements prévus "dès septembre".

    Daniel est sceptique. Cet éleveur de veaux à lait du Limousin, à la tête d’un cheptel de 60 têtes, se retrouve étranglé par les conséquences de la sécheresse. Pour lui, l’urgence consisterait surtout à bloquer le tarif du fourrage, devenu hors de prix pour les éleveurs :

    « Les 200 millions promis par Sarkozy, je ne sais si ça va suffire. A mon avis, tout le monde n’y aura pas droit. Ça peut donner un petit coup de pouce, mais il faudrait faire plus. De toute façon, c’est toujours les copains d’abord et les petits après. Pour nous, il n’y a que des miettes.

    L’urgence, c’est l’alimentation de nos animaux. Dans mon exploitation, n’avons presque plus rien à l’heure actuelle : toutes les prairies sont grillées, comme en Charente. Sur 12 hectares fauchés, j’ai obtenu 80 bottes de foin, contre 400 d’habitude.

    C’est la première fois que je vois une situation pareille. Même en 1976, les prés n’étaient pas aussi brûlés.

    Mes bêtes mangent le peu d’herbe qu’il reste, et je leur donne de la paille sur les stocks de l’année dernière. Ils sont quasiment épuisés, je les termine cette semaine. Après, j’attaque les stocks de 2011. Je peux encore tenir deux ou trois mois, pas plus.

    Il faut que les céréaliers nous aident, qu’ils ne vendent plus la paille à des tarifs aussi élevés, eux qui touchent plus d’aides que nous. Aujourd’hui, c'est 230 euros la tonne de foin contre 80 d'habitude et 200 euros la tonne de paille (contre 25 euros habituellement, ndlr). Et ça n’est pas un camion de 30 tonnes qui va suffire à passer l’hiver ! Je pense qu’il faut bloquer le prix des fourrages, mais aussi des grains, des granulés, sans quoi on ne peut pas nourrir nos animaux. Tout le monde devrait avoir le droit de gagner sa vie correctement. »

    propos recueillis par Laura Thouny

     

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