• le Parti communiste grec (KKE) livre son analyse de la scène politique Grecque

    « Entre deux batailles difficiles »: le Parti communiste grec (KKE) livre son analyse sur la recomposition de la scène politique Grecque

    nationalElections2012 june ch 1Entre deux batailles difficiles

     

    Traduction EM pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


    (Traduction originelle pour le site suisse http://www.hastasiempre.info/)

     

    Cet article est diffusé par le Secrétariat des Relations internationales du KKE

     

    La Grèce continue d’attirer l’attention des travailleurs du monde entier, en perspective des élections législatives à venir. Elles sont d’une importance cruciale et se tiendront le 17 juin puisque aucun des trois partis arrivés en tête n’a réussi à former un gouvernement de coalition. Le résultat des dernières élections et la ligne politique du Parti communiste de Grèce (KKE) suscitent un intérêt certain, à en croire les articles dans les journaux, les magazines et les sites web des communistes et des progressistes. Ces derniers jours, ces questions ont été dans la ligne de mire de plusieurs analystes. Commençons par le début.

     

    Sur le résultat des élections du 6 mai

     

    Depuis les élections du 6 mai, un nouveau paysage politique a pris forme après l’effondrement des trois partis qui avaient gouverné ensemble et soutenu la politique anti-populaire du capital et de l’Union européenne (UE). Concrètement :

     

    Le PASOK social-démocrate a récolté 833’529 de voix (13.2% des suffrages) avec une chute sans précédent de 2’179’013 voix (-30.8%).

     

    La ND conservatrice a totalisé 1’192’054 (18.9%) avec une perte de 1’103’665 voix (-14.6%).

     

    Le LAOS nationaliste n’a pas réussi à atteindre le seuil de 3% pour entrer au parlement, recevant 183’466 voix (2.9%) avec une chute de 202’739 voix (-1.6%).

     

    Toutefois, en même temps, le changement du paysage politique ne signifie pas bouleversement de la situation parce que les forces qui ont bénéficié de la colère des travailleurs étaient principalement celles qui soutiennent la politique de « voie à sens unique de l’UE ». Ainsi, la grande majorité des électeurs des partis bourgeois s’est dispersée principalement vers les formations politiques idéologiquement proches. Concrètement :

     

    SYRIZA, une coalition de forces opportunistes ayant quitté le parti lors de scissions droitières (les scissions du parti en 1968 et 1991) puis rejointe ces dernières années par des forces venant du PASOK social-démocrate, a obtenu 1’061’265 des voix (16.8%), soit une augmentation de 745’600 voix (12.2%).

     

    Une scission de SYRIZA, Gauche démocratique, rejointe par des ex-députés et ex-dirigeants du PASOK, a réuni 386’116 voix (6.1%).

     

    Un grand nombre de suffrages a également été réalisé par des partis réactionnaires et nationalistes comme les « Grecs indépendants » qui ont émergé de la ND et récolté 670’596 voix (10.6%). Ainsi que « Aube dorée » qui a réuni 440’894 voix (7%).

     

    En outre, environ 20% des électeurs ont opté pour une dizaine de partis participant aux élections mais qui n’ont pas réussi à dépasser le seuil de 3%.

     

    Le KKE a connu une légère progression lors de ces élections. Plus précisément, il a reçu 536’072 voix (8.5%), c’est-à-dire une augmentation de 18’823 voix (+1%). Le KKE a fait élire 26 députés (sur un total de 300 parlementaires), cinq de plus qu’auparavant. Dans les quartiers populaires, le pourcentage du KKE est presque le double de la moyenne nationale. Dans l’une des 56 circonscriptions électorales (dans les îles Samos-Ikaria), le KKE est le premier parti avec 24.7%.

     

    Le Comité central du KKE a tiré les premières conclusions sur le résultat des élections. Sa déclaration, entre autres, « salue les milliers de travailleuses et travailleurs, chômeurs, qui ont apprécié l’esprit de lutte, de cohérence et de clarté de ses positions, l’esprit de lutte et le dévouement des communistes, qui l’ont soutenu lors des élections, quelque soit le degré d’accord avec sa proposition politique dans son ensemble. Bon nombre de travailleurs, ainsi qu’une partie des électeurs du parti, sous la pression de l’intensification des problèmes populaires, des slogans trompeurs à l’égard de la renégociation du mémorandum et le soulagement immédiat des travailleurs, n’ont pas compris et assumé la différence entre le gouvernement et le pouvoir réel ».

     

    Toutefois, le CC du KKE signale : « La proposition politique du KKE de utte pour le pouvoir ouvrier et populaire se trouvera au coeur de l’attention du peuple, car la différence devient de plus en plus claire, d’une part, entre le gouvernement et le véritable pouvoir populaire et, d’autre part, entre la proposition globale relative aux problèmes immédiats de la survie des peuples et le pouvoir ouvrier populaire. De ce point de vue, l’activité politique et électorale du KKE, en harmonie avec sa stratégie, comme il se doit, constitue un héritage important pour les années à venir ».

     

    A propos de SYRIZA

     

    Certains médias bourgeois internationaux, qui présentent SYRIZA en « gagnant » des élections du 6 mai, n’ont pas vu au-delà de son appellation « Coalition de la gauche radicale » et ont conclu qu’il s’agit d’un parti radical de gauche ou même d’un parti communiste. Bien sûr, cela n’a rien à voir avec la réalité. La force principale de la SYRIZA est le parti « Coalition de la Gauche » (Synaspismos) qui a un programme social-démocrate. En 1992, il a voté au parlement grec pour le traité de Maastricht, il est partisan de l’Union européenne impérialiste et il voit des possibilités de l’améliorer. En fait, il présente un programme de gestion du système capitaliste. Il a rejoint la campagne anti-communiste contre l’URSS et les autres pays socialistes du XXe siècle. Synaspismos est membre du présidium du « Parti de la Gauche européenne » (PGE), qui est un outil de l’UE pour éradiquer les caractéristiques communistes des partis communistes dans les pays de l’UE. Dans SYRIZA ainsi que dans Synaspismos participent des forces qui faisaient partie du PASOK social-démocrate, des groupes plus petits de l’ultra-gauche trotskyste et d'anciens groupes maoïstes mutés jouant le rôle de « condiments » politiques dans le « menu » de base social-démocrate et anti-communiste. L’objectif principal de cette formation est de réduire l’influence électorale, syndicale et politique du KKE. Ainsi, il y a dans la dernière décennie de nombreux exemples qui démontrent le caractère anti-KKE de cette formation politique. Dans des dizaines de syndicats, confédérations sectorielles et associations de syndicats au niveau régional, les forces de SYRIZA participent et collaborent avec les forces du PASOK dans le but d’empêcher l’élection des délégués communistes dans les organes syndicaux supérieurs. SYRIZA est un ennemi juré du Front Militant de Tous les Travailleurs (PAME) qui est un regroupement de syndicats avec une orientation de classe. SYRIZA collabore ouvertement dans les organes des confédérations de syndicats des travailleurs dans le secteur privé (GSEE) et public (ADEDY), compromises avec les forces collaborationnistes, le patronat et le gouvernement. Il a eu une attitude similaire dans de nombreux cas pendant les élections locales. Sa position lors des élections municipales en 2010 sur l’île d’Ikaria est un exemple caractéristique. Sur cette île, qui fut un lieu d’exil des communistes, le KKE a une grande influence électorale. Dans les élections de 2010, SYRIZA a collaboré avec le PASOK social-démocrate, la ND libérale et le LAOS nationaliste afin d’empêcher l’élection d’un maire communiste dans l’île. Le candidat du KKE a récolté à lui seul 49.5% des voix, par conséquent l’alliance anti-KKE a gagné dans la commune pour quelques centaines de voix.

     

    Aujourd’hui, SYRIZA tente d’attaquer le KKE avec des propositions politiques opportunistes en se référant à la soi-disant « unité de la gauche » et en voulant forcer le KKE à supprimer des pans entiers de son programme, abandonner ses principes et accepter la politique de gestion du système capitaliste, comme le propose SYRIZA.

     

    Sur cette base, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attitude de certains partis communistes qui ont salué immédiatement la montée électorale de cette formation opportuniste et anti-communiste au nom de la montée électorale de la « gauche », sans connaître la situation réelle en Grèce, était irresponsable. Ils ont salué un ennemi juré du KKE qui par ailleurs fut l’objet d’une proposition émanant du président des industriels grecs pour participer à un gouvernement de coalition des partisans de l’UE.

     

    L’illusion de « l’unité de la gauche » et le mensonge du « gouvernement de la gauche »

     

    Beaucoup de travailleurs politisés, de différents pays en Europe et partout dans le monde, se posent la question suivante : pourquoi le KKE ne fait pas quelques concessions ? Pourquoi insiste-t-il dans la ligne politique de rassemblement des forces sociales qui veulent se battre contre les monopoles, contre le capitalisme, contre les unions impérialistes, pour le pouvoir ouvrier et populaire et ne soutient pas la politique de « l’unité de la gauche », la lutte pour corriger la réalité capitaliste et de l’UE, par une collaboration politique ou gouvernementale avec d’autres forces « de gauche » et social-démocrates, à l’exemple d’autres partis communistes en Europe ?

     

    Tout d’abord, le KKE a clarifié depuis longtemps que le sens de « gauche » et « droite » ne sont pas des termes qui reflètent la situation politique d’aujourd’hui. Aujourd’hui, le terme « gauche » pourrait s’utiliser pour décrire le Secrétaire général de l’OTAN ou le Premier ministre d’un pays qui mène une guerre impérialiste et prend des mesures anti-ouvrières et anti-populaires contre les travailleurs de son pays. Le Parti communiste n’est pas simplement un « parti de gauche », mais le parti qui lutte pour le renversement du capitalisme et la construction de la nouvelle société socialiste-communiste. C'est par cette voie, par cette direction donnée que les luttes peuvent conduire à des conquêtes, et pas autrement. Comme l’histoire l’a montré, les réformes, la lutte pour corriger le système capitaliste, pour atténuer les mesures anti-populaires les plus extrêmes, ce qui est au centre des propositions des forces opportunistes/social-démocrates, n’ont jamais conduit au renversement du capitalisme nulle part. Au contraire, dans de nombreux cas, elles ont conduit au renforcement du capitalisme en créant l’illusion, parmi des millions de travailleurs, que le capitalisme pourrait être humanisé. Aujourd’hui, la Banque centrale européenne pourrait se transformer d’un instrument capitaliste à un organisme de bienfaisance et distribuer des prêts sans intérêts ou que l’UE peut ne plus être une union qui sert le système mais une « union des peuples », comme le soutiennent SYN/SYRIZA et le Parti de la Gauche Européenne.

     

    C’est pourquoi le KKE présente son projet politique intégralement en le synthétisant lors des élections du 6 mai avec le slogan : « Sortir de l’UE, avec le pouvoir populaire et l’annulation unilatérale de la dette ».

     

    En ce sens, le KKE reste fondamentalement orientée par le marxisme-léninisme. Lénine a pu écrire : « Le prolétariat lutte et luttera pour détruire l’ancien régime. A cette fin, il dirigera toute sa propagande et son agitation, tous ses efforts pour organiser et mobiliser les masses. S’il ne parvient pas à détruire totalement l’ancien régime, le prolétariat saura profiter également de sa destruction partielle. Mais jamais il ne préconisera cette destruction partielle, ni la décrira avec optimisme, ni appellera le peuple à la soutenir. Dans la lutte authentique, on soutient effectivement celui qui aspire au maximum (et qui obtient moins en cas d’échec) et non celui qui, avant le début de la lutte, restreint ses objectifs de manière opportuniste ».

     

    Le KKE a rejeté l’idée d’un « gouvernement de gauche » qui maintiendrait la Grèce dans l’UE et l’OTAN, laisserait intacts les rapports capitalistes de production et ainsi pourrait mettre en œuvre une gestion du système soi-disant en faveur du peuple. Notre parti lutte pour le développement de la lutte de classes, la conscientisation politique des travailleurs, sa libération de l’influence des partis et constructions idéologiques bourgeois et pour la formation d’une alliance qui non seulement défendra les intérêts des travailleurs, tentera de retirer le pays des interventions impérialistes, mais posera également la question du pouvoir.

     

    L’objectif est de réduire l’influence du KKE et de l’assimiler au système

     

    Le refus du KKE à se soumettre aux formations de « gauche » ou même à un gouvernement de « gauche » est la « cible » des ennemis et des « amis », qui directement ou indirectement appellent le KKE à « s’unir » aux autres forces de « gauche ». Cette ligne est suivie par les partis communistes qui sont dans le présidium du PGE. En outre, il y a eu quelques attaques grossières venant par exemple de groupes trotskystes – qui sont plus connus à l’étranger qu’en Grèce – qui caractérisent le KKE comme un parti sectaire et dogmatique.

     

    Comment serait-il possible que le KKE avec la ligne de la lutte de classes et du conflit qu’il défend rassemble des centaines de milliers de personnes en Grèce, si le parti était sectaire ? Comment est-il possible par exemple que dans les rangs du Front Militant de Tous les Travailleurs (PAME) soient regroupés des dizaines de syndicats de base, des fédérations sectorielles, des associations de syndicats au niveau régional représentant des centaines de milliers de travailleurs ?

     

    Il convient de signaler que le PAME, qui est le pôle d’orientation de classe dans le mouvement ouvrier et syndicale, regroupe 8 fédérations sectorielles de travailleurs, 13 associations de syndicats régionaux, des centaines de syndicats sectoriels et de base, avec un total de 850’000 membres. En outre, le PAME travaille dans les syndicats où les forces d’orientation de classe ne sont pas majoritaires. Par exemple, les forces du PAME occupent la deuxième position dans une série de fédérations sectorielles (comme la Fédération dans le secteur du tourisme et de la restauration et la Fédération des travailleurs métallurgistes) et dans les deux plus grandes associations de syndicats régionaux dans le pays à Athènes et Thessalonique.

     

    Comment est-il possible que le Front Antimonopoliste Grecque des indépendants et petits commerçants (PASEVE) regroupe dans ses rangs des milliers de travailleurs indépendants qui comprennent la nécessité d’entrer en conflit avec les monopoles ? Comment est-il possible que des milliers d’agriculteurs pauvres par le biais des associations d’agriculteurs et de leurs comités s’inspirent de la lutte du Front Militant de tous les Paysans (PASY) contre la politique agricole commune de l’UE ? Comment est-il possible que les femmes et des milliers d’étudiants qui appartiennent aux couches ouvrières et populaires rejoignent la lutte suite aux demandes et initiatives de la Fédération des Femmes de la Grèce (OGE) et du Front Militant des Etudiants (MAS) ? Dans toutes ces organisations syndicales, sociales et politiques de masse, les membres et les dirigeants du KKE jouent un rôle majeur sans cacher leur identité.

     

    On accuse le KKE d’être « isolé », « dogmatique » ou « sectaire » par son rejet à un « gouvernement de gauche » ou parce que le pourcentage du KKE aux élections n’augmente pas aussi vite que la formation sociale-démocrate de SYRIZA. Ces accusations ne peuvent pas toucher le KKE. Il est utile de rappeler qu’il y a 2 ans et demi, l’autre parti social-démocrate, le PASOK, avait récolté 44% des voix tandis que dans la dernière élection il n’a atteint que 13% des suffrages. Cette chute a eu lieu dans des conditions de volatilité politique, renforçant ainsi le SYRIZA avec qui la relation idéologique est la plus proche. Il faut souligner qu’un parti communiste révolutionnaire, comme le KKE, ne juge pas exclusivement son action en fonction du pourcentage obtenu lors des élections.

     

    Pour ce qui est de la politique d’alliance, notre parti a accumulé une énorme expérience historique. Il a dirigé la lutte anti-fasciste avec un vaste front armé qui a grandement contribué à la lutte du peuple. Cependant, à cette époque-là, le Parti n’a pas réussi à élaborer une stratégie pour transformer la lutte contre le fascisme en une lutte pour le renversement du pouvoir bourgeois. Le KKE a établi des alliances de « gauche » dans les années 1950 et 1980. De cette expérience de politique d’alliances, le KKE a tiré des conclusions utiles et n’a aucune intention de répéter les mêmes erreurs.

     

    Mais comment expliquer les attaques contre le KKE ? Il est clair que certains sont irrités par l’action internationale du KKE qui poursuit la reconstruction du mouvement communiste international sur la base du marxisme-léninisme et l’internationalisme prolétarien. En outre, les Rencontres internationales des partis communistes et ouvriers ainsi que d’autres initiatives internationales communistes ont commencé à Athènes. Cependant, la raison la plus importante, c’est que le KKE est un parti avec de fortes racines dans la classe ouvrière et une expérience significative dans les luttes ouvrières et populaires. Il refuse d’abandonner ses principes et d’être à la remorque de la social-démocratie, comme il refuse de se soumettre à l’UE et l’OTAN. Sur ce point, nous citons un article publié après les élections dans le célèbre journal français Le Monde Diplomatique :« But inavoué et vœu cher à tous les Grecs de gauche : faire imploser le PC pour le reformer sur de nouvelles bases et donner à la gauche grecque sa juste position dans la société ». C’est-à-dire discréditer le KKE et le transformer, à l’image d’autres partis communistes mutants d’Europe, en un « alibi communiste » de la social-démocratie pour la gestion de la barbarie capitaliste.

     

    Notre objectif est de ruiner ces plans ! Préserver et renforcer le KKE ! Malgré la pression exercée sur notre parti, il y a des éléments encourageants qui démontrent que le KKE est un « un os dur à ronger ». Dix jours après les élections du 6 mai, des élections estudiantines ont eu lieu en Grèce. La liste appuyant la Jeunesse communiste de Grèce a réalisé un score de 16% dans les Instituts d’éducation technologique (TEI) et de 14% dans les universités, marquant ainsi une augmentation par rapport à l’année dernière. A l’inverse, la liste de SYRIZA a obtenu un faible score, 2.3% en TEI et 6.9% dans les universités.

     

    Restauration du système bourgeois

     

    Le KKE a depuis longtemps averti le peuple grec que la classe bourgeoise se prépare à restaurer le paysage politique afin de préserver son pouvoir. La raison en est qu’elle ne peut plus gérer un système politique fondé sur l’alternance au pouvoir d’un parti politique bourgeois conservateur (ND) ou social-démocrate (PASOK), comme cela s’est produit depuis 1974, après la chute de la dictature militaire. Le système bourgeois essaye de « se débarrasser » des partis et des personnes qui ont été irrémédiablement discrédités aux yeux du peuple. Dans ces conditions, SYRIZA, qui a un programme social-démocrate, a été mise en avant lors des élections en promouvant des mensonges flagrants, avant et pendant la période pré-électorale, en semant des illusions qu’il peut y avoir un avenir meilleur pour les travailleurs sans entrer en conflit avec les monopoles et les unions impérialistes. C’est pourquoi ils sont placés devant d’énormes responsabilités vis-à-vis du peuple.

     

    Le KKE appelle les travailleurs à se rendre compte que la restauration qui est en train de se réaliser n’a rien à voir avec la satisfaction des besoins actuels de la population. Même le soi-disant « gouvernement de gauche » est un « canot de sauvetage qui prend l’eau » lancé aux travailleurs qui étouffent des impasses du système capitaliste.

     

    Le peuple ne doit pas se laisser prendre au piège par de faux dilemmes

     

    Dans la perspective des élections du 17 juin, les partis bourgeois et l’opportunisme mettent en avant de nouveaux dilemmes trompeurs qui seront utilisés bientôt pour piéger le peuple, affaiblir la résistance des masses populaires et radicales et réduire l’influence électorale du KKE. Le KKE ne cache pas le fait que cette bataille sera très difficile pour les communistes.

     

    Afin de préciser quel type de faux dilemmes sont mis en avant, nous allons examiner certains d’entre eux :

     

    1.Euro ou drachme ?

     

    Un faux dilemme concerne l’accusation de la ND contre SYRIZA dont la politique mènerait le pays à sortir de l’euro, ce qui serait catastrophique pour les travailleurs. D’une autre part, SYRIZA répond que la sortie de la Grèce de l’euro signifierait un coût énorme pour les autres pays de la zone euro et que cela ne se produira jamais.

     

    De fait, en considérant que la crise capitaliste se développe, on ne peut pas exclure, selon les scénarios en cours de discussion, la contraction de la zone euro par l’expulsion de la Grèce et d’autres pays ou la dévaluation interne de l’euro dans notre pays. En ce sens, le chantage de l’Union européenne et du FMI est réel et la réponse ne peut pas être la complaisance que SYRIZA encourage.

     

    Toutefois, il convient de noter que tous les autres partis sauf le KKE, c’est-à-dire la ND, SYRIZA, le PASOK, la DIMAR se battent entre eux pour savoir qui va être en mesure de maintenir le pays dans l’euro et accusent mutuellement leur politique respective de conduire la Grèce à la drachme. Leur objectif consiste à imposer à la conscience du peuple, le faux dilemme « euro ou drachme » pour occulter le fait qu’ils ont la même stratégie puisque tous ces partis sont compromis avec l’UE. Ils demandent au peuple de voter et de se battre sous des drapeaux étrangers à ses propres intérêts, de suivre la fausse ligne « à l’intérieur ou à l’extérieur de l’euro », quand tous les partis – sauf  le KKE – sont en faveur de l’UE et de l’euro. Les travailleurs et le peuple, que ce soit avec l’euro ou la drachme, vivront dans la pauvreté.

     

    Le KKE appelle les travailleurs à ignorer ce dilemme. Ils ne doivent pas accepter le choix de la monnaie avec laquelle ils vont mesurer leur pauvreté, leurs réductions de revenus et de pensions, les taxes, les frais médicaux et d’éducation. Le dilemme « euro ou drachme » est l’autre face de l’intimidation basée sur la faillite incontrôlée, ce qui est déjà une réalité pour une grande majorité du peuple. Ils veulent que le peuple soit pris dans de faux dilemme afin de pouvoir faire du chantage au moment d’impulser des lois anti-populaires, en lui disant de choisir entre des mesures barbares et le retour à la drachme, qu’ils identifient au chaos et la misère. En même temps, en Grèce et à l’étranger, il y a des secteurs de la ploutocratie qui veulent revenir à la drachme. Cela leur permettrait à eux et à la bourgeoisie dans son ensemble de faire plus de profits que dans les conditions actuelles où le pays est maintenu dans l’euro. Le peuple en faillite n’obtiendra pas de prospérité ni avec l’euro ni avec la drachme, tant que les monopoles dirigent la production, le pays reste dans l’UE et la bourgeoisie au pouvoir. La seule réponse au dilemme « euro ou drachme », du point de vue de l’intérêt populaire, est le retrait de l’UE, le pouvoir populaire et l’annulation unilatérale de la dette. Il va sans dire que, dans ce cas-là, le pays aura sa propre monnaie.

     

    2.Solution grecque ou européenne ?

     

    Tout le monde parle d’une solution européenne de la crise en Grèce et se réfère aux négociations avec les institutions de l’UE pour une solution globale au problème de la dette qui inclura également la Grèce. Tous les partis grecs, à l’exception du KKE, ont salué l’élection de Hollande à la présidence française. Ils disent qu’il mettra fin au duo anti-populaire « Merkozy ». En outre, ils parlent des consultations avec l’UE qui concernent des mesures de développement. Ces dernières consisteraient à subventionner des grandes entreprises afin de leur permettre d’investir.

     

    Leur tactique est destinée à cacher le fait que le responsable de la souffrance du peuple n’est pas à Bruxelles mais dans le pays. C’est la bourgeoisie, les employeurs qui ont entre leurs mains les moyens de production, les navires, les bureaux, les services de notre pays. La participation de la Grèce dans l’Union européenne, sur la base des décisions des partis de la ploutocratie, sert leurs intérêts. C’est une provocation de présenter l’UE comme un terrain dans lequel on peut trouver une solution pour le peuple. C’est l’UE avec les gouvernements locaux et le FMI qui ont élaboré les mémorandums. C’est l’UE qui a adopté la stratégie « UE 2020 » et le traité de Maastricht, sources de toutes les mesures contre les travailleurs et les peuples inclus ou non dans les mémorandums. Ils disent au peuple que même la plus petite amélioration des mesures est en lien avec les négociations au sein de l’UE, alors que celle-ci ne vise qu’à assurer aux monopoles une sortie de crise au détriment des peuples. Ils demandent à la victime d’attendre que l’agresseur lui donne la solution à ses problèmes dans le cadre d’une Union européenne submergée de plus en plus dans la crise et de plus en plus réactionnaire, étant donné les rivalités internes et l’antagonisme avec les autres centres impérialistes.

     

    SYRIZA a une grande responsabilité vu qu’elle cherche une renégociation de la stratégie du mémorandum en paralysant le mouvement et le laissant dans l’attente. Supposément, ces négociations couronneraient de succès le « gouvernement de gauche » dont rêve SYRIZA et ses partenaires au sein de l’UE. En même temps, on parle de « cohésion sociale » et de « paix sociale » imposées par un « gouvernement de gauche », cela a pour but de museler les luttes ouvrières et populaires dans une période où celles-ci doivent s’intensifier et se radicaliser en premier lieu contre la ploutocratie nationale et les partis qui sont à son service ou la soutiennent en usant de l’intimidation ou des illusions.

     

    Le KKE révèle au peuple qu’il est nécessaire de compter sur un mouvement ouvrier et populaire en Grèce qui se batte pour la rupture et le renversement des décisions du capital et de l’UE et qu’en même temps il faut mettre en avant la coordination au niveau européen, non avec des négociations, mais avec le renforcement du mouvement ouvrier populaire européen contre l’UE, sur une ligne de rupture.

     

    3.Austérité ou développement ?

     

    Dans une Europe capitaliste plongée dans la crise, les gouvernements tentent de faire du « développement », à savoir la sortie de la crise prônée par le capital de l’UE. En Grèce, les partis en faveur de l’UE s’accusent mutuellement sur la proportion, dans leur offre politique, entre les mesures d’austérité et celles de développement. De cette manière, ils essaient de cacher que la voie du développement capitaliste implique l’austérité dans les conditions d’une concurrence capitaliste forte et de l’accentuation des contradictions inter-impérialistes. Les mesures de « consolidation fiscale » qui sont mises en œuvre dans les pays avec ou sans mémorandum au nom de la création d’un excédent dans le budget de l’Etat et de la nécessité de subventionner le capital servent aussi le développement. Les « changements structurels » en Grèce et dans toute l’UE, également au nom du développement, concernent surtout l’abolition de la sécurité sociale et des droits des travailleurs afin que le travailleur soit moins cher pour le capital.

     

    Les privatisations et la libéralisation des marchés qui offrent de nouveaux domaines de rentabilité pour la ploutocratie ont également pour objectif le développement, en écrasant les petits commerçants et indépendants. Par conséquent, tout est fait pour le développement, qui par sa nature capitaliste ne peut être réalisée que par des mesures anti-populaires, que ce soit des mesures d’austérité ou des « changements structurels » ou les plans de sauvetage des grandes entreprises. Dans la période précédente, les gouvernements bourgeois de la zone euro desserraient ou intensifiaient les mesures dans un sens ou l’autre, en essayant de réguler les antagonismes entre eux et la crise profonde.

     

    Le KKE indique que la solution en faveur du peuple n’est pas dans la gestion de la crise administrée, avec plus ou moins de restrictions, par le personnel politique dans les organes de l’UE. Elle est dans l’organisation de la lutte au niveau national, pour une voie différente de développement qui, avec le pouvoir populaire, le retrait de l’UE et la socialisation des moyens de production, va développer toutes les capacités productives du pays pour le bénéfice du peuple.

     

    4.« Droite » ou « gauche » ? « Mémorandum » ou « anti-mémorandum »?

     

    Ces dilemmes vont prendre d’autres formes, en fonction des événements, avec une nouvelle forme de deux pôles, le centre-droit et le centre-gauche. Ces dilemmes, surtout avec la responsabilité de SYRIZA, ont marginalisé et caché les véritables contradictions en Grèce et en UE. Le dilemme artificiel « mémorandum/anti-mémorandum » est utilisé par la bourgeoisie et les opportunistes pour occulter que le dénominateur commun est la « voie à sens unique de l’UE », c’est-à-dire l’alignement avec la stratégie du capital. Indépendamment des tactiques différentes, ces forces de « gauche » et de « droite », « mémorandum » ou « anti-mémorandum » trompent les travailleurs et les secteurs populaires, quand ils disent qu’il peut y avoir une solution pour les peuples au sein de l’UE. La ND, PASOK, les Grecs indépendants, SYRIZA, la DIMAR et d’autres forces n’ont pas un programme qui rentre en conflit ou au moins remette en question le pouvoir des monopoles. Les termes utilisés par tous, c’est-à-dire « développement », « redistribution de la richesse », « audit de la dette », « solution européenne » cachent les intérêts de classe opposés qui existent tant en Grèce qu’en Union européenne. Tant que la propriété capitaliste des moyens de production est conservée, les secteurs populaires ne prospéreront pas. Le mémorandum est la pointe de l’iceberg de la stratégie de l’UE qui prévoit des mesures contre le peuple dans tous les pays membres. La Grèce, l’Irlande, le Portugal, la Hongrie, la Roumanie ont un contrat d’emprunt, tandis que l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et le Danemark n’en ont pas, ni la Grande-Bretagne qui n’appartient pas à la zone euro. Cependant, l’attaque du capital dans tous ces pays est commune et comprend des réductions de salaires, des relations de travail flexibles, l’augmentation de l’âge de la retraite, la privatisation des services publics, la commercialisation de la santé, l’éducation, la culture, les sports, la paupérisation absolue et relative des travailleurs. Même si nous nous débarrassons du mémorandum en Grèce, sans entrer en conflit avec le capital et son pouvoir, la mise en place des mesures anti-populaires continuera avec plus d’intensité, parce que c’est ce que les orientations stratégiques de l’UE ont fixé et que les partis bourgeois et SYN/SYRIZA ont signé ou soutenu.

     

    La vraie question que le peuple devra répondre et qui se manifestera plus fortement dans la période qui vient est la suivante: la Grèce et les travailleurs seront-ils indépendants et rompront-ils avec les engagements européens ou la Grèce sera-t-elle intégrée à l’Union européenne impérialiste ? Le peuple sera-t-il le propriétaire de la richesse produite ou sera-t-il un esclave dans les usines et les entreprises des capitalistes ? Le peuple sera-t-il organisé et protagoniste des événements ou un mouvement hors d’état de combattre en espérant que l’agresseur résolve les problèmes par le biais d’un de ses représentants ? La position du KKE est claire. Le fait que toutes ses prédictions et évaluations se soient confirmées est une raison de plus pour que le peuple fasse confiance au KKE et lutte à ses côtés.

     

    Dans la prochaine bataille électorale, le ΚΚΕ a besoin que s’exprime la plus large et cohérente solidarité internationale avec notre parti. Les communistes en Grèce ont besoin de sentir à leur côté le soutien, la solidarité prolétarienne et l’esprit de camaraderie des partis communistes et ouvriers et des autres forces anti-impérialistes en vue de cette bataille électorale difficile que nous avons, puisque l’objectif de la bourgeoisie est le déclin de l’influence électorale du KKE. La raison en est sa politique révolutionnaire, ses positions claires en ce qui concerne les organisations impérialistes, la solide base du KKE dans le mouvement ouvrier et populaire, dans les usines, les entreprises, les quartiers populaires des grandes villes. Car ils ne parviennent pas à soumettre le KKE. Les communistes, les amis du KKE, les membres et les amis de la KNE livrent cette bataille de manière organisée et avec détermination, en disant au peuple grec et la classe ouvrière internationale qu’après les élections, nous serons dans les lieux de travail, dans les villes et les campagnes avec les familles ouvrières et populaires, en première ligne de la lutte en relation avec les problèmes du peuple, fidèles à l’engagement historique du parti révolutionnaire et fermes dans la lutte pour le renversement de la barbarie capitaliste, pour le socialisme-communisme.


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