•  

    Sécheresse : "Pour nous, il n'y a que des miettes" 

    Le plan sécheresse de Nicolas Sarkozy laisse les agriculteurs sceptiques. Eleveur bovin dans le Limousin, Daniel ne pense pas pouvoir attendre les aides prévues en septembre pour s'en sortir. Témoignage.

    "Un coup de pouce" jugé insuffisant. Nicolas Sarkozy a dévoilé hier son plan d'aide aux éleveurs victimes de la sécheresse qui sévit depuis des semaines en France. Son projet : décaler d'un an le remboursement des prêts accordés en 2009 lors d'un autre plan sécheresse, tout en laissant l’Etat prendre en charge les intérêts de ces prêts.

    Le chef de l'Etat a par ailleurs annoncé que les éleveurs en difficulté seraient exemptés de la taxe sur le foncier non bâti. Et précisé que l'Etat avait débloqué 200 millions d’euros pour accélérer les indemnisations via le fonds de garantie des calamités agricoles, avec des versements prévus "dès septembre".

    Daniel est sceptique. Cet éleveur de veaux à lait du Limousin, à la tête d’un cheptel de 60 têtes, se retrouve étranglé par les conséquences de la sécheresse. Pour lui, l’urgence consisterait surtout à bloquer le tarif du fourrage, devenu hors de prix pour les éleveurs :

    « Les 200 millions promis par Sarkozy, je ne sais si ça va suffire. A mon avis, tout le monde n’y aura pas droit. Ça peut donner un petit coup de pouce, mais il faudrait faire plus. De toute façon, c’est toujours les copains d’abord et les petits après. Pour nous, il n’y a que des miettes.

    L’urgence, c’est l’alimentation de nos animaux. Dans mon exploitation, n’avons presque plus rien à l’heure actuelle : toutes les prairies sont grillées, comme en Charente. Sur 12 hectares fauchés, j’ai obtenu 80 bottes de foin, contre 400 d’habitude.

    C’est la première fois que je vois une situation pareille. Même en 1976, les prés n’étaient pas aussi brûlés.

    Mes bêtes mangent le peu d’herbe qu’il reste, et je leur donne de la paille sur les stocks de l’année dernière. Ils sont quasiment épuisés, je les termine cette semaine. Après, j’attaque les stocks de 2011. Je peux encore tenir deux ou trois mois, pas plus.

    Il faut que les céréaliers nous aident, qu’ils ne vendent plus la paille à des tarifs aussi élevés, eux qui touchent plus d’aides que nous. Aujourd’hui, c'est 230 euros la tonne de foin contre 80 d'habitude et 200 euros la tonne de paille (contre 25 euros habituellement, ndlr). Et ça n’est pas un camion de 30 tonnes qui va suffire à passer l’hiver ! Je pense qu’il faut bloquer le prix des fourrages, mais aussi des grains, des granulés, sans quoi on ne peut pas nourrir nos animaux. Tout le monde devrait avoir le droit de gagner sa vie correctement. »

    propos recueillis par Laura Thouny

     

    votre commentaire
  • Publié le par Patrick Le Hyaric

    En participant jeudi dernier à une assemblée d’agriculteurs, organisée par la FDSEA, j’ai pu mesurer à la fois la détresse dans laquelle sont plongés les petits paysans et leur recherche d’une autre voie pour un autre système agricole afin qu’ils puissent vivre de leur travail.

    La sécheresse qu’ils subissent ajoute de la crise à la crise économique et sociale qui leur apporte chaque jour son lot de difficultés, de souffrances, d’incertitudes face à l’avenir. Au cours de cette assemblée, beaucoup étaient à la recherche d’une simple lueur d’espoir, d’une voie pour s’en sortir.

    Il n’y aura pas d’issue si on ne bouscule par l’ordre existant de l’Europe ultralibérale et de l’Organisation mondiale du commerce qui n’a que faire des êtres humains. Il n’est d’issue que dans l’action collective pour empêcher une nouvelle réforme négative de la Politique agricole commune. Il n’y a pas d’issue durable sans définition de prix de base par production et sans mettre fin à ce libre-échangisme intégral, meurtrier pour le travail en Europe comme en Amérique latine ou en Asie. Les agriculteurs, comme la population rurale, doivent se faire entendre au moment où le Parlement discute d’un rapport préparatoire à la réforme de la PAC extrêmement négatif.

    Cela apparaît comme difficile. Mais il n’y a pas d’autre voie.

    Les éleveurs et agriculteurs du Massif Central et d’ailleurs doivent se faire entendre plus fort.

    Dans l’immédiat, la mobilisation générale doit être déclenchée face aux drames humains qui se nouent dans les campagnes avec la sécheresse. La solidarité entre céréaliers et éleveurs doit jouer à plein. Il est de la responsabilité du pouvoir de réunir agriculteurs, marchands d’aliments de bétail, banques, centrales d’achat pour définir des actions immédiates d’aide. Ainsi, les agriculteurs ne doivent pas avoir à rembourser leur emprunt au moins durant un an. Le paiement des cotisations sociales doit être reporté. Les dispositifs contre la spéculation sur la paille, les fourrages, les aliments, un fonds national de garanties contre les calamités agricoles doivent être réactivés et dotés des moyens financiers à la hauteur des besoins. Il faut aussi arrêter de transformer les céréales en bioéthanol pour les conserver pour l’alimentation animale.

    L’Union européenne a, une nouvelle fois, l’occasion de montrer qu’elle protège ses travailleurs et ses activités en dégageant des moyens financiers indispensables au maintien des exploitations. Il y a urgence en effet à empêcher la « décapitalisation » des exploitations agricoles. C’est-à-dire la vente d’une partie du cheptel pour faire face aux échéances. Laisser faire reviendrait à laisser affaiblir notre potentiel de production avec de lourdes conséquences pour l’avenir.

    J’ai vu dans les yeux de ces agriculteurs de l’Allier à la fois la rage de l’injustice et le désespoir, la compétence et la connaissance des enjeux européens et nationaux, le souci de l’avenir de la société toute entière.

    Ils attendent de la politique qu’elle améliore leur sort, comme celui de toutes et tous. Ce n’est pas hors de portée. Un mouvement de tous les « indignés » se lève en ce moment dans toute l’Europe. Nous en sommes.


    votre commentaire
  • Lactalis : Ces contrats laitiers qui asservissent les paysans

    Le 1er juin, Lactalis, géant de l’industrie laitière, assigne au tribunal un paysan qui a osé s’opposer à l’entreprise. La domination des industriels du lait sur toute la filière risque encore de s’aggraver avec la signature obligatoire de « contrats » entre producteurs et industriels. Des contrats iniques, avec des clauses anti-grève, et qui entraînent une dépendance totale des agriculteurs. De véritables « contrats de servage », dénoncés par les syndicats et critiqués par le ministre de l’Agriculture. Enquête.



    57 jours de mobilisations laitières en 2009. Une grève que le géant Lactalis, 3e groupe laitier mondial, n’a pas apprécié. Le 1er juin, la Confédération Paysanne de la Loire et son ancien secrétaire général, Philippe Marquet, comparaîtront devant le Tribunal de Saint-Étienne. Motif ? « Au plus fort du mouvement de la grève du lait, le 17 août 2009, nous avions bloqué l’entrée du site de l’usine Lactalis, à Andrézieux-Bouthéon dans la Loire, et empêché la première équipe des salariés d’entrer le matin », se souvient Philippe. À l’époque, de gigantesques opérations d’épandage de lait se multiplient, en France et en Europe, pour dénoncer l’effondrement du prix du lait. Lactalis, qui collecte 22% du lait produit en France, est une des cibles privilégiées de la contestation.

    Deux ans après ce mouvement, la situation n’a guère changé. « Avec plus d’un suicide de producteur par jour, souligne Blandine Devret-Odouard, porte-parole de la Confédération paysanne de la Loire, comment peut-on dire que la profession va mieux ? » Le producteur continue d’être payé aux alentours de 32 centimes le litre de lait, pour un coût de production d’environ 40 centimes. La filière laitière demeure pourtant rentable pour quelques-uns : le propriétaire de Lactalis, Emmanuel Besnier, possède la 16ème fortune de France, estimée à 2,2 milliards d’euros en 2009. Elle a augmenté de 13% en 2010. Propriétaire d’une quarantaine de marques, comme les fromages Président ou Roquefort Société, le lait Lactel, les crèmes Bridélice et le beurre Bridel, Lactalis pèse de tout son poids sur le secteur laitier.

    « Un contrat de servage »

    Cette situation inégalitaire risque de se renforcer. La fin des quotas laitiers en 2015, sous l’impulsion de la Commission européenne, accélère la libéralisation de la filière. Résultat ? Une disparition programmée des exploitations. « La concentration des élevages a fait disparaître 50.000 fermes laitières depuis 1995, sans permettre l’amélioration du revenu de ceux qui sont restés », rappelle la Confédération Paysanne. En remplacement des quotas : la « contractualisation ». Un système validé par le Loi de modernisation agricole en 2010, sous l’impulsion du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire.

    Un premier décret d’application oblige l’industrie laitière – coopérative et privée – à proposer un contrat aux paysans dont elle collecte le lait, avant le 1er avril 2011, sous peine d’une forte amende. Le 28 mars dernier, des milliers d’éleveurs reçoivent la proposition de contrat de Lactalis. Objectif affiché ? Contribuer à la sécurisation des revenus des paysans. En réalité, « un contrat de servage » affirme Philippe Marquet.

    Privatiser les fermes

    Lactalis assure s’être efforcé de préserver un équilibre « entre les droits et les obligations de chacun des cocontractants dans un contexte de marchés concurrentiel ». Pour les Jeunes Agriculteurs de Basse-Normandie, on en est loin : « Il apparaît que l’entreprise ne propose ni plus ni moins qu’un contrat à sens unique en sa faveur sans aucune contrepartie pour l’éleveur. » La proposition interdit notamment au producteur de « céder » son contrat à un jeune agriculteur qui s’installe sans accord explicite de l’acheteur.

    En résumé, « un jeune qui s’installe pourrait très bien ne pas être collecté si l’entreprise le décide », dénoncent les Jeunes Agriculteurs. C’est « une privatisation totale de l’installation ».

    Les agriculteurs bientôt salariés de l’agro-industrie

    Un « contrat équilibré » selon Lactalis ? On relève pourtant beaucoup d’unilatéralisme : Lactalis décide, par exemple, des moments où il acceptera du lait supplémentaire, en fonction de ses besoins commerciaux, se réservant en cas contraire la possibilité de pénaliser le producteur.

    Les syndicats évoquent une contractualisation ressemblant à une « intégration » des paysans. Ceux-ci seraient voués à devenir des salariés mal payés de l’agro-industrie. « L’entreprise ou la coopérative avec laquelle vous signeriez un tel contrat prendrait la maîtrise des éléments stratégiques de votre exploitation : la collecte du lait, si elle veut, quand elle veut, en fonction de ses besoins, mais aussi les approvisionnements comme les aliments... », alerte la Confédération Paysanne de la Loire. La clause « d’exclusivité des livraisons », via le tank à lait fourni par l’entreprise, traduit bien la situation de dépendance avec l’entreprise.

    Même le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, à l’origine du système de contractualisation, reconnaît que « les contrats ne doivent pas être un instrument d’asservissement » et appelle les industriels à revoir leur copie.

    Une clause « anti-grève »

    La grève du lait de 2009 n’a visiblement pas plu aux industriels, et en particulier à Lactalis qui impose aux producteurs une livraison régulière et sans interruption.

    « Au vu des motifs de rupture de contrat anticipée, ce contrat se transforme en outil de répression syndicale », dénonce Patrick Besnard de la Confédération Paysanne Bretagne. Les blocages de sites ou de camions font également l’objet d’une clause dans le contrat proposé.

    Difficile de ne pas établir de lien avec l’assignation « à titre personnel » de Philippe Marquet par Lactalis pour son action de blocage. « Cette assignation est une atteinte directe au syndicalisme, dont les formes de lutte sont fondamentalement collectives et non individuelles », souligne la Confédération paysanne Rhône-Alpes. Avec l’arrivée des contrats individuels, les procès de ce type pourraient se multiplier dans les années à venir, laissant le producteur laitier seul face à sa coopérative.

    David contre Goliath

    « Pour faire signer des contrats, les industriels vont voir paysan après paysan, dénonce Laurent Pinatel, de la Confédération paysanne de la Loire. Ils profitent de la solitude dans les campagnes et du moindre niveau d’information. » Un décret créant « des organisations de producteurs », permettant aux paysans de mieux se défendre en négociant collectivement avec l’industrie laitière, n’est prévu que pour la fin de l’année 2011. Résultat : les syndicats appellent à ne rien signer pour l’instant. Et s’organisent.

    « Lactalis veut des contrats individuels, nous, nous voulons des contrats collectifs pour éviter que le paysan se retrouve broyé par un mastodonte », explique Philippe Marquet. Aux côtés de l’Association des producteurs laitiers indépendants (APLI) et de la Coordination rurale, la Confédération paysanne travaille actuellement sur un contrat-type plus favorable au producteur et qui pourrait être présenté en juin.

    Rester debout

    À la veille du procès contre Lactalis, Philippe Marquet reste confiant. Il sait que ce sera dur. Lactalis a décidé de l’assigner au civil, et non au pénal – où le fond aurait été traité –, pour ne pas prendre de risque. Dans un procès pénal, « le système d’exploitation des paysans par Lactalis aurait été démontré et analysé ». Quelle que soit l’issue de ce procès, Philippe assure qu’il restera « debout », face à des acteurs de la filière laitière qui multiplient les procédures pour mieux bâillonner les producteurs. Des centaines d’élus ont signé la pétition de soutien et seront présents à une journée d’action le 1er juin à Saint-Étienne. « Ce procès ne concerne pas que les paysans, rappelle la Confédération paysanne. Et ceux-ci ont besoin du soutien de la société civile. »

    Sophie Chapelle

    http://www.bastamag.net/article1577.html


    votre commentaire
  • Le congrès de FDSEA 03 dont l'invité dans le débat sur la PAC était le député européen Patrick LE YARICK a d'une part connu une forte affluence au vu de la crise actuelle , les débats ont été vifs et constructifs, j'en retire que les paysans ne sont pas près à s'en laisser compter ni par les banques ni parle pouvoir en place si la température ambiante est chaude , la pempérature sociale en agriculture risque de monter à des sommets cette été et cette fin d'année ; voici le rapport moral que j'ai présenté au congrès cette année et qui a été voté à l'unanimité : 

    Notre congrès se tient cette année , en une période des plus difficiles , nous vivons une crise structurelle , qui ressemble en bien des points à celle des années 30 ,à la différence qu'à cette époque la paysannerie vivait encore beaucoup en autarcie , même si le joug des grands propriétaires était à bien des égards devenu insoutenable , aujourd'hui l'agriculture est intégrée dans une économie ultra libérale ,interdépendante à outrance des macro économies dont l'agro-alimentaire qui vit au rythme des bourse planétaires.
    Nous sommes devant une crise aux conséquences encore inconnues , mais de toute façon extrêmement graves , aucune des grandes productions n'est épargnée , et c'est tout le monde rural qui souffre , au final c'est le peuple dans son ensemble qui ramasse à la serpillière l'inconséquence du système bancaire mondial.
    La FDSEA n'a jamais ménagé ses forces pour avertir de la catastrophe , souvenez vous de 1991 et de notre bataille très dure contre la PAC qui transformait profondément notre métier , certes en nous assistant mais d'abord en nous aliénant à une politique d'assistanat aujourd'hui , les ravages tant humains qu'environnementaux sont catastrophiques .
    Mais , souvenez vous aussi de cette bataille contre les négociations du GATT , nous savions que cela revenait à banaliser les productions agricoles , en les lâchant dans les griffes des spéculateurs , cela a donné naissance à l'OMC qui accolée au FMI détruisent des régions entières du globe ; nous mesurons à quel point nous avions tort d'avoir raison trop tôt et nous en voyons les dégâts tous les jours .
     
     
    Voici une courbe qui image on ne peut mieux mon propos , elle émane de la FAO , si l'on est honnête , on mesure au premier coup d'œil l'immense scandale de ce début de siècle , derrière elle , se cache la douloureuse crise alimentaire qui entraine la mort de millions d'enfants , mais pas seulement et tout cela au nom du profit d'une poignée de chacals immondes …..
     
    Les pouvoirs se disent enchainés par ces accords et au nom de ces accords mène une politique aberrante , mais qui a signé cette adhésion à l'OMC , il n'est pas trop tard pour en sortir , qui aura le courage de dire cela suffit , les denrées alimentaires n'ont rien à voir avec une quelconque marchandise , il faut avoir le courage politique d'en sortir car , on peut promettre toutes les reformes que l'on veut , sans sortir de l'OMC ce n'est que du blabla. La mondialisation ultra libérale continue son œuvre destructrice en toute impunité , n'y voyez pas une entité intemporel ou impersonnelle , ce qu'on appelle mondialisation ultra libérale , reste une organisation politique mondiale voulue par les gouvernements nationaux qui faute de courage ont mis genoux à terre devant l'économie , voilà pourquoi aujourd'hui nous sommes devant cette situation rocambolesque où les marchés décident de tout , le politique n'agissant qu'à la marge .
     
     
    (L'écart entre les prix à la production et les prix de l'agro alimentaire ce coup ci en France, sans commentaire )( source chambre d'agriculture de Haute Marne)
     
    Certains me diront que tout cela est hors de propos , pourtant c'est au cœur même de notre cauchemar ,oui, les raisonnances de cette organisation mondiale se retrouvent tous les jours dans nos exploitations , que ce soit dans l'achat d'engrais dont les prix flambent , ou des tourteaux , des aliments du bétail dont les cours s'envolent au grès des cours de la bourse de Chicago , ou encore dans les cours volatiles des céréales , l'effondrement des prix de la viande , du porc , des moutons , du lait ,ect, plus rien n'est prévisible à long terme ; oui mes amis , là ou le politique ne fait pas son travail c'est au syndicat d'appuyer là ou çà fait mal et de dénoncer les dérives qui pour nous sont dramatiques .
    Et c'est bien là ou je veux en venir , en effet trop de structures et notamment au niveau national confondent syndicalisme et corporatisme , c'est vrai aussi dans les chambres d'agriculture qui , elles , pratiquent le corporatisme à longueur de journée , cela évite de parler des problèmes de fond, ce n'était pas pour rien si le régime de Vichy l'avait institué en mode de gouvernance et qu'aujourd'hui des relents empoisonnent journellement la vie politique française .
     
    Le syndicalisme est une tout autre organisation et notamment à la FDSEA 03 ou pour nous , compte d'abord et avant tout la défense des Hommes , le syndicalisme fédère les énergies pour dégager des revendications capables d'assurer l'avenir d'un secteur , d'un métier , d'une société ,et là , est toute la différence , j'insiste maintenant car on sent monter dans notre société des thèses nauséabondes qui rappellent des périodes de notre histoire que l'on croyait appartenir au passé ,même dans notre métier , c'est notamment la culture de l'individualisme à outrance , en agriculture cet individualisme a été enfanté par la PAC qui a transformé ou tenté de transformer les paysans en dossiers individuels ou toute solidarité est battue en brèche systématiquement , récemment lors d'un rassemblement pour accompagner l'un des nôtre lors d'un contrôle a déclenché une lettre de la préfecture qui apporte la preuve flagrante de ce que j'avance , il faut tuer dans l'œuf toute forme de solidarité comme si ce danger risquait de compromettre l'avenir de l'humanité et surtout l'avenir de la sphère financière , pourtant jamais les Hommes n'ont eu autant besoin de solidarité entres eux et notre métier en premier lieu , cette année ou le climat vient en rajouter à notre détresse.
     
    Je vous ai parlé de corporatisme , nous en avons un exemple concret en Allier avec cette fameuse FNSEA 03 hormis le sigle qui pousse l'illusion jusqu'à copier notre nom et bien sur , recevoir la bénédiction de la FNSEA ; comprenez bien que ces gens qui ne représentent rien en terme d'adhésion pour un syndicat qui se dit le seul de l'Allier emprunte les voies tortueuse du corporatisme basique car il ne défend pas les hommes , ni le métier il défend une corporation orientée et conservatrice , j'ai eu à m'en expliquer avec celui qui leur sert de président , j'ai vu à qui j'avais à faire ,ils n'ont même pas le courage de leur opinion politique , pourtant ils défendent corps et âmes le libéralisme débridé ou le voisin avant d'être un collègue ,un ami est d'abord un réservoir d'HA , là aussi hélas je peux en témoigner la main sur le cœur, mes amis ne laissons personne s'égarer par ces chants de sirènes dont on a vu que le seul fait d'émettre des réserves par Bruno Vif lors de la visite du locataire de l'Élysée en Montagne Bourbonnaise à valu à notre président les foudres des « patrons » de l'agriculture industrielle dans l'Allier quand à moi j'avais les gendarmes aux fesses : pas de chance pour eux je n'étais pas dans le département , si j'écris cela c'est pour bien faire comprendre dans quel régime nos vivons et qui sont les gens que nous avons en face de nous : cela ne peut plus durer .
     
    Michel Bernard et Emile Guillaumin ont eu des ennemis terribles lors de la création de la Fédération nous retrouvons les mêmes et pour défendre la même chose :le gain ,l'appât du gain , le pouvoir , sans se préoccuper du quotidien des paysans en un mot il défendent leur corporatisme !….....
     
    Le quotidien des paysans , parlons en :
    Cette année encore plus qu'une autre , c'est d'une part la crise économique , qui assomme en particuliers les éleveur , couplée en cela avec une sécheresse aux effets terribles le dire n'est rien , le vivre est autre paire de manches , car cette fois ci c'est toute la France qui est concernée ; nous pouvons nous demander légitimement , :que mangeront nos animaux cette hiver si le ciel ne se décide pas à changer de couleur !
     
     
    voici ce qui a été relevé jusqu'en avril en France qu'en au niveau des nappes phréatiques , l'ampleur est national déjà en avril, l'état devait prendre des mesures pourquoi ne l'a t'il pas fait?
     
    Nous avons eu le mois d'avril l'un des plus chaud depuis un siècle , les incidents climatiques depuis 1976 se rapprochent de façon alarmante ,nous vivons des chocs climatiques inexpliqués , je rappelle que l'an passé sur notamment l'Est du département nous ne pouvions pas rentrer dans les terres , les tracteurs embourbaient y compris pendant les récoltes de céréales au mois d'aout.
     
    Je veux bien entendre qu'il ne se passe rien au niveau climatique reste que sur nos exploitations nous sommes aux premières loges pour constater ces phénomènes climatiques ; il faudra bien un jour mettre tous les pays autour d'une table et parler sérieusement de cela sans parler « de la pollution des vaches » , il me semble que d'autres industries autrement dangereuses dont nous abreuve l'actualité , sont terriblement plus destructives , et le dieu pétrole doit de toute façon être remis en cause , encore faut t'il en avoir le courage ,, il est vrai que le lobbies pétrolier est à l'origine de toutes les guerres depuis plusieurs décennies , n'empêche qu'il faudra remettre en cause ce moyen de traction et les moyens existent , la nature n'attendra pas longtemps comme çà , tant pis si les fortunes en souffrent!
     
    N'empêche que les trésoreries sont à sec dès maintenant , et comment sans décapitaliser , acheter le fourrage nécessaire et encore à condition de le trouver .
     
    Des dispositions bien plus drastiques doivent être prise sans délais , l'interdiction absolue de spéculer sur toutes les marchandises vouée à l'alimentation animale , un prix plafond doit être décider et tenu , c'est contraignant , mais le plus contraignant est bien ce qu'endure actuellement les éleveurs , comment accepter aussi de voir des pailles broyées alors que des animaux auront faim , nous comptons sur le service de protection des animaux pour dépenser autant de zèle à interdire le broyage des pailles qu'il en dépense chez les éleveurs en difficultés ou les animaux comptent plus que les êtres humains , mais je pense que l'état doit comprendre et ce sans délais qu'il faut des aides directes et conséquentes afin d'éviter l'hécatombe en fin d'année , car ce coup ci si l'état ne prend pas ses responsabilités c'est un éleveur sur deux qui seront sur la paille et ce n'est pas de la science fiction c'est la triste réalité qui nous attend …..
     
    Il est un moyen simple pour trouver de l'argent , l'agro alimentaire depuis des décennies fait des profits sur notre dos , les banques , assurances , intermédiaires de tout poil , centrales d'achat , grandes enseignes , que tous ces gens mettent la main à la poche ,n'ayons aucun scrupule là dedans se trouve les plus grandes fortunes de France
     
    Voyez vous , je ne brosse pas un réjouissant tableau , mais quand l'économie décide de tout , il n'est pas surprenant que les revendications de bon sens ne trouvent pas d'échos , pire , apparaissent comme utopiques .
     
    Si les banques continuent leur manège «  à qui gagnera le plus » les peuples seront tous perdant , et la faim va non seulement gagner du terrain dans les pays pauvres mais , même chez nous les gens ne pourront pas s'acheter de quoi se nourrir correctement , la pub avec je ne sais combien de fruits ou légumes par jour n'est que pure provocation , car la spéculation fait son œuvre à l'autre bout de la chaine : tous les prétextes sont bon pour faire du fric sur le dos du monde du travail , le français moyen en pleine ville serait bien en peine d'acheter de quoi réaliser des repas équilibrés .
     
    Venons en à la vie des paysans eux même , jusqu'en 2007 chaque paysan a cru encore à un avenir meilleur par des artifices soit techniques soit structurels , mais nous constatons que depuis près de cinq ans plus çà avance et plus les paysans ne croient à la politique actuelle basée essentiellement sur des aides publique sensées compenser la baisses des prix , aujourd'hui nous pouvons dire que les paysans n'ont plus le moral , ils se sentent incompris , délaissés , ignorés , stigmatisés, le pouvoir actuel, les politiques ne prennent pas la mesure de la catastrophe et encore moins de l'angoisse qui étreint chaque paysan, chaque jour je suis amené à discuter avec des amis , des voisins , des collègues , partout c'est le même discours , certains pensent même à jeter l'éponge, c'est grave , c'est la première fois que j'entends régulièrement ce ras le bol récurant , ne nous étonnons pas du nombre énorme de suicides en Allier et en France , il faut l'avouer , des voix comme la nôtre deviennent inaudibles dans ce tintamarre politico-médiatiques , l'explosion du nombre de syndicats n'arrange rien , on dirait que tout est fait pour décourager les paysans . Pourtant il faut nous battre pour faire encore entendre plus fort notre voix , que chaque paysan sache que la FDSEA ne vit pas pour elle ; mais pour aider , soutenir et défendre chaque paysan tout en tentant de fédérer les énergies et ainsi changer la donne .
     
    Oui , changer la donne , car 2012 c'est déjà engagé et la nouvelle PAC qui nous attend doit tourner le dos à tout ce que nous avons connu en tout cas c'est notre exigence , car franchement attendre sur des aides , subir cette armada de contrôles , crouler sous la paperasse et voir sans cesse nos prix s'effondrer , cela à assez durer ; la France doit affirmer son identité paysanne , reconstruire son circuit de distribution ,et avant tout sortir de l'OMC . La grande distribution dicte la conduite de nos exploitations , sans changer cette situation rien dans nos vies ne changera et l'hémorragie va continuer , il y a besoin de reprendre en main toutes les filières et avec les consommateurs imposer un autre ordre , ou ce sont les Hommes qui seront au centre de toutes préoccupations et non les banques , car le monde rural , ne tiendra pas longtemps ainsi, certes les plaines sont exploitées mais ne sont plus cultivées , je pèse le poids des mots.
     
    L' Allier a encore la chance d'avoir un tissus rural certes en mauvais état , mais encore là , nous devons faire l'impossible pour inverser la tendance , ce ne sont ni des voyages , ni des discours que nous voulons mais des actes politiques capables de tourner le dos à tout ce que nous avons connu ; de toute façon l'histoire nous donnera raison ,que les politiques pour une fois travaillent sans écouter les financiers , de Gaulle avait bien dit « la politique ne se fait pas autour de la corbeille » , nous , nous ne voulons plus de la bourse de Chicago et autres voyous en col blanc , nous voulons vivre et faire vivre nos familles de notre métier avec des prix rémunérateurs et fournir de la nourriture de qualité et en quantité accessible à toutes et à tous .
    Pas plus que nous laisseront nos anciens vivoter avec des retraites de misère alors qu'ils ont fait de la France un jardin admiré , et ce au lendemain d'une guerre qui avait laissé le pays exsangue , c'est la pire des insulte , des insolences qui leur est faites ne laissons le vieux paysans avec des ressources au dessous du seuil de pauvreté pendant que d'autres gagnent le SMIC toutes les trente secondes , il y a matière à révolte dans un pays qui se dit le berceau des droits de l'homme .
    Un mot pour finir , et remercier par qui passe notre voix , le journal par qui passent nos informations et nos déclarations , : le Bourbonnais Rural qui reste le dernier journal rural indépendant de tout groupe financier que son equipe en soit remercier , comme soit remercier du plus profond du cœur notre collaboratrice Dominique Aucante qui fait beaucoup pour le syndicalisme , sans pour autant apparaitre sur le devant de la scène , merci Dominique pour ta disponibilité, ta discrétion ,ton efficacité ,ta gentillesse.
    La FDSEA 03 se battra pour ne laisser personne sur le bord du chemin et continuera comme par le passé à mobiliser , à fédérer autour d'elle afin que la résistance fasse reculer ce libéralisme dévastateur , nous le ferons ensemble avec les syndicatsdes autres départements et des syndicats ouvriers , car maintenant c'est tous ensemble que pourrons reconstruire quelque chose de neuf , quelque chose d'efficace , d'utile pour les peuples , quelque chose d'HUMAIN .
     

    votre commentaire
  • André Chassaigne, député communiste du Puy de Dôme, est intervenu à l'Assemblée nationale pour évoquer les difficultés de l'agriculture confrontée à la sécheresse et plus largement à l'ensemble des calamités agricoles.

    La réponse de la ministre de l'écologie en l'absence du ministre de l'agriculture éclaire les choix gouvernementaux soutenus par les organisations professionnelles à sa solde, FNSEA en tête. La sécheresse est d'abord un aléas climatique ; au même titre qu'un excès d'humidité elle remet en cause la marche normale des exploitations agricoles, quelle qu'en soit la production. Certaines sont plus touchées, mais toutes sont impactées.

    Mais la sécheresse fonctionne aussi comme le formidable révélateur de la crise agricole ; elle démultiplie les effet de la crise qui depuis des années frappe l'agriculture paysanne. Dans le même temps elle pousse les feux d'une réorientation vers l'agroindustrie de production qui fait suite à l'industrialisation des activités intermédiaires de transformation et de distribution du secteur agroalimentaire. Si on trouve de la salade en sachet sour atmosphère protectrice, ce n'est pas le besoin de l'alimentation humaine qui l'exige, mais bien plus l'exigence de profit capitaliste qui va faire payer dix fois au consommateur le prix de vente étriqué du producteur.

    L'extrême fragilité de l'agriculture paysanne engendrée par ces processus la met en péril dès le premier caprice climatique ou sanitaire.

    Dans sa question comme dans la réponse de la ministre, André Chassaigne évoque l'assurance récolte. Cette calamité financière nuit gravement à l'agriculture. Elle est la créature du capital, elle aussi. dire que les producteurs de "grandes cultures" et les viticulteurs (pour une part)  en sont les promoteurs suffit à en expliquer l'existence et à en prouver l'inefficacité pour la protection paysanne.

    La logique du tout assurance, les doigt du pianiste ou les cordes vocales du ténor... et pourquoi pas le Quotient Intellectuel du futur rejeton présidentiel ! Cette frénésie précautionneuse nie la reconnaissance du risque inhérent à toute activité naturelle ou humaine.

    Cette démarche relève de la logique du casino et de toutes les loteries, celle de la mutualisation de l'apport et de l'accaparement du gain. Elle n'a rien à voir avec la démarche intelligente de protection collective contre les risques qui fait appel à une couverture solidaire de la nation. La démarche "assurance récolte" est du même tonneau que celle qui pousse les producteurs à spéculer sur leur propre production en boursicotant leur récoltes futures.

    Il faut être bien bête pour constater aujourd'hui que l'assurance récolte n'est souscrite que par une part infime de producteurs ! Si une part infime n'y souscrit pas par conviction, beaucoup n'y recourent pas faute de moyens. Mais le doigt mis dans cet engrenage encourage une accentuation du désengagement de l'Etat ; service du capital oblige, le subventionnement par l'Etat de l'assurance agricole est d'abord un apport de capital à l'assureur avant d'être un soutien à l'assuré !

    Les solutions axées sur les reports d'échéances sociamles ou bancaires ou l'obtention de prêts relais à court terme sont autant d'insultes à la réalité des situations qui peuvent être observées dans les campagnes touchées par les calamités agricoles. Aujourd'hui l'urgence du soutien est vitale ; mais la transformation radicale des politiques agricoles pour garantir l'existence d'une agriculture respectueuse des hommes et des espaces naturels est tout aussi urgente à mettre en chantier.

    C'est bien d'une refonte en profondeur des politiques agricoles nationales et européennes dont notre pays et nos populations ont besoin, plus qu'une réforme, une véritable révolution qui remette la finance et les financiers au service de l'activité des hommes, de professionnels de l'agriculture comme de tous les autres.

    C'est bien une dimension révolutionnaire du changement qui s'impose puisqu'il s'agit, ni plus , ni moins de faire des maîtres d'aujourd'hui les valets de demain et des valets d'aujourd'hui les maîtres de demain.  

    Et dans l'instant, si on se souvient des mesures d'exception de la libération en 45 avec les nationalisations, ne peut-on pas oser aujourd'hui quelques réquisitions plutôt que de négocier des prix qui vont sauver les gros et euthanasier les petits.

    Et dans l'instant, si on se souvient des mesures d'exception du sauvetage des banques à grand renfort de milliards d'argent public, ne peut-on pas oser une action de l'Etat pour sauver le soldat Bounhoume ?  

      

    votre commentaire
  • Une nouvelle feuille de route agricole pour l'Europe

     

    L'agriculture est la base historique des sociétés humaines, de leur diversité. Elle a assuré à l'humanité ses possibilités d'évolutions et d'échanges. Pourtant à l'échelle mondialecomme au niveau national, l'agriculture est aujourd'hui en crise, minée par le capitalisme.Alors que l'agriculture a la capacité de nourrir le monde, plus d'une personne sur septsouffre de la faim. En France et en Europe, le productivisme et la libre concurrence ontdévasté nos campagnes.Spéculation, accaparement des terres, dumping, il est temps de tourner le dos à cegâchis. L'agriculture doit être extirpée du carcan des règles de l'Organisation Mondiale duCommerce, des plans d'ajustements structurels du Fond Monétaire International et de sespolitiques qui affament, de l'orientation libérale de l'Union Européenne. La Frances'honorerait de porter l'ambition de faire de l'agriculture un bien commun del'humanité.En Europe, pour « rester compétitif », c'est réformes après réformes que la préférencecommunautaire à été sacrifiée, la régulation des prix et des marchés abandonnée.Crises après crises la Politique Agricole Commune (PAC) a favorisée l'élimination desexploitations familiales, tout en favorisant la concentration des outils de production au plusgrand bénéfice de la grande distribution et aux dépens de la santé publique et duconsommateur. Quand aux exploitations qui subsistent elles peinent à défendre leursrevenus, au détriment de la qualité de travail et de la vie des familles...

    Avec la nouvelle Politique Agricole Commune 2014 – 2020 en cours de définition,nous sommes à un tournant de l'histoire.

    Soit l'Europe abandonne notre alimentation aux grands groupes de l'agroalimentaire, soit nous parvenons à exiger une politique publique forte alternative au capitalisme.Aujourd'hui à travers l'ouverture des frontières et la dérégulation des marchés, c'est versune agriculture duale que veut nous amener la Commission Européenne, au terme d'unaccord entre les libéraux les plus ardents et les environnementalistes zélés : aux régionsriches le rôle de produire au sein de grandes unités de production et aux régionsdéfavorisées le rôle d'abriter une agriculture « de qualité » et de petits paysans, jardiniersde la nature... Cette voie n'est pas acceptable.En France, les revenus agricoles se sont effondrés, éliminant sans cesse les plus fragiles,des filières entières sont menacées par la concurrence, le renouvellement des générationsest compromis, des écosystèmes parfois endommagés à jamais...

    L'Europe a besoin d'une nouvelle feuille de route agricole et alimentaire à l'horizon 2050.

    La Gauche doit être audacieuse sur ce champ de la Politique Agricole Commune, courageuse face aux seules prétendues réalités du marché. Face à l'urgence de la crise,des mesures immédiates doivent être prises : Engager les pouvoirs publics à protéger les prix agricoles plutôt que decontractualiser sur des marchés à terme. Mettre en place des prix garantisrémunérateurs. Application de la préférence communautaire et suspension des accords bilatérauxde libre échange négociés par l'Union Européenne. Affirmation de la souveraineté alimentaire par la constitution de stocks européensde sécurité.L'agriculture va être déterminante du projet de société pour les générations futures. Parminos propositions, quatre engagements forts :Produire suffisamment une alimentation saine et accessible. Face au défi alimentaire, laproduction agricole doit être soutenue par de nouvelles politiques publiques.L'indépendance alimentaire doit être garantie. La relocalisation des productions doitprivilégier la satisfaction des besoins humains. Une alimentation de qualité, nutritive etgustative doit être accessible à tous.Vivre dignement de son travail. Des paysans justement rémunérés sont la conditiond'installation de jeunes. Cette exigence vaut pour les salariés de l'agroalimentaire. Celapasse par des prix rémunérateurs garantis, la planification de la production et la régulationdes marchés, la production et la répartition des terres agricoles, le soutien public auxexploitations et filières les plus fragiles. La redistribution de la valeur ajoutée au bénéficedes producteurs est essentielle.Initier un nouveau mode de développement écologique de l'agriculture. A la culpabilisationd'un secteur empêtré dans le productivisme, nous proposons d'en sortir par le haut. Lapromotion de bonnes pratiques agronomiques, aptes à maintenir durablement lesrendements, diversifier les productions, réussir la complémentarité entre cultures etélevages et des exploitations plus autonomes agro-économiquement seront encouragées.La recherche agronomique doit être dédiée à la conquête de ce nouveau développement.Promouvoir un aménagement équilibré des territoires. Les paysans font bien plus queproduire de la nourriture. Ils sont les acteurs majeurs économiques, sociaux, des espacesruraux européens. Ces services d'aménagements des territoires, doivent être reconnus,soutenus de manière à garantir de bonnes pratiques environnementales et le respect desécosystèmes et encouragés par une politique de maintien de services publics.En France, en Europe, notre détermination à construire une nouvelle ambition agricole etalimentaire est à la hauteur de nos convictions que le capitalisme ne se moralise pas, il secombat.

    Xavier Compain


    votre commentaire
  •  Sécheresse : la France en "situation de crise"

     La France est dès à présent en situation de sécheresse et 28 départements, contre 27 la semaine dernière, sont concernés par des arrêtés limitant certains usages de l'eau, a annoncé lundi la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

    Cette mesure devrait être étendue prochainement à trois autres départements, le pays en comptant 101 au total avec ceux d'Outre-mer, a précisé la ministre lors d'une conférence de presse. La sécheresse qui sévit en France en raison d'un mois d'avril exceptionnellement sec et chaud compromet les récoltes des céréales et menace les éleveurs, déjà mis en difficulté par la hausse des prix de l'alimentation du bétail. "On est d'ores et déjà en situation de crise. On est dans une situation de mois de juillet en ce qui concerne tous les indicateurs : nappes, débit et fonte des neiges", a souligné Nathalie Kosciusko-Morizet. La ministre de l'Ecologie a réuni lundi avec un mois d'avance le comité de suivi hydrologique pour faire un bilan précis de la situation, qui laisse craindre une sécheresse comparable à celle de 1976.

    En raison du mois d'avril, où les précipitations n'ont atteint que 29% de la normale, la sécheresse sévit avec deux mois d'avance.

    Prochaines semaines déterminantes

    Or, il n'est pas prévu de pluies significatives "dans les deux semaines qui viennent", a expliqué Michèle Blanchard, de Météo France. De plus, si la situation des nappes phréatiques - les deux tiers ont un niveau inférieur à la normale sans atteindre le seuil critique - est meilleure qu'en 1976, les sols, eux, sont plus secs en surface à cause de la chaleur printanière. "La pluviométrie des prochaine semaines sera déterminante", a estimé Nathalie Kociusko-Morizet, qui ne pense pas qu'un mois de juillet pluvieux permettrait de retourner la tendance. "Si ça se poursuit, la crise, on l'aura déjà eue", a-t-elle assuré.

    Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a déjà demandé à l'Union européenne de venir en aide aux agriculteurs français. Les éleveurs ont été autorisés à utiliser toutes les jachères, les terres labourables laissées temporairement en repos et théoriquement inexploitables selon les règles européennes, pour nourrir leur bétail.

    A l'issue de la réunion de lundi, la ministre de l'Ecologie a décidé de son côté de lancer deux nouveaux outils pour améliorer la gestion des périodes de sécheresse. Le premier consiste à établir dès juin de nouvelles cartes de mesures des restrictions "plus précises et plus réactives" car elles donneront une vision à l'échelle infra-départementale, et plus seulement départementale. Parallèlement, la ministre a signé une circulaire aux préfets, qui reprend l'ensemble des règles édictées depuis la sécheresse de 2003 afin de les mettre en cohérence.

    Carte des 26 départements concernés par les restrictions d'eau (au 12 mai)

    A lire :

    --> L’inquiétude grandit face à la sécheresse

    --> Vers une nouvelle crise alimentaire ?

     

     

    votre commentaire
  • Théorie marxiste

    DOSSIER. Populations d’abeilles, production de miel, effectifs d’apiculteurs, équilibre économique du secteur : tous les voyants de l’apiculture française sont au rouge. Il faut agir.

    L’avenir des abeilles est-il en ville ? Rares sont ceux qui sourient encore à cette idée. Non pas que la production de « miel de béton » dépasserait déjà celle du miel des champs : elle reste marginale et pratiquée par des amateurs. Ceux-là même qui désertent les campagnes tant il est devenu difficile, au moins dans certaines régions, d’y pratiquer l’apiculture.

    Sentinelle, comme l’appelle l’Union nationale de l’apiculture de France, ou symptôme : l’abeille abandonne nos campagnes parce que l’environnement lui est devenu hostile. Complexes, les causes de la raréfaction des butineuses sont multiples. Et s’additionnent. Si l’on prend un ordre chronologique, on peut dire que l’abeille fait partie du problème plus général de l’appauvrissement de la biodiversité dans nos campagnes. Ensuite viennent les pesticides dont les dernières générations s’avèrent, de par leur nature (des neurotoxiques) et leur fonctionnement (des produits systémiques qui se diffusent dans toute la plante), particulièrement nuisibles. Ensuite il y a varroa destructor, un parasite qui vient souvent porter le coup de grâce aux ruches affaiblies – même si certains voient en lui le principal agent de la disparition des abeilles. Enfin, il y a toutes les autres causes possibles, comme le célèbre frelon asiatique : une quarantaine, selon un rapport publié en 2009 par l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire).

    Les ennemis des abeilles travaillent pour l’OMC

    Résultat : la production française de miel est en chute libre. Depuis les années 80, la France était le leader européen du miel. En 1995, la production culminait ainsi à 32 000 tonnes. En 2010 (comme en 2009), elle atteignait péniblement 20 000 tonnes. Ce sont les miels de colza et de tournesol qui ont le plus régressé, les abeilles et leurs maîtres se détournant des zones de grandes cultures, alors que ces miels constituaient depuis longtemps le gros de la production française. L’effectif des apiculteurs n’a cessé de dégringoler, passant de 85 000 en 1995 à 70 000 dix ans plus tard. Ce sont les amateurs, les petits producteurs, qui disparaissent en premier… alors que ce sont eux qui assurent la présence des insectes pollinisateurs jusque dans les moindres recoins du territoire. Ce n’est pas un détail : alors que le chiffre d’affaires global de la filière avoisine les 117 millions d’euros, l’impact de la pollinisation représenterait… 2 milliards d’euros.

    Varroa ou pesticides, les ennemis des abeilles travaillent en tout cas pour l’OMC (Organisation mondiale du commerce), maître d’œuvre de la dérégulation du commerce mondial. Car l’affaiblissement de la production française de miel ouvre en grand la porte du marché français, estimé à 40 000 tonnes par an, aux importations. A ses autres soucis, la filière apicole doit du coup ajouter la même maladie qui frappe l’ensemble des productions agricole : la mise en concurrence avec des pays du moins-disant social et environnemental. En l’occurrence la Chine, qui inonde le monde de miels à bas prix (et à la composition parfois suspecte). En France, le miel chinois arrive à moins de deux euros le kilo, alors que les miels français « premier prix » sont entre 3 et 3,25 euros me kilo. Du coup, les producteurs de tels miels se voient proposer des prix d’achat inférieurs à leurs coûts de revient. Et voient leur avenir s’assombrir encore un peu. Il faut donc poser la question : si demain il n’y a plus assez d’abeilles pour polliniser « naturellement » les champs, qui voudra assumer le coût d’une pollinisation artificielle ?

    • Entretien avec le nouveau président de l’Union nationale des apiculteurs de France (UNAF), Olivier Belval :

    Il y a de moins en moins d’abeilles en France. Les pesticides en sont-ils seuls responsables ?

    Olivier Belval : Les pesticides sont la cause principale à défaut d’être la seule. On connaît leurs effets dévastateurs sur les abeilles : mortalité aiguë, abeilles qui tuent les larves dans la ruche, dépopulation – ce que l’on appelle le syndrome de disparition des abeilles, le CCD (Colony Collapse Disorder) en anglais : toute une génération d’abeilles disparaît de la ruche. Celle-ci s’affaiblit, la production baisse voire s’arrête. La ruche vivote jusqu’en automne et souvent, meurt en hiver. Cette mortalité hivernale est certes multifactorielle : la pauvreté de la biodiversité dans certaines plaines agricoles, plus les traitements, plus le parasite varroa destructor qui est un agent pathogène important… finissent par avoir raison des ruches. --> Lire la suite de l'entretien

    • A lire également :

    --> Apiculteurs de toutes régions, unissez-vous !

    --> Une charte pour l’abeille

    --> Apidays, les journées de l’abeille

    • Vous voulez vous abonnez à La terre, accéder aux fiches juridiques ou consulter les archives, cliquez ici

    Olivier Chartrain


    votre commentaire
  •  

    En route pour 20 minutes de parler franc !
    André CHASSAIGNE pose le débat à sa juste place en dénonçant l'approche simpliste et dangereuse du seul point de vue de la "compétitivité" et de la "rentabilité" qui ont précipité la perte de l'agriculture dans une série de crises qui s'autoalimentent.
    La garantie de prix rémunérateurs aux producteurs ne relève pas de l'utopie pour peu que l'on s'attaque au démentèlement des systèmes spéculatifs et des circuits de commercialisation dont le principal objectif est la génération de profits intermédiaires.
    Sortir l'agriculture de l'OMC... Faire passer l'urgence alimentaire avant les profits financiers... Conduire des politiques qui "tirent vers le haut"... Transformer la "maison Europe" avec une véritable politique sociale...
    Publié par Daniel LEVIEUX


    votre commentaire
  • Au Salon de l’agriculture, l’inquiétude des producteurs de lait

    Libres échangesUne centaine d’entre eux manifestait pour dénoncer les prix pratiqués par les industriels et coopératives auxquels ils vendent leur production.

    Une centaine de producteurs de lait de l’APLI (organisation des producteurs de lait indépendants) ont manifesté, ce lundi dans le calme, au salon de l’agriculture, pour dénoncer les prix pratiqués par les industriels et coopératives auxquels ils vendent leur production. «Rien n’est réglé» sur le dossier sensible du prix du lait, affirme Pascal Massol, président de l’APLI, une organisation très revendicative dans ce secteur.

    Cette organisation avait participé fin 2009 à la grève du lait. L’an dernier, elle avait organisé une impressionnante «marche funèbre» dans les travées du salon de l’agriculture. «Conjoncturellement, cela va un peu mieux mais structurellement rien n’est réglé. Nous sommes toujours dans la dérégulation», se plaint le charismatique président de l’APLI.

    «Non au double prix»

    Recouverts de sacs poubelle sur lesquels on pouvait lire «contrat=esclavage» ou «non au double prix», les manifestants, venus de différentes régions laitières de France, se sont présentés devant les stands de Danone et de la coopérative Sodiaal, situés côte à côté.

    Ils ont trouvé le stand de Danone désert. En face, un responsable de Sodiaal est venu entendre les doléances des éleveurs, sans leur apporter de réponse.

    L’APLI entendait manifester alors que les industriels vont être obligés, comme le prévoit la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche (LMAP), de proposer des contrats à leurs producteurs d’ici le 1er avril, sous peine d’amende.

    Des entreprises comme Sodiaal et Danone entendent promouvoir un système de double prix-double volume. Une partie de la production serait payée à un prix A, correspondant aux indices de l’accord interprofessionnel, tandis que le prix B serait indexé sur le cours des produits industriels beurre-poudre, autrement dit moins cher. «Normalement, dans un contrat, il y a trois choses, la durée, le volume et le prix, et là il n’y a pas le prix. C’est pour cela que nous ne sommes pas d’accord», a expliqué Pascal Massol. «Les producteurs ont le temps pour signer ces contrats», a ajouté Frédéric Dubos, producteur laitier en Normandie. Lui-même livre son lait chez Lactalis, groupe qui n’est pas favorable au système de double prix. Seuls les industriels sont dans l’obligation de présenter un contrat.

    (Source AFP)


    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique