• La télévision publique grecque fermée par décret

    Antonis Samars, premier ministre grec, a signé le décret ce mardi

    Monde - le 11 Juin 2013

    La télévision publique grecque fermée par décret

    Les chaînes de la télévision publique grecque ont été fermées par décision du gouvernement ce mardi. Les Grecs sont appelés à manifester dès ce soir contre cette mesure dictée par l'austérité et cette attaque contre le pluralisme.

    Cette loi signée par décret par le premier ministre grec et le conseil des ministres est extrêmement dangereux pour la démocratie. Selon des sources de l'Humanité, les ministres auraient la possibilité de supprimer n’importe quel organisme public sous sa tutelle s’ils considèrent nécessaire de le fermer. Une mesure imposée par la Troika. Objectif: baisser les dépenses publiques. Par ricochet, c'est le pluralisme qui se trouve attaqué.

    2656 salariés

    Cette décision a dores et déjà des conséquences importantes sur ERT, le groupe public regroupant les chaînes de la télévision publique grecque. Selon des sources de l’Humanité, le Ministre de l’Information, Simos Kedikoglou a été soumis depuis plusieurs semaines à des pressions pour licencier des équipes. Ce dernier a expliqué à la presse ce mardi soir: "La diffusion d'ERT s'arrêtera après la fin des programmes ce soir". Le porte-parole du gouvernement, a souligné qu'ERT, qui est composée de trois chaînes, constitue "un cas d'absence exceptionnel de transparence et de dépenses incroyables. Et tout ceci prend fin maintenant".

    Simos Kedikoglou a précisé que ce service public, où les grèves se multipliaient ces derniers mois pour s'opposer aux plans de restructuration, rouvrirait sous une autre forme, avec un nombre réduit de salariés. Tous les salariés actuels d'ERT, au nombre de 2.656, recevront une compensation et seront autorisés à postuler à nouveau à un emploi dans la nouvelle structure, a-t-il dit. Cette mesure radicale et sans précédent a été annoncée sans préavis au moment où les chefs de file de la troika des créanciers de la Grèce (UE-BCE-FMI) sont à Athènes.

    Les salariés actuels travaillent sous un type de convention collective dont la disparition est programmée dans les programmes d’austérité développés par la troïka et les gouvernements grecs. La télévision publique serait ensuite réouverte et d’autres salariés embauchés, en contrat individuel.

    Satisfaire les créanciers

    Les salariés ont occupé les lieux ce mardi soir. Ils ont été rejoints par des personnalités politiques dont Dimitris Stratoulis, de Syriza. "ERT appartient au peuple grec... c'est le seul média indépendant et la seule voix publique, qui doit rester dans le domaine public (...) nous condamnons cette décision soudaine" a écrit le syndicat GSEE dans un communiqué. Le syndicat de journalistes Poesy a appelé à une grève immédiate de soutien dans les médias privés.

    "Le gouvernement est déterminé à sacrifier la télévision publique et la radio" pour satisfaire ses créanciers, a déploré le syndicat. Selon les syndicats, en fermant ERT, le gouvernement remplit d'un coup l'objectif assigné par les créanciers de la Grèce de supprimer 2.000 emplois publics d'ici à la fin juin.

    Démocratie attaquée

    C'est une "solution facile pour répondre aux exigences de la troïka", souligne le syndicat Poesy, tandis que la Confédération des fonctionnaires du service public Adedy a qualifié le texte législatif de "coup d'Etat".

    Dans le fond, c’est aussi la pluralité de l’information qui est en danger. En Grèce, la démocratie semble attaquée sur tous les fronts. Les Grecs sont appelés à manifester ce mardi soir contre la fermeture de ces chaînes

    Fabien Perrier

    Les images que la télévision publique grecque ne diffusera pas

    Par Agnès Rousseaux (12 juin 2013)

    10 000 manifestants ont convergé le 11 juin vers les locaux de la télévision publique grecque, dont le gouvernement a annoncé la fermeture dans l’après-midi. Dans les couloirs, les salariés ont du mal à réaliser qu’ils viennent d’être licenciés, sans aucun préavis. Les forces de l’ordre ont pris le contrôle des émetteurs pour empêcher toute diffusion de programme. Devant le siège de la télévision, leaders politiques et artistes se relaient pour exprimer leur indignation et leur inquiétude face à cette décision autoritaire. Aperçu en image d’une soirée pendant laquelle la démocratie grecque a de nouveau été bafouée.

    Réalisation : © Agnès Rousseaux / Basta !

    http://www.bastamag.net/article3121.html

    Les employés de ERT aux fenêtres du siège à Athènes mardi soir.

    Monde - le 12 Juin 2013

    Face au "coup d’État" sur l'audiovisuel public en Grèce, les syndicats appellent à la grève générale

    Au lendemain de la décision brutale du gouvernement grec de fermer les chaines de radios et de télévisions publiques, les deux grandes centrales grecques du privé et du public ont appelé à une grève générale de 24 heures, jeudi.

    Qualifiant "de coup d'Etat" la décision du gouvernement de fermer l'Ert, la confédération syndicale grecque GSEE (secteur privé) s'oppose dans un communiqué "à la persistance du gouvernement à prendre des décisions antidémocratiques extrêmes". La Confédération des fonctionnaires du service public Adedy appelle également à participer à cette grève en dénonçant "la mort brutale de l'Ert par un décret législatif (....) dont l'objectif est la suppression des organismes publics et le licenciement de 14.000 fonctionnaires" dans le cadre des politiques d'austérité et pour exprimer leur "solidarité aux employés de la télévision publique et protester contre ces réformes inacceptables du secteur public exigées par les créanciers", a dit le secrétaire général du syndicat, Ilias Iliopoulos.

    Selon le syndicat de journalistes grecs Poesy, le gouvernement remplit d'un coup l'objectif assigné par les créanciers de la Grèce de supprimer deux mille emplois publics. C'est une "solution facile pour répondre aux exigences de la troïka", souligne-t-il. Le syndicat a indiqué la poursuite de son mouvement jeudi tandis que les marins ont également décidé de participer à cette grève générale ce qui va perturber les transports maritimes jeudi en Grèce.

    La droite de la Nouvelle-Démocratie, principal parti de la coalition gouvernementale droite-gauche, dirigée par le Premier ministre conservateur Antonis Samaras, a décidé par décret mardi la fermeture autoritaire de la radiotélévision historique Ert, ce qui a provoqué un choc dans le pays et qui fait de la Grèce le premier pays européen sans télévision et radios publiques. La décision de suspendre l'ERT pourrait aussi avoir des répercussions politiques. Les socialistes du Pasok et la Nouvelle gauche, associés à Nouvelle démocratie, disent ne pas avoir été consultés et ont indiqué qu'ils contesteraient cette décision.

    Rassemblement ce mercredi à 18h30 devant l’ambassade de Grèce à Paris, 17 Rue Auguste Vacquerie – 16e – Métro Kléber

    Pour que l’audiovisuel public grec reste ouvert (les journalistes de l’ERT)

    le 12 juin 2013

    Mardi 11 juin, le porte-parole du gouvernement grec annonçait brutalement la fermeture immédiate, par décret, de l’audiovisuel public grec (ERT). L’objectif ? Couper encore davantage dans les dépenses publiques sous la pression des créanciers européens de la Grèce, et mettre au pas un secteur où les grèves se multipliaient ces derniers mois pour s’opposer aux plans de restructuration. Mais les journalistes de l’ERT ne l’entendent pas ainsi : ils ont décidé d’occuper leurs locaux. Voici la déclaration de leur Assemblée générale (Acrimed).

    Dernière minute : rassemblement aujourd’hui 12 juin à 18h30 devant l’Ambassade grecque à Paris. Métro KLEBER, 17 rue Auguste Vacquerie, 75016 Paris - "Le coup d’état ne passera pas ! Solidarité avec les travailleurs licenciés !" Initiative des étudiants et travailleurs grec-que-s à Paris.

    Le gouvernement grec vient d’annoncer la fermeture immédiate de l’organisme de l’audiovisuel public (ERT) sous prétexte d’« assainissement et de restructuration ». Toute émission devrait cesser ce soir, mardi 11 juin, à minuit.

    Cette décision prise en catimini et appliquée par simple décret ministériel entraine le licenciement direct de 2 656 travailleurs et la suppression de presque 4 000 postes au total. L’assemblée générale des travailleurs d’ERT a décidé l’occupation du siège et des studios de l’organisme, ainsi que la poursuite du programme afin d’en informer la population. Ils appellent au soutien et à la solidarité. Voici leur appel.

    Pour que l’ERT reste grande ouverte !

    L’ERT doit rester ouverte à la société ; aux contradictions, aux problèmes, aux angoisses, aux idées et aux actions de la société.

    L’ERT doit rester ouverte à la culture ; aux gens, aux différentes tendances, aux aspirations et à la dynamique de la culture.

    L’ERT doit rester ouverte à tous les citoyens du monde, en Europe, en Amérique, en Asie, en Afrique, en Australie.

    Les employés de la radio et la télévision publique ont le pouvoir et la volonté de préserver le bien commun de l’information, de la culture, du sport. Ils ont l’audace et la volonté de se battre pour que l’ERT cesse d’être manipulée par le ou les partis politiques au pouvoir.

    Nous, travailleurs, nous sommes encore debout et nous serons à la hauteur des circonstances. Nous allons nous battre pour un cadre institutionnel de fonctionnement de l’ERT qui établira et garantira l’indépendance de l’audiovisuel public et qui coupera, enfin, le cordon ombilical avec tout gouvernement et tout centre de décisions et d’interventions politiques ou clientélistes.

    ERT doit rester ouverte en tant que bien public et propriété de tous les citoyens grecs. Ceux qui élaborent les plans de fermeture d’ERT ne font que servir d’autres intérêts. Ils sont dangereux.

    Nous, journalistes de l’audiovisuel public, affirmons de la manière la plus catégorique que nous allons maintenir l’ERT ouverte par tous les moyens.

    Nous appelons tous les citoyens, de Gavdos à Evros, à annuler ce plan cauchemardesque. À annuler toute tentative similaire ayant comme but d’étouffer l’organisme d’audiovisuel public du pays.

    Tous ceux qui se croient en plein cauchemar ont le choix : rester paralysés par la peur, ou se réveiller avant qu’il ne soit trop tard.

    Quant à nous, nous restons éveillés.

    Nous sommes en assemblée générale permanente et nous invitons tous les citoyens, les acteurs sociaux et politiques, les scientifiques, les hommes de lettres et les artistes au siège d’ERT à Agia Paraskevi.

    Nous ne reculons pas. L’ERT est ouverte et le restera.

    L’Assemblée générale des journalistes de l’ERT

    Agia Paraskevi, le 11 juin 2013

    http://www.acrimed.org/article4088.html#


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