• La spéculation reprend sur les cours des céréales

    Pas de pitié pour les pauvres ! La spéculation reprend sur les cours des céréales

    Comme en 2006, les céréales font l'objet de spéculations financières, en dehors de toute réalité, de toute morale et de toute sécurité alimentaire pour les peuples.

    Avec le capitalisme, tout devient sujet à spéculation. Personne n'est ainsi choqué par la spéculation sur la main d'œuvre que représentent les délocalisations ou l'exploitation des travailleurs clandestins.

    Alors pourquoi s'étonner de voir des spéculateurs jouer à la loterie avec les réserves alimentaires mondiales ?

    Malgré la crise du capitalisme et l'effondrement du marché spéculatif des subprimes, qui a jeté à la rue des centaines de milliers de citoyens pauvres des Etats-Unis et lancé cette infernale crise du capitalisme, les petites mains du capitalisme continuent de jouer au Monopoly avec les produits alimentaires de base.

    Début 2008, rappelez-vous, la spéculation avait déjà fait des ravagees dans le Monde, avec une flambée des prix du blé, du riz et des autres céréales. Des émeutes de la faim avaient ainsi frappées de nombreux pays, comme l'Egypte ou le Mexique.

    En France, c'était le fameux prix de la baguette qui était passé à la moulinette sans que ne soit vraiment dénoncé le fait que la matière première du pain, le blé, ne rentre que pour 5 % dans le prix final de la baguette.

    Cette année encore, le cours des céréales flambe et avec lui, le cours du pain, mais aussi les coûts de production des éleveurs bovins, ovins, porcins et des éleveurs laitiers. En bout de chaîne, ce sont à nouveau les consommateurs qui paieront l'addition. En clair, les travailleurs.

    Mais, ces hausses sont elles justifiées ?

    La raison que l'on nous donne, c'est la sécheresse qui sévit en Russie et aux Etats-Unis, gros pays producteurs et exportateurs de céréales.  Des récoltes moins abondantes justifieraient l'envolée des cours mondiaux.

    Encore une fois, la mondialisation sert de paravent à la spéculation !

    C'est qu'en France, la production de blé est estimée en hausse de 8 % par rapport à 2011, avec 36,6 millions de tonnes et cela malgré une baisse des surfaces en blé de 100 000 hectares. Le constat est le même pour les autres céréales comme l'orge ou le triticale.

    Au passage, le débat sur la décroissance et la nécessité de supprimer les exportations céréalières françaises en prend un coup : pour des pays qui ne peuvent produire suffisament pour des raisons climatiques ou agronomiques (Egypte, Chine), cette position fréquente chez les Verts et certains altermondialistes montre tout son potentiel criminel.

    A l'heure actuelle, les cours des céréales ont déjà pris 50 % en quelques semaines, beaucoup plus sur un an. Pourtant, la moisson n'est pas finie, en France comme ailleurs dans le monde.

    C'est que les spéculateurs, à Paris comme à Chicago, ne voient jamais les produits qu'ils échangent. et ces échanges sont purement virtuels car les stocks vendus et revendus ne bougent pas des silos portuaires pendant des mois !

    Un stock de 20 000 tonnes de blé peut changer trente ou quarante fois de propriétaire avant de quitter le port de Rouen.

    La réalité, ce n'est pas la pénurie de matières premières, agricoles en l'occurence, mais les gains mirobolants que font des traders, pour le compte de fonds de placements et de banques spéculatives, en jouant la hausse sur des produits indispensables à l'humanité.

    L'Europe, dans tout son dogmatisme libéral, s'est évertuée à liquider les outils de régulation des marchés qui existaient dans les années 80, comme les stocks européens. Rappelez-vous des images fortes de stocks de beurre que nous montraient les médias dans les années 84 - 85 pour justifier l'abandon des stocks européens !

    Avec un blé à 262 euros la tonne, contre 120 à 140 euros l'an passé, ce sont les consommateurs qui subiront les répercussions d'une nouvelle hausse des produits alimentaires à la rentrée, pains, pâtes, plats préparés et viandes notamment. En France notamment, malgré l'absurdité de la situation puisque la production française de céréales est, elle, en hausse forte !

    Après les subprimes et les dettes publiques, les vautours de la finance démontrent leur absence complète de morale et leur cupidité, quitte à mettre en danger la sécurité alimentaire des plus pauvres de la planète.

    La démagogique moralisation du capitalisme est enterrée de longue date. Il serait temps que le capitalisme suive !

    En attendant, ce gouvernement qui se dit de gauche devrait exiger la remise en place d'outils de régulation européens pour les produits agricoles, histoire d'assurer des stocks de sécurité alimentaire et de calmer les appétits des spéculateurs. La révision actuelle de la Politique Agricole Commune serait une occasion rêvée.

    On jugera sur acte.

    Pour le reste, comme pour le pouvoir d'achat, ce sont aux travailleurs de se mobiliser quand il sera temps. Les communistes y contribueront.

    http://andree-oger-pour-deputee.over-blog.com


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :